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Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
Cabestany / Médipôle :Les propositions du directeur.... La grève est reconduite....
Nous, les cafoni de la clinique, nous qui lavons les corps, changeons les draps, tenons la main des souffrants , nous n’avons plus de nom.
On nous appelle « le personnel soignant ».
Mais nous savons bien ce que nous sommes : des mains qui travaillent pour rien et des dos qui se courbent jusqu’à la terre.
Depuis le vingt-quatre avril, à Médipôle Saint-Roch de Cabestany, nous avons dit : ça suffit.
Nous avons planté nos piquets comme on plante des croix sur une tombe trop petite.
21 jours déjà.
21 jours que nous marchons sous le soleil et sous la pluie, que nous dormons mal, que nous mangeons peu, que nous nous regardons dans les yeux en nous demandant qui tiendra jusqu’au bout.Ils nous parlent de chiffres, les messieurs d’Elsan. Ils parlent de rentabilité, de productivité, de prime d’intéressement qu’il faut « ajuster ».
Ajuster ! Comme si nos salaires étaient un vêtement trop large qu’on peut rétrécir à volonté. Nous qui voyons les lits pleins, les nuits sans fin, les collègues qui craquent et qu’on ne remplace pas. Nous qui savons que la fatigue tue plus sûrement que certaines maladies.Et pourtant, le village n’est pas mort.
Mardi soir, le dix-neuf mai, au Parc Guilhem, nous ferons ce que les pauvres ont toujours fait quand ils n’ont plus que leur misère à partager : nous nous tiendrons ensemble.
Mardi 19 mai
🕕 De 18h à 22h
📍 Parc Guilhem à Cabestany
Ce ne sera pas une fête. Ce sera une veillée. Une veillée de vivants qui refusent de se laisser enterrer. Il y aura de la musique, parce que le chant est la dernière chose qu’on nous enlève. Il y aura du pain et du vin, parce que le ventre vide ne tient pas longtemps la colère. Il y aura surtout des visages. Des visages de soignants, de voisins, de vieux, de jeunes, de mères qui ont eu peur pour leurs enfants à la clinique. Nous nous regarderons. Nous nous parlerons. Et pour une fois, ce ne sera pas à travers une vitre ou un téléphone.
Tous les sous que nous ramasserons iront directement dans la caisse de solidarité.
Pas un centime pour les beaux discours. Rien que pour ceux qui tiennent le piquet, pour ceux qui ont peur de ne plus pouvoir payer le loyer, pour ceux qui ont déjà les yeux creusés par la fatigue.On nous dit que c’est inutile. Que les cliniques privées sont comme ça maintenant, que le monde est ainsi fait. Nous répondons comme les anciens de Fontamara : « Le monde est ainsi fait… jusqu’à ce qu’on le défasse. »Nous ne sommes pas des héros. Nous sommes seulement des gens qui ne veulent plus courber l’échine jusqu’à terre.
Nous voulons pouvoir soigner sans nous détruire.
Nous voulons un salaire qui ne soit pas une insulte à notre peine.Alors venez. Venez nombreux mardi soir au Parc Guilhem. Pas par pitié. Par dignité. Parce que demain, c’est peut-être votre mère, votre enfant, ou vous-même qui serez dans ce lit, et qu’il vaudra mieux qu’il y ait encore quelqu’un debout à côté, avec des mains qui ne tremblent pas de fatigue et de colère.
On ne lâche rien.
Nous tiendrons.
Comme toujours, nous tiendrons ensemble.
On ne sait pas ce qui a préludé à l'arrêt de la gréve à la clinique St Pierre, il y a un dessin en IA qui est tellement encombré qu'à part une proposition acceptable de la direction, sans r...
Je suis aide-soignante depuis le 23 septembre 2003 à Médipôle Saint-Roch de Cabestany. Je suis entrée dans cette clinique à l'âge de 21 ans. À cet âge-là, on arrive avec des rêves, des pe...
On ne sait pas ce qui a préludé à l'arrêt de la gréve à la clinique St Pierre, il y a un dessin en IA qui est tellement encombré qu'à part une proposition acceptable de la direction, sans réelles précisions (sans quoi, j'aurai raté un épisode même si les demandes des établissements n'étaient pas toute à fait les mêmes) . À Médipôle, on continue. Donc les revendications n'ont pas été entendu, ou Valéry Folcher est plus soucieux du bien être des actionnaires que monsieur Coulon à St Pierre. À moins que ce soit la même ruse que dans l'épisode de la mythologie de Rome des "Horaces et des Curiaces https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Horaces_et_Curiaces/178849 , soit diviser pour mieux régner en espérant que l'abandon de l'un précipitera l'abandon de l'autre : "vous voyez bien que vous êtes seules !"
Cela n'annule pas m'a vidéo et le texte d'hier , cela le renforce : puisque la gréve à s'arrête, jusqu'à la prochaine fois, puisque la logique capitaliste d'Elsan garde son même objectif, les bénéfices...
Suite à la lecture de "Lettre ouverte d'une aide-soignante" que le site l'Archipel contre attaque s'est empressé de publier, j'ai été touché... https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2026/05/lettre-ouverte-d-une-aide-soignante-a-medipole-saint-roch-de-cabestany.html
Et la question que je me suis posé : puis-je faire plus que ce que j'ai déjà fait; ou plutôt non puis-je faire mieux ? Parce que je suis encore patient de Médipole et je j'ai été hospitalisé à la Clinique St Pierre, et que j'ai vu ses plonger dans la douleur pour m'arracher à mes blessures de santé pour qu'elles ne deviennent que de discrètes cicatrices ... Mais, je ne suis pas le seul. La majorité de la population a eu besoin, a besoin, aura besoin des #soignants un jour. Et si ce n'est soi-même, c'est l'un de ses proches. En fait, eux c'est nous, mais dans une version qui s'interdit de ne pas dépasser au quotidien. Avec la conscience aigu que s'ils tombent, c'est la société entière qui basculera avec eux. Ce sont des murs porteurs. Aussi je suis étonné de ne pas voir plus de monde à leur chevet, à les rejoindre sur les piquets de gréves, à donner, au moins du temps. Et même à manifester à leur côté, au moment où l'on voit le vol noir des financiers siffler sur nos têtes, et l'on entend, le cri pas si lointain de l'Antavirus...Ce n'est pas parce qu'une cause est toute prête de soi, qu'on ne puisse se manifester pour elle...
