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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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2 novembre 2024 6 02 /11 /novembre /2024 11:37

"Un politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toutes les promesses qu’il lui faut oublier. "

 "Traiter son prochain de con n’est pas un outrage mais un diagnostic. "

Frédéric Dard

 

Ah mes petits loupiots, mes p’tits râleurs de Perpignan ! Faudrait peut-être qu’on se décolle un peu les paupières, qu’on regarde la chose bien en face, la gueule dans le rétro, les mains sur le guidon ! Parce que c'est pas beau, ce qu'est devenue notre belle Catalane ! Perpignan, autrefois, ça pétait le feu ! Le logos, le bon vieux verbe qui claquait comme une mandale, un truc qui te remuait les tripes et te soulevait les foules ! Aujourd'hui ? Pff… il a perdu tout son jus, le logos. C’est plus qu’une pauvre pétarade de mots creux, une coquille vide !

Autrefois, ce machin-là, ça t'envoyait du lourd, ça balançait de la conviction qui te faisait grimper les murs, moi j'te dis ! Mais maintenant, où est-ce qu’il est, ce logos musclé ? Hein ? Où est passée cette patate, ce souffle qui te rendait inébranlable ? Fini, terminé, c’est que dalle ! Maintenant, on a un logos qui cause, oui, mais qui cause pour causer, qui fait du bruit pour se donner un genre, mais dans le fond, y’a plus rien. C’est du vent, un murmure asthmatique, comme une vieille chaudière qui s'étouffe.

Parce que voyez-vous, mes costauds, pour qu’un verbe, ça pète vraiment, faut du jus dedans, faut un vrai souffle, un pneuma comme ils disent les intellos.

Sans ça, ça reste une vieille loque sans souffle, un pantin de bois, un géant en carton-pâte qui s’effondre au premier courant d’air. Et pourtant, on continue à nous pondre des discours creux, des phrases à la gomme, des beaux mots bien léchés qui ont la consistance d’une biscotte mouillée !

Mais alors, pourquoi on a laissé tomber ce foutu logos ?

Hein ? Pourquoi on s’accroche aux mots polis et lisses comme des culottes de soie au lieu de foutre des coups de poing sur la table ? Parce que, les copains, on a la trouille, voilà ! On flippe de la vérité toute nue, celle qui te secoue, qui t’envoie valser les convenances. Alors on l’a ligoté, on l’a emmailloté dans des rubans, on l’a domestiqué, et au final, on lui a pompé toute sa sève, sa castagne ! Ce logos-là, il vaut plus un clou, c’est un souffle de flan, un verbe qui se casse la tronche dès qu’il se prend une bise de travers.

Écoutez-moi bien : le monde bouge, mes gaillards, il se plie ou se redresse au gré de la force des mots qui le traversent !

On peut pas rester là comme des moules accrochées à leur rocher, en train de se farcir des discours sans âme. Non ! Ce qu’il nous faut, c’est un logos qui arrache, un verbe gonflé à bloc, rempli de ce souffle vivant qui jaillit du plus profond des tripes ! Faut qu’ça chauffe, qu’ça brûle, qu’ça emporte tout sur son passage, modes, peurs, faux-semblants !

Allez, faut qu’on le retrouve, ce logos habité, ce verbe bourré de vitamine et de hargne, un truc qui envoie des étincelles !

Il faut que chaque mot cogne comme un uppercut, que chaque phrase frappe en plein cœur, comme la foudre ! On va pas se contenter de causer dans le vide ; on va faire revivre le verbe, lui redonner cette grandeur qui a fait gronder les foules et tombé les empires !

Alors, mes petits apôtres du logo, c’est maintenant ou jamais : on laisse tomber ce logos asthmatique et on remet un coup de fouet au verbe vigoureux !

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31 octobre 2024 4 31 /10 /octobre /2024 11:58

"Tous les hommes rêvent, mais inégalement. Ceux qui rêvent la nuit dans les recoins poussiéreux de leur esprit s'éveillent au jour pour découvrir que ce n'était que vanité ; mais les rêveurs diurnes sont des hommes dangereux car ils peuvent jouer leur rêve les yeux ouverts, pour le rendre possible. C'est que j'ai fait. "

 Les Sept Piliers de la sagesse - Intégrale
Thomas Edward Lawrence


"On affirme, en Orient, que le meilleur moyen pour traverser un carré est d'en parcourir trois côtés."

 Les Sept Piliers de la sagesse - Intégrale
Thomas Edward Lawrence

"Mos Eisley était la plus importante cité portuaire de Tatooine, jadis visitée par Obi-Wan Kenobi et Luke Skywalker.

Situé sur Tatooine, Mos Eisley est l'un des plus importants spatioports de la planète - ce qui, sur un monde aussi désolé que Tatooine, ne signifie pas grand-chose. Considéré comme un repaire mal famé peuplé de tout ce que la galaxie peut compter de hors-la-loi, Mos Eisley est un lieu dangereux pour les personnes peu méfiantes et la plupart des habitants de Tatooine ne s'y rendent que pour y mener leurs petites affaires sans trop s'y attarder.

  La fondation de Mos Eisley remonte aux premiers temps de la colonisation de Tatooine à l'époque moderne. Après le crash du vaisseau Dowager Queen au milieu des dunes, une petite communauté se développa autour de la carcasse de l'appareil, cette dernière devenant finalement le centre d'un petit village qui, en grandissant, devint le spatioport de Mos Eisley - ce qui explique d'ailleurs la forme concentrique de la petite cité, les points les plus importants (centrale énergétique et installation de distribution d'eau potable) étant installés au centre. A l'époque moderne, l'épave du Dowager Queen est toujours présente au centre de Mos Eisley bien que l'endroit ne soit désormais guère plus qu'un point de rassemblement supplémentaire pour les vagabonds et les diseurs de bonne aventure." Tatooine - Mos Eisley

