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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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14 juin 2026 7 14 /06 /juin /2026 19:36

Perpignan incarne les défis des centres-villes français : concurrence des zones périphériques, évolution des habitudes de consommation, essor du e-commerce, vacance commerciale et problèmes d’image.

La rue des Augustins est devenue, avec ses rideaux de fer baissés, l’image emblématique de cette « dévitalisation » dans de nombreux reportages nationaux.

Un passé commerçant glorieux

Au Moyen Âge et à l’époque moderne, Perpignan est une cité marchande dynamique. La rue des Augustins, liée à l’ancien couvent, devient une artère structurante du centre historique. Dans les années 1970, elle connaît son âge d’or : souvent qualifiée de « Champs-Élysées » de Perpignan, elle concentre boutiques de mode, maroquinerie, cafés et commerces de proximité, animant le cœur battant du shopping local.Le déclin s’amorce dans les années 1980-1990 avec l’essor des grandes surfaces périphériques (parkings gratuits, horaires étendus), puis s’accélère avec l’e-commerce. La rue accumule les locaux vacants et souffre d’une image dégradée.

La reconquête municipale et l’émergence d’une tentative de nouvelle dynamique

À partir de la fin des années 2010 et surtout sous la mandature de Louis Aliot, la ville acquiert de nombreux locaux vacants, réalise des travaux d’embellissement (granit rose, trottoirs élargis, ambiance piétonne) et lance des Appels à Manifestation d’Intérêt (AMI) pour sélectionner des commerçants qualitatifs (artisanat, métiers d’art, brocante, producteurs locaux, concept stores). Les loyers attractifs (environ 7,5 €/m²) facilitent les installations.

L’Association des commerçants « Les Augustins Poilus » marque un tournant décisif.

Créée fin 2025, elle réunit les commerçants de la rue des Augustins, de la rue Neuve, de la place des Poilus, de la rue Paratilla et de la rue de la Fusterie. Cette union vise à poursuivre le dynamisme du secteur, organiser des animations collectives et renforcer l’attractivité du quartier.

Parmi les événements récents portés par l’association :Le vide-dressing à ciel ouvert (première édition fin mars 2026), qui a transformé la rue et la place en un grand marché aux bonnes affaires.
« Vends ton Art » (première édition en mai 2026), un événement créatif qui a rassemblé une cinquantaine d’artistes et d’exposants. Il offre une vitrine aux talents amateurs ou confirmés pour vendre leurs créations directement dans la rue, renforçant l’image artistique et vivante du quartier.

Ces initiatives montrent une volonté forte de fédérer et d’animer le secteur.

Par ailleurs, le livre « The Good Life in Perpignan » de Michel H. Pirmez met en lumière plus de 100 commerçants et expériences perpignanaises à travers portraits et récits.

Il contribue à valoriser le commerce local et à changer le regard sur le centre-ville, en présentant une vision positive et humaine de ces acteurs du quotidien.

Une évolution visible en 2025-2026

Oui (mais on partait de loin), la dynamique est réelle, même si elle reste progressive :

Une quinzaine (voire une vingtaine) de nouvelles boutiques se sont installées depuis 2025, avec d’autres prévues en 2026.
Exemples : La Ferme des Augustins (producteurs locaux), L’Upcycleur (vintage), bijouteries, brocantes, Duplex, etc.
Aménagements terminés et événements (fête des commerçants en juin 2025, vide-dressing, « Vends ton Art »…) attirent curieux et clients.

Les commerçants et l’association expriment un optimisme prudent :

la journée est plus animée, mais la fidélisation demande du temps. La mairie et les acteurs locaux misent sur une identité renouvelée, mêlant authenticité, création et convivialité.

Un enjeu plus large pour Perpignan

La rue des Augustins n’est pas isolée. Le centre-ville doit relever les défis de l’accessibilité, de la mixité des usages (commerce, habitat, culture, tourisme) et de la concurrence périphérique. La stratégie (acquisitions, sélection des enseignes, animation via l’association) s’inscrit dans les politiques nationales de reconquête des centres-villes.

