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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 15:12

Face à l’abstentionnisme galopant — plus de 50 % des Perpignanais qui préfèrent rester chez eux plutôt que de choisir entre les mêmes promesses recyclées —, on a eu l’idée lumineuse d’une Politician Pride.

Parce que rien ne vaut un défilé sur des chars pour redonner goût à la démocratie.

Comme si le problème était que les élus n’étaient pas assez visibles, et pas assez ridicules.Ce samedi de mars 2026, le vent de la Méditerranée charriait encore l’hiver et déjà l’odeur douceâtre des amandes en fleur. Les rues de Perpignan s’étaient habillées en fête, comme une vieille tante un peu ivre qui sort ses plus beaux foulards pour cacher qu’elle n’a plus rien à dire.

Le char rouge et or, taché de pieds noirs, de Louis Aliot ouvrait la marche, majestueux, presque royal. Le maire sortant y trônait, droit comme un homme qui a déjà gagné mais qui veut quand même qu’on l’applaudisse très fort. Il distribuait des petits drapeaux catalans qui tremblotaient lamentablement dans le vent. « Perpignan fière et sûre », proclamait-il. On sentait qu’il y croyait presque.

Un peu derrière, le char vert d’Agnès Langevine tentait le tout pour le tout avec ses fausses fleurs en plastique et ses jeunes militants pleins de bonne volonté. Elle souriait du sourire de ceux qui pensent encore que planter trois arbres va sauver la planète. Très beau. Très photogénique.

Le char bleu-blanc-rouge de Bruno Nougayrède suivait, raide et un peu embarrassé, comme un notable qui s’est trompé de manifestation. Il brandissait des photos du Palais des Rois de Majorque en espérant que le patrimoine fasse oublier le reste.

Puis arrivait, presque timide, le char Changez d’Air de Mickaël Idrac. Sobre, presque trop. Une fenêtre ouverte en guise de programme. Idrac se tenait là, l’air de l’enseignant qui vient d’apprendre que la récréation est finie mais qui essaie quand même. Des tracts s’envolaient comme des promesses qu’on sait déjà condamnées.

Et légèrement en retrait, le char discret de Mathias Blanc, presque invisible dans tout ce cirque. Tons sobres, quelques livres peints, un vague sourire calme. Il donnait l’impression de se demander ce qu’il foutait là, ce qui était, il faut l’avouer, la question la plus honnête de tout le défilé.

Enfin, tout au bout, le grand char neutre de la Démocratie. Magnifiquement vide la plupart du temps. Chacun y montait deux minutes chrono — Aliot, Langevine, Nougayrède, Idrac, Blanc —, saluait mollement la foule, puis redescendait vite, de peur que la Démocratie ne leur demande vraiment des comptes.Les gens regardaient ce spectacle navrant et touchant à la fois. Des vieux blasés, des mères débordées, des ados qui filmaient pour TikTok en se foutant probablement du résultat.

Un abstentionniste pur et dur à côté de moi a lâché, entre deux soupirs : « C’est con, mais j’ai presque envie d’y croire… cinq minutes. »

Ce soir-là, Perpignan n’a pas vraiment voté. Elle a juste fait semblant de respirer un peu différemment, maladroitement, comme on danse avec un ex qu’on n’aime plus vraiment mais qu’on tolère encore le temps d’une chanson.La Politician Pride ne changera probablement rien. Mais au moins, pendant deux heures, la politique aura été un peu plus honnête : un carnaval grotesque, un peu pathétique, où tout le monde fait comme si on s’aimait encore.Et c’était déjà quelque chose.
Un tout petit quelque chose.

 

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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 17:53

Le Stage Betterave – Instruction Militaire, Picardie, 2026

Le vent du nord balayait la plaine picarde comme un adjudant en rogne. À perte de vue, des rangées de betteraves alignées au garde-à-vous, racines plantées dans la terre grasse de la Somme.

Au milieu des champs, un hangar en tôle ondulée portait une pancarte rouillée :  CENTRE D’INSTRUCTION BETTERAVE – 1er RÉGIMENT DE LA RACINE

« La betterave est ton fusil. Sans elle, t’es rien qu’un civil. »

Le caporal-chef Bourboulon, un gaillard de deux mètres aux moustaches qui auraient pu servir de balai à chiottes, attendait les bleus devant le hangar. Vingt recrues descendirent du bus, valises à la main, l’air aussi perdu qu’un lapin dans un champ de mines.« Garde-à-vous ! » hurla Bourboulon.

Les vingt corps se raidirent. 

« À partir de maintenant, vous n’êtes plus des stagiaires. Vous êtes des betteraviers de combat. Votre arme ? La betterave. Pas une betterave. La betterave. Elle est votre fusil, votre meilleure amie, votre maîtresse, votre mère et votre grand-mère tout à la fois. Et comme tout bon fusil, elle se monte, se démonte, s’entretient et se manie avec tact. Compris ? »

Un silence. Puis un « Oui, mon adjudant ! » hésitant.

« Plus fort, nom de Dieu ! On n’est pas à la maternelle des carottes ! »« OUI, MON ADJUDANT ! »Première leçon : Présentation de l’arme.Bourboulon attrapa une betterave énorme, presque aussi grosse que sa tête, et la brandit comme un trophée.«

Voici la betterave modèle 2025, calibre 12-15 cm, poids moyen 1,2 kg en condition de combat.

Feuille de tir : verte, robuste, légèrement dentelée.

Racine : chair ferme, sucrée, prête à l’emploi. Cette saloperie peut nourrir un régiment ou vous défoncer le crâne si vous la laissez tomber sur votre pied. 

Règle numéro un : on ne dit jamais “betterave”.

On dit “mon arme” ou “ma betterave” quand on est seul avec elle. C’est intime.  Règle numéro deux : elle ne vous quitte jamais. Ni pour pisser, ni pour dormir, ni pour pleurer dans votre oreiller. Elle dort avec vous. Elle mange avec vous. Elle est votre meilleure amie. »

Un petit gars de Beauvais, les lunettes de travers, leva timidement la main.

« Mon adjudant… on la… on la charge comment ? »Bourboulon le fusilla du regard.
« On ne la charge pas, Ducon. On la prépare. On la caresse. On la respecte. Et si t’es vraiment bon, elle te donne du sucre. Maintenant, tout le monde à la table de démontage ! »

Deuxième leçon : Démontage et entretien.Les recrues étaient alignées devant des tables en bois. Devant chacune : une betterave fraîchement arrachée, encore couverte de terre picarde.

