Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

4 juin 2026 4 04 /06 /juin /2026 00:09

"La marchandisation des humains, la recherche de plus-values monétaire autour du commerce de tout objet ou être inspirant quelque désir, assorties d’une levée des protections, différenciations, interdictions d’origines nationales, sont transversales aux formes les plus diverses d’économies souterraines "

 La mondialisation criminelle
Alain Tarrius

Il est des hommes qui traversent leur époque comme d’autres traversent les continents : sans jamais s’arrêter tout à fait, portés par une curiosité plus forte que la mort.

Alain Tarrius fut de ceux-là. Le 30 mai 2026, à Prades, dans cette terre catalane où le vent descend des Pyrénées comme une mémoire vive, il s’en est allé, à l’âge de quatre-vingt-deux ans.

Avec lui disparaît l’un des plus grands explorateurs des mobilités humaines de notre temps.

Professeur émérite de l’Université Toulouse Jean Jaurès, il ne fut pas seulement sociologue : il fut le chroniqueur épique des circulations invisibles qui refont le monde.

Né le 29 septembre 1943, Alain Tarrius appartenait à cette race de penseurs qui refusent les certitudes tranquilles. Il choisit très tôt le terrain contre la tour d’ivoire, l’enquête contre le dogme, le mouvement contre la fixité. Après une thèse soutenue en 1973, il arpenta sans relâche les marges des villes, les frontières poreuses, les routes de nuit où se jouent les vraies recompositions du siècle.

Marseille-Belsunce, Perpignan, les Balkans, les circuits euro-méditerranéens : partout où les hommes bougent, commercent, souffrent et inventent, il fut présent, le regard aigu, la pensée libre.

Sa grandeur tient dans l’invention de quelques notions qui sont aujourd’hui des clefs pour comprendre notre temps : territoires circulatoires, mondialisation par le bas, transmigrants.

Là où d’autres ne voyaient que flux, problèmes, statistiques, il discernait des destins, des aventures collectives, des formes neuves de société en train de naître dans l’ombre des États. Il a rendu leur noblesse tragique aux « fourmis d’Europe », à ces anonymes qui tissent, par leurs allers-retours incessants, une autre carte du monde.

Son œuvre, dense et ardente, compte une vingtaine d’ouvrages parmi lesquels :

Anthropologie du mouvement (1989)  
Les Fourmis d’Europe (1992)  
Arabes de France dans l’économie mondiale souterraine (avec Lamia Missaoui)  
La Mondialisation par le bas  
Des transmigrants en France (2012)  
Trafics de femmes  
Perpignan, laboratoire social et urbain (avec Jean-Paul Alduy, 2018)

Il y avait chez lui une lucidité sans illusion et une humanité sans mièvrerie. Il regardait les zones grises de l’Europe sans complaisance ni condamnation morale facile : il y cherchait l’humain en acte.

Alain Tarrius a également trouvé l'Archipel contre attaque un compagnon de route précieux. Ensemble, entre 2016 et 2022, par des entretiens et des conférences mémorables – dont la fameuse « réplique au Collège de France » donnée à Perpignan  "à Cents mètres du centre du monde"–, ils ont confronté la rigueur du savant à la curiosité du journaliste.

Caudeville, à travers L’Archipel contre-attaque, a permis à la pensée de Tarrius de franchir les cercles académiques pour atteindre des esprits plus larges, toujours autour de cette question obsédante : comment les hommes refont-ils le monde quand les puissants croient le dominer ? Comme dans cette tribune coécrite en soutient à la Catalogne son indépendance https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2017/10/independance-de-la-catalogne-franquiste-ghost-to-hollywood-relax-par-alain-tarrius-et-nicolas-caudeville.html

Aujourd’hui que le sociologue a rejoint le grand mouvement dont il fut le témoin et le chantre, ses concepts demeurent vivants, plus nécessaires que jamais.

Dans un siècle qui prétend arrêter les flux tout en les accélérant, sa voix nous rappelle que l’homme est d’abord mouvement, circulation, rencontre risquée avec l’Autre.

Obsèques : Lundi 8 juin 2026 à 14h30 en l’Église Saint-Pierre de Prades.

Alain Tarrius, vous avez traversé votre temps comme vos transmigrants traversent les frontières : sans jamais vous fixer, toujours attentif à la dignité secrète des passages. Votre œuvre ne s’arrêtera pas. Elle continuera de circuler, obstinément, parmi les vivants. Ainsi vont les grands esprits : ils meurent, et leur regard devient encore plus vaste.

Notre dernière interview chez lui à Prades

Partager cet article
Repost0
29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 15:38

"La philosophie n'est là que pour faire rire les soubrettes !"

“De ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence.”

Ludwig Wittgenstein

Le combat Pépère / Super Mémère !