Peindre et dépeindre Perpignan, semble de plus en plus difficile lorsqu'on vie dans ce désert depuis trop longtemps. Arrivant à 17 ans pour y vivre, j'y suis resté à quelques exceptions près pour des voyages plus lointains dans ce qu'on appelait l'Orient compliqué, ou le Levant,ou encore derrière les ruines du rideau de fer . C'est pourquoi, j'ai eu le temps de la voir se rabougrir depuis la queue de la comète d'énergie du début des années 2000. De voir aussi, ce qui était des évidences disparaitre et être niées, comme si elles n'avaient jamais existé...Alors 15 ans d'Archipel contre attaque n'ont pas arrangé les choses. Ainsi, mon écriture a petit à petit glissé sur un mode narratif pittoresque et impressionniste.Comme si, pour une description du réel avec plus d'acuité et de lucidité, elle fallait en passer par la pulpe de la fiction.Ainsi, le thème du désert  est récurant sur le site. Il était même climatique, jusqu'à ce que la pluie semble vouloir revenir...#mercisantgaldric


La Tatooinisation de Perpignan : du sable, des vautours, et des mirages

Perpignan ! On aurait pu croire à un soleil radieux… Mais voilà qu’elle s’étiole en pleine « Tatooinisation ». Comme ce caillou paumé de Star Wars, cette terre catalane fait penser à un désert où seuls les petits chefaillons prospèrent dans l’ombre, barbouillés de pouvoir, coupés des lumières du centre. De loin, elle étincelle, cette ville, mais de près ? Juste de la poussière, des petites combines, du grand n’importe quoi !


Un désert d'idées, de projets… la rente comme seule monnaie !

Le centre, c’est là-bas, bien loin d’ici. Ici, c’est comme Tatooine, on vit au jour le jour, à la sauce Jabba le Hutt, à coups de petits trafics, de privilèges bien arrosés. Perpignan a ses notables, ses rentes et ses ronds de jambe, mais l’idée d’un avenir ? Une ville figée, qui stagne, coincée entre deux soleils qui ne réchauffent rien ! Les voisins progressent, eux, ils se mettent aux énergies nouvelles, aux nouvelles technologies. Et ici ? Ici on rame avec les reliques du passé, un vieux tourisme et des vignes qui étouffent. Ça ronronne, ça mijote, ça chuchote, mais pour quoi ? Pour rien. Le désert de l’avenir, c’est ça, la « Tatooinisation ».


Des puissants dans l’ombre : des seigneurs sans foi, juste des petits empires

À Perpignan, tout le monde a son coin, son clan, sa petite table où ça se passe – et rien ne bouge sans le dire aux bonnes personnes. Dans l’univers de Lucas, c’était Jabba qui tirait les ficelles ; ici, c’est les élus et les amis, dans le noir, dans les ruelles, à grands coups de rires gras. La ville appartient à ceux qui tirent les ficelles, qui bloquent, qui verrouillent, qui divisent pour mieux régner. Et pour le citoyen ? Un cirque, un foutu numéro ! Des alliances qui changent au gré des tempêtes, comme un groupe de Jawas prêts à vendre tout et son contraire, pourvu que ça rapporte.

La culture ? Elle se bat… pour un peu de lumière

Perpignan, c’est une terre, un peuple, des traditions, une langue ! Mais voilà, c’est comme si on avait oublié qu’elle existe, cette culture catalane. Elle lutte, elle se débat contre un avenir en charpie, figée dans un musée des erreurs et des promesses jamais tenues. Le catalan ? Mis sous cloche. Les traditions ? Confinées aux jours de fête. La ville pourrait vibrer, mais elle se laisse engloutir, comme Tatooine, sous une couche de sable, de poussière. Alors, elle s’éteint, doucement. Elle survit. Elle s’accroche, mais on la laisse à l’ombre.

Un étalement urbain : du béton pour qui, pour quoi ?

On bâtit, on bétonne, on gratte des mètres carrés. Tatooine a sa soif, Perpignan son étendue. Mais ici, c’est le béton qui coule sans fin, un désert de béton et d’immeubles sans âme, sans plan. Et à quoi bon, toute cette extension ? De l’immobilier qui enfle, des chantiers qui poussent sans queue ni tête, comme si tout ce sable avait de l’importance. Ça grandit, ça s’étale, mais tout ça c’est du mirage. Un étalement qui n’apporte rien, sinon des factures, des routes embouteillées, des déchets de plus en plus loin du centre. Ça grouille et ça s’étouffe en silence. C’est tout.

Peut-on espérer que ce désert fleurisse ?

Ah, la Tatooinisation de Perpignan. On pourrait y croire. Imaginer qu’un sursaut arrive, qu’une lumière perce au-dessus des deux soleils. Mais pour ça, il faudrait secouer tout ça. Du changement, pas des coups de brosse ! Il faudrait un miracle. Du courage. Peut-être qu’un jour cette ville fera son réveil. Que la politique lâchera ses mirages pour se nourrir de la terre, de ses gens, de ses vraies racines. Mais tant que ça ronronne, que tout le monde s’arrange avec ses petites combines, rien ne bougera.

Perpignan n’est pas condamnée à être une Tatooine. Elle peut renaître, sortir du désert et vibrer pour de vrai. Mais il faut pour ça un réveil, un élan qui dépasse l’ombre, qui dépasse l’ombre des vautours.

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29 octobre 2024 2 29 /10 /octobre /2024 17:35

"Souvenez-vous de lui comme d'un rancio sec : brut, rare, et vibrant d’une intensité qui ne s'éteint jamais."

"Le dernier cri de Lhéritier, c’est celui du vrai catalan : libre, rugissant, toujours en marge du convenable."

"Il savait que les mots peuvent cogner comme des coups de vin fort, et qu’écrire, c’est vivre à pleine gorge."

Je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de vous parler à nouveau d'Henri wiki et pédia. Ce qu'il était, ce qu'il représentait, le meilleur de ce qu'aurait pu être ce département ,si l'économie de la rente n'avait pas fait sortir de l'enfer de la médiocrité, une armée d'imposteurs...? J'ai la nostalgie de son rancio sec, de sa malvoisie et son écriture rabelaisienne : s'en souvenir, c'est une incantation pour le retour de moments... Alors, j'ai chuchoté à ma manière pataude et brutale, comme je me nomme Nicolas (mais pas Machiavel), mon modèle de "Prince" du vin et des Lettres...