Conclusion : La rue des Augustins n’est plus seulement le symbole de la faillite des centres-villes. Grâce aux efforts municipaux, à l’engagement des nouveaux commerçants, à l’Association Les Augustins Poilus, aux événements comme « Vends ton Art » et à des initiatives valorisantes comme le livre de Michel Pirmez, elle incarne aujourd’hui une tentative concrète de renaissance. Le pari n’est pas encore totalement gagné, mais la dynamique est lancée. Avec persévérance, Perpignan pourrait devenir un exemple inspirant pour d’autres villes moyennes françaises. Le café du torréfacteur continue de couler… et avec lui, l’espoir d’un centre-ville vivant et attractif.

 

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9 juin 2026 2 09 /06 /juin /2026 07:54

Dans un contexte géopolitique tendu marqué par la crise du détroit d’Ormuz depuis février-mars 2026, Brice Sannac, hôtelier-restaurateur catalan et dirigeant syndical engagé, continue d’alerter sur les impacts concrets pour le secteur de l’hôtellerie-restauration et du tourisme français. Cette deuxième partie enrichit l’analyse avec les éléments récents issus de son intervention en direct et des évolutions du secteur. 

 

Qui est Brice Sannac ?

Brice Sannac est un hôtelier de 5e génération sur la Côte Vermeille (Pyrénées-Orientales). Il dirige l’hôtel Les Elmes à Banyuls-sur-Mer et a développé un 4 étoiles à Collioure. Président de l’UMIH 66 depuis 2021 (réélu à l’unanimité), co-président de l’UMIH Occitanie depuis mai 2025 (avec Michel Santos), et vice-président national de la branche Hôtellerie, il s’est positionné en mars 2026 comme candidat à la présidence confédérale de l’UMIH pour les élections d’automne 2026. Il prône une approche collective, au service des métiers et des territoires, loin des clans. 

Son engagement porte sur la concurrence déloyale (meublés touristiques), la transition numérique, le recrutement, le logement des saisonniers et la compétitivité face à l’Espagne.

La crise d’Ormuz et ses répercussions sur le tourismeLa fermeture (ou forte perturbation) du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour ~20 % du pétrole et une part majeure du GNL mondial, a provoqué une flambée des prix de l’énergie depuis le printemps 2026. Plus de 80 % des professionnels de l’hôtellerie-restauration déclarent un impact négatif selon une enquête UMIH : hausse des coûts (énergie, transport, approvisionnements), recul des réservations et baisse de fréquentation. 

Lors de son direct pour L’Archipel contre-attaque au Grand Café de la Bourse, Brice Sannac a analysé :

La saison précédente : Une dynamique inégale dans les Pyrénées-Orientales, avec un bon juin suivi d’un juillet plus difficile, marqué par des coûts élevés et une concurrence accrue.
La saison à venir : Vigilance forte malgré des week-ends prolongés. La hausse des prix de l’énergie pèse sur la logistique, les charges d’exploitation et le pouvoir d’achat des clients (transports, carburant). 

Solutions territoriales : Rendre le territoire plus désirable via une meilleure communication, des investissements (au-delà des « acquis » des 20 dernières années), la gestion de l’eau (charte « Économisons l’eau ») et la diversification.

La crise énergétique amplifie des difficultés structurelles : inflation des charges, pénurie de main-d’œuvre (20 000 offres non pourvues nationalement), et besoin de transition écologique (audits énergétiques, partenariats comme avec Mews pour la performance hôtelière ou Alliance des Énergies). 

 

Le projet de grand parc de Louis Aliot : atout ou mirage pour le tourisme ?

Dans le même échange, Brice Sannac a évoqué le projet de parc à thème autour du cinéma et des jeux vidéo porté par Louis Aliot (maire de Perpignan) et l’entrepreneur Bruno Granja au Mas Bresson.

Ambition : des centaines de millions d’euros d’investissement privé, création d’emplois (jusqu’à 2 000 annoncés) et attractivité renforcée pour le territoire. 

Points positifs soulignés :Diversification de l’offre touristique (au-delà du littoral et du patrimoine).
Impact sur l’emploi local et l’arrière-pays.
Synergie potentielle avec l’hôtellerie-restauration.