Au commencement du festival "Nostra Mar", il y a la volonté de mettre en scène le bien contre le mal. Pour un peu, ce serait un combat biblique où Moïse en guise d'ouvrir les eaux, pour que le peuple élu puisse fuir le RN de l'époque, les égyptiens n'ouvrirait pas la mer rouge, mais ce planterait face à eux, comme Gandalf, en disant "vous ne passerez pas !" Enfin, il le dirait en espagnol, en rajoutant en italien, (ceux qui mangent des pattes, pas le canon français) : "suomo tutti antifascisti" et pas "suomo tutti antipasti", puisque ce n'est pas l'heure de l'apéro !

Mais le camp du bien n'est pas assez fort et c'est Louis Aliot qui triomphe comme la "peste" d'alors, le Covid 19 (en 2020 étonnamment) .

Là son ministre à la culture André Bonet, en rage, qu'on invoque la Méditerranée sans qu'on lui demande son avis, vu qu'il est le créateur du CML (centre méditerranéen de littérature) semble s'écrier : "La méditerranée, c'est moi !"

Agnès Langevine et le cardinal Lebourg laissant entendre que la Méditerranée c'était au contraire : "Leur nostra mar à eux" .

À l'époque l'Archipel contre attaque avait tenté de se poser à sa manière pataude et brutale en roi Salomon et autres autres arbitres de paix en répondant dans un article intitulé "Mairie de Perpignan / SOS Racisme: si la Méditerranée était un cadavre, ils en seraient les vers!" : "La terre appartient à ceux qui la travaillent. Ainsi la légitimité de la mer Méditerranée, n'appartient qu'aux marins qui la parcourent et à ceux qui s'y noient! Les méditerranéens de bords de mer, n'ont qu'à rester dans leur bac à sable à ne sabrer que le champagne..."

André Bonet annonça qu'il avait eu une vision d'un festival pour répondre et concurrencer "Nostra Mar" : ainsi fut créer "Le printemps de la liberté d'expression"!

Mais comme l'un étant l'écho de l'autre, ce fut "Le printemps de notre liberté d'expression" qui jouta contre leur" Nostra Mar" et tous ceux qui pensaient comme eux, et avaient bien raison, étaient invitaient à se rendre au pèlerinage .

Fin, du premier mandat de Louis Aliot nouvelle élection : et voilà le symbole des heures sombre triomphe derechef, qui plus est au premier tour avec plus de 50% d'électeurs ! Et puis président de l'agglo...

Que dire de ceux qui ne se coalisèrent pas pour combattre le mâle commun: manque de préparation, de foi :seul Dieu le sait, mais il reste impénétrable...

Bien-sûr, il y eu plus de 50% d’abstention. Mais les candidats ont fait semblant de faire campagne, alors certains électeurs n'ont pas fait semblant d'aller voter ! 

Le théâtre de la campagne contemporaine, ne vaut pas une terrine, pas plus qu'une pâtisserie de Ragueneau .

Mais le combat du bien contre le mal continue, chacun des participants étant du bon coté de l'histoire et vouant l'autre à ses poubelles...

En attendant, la plupart des habitants, lorsqu'ils savent,la coexistence des dits festivals, et surtout lorsqu'ils en ont connaissance,  s'en moquent comme d'une guigne, n'en recevant aucune part de marché...

Et qu'ils savent depuis longtemps que l'eau ça mouille ! Et qu'il n'y a toujours pas d'argent public pour l'essentiel...  

Partager cet article
Repost0
25 mai 2026 1 25 /05 /mai /2026 08:48

Pascale Oriot était en direct pour l'Archipel contre attaque Au Cochon Hardi pour parler d'Astrolyte : Festival Astrolyre : le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève les 20 et 21 juin 2026 

Les 20 et 21 juin 2026, la commune de Saint-Estève (Pyrénées-Orientales), en terre catalane, accueillera un événement inédit : le Festival Astrolyre, présenté comme le tout premier festival d’astrologie en France. Sous le slogan évocateur « Quand l’Astro joue les stars », cette manifestation originale mêle astrologie, art, éveil personnel et animations festives pour une immersion unique entre ciel et terre. 

Une initiative de Pascale Oriot

Derrière ce projet ambitieux se trouve Pascale Oriot, romancière, journaliste, parolière et astrologue passionnée, bien connue dans le Pays Catalan. Native de Perpignan et ayant grandi en Cerdagne, elle allie depuis longtemps écriture et astrologie. Auteure de plusieurs romans (notamment La Vierge était Noire ou Cent treize vies + une), elle enseigne l’astrologie et anime régulièrement des conférences sur des thèmes comme le transgénérationnel. Son métissage catalano-guadeloupéen nourrit son approche créative et humaine des astres. 