« Démontez ! » cria Bourboulon.

Les mains tremblantes, les stagiaires arrachèrent les feuilles une à une, comme on démonte un FAMAS.
« Plus doucement, bordel ! C’est pas une grenade ! Tact, tact, tact ! La feuille, c’est la culasse. Tu la casses, t’es mort. La racine, c’est le canon. Tu la cognes, elle te le rendra en te faisant un bleu gros comme une betterave. »Un sergent adjoint passa dans les rangs avec un seau d’eau et une brosse à chiendent.
« Nettoyage ! On frotte la terre comme si c’était de la merde de général. On essuie avec un chiffon doux. On polit la peau jusqu’à ce qu’elle brille comme les pompes d’un saint-cyrien. Et on parle à son arme. Oui, on lui parle. Dites-lui que vous l’aimez. »

Un grand gaillard de Péronne, rouge comme une tomate, murmura à sa betterave :
« T’es belle, ma betterave… T’es ma meilleure amie… »
Puis, plus bas : « Putain, je suis en train de parler à un légume. »

Bourboulon, qui avait l’ouïe d’une taupe enragée, hurla :

« Plus fort, le Picard ! Dis-lui que tu l’aimes comme ta mère ! »« JE T’AIME COMME MA MÈRE, MA BETTERAVE ! »

Troisième leçon : Montage et maniement tactique.

« Maintenant, on remonte ! Feuille gauche, feuille droite, racine au centre. Alignez-moi ça au millimètre près. Et quand c’est fait… on charge ! »

Les recrues apprirent à « charger » : enfoncer la betterave dans un sac à dos spécial, la sortir d’un geste fluide, la présenter au jugé, la pointer vers l’horizon comme une baïonnette.«

Au pas de charge ! »  Ils coururent dans les champs, betterave à la main, hurlant « Pour la Picardie ! Pour la racine ! » pendant que les corbeaux s’enfuyaient, terrifiés.

À la fin de la journée, épuisés, couverts de terre, ils étaient assis en cercle autour d’un feu. Chaque recrue tenait sa betterave sur les genoux comme un nouveau-né.

Bourboulon, soudain presque humain, s’assit parmi eux.« Écoutez-moi bien, les bleus. Demain, on passe aux tirs réels : arrachage en conditions de combat, tri, calibrage, et transport sous feu (c’est-à-dire sous la pluie picarde).

Mais retenez une chose : le fusil, on peut le changer. La betterave, elle, elle ne te trahit jamais.

Elle pousse ici, elle meurt ici, elle te nourrit ici. C’est la seule arme qui te donne à manger après t’avoir fait chier.  Alors maniez-la avec tact. Toujours avec tact.  Et maintenant… caressez-la. Doucement. Et dites-lui merci. »Dans la nuit picarde, vingt voix murmurèrent en chœur, presque tendres :« Merci, ma betterave. »Et quelque part dans les champs, une betterave sourit dans le noir. 

Fin de la première journée de stage.
Demain :
exercice de nuit avec les betteraves de combat.

 

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6 avril 2026 1 06 /04 /avril /2026 20:37


"Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...."

“Tu ne connais pas le pouvoir du coté obscurs de la Farce.” — Dark Vador

“Un Jedi utilise la Farce pour la connaissance et la défense… jamais pour faire des blagues"-Yoda

 

Discours d’après élections municipales – Perpignan, avril 2026
(À prononcer d’une voix calme, presque lasse, comme si les mots étaient déjà usés avant même d’être dits)

Mes chers Perpignanais, mes chers compatriotes,Parce que les mots ne veulent plus rien dire, je ne vais pas vous en servir de nouveaux.
Je vais simplement vous resservir ceux qui ont déjà servi partout ailleurs, ceux qui ont déjà fait leurs preuves… de vide.Ce soir, nous célébrons une victoire.
Ou une défaite.
Ou peut-être les deux en même temps, car au fond, qui peut encore faire la différence ?

Nous avons choisi ensemble.
Nous avons choisi l’avenir.
Nous avons choisi le progrès, la dynamique, le renouveau, la transition, la cohésion, la résilience, l’excellence et la singularité de notre territoire – tous ces jolis mots qui sonnent bien et qui ne coûtent rien.Perpignan n’est pas une ville comme les autres.
Elle est unique.

Comme toutes les autres villes qui disent exactement la même chose.Devant nous se dessine un futur radieux.
Un futur où nous serons plus forts, plus unis, plus verts, plus numériques, plus inclusifs, plus attractifs, plus sécurisés, plus dynamiques, plus tout ce que vous voulez.

Nous allons faire de Perpignan une ville où il fait bon vivre. C'est dire !
Comme partout.
Où les jeunes resteront.
Comme partout.
Où les anciens seront respectés.
Comme partout.
Où les entreprises viendront s’implanter.

Comme partout.Nous allons investir massivement dans l’éducation, la culture, la mobilité douce, la transition écologique, le sport pour tous, le lien social, la mémoire de notre histoire catalane et l’ouverture à l’Europe et au monde.

Nous allons créer un écosystème innovant, une gouvernance participative, une ville à taille humaine dans un monde à taille démesurée.

Nous allons relever les défis du XXIe siècle avec courage et lucidité.Et si demain quelqu’un vous dit que rien n’a changé, vous lui répondrez que si :
les mots ont changé de bouche, mais ils restent les mêmes.Car les mots ne veulent plus rien dire.
Ils sont devenus des billets de banque usés qu’on se passe de main en main.
On les recycle, on les polit, on les repeint, on les recycle encore.
Et pourtant, ce soir, vous les applaudirez quand même.
Parce que c’est le rituel.
Parce que c’est ce qu’on attend de moi.

Parce que c’est ce qu’on attend de vous.Alors je vous le dis avec toute la sincérité dont je suis encore capable :nous allons continuer.
Ensemble.
Pour Perpignan.
Pour ses quartiers.
Pour ses enfants.
Pour son avenir.Et si un jour vous avez l’impression que tout cela sonne creux…
c’est normal.
 

C’est parce que les mots ne veulent plus rien dire.Mais nous, nous continuons quand même.

