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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 15:17

"... qui s’attache à un mauvais arbre reçoit mauvais ombre, et qui se met à l'abri sous la feuille se mouille deux fois, et qui se couche avec des chiens se lève avec des puces. Quelque petit que je sois, je tiens mon rang dans le monde ; chaque fourmi a sa colère ; chaque cheveu fait son ombre sur la terre, et chaque coq chante sur son fumier."

(Sancho Panza ; ch : Le petit-fils de Sancho Panza) 

 Don Quichotte - Intégrale
Miguel de Cervantes

Une épopée célinienne par Nolan : « Le Chevalier Errant et les Vents de Troie »

Imaginez ça. Plus d’Ulysse le rusé, le calculateur à la langue de miel. À sa place, Alonso Quichano, dit Don Quichotte, le vieux hidalgo maigre comme un clou, l’armure rouillée, Rocinante qui boite, Sancho qui râle en castillan approximatif. L’Iliade et l’Odyssée fusionnées, réécrites dans la langue de Céline – cette prose qui halète, qui vomit, qui zigzague avec des points de suspension à n’en plus finir… Et tout ça tourné par Nolan : plans IMAX vertigineux, temporalité éclatée, rêves et réalité qui se bouffent la queue, bande-son de Zimmer qui cogne comme un marteau sur l’âme.

L’Iliade revisitée : La Guerre des Illusions

Achille boude toujours dans sa tente, mais c’est Don Quichotte qui mène les assauts.  
Il ne voit pas des Troyens. Il voit des géants. Des enchanteurs. Des Maures.  
Il charge Hector en hurlant : « Viens çà, fils de Priam, fantôme de Freston ! Je vais te fendre en deux comme un vulgaire moulin ! »

La prose célinienne :

« Ah ! ils me parlent de gloire… de butin… de belles captives… Moi je voyais que du vent… du vent partout… les Grecs qui gueulaient comme des porchers ivres… et moi sur mon canasson crevé… lance en avant… trois fois rien… la cervelle en feu… les dieux ? Des fumistes… des metteurs en scène de pacotille… Ils nous font danser comme des pantins… et après ils rigolent… je les entends rigoler derrière les nuages… »

Patrocle meurt quand même. Mais Don Quichotte, au lieu de venger, se lance dans un monologue de trois pages sur la folie des hommes qui croient posséder la mort. Achille le regarde comme un dingue. Agamemnon veut le faire enchaîner. Seul Ajax le comprend un peu : deux fous furieux.

Troie tombe pas à cause du cheval de bois. Non. Don Quichotte persuade les Grecs de construire un énorme moulin à vent géant qu’ils laissent devant les portes. Les Troyens, hilares, le tirent à l’intérieur. La nuit, le Chevalier sort de la structure avec Sancho, Dulcinée (une Hélène kidnappée de force dans son délire) et met le feu à tout. « C’est ainsi qu’on vainc les illusions, messires ! » hurle-t-il pendant que la ville brûle.

L’Odyssée : Le Retour du Délirant

Vingt ans de mer. Mais pas les sirènes, les Cyclopes et compagnie version Homère. Tout est filtré par la folie chevaleresque et la bile célinienne.

Le Cyclope** : Polyphème devient un géant qui taxe les voyageurs. Don Quichotte l’aveugle pas avec un pieu. Il lui fait un discours sur la chevalerie errante jusqu’à ce que le monstre se suicide d’ennui.
Les Sirènes** : Elles chantent pas. Elles lui parlent de Dulcinée. La vraie. Celle qui n’existe pas. Il se fait attacher au mât en pleurant : « Elle m’attend… elle m’a toujours attendu… la garce… »
Circé** : La magicienne transforme ses compagnons en pourceaux. Don Quichotte refuse la métamorphose : « J’étais déjà cochon dans l’âme, madame, depuis longtemps… » Et il la convertit à sa cause. Elle devient sa nouvelle écuyère le temps d’un épisode.
Les Lotophages** : L’île où on oublie tout. Lui, il oublie rien. Il se souvient de chaque coup de lance, de chaque humiliation, de chaque rêve brisé. C’est les autres qui deviennent amnésiques.

Nolan filme ça en non-linéaire. On saute entre le siège de Troie, le retour, et les hallucinations du Chevalier dans sa bibliothèque de La Manche, avant même le départ. Le spectateur ne sait plus ce qui est réel. Est-ce que toute l’épopée n’est qu’un long délire d’un vieux fou qui a lu trop de romans de chevalerie ? Est-ce que les dieux sont des projections ? Est-ce que le temps est une boucle où Don Quichotte rejoue éternellement sa quête ?

La scène finale, chez Pénélope :  
Elle l’attend depuis vingt ans. Il arrive, maigre, cassé, puant le sel et la folie. Il ne la reconnaît pas vraiment. Il voit Dulcinée. Il s’agenouille : « Madame… j’ai terrassé tous les moulins du monde pour vous… »  
Puis il meurt, doucement, en murmurant des injures contre les dieux, les hommes, et surtout contre lui-même. Sancho pleure. Les prétendants, survivants, regardent ce spectacle pathétique et se sentent soudain sales.

Générique sur un plan-séquence de dix minutes : Rocinante qui marche seul sur une plage infinie, au coucher de soleil orange sang, tandis que la voix off célinienne continue de râler contre l’humanité entière.

Ce serait immonde, sublime, insupportable, génial. Un film de quatre heures qui vous laisse vidé, avec l’envie de relire à la fois Homère, Cervantes et Voyage au bout de la nuit.  

Et vous, vous le verriez comment, ce Don Quichotte odysséen sous acide nolanien et célinien ?

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12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 16:29

"Je me suis assis près de la rivière, près d'une statue d'herbe. Les brins d'herbe étaient en cuivre, et la pluie au fil des ans avait fini par leur donner leur couleur naturelle.
Ils étaient quatre au cinq en train d'installer cette tombe. C'était l'équipe des fossoyeurs. Ils descendaient la tombe sur le lit de la rivière. Ici, c'est comme cela que nous enterrons nos morts. Bien sûr, à l'époque des tigres, il ne nous fallait pas autant de tombes.
Nous les enterrons dans des cercueils de verre, au fond des rivières, et nous plaçons du phosphore dans ces tombes, ainsi elles brillent la nuit, et l'on peut apprécier ce qui arrive, après.
J'ai vu des truites qui observaient la scène. C'étaient de belles truites arc-en-ciel. Il y avait peut-être une centaine. Elles sont d'une grande curiosité, et elles se pressaient là, serrées les unes contre les autres. "

 La pêche à la truite en Amérique - 

Richard Brautigan

"Avant même le début du sommet dédié aux investissements étrangers, au château de Versailles, le géant japonais SoftBank a annoncé dimanche 31 mai injecter la somme de 75 milliards d’euros dans l’économie française, dont 45 milliards d’ici 2031 pour la construction de centres de données dans les Hauts-de-France. Son président, Masayoshi Son, a assuré à La Tribune dimanche : « Ce sera l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle."