Organisé par l’Association Astrologie et Eveil de Soi, le festival se veut un OVNI dans le paysage culturel français : un espace où l’astrologie n’est pas seulement consultative, mais vécue comme une expérience artistique et introspective. 

Au programme : art, éveil et festivitésLe Festival Astrolyre proposera une programmation riche et variée sur deux jours à l’Espace Saint-Mamet :Conférences et partages : Des voyages « extra-ordinaires » autour de l’astrologie, avec des intervenants passionnés. L’occasion d’explorer les mystères du zodiaque, les liens transgénérationnels ou l’impact des astres sur notre vie personnelle. 

Expositions interstellaires : Rencontres avec des artistes dont les œuvres dialoguent avec l’univers astrologique.
Animations interactives : « L’Astro au bout des doigts », tatouages éphémères, lectures, « De livres en l’ivre », vision céleste, et bien d’autres surprises.
Intermèdes artistiques : Musique, chants, chorégraphies et lectures poétiques.
Tombola et espace de restauration/buvette pour une ambiance conviviale.
L’événement s’adresse autant aux curieux qu’aux passionnés, dans un esprit immersif et inspirant. 

Concours créatifs et récompenses

Deux concours viendront mettre en valeur la créativité des participants :Un concours d’art amateurs (« Fais-moi un Signe ») avec présélection. Les créateurs peuvent remporter l’un des trois prix du festival, dont 250 € à gagner. 
Un concours de Cosplay thématique.
Ces compétitions récompensent l’originalité et l’interprétation personnelle des signes astrologiques ou de l’univers astral.Informations pratiques

Dates : 20 et 21 juin 2026 (de 10h à 22h)
Lieu : Espace Saint-Mamet, Saint-Estève (66)
Tarif : Entrée gratuite pour tous
Site officiel : www.festival-astrolyre.com
Réseaux : Instagram @festivalastrolyre – Facebook Astrolyre

Ce festival s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des approches holistiques et artistiques de la connaissance de soi. En plein solstice d’été, période symboliquement chargée en astrologie (début du Cancer, lien avec les racines et l’émotion), il promet de belles rencontres sous les étoiles catalanes.Que vous soyez néophyte curieux de découvrir l’astrologie ou pratiquant confirmé, le Festival Astrolyre offre une expérience originale et accessible. Notez déjà la date : les astres semblent alignés pour un rendez-vous inoubliable !

Pour plus d’informations et rester informé du programme détaillé, consultez le site officiel ou les pages de l’organisatrice. À vos agendas !

 

Le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève ! interview Pascale Oriot par Nicolas Caudeville
Le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève ! interview Pascale Oriot par Nicolas Caudeville
Le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève ! interview Pascale Oriot par Nicolas Caudeville
Partager cet article
Repost0
23 mai 2026 6 23 /05 /mai /2026 14:56

   " La liberté, c'est l'enfant de la classe ouvrière, née sur un grabat de misère, et de mine chétive encore, mais qui porte en soi une incomparable vitalité secrète et dont le regard de flamme appelle la liberté d'un monde nouveau."

Jean Jaurès Discours à la Chambre des députés, 4 décembre 1905 

    "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait ! "

 Mark Twain

Il y a des moments où l’Histoire, fatiguée d’être écrite par les puissants, se laisse dicter par ceux d’en bas. À Cabestany, devant les murs blancs et froids de la Clinique Médipôle Saint-Roch, ce moment est arrivé.Pendant près d’un mois, les soignants – aides-soignantes, infirmiers, agents de service, personnels administratifs, et finalement les médecins eux-mêmes – ont tenu tête à l’une des machines les plus efficaces du capitalisme sanitaire français : le groupe Elsan.

Ils ont dit non à la logique qui transforme le soin en marchandise, le soignant en variable d’ajustement, et le patient en chiffre de rentabilité.Et ils ont gagné.

Une grève historique

Depuis le 24 avril 2026, la Clinique Médipôle vivait au rythme d’une grève reconductible d’une rare détermination. CGT et CFDT en tête, mais bien au-delà des étiquettes syndicales : une véritable mobilisation collective. Jusqu’à 60 % des salariés en grève, des piquets de nuit, des actions visibles, une Assemblée Générale après l’autre. Ce qui devait être une négociation de routine s’est transformé en bras de fer existentiel.

La direction, arc-boutée sur ses marges et ses objectifs financiers, a tenté la fermeture temporaire, les menaces, les réquisitions.

En vain. Le 21 mai, les médecins eux-mêmes ont suspendu leurs activités pour raisons de sécurité. Geste rarissime qui a paralysé totalement l’établissement. Quand même les blouses blanches, souvent plus prudentes, rejoignent le mouvement, c’est que la coupe est pleine.