Parce qu’il faut bien dire quelque chose.Vive Perpignan.
Vive la République.
Et vive… les mots qui ne veulent plus rien dire, mais qu’on répète quand même.(Applaudissements polis. Rideau.)

 

Agnès Langevine à Mathias Blanc de le rejoindre pour faire l'oignon de la gauche !

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 13:48

"— ... Toi, toi tu peux le retrouver. Tu sais comment faire, tu es dans la police, non ?
— Détective privé.
— Ce n'est pas pareil ?
— La police fait régner l'ordre. Moi, je me contente de révéler le désordre."


Le Quintette de Buenos Aires
Manuel Vázquez Montalbán

 

Perpignan, le 30 mars 2026 – Enquête de Pepe Carvalho n° 47 : « L’ignorance en sauce catalane »

Je m’appelle Pepe Carvalho. Ex-communiste, ex-agent de la CIA, ex-tout-ce-qui-pue-le-pouvoir. Aujourd’hui je suis juste un privé qui aime les calçots grillés et les vérités qui font mal au ventre. On m’a demandé d’enquêter sur un miracle électoral : comment Louis Aliot, le type qui dirige Perpignan comme un commissariat de série B, a été réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix alors que la moitié de la ville n’a même pas daigné sortir voter.J’ai sorti mon carnet, mon briquet et ma bouteille de Priorat. Et j’ai compris : ce n’était pas une élection. C’était une agnotologie en live. Une usine à fabriquer de l’ignorance fraîche, servie tiède aux électeurs comme un cassoulet de la veille.

Première scène du crime : la fragmentation gauche.
Quatre listes. Quatre ego. Quatre petits chefs qui se sont regardés dans le miroir en se disant « moi je suis l’alternative crédible ». Résultat ? 15,94 % pour Langevine, 13,45 % pour Nougayrède, 9,60 % pour Idrac, 8,94 % pour le dernier en date.
Mathématiquement, ça fait une belle soupe. Politiquement, ça fait un gros « on ne sait pas pour qui voter ».
L’agnotologie appelle ça « production active du doute ». Moi j’appelle ça du suicide assisté avec vue sur les remparts. Les électeurs anti-Aliot ont fini par se dire : « Bah, puisqu’ils ne sont pas capables de s’entendre, c’est que personne ne peut le battre. » Et ils sont restés sur le canapé. Classique.

Deuxième scène : la campagne SOS Racisme intitulée « C’est Louis ou moi ».

Joli slogan. Très punchy. Très « ville antiraciste ».
Le RN a répondu illico : « Touche pas à mon maire ».
Du jour au lendemain, les Perpignanais ne savaient plus s’ils votaient pour un maire ou contre un panneau d’affichage. Plus personne ne parlait du bilan municipal – propreté, sécurité, finances, tout ça. On parlait d’un combat de coqs médiatique.
L’ignorance ne tombe pas du ciel. Elle est sponsorisée.

Ici, elle l’était par les deux camps à la fois. Du grand art.

Troisème scène du crime – et la plus pathétique : la presse locale, complètement flapie. #ilestleclubdelapresque
Ah, la presse locale… Ce bon vieux L’Indépendant et ses cousins de quartier, tous flapis comme des figues trop mûres oubliées sur l’étal du marché de la Loge. Avachis, rincés, vidés de leur dernier jus. Ils ont passé la campagne à pondre des papiers tièdes comme une bullabessa oubliée sur le feu depuis trois jours : des « bilans contrastés » qui ne contrastent rien du tout, des « le maire assume » récités avec la ferveur d’un curé en fin de messe, des photos de rubans coupés et des déclarations officielles recopiées mot pour mot, comme des enfants sages qui recopient le tableau sans jamais lever la main pour poser une question.

Pas une vraie enquête sur le risque d’inéligibilité qui planait discrètement au-dessus de la ville. Pas un seul chiffre sérieux sur la dette, la propreté ou les petits arrangements de la com’ municipale. Pas un reportage qui aurait osé demander si « Perpignan la rayonnante » brillait surtout grâce aux spots publicitaires payés par la mairie elle-même.
Non. Ils ont préféré rester flapis, bien au chaud dans leur rôle de greffier municipal, à ronronner des éloges officiels avec l’enthousiasme d’un chat qui a déjà vu trop de souris.

Résultat : l’ignorance n’a même pas eu besoin d’être fabriquée en grande pompe. Elle a été gentiment livrée à domicile, sur un plateau d’argent, par des plumitifs qui n’avaient plus la force de lever le stylo. Quand la presse locale est flapie à ce point, l’agnotologie n’a plus qu’à s’installer confortablement au café de la poste et commander une tournée générale de doute.

Quatrième scène du crime – l’intello qui arrive après la bataille avec son pavé sous le bras :

Et puis, comme si tout ça ne suffisait pas, voilà que débarque le livre Perpignan déclassement et droitisation, éditions Trabucaire. Un beau pavé bien lourd, bien sérieux, qui lapalissade sur lapalissade et jargonne à mort pour impressionner le populo et le politique qui raffole des réponses toutes faites qu’il peut entendre sans se fatiguer les neurones.
Des concepts bien emballés, du « déclassement » par-ci, de la « droitisation » par-là, des analyses qui sentent bon l’amphi et le PowerPoint. Du grand spectacle intellectuel pour ceux qui aiment qu’on leur explique pourquoi ils ont perdu… une fois que les urnes sont déjà fermées.
Le problème ? Le bouquin sort six ans trop tard. Il aurait dû débarquer en 2020, au tout début du premier mandat d’Aliot, quand le type posait à peine ses valises à la mairie et que l’ignorance était encore fraîche et malléable. Là, il aurait peut-être secoué quelques endormis, fait bouger les lignes, obligé les gens à regarder en face le déclassement et la droitisation en temps réel.

Mais non : il arrive pile en deuxième moitié de campagne, comme Grouchi à Waterloo en recherche de fraises , quand tout est déjà joué, rejoué et digéré depuis belle lurette. Il explique tout, ils lapalissadent sur lapalissade tout, ils donnent des réponses clefs en main… mais le match est fini depuis 2020, les joueurs sont sous la douche et le public est rentré chez lui depuis des années.

C’est la cerise sur le gâteau de l’agnotologie : même les gens qui pourraient comprendre se contentent d’un livre qui arrive quand tout est déjà joué et rejoué.