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/emmanuel-macron-presente-a-choose-france-un-eldorado-des-data-centers-malgre-les-critiques-sur-l-environnement_264304.html

Oui, plantons des Data-Centers dans les Pyrénées-Orientales (mais avec des panneaux solaire et des éoliennes sur le toit !) 

Les oliviers brûlent comme des allumettes mouillées. Les vignes se tordent sous le soleil qui n’en finit plus de rire. Le vent, ce vieux complice catalan, emporte les cendres vers la mer où elles se noient poliment. C’est le stress hydrique de surface, disent les messieurs en costume qui viennent de Paris ou de Bruxelles. Un nom presque poétique pour dire que l’eau a décidé de vivre ailleurs.

Alors, naturellement, on se pose la question avec le sérieux d’un moine tibétain qui aurait avalé un ordinateur : faut-il remplacer l’agriculture par des data-centers ?

Imaginez. À la place des champs de pêchers qui n’ont plus soif que de souvenirs, on dresserait de grandes boîtes grises, silencieuses, bourdonnantes. Elles ne demandent presque rien à la terre. Juste un peu d’électricité (qu’on ira chercher très loin, chez des voisins qui ont encore de l’eau, c’est plus pratique) et surtout beaucoup d’eau pour refroidir les milliers de petits cœurs en silicium qui battent nuit et jour.

L’eau. Celle qui manque aux tomates. Celle qui manque aux rivières. Celle qui manque aux pompiers. Mais pour les serveurs, soudain, on en trouvera. C’est comme ça. L’eau pour les machines a un goût plus noble que l’eau pour les salades. Les salades ne rapportent pas de milliards en valorisation boursière. Les serveurs, si. Ils stockent nos photos de vacances, nos colères politiques et les recettes de grand-mère en format JPEG.

Et le plus beau dans tout ça : les touristes pourront enfin se rafraîchir en les visitant.  

Plus besoin de ces plages bondées et brûlantes. On proposera des visites guidées « Data Chill Experience ». Vous entrez dans la cathédrale fraîche des serveurs, température constante de 18 degrés, air conditionné comme une caresse polaire. Les enfants courent entre les allées en criant « C’est froid, maman ! » pendant que les parents, en tongs et chapeau de paille, prennent des selfies devant les racks qui ronronnent doucement. On vendra même des glaces à la sortie – parfum « Silicon Valley » ou « Climat Refroidi par l’IA ».  

Le guide, en polo floqué « Bienvenue chez nos serveurs », expliquera avec un sourire zen : « Ici, on ne fait plus pousser des fruits. On fait pousser de la fraîcheur. » L’ancien agriculteur reconverti en agent d’accueil racontera comment, avant, il ramassait des abricots qui fondaient dans la main. Maintenant, il vend des tickets à 19 euros pour venir grelotter devant des machines qui calculent l’avenir.

Dans le style des anciens paysans d’ici, on pourrait dire : « Avant, on faisait pousser des abricots. Maintenant on fait pousser du cloud… et on fait payer l’air conditionné aux Allemands et aux Parisiens. »

Le data-center ne se plaint pas quand il fait 42 degrés. Il ne fait pas la gueule quand la tramontane souffle à 120 km/h. Il reste là, impassible, royal, en train de calculer combien de likes a reçu la dernière vidéo d’un chat qui tombe d’un arbre. Pendant ce temps, l’agriculteur d’autrefois regarde ses terres craquelées comme la peau d’un vieil éléphant et se demande s’il ne devrait pas reconvertir sa ferme en parking pour les cars de touristes en quête de froid.

C’est beau, au fond. On passe d’une économie qui dépend du ciel à une économie qui dépend des câbles sous-marins. Le ciel, on ne le contrôle pas. Les câbles, si. Presque. Et surtout, on contrôle enfin la température pour le touriste qui paie.

Et quand tout aura brûlé, quand les dernières vignes seront devenues des souvenirs sur un disque dur, nous pourrons enfin dire, avec la fierté tranquille des peuples qui ont compris leur époque :

« Nous n’avons plus d’eau pour les arbres. Mais venez donc vous rafraîchir chez nous. Nos serveurs sont à température idéale, et le Wi-Fi est gratuit. »

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 21:06

"Un gouvernement qu'on soutient, est un gouvernement qui tombe !" 

Charles-Maurice de Talleyrand Périgord 

Attention ceci est une parodie, mais qui reprend les éléments du vrai communiqué (voir au-dessus), notre texte tente reprendre le complexe mental du moment : entre cour de récréation et guerre froide !

Ha ça sent la Pravda de l'époque des procès de Moscou. Reçu par pneumatique dans l'après midi, le parti demande à Annabelle de se sacrifier pour un parti, dont elle ne fait pas partie. Mais qu'elle se rassure, néanmoins la camarade Langevine lui fait dire que le parti où elle n'est pas :reconnait son apport à la lutte anti-fasciste et qu'il le soutiendra comme la corde le pendu !

"Notre Place Publique vaincra, et longue vie au camarade secrétaire Général Raphaël Glucksmann, qui saît ce qu'est la souffrance depuis son aventure géorgienne !"

"PS: On ne pourra pas dire que l'honneur de place publique s'appelle fidélité ! "

COMMUNIQUÉ OFFICIEL
PRAVDA DU PARTI 

"Vendredi 19 juin  À tous les travailleurs et travailleuses d’Occitanie !

Les ennemis du peuple, les provocateurs fascistes et leurs complices des réseaux sociaux ont une nouvelle fois lancé une odieuse campagne de calomnies et de mensonges éhontés pour tenter de salir le nom de Place Publique Occitanie et de son dirigeant Raphaël Glucksmann.

Dans un accès de rage impuissante, ces valets de l’extrême droite cherchent à associer notre mouvement à une polémique artificiellement créée lors du conseil municipal de Perpignan du 17 juin dernier.