La valeur d’ajustement s’est révoltée.Victoire des soignants

Lundi 25 mai, devant la clinique, l’Assemblée Générale a scellé l’issue du combat. Après vérification par l’expert-comptable et d’ultimes échanges avec la direction, le CSE a donné son accord de principe sur trois points essentiels :

le contrat d’intéressement, la clôture des NAO 2026 et le protocole de fin de conflit.

La grève s’est officiellement terminée le mardi 26 mai à 5 heures du matin.Ce n’est pas une simple reprise du travail. C’est une victoire.Victoire arrachée de haute lutte par des femmes et des hommes qui, jour après jour, portent la souffrance des autres sur leurs épaules tout en voyant leurs propres conditions se dégrader. Victoire contre la logique Elsan qui consiste à pressurer toujours plus les salariés pour satisfaire actionnaires et indicateurs boursiers.

Victoire symbolique surtout : celle du "care" contre la finance.

Cette mobilisation d’un mois restera dans les mémoires locales comme l’une des plus belles pages de lutte sociale récente dans les Pyrénées-Orientales. Elle fait écho à la grève victorieuse de la Clinique Saint-Pierre de Perpignan, quelques jours plus tôt.

Deux établissements Elsan, deux victoires. Le signal est clair.Le sens profond

Quand les soignants se mettent en grève, ce n’est jamais seulement pour une prime ou une revalorisation. C’est pour rappeler une évidence obscène qu’on tente d’oublier : on ne soigne pas comme on produit des yaourts ou des pièces automobiles.

Derrière les revendications salariales, il y avait la dignité du travail, le refus d’être réduit à une charge qu’on optimise, la volonté de dire que le soin a un coût humain que le capital ne veut plus payer.La révolte de la « variable d’ajustement » est toujours la plus juste. Parce qu’elle vient de ceux qui font tourner la machine, de ceux sans qui il n’y a tout simplement plus de clinique, plus d’hôpital, plus de soin.

À Cabestany, cette semaine, les soignants ont rappelé une vérité ancienne et pourtant toujours révolutionnaire : quand le peuple du soin se lève, le système tremble.

Et parfois, il plie.Vive la lutte des travailleurs de la santé.
Vive la victoire de Médipôle Cabestany.— Article rédigé en hommage à ceux qui ont tenu le piquet pendant trente jours.

 

Partager cet article
Repost0
22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 13:08

La Revue du vin de France : "Quand, où et pourquoi avez-vous créé le mouvement Slow Food ?
Carlo Petrini : J’ai créé le Slow Food le 9 décembre 1989 à Paris, près de l’Opéra Comique, à 150 mètres de la maison qui fut celle de Brillat-Savarin, l’auteur de Physiologie du goût, tout près de l’actuel bistrot d’Alain Ducasse, Aux Lyonnais. Cette année-là, la France fêtait le 200e anniversaire de la Révolution française, qui fut aussi une vraie révolution de la restauration. La restauration bourgeoise naquit en effet lors de cette période, remplaçant le court-bouillon des tavernes. En 1800, Paris comptait 120 restaurants, la plupart près du Palais-Royal. Quand fut publiée Physiologie du goût en 1825, il y en avait 2 000 ! Ce fut une révolution enthousiasmante, similaire au développement d’Internet aujourd’hui. Tous les codes étaient bouleversés."

Carlo Pétrini https://www.larvf.com/,vins-carlo-petrini-slow-food-alain-ducasse-malbouffe-fastfood-italie-turin,2001118,4245405.asp

Addio, Carlo.

Lentement.Je venais de faire griller une côte de porc noir de chez un éleveur des Albéres que je respecte encore, avec un peu d’ail, de romarin et ce silence respectueux que mérite une viande qui a vécu dignement. J’ai ouvert une bouteille de Rancio sec d'Alain Pottier, et c’est là que la nouvelle est tombée : Carlo Petrini s’était envolé.

Comme ça. Sans tambour ni trompette, lui qui avait passé sa vie à dire qu’il fallait prendre le temps.Putain de monde.Je me suis assis, j’ai regardé le verre. Le vin avait cette robe sombre, presque noire, avec des reflets de brique ancienne. J’ai pensé à lui. À ce gros ours barbu qui parlait de nourriture comme d’autres parlent de révolution.Parce que pour lui, c’était la même chose.

Carlo n’était pas un gentil utopiste à salade.

C’était un homme qui avait compris très tôt que le capitalisme avait trouvé le moyen le plus pervers de nous baiser : en nous faisant bouffer de la merde vite fait. McDonald’s sur la Piazza di Spagna, c’était pas juste un fast-food pour lui. C’était l’étendard de la barbarie moderne. Alors il a inventé Slow Food. L’escargot contre le burger. La lenteur contre l’urgence. Le plaisir contre la consommation.J’ai toujours aimé ça chez lui. Il ne faisait pas de morale de curé. Il disait : mangez bien, mangez juste, et vous emmerderez déjà pas mal de gens au passage.