Je suis aide-soignante depuis le 23 septembre 2003 à Médipôle Saint-Roch de Cabestany.
Je suis entrée dans cette clinique à l’âge de 21 ans.
À cet âge-là, on arrive avec des rêves, des peurs, beaucoup d’envie et parfois peu de certitudes. Moi, j’ai tout appris ici. J’y ai appris le métier, le soin, la douleur des familles, les regards des patients, les urgences, les silences, les sourires aussi.
J’ai rencontré des centaines de personnes. Des patients qui m’ont marquée à vie. Des collègues devenus bien plus que des collègues. Parce qu’être soignant, ce n’est pas simplement exercer un métier. C’est vivre ensemble des moments que peu de gens peuvent comprendre. La souffrance, la mort, l’espoir, les larmes, les éclats de rire au milieu de journées impossibles… Tout cela crée des liens forts. Une deuxième famille.
Dans cette clinique, j’ai grandi.
Je suis devenue femme.
Je suis devenue maman.
Pendant 22 ans, j’ai donné une partie de moi-même à ce métier.
Parce que le soin, avant tout, c’est l’humain.
Nous, les soignants, nous sommes là pour tenir des mains, rassurer des inconnus, accompagner des vies parfois jusqu’à leur dernier souffle. Nous sommes là quand les familles craquent, quand les patients souffrent, quand la peur envahit les chambres de la clinique.
Et sans l’humain… que reste-t-il du soin ?
Rien.
Aujourd’hui pourtant, je suis en grève.
Pas par plaisir.
Pas par colère seulement.
Mais parce qu’à un moment donné, aimer son métier ne suffit plus pour vivre dignement.
Le groupe Elsan refuse de reconduire notre prime de 1500 euros.
Après 22 ans d’ancienneté, je gagne aujourd’hui environ 1700 euros par mois.
1700 euros pour des week-ends travaillés.
Pour les jours fériés loin de ma famille.
Pour les nuits sans sommeil.
Pour les corps qu’on relève.
Pour les douleurs qu’on absorbe sans jamais les montrer.
Je suis mère célibataire, avec la garde de ma fille de 13 ans à 100 %.
Je suis séparée depuis septembre 2019.
Je suis propriétaire de ma maison, cette maison que je me bats chaque mois pour conserver.
Cette prime n’était pas du luxe.
Elle me permettait simplement de payer mon foncier. D’acheter mon bois de chauffage pour l’hiver. D’assurer une vie stable et digne à ma fille.
Aujourd’hui, derrière la blouse blanche, il y a une femme épuisée de devoir toujours choisir entre sa vocation et sa survie.
On nous applaudit dans les crises.
On nous appelle “héros”.
Mais une fois les lumières éteintes, il faut rentrer chez soi, faire les comptes, avoir peur des factures, peur de ne plus pouvoir tenir.
Je continuerai à aimer mon métier.
Je continuerai à aimer mes collègues.
Je continuerai à prendre soin des patients avec toute l’humanité que ce métier exige.
Mais aujourd’hui, je refuse qu’on nous demande de tout donner… sans même nous permettre de vivre dignement.
Nous ne demandons pas des privilèges.
Nous demandons simplement du respect.
Le respect de nos sacrifices.
Le respect de nos années de service.
Le respect de notre humanité.
Parce qu’un soignant qui souffre en silence reste un humain avant tout.
" L'historien doit signaler clairement le moment où il glisse dans l'uchronie, s'en servir pour tester des hypothèses, ne pas raconter les mondes possibles mais analyser les causalités et les ...
20 cliniques en gréve du même groupe dans toute la France. C'est une sorte de résumer du mouvement de gréve des cliniques Elsan parcouru d'interviews qui recadrent la situation de Médipole à ...
"Science sans conscience budgétaire, n'est que ruine et larmes !"
Proverbe Picard
Le président Yvan Auguet à l'extrême gauche de la photo, puis les historiens Nicolas Marty, Jérôme Quaretti,Pierre Singaravélou et Quentin Deluermoz au dernier festival Confrontation cinéma / histoire avec pour théme "nos futures"
Perpignan, mai 2026. Pendant que les palmiers du campus Moulin-à-Vent se balancent mollement sous le vent méditerranéen, l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) vient de basculer officiellement en « contrôle renforcé » du rectorat. Traduction administrative : on va vous serrer la ceinture jusqu’à ce que les comptes crient grâce. Ou plutôt jusqu’à ce que les personnels crient tout court.
Le président Yvan Auguet a réuni plus de 400 agents le 12 mai dans une ambiance électrique.
Le 5 juin, le conseil d’administration doit voter un plan de « retour à l’équilibre ». Sinon ? La mise sous tutelle, ce doux euphémisme pour « l’État reprend les clés et vous traite comme un gamin qui a dépassé son découvert ». Du côté des troupes, l’inquiétude le dispute à la lassitude. Une enseignante résume l’ambiance : « Nous passons en phase austérité + + +. En France, 21 universités sont déjà sous contrôle renforcé. » On sent poindre le syndrome du dernier carré avant la reddition.