Place Publique rétablit fermement les faits devant le peuple.La citoyenne Annabelle Brunet n’est ni n’a jamais été une élue de Place Publique. Elle n’a jamais représenté notre formation. 

Membre du Nouveau Centre, parti (petit bourgeois)dirigé par Hervé Morin, dont elle est la cheffe de file à Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales, elle figurait sur la liste d’union aux dernières élections municipales exclusivement en tant que représentante de sa propre formation. Place Publique n’assume aucune responsabilité dans ses actes individuels.

Les demandes de précisions, de contexte ou de justifications doivent être adressées directement à l’intéressée et à sa formation politique, qui se sont déjà exprimées publiquement.

Nous connaissons les convictions d’Annabelle Brunet. Nous n’avons aucun doute sur son aversion viscérale pour le nazisme et son engagement constant contre toutes les formes de xénophobie.

Au conseil municipal, elle a courageusement combattu la décision réactionnaire de Louis Aliot visant à conditionner les subventions aux associations à leur participation aux cérémonies officielles de la ville – tentative évidente de mise au pas autoritaire du tissu associatif perpignanais.

Cette polémique nauséabonde n’est qu’une diversion grossière destinée à masquer la nouvelle mise en lumière de l’idéologie véritable de Louis Aliot et de son entourage.  Elle intervient en effet immédiatement après la révélation scandaleuse du tatouage SS, (non agréé par la société des amis des bandéristes et la division Azof goodies trade mark ltd https://www.youtube.com/watch?v=ztEFMQsAEgI)arboré par un agent municipal, ancien élu de la majorité Aliot durant le mandat 2020-2026.

Sur cette affaire grave, la mairie de Perpignan garde un silence coupable. Le maire a par ailleurs accordé sa première interview non pas à un organe de presse sérieux, mais au média d’extrême droite Frontières.Nous refusons de nous laisser entraîner dans cette stratégie fasciste d’agitation permanente et de diversion.

L’engagement de Raphaël Glucksmann et de Place Publique dans la lutte implacable contre l’extrême droite et toutes les formes de haine est total et sans faille depuis la fondation de notre mouvement.

Aucune calomnie ne pourra l’entacher.Dans leur tradition bien connue de faire feu de tout bois sur les réseaux sociaux, certains adversaires politiques sont définitivement tombés dans l’ère de la post-vérité, domaine dans lequel ils excellent.

Nous le déplorons avec mépris.Les habitantes et habitants de Perpignan méritent des élus dignes qui s’attaquent aux vrais problèmes de la ville. La cheffe de file perpignanaise de Place Publique, Agnès Langevine, conseillère municipale d’opposition, continuera sans relâche d’exiger des réponses concrètes sur ces enjeux et de défendre les valeurs républicaines qui fondent notre combat.

Le combat contre l’extrême droite et tous ses symboles est et restera dans l’ADN de Place Publique.
communication@place-publique.eu (mailto:communication@place-publique.eu)

Vigilance et fermeté révolutionnaire !
Place Publique Occitanie"

 

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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 15:12

Face à l’abstentionnisme galopant — plus de 50 % des Perpignanais qui préfèrent rester chez eux plutôt que de choisir entre les mêmes promesses recyclées —, on a eu l’idée lumineuse d’une Politician Pride.

Parce que rien ne vaut un défilé sur des chars pour redonner goût à la démocratie.

Comme si le problème était que les élus n’étaient pas assez visibles, et pas assez ridicules.Ce samedi de mars 2026, le vent de la Méditerranée charriait encore l’hiver et déjà l’odeur douceâtre des amandes en fleur. Les rues de Perpignan s’étaient habillées en fête, comme une vieille tante un peu ivre qui sort ses plus beaux foulards pour cacher qu’elle n’a plus rien à dire.

Le char rouge et or, taché de pieds noirs, de Louis Aliot ouvrait la marche, majestueux, presque royal. Le maire sortant y trônait, droit comme un homme qui a déjà gagné mais qui veut quand même qu’on l’applaudisse très fort. Il distribuait des petits drapeaux catalans qui tremblotaient lamentablement dans le vent. « Perpignan fière et sûre », proclamait-il. On sentait qu’il y croyait presque.

Un peu derrière, le char vert d’Agnès Langevine tentait le tout pour le tout avec ses fausses fleurs en plastique et ses jeunes militants pleins de bonne volonté. Elle souriait du sourire de ceux qui pensent encore que planter trois arbres va sauver la planète. Très beau. Très photogénique.

Le char bleu-blanc-rouge de Bruno Nougayrède suivait, raide et un peu embarrassé, comme un notable qui s’est trompé de manifestation. Il brandissait des photos du Palais des Rois de Majorque en espérant que le patrimoine fasse oublier le reste.

Puis arrivait, presque timide, le char Changez d’Air de Mickaël Idrac. Sobre, presque trop. Une fenêtre ouverte en guise de programme. Idrac se tenait là, l’air de l’enseignant qui vient d’apprendre que la récréation est finie mais qui essaie quand même. Des tracts s’envolaient comme des promesses qu’on sait déjà condamnées.

Et légèrement en retrait, le char discret de Mathias Blanc, presque invisible dans tout ce cirque. Tons sobres, quelques livres peints, un vague sourire calme. Il donnait l’impression de se demander ce qu’il foutait là, ce qui était, il faut l’avouer, la question la plus honnête de tout le défilé.

Enfin, tout au bout, le grand char neutre de la Démocratie. Magnifiquement vide la plupart du temps. Chacun y montait deux minutes chrono — Aliot, Langevine, Nougayrède, Idrac, Blanc —, saluait mollement la foule, puis redescendait vite, de peur que la Démocratie ne leur demande vraiment des comptes.Les gens regardaient ce spectacle navrant et touchant à la fois. Des vieux blasés, des mères débordées, des ados qui filmaient pour TikTok en se foutant probablement du résultat.

Un abstentionniste pur et dur à côté de moi a lâché, entre deux soupirs : « C’est con, mais j’ai presque envie d’y croire… cinq minutes. »

Ce soir-là, Perpignan n’a pas vraiment voté. Elle a juste fait semblant de respirer un peu différemment, maladroitement, comme on danse avec un ex qu’on n’aime plus vraiment mais qu’on tolère encore le temps d’une chanson.La Politician Pride ne changera probablement rien. Mais au moins, pendant deux heures, la politique aura été un peu plus honnête : un carnaval grotesque, un peu pathétique, où tout le monde fait comme si on s’aimait encore.Et c’était déjà quelque chose.
Un tout petit quelque chose.