Je l’avais croisé plusieurs fois.

La dernière, c’était au Forum Gastronomic de Girona en 2015. Nicolas Caudeville l’interviewait. Moi, je fumais un cigare un peu plus loin en écoutant. Il parlait comme il mangeait : avec appétit, avec mémoire, avec une colère sourde mais joyeuse. Il disait que la grande cuisine devait arrêter de se regarder le nombril et commencer à regarder les champs, les paysans, les semences.

Qu’un chef qui sert une langoustine à 85 euros pendant que le pêcheur crève, c’est pas un artiste, c’est un complice.

Plus tard, j’avais assisté à son débat dans L’Archipel Contre Attaque avec Régis Marcon et Jean Lhéritier. Ça chauffait. Marcon, avec son élégance de montagne, et Lhéritier, droit dans ses bottes. Carlo les poussait dans leurs retranchements, pas pour les humilier, mais pour les obliger à aller plus loin, disant à propos des chefs « Vous êtes des artisans d’exception, leur disait-il, mais si vous ne défendez pas le système qui produit vos matières premières, vous finirez par servir des fantômes dans des assiettes vides. »

Ils s’écoutaient. Parce que Petrini, on l’écoutait. Pas par politesse. Parce qu’il avait cette rareté aujourd’hui : l’autorité morale sans l’aigreur.

Moi qui ai passé ma vie à fréquenter les cuisines et les cadavres, je peux te le dire : il y a peu d’hommes qui ont compris que la gastronomie était un acte politique. Carlo en faisait partie. Il défendait une nourriture saine, propre et juste, comme il disait.

Trois mots simples qui font trembler tous les industriels de la malbouffe.

J’ai toujours gardé, quelque part dans mes affaires, ce petit escargot doré qu’il m’avait filé un jour en riant. « Pepe, m’avait-il dit, toi qui marches vite quand tu poursuis les salauds, apprends au moins à manger lentement. »Ce soir, j’ai mangé lentement.J’ai levé mon verre vers Bra, vers le ciel piémontais.Addio Carlo.Et vole lentement, vieux frère.

Là où tu es maintenant, j’espère qu’ils servent du vin qui a du temps dans les jambes, des pâtes al dente et des conversations qui durent jusqu’à l’aube.

Quant à nous… on continue. L’escargot avance encore. Lentement. Mais sûrement.Et merde à ceux qui ont encore faim de vitesse.

 

 

Président / Fondateur slowfood Carlo Petrini forum gastronomique ITW Nicolas Caudeville à l'invitation de Pep Palau et Jean Lhéritier, le président et créateur de slow food international Carlo Petrini est venu au forum gastronomique rencontrer dans le cadre d'une conférence intitulé "L'alliance des chefs" le chef trois étoile Régis Marcon: il nous a gentiment accordé une interview

1 Conférence Forum Gastronomique Girona Carlo petrini,Régis Marcon, Jean Lhéritier 13:30-14:30 Carlo Petrini, Régis Marcon (President Slow Food - Restaurant Régis & Jacques Marcon) L'aliança dels xefs / La alianza de los chefs / The Chefs' Alliance Presenta: Jean Lheritier - Auditori / Auditorio/ Auditorium

2Conférence Forum Gastronomique Girona Carlo petrini,Régis Marcon, Jean Lhéritier 13:30-14:30 Carlo Petrini, Régis Marcon (President Slow Food - Restaurant Régis & Jacques Marcon) L'aliança dels xefs / La alianza de los chefs / The Chefs' Alliance Presenta: Jean Lheritier - Auditori / Auditorio/ Auditorium

Partager cet article
Repost0
21 mai 2026 4 21 /05 /mai /2026 22:19

    "La plus inquiétante jeunesse est celle qui n'a pas d'opinions extrêmes."

 Comte de Chambord 

Elne, ce vieux bastion catalan posé entre mer et montagne.

En ce mois du 30 avril 2026, Steve Fortel, nouveau maire d’Elne, s’est exprimé en direct sur l’émission « L’Archipel Contaque Attaque », depuis le restaurant Au Cochon Hardi. Élu au second tour avec 48,12 % des voix à la tête de la liste « Elne à Cœur », il succède à une équipe municipale qui dirigeait la commune depuis une vingtaine d’années.

À quarante-deux ans, chef d’entreprise (dirigeant des Ets. Vincoeur Catalan, cave et commerce de vins), marié et père de famille, Steve Fortel a fait ses premiers pas dans la vie publique par l’associatif local avant de se lancer dans la campagne municipale.

Dans cet entretien, il a dressé un état des lieux de la situation à son arrivée à la mairie.