Un peu d’histoire : de l’université royale à la fac low-cost
Fondée en 1350 par Pierre IV d’Aragon, l’université de Perpignan a connu des siècles plus glorieux. Fermée pendant la Révolution, ressuscitée au XXe siècle, elle devient UPVD en 1990, fière de ses 15 sites, ses 9 500 étudiants (dont 1 600 internationaux), ses 480 enseignants-chercheurs et 440 BIATSS.
Aujourd’hui, elle symbolise surtout la grande inversion :
on passe d’un service public ambitieux à une structure qu’on gère comme une PME en redressement judiciaire. Le coupable désigné ? La masse salariale, qui flirte avec les 85,7 % du budget alors qu’un décret de décembre 2024 (ou 2025 selon les sources) impose un plafond à 83 % (85 % pour les universités à dominante SHS).
Résultat : gel des recrutements, gel des revalorisations et primes, réduction du volume d’heures pour l’offre de formation 2028. On parle même de fermer des masters qui n’atteignent pas le seuil magique d’étudiants. Vive la Via Domitia… version low-cost.
Partout pareil : le grand étranglement national
Perpignan n’est pas un cas isolé, c’est le symptôme. À Lyon 2, on vote un plan d’austérité de 4 millions d’euros, dont 3 millions sur les personnels. Hausse des frais pour étudiants extra-européens en bonus. À Rennes 2, même tango budgétaire. Lamri Adoui, président de France Universités, prévient : l’ensemble des établissements pourrait cumuler un déficit d’un milliard d’euros à horizon 2027.
Le 9 janvier 2026, le ministre Philippe Baptiste lançait des « Assises du financement des universités » avec des mots dignes d’un discours de vœux : « renforcer durablement la confiance entre l’État et les universités » tout en restant « compatibles avec nos engagements en matière de finances publiques ». Traduction : on va objectiver la misère et vous demander de faire plus avec moins, encore.
Le décret de soutenabilité financière de fin 2024 a tout changé :
on ne regarde plus seulement le déficit, mais la trésorerie, le fonds de roulement et surtout ce fameux ratio de masse salariale. Résultat ? Presque 100 % des universités ont voté un budget initial déficitaire pour 2026. Miracle statistique : en changeant les règles, on fait disparaître les « difficultés » sur le papier. Sur le terrain, les personnels s’épuisent et les formations rétrécissent.
Motion unanime et désespoir collectifLa gouvernance de l’UPVD a fait adopter à l’unanimité une motion contre « les contraintes iniques » qui pèsent sur le service public.
Le SNESUP-FSU dénonce des impacts « délétères » sur les équipes, les étudiants et la qualité des formations. Le syndicat regrette qu’on brandisse la menace de tutelle alors que l’établissement n’est pas (encore) en déficit abyssal.Un personnel non enseignant appelle à la « cohésion » et au « travail collectif ». Noble sentiment. On imagine déjà les réunions de crise où tout le monde s’accorde pour dire que c’est la faute de l’État, des retraites, du SMIC, de l’énergie, des étudiants qui osent être plus nombreux, et surtout de ces satanés salaires qui refusent de se réduire tout seuls.
La satire de l’année : former l’élite de demain… avec les moyens d’hier
On nous explique que l’université doit être « responsable » et « compatible avec les finances publiques ». Traduction : l’État sous-finance depuis des années (non-compensation des revalorisations, explosion des charges pensions, etc.), impose de nouveaux ratios, puis s’étonne que tout le monde coule et exige des plans d’austérité.
Résultat ? On va former les ingénieurs, les enseignants, les chercheurs et les citoyens de 2035 en réduisant les heures, en gelant les postes et en augmentant les frais pour les étrangers.
Brillant plan de souveraineté nationale
.À Perpignan, on est passé de la Via Domitia – route mythique de l’Empire romain – à la Via Austeritas, route à sens unique vers la précarité. Les personnels s’inquiètent à raison. Les étudiants, futurs cobayes de cette université low-cost, n’ont pas encore compris qu’ils paieront l’addition deux fois : en frais et en qualité.
Pendant ce temps, à Paris, on organise des assises. C’est bien connu : quand le navire prend l’eau, le meilleur remède est de réunir un comité pour débattre de la forme des seaux. Bienvenue en phase austérité + + +. Prochain niveau : + + + +.
On vous tiendra au courant depuis le campus. Apportez votre propre gilet de sauvetage.
"Quand quelqu'un te parle de progrès dis-toi qu'il veut t'asservir." Albert Cossery Les chevaliers de la table ronde:Michel Cadé, Jérôme Quaretti, Nicolas Marty,Pierre Singaravélou et Quentin ...
Certains matins, tu préférerais rester au lit. T'as trouvé une Bene Geserit https://www.youtube.com/watch?v=04aw2ymZedw pour te faire des massages thaïlandais, avec ses petits pieds. De toute f...
"Alors, si vous êtes plus à l'aise avec les notions concrètes, je peux vous proposer mon pied dans les noix..." Kaamelott Léodagan Livre V, Le dernier jour Alors qu'une série de violences ont ...
« L’historien doit signaler clairement le moment où il glisse dans l’uchronie, s’en servir pour tester des hypothèses, ne pas raconter les mondes possibles mais analyser les causalités et les conséquences, en s’en tenant à une “exploration minimale du monde non advenu”. »
"Pour une histoires des possibles " par Quentin Deluermoz Pierre Singaravélou
(p. 206 environ, résumé et partiellement cité dans les recensions détaillées)
Journaliste : Bonjour. Nous sommes au vingtième jour de grève à Médipôle. Demain, ce sera le vingt-et-unième. La tension est palpable, les patients commencent à s’inquiéter, et la Direction reste silencieuse. Nous recevons aujourd’hui une représentante des soignants en grève. Merci d’être avec nous.