Henri Lhéritier : La Geste du Dernier Dandy Rivesaltais :

Henri, ça cogne rien qu’à l’évoquer… un grand éclat, une déferlante, une volée de verbe et de vitriol ! Ce n’était pas un écrivain pour les demi-teintes, Henri Lhéritier, ni pour les prudents. Lui, c’était tout en coups de théâtre, en langue charnelle et en tirades brûlantes comme le soleil catalan qui l’a vu naître. On l’imagine encore, silhouette farouche et élégante, levant son verre de rancio sur les places de Perpignan, scrutant l’horizon comme s’il allait trouver un nouveau terrain à conquérir.

Henri Lhéritier écrivait comme il vivait, et vivait comme il écrivait, d’un seul trait de plume – démesuré, impertinent, gouailleur, sans une once de compromis. Ses Perpignan et Rivesaltes n’était pas seulement des villes, c’était un monde, un théâtre à ciel ouvert où se croisaient personnages truculents, vignerons fiers, catalans de souche, et clochards célestes. Et ce qu’il nous a laissé, c’est une fresque ardente, une fête littéraire éclatante, un hommage à la terre et aux hommes qui l’habitent.

Et puis, la mort s’est mêlée de l’affaire – avec sa grande faucheuse bureaucrate qui ne sait même pas qui elle vient faucher, mais Henri, lui, l’a bien reçue comme on accueille l’inattendu, sans pleurnicher ni rechigner, avec un rire, un dernier coup de plume et un verre. On aurait dit qu’il avait senti, qu’il en était de ce moment, l’éclat final de son épopée.

La Dernière Parade : le Condottiere au Grand Départ

Alors, ils se sont retrouvés, tous ces amis, tous ces compagnons de bordée, tous ceux qui, avec lui, avaient fait de la littérature une grande cavalcade : les éditrices, les libraires, les lecteurs enfiévrés, des âmes simples et des âmes lettrées. C’était la fête finale, la Geste du Condottiere, qui prendrait les rues comme un dernier sursaut, un chant de guerre et de paix, un hommage déguisé en cavalcade. Dans chaque ruelle, une halte pour raviver le souvenir, une lecture, un verre, une pensée pour ce complice parti trop tôt.

Ils ont fait claquer le "sac de gemecs" de Roger Coste, cet instrument dont la plainte catalane se mêlait aux bruits de la ville, comme un cri au-dessus de Perpignan. Chaque lieu choisi portait un bout de son esprit : les allées Maillol pour les femmes qu’il aimait tant ; le monument aux morts pour dire non à la bêtise des combats ; et bien sûr, la cathédrale, le palais, tous ces symboles. Ils ont repris des morceaux de son Défilé du Condottiere, et à chaque lecture, c’était un peu de Henri qui revenait, sauvage et vibrant comme aux plus belles heures de son œuvre.

Sept Lieux, Sept Mémoires : L’Art de Vivre en Catalan

Ils ont marché, l’âme pleine de ses mots, sur cette terre qui lui tenait tant à cœur. Sept lieux, sept thèmes pour célébrer le verbe et la vie, l’invincible plaisir d’être au monde comme lui seul savait l’incarner. Au bord du quai Vauban, devant la librairie Torcatis, un dernier toast, une bière artisanale de chez Alzina, pour clore cette cavalcade – une fin comme un coup de poing, un clin d’œil. Ils ont tous levé leur verre, et dans l’ombre de la nuit, les mots de Lhéritier se sont envolés, vibrant d’une vie que la mort elle-même ne saurait éteindre.

L’héritage du Catalan du Futur : Henri et la Guerre, Henri et les Vivants

Avec lui, c’était la vie qui brûlait de toute son ardeur, c’était la folie assumée, la fureur de ne jamais être domestiqué. Henri détestait la guerre, mais l’avait écrite, auscultée, car il la savait tapie dans les failles humaines. Il connaissait le courage vain des hommes, la douleur des mères, l’inutilité des sanglants télégrammes, tout ce fracas dont il avait voulu rendre compte, non pour glorifier, mais pour montrer l’absurdité nue des batailles. Ses mots frappaient comme des obus, mais pour faire éclater une vérité, pas pour se fondre dans la banalité.

Henri n’est plus là pour répondre aux saluts des verres levés. Son dernier roman, Le Cri, retrouvé par sa veuve Simone, son cousin Jean, serait peut-être l’apothéose de cet homme d’ombre et de lumière. Il est là, quelque part, dans les ruelles de Perpignan, dans la mémoire des vieux et des jeunes qui l’ont lu et aimé. Ils l’évoqueront, le Catalan futuriste, comme une figure, une légende, une part indélébile de cette terre.

Et Perpignan, sans doute, le lui rendra bien.

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28 octobre 2024 1 28 /10 /octobre /2024 12:16

Perpignan : La Vie en "Performance" Fait Plus de Bruit que la Ville Elle-même

Là où on croyait encore à la Dolce Vita, aux rires spontanés et aux discussions qui traînent, on découvre que Perpignan est devenu un décor. Un théâtre urbain, un grand studio où chacun pense être la vedette, où les discussions ont moins d’importance que les hashtags. Dernière nouvelle : le bruit que vous entendez en terrasse, ce n'est pas celui de la ville en mouvement. Non. C'est la mise en scène de la ville. C’est l’écho d'une mascarade numérique, orchestrée par ceux qui vivent pour être vus.

