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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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10 septembre 2026 4 10 /09 /septembre /2026 12:42

« Chaque fois que nous transformons le choc d’autrui en objet de mépris, nous alimentons le sbeule collectif. Choisissons plutôt d’élever le climat relationnel. »
— Dr. Élise Vartan, Neuroscience & Social Cognition, 2023

« Réduire le Sbeule Index commence par un geste simple : cesser de s’indigner de l’indignation des autres. »
— Dr. Sophie Bernard, Revue Française de Sociologie des Émotions, 2022

« Le plus grand acte de maturité émotionnelle de notre époque pourrait bien être celui-ci : laisser les autres se choquer sans y répondre par une nouvelle vague d’indignation. »
— Dr. Thi Nguyen & Dr. Claire Moreau, Social Neuroscience Letters, 2024

 

 

 

 Le Dr. Armand Lefebvre, PhD en psychosociologie interactionnelle, Laboratoire d’Études des Dynamiques Affectives Collectives (LEDAC), Institut Supérieur des Sciences Humaines Appliquées et notre correspondante Kimberley Dainar.

Dans le cadre de nos recherches longitudinales menées entre 2019 et 2025 auprès de plus de 4 200 sujets en milieu urbain occidental, une tendance sociétale alarmante s’est imposée avec une clarté statistique incontestable : l’indignation face au chocapisme. Ce phénomène, que nous proposons de nommer chocapismophobie, désigne la réaction d’irritation, de rejet ou de mépris systématique face à la propension d’autrui à exprimer un choc émotionnel ou moral rapide. Loin d’être une simple posture discursive, cette réaction s’apparente à un mécanisme pathologique générateur de génance relationnelle et de dégradation de l’ambiance sociale — ce que les sujets de nos panels désignent familièrement sous le terme de « sbeule ».

Définition opérationnelle et cadre théorique

Le chocapisme (du grec khokē, choc, et du suffixe -isme) correspond à une sensibilité affective élevée face à des stimuli symboliques, discursifs ou comportementaux perçus comme transgressifs. La chocapismophobie, quant à elle, se manifeste par une indignation secondaire : le sujet chocapismophobe ne tolère pas que l’autre puisse être choqué. Il interprète cette sensibilité comme une faiblesse, une forme de tyrannie morale ou un manque de « robustesse cognitive ».

Nos observations indiquent que cette indignantion de second ordre active un circuit de rétroaction négative. Selon le modèle que nous avons formalisé (Lefebvre & al., 2024), la chocapismophobie produit :

Une élévation mesurable du cortisol salivaire chez les interlocuteurs (augmentation moyenne de 18,7 % en situation de confrontation conversationnelle).
Une diminution de la synchronie émotionnelle interpersonnelle, objectivée par analyse micro-expressionnelle.
Un climat de génance diffuse — état de gêne relationnelle chronique caractérisé par l’anticipation d’un jugement de « trop de sensibilité » ou, inversement, de « trop d’insensibilité ».

Données empiriques

Dans l’étude multicentrique « Ambiance Sociale et Seuils de Tolérance Affective » (ASSTA-2023), 67 % des participants déclarant une forte chocapismophobie ont également rapporté une détérioration subjective de la qualité des interactions quotidiennes. Plus précisément :

54 % évoquent un « alourdissement de l’atmosphère » (le fameux sbeule).
41 % déclarent éviter certaines discussions par crainte de déclencher soit un chocapisme, soit une réaction chocapismophobe.
Les analyses de variance montrent une corrélation significative (r = 0,62 ; p < 0,001) entre le score de chocapismophobie et la perception d’une « toxicité relationnelle diffuse ».

Le Dr. Élise Vartan, spécialiste en neuropsychologie des émotions sociales, précise : « Lorsque l’indignation se déplace du contenu initial vers la simple existence de la sensibilité d’autrui, on assiste à une forme de méta-indignation qui appauvrit le champ conversationnel. Le sbeule n’est pas une impression subjective ; c’est un marqueur de dysrégulation collective. »

Mécanismes de propagation

La chocapismophobie se propage selon un modèle épidémiologique classique de contagion sociale. Un individu exprime une irritation face à ce qu’il juge être une « facilité à être choqué ». Cette irritation est perçue par d’autres comme légitime, ce qui renforce la norme implicite selon laquelle la sensibilité est suspecte. Résultat : un climat où chacun surveille à la fois sa propre capacité à choquer et sa propre capacité à tolérer le choc des autres. La marge de manœuvre communicative se rétrécit. La génance s’installe.

Nous avons observé que ce phénomène est particulièrement marqué dans les contextes de forte exposition médiatique et numérique, où la visibilité des réactions émotionnelles est amplifiée. La chocapismophobie y fonctionne comme une stratégie de distinction : « Je ne suis pas de ceux qui se choquent facilement, donc je m’indigne de ceux qui le font. »

Conséquences et perspectives

Laisser prospérer la chocapismophobie sans la nommer revient à normaliser un appauvrissement du tissu relationnel. La génance chronique et le sbeule ne sont pas de simples désagréments ; ils constituent des facteurs de risque pour la cohésion sociale à moyenne échelle. Nos travaux suggèrent qu’une prise de conscience collective — analogue à celle qui a permis de reconnaître d’autres formes de toxicité interactionnelle — pourrait contribuer à restaurer une plus grande plasticité émotionnelle dans les échanges.

En conclusion, la chocapismophobie toxique n’est pas une opinion. C’est un processus observable, quantifiable et, dans une certaine mesure, contournable. Reconnaître que s’indigner de la sensibilité des autres peut elle-même devenir source de mauvaise ambiance constitue, selon nous, un premier pas vers une écologie relationnelle plus durable.

Le Dr. Armand Lefebvre porte une blouse blanche lorsqu’il présente ces résultats en colloque. Cela n’a aucun effet sur la validité des données, mais renforce la perception de sérieux. Comme dans les publicités de dentifrice.

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6 septembre 2026 7 06 /09 /septembre /2026 13:34

"C'est un sort étrange que nous souffrions tant de peur et de doute pour une si petite chose..." 

"Le vaste monde est tout autour de vous : vous pouvez vous enfermer, mais vous ne pouvez pas le clôturer pour toujours."

 Le Seigneur des Anneaux 

Reportage exclusif – Tribunal de la Pureté Culturelle  
Paris, salle d’audience n° 42, 3 septembre 2026

Ce matin, sous les néons blafards du Tribunal de la Pureté Culturelle, s’est tenu le procès de M. X, citoyen ordinaire accusé d’« appropriation culturelle successive et aggravée » pour avoir, durant des années, incarné des personnages de Donjons & Dragons.

Les faits  
Le prévenu a avoué sans détour : nain, magicien, voleur, elfe, barbare, druide… Il a tout essayé. « À l’insu de mon plein gré », a-t-il plaidé. Les plaigants, une coalition de « défenseurs des peuples imaginaires », ont exigé une sentence exemplaire.