Réserves et réalité : Le projet, plusieurs fois retoqué, peine à se concrétiser depuis une quinzaine d’années. Après l’abandon du « Puy du Fou catalan », il reste en phase de concertation publique. Son impact réel sur le tourisme dépendra de sa concrétisation sans recours excessifs à l’argent public. Brice Sannac et les professionnels attendent des retombées concrètes et rapides pour soutenir la saison. 

Perspectives et position de l’UMIH

Brice Sannac insiste sur l’ambition collective : plus de soutien des pouvoirs publics, simplification administrative, maîtrise des coûts énergétiques et attractivité renforcée. L’UMIH alerte régulièrement sur les défaillances d’entreprises (23 par jour dans le secteur) et plaide pour une navigation moins « à vue » dans les budgets. 

La saison touristique 2026-2027 survivra-t-elle ?

Elle s’annonce résiliente grâce à l’ancrage territorial des professionnels catalans et à des adaptations (numérisation, écologie, diversification), mais sous réserve d’une stabilisation géopolitique et énergétique rapide. Les voix comme celle de Brice Sannac, "ancrées dans le terrain", sont essentielles pour porter ces enjeux au niveau national.

L’hôtellerie-restauration française, pilier économique et culturel, démontre une fois de plus sa capacité d’adaptation. Reste à transformer les crises en leviers de modernisation. 

 

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7 juin 2026 7 07 /06 /juin /2026 19:39

« Nous concevons… la mixité non pas comme une juxtaposition de Sœurs et de Frères
mais bien par une complémentarité librement recherchée,
permettant à chacun d’exprimer les différentes composantes de l’humanité et de l’être lui-même. »


Félix Natali
Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France.
18 décembre 2025

https://www.glmf.fr/

Le Vent du Canigó

C’était un après-midi de mai 2026, lumineux et vibrant. Perpignan s’étendait paresseusement sous un soleil catalan généreux. J’avais laissé derrière moi le centre animé de la ville et roulé vers l’écart, jusqu’aux Jardins Saint-Jacques, ce vaste espace de verdure, de vergers et de silence où le temps semble ralentir. Au milieu des arbres et des champs encore chauds, se dressait une maison isolée, discrète, aux volets entrouverts : une  presque vieille bâtisse catalane aux murs épais, parfaite pour garder les secrets.

C’est là, dans cette demeure à l’écart, que j’ai retrouvé Félix Natali, juste avant la tenue blanche.Il était arrivé dans la lumière vive de l’après-midi, veste bleu chinoise "Tang".

Né à Ajaccio en juillet 1975, ce Corse d’une cinquantaine d’années portait sur lui cette sérénité tranquille des hommes qui connaissent le poids des vents contraires. Marié, père de deux enfants, conseiller en gestion de patrimoine, il avait derrière lui une maîtrise en Droit des affaires d’Aix-en-Provence et un troisième cycle à l’ISC Paris. Il avait navigué dans les eaux des grandes banques — Société Générale, Banque Transatlantique, Banque Privée — avant qu’un autre appel, plus profond, ne le guide.Initié en 2008, il avait gravi les degrés avec cette patience insulaire. En juin 2024, à Lille, les frères et sœurs l’avaient élu Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France avec 77 % des voix. Le troisième Corse à diriger l’obédience après Jean-Pierre Orsoni et François Padovani.

Autour de nous, la maison respirait calmement. Par les fenêtres ouvertes entrait le parfum des arbres et de la garrigue.

Félix Natali parlait d’une voix posée, presque basse, comme on confie une carte avant le départ.

« La GLMF est née en décembre 1982, me dit-il. Deux cent cinquante maçons et maçonnes avaient quitté la Grande Loge Mixte Universelle. Avec le soutien du Grand Orient de France, une nouvelle route s’ouvrait : libre, mixte, vivante. »Quarante-quatre ans plus tard, l’obédience comptait plus de 5 000 membres, répartis dans près de 200 à 266 loges. Une égalité rare y régnait : 50,3 % de sœurs pour 49,7 % de frères. Fédérale par nature, chaque loge restait une association loi 1901 indépendante. Multi-rite — Rite Français, Rite Écossais Ancien et Accepté, Rite Rectifié, Memphis-Misraïm, Émulation… — elle offrait à chacun la liberté de tracer son propre sillage. https://www.glmf.fr/

Liberté absolue de conscience. Laïcité intransigeante. Humanisme de combat.