Les sociologues se sont penchés là-dessus, et le constat est brutal : aujourd’hui, les terrasses animées ne sont plus des lieux d’échange mais des stations de tournage. Les rires sont calibrés pour résonner juste assez fort dans la story Insta, les conversations exagérées pour que le voisin capte bien qu'on est là, qu’on vit un moment d’extase. Le quotidien se métamorphose en émission live, alimentée par les réseaux sociaux et cette espèce de dépendance à l’approbation virtuelle. Loin de l'authenticité méditerranéenne, Perpignan devient un brouhaha artificiel, un Disneyland où chacun est sa propre attraction.
Bruit Amplifié, Identités Filtrées

Les places et les ruelles n’ont plus cette légèreté d’avant, cette discrétion, ce petit murmure familier qui faisait le charme des lieux. On n'entend plus que les éclats de voix, les interjections, les "vas-y, prends-moi comme ça" qui ponctuent chaque mouvement. Dans le parc, sur la place de la République, les rassemblements improvisés dégagent une énergie qui semble dépasser l'espace lui-même.

Plus besoin d'événements réels ; l’événement, c'est soi.

Cette obsession de la mise en scène transforme la ville en une vitrine criarde. Là où la caméra est présente, l'authenticité disparaît. Perpignan n'est plus une ville, c'est un plateau. Ce qu’on entend, ce sont des extraits de scripts improvisés, des phrases lancées dans le vent pour la gloire de "quelqu'un quelque part", en ligne, dans cette autre dimension où l'approbation est mesurée en pouces bleus.

Habitants ? Spectateurs

Les habitants, eux, subissent le bruit de fond de ce théâtre incessant. Quand on leur demande, ils ne mâchent pas leurs mots : Perpignan, ils la préféraient sans tout ce cirque. « Avant, on pouvait juste s'asseoir et siroter un café tranquille », explique Louis, habitant du centre. « Maintenant, on est assailli par des rires forcés, des éclats de voix qui s'adressent plus aux followers qu’aux amis. » La ville, celle d’avant, s'estompe derrière cette hyperactivité digitale, et Perpignan devient une scène où chacun joue son propre rôle, souvent trop fort, et pour un public fantôme.

La Ville Comme Vitrine

Ce qu'on observe ici, c'est une mutation radicale. Le centre-ville de Perpignan, autrefois un lieu d’échanges, devient une "vitrine". Comme si les gens étaient plus acteurs que résidents, spectateurs de leur propre existence en direct. La vérité, c’est que l'authenticité ne pèse rien face au pouvoir de la mise en scène. Cette version bruyante et théâtrale d'eux-mêmes, ils la préfèrent. Les rituels sociaux s’effacent, remplacés par une sorte de performance collective.

Les sociologues s'interrogent :

et si ce besoin de mise en scène n'était qu'un moyen de survivre dans une époque où ne rien montrer équivaut à n'exister pour personne ? On assiste à une mutation. L'identité se bâtit désormais sur le bruit, sur cette illusion qu’on vit, qu’on est là, parce que ça "sonne" bien.

Perpignan, Ville-Témoin ?

Perpignan pourrait-elle retrouver son calme, son vrai visage ? Peut-être, si les autorités, les associations de quartier, décidaient de mettre en place des "zones de tranquillité", des lieux où ce bruit d'illusion ne serait plus le bienvenu. Mais il y a un risque : vouloir préserver la ville, c'est aussi risquer de la dépeupler. Aujourd'hui, Perpignan vit sous les projecteurs, et la ville a du mal à décrocher. Elle devient ce qu'elle est, mais en version augmentée, déformée, bruyante.

Perpignan, avec son identité transformée, est devenue une métaphore de notre époque : bruyante, exagérée, et affamée de regards.

C’est un miroir cruel de la société : le bruit que l’on fait ne prouve rien, sinon qu’on a besoin de se convaincre qu’on existe. Le bruit de Perpignan, ce n'est plus celui d'une ville. C'est le bruit d'un écho, celui d'une vie en représentation.

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27 octobre 2024 7 27 /10 /octobre /2024 18:46

“Même collé amoureusement au chêne, le lierre ne se dévoue pas toujours à l'arbre.”

De Laurent Laplante / L'Utopie des droits universels

Tremble Louis Aliot, les ambitions s'aiguisent sur les trottoirs de la ville à l'horizon de l'an 2026 . N'oublies pas non plus d'enlever les parquets de l’hôtel de ville, afin qu'ils ne soient pas rayés par la volonté de puissances en mâchoire aux dent de sabres de chamalow : #lesfauvessontlâchés .

La vice-présidente de l' Occitanie, après avoir rejoint le partie "Place publique" https://place-publique.eu/de Raphaël Glucksmann 

vient de créer une nouvelle association pour préparer en avance l'après Aliot !

Une initiative, oui, mais plus qu'une simple réunion d'intentions, plus qu'un slogan à coller sur les murs de la ville.Perpignan, Unis pour 2026 : quatre mots balancés comme un pavé, avec le poids de ce qui doit être construit ou rien.

Une association électorale comme une terre promise, pour Perpignan, ce bout de territoire un peu brûlé, un peu beau, tout en tension. On y cherche autre chose. Pas juste des visages pour les affiches, non, un souffle, une force pour cette ville-frontière qui sent l’Espagne et le sel.

À la tête de cette alliance, ils sont trois. Jean Codognès, ex-député, celui qui a porté l’écharpe, le poids des batailles, les compromis aussi.

Mais il revient, droit et franc, le regard vers l’avant, ses idéaux socialistes un peu cabossés, mais là, intacts. À côté de lui, Agnès Langevine, écologiste jusqu’au bout des idées. Elle croit, elle, à un monde vert, planté de principes comme d’arbres. La terre, l’air, la ville. Elle se bat pour qu'on respire autrement, mieux, pour une Occitanie où chaque arbre compte, où chaque geste devient politique. Et puis, il y a Jacqueline Markovic, celle qui connaît les jeux d’ombre, les réseaux, la mécanique sociale. Conseillère de l’Hérault, elle tient la stratégie comme d'autres tiennent la main d'un mourant. Elle sait ce qui relie les gens, elle sait jouer avec les signes et les écrans.