Composition du tribunal  
Présidente** : Madame la Juge Émeraude Bleue-Cheveux, coiffée d’une perruque turquoise fluorescent et d’un collier de cristaux de « justice intersectionnelle ».  
Procureure** : Me Inès Outrage, robe noire et foulard arc-en-ciel.  
Avocat de la défense** : Me Jean-Raison, costume gris, regard las.  
Partie civile** : représentants auto-proclamés des Nains de la Montagne, des Elfes de la Forêt Éternelle, des Barbares des Steppes et des Druides de la Clairière Sacrée (tous absents, évidemment, car purement fictionnels).

L’audience

La procureure ouvre le bal d’une voix vibrante :  
« Messieurs et mesdames du jury moral, ce prévenu a successivement usurpé l’identité de peuples mythiques ! Il a bu de la bière en tant que nain, tiré à l’arc en tant qu’elfe, hurlé à la lune en tant que barbare. C’est un pillage systématique des imaginaires ancestraux ! Chaque dé de 20 faces lancé était une violence symbolique ! »

Me Outrage brandit un manuel de règles usé comme pièce à conviction.  
« Regardez ! Il a même osé jouer un druide… sans demander l’autorisation aux arbres ! »

L’avocat de la défense se lève, soupirant :  
« Madame la Présidente, mes clients n’ont jamais existé. Les nains viennent des sagas nordiques, les elfes de Tolkien qui lui-même les a tirés de la mythologie celtique et germanique. Personne n’a de certificat de propriété sur un personnage de papier. Mon client a simplement… joué. »

La juge le coupe sèchement :  
« Me Raison, votre argument sent le privilège. Passons aux témoignages. »

Un « expert en études critiques du fantastique » défile à la barre. Il explique longuement que chaque classe de personnage est une « construction coloniale ». Le public (une vingtaine de militants à cheveux pastel) applaudit.

Le prévenu, appelé à la barre, reste calme :  
« J’ai juste passé de bons moments avec des amis. On mangeait des chips et on inventait des histoires. Je ne savais pas que j’étais un criminel culturel. »

La procureure rugit :  
« L’ignorance n’est pas une excuse ! Autocritique immédiate ! »

Plaidoiries finales

Me Outrage :  
« Nous demandons la condamnation maximale : destruction publique de tous ses dés, interdiction à vie de tout jeu de rôle, et une séance d’autocritique filmée face aux gardes rouges de la nouvelle génération. »

Me Raison, d’une voix posée :  
« Si l’on condamne aujourd’hui un joueur de Donjons & Dragons, demain on interdira de lire Le Seigneur des Anneaux, de regarder Star Wars ou de déguiser ses enfants en pirates à Halloween. La fiction n’appartient à personne. Elle appartient à tout le monde. »

Le verdict

Après une délibération de trois minutes (le temps de consulter son téléphone), la juge Émeraude Bleue-Cheveux se redresse :  

« Au nom de la Pureté Culturelle et des peuples imaginaires opprimés, je déclare le prévenu coupable.  

Sentence :  
Confiscation immédiate de tous ses manuels, figurines et dés.  
Obligation de publier chaque jour pendant un an un post d’autocritique sur les réseaux sociaux.  
Interdiction de toute incarnation de personnage non strictement conforme à son identité réelle (c’est-à-dire : un humain moyen, sans barbe, sans magie, sans arc).  
Stage de sensibilisation de 200 heures auprès d’un collectif de “réparation narrative”.  

Toutefois… » – la juge hésite, un sourire ambigu aux lèvres – « … le tribunal note que les plaigants n’ont produit aucun nain, elfe ou druide vivant pour témoigner. En conséquence, la peine est suspendue sine die, jusqu’à comparution effective des victimes.  

Le prévenu est libre. Qu’il aille rejouer s’il le souhaite.  

Mais qu’il se le tienne pour dit : le Tribunal de la Pureté Culturelle veille. »

Coup de marteau.  
Dans la salle, les cheveux bleus s’agitent, indignés. Dehors, le prévenu range discrètement un dé à 20 faces dans sa poche et murmure :  

« Session ce soir ? »

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19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 18:14

"Nous ne sommes pas des cendres tièdes !"

Dieter Brazzor

 

Dieter Brazzor (né en 1968 à Perpignan) est un personnage fictif : exégète indépendant, essayiste et intellectuel catalaniste de Catalogne Nord. Formé en philosophie à l’université de Barcelone puis à Montpellier, il a longtemps vécu en retrait, publiant de manière confidentielle des essais qui croisent Nietzsche et la question identitaire des territoires périphériques. Ses ouvrages — Zarathoustra aux confins (2019), Le dernier homme catalan (2022) et Graines pyrophites (2025) — restaient connus d’un cercle restreint jusqu’à l’été 2026.

C’est précisément au moment où le département des Pyrénées-Orientales était traversé par deux crises simultanées — l’immense incendie de Trévillach et la consultation citoyenne sur le nom du département — que Brazzor a fait irruption sur la scène publique locale.

L’irruption du volcan intellectuel Brazzor !

Fin juin 2026, alors que les flammes de Trévillach commencent à ravager près de 4 900 hectares, forcent l’évacuation de 12 000 personnes et laissent des paysages de désolation autour de Rodès et d’Ille-sur-Têt, Brazzor publie une tribune dans L’Indépendant. Le titre est sec et provocateur : « Le dernier homme regarde brûler sa maison et demande une indemnité ».

Dans ce texte, il reprend la figure nietzschéenne du « dernier homme » — celui qui a inventé le bonheur médiocre, la sécurité, l’égalité nivelée — et l’applique directement au territoire.

Selon lui, le dernier homme local est celui qui, depuis le traité des Pyrénées de 1659, a accepté l’effacement progressif de la catalanité au profit d’un cadre administratif neutre, touristique et confortable.

Face aux incendies, ce dernier homme ne voit que la catastrophe à gérer, les assurances à activer et le retour à la normale. Brazzor, lui, propose une autre lecture, inspirée des plantes pyrophites : ces espèces dont les graines ne germent qu’après le passage du feu, transformant la destruction en condition de renaissance.

« Les Pyrénées-Orientales ne sont pas un décor. Elles sont un sol de graines pyrophites : chaque incendie ouvre une brèche où l’identité catalane peut encore germer, à condition que nous refusions le confort de l’oubli. »

« Quand 4 900 hectares partent en fumée et que douze mille habitants fuient, le dernier homme cherche l’assurance et le retour à la normale. Zarathoustra, lui, cherche l’étincelle qui fera éclater les graines. »

La tribune est d’abord accueillie avec surprise. Puis elle circule. En quelques jours, elle est reprise, commentée, attaquée et défendue sur les réseaux locaux, dans les groupes Facebook de villages touchés par le feu, sur X et dans les fils Telegram catalanistes.