Félix Natali voyageait sans relâche : de la Corse à la Réunion, de la Guadeloupe jusqu’à ces Jardins Saint-Jacques. Il allait à la rencontre des loges, ouvrait de nouvelles colonnes, écoutait. Il incarnait une franc-maçonnerie moderne, engagée dans la cité, fidèle à la République et à ses valeurs : égalité, fraternité, solidarité. https://www.glmf.fr/

Dehors, le soleil descendait lentement vers le Canigó.

L’heure de la tenue blanche approchait — cette rencontre ouverte où la lumière maçonnique se partage avec le monde profane, sans tablier ni décorum excessif, dans la seule clarté des idées.Il sourit dans la lumière dorée qui entrait par la fenêtre.« Nous ne cherchons pas la lumière comme un trésor caché. Nous cherchons simplement à la partager, mieux et ensemble. »

Le vent du Canigó fit frémir les feuilles du jardin.

Quelque part dans la maison, L'hote de la maison se préparait... Et le Grand Maître, tel un voyageur entre deux mondes, se leva pour rejoindre ses frères et sœurs.Car les plus belles aventures ne se jouent pas toujours sur les océans lointains. Parfois, elles commencent dans une maison discrète des Jardins Saint-Jacques, un après-midi ordinaire, juste avant qu’une tenue blanche n’ouvre ses portes à la lumière.

Interview vidéo suit

 

 

 

 

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4 juin 2026 4 04 /06 /juin /2026 00:09

"La marchandisation des humains, la recherche de plus-values monétaire autour du commerce de tout objet ou être inspirant quelque désir, assorties d’une levée des protections, différenciations, interdictions d’origines nationales, sont transversales aux formes les plus diverses d’économies souterraines "

 La mondialisation criminelle
Alain Tarrius

Il est des hommes qui traversent leur époque comme d’autres traversent les continents : sans jamais s’arrêter tout à fait, portés par une curiosité plus forte que la mort.

Alain Tarrius fut de ceux-là. Le 30 mai 2026, à Prades, dans cette terre catalane où le vent descend des Pyrénées comme une mémoire vive, il s’en est allé, à l’âge de quatre-vingt-deux ans.

Avec lui disparaît l’un des plus grands explorateurs des mobilités humaines de notre temps.

Professeur émérite de l’Université Toulouse Jean Jaurès, il ne fut pas seulement sociologue : il fut le chroniqueur épique des circulations invisibles qui refont le monde.

Né le 29 septembre 1943, Alain Tarrius appartenait à cette race de penseurs qui refusent les certitudes tranquilles. Il choisit très tôt le terrain contre la tour d’ivoire, l’enquête contre le dogme, le mouvement contre la fixité. Après une thèse soutenue en 1973, il arpenta sans relâche les marges des villes, les frontières poreuses, les routes de nuit où se jouent les vraies recompositions du siècle.

Marseille-Belsunce, Perpignan, les Balkans, les circuits euro-méditerranéens : partout où les hommes bougent, commercent, souffrent et inventent, il fut présent, le regard aigu, la pensée libre.

Sa grandeur tient dans l’invention de quelques notions qui sont aujourd’hui des clefs pour comprendre notre temps : territoires circulatoires, mondialisation par le bas, transmigrants.

Là où d’autres ne voyaient que flux, problèmes, statistiques, il discernait des destins, des aventures collectives, des formes neuves de société en train de naître dans l’ombre des États. Il a rendu leur noblesse tragique aux « fourmis d’Europe », à ces anonymes qui tissent, par leurs allers-retours incessants, une autre carte du monde.