Dans leurs statuts, une promesse faite aux autres. Pas d’illusion de grandeur, mais une visée claire : « fédérer les citoyens, unir la société civile, les acteurs économiques, les personnalités du champ républicain. »

C'est ça leur but, un champ de bataille où le social, l’économique et l’environnemental ne se font plus la guerre mais avancent d’un même pas. Ils parlent de demain avec des mots simples, droits, comme si le combat pour les gens, les vrais, ne pouvait se dire qu’avec des mots de tous les jours. Une Perpignan engagée pour les siens, avec en tête les menaces climatiques, et le besoin de vivre malgré tout.

Les papiers disent que l’association aura une fin, le 1er janvier 2035. On clôturera les comptes, on éteindra les lumières, et on passera le témoin.

Les actifs ? Rien ne sera dilapidé. Si elle meurt, cette association, ce sera pour nourrir une « formation politique du champ républicain » ; sinon, elle ira gonfler les fonds de la « Fondation pour l’écologie politique », et, si vraiment tout est éteint, la Fondation de France ramassera ce qui reste.

Quant à la conformité, ils la feront sans grands discours, en élisant leur trésorier, leur commissaire aux comptes dans une pièce vide, sous la lueur d'un néon, sans applaudissement, sans éclat. Là où naît l’engagement, austère et droit. Une page, blanche et neuve, où commencer l’histoire autrement.

Agnès Langevine était déjà candidate aux municipales de Perpignan en 2020. Et s'est retirée du deuxième tour, alors qu'elle pouvait se maintenir impossibilisant la présence de la gauche dans l'opposition du conseil municipal

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24 octobre 2024 4 24 /10 /octobre /2024 22:47

C’était inévitable, faut croire… encore un coup de massue, encore une embrouille qui tombe, comme si c’était pas déjà assez le bordel. L’air, il devient plus lourd que jamais dans ces foutus Pyrénées-Orientales. Y avait déjà la sécheresse, le sol craqué comme un vieux cuir, des champs desséchés à crever… et là, voilà, les urgences à l’hosto qui flanchent, c’est un monde ! Trop de monde, pas assez de médecins, ils sont à bout. Les couloirs pleins comme des cercueils en attente, des civières qui s’empilent. Tu sais, t’en as vu des comme ça… On appelle ça un service public, qu’ils disent… mais où qu’il est, le service ? Ils te regardent de haut, avec des grands mots : réorganisation, optimisation… tu parles !

Le train, lui, c’était la dernière corde, celle qui tenait encore un peu le monde d’avant, ce Paris-Latour-de-Carol qui roulait depuis la nuit des temps, qui emmenait les pauvres gens respirer l’air pur des montagnes, les touristes qui déballaient leur fric, et puis les gens du coin, ceux qui avaient besoin d’échapper à leur trou paumé.

Le dernier souffle de liberté qu’il te restait, pour t’arracher aux rails de la vie d’ici, de là-bas. Mais ils te le coupent, bien sûr… travaux, qu’ils disent ! Des rails qui s’effondrent, tout comme le reste. Bordeaux, Toulouse, tout ça sous les pelleteuses. Ah, modernisation… les mots, toujours les mots !

Latour-de-Carol, Porté-Puymorens, Bourg-Madame… tout ce qu’il te restait de tes montagnes, c’est ce train de nuit qui roulait comme une promesse, une illusion pour les cœurs fatigués.

Maintenant, c’est fini. Mi-décembre, rideau. T’as plus que tes yeux pour pleurer, ou alors t’enfiles tes vieilles godasses et tu marches, tu t’accroches aux chemins, mais le train jaune, celui-là, il sera peut-être là encore… ou peut-être pas. Ils te disent qu’ils le rouvriront un jour, quand tout sera réparé. On y croit tous, tu parles !

L’économie locale ? Elle se casse la gueule, faut pas être devin pour le voir.

L’hiver, t’auras plus personne pour les pistes. L’été, c’est pareil, plus de randonneurs à l’horizon. Tout ça pour des rails qui rouillent, des élus qui gesticulent, des promesses qu’on sait déjà mortes avant même d’être faites.

Tu vois, c’est ça la nouvelle.

Après la sécheresse, les urgences qui crèvent, le train qui s’arrête. Encore une mauvaise nouvelle, mais c’est presque devenu une habitude, ici.

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24 octobre 2024 4 24 /10 /octobre /2024 21:18

"À la fin du deuxième trimestre 2024, la dette publique s’établit à 3 228,4 Md€ Dette trimestrielle de Maastricht critères Maastrichtiens de la dette des administrations publiques (APU) - deuxième trimestre 2024

À la fin du deuxième trimestre 2024, la dette publique au sens de Maastricht s’établit à 3 228,4 Md€, soit une augmentation de 68,9 Md€, après +58,2 Md€ au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle s’établit à 112,0 %, après 110,5 % au premier trimestre 2024. Comme au trimestre précédent, l’augmentation de la dette publique s’accompagne d’une hausse de la trésorerie des administrations publiques (+16,4 Md€), partiellement atténuée par des cessions d’actifs, si bien que la dette nette augmente un peu moins (+58,1 Md€) que la dette brute et s’établit à 103,5 % du PIB. Les chiffres de la dette 2024"

Chapitre 1 - "Une dette comme un levé un sans-ouverture"

C’était comme une plaie, cette dette. Une saloperie qui suintait, un truc poisseux qu’on n’arrivait plus à contenir, un mal rampant. 2024, on y est. Le bout du rouleau. Plus d’échappatoire. T’as beau courir, t’as beau planquer le cadavre sous le tapis, la France saigne par tous les trous. 68,9 milliards d’euros qui se rajoutent à la facture. Un chiffre qui pèse, qui écrase tout. 3 228,4 milliards d’euros au compteur. Une balle dans la nuque, c’est tout ce que ça inspire. Et 112 % du PIB enfoncé dans la gorge comme une pierre au fond d’un puits sans fond. Faut se le dire, on est foutus. Y a plus de chemin, plus de lumière, juste la nuit, et ce pognon qui s’évapore comme des balles dans un film d'Audiard, sans retour possible.