 

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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 17:53

Le Stage Betterave – Instruction Militaire, Picardie, 2026

Le vent du nord balayait la plaine picarde comme un adjudant en rogne. À perte de vue, des rangées de betteraves alignées au garde-à-vous, racines plantées dans la terre grasse de la Somme.

Au milieu des champs, un hangar en tôle ondulée portait une pancarte rouillée :  CENTRE D’INSTRUCTION BETTERAVE – 1er RÉGIMENT DE LA RACINE

« La betterave est ton fusil. Sans elle, t’es rien qu’un civil. »

Le caporal-chef Bourboulon, un gaillard de deux mètres aux moustaches qui auraient pu servir de balai à chiottes, attendait les bleus devant le hangar. Vingt recrues descendirent du bus, valises à la main, l’air aussi perdu qu’un lapin dans un champ de mines.« Garde-à-vous ! » hurla Bourboulon.

Les vingt corps se raidirent. 

« À partir de maintenant, vous n’êtes plus des stagiaires. Vous êtes des betteraviers de combat. Votre arme ? La betterave. Pas une betterave. La betterave. Elle est votre fusil, votre meilleure amie, votre maîtresse, votre mère et votre grand-mère tout à la fois. Et comme tout bon fusil, elle se monte, se démonte, s’entretient et se manie avec tact. Compris ? »

Un silence. Puis un « Oui, mon adjudant ! » hésitant.

« Plus fort, nom de Dieu ! On n’est pas à la maternelle des carottes ! »« OUI, MON ADJUDANT ! »Première leçon : Présentation de l’arme.Bourboulon attrapa une betterave énorme, presque aussi grosse que sa tête, et la brandit comme un trophée.«

Voici la betterave modèle 2025, calibre 12-15 cm, poids moyen 1,2 kg en condition de combat.

Feuille de tir : verte, robuste, légèrement dentelée.

Racine : chair ferme, sucrée, prête à l’emploi. Cette saloperie peut nourrir un régiment ou vous défoncer le crâne si vous la laissez tomber sur votre pied. 

Règle numéro un : on ne dit jamais “betterave”.

On dit “mon arme” ou “ma betterave” quand on est seul avec elle. C’est intime.  Règle numéro deux : elle ne vous quitte jamais. Ni pour pisser, ni pour dormir, ni pour pleurer dans votre oreiller. Elle dort avec vous. Elle mange avec vous. Elle est votre meilleure amie. »

Un petit gars de Beauvais, les lunettes de travers, leva timidement la main.

« Mon adjudant… on la… on la charge comment ? »Bourboulon le fusilla du regard.
« On ne la charge pas, Ducon. On la prépare. On la caresse. On la respecte. Et si t’es vraiment bon, elle te donne du sucre. Maintenant, tout le monde à la table de démontage ! »

Deuxième leçon : Démontage et entretien.Les recrues étaient alignées devant des tables en bois. Devant chacune : une betterave fraîchement arrachée, encore couverte de terre picarde.

« Démontez ! » cria Bourboulon.

Les mains tremblantes, les stagiaires arrachèrent les feuilles une à une, comme on démonte un FAMAS.
« Plus doucement, bordel ! C’est pas une grenade ! Tact, tact, tact ! La feuille, c’est la culasse. Tu la casses, t’es mort. La racine, c’est le canon. Tu la cognes, elle te le rendra en te faisant un bleu gros comme une betterave. »Un sergent adjoint passa dans les rangs avec un seau d’eau et une brosse à chiendent.
« Nettoyage ! On frotte la terre comme si c’était de la merde de général. On essuie avec un chiffon doux. On polit la peau jusqu’à ce qu’elle brille comme les pompes d’un saint-cyrien. Et on parle à son arme. Oui, on lui parle. Dites-lui que vous l’aimez. »

Un grand gaillard de Péronne, rouge comme une tomate, murmura à sa betterave :
« T’es belle, ma betterave… T’es ma meilleure amie… »
Puis, plus bas : « Putain, je suis en train de parler à un légume. »

Bourboulon, qui avait l’ouïe d’une taupe enragée, hurla :

« Plus fort, le Picard ! Dis-lui que tu l’aimes comme ta mère ! »« JE T’AIME COMME MA MÈRE, MA BETTERAVE ! »

Troisième leçon : Montage et maniement tactique.

« Maintenant, on remonte ! Feuille gauche, feuille droite, racine au centre. Alignez-moi ça au millimètre près. Et quand c’est fait… on charge ! »

Les recrues apprirent à « charger » : enfoncer la betterave dans un sac à dos spécial, la sortir d’un geste fluide, la présenter au jugé, la pointer vers l’horizon comme une baïonnette.«

Au pas de charge ! »  Ils coururent dans les champs, betterave à la main, hurlant « Pour la Picardie ! Pour la racine ! » pendant que les corbeaux s’enfuyaient, terrifiés.

À la fin de la journée, épuisés, couverts de terre, ils étaient assis en cercle autour d’un feu. Chaque recrue tenait sa betterave sur les genoux comme un nouveau-né.

Bourboulon, soudain presque humain, s’assit parmi eux.« Écoutez-moi bien, les bleus. Demain, on passe aux tirs réels : arrachage en conditions de combat, tri, calibrage, et transport sous feu (c’est-à-dire sous la pluie picarde).

Mais retenez une chose : le fusil, on peut le changer. La betterave, elle, elle ne te trahit jamais.

Elle pousse ici, elle meurt ici, elle te nourrit ici. C’est la seule arme qui te donne à manger après t’avoir fait chier.  Alors maniez-la avec tact. Toujours avec tact.  Et maintenant… caressez-la. Doucement. Et dites-lui merci. »Dans la nuit picarde, vingt voix murmurèrent en chœur, presque tendres :« Merci, ma betterave. »Et quelque part dans les champs, une betterave sourit dans le noir. 

Fin de la première journée de stage.
Demain :
exercice de nuit avec les betteraves de combat.

 

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6 avril 2026 1 06 /04 /avril /2026 20:37


"Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...."