Son œuvre, dense et ardente, compte une vingtaine d’ouvrages parmi lesquels :

Anthropologie du mouvement (1989)  
Les Fourmis d’Europe (1992)  
Arabes de France dans l’économie mondiale souterraine (avec Lamia Missaoui)  
La Mondialisation par le bas  
Des transmigrants en France (2012)  
Trafics de femmes  
Perpignan, laboratoire social et urbain (avec Jean-Paul Alduy, 2018)

Il y avait chez lui une lucidité sans illusion et une humanité sans mièvrerie. Il regardait les zones grises de l’Europe sans complaisance ni condamnation morale facile : il y cherchait l’humain en acte.

Alain Tarrius a également trouvé l'Archipel contre attaque un compagnon de route précieux. Ensemble, entre 2016 et 2022, par des entretiens et des conférences mémorables – dont la fameuse « réplique au Collège de France » donnée à Perpignan  "à Cents mètres du centre du monde"–, ils ont confronté la rigueur du savant à la curiosité du journaliste.

Caudeville, à travers L’Archipel contre-attaque, a permis à la pensée de Tarrius de franchir les cercles académiques pour atteindre des esprits plus larges, toujours autour de cette question obsédante : comment les hommes refont-ils le monde quand les puissants croient le dominer ? Comme dans cette tribune coécrite en soutient à la Catalogne son indépendance https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2017/10/independance-de-la-catalogne-franquiste-ghost-to-hollywood-relax-par-alain-tarrius-et-nicolas-caudeville.html

Aujourd’hui que le sociologue a rejoint le grand mouvement dont il fut le témoin et le chantre, ses concepts demeurent vivants, plus nécessaires que jamais.

Dans un siècle qui prétend arrêter les flux tout en les accélérant, sa voix nous rappelle que l’homme est d’abord mouvement, circulation, rencontre risquée avec l’Autre.

Obsèques : Lundi 8 juin 2026 à 14h30 en l’Église Saint-Pierre de Prades.

Alain Tarrius, vous avez traversé votre temps comme vos transmigrants traversent les frontières : sans jamais vous fixer, toujours attentif à la dignité secrète des passages. Votre œuvre ne s’arrêtera pas. Elle continuera de circuler, obstinément, parmi les vivants. Ainsi vont les grands esprits : ils meurent, et leur regard devient encore plus vaste.

Notre dernière interview chez lui à Prades

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29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 15:38

"La philosophie n'est là que pour faire rire les soubrettes !"

“De ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence.”

Ludwig Wittgenstein

Le combat Pépère / Super Mémère !

Au commencement du festival "Nostra Mar", il y a la volonté de mettre en scène le bien contre le mal. Pour un peu, ce serait un combat biblique où Moïse en guise d'ouvrir les eaux, pour que le peuple élu puisse fuir le RN de l'époque, les égyptiens n'ouvrirait pas la mer rouge, mais ce planterait face à eux, comme Gandalf, en disant "vous ne passerez pas !" Enfin, il le dirait en espagnol, en rajoutant en italien, (ceux qui mangent des pattes, pas le canon français) : "suomo tutti antifascisti" et pas "suomo tutti antipasti", puisque ce n'est pas l'heure de l'apéro !

Mais le camp du bien n'est pas assez fort et c'est Louis Aliot qui triomphe comme la "peste" d'alors, le Covid 19 (en 2020 étonnamment) .

Là son ministre à la culture André Bonet, en rage, qu'on invoque la Méditerranée sans qu'on lui demande son avis, vu qu'il est le créateur du CML (centre méditerranéen de littérature) semble s'écrier : "La méditerranée, c'est moi !"

Agnès Langevine et le cardinal Lebourg laissant entendre que la Méditerranée c'était au contraire : "Leur nostra mar à eux" .

À l'époque l'Archipel contre attaque avait tenté de se poser à sa manière pataude et brutale en roi Salomon et autres autres arbitres de paix en répondant dans un article intitulé "Mairie de Perpignan / SOS Racisme: si la Méditerranée était un cadavre, ils en seraient les vers!" : "La terre appartient à ceux qui la travaillent. Ainsi la légitimité de la mer Méditerranée, n'appartient qu'aux marins qui la parcourent et à ceux qui s'y noient! Les méditerranéens de bords de mer, n'ont qu'à rester dans leur bac à sable à ne sabrer que le champagne..."