Chapitre 2 - "La couleur de l'argent vente"

Y a quelque chose de pourri dans l’air, ça sent le billet cramé, la trahison, les titres négociables qui flambent à 66,5 milliards. T’as l’impression de voir ces chiffres, mais c’est comme la couleur tombée du ciel. Tu crois comprendre, mais c’est pas pour toi, c’est trop loin, trop abstrait. Une météorite qui crève le sol, qui s’installe, qui distord tout. C’est ça la dette. T’as beau la voir grimper, tu sais pas d’où ça vient. T’entends parler des « titres longs », des « dépôts » comme des formules magiques, mais en vrai, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l’État, ce paysan perdu comme Nahum Gardner, il est pris à la gorge. Il continue de creuser, de négocier, mais à chaque coup de pelle, il s’enfonce plus profond dans la merde.

Chapitre 3 - "Le gouffre sans fond"

Tu croyais quoi ? Que ça allait s’arrêter là ? Non, la dette, elle descend partout, elle s’infiltre, comme une putain d’humidité qu’on n’arrête plus. La SNCF, elle se contracte. Ouais, elle essaye de freiner, mais le train déraille quand même. Et la Sécu, tiens ! 4 milliards de plus. C’est comme si tu voyais la gueule d’un type qui prend un coup de lame, qui se vide doucement. Les chiffres continuent de s’empiler, 7,1 milliards ici, 12,8 milliards là, et toi, tu regardes, impuissant. Une spirale infernale, qu’ils disent. Ouais, on est dedans jusqu’au cou.
 

Chapitre 4 - "La lutte vaine"

Les collectivités locales, elles, elles luttent. Ou du moins, elles font semblant. Elles stabilisent, elles réparent les brèches, mais c’est comme mettre un pansement sur une jambe arrachée. On sait comment ça finit. C’est foutu d’avance. Les départements, les communes, ils essayent de désendetter, de résister à ce truc qui dévore tout. Mais quoi ? Qu’est-ce que tu veux faire face à ça ? Une force qui te dépasse, une ombre qui s’étend. Ils sont condamnés, eux aussi, tout comme Nahum et ses pauvres gamins. C’est pas une question de volonté, c’est juste la fin qui arrive.

Chapitre 5 – "L'objet venu d'ailleurs"

Et voilà où on en est. Comme dans ce foutu champ où Nahum a vu tomber cette couleur inconnue, la France a touché une dette venue d’un autre monde. Un truc qu’on comprend pas, qui change tout sans qu’on puisse rien y faire. Une infection. Un artefact cosmique qui nous échappe, un truc qui ne s’explique pas. Ça dépasse la finance, ça dépasse l’entendement. C’est là, c’est tout. Et tu peux rien y faire, à part attendre que ça finisse par t’engloutir.

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24 octobre 2024 4 24 /10 /octobre /2024 13:42

 

"Avoir dans sa poche un Laguiole ou l'œuvre d'un coutelier d'art fait-il de son détenteur un criminel en puissance ?

POLÉMIQUE - Face aux nombreuses attaques à l'arme blanche, les autorités ont décidé d'agir avec davantage de fermeté, au risque de criminaliser le port des canifs traditionnels.

L'arme fait-elle le meurtrier ? La question, jamais vraiment résolue, a toujours passionné les juristes. Mais si l'on en croit aujourd'hui certains représentants de l'État, avoir dans sa poche un Laguiole, un Nontron ou l'œuvre d'un coutelier d'art fait désormais de son détenteur un criminel en puissance. Ni plus ni moins. Comment en est-on arrivé là ?

La loi française interdit clairement le port de tout couteau, assimilé à une arme blanche de catégorie D, au même titre que les haches, les machettes, les poignards de combat, les matraques télescopiques, les bombes lacrymogènes ou les poings américains..."

"article Le Figaro

 

 

 

Crédit photo Nicolas Caudeville

Comme en France, l'autorité ne rattrape que ceux qui ne courent pas: elle se faire souvent autoritaire...

 

Le camarade Steve Golliot-Villers dessinateur illustrations ici, ancien tatoueur et néanmoins citoyen réagit à cette nouvelle en rendant compte d'une de ses pérégrinations et des échanges collatéraux auxquelles, elles ont donné lieu : ceci aurait pu être qualifié de tribune.

 

Crédit photo Steeve Saint E

"Je discutais tout à l'heure avec un excellent ami armurier qui m'a appris qu'une nouvelle législation était sournoisement passée au printemps concernant le port de couteau dans l'espace public.
Désormais il est interdit, sous peine de passage devant un tribunal et d'une probable lourde amende, d'avoir sur soi la moindre lame.

J'ai bien écrit "la moindre lame", peu importe sa longueur, le critère de la largeur de la paume étant de facto obsolète. La loi en vrai

On ne parle pas d'un glaive, d'un sabre, d'une épée ou d'un braquemart, non, on parle du banal Opinel ou du traditionnel Laguiole et même des multitools type Leatherman.
Pour je-ne-sais-quelle raison un législateur désœuvré a décidé de s'attaquer à un non-problème pour le résoudre par un texte inutile.

Puisque comme d'habitude ceux qui vont cueillir les prunes seront les braves citoyens lambda, ceux qui espèrent le saucisson accidentel et qui s'équipent en conséquence.

Par contre les imbéciles violents de tous ordres continueront de larder dans la joie et la bonne humeur sans se soucier de l'ire de la maréchaussée.
Cela fait près de 40 ans que je porte toujours sur moi ce genre d'objet.
Mon tout premier Opinel, vieux et noirci, me fut offert par un voisin agriculteur quand j'avais 11 ans, au cul d'un tracteur Someca orange, après avoir durement travaillé sous un opiniâtre soleil morbihannais à ramasser les douilles de munition de fusil de chasse dont son terrain était littéralement recouvert, suite à un ball-trap dominical. Le breton est joueur.


Depuis je n'ai cessé d'avoir sur moi un truc tranchant, Opinel, Laguiole (lame damassée, un des derniers cadeaux de mon père), redoutable couteau pliant corse (auquel je dois quelques points de suture), prenant même l'avion avec en des temps où les pirates de l'air ne se mêlaient pas de réaménagement urbain.