“Tu ne connais pas le pouvoir du coté obscurs de la Farce.” — Dark Vador

“Un Jedi utilise la Farce pour la connaissance et la défense… jamais pour faire des blagues"-Yoda

 

Discours d’après élections municipales – Perpignan, avril 2026
(À prononcer d’une voix calme, presque lasse, comme si les mots étaient déjà usés avant même d’être dits)

Mes chers Perpignanais, mes chers compatriotes,Parce que les mots ne veulent plus rien dire, je ne vais pas vous en servir de nouveaux.
Je vais simplement vous resservir ceux qui ont déjà servi partout ailleurs, ceux qui ont déjà fait leurs preuves… de vide.Ce soir, nous célébrons une victoire.
Ou une défaite.
Ou peut-être les deux en même temps, car au fond, qui peut encore faire la différence ?

Nous avons choisi ensemble.
Nous avons choisi l’avenir.
Nous avons choisi le progrès, la dynamique, le renouveau, la transition, la cohésion, la résilience, l’excellence et la singularité de notre territoire – tous ces jolis mots qui sonnent bien et qui ne coûtent rien.Perpignan n’est pas une ville comme les autres.
Elle est unique.

Comme toutes les autres villes qui disent exactement la même chose.Devant nous se dessine un futur radieux.
Un futur où nous serons plus forts, plus unis, plus verts, plus numériques, plus inclusifs, plus attractifs, plus sécurisés, plus dynamiques, plus tout ce que vous voulez.

Nous allons faire de Perpignan une ville où il fait bon vivre. C'est dire !
Comme partout.
Où les jeunes resteront.
Comme partout.
Où les anciens seront respectés.
Comme partout.
Où les entreprises viendront s’implanter.

Comme partout.Nous allons investir massivement dans l’éducation, la culture, la mobilité douce, la transition écologique, le sport pour tous, le lien social, la mémoire de notre histoire catalane et l’ouverture à l’Europe et au monde.

Nous allons créer un écosystème innovant, une gouvernance participative, une ville à taille humaine dans un monde à taille démesurée.

Nous allons relever les défis du XXIe siècle avec courage et lucidité.Et si demain quelqu’un vous dit que rien n’a changé, vous lui répondrez que si :
les mots ont changé de bouche, mais ils restent les mêmes.Car les mots ne veulent plus rien dire.
Ils sont devenus des billets de banque usés qu’on se passe de main en main.
On les recycle, on les polit, on les repeint, on les recycle encore.
Et pourtant, ce soir, vous les applaudirez quand même.
Parce que c’est le rituel.
Parce que c’est ce qu’on attend de moi.

Parce que c’est ce qu’on attend de vous.Alors je vous le dis avec toute la sincérité dont je suis encore capable :nous allons continuer.
Ensemble.
Pour Perpignan.
Pour ses quartiers.
Pour ses enfants.
Pour son avenir.Et si un jour vous avez l’impression que tout cela sonne creux…
c’est normal.
 

C’est parce que les mots ne veulent plus rien dire.Mais nous, nous continuons quand même.

Parce qu’il faut bien dire quelque chose.Vive Perpignan.
Vive la République.
Et vive… les mots qui ne veulent plus rien dire, mais qu’on répète quand même.(Applaudissements polis. Rideau.)

 

Agnès Langevine à Mathias Blanc de le rejoindre pour faire l'oignon de la gauche !

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 13:48

"— ... Toi, toi tu peux le retrouver. Tu sais comment faire, tu es dans la police, non ?
— Détective privé.
— Ce n'est pas pareil ?
— La police fait régner l'ordre. Moi, je me contente de révéler le désordre."


Le Quintette de Buenos Aires
Manuel Vázquez Montalbán

 

Perpignan, le 30 mars 2026 – Enquête de Pepe Carvalho n° 47 : « L’ignorance en sauce catalane »

Je m’appelle Pepe Carvalho. Ex-communiste, ex-agent de la CIA, ex-tout-ce-qui-pue-le-pouvoir. Aujourd’hui je suis juste un privé qui aime les calçots grillés et les vérités qui font mal au ventre. On m’a demandé d’enquêter sur un miracle électoral : comment Louis Aliot, le type qui dirige Perpignan comme un commissariat de série B, a été réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix alors que la moitié de la ville n’a même pas daigné sortir voter.J’ai sorti mon carnet, mon briquet et ma bouteille de Priorat. Et j’ai compris : ce n’était pas une élection. C’était une agnotologie en live. Une usine à fabriquer de l’ignorance fraîche, servie tiède aux électeurs comme un cassoulet de la veille.

Première scène du crime : la fragmentation gauche.
Quatre listes. Quatre ego. Quatre petits chefs qui se sont regardés dans le miroir en se disant « moi je suis l’alternative crédible ». Résultat ? 15,94 % pour Langevine, 13,45 % pour Nougayrède, 9,60 % pour Idrac, 8,94 % pour le dernier en date.
Mathématiquement, ça fait une belle soupe. Politiquement, ça fait un gros « on ne sait pas pour qui voter ».
L’agnotologie appelle ça « production active du doute ». Moi j’appelle ça du suicide assisté avec vue sur les remparts. Les électeurs anti-Aliot ont fini par se dire : « Bah, puisqu’ils ne sont pas capables de s’entendre, c’est que personne ne peut le battre. » Et ils sont restés sur le canapé. Classique.

Deuxième scène : la campagne SOS Racisme intitulée « C’est Louis ou moi ».

Joli slogan. Très punchy. Très « ville antiraciste ».
Le RN a répondu illico : « Touche pas à mon maire ».
Du jour au lendemain, les Perpignanais ne savaient plus s’ils votaient pour un maire ou contre un panneau d’affichage. Plus personne ne parlait du bilan municipal – propreté, sécurité, finances, tout ça. On parlait d’un combat de coqs médiatique.
L’ignorance ne tombe pas du ciel. Elle est sponsorisée.

Ici, elle l’était par les deux camps à la fois. Du grand art.

Troisème scène du crime – et la plus pathétique : la presse locale, complètement flapie. #ilestleclubdelapresque
Ah, la presse locale… Ce bon vieux L’Indépendant et ses cousins de quartier, tous flapis comme des figues trop mûres oubliées sur l’étal du marché de la Loge. Avachis, rincés, vidés de leur dernier jus. Ils ont passé la campagne à pondre des papiers tièdes comme une bullabessa oubliée sur le feu depuis trois jours : des « bilans contrastés » qui ne contrastent rien du tout, des « le maire assume » récités avec la ferveur d’un curé en fin de messe, des photos de rubans coupés et des déclarations officielles recopiées mot pour mot, comme des enfants sages qui recopient le tableau sans jamais lever la main pour poser une question.