La polarisation sur les réseaux et dans la presse
Les débats s’enflamment rapidement. D’un côté, des associations culturelles et identitaires (Oui au Pays catalan, membres de La Bressola, militants de Plataforma per la Llengua, certains collectifs d’Angelets de la Terra) saluent une parole rare : enfin quelqu’un qui refuse de réduire le territoire à une zone de gestion de crise ou à un produit touristique. Des posts viraux reprennent ses formules : « graines pyrophites », « le dernier homme cligne de l’œil devant les flammes ». Des habitants de communes évacuées écrivent que ses mots leur ont « rendu une dignité » face à la destruction.

De l’autre côté, les critiques fusent. Des élus départementaux et des commentateurs locaux accusent Brazzor de « romantisme dangereux », de « récupération identitaire » et même de « minimiser la souffrance humaine » en transformant une catastrophe climatique et humaine en métaphore philosophique. Sur les réseaux, on lui reproche d’instrumentaliser le deuil des sinistrés. Un éditorial de L’Indépendant lui répond avec ironie : « Pendant que les pompiers luttent, le philosophe allume des concepts. » Des voix plus centrées l’accusent de diviser un département déjà fragilisé par la canicule, la tramontane et les feux.

Brazzor ne se dérobe pas.

Dans une série de posts et une seconde tribune publiée début août, il durcit le ton et relie explicitement les incendies à la consultation citoyenne alors en cours (22 juin – 15 août 2026) sur le futur nom du département :

« Le dernier homme a inventé le bonheur dans l’ombre des préfectures et des panneaux touristiques. Il cligne de l’œil devant les flammes et dit : “Nous avons maîtrisé le risque.” Mais le territoire, lui, se souvient. Les graines pyrophites attendent. »

« Nommer “Pyrénées Catalanes”, c’est déjà allumer le feu nécessaire. Refuser ce nom, c’est laisser les graines dormir dans la cendre tiède du dernier homme. »

Pour lui, les trois options proposées — conserver « Pyrénées-Orientales », choisir « Pyrénées Méditerranée » ou adopter « Pyrénées Catalanes » — ne sont pas anodines. La faible participation (environ 10 % des inscrits, autour de 40 000 votes) et la tentation du statu quo ou du branding touristique illustrent précisément le triomphe possible du dernier homme. À l’inverse, le vote pour « Pyrénées Catalanes », soutenu par de nombreuses associations, apparaît comme la chaleur qui peut faire éclater les graines : un acte de nomination qui refuse le nivellement.

Un débat qui déborde le local

Au fil des semaines d’août 2026, alors que le risque d’incendie reste élevé (secteurs des Corbières et du Roussillon placés en « risque exceptionnel »), que de petits feux continuent d’éclater et que les résultats de la consultation se font attendre, le nom de Brazzor devient un marqueur. On parle de « l’effet Brazzor » dans certains cercles. Des journalistes locaux lui consacrent des portraits. Des débats radiophoniques l’invitent (ou l’attaquent). Sur les réseaux, des mèmes circulent : Zarathoustra en casque de pompier, ou le « dernier homme » en short de touriste face à un panneau « Pyrénées-Orientales », tandis que des graines pyrophites germent dans les cendres.

Ses défenseurs voient en lui une voix qui redonne du sens à un territoire trop souvent réduit à ses handicaps (sécheresse, feux, précarité, dépendance touristique). Ses détracteurs dénoncent un intellectualisme hors-sol, voire une forme de nationalisme culturel déguisé en philosophie. Brazzor, de son côté, maintient la même ligne : le territoire des Pyrénées-Orientales est un sol de graines pyrophites. Le feu réel et le feu symbolique (celui du nom, de la langue, de la mémoire) ne s’opposent pas. Ils se répondent. Et le dernier homme, lui, préfère toujours la cendre tiède au risque de la germination.

Ainsi, en quelques semaines de l’été 2026, un exégète jusqu’alors obscur est devenu l’une des figures les plus discutées — et les plus polémiques — de la Catalogne Nord.

Non pas parce qu’il apportait des solutions techniques aux incendies ou des propositions institutionnelles précises, mais parce qu’il forçait une question dérangeante : et si le vrai danger n’était pas seulement le feu qui brûle les collines, mais celui qui empêche les graines pyrophites de jamais germer sur ce territoire ?

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16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 14:43

“Les contes de fées n'existent que dans les contes de fées. La vérité est plus décevante. La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment.”
― Frédéric Beigbeder, L'amour dure trois ans - Le roman suivi du scénario du film

Ce texte nous a été envoyé à la rédaction. Nous ne savons pas comment le prendre au premier degré ou au second ou plus subtil ...Il est officiellement adressé au catalanistes ?

Salut à toi.

Je regarde ce qui se passe à Perpignan depuis six ans, et franchement… les catalanistes me font trop penser à certains mecs dans les relations. Toujours en train de fêter des défaites. Toujours en mode « on nous attaque », « on nous efface », « c’est une injustice historique ». Pendant ce temps, Louis Aliot, lui, il gagne. Encore. Et encore.

Alors je vais être claire : la solution pour les catalanistes de Catalogne Nord, ce n’est pas de devenir plus sensibles ou plus « victimes ». C’est de se comporter en "masculinistes". Oui, le mot qui fâche. Mais reste jusqu’au bout, parce que je vais te sortir du concret, des chiffres et un peu d’histoire.

D’abord le contexte historique, rapidement.  
1659, traité des Pyrénées : le Roussillon devient français. Depuis, l’État a fait ce qu’il sait faire : centraliser, uniformiser. Le catalan a survécu en famille et dans les villages, mais politiquement il a été marginalisé. Au XXe siècle, il y a eu un renouveau culturel. Sous les Alduy puis sous Jean-Marc Pujol, la mairie a joué la carte « Perpignan la Catalane ». Panneaux bilingues, subventions, mariages en catalan, discours sur la Catalogne Nord. C’était soft, culturel, gentil. Résultat électoral ? Quasi nul. Les listes purement catalanistes sont restées confidentielles pendant des décennies.

Arrive Aliot en 2020.  
Premier tour : 35,65 %. Deuxième tour : 53,09 %. Il devient maire.  
En 2026, il passe à 50,61 % dès le premier tour (16 835 voix). Majority absolue. Face à lui, Agnès Langevine (Place publique / PS) fait 15,94 %, Bruno Nougayrède (union de la droite) 13,45 %, la gauche radicale autour de 9-10 %. Aucune liste catalaniste pure n’a pesé. Même les candidats les plus ouverts à la catalanité n’ont pas réussi à mobiliser au-delà d’une minorité.