Plus récemment j'ai succombé aux joies du multitool, toujours utile quand on a des machines à régler, des fuets à découper et des bidules à visser/dévisser. Mon ami susmentionné, motard de sa condition, ne s'en sépare jamais, le bloc de fonte étant parfois farceur.
Et voilà que quelque ahuri urbain écharpé voudrait me priver du légendaire deuxième attribut de la virilité (non toxique) ?
 

Au-delà de cette considération personnelle, a-t-on pensé à toute la filière française du couteau, de l'artisan à l'usine et passant par les revendeurs, à ces savoir-faire parfois ancestraux qui font de certaines lames françaises un exemple de qualité mondialement réputé ?

Il ne nous restera que l'excuse du "motif légitime", qui exonère le porteur de couteau de poursuites légales à condition qu'il puisse prouver la nécessité immédiate de porter sur lui un de ces terrrrribles outils.
C'est donc à ce titre qu'il est désormais conseillé de porter sur soi, partout et en tous lieux, une boîte de pâté, ladite boîte expliquant qu'en cas de rencontre fortuite avec une baguette on ait besoin d'être en possession d'un objet coupant.

Sic transit gloria mundi...

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22 octobre 2024 2 22 /10 /octobre /2024 23:53

“La vie consiste à jongler sur une corde raide.”

De René Dubos / Les Dieux de l'écologie

Voilà notre Sébastien Le Guen, fildefériste de son état et dessinateur fou, qui se met en branle pour trois jours de folie dans les entrailles de Perpignan ! Ce joyeux drille va s'installer au cœur de trois quartiers, tel un troubadour des temps modernes, pour tisser des liens avec le bon peuple.

D’abord, il fera son numéro sur la place de Belgique, là où les âmes errent entre deux trains dans le quartier de la Gare. Puis, il se pointera devant la Mairie de Quartier Nord, au Moyen-Vernet, comme un chevalier de l’art. Et pour finir en beauté, il s’invitera sur la place Rigaud vendredi , en plein centre-ville, pour une fête en technicolor.

Ce bonhomme va s’entraîner sous vos yeux ébahis, échangeant avec les riverains et les flâneurs. Comme un alchimiste, il fera de cette matière vivante un joyeux capharnaüm ludique et spontané. Et le quatrième jour, attention, ça va envoyer du lourd ! Il nous concoctera un spectacle éblouissant où se mêleront fil-de-fer, mots et textes glanés dans ces instants partagés. Un véritable film de ces quelques jours d’émotions tissées ensemble !

Il bâtit en direct, comme un magicien du lien, renouant le fil entre artiste, espace et public. C’est joyeux, c’est simple, c’est essentiel !

À partir de 8 ans - Entrée libre sans réservation
Ne manquez pas l'occasion de croiser Sébastien à Perpignan et de plonger dans cette aventure flamboyante !

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20 octobre 2024 7 20 /10 /octobre /2024 17:06

 

Pour aborder l'information du local au global, il faut s'extraire de la guerre des gaz (ou gases) psychologiques qui, nous font ne percevoir pas, pour ce qu'elle est, mais sa représentation par une série de filtres. Extraire l'information de sa gangue, pour en absorber son signifiant le plus nutritif. C'est résoudre l'équation de la superposition de ces 2 phrases:"Le roman, c'est enchaîner les lignes de codes pour générer une structure narrative..."" L'ours doit s'extraire de sa propre allégorie de la caverne, comme le dormeur doit s'éveiller"

Analyse du texte sous l’angle sémiotique et symbolique tout en restant percutants et intrigants pour le lecteur.

Pour aborder l’enchaînement des deux phrases que vous avez soumises à la manière d’Umberto Eco, il faut d'abord reconnaître leur tension entre signifiant et signifié, entre construction narrative et épanouissement symbolique. Les phrases que nous analysons forment une sorte de dialogue secret entre deux niveaux sémiotiques distincts, entre la logique structurante du langage et la profondeur mythologique de l'allégorie.

La première phrase, « Le roman, c'est enchaîner les lignes de codes pour générer une structure narrative... », introduit un cadre sémiotique fondamentalement structuraliste, presque computationnel.

Elle met en avant le roman comme une mécanique, un algorithme où les mots, assimilés à des codes, se succèdent selon un ordre déterminé pour produire une structure. Ici, le signifiant est mis en relief : les mots eux-mêmes, leur enchaînement, sont perçus comme des unités de sens qui construisent, par accumulation, une trame narrative. Le langage est vu non pas comme un outil transparent mais comme une matière, des lignes de code qui forment une architecture.

Cependant, cette première phrase suggère déjà une tension : le mot « structure » indique que quelque chose de plus grand émerge de ces lignes de code, une signification globale, un récit, une totalité narrative. Ainsi, le signifié n'est pas encore pleinement révélé dans cette première proposition, il se prépare.

Et c’est là que survient la seconde phrase : « L’ours doit s’extraire de sa propre allégorie de la caverne, comme le dormeur doit s’éveiller... ».

Ce passage fait éclater la structure narrative froide et mécanique pour plonger dans un champ plus herméneutique, symbolique. Il fait appel à deux grandes figures de la philosophie et du mythe : l’ours et le dormeur. Le premier renvoie à l’idée platonicienne de la caverne, un espace d'illusion, de projections trompeuses, où l’être est prisonnier d’ombres, et où l’évasion symbolise une quête de vérité, un éveil intellectuel et ontologique. Le second, le dormeur, évoque l’idée gnostique d’un réveil spirituel. L’ours, métaphore d’un être somnolant dans son ignorance, et le dormeur, analogue à une conscience assoupie, doivent tous deux éveiller leur regard, non plus seulement sur la structure mais sur la profondeur du sens qui se cache derrière cette structure.

L’enchaînement des deux phrases crée ainsi une dialectique entre le signifiant (les lignes de codes, la structure narrative) et le signifié (la quête d’éveil, l’extraction de la caverne, la révélation ultime du sens). Le roman, en tant que structure narrative, est à la fois un labyrinthe de signes – des lignes de code – mais aussi, dans son essence profonde, une invitation à l’éveil, à l'extraction des illusions, à la recherche d'une vérité cachée derrière la surface textuelle.