Du vent académique bien calibré pour faire joli dans les bibliothèques des perdants.

Cinquième scène, la plus savoureuse : l’abstention à 52,26 %.

Record historique. La ville la plus rayonnante de France (c’est écrit sur le logo, je vérifie) a décidé collectivement de ne pas décider.
Dans mon métier, quand la moitié des témoins refuse de témoigner, c’est qu’on leur a fait comprendre que le procès était déjà joué. Ou que la vérité était trop fatigante à digérer.
Aliot a donc gagné avec les voix d’à peine 23,5 % des inscrits. C’est beau comme une victoire au poker avec un brelan de jokers : personne ne triche vraiment, mais tout le monde fait semblant de ne pas voir les cartes.J’ai interrogé le maire sortant (enfin, rentrant). Il m’a servi le discours habituel : « Les Perpignanais ont choisi la continuité. »
J’ai failli m’étouffer avec mon cigare. La continuité, oui. Celle de l’ignorance bien entretenue, comme un bon fromage qui pue mais que tout le monde mange parce qu’on leur a dit que c’était du terroir.

Conclusion d’enquête :
À Perpignan, on n’a pas voté pour Aliot par enthousiasme. On a voté pour lui parce qu’on ne savait plus très bien pourquoi il ne fallait pas. La gauche s’est bouffée elle-même, les affiches se sont battues entre elles, la presse est restée flapie sur son fauteuil, les intellos ont sorti leur pavé qui lapalissade sur lapalissade six ans trop tard… et les électeurs ont préféré le canapé.
L’agnotologie n’est pas une théorie de salon.

C’est la nouvelle recette catalane : prenez une bonne dose de division, une pincée de désinformation, laissez mijoter dans l’abstention avec une presse locale flapie qui ne remue même plus la sauce et un livre qui lapalissade sur lapalissade six ans après le début du premier mandat… et servez chaud au premier tour.Moi, Pepe Carvalho, je range mon carnet.
Demain je retourne à Barcelone.
Ici, l’ignorance est déjà cuite. Et elle a le goût du succès.Bon appétit, Perpignan.

 

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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 20:48

" C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut."

Tyler Dirden Fight Club

Tu es là, Marc. Trente-deux ans.

La défaite te colle à la peau comme une sueur rance depuis le 22 mars 2026. Perpignan pue encore le barbecue froid et le sang des urnes.

Louis Aliot a tout raflé au premier tour : 50,61 %, quarante-trois sièges, la mairie comme un uppercut en pleine gueule. La gauche catalane ? Éclatée. Langevine à 15,94 %. Idrac à 9,6 %. Quatre sièges. De quoi se torcher avec les tracts que même les chiens refusent de pisser dessus. Elne est tombée. Maury aussi. Prades, ouais, une petite victoire de merde pour se dire qu’on respire encore. Le reste ? La terre qui s’ouvre sous tes pieds et t’avale vivant.Tu es sur ton toit à Saint-Jacques, bouteille de Banyuls qui te brûle la gorge, le Canigó qui te crache son vent glacé en pleine face.

Gramsci te tourne dans la tête comme un disque rayé : bataille culturelle, guerre de position. Mais putain, avec quatre sièges et des bons sentiments qui sentent déjà le moisi ?Puis le message arrive sur Signal. Pas de nom.

Juste une adresse : un entrepôt pourri sur la route de Thuir. « Vendredi 23 h. Viens seul. Règle n°1 : on ne parle pas du stage. »Tu y vas. Parce que la rage, c’est tout ce qui te reste.L’entrepôt sent la pourriture sucrée des fruits oubliés et l’huile de moteur. Vingt silhouettes dans le noir, sous une ampoule qui pend comme une corde.

Des visages que tu reconnais à moitié.

La prof d’histoire. Le syndicaliste CGT. Deux écolos d’Elne encore sonnés. Le gamin LFI. La catalaniste qui a perdu Prades de trois voix. Personne ne dit son nom de parti. On hoche juste la tête. On sait.

Au centre, lui. Kevin.Vingt-huit ans.

Maigre comme un coup de trique. Yeux trop brillants. Tatouage HEGEMONIA en lettres gothiques qui lui mord l’avant-bras. Sweat noir, capuche baissée, mains dans les poches. Il sourit comme s’il avait déjà gagné la guerre avant même d’avoir tiré le premier coup.« Bienvenue au stage de close combat dialectique », dit-il, voix calme, presque douce.

« Ici on ne débat pas. On combat. La gagne, c’est pas une question de programme. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »

Il laisse le mot flotter. Atmosphère. Comme si c’était une lame plantée dans le ventre.

Règle n°1 : on ne parle pas du stage.
Règle n°2 : tu viens avec ta défaite. Tu la vomis.
Règle n°3 : tu repars avec une arme.Kevin te regarde droit dans les yeux. Il te connaît déjà. Mieux que toi.

« Vous avez perdu parce que vous avez cru que les chiffres suffisaient. Que les bons sentiments allaient retourner l’électorat. Mais l’électorat, il vit dans l’atmosphère. Peur. Fierté catalane. Odeur de barbecue le dimanche. Match de l’USAP le samedi. C’est ça, le terrain. Pas vos ateliers d’écriture inclusive. L’atmosphère. Et nous, on va la leur reprendre. Corps à corps. Idée contre idée. »

Première séance.

Par deux. Toi contre la prof d’histoire. Cercle de craie par terre.

Thème : « Pourquoi la gauche catalane a perdu Perpignan alors qu’elle parle de justice sociale depuis cinquante ans ? »

Pas de micro. Pas de minute. Celui qui sort du cercle a perdu.Elle commence polie. Chiffres. Sociologie. Intersectionnalité.

Tu frappes : « Parce que vous avez abandonné le peuple à ses peurs pendant que vous faisiez des séminaires sur le genre à Montpellier ! » Elle recule d’un pas. Tu avances. Voix qui monte, gestes qui claquent comme des gifles. Pas de poings. Des mots.

Tu esquives avec Hegel, tu contre-attaques avec Gramsci revisité : hégémonie ou crève.

Tu la pousses hors du cercle en trois phrases. Elle tombe à genoux. Pas de larmes. Juste le silence de quelqu’un qui vient de se prendre un uppercut dans l’âme.