Représentante des soignants : Bonjour et merci de nous donner la parole. Vingt jours de grève, et toujours aucune nouvelle proposition de la part de la Direction. Ce que nous demandons est pourtant simple et vital : sécuriser l’argent qui nous permet de survivre. Rien de plus, rien de moins.
Journaliste : La situation devient préoccupante, tant pour les patients que pour les praticiens eux-mêmes qui souhaiteraient sortir du conflit…
Représentante des soignants : Exactement. Les praticiens veulent aussi que ça s’arrête, mais la Direction reste sourde. Ce mouvement n’est pas né du jour au lendemain. C’est la conséquence d’une gestion extrêmement dure au quotidien, devenue insupportable depuis le début du conflit. M. Folcher ne nous a sollicités que deux fois en trois semaines, à son initiative. Les autres entrevues, nous avons dû les arracher. Voilà ce qu’il appelle un « dialogue social ouvert ». C’est du mépris pur et simple.
Journaliste : Le conflit a aussi été marqué par des tensions fortes…
Représentante des soignants : Intimidations, rumeurs, manipulations… Et des réquisitions massives qui piétinent le droit de grève. Nous avons demandé une médiation auprès de l’Inspection du travail. On espère que cela permettra enfin d’avancer.
La façon dont ce conflit est géré ne fait que renforcer le sentiment de mépris. Et un soignant méprisé, c’est un soignant qui finit par se déconnecter. Dans un établissement qui va bientôt passer en certification, on joue avec le feu.
Journaliste : Certains salariés parlent même de partir…
Représentante des soignants : Beaucoup sont écœurés et envisagent sérieusement de quitter Médipôle. Et ce n’est pas nouveau : à chaque grève majeure, les départs se sont multipliés. Après celle de 2011, puis celle de 2021, on a vu des vagues de démissions importantes. Résultat : une hémorragie de personnel expérimenté qui rend le recrutement de plus en plus difficile.Autrefois, on faisait carrière dans la santé. On arrivait comme infirmière et on restait 7 ans en moyenne sur le même poste, puis 5 ans. Aujourd’hui, la moyenne est tombée à moins de 3 ans. Les jeunes arrivent, ils voient les conditions de travail et ils partent très vite. On perd en continuité des soins, en transmission des savoirs, et les patients en pâtissent directement.
Journaliste : Sur le plan financier, que répondez-vous à ceux qui disent que l’établissement n’a pas les moyens ?
Représentante des soignants : L’expert-comptable qui suit l’établissement année après année est formel : Médipôle est en très bonne santé financière. Nos revendications sont plus que légitimes. L’argent n’est d’ailleurs pas la seule demande.Depuis des années, nous subissons un manque de personnel chronique, presque institutionnalisé : remaniements permanents de services, ajustements quotidiens des effectifs. Le leitmotiv de la Direction ? « Il faut adapter la masse salariale à l’activité. » Pendant que nous, on essaie simplement de garantir des soins de qualité.
Doit-on attendre un naufrage à la ORPEA pour réagir ?
Journaliste : Vous parlez d’un modèle plus large…
Représentante des soignants : Absolument. La financiarisation des soins, à Médipôle comme ailleurs, met le monde de la santé à genoux. Recherche du profit permanent, optimisation à outrance… Résultat : on travaille en mode dégradé toute l’année.
Aujourd’hui, c’est le monde du soin qui est malade. Alors si nous, les soignants, sommes malades… qui nous soignera ?
Journaliste : Message reçu. Vingt-et-unième jour de grève demain. Nous continuerons à suivre ce mouvement. Merci à vous.
Représentante des soignants : Merci à vous. Et surtout, merci aux collègues qui tiennent bon. On ne lâche rien.
Pour une histoire des possibles : analyses contrefactuelles et futurs non advenus Et si l'histoire, ou la vie, avait suivi un autre cours ? Ce que l'on appelle le raisonnement contrefactuel surgit spontanément dans les conversations pour nourrir des hypothèses sur les potentialités du passé et les futurs non advenus. Il traverse la littérature, les réflexions politiques et toutes sortes de divertissements.
Pour la Journée internationale de l'infirmière : Soutenons les soignants en grève des cliniques ELSAN ! Ce 12 mai, à l'occasion de la Journée internationale de l'infirmière, rendons hommage ...
"Quand quelqu'un te parle de progrès dis-toi qu'il veut t'asservir." Albert Cossery Les chevaliers de la table ronde:Michel Cadé, Jérôme Quaretti, Nicolas Marty,Pierre Singaravélou et Quentin ...
Pour la Journée internationale de l’infirmière : Soutenons les soignants en grève des cliniques ELSAN !
Ce 12 mai, à l’occasion de la Journée internationale de l’infirmière, rendons hommage à celles et ceux qui veillent sur notre santé au quotidien.
Mais au-delà des applaudissements et des beaux discours, il est temps de passer à l’acte concret : soutenir les personnels soignants des cliniques du groupe ELSAN en grève, notamment à Perpignan.Depuis plusieurs semaines, les équipes soignantes se mobilisent avec détermination pour défendre des revendications légitimes et essentielles :
Des conditions de travail dignes
Une meilleure reconnaissance de leur engagement
Des salaires à la hauteur de leur investissement quotidien
Un système de santé capable de répondre réellement aux besoins des patients
Derrière cette grève, une réalité trop souvent cachée : manque chronique de personnel, fatigue accumulée, pression constante et une absence de reconnaissance malgré un dévouement sans faille. Ces professionnels de santé, que nous applaudissions encore il y a quelques années, se battent aujourd’hui pour ne pas voir leur métier se dégrader davantage.https://www.lepotcommun.fr/cagnotte/solidaire/solidarite-grevistes-clinique-medipole-ml1ncph9
Pendant ce temps, le groupe ELSAN continue d’enregistrer des bénéfices importants. Ce contraste est insupportable : d’un côté des soignants épuisés qui se battent pour maintenir la qualité des soins, de l’autre une entreprise qui réalise des profits conséquents.Aujourd’hui, c’est à nous, patients, citoyens, familles et soutiens, de nous mobiliser à leurs côtés.Signez et partagez massivement la pétition !Chaque signature compte.