La phrase sur l’ours et le dormeur introduit un élément presque métaphysique dans cette mécanique narrative. Ce n’est plus seulement la structure qu’il faut comprendre, mais le sens caché, la profondeur symbolique, la vérité que le texte – ou la caverne – masque derrière son jeu de signes.

Ainsi, cet enchaînement de phrases ne se contente pas d’opposer structure et symbolisme, il les met en relation dynamique : la structure narrative, même si elle peut sembler froide et technique, est toujours orientée vers un éveil, vers une révélation. Le roman, en tant qu’art de l’enchaînement des codes, est une sorte de caverne sémiotique qui dissimule, pour mieux révéler, des vérités enfouies. Le lecteur, tel l'ours ou le dormeur, doit s’extraire de la surface visible du texte (le signifiant) pour accéder à sa profondeur (le signifié).

Cette progression rappelle l’insistance d’Umberto Eco sur la coopération interprétative entre auteur et lecteur. Le texte n’est pas un objet clos ; c’est un dispositif, une machine génératrice de sens, où chaque lecteur, tel l’ours ou le dormeur, doit s’éveiller à la richesse interprétative qui réside sous la structure apparente du roman.

L'Ours et Guillaume de Baskerville : Dialogue Sémiotique

La scène se déroule dans la bibliothèque labyrinthique de l'abbaye, où Guillaume de Baskerville, accompagné de l'Ours, un étrange personnage métaphorique, discutent des mystères du texte et de l'énigme de la signification. L’atmosphère est chargée de livres anciens, de poussière et de lumière tamisée. Le silence est lourd, interrompu seulement par le froissement des pages tournées.

Guillaume de Baskerville (en posant un vieux manuscrit sur la table) :
"Le roman, c'est enchaîner les lignes de codes pour générer une structure narrative..." Voilà ce qu'on nous dit. Mais, ami Ours, qu'en penses-tu ? Crois-tu qu'un simple enchaînement de codes puisse capturer toute la profondeur du récit ?

L’Ours (réfléchissant profondément, sa voix grondante résonnant dans la pièce) :
"Les codes... oui, ces lignes structurées, ces signes, ils construisent la surface, l'apparence. Mais ce ne sont que des ombres sur les murs d’une caverne, Guillaume. Le roman, comme cette caverne, n’est qu’un jeu d’illusions. Pour découvrir le véritable sens, il faut s'extraire de cette mécanique froide."

Guillaume (souriant) :
"Ah, tu parles comme Platon, mon cher Ours. L’allégorie de la caverne… Mais dis-moi, que veux-tu dire par s'extraire ?"

L’Ours (se levant et marchant lentement entre les rayons de la bibliothèque) :
"Je parle de plus que des mots enchaînés, Guillaume. Ce que je veux dire, c’est que l’ours – ou le lecteur, si tu préfères – doit s'extraire de sa propre allégorie. Le texte n'est qu'une surface, une série de lignes de code, oui, mais derrière cette structure rigide se cache un monde plus vaste. Il faut éveiller son esprit, comme le dormeur se réveille d’un long songe. Le signifiant est un piège si on ne voit pas le signifié qui l'habite."

Guillaume (fasciné, penché en avant) :
"Alors, ce que tu dis, c’est que le roman est une caverne sémiotique ? Une prison de signes qui dissimule la vérité derrière la surface apparente ?"

L’Ours (hochant la tête) :
"Exactement. Le lecteur pense qu'il comprend en suivant les lignes, mais il ne fait que voir des ombres. Ce n'est qu'en s’éveillant, en sortant de cette caverne de signes, qu'il accède à la lumière du sens profond. Le roman, Guillaume, est une architecture... mais son essence véritable, c’est la quête. La quête de la vérité, du signifié caché."

Guillaume (en jouant avec les bords du manuscrit, pensif) :
"Mais alors, si la structure du roman n’est qu’un labyrinthe, une caverne où l'on peut se perdre... comment être sûr de trouver cette vérité ? L’éveil dont tu parles, comment le provoquer ?"

L’Ours (avec un regard intense) :
"Comme pour le dormeur, il ne s’agit pas seulement de lire. Il faut interpréter. La vérité n’est pas offerte ; elle est cachée, Guillaume. Et comme tu le sais, même dans la bibliothèque la plus vaste, certains livres sont plus difficiles d’accès. Mais chaque lecteur a ce pouvoir, celui d'éveiller en lui une interprétation nouvelle. Le roman, ce n’est pas un objet clos. C’est un dispositif, un moteur qui génère des significations sans fin. C’est pourquoi il ne faut jamais se contenter des lignes de codes, des signes à la surface."

Guillaume (réfléchissant, mais un sourire se dessine sur ses lèvres) :
"Ah, ami Ours, tu parles comme Umberto Eco lui-même. Tu dis que nous devons être à la fois dans le texte et au-delà du texte, comme les moines cherchant la vérité dans les livres interdits. Mais je te pose une question : comment être sûr que cette quête de vérité ne soit pas elle-même une illusion, une autre caverne, une autre ombre projetée ?"

L’Ours (souriant pour la première fois, un sourire presque imperceptible) :
"Ah, Guillaume, c’est là tout le mystère du roman et de la vie. Peut-être que toute caverne dissimule une autre. Mais tant que l’on cherche, tant que l’on s'éveille, nous restons en mouvement, en quête. Et peut-être est-ce là l’essence même du roman : non pas trouver la vérité, mais perpétuer l'éveil."

Guillaume (soupirant, mais d’un soupir de contentement) :
"Alors, cher Ours, continuons cette quête ensemble. Car même dans ce labyrinthe de signes, l'éveil est notre seul guide."

Ils se lèvent tous les deux, laissant le manuscrit ouvert sur la table, et continuent leur exploration de la bibliothèque, prêts à affronter les mystères et les illusions des signes, ensemble dans cette quête éternelle de sens.

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