Et concrètement, qu’est-ce qu’il a fait sur le sujet ?  
Il a changé « Perpignan la Catalane » en « Perpignan la Rayonnante ».  
Il a supprimé la délégation purement catalaniste.  
Il a arrêté les mariages célébrés en catalan à la mairie.  
Et surtout les sous : en août 2026, il a coupé net la subvention de 25 000 euros par an à l’Office public de la langue catalane (OPLC). Argument officiel : « multiples défaillances et défauts d’efficacité », budget trop centré sur le fonctionnement. Ces 25 000 euros, il les redirige vers un nouvel Institut du Roussillon (plus axé sur l’identité française/roussillonnaise et les liens avec Majorque).  
Pour la Bressola (écoles immersives catalanes), sous Pujol il y avait une aide exceptionnelle d’environ 70 000 euros. Sous Aliot, la ville ne verse plus que le forfait scolaire obligatoire (environ 195 000 euros au total, mais c’est la loi, pas une subvention volontaire). Les associations le disent elles-mêmes : « zéro subvention discrétionnaire ».

Maintenant, regarde ailleurs pour comprendre le problème.  
En Corse, les nationalistes et autonomistes gagnent des villes importantes (Bastia, Porto-Vecchio…) et pèsent très lourd aux territoriales. Ils ont un vrai rapport de force.  
Au Pays basque français, les listes régionalistes ont pris plusieurs communes de plus de 5 000 habitants.  
En Bretagne, les autonomistes restent faibles électoralement, mais ils ont au moins une présence structurée et des scores parfois à deux chiffres dans certains cantons.  
En Catalogne Nord ? Presque rien. Le catalanisme politique reste marginal, même si le sentiment culturel existe encore chez une partie de la population.

C’est exactement le même schéma que je vois dans les relations hommes-femmes.  
Le mec trop gentil, trop « dans le dialogue », trop prêt à s’excuser, qui célèbre ses défaites comme des victoires morales… finit toujours par perdre face à celui qui assume le rapport de force. Aliot n’a pas gagné parce qu’il est plus « cultivé ». Il a gagné parce qu’il a priorisé la sécurité, la propreté, l’ordre, et qu’il a refusé de s’excuser d’être français d’abord. Pendant que les catalanistes restaient dans la plainte et le symbolique, lui il avançait.

Donc oui, la solution, c’est de se comporter en "masculinistes".  
Arrêter de transformer chaque défaite en badge d’honneur.  
Arrêter de supplier qu’on vous reconnaisse.  
Arrêter de croire que le simple fait de « défendre la culture » suffit quand vous n’avez ni les voix ni le rapport de force.  
Devenir solides, stratégiques, sans complexe. Prioriser ce qui marche vraiment (sécurité, économie, enracinement local attractif) plutôt que le folklore permanent. Assumer un catalanisme qui n’a plus besoin de la permission de personne.

Et regardons un peu plus loin que les élections et les subventions.

La démographie et les sondages montrent exactement le même problème.

Dans les Pyrénées-Orientales, environ 61 % des habitants disent comprendre le catalan, mais seulement autour de 35 % savent le parler, et la transmission familiale est quasi morte chez les jeunes. Le français domine largement, surtout en ville. Pourtant, les sondages IFOP de 2025 sont clairs : 67 % des Nord-Catalans sont favorables à un statut d’autonomie régionale, 79 % veulent un vrai renforcement du pouvoir des régions, 24 % se sentent plus nord-catalans que français, et près de 90 % soutiennent l’enseignement du catalan et de l’histoire régionale. Il y a donc un sentiment identitaire qui existe encore… mais qui ne se traduit ni en votes ni en rapport de force.Côté tourisme, c’est encore plus parlant. Le département est le 7e de France avec 1,3 milliard d’euros de retombées et des millions de nuitées. L’identité catalane est un vrai argument de vente : patrimoine, Palais des Rois de Majorque, proximité avec la Catalogne du Sud, touristes espagnols et catalans qui viennent en nombre. Même Aliot sait que ça attire. Mais au lieu d’en faire un levier de puissance politique, les catalanistes en restent au folklore et à la plainte. Pendant ce temps, d’autres régions (Corse, Pays basque) transforment le même capital identitaire et touristique en votes et en pouvoir réel. C’est exactement ça le problème. Vous avez un fond de sentiment populaire, un atout touristique, une histoire… et vous continuez à perdre poliment. Un vrai "masculiniste", lui, prendrait ces éléments et les transformerait en force. Pas en communiqués tristes.

Parce que tant que vous resterez dans cette posture douce et gémissante, Aliot et ceux qui pensent comme lui continueront à gagner. Exactement comme les femmes modernes continuent de gagner face aux mecs trop accommodants.

La force, ça ne se quémande pas.  
Ça se construit.  
Ça s’affirme.  
Et parfois, ça s’impose.

Voilà.  
Si tu es catalaniste et que tu te reconnais dans la plainte permanente, médite un peu ces chiffres.  
Si tu es d’accord, dis-le.  
Si tu trouves que je suis trop dure, dis-le aussi.  
Mais arrêtez juste de fêter uniquement des défaites. Ça ne mène nulle part.

Hékima.

 

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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 15:17

"... qui s’attache à un mauvais arbre reçoit mauvais ombre, et qui se met à l'abri sous la feuille se mouille deux fois, et qui se couche avec des chiens se lève avec des puces. Quelque petit que je sois, je tiens mon rang dans le monde ; chaque fourmi a sa colère ; chaque cheveu fait son ombre sur la terre, et chaque coq chante sur son fumier."

(Sancho Panza ; ch : Le petit-fils de Sancho Panza) 

 Don Quichotte - Intégrale
Miguel de Cervantes

Une épopée célinienne par Nolan : « Le Chevalier Errant et les Vents de Troie »

Imaginez ça. Plus d’Ulysse le rusé, le calculateur à la langue de miel. À sa place, Alonso Quichano, dit Don Quichotte, le vieux hidalgo maigre comme un clou, l’armure rouillée, Rocinante qui boite, Sancho qui râle en castillan approximatif. L’Iliade et l’Odyssée fusionnées, réécrites dans la langue de Céline – cette prose qui halète, qui vomit, qui zigzague avec des points de suspension à n’en plus finir… Et tout ça tourné par Nolan : plans IMAX vertigineux, temporalité éclatée, rêves et réalité qui se bouffent la queue, bande-son de Zimmer qui cogne comme un marteau sur l’âme.