Chaque partage amplifie la voix de ces soignants qui ne lâchent rien. En signant, vous affirmez que :
La santé n’est pas une marchandise
Le soin mérite respect et moyens
La solidarité n’est pas un vain mot
SOUTENONS LES PERSONNELS EN GREVE DES CLINIQUES DU GROUPE ELSAN POUR DES CONDITIONS DE TRAVAIL ET DES SALAIRES A LA HAUTEUR DE L'INVESTISSEMENT DES SOIGNANTS POUR UN SYSTEME DE SANTE A LA HAUTEUR ...
Se battre pour de meilleures conditions de travail, c'est défendre la qualité des soins pour tous.A la clinique Médipôle St Roch à Cabestany, les salari...
"Ce qu'on peut se dire à la fin d'une journée c'est: encore un jour sans catastrophe, sans maladie, sans chagrin, sans misère. En somme, encore un jour de bonheur. " Louis Calaferte La publicati...
"Ce qu'on peut se dire à la fin d'une journée c'est: encore un jour sans catastrophe, sans maladie, sans chagrin, sans misère. En somme, encore un jour de bonheur. "
Louis Calaferte
La publication d’une vidéo de soutien par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, aux soignants en grève dans les cliniques du groupe Elsan à Perpignan marque un tournant symbolique dans le conflit. Ce geste dépasse le cadre local pour élever la mobilisation au rang de cause nationale, mettant en lumière les tensions persistantes entre rentabilité financière et conditions de travail dans l’hospitalisation privée.
Depuis fin avril 2026, les personnels des cliniques Médipôle et Saint-Pierre (groupe Elsan) sont en grève reconduite, parfois depuis plus de 15-20 jours. Leurs revendications principales restent le versement d’un 13e mois pérenne, une revalorisation salariale face à l’inflation, et une amélioration concrète des conditions de travail : effectifs insuffisants, manque de remplacements, pression organisationnelle accrue et précarisation des emplois. Les syndicats (dont CGT et CFDT) dénoncent une politique de distribution de dividendes aux actionnaires tandis que les primes de participation ont été supprimées ou réduites en 2025.
Le groupe Elsan, l’un des leaders français de l’hospitalisation privée avec plus d’une centaine d’établissements, se trouve directement visé.
Les grévistes reprochent une logique de rentabilité qui se traduit par une réduction des moyens humains et matériels, au détriment de la qualité des soins et de la santé des équipes.Un appui qui nationalise le conflitEn publiant cette vidéo, Sophie Binet apporte non seulement un soutien moral mais transforme la lutte perpignanaise en étendard plus large.
La première organisation syndicale française, souvent en pointe sur les questions de santé et d’action sociale, donne ainsi une visibilité nationale à un mouvement qui risquait de rester confiné dans les Pyrénées-Orientales.
Ce type d’intervention médiatique renforce la pression sur la direction d’Elsan et attire l’attention des pouvoirs publics, des autres établissements du groupe et de l’opinion publique sur les réalités du secteur privé lucratif.
Ce soutien intervient dans un contexte de mobilisation récurrente dans la santé privée. Après les revalorisations partielles du Ségur de la santé jugées insuffisantes, de nombreux collectifs de soignants dénoncent un sous-investissement chronique et une course à la rentabilité.
La vidéo de la dirigeante cégétiste devient le symbole d’une intensification : passage d’une grève locale à une contestation plus structurée et relayée au plus haut niveau syndical.
Pour les équipes mobilisées, ce geste renforce la détermination : il montre qu’elles ne sont plus isolées face à un grand groupe privé. Il interpelle aussi l’ensemble du secteur sur la nécessité de négociations sérieuses pour éviter une dégradation continue de la prise en charge des patients et la saturation des services publics voisins (comme l’hôpital de Perpignan).
Alors que les assemblées générales se poursuivent et que les barrages filtrants ou actions se multiplient, le conflit chez Elsan illustre les fractures plus larges du modèle de santé français :
entre logique marchande et service public essentiel. Le soutien apporté par Sophie Binet pourrait bien marquer le début d’une vague de convergences plus larges dans l’hospitalisation privée.Solidarité avec les soignants en lutte. La visibilité nationale acquise ces derniers jours oblige désormais toutes les parties à ne plus ignorer ces revendications légitimes.
"Le refus a toujours constitué un rôle essentiel. Les saints, les ermites, mais aussi les intellectuels, le petit nombre d'hommes qui ont fait l'Histoire sont ceux qui ont dit non, et non les ...
"Les statistiques ne saignent pas, c'est cela qui compte !" Arthur Koestler "Le Yogi et le commissaire" https://www.lepotcommun.fr/cagnotte/solidaire/solidarite-grevistes-clinique-medipole-ml1ncph9
20 cliniques en gréve du même groupe dans toute la France. C'est une sorte de résumer du mouvement de gréve des cliniques Elsan parcouru d'interviews qui recadrent la situation de Médipole à ...
« Diumenge, farem salsitxes a la brasa amb cargols a la cabana del avi »
Un souvenir d’enfance façon Pagnol, le crépitement des côtelettes, de la rouste ou de l’escargot sur
la braise de souches, le repas dominical au « casot » du grand-père devenu la madeleine de Proust
intergénérationnelle de nombreux catalans.