Kevin applaudit lentement. « Atmosphère », murmure-t-il. « Tu viens de créer l’atmosphère. »

Les stages s’enchaînent. Toujours la nuit. Toujours ailleurs. Granges près de Villefranche. Squats à Argelès. Caves à vin dans les Aspres. Kevin est partout et nulle part. Il ne crie jamais. Il murmure les règles comme Tyler Durden murmurait les siennes. On démonte un argument RN en trois phrases. On retourne un électeur déclassé sans jamais le traiter de raciste. On hurle des slogans jusqu’à ce que la voix se casse, puis on les murmure jusqu’à ce qu’ils deviennent des prières. On lit Althusser, Bourdieu, Gramsci à voix haute, comme des combattants qui récitent le nom de leur ennemi avant de le frapper au foie.

Un soir, Kevin projette sur un mur sale les images du 22 mars : Aliot triomphant sur l’estrade.

Il éteint. Noir total.« Ils ont pris la mairie, dit-il. Nous, on va prendre l’atmosphère. Pas avec des meetings. Pas avec des posts Twitter. Avec les bars. Les fêtes. Les matchs de rugby. Les chansons de fête. On va infiltrer les imaginaires comme eux ont infiltré la peur. Close combat. Corps à corps. Idée contre idée. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »Tu ne sais pas si ça va marcher.

Mais pour la première fois depuis la défaite, tu sens quelque chose qui se reconstruit dans le noir.

Une gauche catalane plus dure. Plus vicieuse. Moins naïve. Des combattants qui ne parlent plus de « vivre ensemble » mais de « reprendre le terrain ».

Kevin te regarde, un soir, juste avant que tu repartes dans la nuit.« Règle n°1, Marc. »Tu hoches la tête.On ne parle pas du stage.Même pas à toi.Et l’atmosphère ? Elle commence déjà à changer. Tu le sens dans l’air. Comme avant le premier coup. Comme avant que tout explose.

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 19:10

« Nostalgie »
« Le souvenir est le bourreau / Qui exécute le cœur. »

(Version originale : « El recuerdo es el verdugo / Que ajusticia el corazón. »)  

Manolo Valiente

https://journals.openedition.org/bulletinhispanique/1068

 

L'histoire tente d'être une science malgré la subjectivité humaine, la mémoire quant à elle est sélective. Il arrive parfois qu'il y ait plusieurs mémoires et donc plusieurs récits, aussi celles-ci peuvent même s'affronter!

Ce moment n'a pas encore eu lieu, et il n'a même peut-être pas lieu d'être, aussi : tout les personnages sont fictifs...Puisque après tout le mémorial de Rivesaltes est sur la commune de Salses le château...

Rivesaltes, 23 mars 2026 – Alors que les cloches de la victoire résonnent encore dans les rues de cette paisible commune des Pyrénées-Orientales (44,85 % pour la liste « Rivesaltes, l’avenir en grand »), une rumeur aussi folle qu’irrésistible circule déjà sur les réseaux : le Mémorial du camp de Rivesaltes, ce sanctuaire de béton et de mémoire, préparerait une déclaration unilatérale d’indépendance.

Oui, vous avez bien lu.

Le site qui commémore les internés espagnols, les juifs de Vichy, les harkis et les « indésirables » de tous poils envisagerait de faire sécession pour échapper au nouveau maire RN.On imagine déjà la scène. Au petit matin, la directrice du Mémorial, Céline Sala, aurait convoqué une conférence de presse improvisée entre deux barbelés rouillés. « Nous avons accueilli des réfugiés de toutes les époques, explique-t-elle les larmes aux yeux. Mais nous refusons catégoriquement d’être administrés par un maire qui chante La Marseillaise sans ironie. C’est une question de dignité historique. »

Des sources proches du site confirment : une pétition interne circule déjà parmi les plaques commémoratives.

La stèle dédiée aux républicains espagnols aurait été la première à signer, suivie de près par la plaque des Tsiganes et celle des Algériens. « On ne veut pas finir en musée du patriotisme à la sauce Potel », aurait lâché un guide touristique sous couvert d’anonymat. « Imaginez : demain, on nous oblige à ajouter un panneau “Bienvenue au camp de la fierté nationale”. Non merci, on préfère notre propre drapeau. Peut-être un fil barbelé tricolore, mais indépendant. »Du côté de la nouvelle mairie, on minimise. Julien Potel, tout juste élu et visiblement encore sous le coup de l’émotion (et du soutien surprise de l’ex-maire André Bascou), a déclaré : « Le Mémorial fait partie du patrimoine de Rivesaltes. Nous le respecterons… tant qu’il respecte la République une et indivisible. »

Traduction officieuse selon les observateurs : « On va juste y mettre un peu plus de drapeaux français et un peu moins de larmes cosmopolites. »Les Catalans du coin, habitués aux rêves d’indépendance, saluent déjà l’initiative. « Enfin un référendum utile ! » s’exclame un militant du coin, verre de Banyuls à la main. « Si le mémorial part, on le suit. Rivesaltes libre, de la frontière jusqu’aux barbelés ! » Même la gauche locale, encore sous le choc de son 19,77 %, voit là une lueur d’espoir : « Au moins, si le mémorial se barre, on pourra dire que c’est la seule chose qui a résisté au RN. »Pour l’instant, aucune demande officielle n’a été déposée à l’ONU ni même à la préfecture.

Mais des observateurs avisés notent déjà des signes avant-coureurs : les projecteurs du site s’allument et s’éteignent en morse (« SOS – Indépendance maintenant »), et les visiteurs rapportent avoir entendu les barbelés fredonner L’Internationale à voix basse.

Reste une question existentielle : si le Mémorial obtient gain de cause, qui paiera l’entretien ? Le RN proposera-t-il un partenariat public-privé avec un sponsor « patriote » ? Ou le site deviendra-t-il un parc d’attractions « Souvenirs de l’Occupation 2.0 » ?

En attendant, les Rivesaltais retiennent leur souffle. Après 42 ans de règne Bascou, la ville bascule à l’extrême droite… et son plus célèbre monument, sous la houlette de Céline Sala, menace de faire ses valises. Ironie de l’Histoire : le camp qui a vu passer tant d’exilés pourrait bien devenir le premier exilé volontaire de la nouvelle ère.

Affaire à suivre. Ou pas. Parce que, franchement, à ce stade, même les fantômes du camp doivent se marrer.