Il a évoqué les constats faits sur la gestion précédente, les dossiers en cours et les difficultés observées dans la commune : entretien de l’espace public, fonctionnement des services, état du centre-ville et questions de sécurité ou de cadre de vie.Il a ensuite présenté les priorités de sa mandature : la maîtrise de l’urbanisation, la redynamisation du cœur de ville, la propreté, la sécurité quotidienne, la valorisation du patrimoine (cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie, remparts) et l’amélioration de la vie de tous les jours pour les habitants d’Illibéris.

Elne, ville catalane des Pyrénées-Orientales d’environ 9 000 habitants, porte une histoire dense inscrite dans ses pierres. Steve Fortel aborde sa fonction avec le regard d’un entrepreneur local attaché au territoire. Son discours reste pragmatique, centré sur la gestion quotidienne et le retour à un certain ordre dans les affaires de la cité.Cette intervention constitue l’une des premières prises de parole publiques détaillées du nouveau maire depuis son élection de mars 2026. Les mois à venir diront dans quelle mesure ces orientations se traduiront dans les faits.

 

Partager cet article
Repost0
19 mai 2026 2 19 /05 /mai /2026 08:15

La médiathèque de Perpignan accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, premier titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes.
Cette collection inaugure une expérience singulière : celle d’une nuit passée dans la solitude d’un site historique ou de mémoire, déserté de toute présence humaine. Lorsque les portes se ferment au public, que le silence s’installe et que le lieu reprend son souffle, le poète s’imprègne de cette atmosphère pour en livrer, au matin, la trace poétique.

Ruscino aurait pu être une des "villes invisible " d'Italo Calvino , parce qu’antiquement romaine, (mais pas que...) Elle est un espace disparu parce qu'on a voulu l'effacer! La via Domitia sur le coté duquel elle était située, a fini par disparaître elle aussi, mais bien plus tard. Alors qu'elle est le mystère de la disparition de Ruscino, comme dans le roman de Pérec: non. Dans ce cas, il ne s'agit pas de la disparition d'une voyelle, mais de la volonté d'effacement des mémoires d'un ensemble urbanistique puissant. Mais surtout dans l'espace romain : il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. Le dirigeant de Ruscino avait choisi le mauvais camp, celui de Marc-Antoine et Cléopâtre. Pour que Ruscino survive, eut-il fallu que celui-ci triompha à la bataille d'Actium face à Octave...Vae Victis...

Alors, pour aller à la recherche de ce qui a disparu, il y a en général deux méthode, l'archéologie et la littérature, et dans la littérature la poésie...

Mais voilà que sur le site, il y a un musée qui n'a jamais ouvert, Alain Pottier aède moderne par sa poésie veut passer une nuit, comme un songe d'hiver en quête des fantômes de cette histoire et en rapporter quelques vers de l'autre côté: normal pour un ancien vigneron !

Il se fait même producteur de vers, en lançant sa collection dont "Rus 2026.2" et le premier volume d'une collection qui s'intitule "Dans ce qui ne se voit pas" aux éditions Trabucaire

Prochainement en mai, notre voyageur de l'invisible fera une présentation en la médiathèque principale de Perpignan avec son maquettiste, une chanteuse et son violoncelle , ainsi qu'une pincée de lecteurs, et nous l'espérons bien-sûrs un public nombreux et enthousiaste !

Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
Partager cet article
Repost0
18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 12:49

De plus en plus de rapt de bancs font qu'ils disparaissent de l'espace urbain et particulièrement du centre ville ou alors il y a une concentration comme la place au-dessus de la place Rigaud . Mais la place Rigaud ne possède pas de bancs (et encore moins de tables) et sont obligés de s'assoir en terrasses des commerçants en payant des consommations. 

Alors bien qu'ils aient cour dans le triangle situé entre le Campus Mailly , la place Rigaud (où est située la bibliothèque de droit) et la place République (théâtre municipal qui tient désormais lieu d'amphithéâtre ) point de lieu d'urbanité comme des bancs publics ou des tables qui leur permettraient d'étudier au grand air et de profiter l’environnement urbain: résultat, ils ne font que passer!

On peut dire que la ville manque à sa mission publique et ceux depuis Jean-Marc Pujol l'ancien maire. Alors on brandit que le mobilier urbain est un point de fixation de la "canaille" , SDF ou dealer . Lorsqu'on ne sait pas gérer un problème, on le supprime pas en le réglant, mais en éliminant les supports qui en sont le prétexte...

Pas de bancs, mais des voitures, puisque la nature a horreur du vide ! 