La lutte contre la cabanisation a eu droit au chapitre dans le discours de Pierre Regnault de la Mothe
lors de sa prise de fonction de préfet du département en août 2025, promettant efficacité et
fermeté. Un phénomène qui ne date pas d’hier mais qui connait une expansion aussi forte qu’une
colonie de poux dans une école maternelle.
Le préfet a tenu parole en s’attaquant à un bidonville en devenir au domaine de Montcalm sur la
commune de Thuir, poursuivant une procédure engagée par son prédécesseur qui avait déjà mobilisé
les pelleteuses sur Maureillas.
Le vendredi 30 Avril les casots de Montcalm, pour ceux encore debout, font à nouveau du bruit :
explosion de gaz, un hectare et quatre cabanes brûlés, le record de Préfet Bonnet, qui avait ordonné
l’incendie de la Paillote chez Francis sur l’île de beauté, est battu.
Sauf que depuis ce fait divers « Bonnet le jour, cagoule la nuit » l’Etat se cantonne au cadre légal, un
sacerdoce judiciaire et administratif qui dure de 5 à 12 ans et engendre une spectaculaire
accumulation de dossiers qui, selon les représentants de Lutèce, avoisinerait les 550 rien que pour
les PO.
De Los Masos à Banyuls dels Aspres en passant par Perpignan, Sainte Marie la Mer, Ortaffa, Canet,
Monstequieu, rares sont les cantons épargnés par ce phénomène. Dès qu’il y a des friches avec un
accès facile à l’eau, la zone est mûre pour une épidémie d’habitations de fortune, à fortiori si les parcelles sont de tailles modestes.
Les représentants de l’Etat parlent d’une urbanisation mue par la pauvreté mais, pour le porte-parole
du mouvement Agissons, ce n’est pas le seul facteur à prendre en compte « Se cantonner à des SDF
qui se terrent dans des zones périurbaines serait méconnaître le phénomène, il s’agit en fait
d’urbanisations sauvages où les propriétaires réalisent un véritable investissement, dans le foncier
tout d’abord avec 1€ à 5€ du m2 mais aussi dans des mobil-homes, caravanes, installations
photovoltaïques, clôtures, à tel point que nous estimons le coût d’une installation à 30 000 euros en
moyenne, avec de tels montants ce n’est plus une situation subie mais un choix de vie »
Le mot est lâché, derrière la consonance bucolique des cabanes se cachent en réalité des bidonvilles
en devenir. Ici encore Agissons tient à la nuance : « les mobiles sont divers et variés et leur
recensement aidera à trouver des palliatifs prompts à endiguer le phénomène ; il y a des agriculteurs
victime de larcins désireux de veiller sur leurs investissements, il y a des gardiennages de caravanes
ou des récupérateurs de métaux qui ne trouvent pas de foncier autre qu’agricole, des gens du voyage
ou encore ceux qui recherchent un lopin de terre pour leurs cultures vivrières adossées à un coin
barbecue mais il y a aussi ceux qui ont choisi l’illégalité champêtre plutôt que la cage bétonnée d’un
logement social.
Pour ce qui est d’une villégiature à la campagne, le phénomène ne date pas d’hier,
le village sauvage de vacances du Bourdigou, situé entre Torreilles et Sainte Marie, a été rasé en
1976, un musée est d’ailleurs envisagé au port de Sainte Marie, là où subsistent encore des
constructions héliotropiques illégales»
Crise du logement, inflation des denrées alimentaires, explosion des vols ruraux, recul de l’activité
agricole ou raréfaction de foncier à vocation économique semblent être les facteurs conjoncturels
qui amplifient le phénomène. Il n’est donc pas étonnant qu’un département au climat doux, à
l’agriculture en déclin, au chômage galopant et au foncier hors de prix soit un des plus impactés de
l’hexagone.
Le 17 Octobre 2024, le ministère de l’aménagement du territoire et de la transition écologique,
produisait une charte de lutte contre la cabanisation, affectueusement surnommée « Lucca »
matérialisant l'engagement des différents partenaires et constituant un véritable maillage de
compétences territoriales, juridiques, policières, fiscales, institutionnelles et sociales : Préfet,
procureur, pompiers, Enedis ou encore le président de l’association des Maires 66 Edmond Jorda,
tous l’ont ratifiée sans que cela n’engendre pour autant un véritable tournant dans la lutte.
Excédés, les sénateurs catalans Jean Sol et Laurianne Josende ont décidé de siffler la fin de la
récréation et portent un texte de loi visant à accélérer et simplifier les démarches de lutte,
notamment grâce à une procédure de démolition d’office sans autorisation préalable du juge
judiciaire, à la demande du préfet.
Bien que le sénat ménage les édiles en évoquant « donner aux
acteurs locaux les moyens de lutter contre la cabanisation », il n’en reste pas moins qu’en shuntant le
premier constat de construction illégale réservé aux seuls maires depuis la décentralisation de 1982,
la réforme pointe du doigt que certains premiers magistrats ne font pas le boulot en leur fief.
Ce projet de loi, qui prévoit également une ordonnance préfectorale de démolition dans les sept
jours pour des travaux en cours ou achevés depuis moins de 72 heures, des astreintes jusqu’à
100 000 euros, des amendes de 30 000 euros ou encore un allongement des délais de prescription à
partir de la découverte de l’infraction, a été adopté le 6 mai 2026 à 242 voix contre 34, c’est
maintenant à l’assemblée nationale de « transformer l’essai » confiait Jean Sol.