 

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15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 12:38

"Mon pauvre ami, vous ne savez pas à quel point c'est payant, un enterrement bien foutu à la télévision. De Gaulle se serait présenté le lendemain de ses funérailles, il était réélu à 80% des suffrages. "

Frédéric Dard

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,je partirai (comme disait Hugo, Boss): et le monde t’appartiendra !

Mais c'est comme tout, il faut sortir couvert pour ne pas se retrouver à poil, le zigouigoui à l'air; et se faire ramasser pour exhibitionnisme électoral ! 

Il n'y a pas de mot pour décrire (on touche à l'indicible) la fameuse absence de projets et de volonté… Ce vide élégant, ce costume trop large qui flotte sur les épaules, ces manches qui recouvrent les mains et empêchent toute prise.Habillons-le.Mais pas avec n’importe quel tailleur.

Pas le couturier de prêt-à-porter qui plaque un beau discours motivant et te laisse avec des ourlets qui grattent.
 

Non. Choisis le bon tailleur : celui qui sait ajuster au millimètre tes lacunes programmatiques, celui qui transforme le manque en structure, l’absence en coupe sur mesure. Parce que la vérité est tailleur !

Voici comment on l’habille, avec les bons mots et les bonnes épingles :1.

Le diagnostic impitoyable (la prise de mesure)

Tu n’as pas de projets ? → Ce n’est pas un défaut de caractère, c’est une lacune programmatique : ton système d’objectifs est en jachère. Il manque les patrons, les gabarits, les deadlines qui structurent le chaos.
Tu n’as pas de volonté ? → Ce n’est pas de la paresse, c’est une rupture d’énergie directionnelle. La volonté, c’est du carburant ; sans réservoir clair (projet), il s’évapore dans l’air.

Le bon tailleur ne te dit pas « motive-toi ».
Il te dit : « On va d’abord dessiner la silhouette que tu veux vraiment porter. »

2. La coupe ajustée (les premiers points d’épingle)

Projet minimal viable : Commence par un projet si petit qu’il en est presque ridicule. Pas « changer de vie », mais « coder 15 lignes par jour » ou « marcher 10 minutes avec une intention précise ». Un projet minuscule est déjà un projet.
Volonté artificielle : Utilise des systèmes externes pour compenser l’absence interne. Habit tracker, accountability partner, deadline publique, streak sur une app… Ce ne sont pas des béquilles, ce sont des armatures de tailleur qui maintiennent la forme jusqu’à ce que le tissu (ta discipline) prenne naturellement.
Rituel d’enfilage : Chaque matin, pose-toi la question du tailleur : « Quelle est la prochaine couture utile aujourd’hui ? » Une seule. Pas dix. Une seule action qui avance le patron.

3. L’optimisation des lacunes (les retouches expertes)

Tes lacunes programmatiques ne sont pas des trous honteux ; ce sont des espaces de liberté mal exploités.

Identifie-les précisément : manque de clarté ? manque de ressources ? manque de feedback ? manque de plaisir ?
Transforme chaque lacune en contrainte créative : « Je n’ai pas de grand projet ? Parfait, je vais faire un micro-projet si bien ficelé qu’il deviendra contagieux. »
Accepte la version « beta » de toi-même : le costume n’a pas besoin d’être parfait dès le premier essayage. Il faut juste qu’il tienne debout et que tu puisses marcher dedans.

Le mot de la fin, bien coupé

L’absence de projets et de volonté, une fois bien habillée, ne disparaît pas.
Elle devient élégance du commencement.Tu ne seras jamais le mec qui « a toujours su ce qu’il voulait ».
Tu seras celui qui, malgré le vide initial, a su choisir le tailleur qui ajuste, qui épingle, qui reprise, qui fait que même les manques deviennent style.

Alors vas-y.
Entre dans l’atelier.
Déshabille-toi de tes excuses.

Et laisse le bon tailleur transformer tes lacunes programmatiques en un costume dans lequel tu finiras par te sentir… dangereusement à l’aise.Tu veux qu’on ajuste ensemble la première manche ? Dis-moi juste quel est ton tout petit projet ridicule du moment. Je sors les épingles.

 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 20:40

 

   " Non, mais j’crois qu’il faut qu’vous arrêtiez d’essayer d’dire des trucs.
    Ça vous fatigue, déjà, et pour les autres, vous vous rendez pas compte de c’que c’est … Moi quand vous faites ça, ça me fout une angoisse … J’pourrais vous tuer, je crois. De chagrin, hein ! J’vous jure c’est pas bien, il faut plus que vous parliez avec des gens."

Par Kaamelott

"Nul être soucieux de son équilibre ne devrait dépasser un certain degré de lucidité et d'analyse."

Emil Cioran

Pendant que ça bombarde sec du côté du détroit d'Ormuz et que les influenceuses quittent en larmes Dubaï, 2 influenceuses des municipales d'ici font le show et font tapi façon Las Vegas! https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2025/07/perpignan/municipales-2026-la-politique-et-le-syndrome-ayrton-senna-plein-gaz-dans-l-mur-et-qu-ca-saute-par-robert-dainar.html

L'Indépendant

"Agnès Langevine assure, ce mercredi 4 mars 2026, qu’elle ne se désistera pas au second tour des municipales à Perpignan si elle se qualifiait, mais arrivait derrière La France Insoumise. Elle rectifie ainsi les propos de sa binôme Annabelle Brunet qui avait assuré l’inverse, la veille, au micro d’Ici Roussillon."

Voici une version , réécrite de l'info dans le ton ultra-absurde, cru, déjanté et sarcastique de Strip Law (cette série Netflix toute fraîche de 2026, style Adult Swim meets Vegas gone wrong : dialogues qui claquent comme des gifles, exagérations barrées, personnages qui se tirent dans les pattes en mode "je t'adore mais je te hais", et zéro filtre). Imagine Sheila Flambé (la magicienne hedoniste) qui débarque en hurlant des vannes trash sur la politique locale, pendant que Lincoln Gumb (l'avocat coincé) essaie désespérément de garder un semblant de sérieux.