Là où il n'y a rien, il y aura bientôt quelque-chose. Ce fut d'abord les voitures de la police municipale qui se garèrent devant le commissariat. Mais bien que le commissariat ait disparu, les voitures de la police municipales s'y gare encore par habitude. Puis petit à petit, les voitures et les camions de livraison, de travaux, de personnes privées : bref ça se rempli en détourant l'objectif d'une place. Tout ça par manque de savoir-gérer.  Alors, il n'est point la peine de faire des discours sur des ouverte de parcs modernes et rayonnants, lorsqu'on est pas foutu de gérer le normal...

Partager cet article
Repost0
17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 19:41

   " La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert."

André Malraux

Dans l’arrière-salle chaleureuse du Cochon Hardi, à Perpignan, lieu devenu familier des débats locaux, Michel Pinell était l’invité de Nicolas Caudeville pour une émission en direct de L’Archipel contre-attaque. Loin des plateaux formatés et des promotions convenues, l’entretien a permis de présenter Dialogues avec Jean, ouvrage auto-produit consacré au peintre Jean Capdeville (1917-2011), tout en élargissant la réflexion sur l’état de la culture dans les Pyrénées-Orientales et en Occitanie.

Ce cadre modeste, autour de la charcuterie catalane et des vins du terroir, offrait un contraste saisissant avec la profondeur du sujet abordé : la trajectoire d’un artiste qui a choisi la marge plutôt que la reconnaissance institutionnelle.Jean Capdeville, le « Diogène des Albères »

Né en 1917 à Saint-Jean-de-l’Albère, Jean Capdeville appartient à cette génération marquée par les tragédies du XXe siècle. Orphelin de père dès l’âge de deux ans – tué pendant la Grande Guerre –, élevé par une mère en deuil permanent, il sera ensuite prisonnier de guerre pendant quatre ans lors du second conflit mondial. C’est « par désœuvrement », vers 1947, qu’il commence à peindre, avant d’en faire l’activité centrale de son existence.

Installé à Céret, haut lieu historique de l’art moderne depuis l’avant-guerre (Picasso, Braque, Gris, Manolo…), Capdeville opère une évolution radicale : du paysage figuratif discret vers une abstraction lyrique dominée par le noir. Un noir mat, dense, presque charnel, qu’il travaille comme une matière spirituelle. Profondément marqué par la pensée de Simone Weil, notamment La Pesanteur et la Grâce, il construit une œuvre de la disparition, du retrait et du deuil. Reconnu par la galerie Maeght, fréquentant les ateliers de gravure parisiens dans les années 1960-1970, il refuse pourtant la carrière que lui ouvrait le marché de l’art et regagne volontairement son mas des Albères.

Cette posture de refus, rare dans le monde de l’art contemporain, fait de lui une figure singulière : un artiste qui a préféré la fidélité à soi-même à la visibilité médiatique et financière. Son œuvre reste encore trop peu connue du grand public, malgré une exposition marquante au musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan en 2018, qui confrontait ses toiles à celles de son neveu, Jacques Capdeville.

Michel Pinell : d’un choc esthétique à la transmission

Michel Pinell incarne un parcours atypique. Ancien banquier, il connaît en 1993 un véritable basculement esthétique qui le conduit à devenir collectionneur éclairé puis adjoint à la culture de la Ville de Perpignan sous le mandat de Jean-Marc Pujol. Son passage à ce poste reste dans les mémoires locales pour son volontarisme et son soutien affirmé aux artistes du territoire, avant une démission en 2019.Dialogues avec Jean, préfacé par Joséphine Matamoros (ancienne conservatrice des musées de Céret et Collioure), est le fruit de longues conversations enregistrées avec le peintre.

Plus qu’une simple monographie, l’ouvrage restitue la parole vivante de Capdeville, éclaire son processus créatif et sa vision du monde.

Auto-édité et diffusé dans les librairies indépendantes du Roussillon (Torcatis, Llibreria Catalana, Le Cheval dans l’Arbre…), il constitue un acte de résistance modeste mais déterminé contre l’oubli programmé des figures locales exigeantes.

La culture en question : historique, bilan critique et prospective inquiète

L’entretien a rapidement débordé le cadre du livre pour aborder la situation plus générale de la vie culturelle dans le département et la région. La référence à Serge Regourd, président de la commission Culture de la Région Occitanie et auteur de SOS Culture (2021), n’était pas fortuite. Ce juriste, professeur émérite de droit public, y dresse un constat sévère des impasses des politiques culturelles néolibérales : marchandisation, événementiel spectaculaire, affaiblissement des structures de création et de diffusion, et recul de l’ambition artistique au profit d’une logique d’animation sociale.