Du côté d’Agissons, on salue l’initiative sénatoriale mais on déplore la focalisation sur l’aspect
répressif : « les politiques veulent durcir la répression contre la cabanisation alors que 12 communes
viennent d’être sanctionnées par l’Etat pour une carence en logements sociaux, que les plans locaux
d’urbanisme font la part belle à de l’habitat hors de prix plutôt qu’aux activités économiques, que les
projets de jardins familiaux sont trop peu nombreux et modestes ou encore que les campings se
débarrassent allègrement de leurs mobil-homes passés de mode sur un marché de l’occasion
dérégulé »
Pour Yannick Jadot, sénateur écologiste opposé au vote du texte, c’est « une chasse aux pauvres où
des gens déjà en situation de précarité vont être sanctionnés ». Un discours un brin populiste quand
on sait que la cabanisation a un impact environnemental certain, notamment par l’absence de
système d’assainissement collectif et aucun contrôle possible sur d’éventuelles filières de traitement
autonomes.
La sénatrice LR Josende argue du risque inondation ou incendie ainsi que de l’atteinte aux paysages
afin de justifier sa démarche. Sur les réseaux sociaux, la population n’est pas forcément favorable au
texte, invoquant la précarité mais ne saisissant pas les risques liés aux feux et aux crues. En effet,
nombre de ces cabanes sont implantées à proximité des cours d’eau et quasiment toutes hors de
portée des réseaux dédiés à la lutte contre les incendies, en cas de catastrophe les services de
secours ne feront pas le tri entre le légal et l’illégal mais apprécieront l’urgence vitale, parfois au
détriment de ceux qui occupent légalement les sols, renchérit le mouvement Agissons et ajoute
qu’en ce qui concerne les paysages, certains élus ont opéré un véritable massacre du département
au profit des promoteurs, des fermiers solaires ou des compagnies éoliennes.
L’avenir des casots de fortune est donc maintenant entre les mains du parlement où le sujet promet
de vifs débats.
Un débat national qui aura au moins eu le mérite de révéler que tous les
parlementaires des Pyrénées-Orientales ne suivent pas forcément les initiatives législatives de leurs
collègues, à l’instar de la députée RN Michèle Martinez qui interrogeait Laurent Nunez, Ministre de
l’intérieur, le 28 avril 2026 quant à la lutte contre la cabanisation alors que le sénat examinait la
réforme légale le 15 avril. Michèle a un gage, une nuit dans une cabane de Montcalm.
Bienvenue à Sainte Marie la Mer, au singulier s'il vous plait, nous ne sommes pas en Camargue. Dans ce " village à la plage " de 4900 âmes, vous ne trouverez pas Sara la noire, sainte patronne d...
"Agir en primitif et prévoir en stratège." René Char "La stratégie consiste à continuer de tirer pour faire croire à l'ennemi qu'on a encore des munitions." Michel Chrestien C était une prom...
"Le refus a toujours constitué un rôle essentiel. Les saints, les ermites, mais aussi les intellectuels, le petit nombre d'hommes qui ont fait l'Histoire sont ceux qui ont dit non, et non les courtisans et les valets des cardinaux."
Pier Paolo Pasolini (La Stampa, 8 novembre 1975)
Les Écrits corsaires – Médipôle, ou la honte d’une direction de clinique
Ils continuent. Ils continuent à nous voler notre sueur, notre fatigue, notre dignité, comme si tout cela n’était qu’une marchandise parmi d’autres, négociable au plus bas prix.
À Médipôle, en ce mois de mai qui sent déjà la défaite ou la révolte, les salariés tiennent encore debout. Ils tiennent contre la logique la plus cynique du capital : celle qui prend tout et ne rend rien, qui accumule des bénéfices et les reverse au siège comme on verse du sang dans un coffre-fort lointain.On nous avait promis le dialogue.
On nous a donné le mépris froid, l’habituelle rhétorique des puissants : « Nous n’avons pas les moyens. » Mensonge.
L’expert-comptable a vu les comptes. La clinique avait largement les moyens de payer le treizième mois. Elle a fait des bénéfices, cette année encore, et ces bénéfices ont filé vers le haut, vers le centre, vers l’abstraction vorace du groupe. Il n’y a plus d’excuse économique. Il n’y a plus que l’arrogance nue du pouvoir.Les revendications sont simples, presque archaïques à force d’être justes : maintenir le treizième mois, c’est-à-dire ne pas nous voler un mois de vie ; améliorer des conditions de travail devenues insoutenables – changements de services brutaux, absence de remplacements, pression constante, usure organisée des corps et des âmes.
On ne demande pas la lune.
On demande simplement qu’on ne nous traite plus comme du bétail interchangeable.
Et face à cela ? Rien. Le vide. Le silence calculateur de la direction.
Pas un chiffre, pas une proposition, pas un geste. Le dialogue social est mort, étranglé dans les couloirs feutrés où l’on décide du sort des autres sans jamais les regarder dans les yeux. La grève est donc reconduite. Elle doit l’être. Car céder maintenant, ce serait accepter que tout cela – notre fatigue, nos nuits, notre colère – n’ait servi à rien.
Je le dis avec la lucidité amère de celui qui a vu tant de luttes : ils tentent déjà de vous diviser.
C’est leur arme la plus vieille et la plus efficace. Opposer grévistes et non-grévistes, syndicats et salariés, clinique contre clinique. Semer la fatigue, la peur, la responsabilité inversée : « C’est à cause de vous que les patients souffrent. » Classique. Ignoble. Prévisible.Mais vous êtes encore là. Unis. Et c’est cela qui les terrifie. Car une masse qui refuse de se dissoudre, qui reste solidaire malgré les réquisitions abusives, malgré la propagande, malgré la lassitude, devient dangereuse.
Elle devient visible. Elle devient peuple.