Pas une vraie enquête sur le risque d’inéligibilité qui planait discrètement au-dessus de la ville. Pas un seul chiffre sérieux sur la dette, la propreté ou les petits arrangements de la com’ municipale. Pas un reportage qui aurait osé demander si « Perpignan la rayonnante » brillait surtout grâce aux spots publicitaires payés par la mairie elle-même.
Non. Ils ont préféré rester flapis, bien au chaud dans leur rôle de greffier municipal, à ronronner des éloges officiels avec l’enthousiasme d’un chat qui a déjà vu trop de souris.

Résultat : l’ignorance n’a même pas eu besoin d’être fabriquée en grande pompe. Elle a été gentiment livrée à domicile, sur un plateau d’argent, par des plumitifs qui n’avaient plus la force de lever le stylo. Quand la presse locale est flapie à ce point, l’agnotologie n’a plus qu’à s’installer confortablement au café de la poste et commander une tournée générale de doute.

Quatrième scène du crime – l’intello qui arrive après la bataille avec son pavé sous le bras :

Et puis, comme si tout ça ne suffisait pas, voilà que débarque le livre Perpignan déclassement et droitisation, éditions Trabucaire. Un beau pavé bien lourd, bien sérieux, qui lapalissade sur lapalissade et jargonne à mort pour impressionner le populo et le politique qui raffole des réponses toutes faites qu’il peut entendre sans se fatiguer les neurones.
Des concepts bien emballés, du « déclassement » par-ci, de la « droitisation » par-là, des analyses qui sentent bon l’amphi et le PowerPoint. Du grand spectacle intellectuel pour ceux qui aiment qu’on leur explique pourquoi ils ont perdu… une fois que les urnes sont déjà fermées.
Le problème ? Le bouquin sort six ans trop tard. Il aurait dû débarquer en 2020, au tout début du premier mandat d’Aliot, quand le type posait à peine ses valises à la mairie et que l’ignorance était encore fraîche et malléable. Là, il aurait peut-être secoué quelques endormis, fait bouger les lignes, obligé les gens à regarder en face le déclassement et la droitisation en temps réel.

Mais non : il arrive pile en deuxième moitié de campagne, comme Grouchi à Waterloo en recherche de fraises , quand tout est déjà joué, rejoué et digéré depuis belle lurette. Il explique tout, ils lapalissadent sur lapalissade tout, ils donnent des réponses clefs en main… mais le match est fini depuis 2020, les joueurs sont sous la douche et le public est rentré chez lui depuis des années.

C’est la cerise sur le gâteau de l’agnotologie : même les gens qui pourraient comprendre se contentent d’un livre qui arrive quand tout est déjà joué et rejoué.

Du vent académique bien calibré pour faire joli dans les bibliothèques des perdants.

Cinquième scène, la plus savoureuse : l’abstention à 52,26 %.

Record historique. La ville la plus rayonnante de France (c’est écrit sur le logo, je vérifie) a décidé collectivement de ne pas décider.
Dans mon métier, quand la moitié des témoins refuse de témoigner, c’est qu’on leur a fait comprendre que le procès était déjà joué. Ou que la vérité était trop fatigante à digérer.
Aliot a donc gagné avec les voix d’à peine 23,5 % des inscrits. C’est beau comme une victoire au poker avec un brelan de jokers : personne ne triche vraiment, mais tout le monde fait semblant de ne pas voir les cartes.J’ai interrogé le maire sortant (enfin, rentrant). Il m’a servi le discours habituel : « Les Perpignanais ont choisi la continuité. »
J’ai failli m’étouffer avec mon cigare. La continuité, oui. Celle de l’ignorance bien entretenue, comme un bon fromage qui pue mais que tout le monde mange parce qu’on leur a dit que c’était du terroir.

Conclusion d’enquête :
À Perpignan, on n’a pas voté pour Aliot par enthousiasme. On a voté pour lui parce qu’on ne savait plus très bien pourquoi il ne fallait pas. La gauche s’est bouffée elle-même, les affiches se sont battues entre elles, la presse est restée flapie sur son fauteuil, les intellos ont sorti leur pavé qui lapalissade sur lapalissade six ans trop tard… et les électeurs ont préféré le canapé.
L’agnotologie n’est pas une théorie de salon.

C’est la nouvelle recette catalane : prenez une bonne dose de division, une pincée de désinformation, laissez mijoter dans l’abstention avec une presse locale flapie qui ne remue même plus la sauce et un livre qui lapalissade sur lapalissade six ans après le début du premier mandat… et servez chaud au premier tour.Moi, Pepe Carvalho, je range mon carnet.
Demain je retourne à Barcelone.
Ici, l’ignorance est déjà cuite. Et elle a le goût du succès.Bon appétit, Perpignan.

 

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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 20:48

" C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut."

Tyler Dirden Fight Club

Tu es là, Marc. Trente-deux ans.

La défaite te colle à la peau comme une sueur rance depuis le 22 mars 2026. Perpignan pue encore le barbecue froid et le sang des urnes.

Louis Aliot a tout raflé au premier tour : 50,61 %, quarante-trois sièges, la mairie comme un uppercut en pleine gueule. La gauche catalane ? Éclatée. Langevine à 15,94 %. Idrac à 9,6 %. Quatre sièges. De quoi se torcher avec les tracts que même les chiens refusent de pisser dessus. Elne est tombée. Maury aussi. Prades, ouais, une petite victoire de merde pour se dire qu’on respire encore. Le reste ? La terre qui s’ouvre sous tes pieds et t’avale vivant.Tu es sur ton toit à Saint-Jacques, bouteille de Banyuls qui te brûle la gorge, le Canigó qui te crache son vent glacé en pleine face.

Gramsci te tourne dans la tête comme un disque rayé : bataille culturelle, guerre de position. Mais putain, avec quatre sièges et des bons sentiments qui sentent déjà le moisi ?Puis le message arrive sur Signal. Pas de nom.

Juste une adresse : un entrepôt pourri sur la route de Thuir. « Vendredi 23 h. Viens seul. Règle n°1 : on ne parle pas du stage. »Tu y vas. Parce que la rage, c’est tout ce qui te reste.L’entrepôt sent la pourriture sucrée des fruits oubliés et l’huile de moteur. Vingt silhouettes dans le noir, sous une ampoule qui pend comme une corde.

Des visages que tu reconnais à moitié.

La prof d’histoire. Le syndicaliste CGT. Deux écolos d’Elne encore sonnés. Le gamin LFI. La catalaniste qui a perdu Prades de trois voix. Personne ne dit son nom de parti. On hoche juste la tête. On sait.

