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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 13:34

"C'est pas Versailles ici ?"

Anonyme 2026

Allons, enfilons nos lorgnons de détective, sans trop nous faire d’illusions. Le jeu des sept différences, ou peut-être des sept ressemblances, c’est selon. On va gratter un peu la surface, histoire de rire jaune.

Premier indice, le pantouflage, ce grand ballet national.  
Chaque saison, une fine brochette de hauts fonctionnaires quitte les lambris de Bercy ou de l’Élysée pour atterrir, comme par enchantement, dans les conseils d’administration des banques, des cabinets de conseil ou des grands groupes. On appelle cela « pantouflage », mot charmant qui sent bon la laine et le velours. Demain ils seront les mêmes hommes, simplement avec une carte de visite plus dorée. Curieux comme l’élite formée dans les mêmes écoles finit toujours par se retrouver du même côté de la table, n’est-ce pas ? Pure coïncidence, bien entendu.

Deuxième indice, à qui appartiennent les journaux, déjà ?  
Arnault, Niel, Bolloré, Drahi… Une poignée de très grandes fortunes qui tiennent des empires de presse et de télévision. On leur doit sans doute une certaine variété d’opinions : ils choisissent eux-mêmes les nuances. Posséder le récit, c’est déjà posséder une partie du pouvoir. Certes, il reste quelques îlots de presse indépendante et des médias publics, mais on sent bien que la liberté de ton a ses limites raisonnables.

Troisième indice, le financement de la vie politique.  
Ici, la France se donne des airs vertueux : plafonds de dépenses, interdiction des dons d’entreprises, remboursement public. Rien à voir avec les grandes orgies américaines. Un milliardaire ne peut pas, légalement, acheter une élection d’un seul chèque. Il peut toutefois acheter les journaux, les instituts de sondage, les think tanks qui préparent les esprits. C’est plus raffiné, plus discret.

Quatrième indice, la fiscalité et ses délicates attentions.  
Suppression de l’ISF, remplacement par un IFI plus léger, flat tax sur les revenus du capital, niches fiscales accueillantes… Autant de mesures présentées comme modernes et dynamiques. On nous assure pourtant que la France reste championne de la redistribution, avec ses services publics et sa protection sociale. Sans doute. Mais on remarque tout de même que les plus habiles paient souvent, proportionnellement, un peu moins que le médecin de quartier. Simple arithmétique, paraît-il.

Cinquième indice, le lobbying, ce discret murmure.  
Les cabinets de conseil qui soufflent les réformes, les représentants d’intérêts qui entourent les textes, les grandes entreprises qui inspirent les lois agricoles ou environnementales… Tout cela existe, fort poliment enregistré auprès de la Haute Autorité pour la transparence. Est-ce de l’influence légitime ou une capture progressive ? La question reste d’un goût exquis.

Alors, verdict ?  

On trouve assez d’éléments pour nourrir le soupçon : allers-retours public-privé, concentration des médias, fiscalité complaisante, influence discrète mais constante de l’argent. De quoi faire naître l’impression tenace que le bulletin de vote pèse parfois moins lourd que certains carnets de chèques.

Pourtant la France conserve encore quelques garde-fous : élections disputées, encadrement du financement politique, une justice qui bouge parfois, une presse plurielle quoique fragile, et un État qui redistribue encore beaucoup, du moins sur le papier.  

Entre la caricature d’un pays dirigé par quelques grandes fortunes et le beau récit d’une démocratie sociale exemplaire, la vérité loge dans une zone grise fort étendue. Grise à souhait. Et l’on sent bien que ce gris ne va pas s’éclaircir de sitôt.

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