L’échange a ainsi suivi trois temps :

Historique : du rôle central de Céret dans la modernité picturale du début du XXe siècle à la politique culturelle décentralisée de l’après-1981, puis aux recompositions post-décentralisation et à l’ère des « métropoles » et des « clusters créatifs ».
Bilan : si le tissu associatif et le patrimoine restent riches, les faiblesses structurelles sautent aux yeux – sous-financement chronique des lieux de création, précarité des artistes, concentration des moyens sur quelques grands équipements, et fragilisation accentuée par la crise sanitaire et les contraintes budgétaires locales.
Prospective : comment redonner à la culture sa fonction critique et émancipatrice plutôt que de la réduire à un outil de marketing territorial ? Comment mieux soutenir la création vivante et transmettre les œuvres exigeantes face à la pression des algorithmes et de la culture de masse numérisée ?

Dans un département marqué par de fortes inégalités sociales et un sentiment d’abandon périphérique, la question culturelle n’est pas secondaire.

Elle touche à l’identité, à la cohésion sociale et à la capacité collective de résister à l’uniformisation.Par sa présence au Cochon Hardi, Michel Pinell a rappelé, avec modestie et conviction, qu’une culture vivante passe d’abord par la transmission fidèle des œuvres et des parcours, loin des effets d’annonce et des subventions conditionnées. Dialogues avec Jean en est une belle illustration.

 

Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Partager cet article
Repost0
17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 15:12

Face à l’abstentionnisme galopant — plus de 50 % des Perpignanais qui préfèrent rester chez eux plutôt que de choisir entre les mêmes promesses recyclées —, on a eu l’idée lumineuse d’une Politician Pride.

Parce que rien ne vaut un défilé sur des chars pour redonner goût à la démocratie.

Comme si le problème était que les élus n’étaient pas assez visibles, et pas assez ridicules.Ce samedi de mars 2026, le vent de la Méditerranée charriait encore l’hiver et déjà l’odeur douceâtre des amandes en fleur. Les rues de Perpignan s’étaient habillées en fête, comme une vieille tante un peu ivre qui sort ses plus beaux foulards pour cacher qu’elle n’a plus rien à dire.

Le char rouge et or, taché de pieds noirs, de Louis Aliot ouvrait la marche, majestueux, presque royal. Le maire sortant y trônait, droit comme un homme qui a déjà gagné mais qui veut quand même qu’on l’applaudisse très fort. Il distribuait des petits drapeaux catalans qui tremblotaient lamentablement dans le vent. « Perpignan fière et sûre », proclamait-il. On sentait qu’il y croyait presque.

Un peu derrière, le char vert d’Agnès Langevine tentait le tout pour le tout avec ses fausses fleurs en plastique et ses jeunes militants pleins de bonne volonté. Elle souriait du sourire de ceux qui pensent encore que planter trois arbres va sauver la planète. Très beau. Très photogénique.

Le char bleu-blanc-rouge de Bruno Nougayrède suivait, raide et un peu embarrassé, comme un notable qui s’est trompé de manifestation. Il brandissait des photos du Palais des Rois de Majorque en espérant que le patrimoine fasse oublier le reste.

Puis arrivait, presque timide, le char Changez d’Air de Mickaël Idrac. Sobre, presque trop. Une fenêtre ouverte en guise de programme. Idrac se tenait là, l’air de l’enseignant qui vient d’apprendre que la récréation est finie mais qui essaie quand même. Des tracts s’envolaient comme des promesses qu’on sait déjà condamnées.

Et légèrement en retrait, le char discret de Mathias Blanc, presque invisible dans tout ce cirque. Tons sobres, quelques livres peints, un vague sourire calme. Il donnait l’impression de se demander ce qu’il foutait là, ce qui était, il faut l’avouer, la question la plus honnête de tout le défilé.

Enfin, tout au bout, le grand char neutre de la Démocratie. Magnifiquement vide la plupart du temps. Chacun y montait deux minutes chrono — Aliot, Langevine, Nougayrède, Idrac, Blanc —, saluait mollement la foule, puis redescendait vite, de peur que la Démocratie ne leur demande vraiment des comptes.Les gens regardaient ce spectacle navrant et touchant à la fois. Des vieux blasés, des mères débordées, des ados qui filmaient pour TikTok en se foutant probablement du résultat.

Un abstentionniste pur et dur à côté de moi a lâché, entre deux soupirs : « C’est con, mais j’ai presque envie d’y croire… cinq minutes. »

Ce soir-là, Perpignan n’a pas vraiment voté. Elle a juste fait semblant de respirer un peu différemment, maladroitement, comme on danse avec un ex qu’on n’aime plus vraiment mais qu’on tolère encore le temps d’une chanson.La Politician Pride ne changera probablement rien. Mais au moins, pendant deux heures, la politique aura été un peu plus honnête : un carnaval grotesque, un peu pathétique, où tout le monde fait comme si on s’aimait encore.Et c’était déjà quelque chose.
Un tout petit quelque chose.

 

Partager cet article
Repost0