Les caisses de solidarité se remplissent, lentement, dignement. Des dons arrivent, des soutiens extérieurs, la mairie de Cabestany qui tente d’aider à sa manière. Petits gestes, mais vrais. Signes que, même dans ce monde pourri par le calcul, quelque chose d’humain résiste encore.Ne lâchez rien. Pas maintenant. Lâcher maintenant, c’est préparer la défaite de dans deux ou trois ans, quand ils reviendront plus voraces encore, forts de votre précédent abandon. https://www.lepotcommun.fr/cagnotte/solidaire/solidarite-grevistes-clinique-medipole-ml1ncph9
La lutte n’est pas seulement pour un treizième mois.
Elle est pour votre dignité de travailleurs de la santé, pour l’idée même qu’un homme ou une femme qui donne sa vie au travail n’est pas une variable d’ajustement.
Restez corsaires. Restez ensemble, soudés, intraitables. La clinique a les moyens. Le siège a l’argent. Il ne manque que la volonté de justice. Cette volonté, c’est vous qui devez l’imposer.On ne lâche rien. Jusqu’au bout.
20 cliniques en gréve du même groupe dans toute la France. C'est une sorte de résumer du mouvement de gréve des cliniques Elsan parcouru d'interviews qui recadrent la situation de Médipole à ...
" Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut désormais énoncer. Il ne suffit pas de rappeler l'urgence. Il faut aussi savoir commencer, et commencer par définir les voies susceptibles de condu...
Dans un contexte de violence scolaire qui ne cesse de s’aggraver, Rémy Landri, président de la FCPE des Pyrénées-Orientales (FCPE 66) et figure locale engagée pour la défense des parents et des élèves, a pris la parole en direct depuis le restaurant Au Cochon Hardi à Perpignan. Invité par Nicolas Caudeville dans l’émission « L’Archipel Contre Attaque Info », il a décortiqué la lettre adressée par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, aux parents d’élèves le 12 février 2026.
Une lettre née d’une tragédie
La missive ministérielle intervient après l’agression particulièrement violente d’une enseignante au collège de Sanary-sur-Mer (Var). Le ministre y reconnaît une réalité brute : l’école ne peut pas tout. Il appelle à un « sursaut collectif » contre la banalisation de la violence, les insultes, le harcèlement (qui toucherait plus d’un enfant par classe selon certaines estimations) et les agressions physiques toujours plus graves. Geffray tend la main aux parents : dialogue à la maison, vigilance, signalement des incidents, affirmation de l’autorité de l’École. Un discours qui se veut républicain et mobilisateur, mais qui, pour beaucoup d’acteurs de terrain, sonne comme un aveu d’impuissance de l’institution.
La réponse tranchée de Rémy Landri
Sur le plateau de « L’Archipel », Rémy Landri a salué la démarche tout en la jugeant largement insuffisante. Selon lui, la lettre part d’un « bon sentiment » mais reste une coquille vide si elle n’est pas accompagnée de moyens concrets :
Renforcement des équipes médico-sociales et psychologiques dans les établissements ;
Recrutement massif d’AED (accompagnants éducatifs) stables et formés ;
Mise en œuvre effective et généralisée du programme pHARe de lutte contre le harcèlement ;
Arrêt des suppressions de postes dans un département comme les Pyrénées-Orientales déjà sous tension (manque de places en collège, classes surchargées, inégalités territoriales).
Landri a insisté sur le rôle des parents, qu’il connaît bien en tant que président départemental de la FCPE :
la coéducation ne fonctionne que si l’école tient sa partie du contrat. Renvoi systématique de la responsabilité vers les familles risque d’exonérer l’institution de ses propres failles et de décourager les parents les plus fragiles, ceux que la lettre de quatre pages n’atteindra probablement jamais.
Un cri d’alarme local
À Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales, les remontées des conseils locaux FCPE sont inquiétantes :
multiplication des incidents, climat dégradé dans certains établissements, sentiment d’abandon des équipes éducatives. Rémy Landri, qui a longtemps porté les dossiers de carte scolaire, de fermetures de classes et d’accompagnement des familles en difficulté, connaît ces réalités de terrain.
Son intervention renforce une thématique centrale :
l’école républicaine est en danger quand elle devient le reflet des fractures sociales sans disposer des outils pour les corriger. La violence n’est pas une fatalité, mais elle s’alimente du manque de moyens, de la perte d’autorité, et parfois d’une forme de démission collective.
Vers une vraie mobilisation ?
L’échange au Cochon Hardi pose les bonnes questions :
les parents sont-ils prêts à s’engager davantage ? L’institution est-elle capable de se réformer en profondeur plutôt que de multiplier les courriers ? La société dans son ensemble accepte-t-elle enfin que l’éducation n’est pas une variable d’ajustement budgétaire ?
Rémy Landri, par sa présence régulière sur le terrain (Chemins de la Réussite, forums d’orientation, défense de la carte scolaire), incarne cette exigence de parents responsables qui refusent d’être les boucs émissaires d’un système en tension.
Elle mérite d’être largement partagée : elle donne la parole à ceux qui vivent l’école au quotidien, loin des discours parisiens.L’école de la République ne se sauvera pas par des lettres, aussi bien intentionnées soient-elles. Elle se sauvera par des actes, des moyens et une vraie alliance parents-enseignants autour de l’autorité et du savoir. C’est le message fort porté par Rémy Landri ce soir-là à Perpignan.
"C'est contre le résidu d'iniquité que les minorités luttent, non contre la société. " Nous sommes tous des minorités Juliette Speranza Table ronde à Perpignan : " Nous sommes tous des minor...
"L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait." Georges Bernanos / La liberté pour quoi faire ? "J'ai beaucoup mieux à faire que m'inquiéter de l'avenir. J'ai...