L’Iliade revisitée : La Guerre des Illusions

Achille boude toujours dans sa tente, mais c’est Don Quichotte qui mène les assauts.  
Il ne voit pas des Troyens. Il voit des géants. Des enchanteurs. Des Maures.  
Il charge Hector en hurlant : « Viens çà, fils de Priam, fantôme de Freston ! Je vais te fendre en deux comme un vulgaire moulin ! »

La prose célinienne :

« Ah ! ils me parlent de gloire… de butin… de belles captives… Moi je voyais que du vent… du vent partout… les Grecs qui gueulaient comme des porchers ivres… et moi sur mon canasson crevé… lance en avant… trois fois rien… la cervelle en feu… les dieux ? Des fumistes… des metteurs en scène de pacotille… Ils nous font danser comme des pantins… et après ils rigolent… je les entends rigoler derrière les nuages… »

Patrocle meurt quand même. Mais Don Quichotte, au lieu de venger, se lance dans un monologue de trois pages sur la folie des hommes qui croient posséder la mort. Achille le regarde comme un dingue. Agamemnon veut le faire enchaîner. Seul Ajax le comprend un peu : deux fous furieux.

Troie tombe pas à cause du cheval de bois. Non. Don Quichotte persuade les Grecs de construire un énorme moulin à vent géant qu’ils laissent devant les portes. Les Troyens, hilares, le tirent à l’intérieur. La nuit, le Chevalier sort de la structure avec Sancho, Dulcinée (une Hélène kidnappée de force dans son délire) et met le feu à tout. « C’est ainsi qu’on vainc les illusions, messires ! » hurle-t-il pendant que la ville brûle.

L’Odyssée : Le Retour du Délirant

Vingt ans de mer. Mais pas les sirènes, les Cyclopes et compagnie version Homère. Tout est filtré par la folie chevaleresque et la bile célinienne.

Le Cyclope** : Polyphème devient un géant qui taxe les voyageurs. Don Quichotte l’aveugle pas avec un pieu. Il lui fait un discours sur la chevalerie errante jusqu’à ce que le monstre se suicide d’ennui.
Les Sirènes** : Elles chantent pas. Elles lui parlent de Dulcinée. La vraie. Celle qui n’existe pas. Il se fait attacher au mât en pleurant : « Elle m’attend… elle m’a toujours attendu… la garce… »
Circé** : La magicienne transforme ses compagnons en pourceaux. Don Quichotte refuse la métamorphose : « J’étais déjà cochon dans l’âme, madame, depuis longtemps… » Et il la convertit à sa cause. Elle devient sa nouvelle écuyère le temps d’un épisode.
Les Lotophages** : L’île où on oublie tout. Lui, il oublie rien. Il se souvient de chaque coup de lance, de chaque humiliation, de chaque rêve brisé. C’est les autres qui deviennent amnésiques.

Nolan filme ça en non-linéaire. On saute entre le siège de Troie, le retour, et les hallucinations du Chevalier dans sa bibliothèque de La Manche, avant même le départ. Le spectateur ne sait plus ce qui est réel. Est-ce que toute l’épopée n’est qu’un long délire d’un vieux fou qui a lu trop de romans de chevalerie ? Est-ce que les dieux sont des projections ? Est-ce que le temps est une boucle où Don Quichotte rejoue éternellement sa quête ?

La scène finale, chez Pénélope :  
Elle l’attend depuis vingt ans. Il arrive, maigre, cassé, puant le sel et la folie. Il ne la reconnaît pas vraiment. Il voit Dulcinée. Il s’agenouille : « Madame… j’ai terrassé tous les moulins du monde pour vous… »  
Puis il meurt, doucement, en murmurant des injures contre les dieux, les hommes, et surtout contre lui-même. Sancho pleure. Les prétendants, survivants, regardent ce spectacle pathétique et se sentent soudain sales.

Générique sur un plan-séquence de dix minutes : Rocinante qui marche seul sur une plage infinie, au coucher de soleil orange sang, tandis que la voix off célinienne continue de râler contre l’humanité entière.

Ce serait immonde, sublime, insupportable, génial. Un film de quatre heures qui vous laisse vidé, avec l’envie de relire à la fois Homère, Cervantes et Voyage au bout de la nuit.  

Et vous, vous le verriez comment, ce Don Quichotte odysséen sous acide nolanien et célinien ?

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12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 16:29

"Je me suis assis près de la rivière, près d'une statue d'herbe. Les brins d'herbe étaient en cuivre, et la pluie au fil des ans avait fini par leur donner leur couleur naturelle.
Ils étaient quatre au cinq en train d'installer cette tombe. C'était l'équipe des fossoyeurs. Ils descendaient la tombe sur le lit de la rivière. Ici, c'est comme cela que nous enterrons nos morts. Bien sûr, à l'époque des tigres, il ne nous fallait pas autant de tombes.
Nous les enterrons dans des cercueils de verre, au fond des rivières, et nous plaçons du phosphore dans ces tombes, ainsi elles brillent la nuit, et l'on peut apprécier ce qui arrive, après.
J'ai vu des truites qui observaient la scène. C'étaient de belles truites arc-en-ciel. Il y avait peut-être une centaine. Elles sont d'une grande curiosité, et elles se pressaient là, serrées les unes contre les autres. "

 La pêche à la truite en Amérique - 

Richard Brautigan

"Avant même le début du sommet dédié aux investissements étrangers, au château de Versailles, le géant japonais SoftBank a annoncé dimanche 31 mai injecter la somme de 75 milliards d’euros dans l’économie française, dont 45 milliards d’ici 2031 pour la construction de centres de données dans les Hauts-de-France. Son président, Masayoshi Son, a assuré à La Tribune dimanche : « Ce sera l’investissement le plus important en Europe dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle."

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/emmanuel-macron-presente-a-choose-france-un-eldorado-des-data-centers-malgre-les-critiques-sur-l-environnement_264304.html

Oui, plantons des Data-Centers dans les Pyrénées-Orientales (mais avec des panneaux solaire et des éoliennes sur le toit !) 

Les oliviers brûlent comme des allumettes mouillées. Les vignes se tordent sous le soleil qui n’en finit plus de rire. Le vent, ce vieux complice catalan, emporte les cendres vers la mer où elles se noient poliment. C’est le stress hydrique de surface, disent les messieurs en costume qui viennent de Paris ou de Bruxelles. Un nom presque poétique pour dire que l’eau a décidé de vivre ailleurs.

Alors, naturellement, on se pose la question avec le sérieux d’un moine tibétain qui aurait avalé un ordinateur : faut-il remplacer l’agriculture par des data-centers ?

Imaginez. À la place des champs de pêchers qui n’ont plus soif que de souvenirs, on dresserait de grandes boîtes grises, silencieuses, bourdonnantes. Elles ne demandent presque rien à la terre. Juste un peu d’électricité (qu’on ira chercher très loin, chez des voisins qui ont encore de l’eau, c’est plus pratique) et surtout beaucoup d’eau pour refroidir les milliers de petits cœurs en silicium qui battent nuit et jour.