Au centre, lui. Kevin.Vingt-huit ans.

Maigre comme un coup de trique. Yeux trop brillants. Tatouage HEGEMONIA en lettres gothiques qui lui mord l’avant-bras. Sweat noir, capuche baissée, mains dans les poches. Il sourit comme s’il avait déjà gagné la guerre avant même d’avoir tiré le premier coup.« Bienvenue au stage de close combat dialectique », dit-il, voix calme, presque douce.

« Ici on ne débat pas. On combat. La gagne, c’est pas une question de programme. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »

Il laisse le mot flotter. Atmosphère. Comme si c’était une lame plantée dans le ventre.

Règle n°1 : on ne parle pas du stage.
Règle n°2 : tu viens avec ta défaite. Tu la vomis.
Règle n°3 : tu repars avec une arme.Kevin te regarde droit dans les yeux. Il te connaît déjà. Mieux que toi.

« Vous avez perdu parce que vous avez cru que les chiffres suffisaient. Que les bons sentiments allaient retourner l’électorat. Mais l’électorat, il vit dans l’atmosphère. Peur. Fierté catalane. Odeur de barbecue le dimanche. Match de l’USAP le samedi. C’est ça, le terrain. Pas vos ateliers d’écriture inclusive. L’atmosphère. Et nous, on va la leur reprendre. Corps à corps. Idée contre idée. »

Première séance.

Par deux. Toi contre la prof d’histoire. Cercle de craie par terre.

Thème : « Pourquoi la gauche catalane a perdu Perpignan alors qu’elle parle de justice sociale depuis cinquante ans ? »

Pas de micro. Pas de minute. Celui qui sort du cercle a perdu.Elle commence polie. Chiffres. Sociologie. Intersectionnalité.

Tu frappes : « Parce que vous avez abandonné le peuple à ses peurs pendant que vous faisiez des séminaires sur le genre à Montpellier ! » Elle recule d’un pas. Tu avances. Voix qui monte, gestes qui claquent comme des gifles. Pas de poings. Des mots.

Tu esquives avec Hegel, tu contre-attaques avec Gramsci revisité : hégémonie ou crève.

Tu la pousses hors du cercle en trois phrases. Elle tombe à genoux. Pas de larmes. Juste le silence de quelqu’un qui vient de se prendre un uppercut dans l’âme.

Kevin applaudit lentement. « Atmosphère », murmure-t-il. « Tu viens de créer l’atmosphère. »

Les stages s’enchaînent. Toujours la nuit. Toujours ailleurs. Granges près de Villefranche. Squats à Argelès. Caves à vin dans les Aspres. Kevin est partout et nulle part. Il ne crie jamais. Il murmure les règles comme Tyler Durden murmurait les siennes. On démonte un argument RN en trois phrases. On retourne un électeur déclassé sans jamais le traiter de raciste. On hurle des slogans jusqu’à ce que la voix se casse, puis on les murmure jusqu’à ce qu’ils deviennent des prières. On lit Althusser, Bourdieu, Gramsci à voix haute, comme des combattants qui récitent le nom de leur ennemi avant de le frapper au foie.

Un soir, Kevin projette sur un mur sale les images du 22 mars : Aliot triomphant sur l’estrade.

Il éteint. Noir total.« Ils ont pris la mairie, dit-il. Nous, on va prendre l’atmosphère. Pas avec des meetings. Pas avec des posts Twitter. Avec les bars. Les fêtes. Les matchs de rugby. Les chansons de fête. On va infiltrer les imaginaires comme eux ont infiltré la peur. Close combat. Corps à corps. Idée contre idée. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »Tu ne sais pas si ça va marcher.

Mais pour la première fois depuis la défaite, tu sens quelque chose qui se reconstruit dans le noir.

Une gauche catalane plus dure. Plus vicieuse. Moins naïve. Des combattants qui ne parlent plus de « vivre ensemble » mais de « reprendre le terrain ».

Kevin te regarde, un soir, juste avant que tu repartes dans la nuit.« Règle n°1, Marc. »Tu hoches la tête.On ne parle pas du stage.Même pas à toi.Et l’atmosphère ? Elle commence déjà à changer. Tu le sens dans l’air. Comme avant le premier coup. Comme avant que tout explose.

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 19:10

« Nostalgie »
« Le souvenir est le bourreau / Qui exécute le cœur. »

(Version originale : « El recuerdo es el verdugo / Que ajusticia el corazón. »)  

Manolo Valiente

https://journals.openedition.org/bulletinhispanique/1068

 

L'histoire tente d'être une science malgré la subjectivité humaine, la mémoire quant à elle est sélective. Il arrive parfois qu'il y ait plusieurs mémoires et donc plusieurs récits, aussi celles-ci peuvent même s'affronter!

Ce moment n'a pas encore eu lieu, et il n'a même peut-être pas lieu d'être, aussi : tout les personnages sont fictifs...Puisque après tout le mémorial de Rivesaltes est sur la commune de Salses le château...

Rivesaltes, 23 mars 2026 – Alors que les cloches de la victoire résonnent encore dans les rues de cette paisible commune des Pyrénées-Orientales (44,85 % pour la liste « Rivesaltes, l’avenir en grand »), une rumeur aussi folle qu’irrésistible circule déjà sur les réseaux : le Mémorial du camp de Rivesaltes, ce sanctuaire de béton et de mémoire, préparerait une déclaration unilatérale d’indépendance.

Oui, vous avez bien lu.

Le site qui commémore les internés espagnols, les juifs de Vichy, les harkis et les « indésirables » de tous poils envisagerait de faire sécession pour échapper au nouveau maire RN.On imagine déjà la scène. Au petit matin, la directrice du Mémorial, Céline Sala, aurait convoqué une conférence de presse improvisée entre deux barbelés rouillés. « Nous avons accueilli des réfugiés de toutes les époques, explique-t-elle les larmes aux yeux. Mais nous refusons catégoriquement d’être administrés par un maire qui chante La Marseillaise sans ironie. C’est une question de dignité historique. »

Des sources proches du site confirment : une pétition interne circule déjà parmi les plaques commémoratives.