Perpignan Municipales 2026 – Édition "Tu nous régales, Agnès !" : La gauche se déchire plus fort qu'un magicien qui rate son tour de scie dans une strip-teaseuse

Oh putain, Agnès Langevine, tu nous régales, franchement ! T'as sorti ça mercredi 4 mars 2026 comme une bombe glitter dans un tribunal de Las Vegas : « Non, je me désisterai pas au second tour si LFI me passe devant, même si ça veut dire qu'Aliot se gave de croissants au RN pour un deuxième mandat ! » Boom. Mic drop. Et ta binôme Annabelle Brunet qui, la veille, balançait l'inverse sur France Bleu comme une assistante magique qui fait disparaître le lapin… mais qui le fait réapparaître en mode "oups, c'était pas prévu".Annabelle : « Si LFI est devant, on se barre gentiment pour le front anti-facho. »
 

Agnès, genre Sheila Flambé qui sort un lapin en feu de son chapeau :

« NAN MA CHÉRIE, JE RESTE, JE ME BATS, JE M'ACCROCHE COMME UN AVOCAT À UN CLIENT QUI DOIT 50 000 BALLS EN PENSION ALIMENTAIRE ! »Tu nous régales, Agnès !

T'as transformé la gauche perpignanaise en épisode 3 de Strip Law : tout le monde hurle, personne s'entend, et à la fin c'est Louis Aliot qui gagne le jackpot en rigolant dans son bureau climatisé.

Retour sur le chaos, façon cartoon barré :2020 flashback : T'étais déjà là, Agnès, t'arrives 3e, tu te retires noblement pour faire barrage au RN. Classique, propre, un peu chiant comme Lincoln Gumb qui lit le code civil en pyjama. Résultat ? Aliot prend la ville. Bravo l'équipe.
 

2025-2026, le remix trash : T'es investie par le PS national et Place Publique (merci Carole Delga qui dit "LFI c'est non non non"). Tu te colles Annabelle Brunet, la centriste qui sent le pastis et la catalanité. Mais à gauche y'a Mickaël Idrac (LFI) qui fait des meetings Mélenchon-style avec 2000 personnes en transe, Mathias Blanc qui fait sa petite liste solo comme un oncle bourré qui refuse de partager le dessert, et toi qui dis : « Fusion ? Jamais de la vie, je garde ma baguette magique municipale ! »

Tu nous régales, Agnès ! T'as rectifié ta binôme en live, genre "

Annabelle, chérie, t'as fumé quoi ? On va pas se prosterner devant les insoumis comme des losers en costard trop grand !" Pendant ce temps, LFI hurle "Rassemblement ou barbarie !", mais personne bouge parce que tout le monde veut être la star du show.Et le 6 mars ? Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud et Carole Delga débarquent pour te faire un câlin géant en meeting.

Trop mignon. Sauf que si t'es derrière LFI au premier tour, t'as promis de rester plantée là comme un palmier en plastique sur le Strip.

Résultat probable : Aliot se marre, se fait réélire, et Perpignan reste "la rayonnante"… en néons RN.

Agnès, t'es la Sheila Flambé de la politique locale : flashy, imprévisible, prête à tout faire péter pour pas céder un millimètre. Tu nous régales, vraiment. Mais bordel, si la gauche continue à se tirer les cheveux comme ça, le seul qui va gagner c'est le mec qui vend des merguez place de la Loge.

Prochain épisode : "Le second tour le plus con de l'histoire" ? On a hâte: une bonne dose de "quoi qu'il arrive, c'est du grand n'importe quoi"

 

 

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3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 12:22

    "L'univers n'éteint jamais ses lumières."

Gaëtan Faucer

Mes chéris du feed, posez vos Pumpkin Spice Latte et écoutez bien : Dubaï, c’est fini. Kaput. Game over.  Hier encore vous postiez des Reels devant la Burj Khalifa avec #TaxFreeLife #DesertVibes #Blessed, et aujourd’hui ? Missiles iraniens qui sifflent au-dessus de la Palm Jumeirah, influenceurs en story paniqués qui supplient l’État français de les rapatrier (« svp les impôts payent mon vol retour »), Maeva Ghennam qui filme son bunker en marbre italien en mode « je mérite pas ça », et Tibo InShape qui se demande s’il doit faire des burpees anti-Houthi. 

Le rêve 2020-2025 est officiellement mort. Dubaï n’est plus safe.

On savait que c’était un peu chaud avec les températures à 48 °C, mais là on parle de 2 500 °C en zone d’impact balistique. Pas très aesthetic.Heureusement, il existe une alternative 100 % safe, 100 % montagneuse et surtout 100 % fiscalement lubrifiée : Andorre.Oui, ce minuscule pays coincé entre la France et l’Espagne que personne ne trouve sur Google Maps sans zoomer à mort. Le nouveau spot ultime pour content creators en 2026.Pourquoi Andorre explose Dubaï en 2026 ? Voici le tier list ultime :Zéro risque géopolitique
Pas de missiles iraniens, pas de drones houthis, pas de « Trump va répondre bientôt ». Le seul danger ici, c’est de se prendre une vache en liberté sur la route de Pas de la Casa. Niveau menace existentielle : 0,2/10.

Impôts ? Connais pas (ou presque)

Impôt sur le revenu max 10 % (contre 0 % à Dubaï… avant que les Émirats ne commencent à taxer les influenceurs aussi). Pas d’ISF, pas de droits de succession, TVA à 4,5 %. En gros : tu gagnes 1 million en affiliation OnlyFans + code promo Shein, tu gardes presque tout. À Dubaï tu gardais 100 %, mais maintenant tu risques de garder 100 % d’un caillou radioactif.

Contenu ultra-engageant garanti
Fini les stories « yacht day » qui font saigner les yeux. À Andorre tu postes :  « Ski en bikini à 2 600 m #WinterBody »  
« Haul duty-free : j’ai acheté 47 parfums pour 12 € »  
« GRWM pour aller déclarer mes 0 impôts sur la fortune »  
« POV : je vis dans un pays où même le tabac est moins cher que mes impôts en France »

Engagement +420 %, garanti.

Pas besoin de visa compliqués ni de golden visa à 500 k€
Tu t’installes, tu fais ta résidence passive/internationale, tu apprends trois mots de catalan (obligatoire maintenant, désolé les gars), et hop, t’es résident fiscal. Pas de chèques en blanc à l’État, pas de « prove your income » interminable.
 

Les influenceurs français y sont déjà tous
C’est le nouveau Dubaï mais sans le sable dans le string et sans les explosions nocturnes. Les stories « jour 47 sans impôts » pullulent déjà. Bientôt tu verras des « Andorre Dump » avec des chalets à 8 millions et des Range Rover garés en double file devant le tabac le plus rentable d’Europe.