L’eau. Celle qui manque aux tomates. Celle qui manque aux rivières. Celle qui manque aux pompiers. Mais pour les serveurs, soudain, on en trouvera. C’est comme ça. L’eau pour les machines a un goût plus noble que l’eau pour les salades. Les salades ne rapportent pas de milliards en valorisation boursière. Les serveurs, si. Ils stockent nos photos de vacances, nos colères politiques et les recettes de grand-mère en format JPEG.

Et le plus beau dans tout ça : les touristes pourront enfin se rafraîchir en les visitant.  

Plus besoin de ces plages bondées et brûlantes. On proposera des visites guidées « Data Chill Experience ». Vous entrez dans la cathédrale fraîche des serveurs, température constante de 18 degrés, air conditionné comme une caresse polaire. Les enfants courent entre les allées en criant « C’est froid, maman ! » pendant que les parents, en tongs et chapeau de paille, prennent des selfies devant les racks qui ronronnent doucement. On vendra même des glaces à la sortie – parfum « Silicon Valley » ou « Climat Refroidi par l’IA ».  

Le guide, en polo floqué « Bienvenue chez nos serveurs », expliquera avec un sourire zen : « Ici, on ne fait plus pousser des fruits. On fait pousser de la fraîcheur. » L’ancien agriculteur reconverti en agent d’accueil racontera comment, avant, il ramassait des abricots qui fondaient dans la main. Maintenant, il vend des tickets à 19 euros pour venir grelotter devant des machines qui calculent l’avenir.

Dans le style des anciens paysans d’ici, on pourrait dire : « Avant, on faisait pousser des abricots. Maintenant on fait pousser du cloud… et on fait payer l’air conditionné aux Allemands et aux Parisiens. »

Le data-center ne se plaint pas quand il fait 42 degrés. Il ne fait pas la gueule quand la tramontane souffle à 120 km/h. Il reste là, impassible, royal, en train de calculer combien de likes a reçu la dernière vidéo d’un chat qui tombe d’un arbre. Pendant ce temps, l’agriculteur d’autrefois regarde ses terres craquelées comme la peau d’un vieil éléphant et se demande s’il ne devrait pas reconvertir sa ferme en parking pour les cars de touristes en quête de froid.

C’est beau, au fond. On passe d’une économie qui dépend du ciel à une économie qui dépend des câbles sous-marins. Le ciel, on ne le contrôle pas. Les câbles, si. Presque. Et surtout, on contrôle enfin la température pour le touriste qui paie.

Et quand tout aura brûlé, quand les dernières vignes seront devenues des souvenirs sur un disque dur, nous pourrons enfin dire, avec la fierté tranquille des peuples qui ont compris leur époque :

« Nous n’avons plus d’eau pour les arbres. Mais venez donc vous rafraîchir chez nous. Nos serveurs sont à température idéale, et le Wi-Fi est gratuit. »

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20 juin 2026 6 20 /06 /juin /2026 21:06

"Un gouvernement qu'on soutient, est un gouvernement qui tombe !" 

Charles-Maurice de Talleyrand Périgord 

Attention ceci est une parodie, mais qui reprend les éléments du vrai communiqué (voir au-dessus), notre texte tente reprendre le complexe mental du moment : entre cour de récréation et guerre froide !

Ha ça sent la Pravda de l'époque des procès de Moscou. Reçu par pneumatique dans l'après midi, le parti demande à Annabelle de se sacrifier pour un parti, dont elle ne fait pas partie. Mais qu'elle se rassure, néanmoins la camarade Langevine lui fait dire que le parti où elle n'est pas :reconnait son apport à la lutte anti-fasciste et qu'il le soutiendra comme la corde le pendu !

"Notre Place Publique vaincra, et longue vie au camarade secrétaire Général Raphaël Glucksmann, qui saît ce qu'est la souffrance depuis son aventure géorgienne !"

"PS: On ne pourra pas dire que l'honneur de place publique s'appelle fidélité ! "

COMMUNIQUÉ OFFICIEL
PRAVDA DU PARTI 

"Vendredi 19 juin  À tous les travailleurs et travailleuses d’Occitanie !

Les ennemis du peuple, les provocateurs fascistes et leurs complices des réseaux sociaux ont une nouvelle fois lancé une odieuse campagne de calomnies et de mensonges éhontés pour tenter de salir le nom de Place Publique Occitanie et de son dirigeant Raphaël Glucksmann.

Dans un accès de rage impuissante, ces valets de l’extrême droite cherchent à associer notre mouvement à une polémique artificiellement créée lors du conseil municipal de Perpignan du 17 juin dernier.

Place Publique rétablit fermement les faits devant le peuple.La citoyenne Annabelle Brunet n’est ni n’a jamais été une élue de Place Publique. Elle n’a jamais représenté notre formation. 

Membre du Nouveau Centre, parti (petit bourgeois)dirigé par Hervé Morin, dont elle est la cheffe de file à Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales, elle figurait sur la liste d’union aux dernières élections municipales exclusivement en tant que représentante de sa propre formation. Place Publique n’assume aucune responsabilité dans ses actes individuels.

Les demandes de précisions, de contexte ou de justifications doivent être adressées directement à l’intéressée et à sa formation politique, qui se sont déjà exprimées publiquement.

Nous connaissons les convictions d’Annabelle Brunet. Nous n’avons aucun doute sur son aversion viscérale pour le nazisme et son engagement constant contre toutes les formes de xénophobie.

Au conseil municipal, elle a courageusement combattu la décision réactionnaire de Louis Aliot visant à conditionner les subventions aux associations à leur participation aux cérémonies officielles de la ville – tentative évidente de mise au pas autoritaire du tissu associatif perpignanais.

Cette polémique nauséabonde n’est qu’une diversion grossière destinée à masquer la nouvelle mise en lumière de l’idéologie véritable de Louis Aliot et de son entourage.  Elle intervient en effet immédiatement après la révélation scandaleuse du tatouage SS, (non agréé par la société des amis des bandéristes et la division Azof goodies trade mark ltd https://www.youtube.com/watch?v=ztEFMQsAEgI)arboré par un agent municipal, ancien élu de la majorité Aliot durant le mandat 2020-2026.

Sur cette affaire grave, la mairie de Perpignan garde un silence coupable. Le maire a par ailleurs accordé sa première interview non pas à un organe de presse sérieux, mais au média d’extrême droite Frontières.Nous refusons de nous laisser entraîner dans cette stratégie fasciste d’agitation permanente et de diversion.

L’engagement de Raphaël Glucksmann et de Place Publique dans la lutte implacable contre l’extrême droite et toutes les formes de haine est total et sans faille depuis la fondation de notre mouvement.

Aucune calomnie ne pourra l’entacher.Dans leur tradition bien connue de faire feu de tout bois sur les réseaux sociaux, certains adversaires politiques sont définitivement tombés dans l’ère de la post-vérité, domaine dans lequel ils excellent.