La stèle dédiée aux républicains espagnols aurait été la première à signer, suivie de près par la plaque des Tsiganes et celle des Algériens. « On ne veut pas finir en musée du patriotisme à la sauce Potel », aurait lâché un guide touristique sous couvert d’anonymat. « Imaginez : demain, on nous oblige à ajouter un panneau “Bienvenue au camp de la fierté nationale”. Non merci, on préfère notre propre drapeau. Peut-être un fil barbelé tricolore, mais indépendant. »Du côté de la nouvelle mairie, on minimise. Julien Potel, tout juste élu et visiblement encore sous le coup de l’émotion (et du soutien surprise de l’ex-maire André Bascou), a déclaré : « Le Mémorial fait partie du patrimoine de Rivesaltes. Nous le respecterons… tant qu’il respecte la République une et indivisible. »

Traduction officieuse selon les observateurs : « On va juste y mettre un peu plus de drapeaux français et un peu moins de larmes cosmopolites. »Les Catalans du coin, habitués aux rêves d’indépendance, saluent déjà l’initiative. « Enfin un référendum utile ! » s’exclame un militant du coin, verre de Banyuls à la main. « Si le mémorial part, on le suit. Rivesaltes libre, de la frontière jusqu’aux barbelés ! » Même la gauche locale, encore sous le choc de son 19,77 %, voit là une lueur d’espoir : « Au moins, si le mémorial se barre, on pourra dire que c’est la seule chose qui a résisté au RN. »Pour l’instant, aucune demande officielle n’a été déposée à l’ONU ni même à la préfecture.

Mais des observateurs avisés notent déjà des signes avant-coureurs : les projecteurs du site s’allument et s’éteignent en morse (« SOS – Indépendance maintenant »), et les visiteurs rapportent avoir entendu les barbelés fredonner L’Internationale à voix basse.

Reste une question existentielle : si le Mémorial obtient gain de cause, qui paiera l’entretien ? Le RN proposera-t-il un partenariat public-privé avec un sponsor « patriote » ? Ou le site deviendra-t-il un parc d’attractions « Souvenirs de l’Occupation 2.0 » ?

En attendant, les Rivesaltais retiennent leur souffle. Après 42 ans de règne Bascou, la ville bascule à l’extrême droite… et son plus célèbre monument, sous la houlette de Céline Sala, menace de faire ses valises. Ironie de l’Histoire : le camp qui a vu passer tant d’exilés pourrait bien devenir le premier exilé volontaire de la nouvelle ère.

Affaire à suivre. Ou pas. Parce que, franchement, à ce stade, même les fantômes du camp doivent se marrer.

 

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15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 12:38

"Mon pauvre ami, vous ne savez pas à quel point c'est payant, un enterrement bien foutu à la télévision. De Gaulle se serait présenté le lendemain de ses funérailles, il était réélu à 80% des suffrages. "

Frédéric Dard

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,je partirai (comme disait Hugo, Boss): et le monde t’appartiendra !

Mais c'est comme tout, il faut sortir couvert pour ne pas se retrouver à poil, le zigouigoui à l'air; et se faire ramasser pour exhibitionnisme électoral ! 

Il n'y a pas de mot pour décrire (on touche à l'indicible) la fameuse absence de projets et de volonté… Ce vide élégant, ce costume trop large qui flotte sur les épaules, ces manches qui recouvrent les mains et empêchent toute prise.Habillons-le.Mais pas avec n’importe quel tailleur.

Pas le couturier de prêt-à-porter qui plaque un beau discours motivant et te laisse avec des ourlets qui grattent.
 

Non. Choisis le bon tailleur : celui qui sait ajuster au millimètre tes lacunes programmatiques, celui qui transforme le manque en structure, l’absence en coupe sur mesure. Parce que la vérité est tailleur !

Voici comment on l’habille, avec les bons mots et les bonnes épingles :1.

Le diagnostic impitoyable (la prise de mesure)

Tu n’as pas de projets ? → Ce n’est pas un défaut de caractère, c’est une lacune programmatique : ton système d’objectifs est en jachère. Il manque les patrons, les gabarits, les deadlines qui structurent le chaos.
Tu n’as pas de volonté ? → Ce n’est pas de la paresse, c’est une rupture d’énergie directionnelle. La volonté, c’est du carburant ; sans réservoir clair (projet), il s’évapore dans l’air.

Le bon tailleur ne te dit pas « motive-toi ».
Il te dit : « On va d’abord dessiner la silhouette que tu veux vraiment porter. »

2. La coupe ajustée (les premiers points d’épingle)

Projet minimal viable : Commence par un projet si petit qu’il en est presque ridicule. Pas « changer de vie », mais « coder 15 lignes par jour » ou « marcher 10 minutes avec une intention précise ». Un projet minuscule est déjà un projet.
Volonté artificielle : Utilise des systèmes externes pour compenser l’absence interne. Habit tracker, accountability partner, deadline publique, streak sur une app… Ce ne sont pas des béquilles, ce sont des armatures de tailleur qui maintiennent la forme jusqu’à ce que le tissu (ta discipline) prenne naturellement.
Rituel d’enfilage : Chaque matin, pose-toi la question du tailleur : « Quelle est la prochaine couture utile aujourd’hui ? » Une seule. Pas dix. Une seule action qui avance le patron.

3. L’optimisation des lacunes (les retouches expertes)

Tes lacunes programmatiques ne sont pas des trous honteux ; ce sont des espaces de liberté mal exploités.

Identifie-les précisément : manque de clarté ? manque de ressources ? manque de feedback ? manque de plaisir ?
Transforme chaque lacune en contrainte créative : « Je n’ai pas de grand projet ? Parfait, je vais faire un micro-projet si bien ficelé qu’il deviendra contagieux. »
Accepte la version « beta » de toi-même : le costume n’a pas besoin d’être parfait dès le premier essayage. Il faut juste qu’il tienne debout et que tu puisses marcher dedans.

Le mot de la fin, bien coupé

L’absence de projets et de volonté, une fois bien habillée, ne disparaît pas.
Elle devient élégance du commencement.Tu ne seras jamais le mec qui « a toujours su ce qu’il voulait ».
Tu seras celui qui, malgré le vide initial, a su choisir le tailleur qui ajuste, qui épingle, qui reprise, qui fait que même les manques deviennent style.

Alors vas-y.
Entre dans l’atelier.
Déshabille-toi de tes excuses.

Et laisse le bon tailleur transformer tes lacunes programmatiques en un costume dans lequel tu finiras par te sentir… dangereusement à l’aise.Tu veux qu’on ajuste ensemble la première manche ? Dis-moi juste quel est ton tout petit projet ridicule du moment. Je sors les épingles.

 

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