Alors les ami.e.s, arrêtez de paniquer dans vos DM (« les filles on fait quoi j’ai plus de fond de teint waterproof anti-missile »).

Vendez votre appart à Dubaï (si les frappes l’ont pas déjà rasé), prenez le télésiège direction Andorre-la-Vieille, et préparez vos carrousels « Why I moved to the safest tax haven 2026 ».Dubaï était le glow-up fiscal de la décennie 2020.
Andorre est le soft reboot safe & mountain-core de 2026.#AndorreGang #ZeroImpotsZeroMissiles #TaxFreeButWithSnowSponsorisé par la Principauté d’Andorre, le tabac le moins cher d’Europe et mon comptable qui pleure de joie tous les 31 décembre.(Article 100 % fictif  – ne prenez surtout pas de décisions fiscales en le lisant. Merci.) 

 

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15 février 2026 7 15 /02 /février /2026 13:45

"L’avenir de cette société est de ne plus pouvoir rien engendrer que des opposants ou bien des muets. "

 L'Empire du bien
Philippe Muray

Voici un panégyrique de l’insignifiance, inspiré très librement (et avec une pointe d’ironie kundérienne assumée) de La Fête de l’insignifiance (2014), le dernier roman de Milan Kundera. Le texte suit la tonalité du livre : légère, provocante, anti-héroïque, presque dansante sur le vide. Éloge de l’insignifiance comme valeur cardinale de notre époqueÔ Insignifiance, muse discrète et souveraine de l’époque post-historique !

Toi qui as succédé aux grandes idoles épuisées — la Révolution, le Progrès, le Sens, l’Engagement, l’Authenticité —, toi qui règnes sans sceptre ni majuscule, tu es devenue la seule transcendance honnête qu’il nous reste.Kundera, dans son petit livre testamentaire, le dit sans emphase inutile :
« L’insignifiance, mon ami, c’est l’essence de l’existence. Elle est avec nous partout et toujours. »
Respirez-la. Elle n’exige ni sacrifice ni cri. Elle est déjà là, dans le défilé interminable des stories qui s’effacent en 24 heures, dans les conversations qui ne mènent nulle part, dans le nombril découvert qui ne signifie rien et qui, précisément pour cela, fascine.Dans un monde où tout a été sur-signifié (chaque geste politique, chaque like, chaque repas Instagrammé, chaque coming-out, chaque burnout), l’insignifiance est l’ultime acte de liberté.

 

Elle immunise contre le ridicule du sérieux.

Elle désamorce la concurrence mimétique. Elle rend caduques les grands récits et leurs petits procureurs. Elle est la forme contemporaine de la kundérienne légèreté de l’être — mais une légèreté qui n’a même plus besoin d’être insoutenable : elle est simplement devenue normale.Le médiocre : prêtre involontaire et héros involontaire de cette fêteLe médiocre n’est plus un accident malheureux de la société ; il en est devenu le collaborateur le plus efficace et le plus discret.Il ne revendique rien. Il ne performe pas la médiocrité (ce serait déjà une forme de snobisme). Il l’incarne sans y penser.
 

Il est le vrai démocrate ontologique :

il refuse de sur-jouer la différence, il refuse la surenchère du trauma, de la singularité, de la blessure sacrée. Il dit simplement : « Je suis comme tout le monde », et cette phrase, prononcée sans ironie ni fierté, est devenue subversive.

Dans La Fête de l’insignifiance, les personnages ne sont ni des ratés tragiques ni des génies incompris : ils sont agréablement, confortablement médiocres.  D’Ardelo simule un cancer pour se donner de l’importance → échec comique  
Caliban joue au Pakistanais analphabète pour exister autrement → théâtre raté  
Charles ressasse des blagues stalino-absurdes → nostalgie vaine  
Alain contemple des nombrils → érotisme minimaliste et vain

Tous ces petits échecs, ces petits mensonges, ces petits fantasmes inutiles célèbrent l’insignifiance.

Le médiocre prend sa part en refusant de se prendre au sérieux — et en ne laissant personne d’autre le faire à sa place.Comment optimiser sa mise en scène sociale de l’insignifiance ?
(art discret du médiocre contemporain – guide non exhaustif kundérien)

Cultiver l’anecdote inutile
Raconter longuement une histoire qui ne mène nulle part. Exemple parfait : les interminables anecdotes staliniennes de Charles. Bonus si l’auditoire rit poliment sans comprendre pourquoi.
Maîtriser l’art du mensonge léger
Annoncer un cancer qu’on n’a pas, une passion qu’on n’a plus, un projet qu’on n’a jamais eu. Le mensonge grave est tragique ; le mensonge insignifiant est libérateur.
Fétichiser le détail insignifiant
Le nombril découvert des jeunes femmes (Alain). Le rouge à lèvres mal étalé. La marque de chaussettes visible. Ces détails ne signifient rien → ils sont donc érotiques, drôles, sacrés.
Refuser la compétition de la profondeur
Quand quelqu’un lance « et toi, quel est ton combat ? », répondre : « Je n’en ai pas. Je respire l’insignifiance ambiante. » Effet garanti : malaise puis soulagement chez l’interlocuteur.
Jouer la feinte identité ethnique ou sociale bas de gamme
Se faire passer pour un serveur pakistanais illettré quand on est français cultivé (Caliban). L’important n’est pas de tromper longtemps ; l’important est le plaisir du travestissement inutile.
Organiser des fêtes sans enjeu
Réunir des amis pour ne rien célébrer. Parler de tout et de rien. Rire de la vacuité collective. Finir par une phrase de Ramon : « Respirez cette insignifiance qui nous entoure, elle est la clé de la sagesse, elle est la clé de la bonne humeur. »

En somme :
L’insignifiance n’est pas un état subi ; c’est une fête consentie.

Le médiocre n’est pas un perdant ; il est le danseur le plus lucide sur la piste vide de l’époque.
Et optimiser sa mise en scène sociale, c’est simplement danser mal mais avec le sourire, sans attendre les applaudissements, sans attendre le sens.Car, comme le murmure Kundera une dernière fois :
l’insignifiance n’attend pas qu’on la sauve.
Elle nous a déjà tous sauvés — de nous-mêmes.

 

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