Nous le déplorons avec mépris.Les habitantes et habitants de Perpignan méritent des élus dignes qui s’attaquent aux vrais problèmes de la ville. La cheffe de file perpignanaise de Place Publique, Agnès Langevine, conseillère municipale d’opposition, continuera sans relâche d’exiger des réponses concrètes sur ces enjeux et de défendre les valeurs républicaines qui fondent notre combat.

Le combat contre l’extrême droite et tous ses symboles est et restera dans l’ADN de Place Publique.
communication@place-publique.eu (mailto:communication@place-publique.eu)

Vigilance et fermeté révolutionnaire !
Place Publique Occitanie"

 

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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 15:12

Face à l’abstentionnisme galopant — plus de 50 % des Perpignanais qui préfèrent rester chez eux plutôt que de choisir entre les mêmes promesses recyclées —, on a eu l’idée lumineuse d’une Politician Pride.

Parce que rien ne vaut un défilé sur des chars pour redonner goût à la démocratie.

Comme si le problème était que les élus n’étaient pas assez visibles, et pas assez ridicules.Ce samedi de mars 2026, le vent de la Méditerranée charriait encore l’hiver et déjà l’odeur douceâtre des amandes en fleur. Les rues de Perpignan s’étaient habillées en fête, comme une vieille tante un peu ivre qui sort ses plus beaux foulards pour cacher qu’elle n’a plus rien à dire.

Le char rouge et or, taché de pieds noirs, de Louis Aliot ouvrait la marche, majestueux, presque royal. Le maire sortant y trônait, droit comme un homme qui a déjà gagné mais qui veut quand même qu’on l’applaudisse très fort. Il distribuait des petits drapeaux catalans qui tremblotaient lamentablement dans le vent. « Perpignan fière et sûre », proclamait-il. On sentait qu’il y croyait presque.

Un peu derrière, le char vert d’Agnès Langevine tentait le tout pour le tout avec ses fausses fleurs en plastique et ses jeunes militants pleins de bonne volonté. Elle souriait du sourire de ceux qui pensent encore que planter trois arbres va sauver la planète. Très beau. Très photogénique.

Le char bleu-blanc-rouge de Bruno Nougayrède suivait, raide et un peu embarrassé, comme un notable qui s’est trompé de manifestation. Il brandissait des photos du Palais des Rois de Majorque en espérant que le patrimoine fasse oublier le reste.

Puis arrivait, presque timide, le char Changez d’Air de Mickaël Idrac. Sobre, presque trop. Une fenêtre ouverte en guise de programme. Idrac se tenait là, l’air de l’enseignant qui vient d’apprendre que la récréation est finie mais qui essaie quand même. Des tracts s’envolaient comme des promesses qu’on sait déjà condamnées.

Et légèrement en retrait, le char discret de Mathias Blanc, presque invisible dans tout ce cirque. Tons sobres, quelques livres peints, un vague sourire calme. Il donnait l’impression de se demander ce qu’il foutait là, ce qui était, il faut l’avouer, la question la plus honnête de tout le défilé.

Enfin, tout au bout, le grand char neutre de la Démocratie. Magnifiquement vide la plupart du temps. Chacun y montait deux minutes chrono — Aliot, Langevine, Nougayrède, Idrac, Blanc —, saluait mollement la foule, puis redescendait vite, de peur que la Démocratie ne leur demande vraiment des comptes.Les gens regardaient ce spectacle navrant et touchant à la fois. Des vieux blasés, des mères débordées, des ados qui filmaient pour TikTok en se foutant probablement du résultat.

Un abstentionniste pur et dur à côté de moi a lâché, entre deux soupirs : « C’est con, mais j’ai presque envie d’y croire… cinq minutes. »

Ce soir-là, Perpignan n’a pas vraiment voté. Elle a juste fait semblant de respirer un peu différemment, maladroitement, comme on danse avec un ex qu’on n’aime plus vraiment mais qu’on tolère encore le temps d’une chanson.La Politician Pride ne changera probablement rien. Mais au moins, pendant deux heures, la politique aura été un peu plus honnête : un carnaval grotesque, un peu pathétique, où tout le monde fait comme si on s’aimait encore.Et c’était déjà quelque chose.
Un tout petit quelque chose.

 

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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 17:53

Le Stage Betterave – Instruction Militaire, Picardie, 2026

Le vent du nord balayait la plaine picarde comme un adjudant en rogne. À perte de vue, des rangées de betteraves alignées au garde-à-vous, racines plantées dans la terre grasse de la Somme.

Au milieu des champs, un hangar en tôle ondulée portait une pancarte rouillée :  CENTRE D’INSTRUCTION BETTERAVE – 1er RÉGIMENT DE LA RACINE

« La betterave est ton fusil. Sans elle, t’es rien qu’un civil. »

Le caporal-chef Bourboulon, un gaillard de deux mètres aux moustaches qui auraient pu servir de balai à chiottes, attendait les bleus devant le hangar. Vingt recrues descendirent du bus, valises à la main, l’air aussi perdu qu’un lapin dans un champ de mines.« Garde-à-vous ! » hurla Bourboulon.

Les vingt corps se raidirent. 

« À partir de maintenant, vous n’êtes plus des stagiaires. Vous êtes des betteraviers de combat. Votre arme ? La betterave. Pas une betterave. La betterave. Elle est votre fusil, votre meilleure amie, votre maîtresse, votre mère et votre grand-mère tout à la fois. Et comme tout bon fusil, elle se monte, se démonte, s’entretient et se manie avec tact. Compris ? »

Un silence. Puis un « Oui, mon adjudant ! » hésitant.

« Plus fort, nom de Dieu ! On n’est pas à la maternelle des carottes ! »« OUI, MON ADJUDANT ! »Première leçon : Présentation de l’arme.Bourboulon attrapa une betterave énorme, presque aussi grosse que sa tête, et la brandit comme un trophée.«

Voici la betterave modèle 2025, calibre 12-15 cm, poids moyen 1,2 kg en condition de combat.

Feuille de tir : verte, robuste, légèrement dentelée.

Racine : chair ferme, sucrée, prête à l’emploi. Cette saloperie peut nourrir un régiment ou vous défoncer le crâne si vous la laissez tomber sur votre pied. 

Règle numéro un : on ne dit jamais “betterave”.

On dit “mon arme” ou “ma betterave” quand on est seul avec elle. C’est intime.  Règle numéro deux : elle ne vous quitte jamais. Ni pour pisser, ni pour dormir, ni pour pleurer dans votre oreiller. Elle dort avec vous. Elle mange avec vous. Elle est votre meilleure amie. »

Un petit gars de Beauvais, les lunettes de travers, leva timidement la main.

« Mon adjudant… on la… on la charge comment ? »Bourboulon le fusilla du regard.
« On ne la charge pas, Ducon. On la prépare. On la caresse. On la respecte. Et si t’es vraiment bon, elle te donne du sucre. Maintenant, tout le monde à la table de démontage ! »

Deuxième leçon : Démontage et entretien.Les recrues étaient alignées devant des tables en bois. Devant chacune : une betterave fraîchement arrachée, encore couverte de terre picarde.

« Démontez ! » cria Bourboulon.

Les mains tremblantes, les stagiaires arrachèrent les feuilles une à une, comme on démonte un FAMAS.
« Plus doucement, bordel ! C’est pas une grenade ! Tact, tact, tact ! La feuille, c’est la culasse. Tu la casses, t’es mort. La racine, c’est le canon. Tu la cognes, elle te le rendra en te faisant un bleu gros comme une betterave. »Un sergent adjoint passa dans les rangs avec un seau d’eau et une brosse à chiendent.
« Nettoyage ! On frotte la terre comme si c’était de la merde de général. On essuie avec un chiffon doux. On polit la peau jusqu’à ce qu’elle brille comme les pompes d’un saint-cyrien. Et on parle à son arme. Oui, on lui parle. Dites-lui que vous l’aimez. »

Un grand gaillard de Péronne, rouge comme une tomate, murmura à sa betterave :
« T’es belle, ma betterave… T’es ma meilleure amie… »
Puis, plus bas : « Putain, je suis en train de parler à un légume. »

Bourboulon, qui avait l’ouïe d’une taupe enragée, hurla :

« Plus fort, le Picard ! Dis-lui que tu l’aimes comme ta mère ! »« JE T’AIME COMME MA MÈRE, MA BETTERAVE ! »

Troisième leçon : Montage et maniement tactique.

« Maintenant, on remonte ! Feuille gauche, feuille droite, racine au centre. Alignez-moi ça au millimètre près. Et quand c’est fait… on charge ! »

Les recrues apprirent à « charger » : enfoncer la betterave dans un sac à dos spécial, la sortir d’un geste fluide, la présenter au jugé, la pointer vers l’horizon comme une baïonnette.«

Au pas de charge ! »  Ils coururent dans les champs, betterave à la main, hurlant « Pour la Picardie ! Pour la racine ! » pendant que les corbeaux s’enfuyaient, terrifiés.

À la fin de la journée, épuisés, couverts de terre, ils étaient assis en cercle autour d’un feu. Chaque recrue tenait sa betterave sur les genoux comme un nouveau-né.

Bourboulon, soudain presque humain, s’assit parmi eux.« Écoutez-moi bien, les bleus. Demain, on passe aux tirs réels : arrachage en conditions de combat, tri, calibrage, et transport sous feu (c’est-à-dire sous la pluie picarde).

Mais retenez une chose : le fusil, on peut le changer. La betterave, elle, elle ne te trahit jamais.

Elle pousse ici, elle meurt ici, elle te nourrit ici. C’est la seule arme qui te donne à manger après t’avoir fait chier.  Alors maniez-la avec tact. Toujours avec tact.  Et maintenant… caressez-la. Doucement. Et dites-lui merci. »Dans la nuit picarde, vingt voix murmurèrent en chœur, presque tendres :« Merci, ma betterave. »Et quelque part dans les champs, une betterave sourit dans le noir. 

Fin de la première journée de stage.
Demain :
exercice de nuit avec les betteraves de combat.

 

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6 avril 2026 1 06 /04 /avril /2026 20:37


"Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...."

“Tu ne connais pas le pouvoir du coté obscurs de la Farce.” — Dark Vador

“Un Jedi utilise la Farce pour la connaissance et la défense… jamais pour faire des blagues"-Yoda

 

Discours d’après élections municipales – Perpignan, avril 2026
(À prononcer d’une voix calme, presque lasse, comme si les mots étaient déjà usés avant même d’être dits)

Mes chers Perpignanais, mes chers compatriotes,Parce que les mots ne veulent plus rien dire, je ne vais pas vous en servir de nouveaux.
Je vais simplement vous resservir ceux qui ont déjà servi partout ailleurs, ceux qui ont déjà fait leurs preuves… de vide.Ce soir, nous célébrons une victoire.
Ou une défaite.
Ou peut-être les deux en même temps, car au fond, qui peut encore faire la différence ?

Nous avons choisi ensemble.
Nous avons choisi l’avenir.
Nous avons choisi le progrès, la dynamique, le renouveau, la transition, la cohésion, la résilience, l’excellence et la singularité de notre territoire – tous ces jolis mots qui sonnent bien et qui ne coûtent rien.Perpignan n’est pas une ville comme les autres.
Elle est unique.

Comme toutes les autres villes qui disent exactement la même chose.Devant nous se dessine un futur radieux.
Un futur où nous serons plus forts, plus unis, plus verts, plus numériques, plus inclusifs, plus attractifs, plus sécurisés, plus dynamiques, plus tout ce que vous voulez.

Nous allons faire de Perpignan une ville où il fait bon vivre. C'est dire !
Comme partout.
Où les jeunes resteront.
Comme partout.
Où les anciens seront respectés.
Comme partout.
Où les entreprises viendront s’implanter.

Comme partout.Nous allons investir massivement dans l’éducation, la culture, la mobilité douce, la transition écologique, le sport pour tous, le lien social, la mémoire de notre histoire catalane et l’ouverture à l’Europe et au monde.

Nous allons créer un écosystème innovant, une gouvernance participative, une ville à taille humaine dans un monde à taille démesurée.

Nous allons relever les défis du XXIe siècle avec courage et lucidité.Et si demain quelqu’un vous dit que rien n’a changé, vous lui répondrez que si :
les mots ont changé de bouche, mais ils restent les mêmes.Car les mots ne veulent plus rien dire.
Ils sont devenus des billets de banque usés qu’on se passe de main en main.
On les recycle, on les polit, on les repeint, on les recycle encore.
Et pourtant, ce soir, vous les applaudirez quand même.
Parce que c’est le rituel.
Parce que c’est ce qu’on attend de moi.

Parce que c’est ce qu’on attend de vous.Alors je vous le dis avec toute la sincérité dont je suis encore capable :nous allons continuer.
Ensemble.
Pour Perpignan.
Pour ses quartiers.
Pour ses enfants.
Pour son avenir.Et si un jour vous avez l’impression que tout cela sonne creux…
c’est normal.
 

C’est parce que les mots ne veulent plus rien dire.Mais nous, nous continuons quand même.

Parce qu’il faut bien dire quelque chose.Vive Perpignan.
Vive la République.
Et vive… les mots qui ne veulent plus rien dire, mais qu’on répète quand même.(Applaudissements polis. Rideau.)

 

Agnès Langevine à Mathias Blanc de le rejoindre pour faire l'oignon de la gauche !

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