André Bonet annonça qu'il avait eu une vision d'un festival pour répondre et concurrencer "Nostra Mar" : ainsi fut créer "Le printemps de la liberté d'expression"!

Mais comme l'un étant l'écho de l'autre, ce fut "Le printemps de notre liberté d'expression" qui jouta contre leur" Nostra Mar" et tous ceux qui pensaient comme eux, et avaient bien raison, étaient invitaient à se rendre au pèlerinage .

Fin, du premier mandat de Louis Aliot nouvelle élection : et voilà le symbole des heures sombre triomphe derechef, qui plus est au premier tour avec plus de 50% d'électeurs ! Et puis président de l'agglo...

Que dire de ceux qui ne se coalisèrent pas pour combattre le mâle commun: manque de préparation, de foi :seul Dieu le sait, mais il reste impénétrable...

Bien-sûr, il y eu plus de 50% d’abstention. Mais les candidats ont fait semblant de faire campagne, alors certains électeurs n'ont pas fait semblant d'aller voter ! 

Le théâtre de la campagne contemporaine, ne vaut pas une terrine, pas plus qu'une pâtisserie de Ragueneau .

Mais le combat du bien contre le mal continue, chacun des participants étant du bon coté de l'histoire et vouant l'autre à ses poubelles...

En attendant, la plupart des habitants, lorsqu'ils savent,la coexistence des dits festivals, et surtout lorsqu'ils en ont connaissance,  s'en moquent comme d'une guigne, n'en recevant aucune part de marché...

Et qu'ils savent depuis longtemps que l'eau ça mouille ! Et qu'il n'y a toujours pas d'argent public pour l'essentiel...  

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25 mai 2026 1 25 /05 /mai /2026 08:48

Pascale Oriot était en direct pour l'Archipel contre attaque Au Cochon Hardi pour parler d'Astrolyte : Festival Astrolyre : le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève les 20 et 21 juin 2026 

Les 20 et 21 juin 2026, la commune de Saint-Estève (Pyrénées-Orientales), en terre catalane, accueillera un événement inédit : le Festival Astrolyre, présenté comme le tout premier festival d’astrologie en France. Sous le slogan évocateur « Quand l’Astro joue les stars », cette manifestation originale mêle astrologie, art, éveil personnel et animations festives pour une immersion unique entre ciel et terre. 

Une initiative de Pascale Oriot

Derrière ce projet ambitieux se trouve Pascale Oriot, romancière, journaliste, parolière et astrologue passionnée, bien connue dans le Pays Catalan. Native de Perpignan et ayant grandi en Cerdagne, elle allie depuis longtemps écriture et astrologie. Auteure de plusieurs romans (notamment La Vierge était Noire ou Cent treize vies + une), elle enseigne l’astrologie et anime régulièrement des conférences sur des thèmes comme le transgénérationnel. Son métissage catalano-guadeloupéen nourrit son approche créative et humaine des astres. 

Organisé par l’Association Astrologie et Eveil de Soi, le festival se veut un OVNI dans le paysage culturel français : un espace où l’astrologie n’est pas seulement consultative, mais vécue comme une expérience artistique et introspective. 

Au programme : art, éveil et festivitésLe Festival Astrolyre proposera une programmation riche et variée sur deux jours à l’Espace Saint-Mamet :Conférences et partages : Des voyages « extra-ordinaires » autour de l’astrologie, avec des intervenants passionnés. L’occasion d’explorer les mystères du zodiaque, les liens transgénérationnels ou l’impact des astres sur notre vie personnelle. 

Expositions interstellaires : Rencontres avec des artistes dont les œuvres dialoguent avec l’univers astrologique.
Animations interactives : « L’Astro au bout des doigts », tatouages éphémères, lectures, « De livres en l’ivre », vision céleste, et bien d’autres surprises.
Intermèdes artistiques : Musique, chants, chorégraphies et lectures poétiques.
Tombola et espace de restauration/buvette pour une ambiance conviviale.
L’événement s’adresse autant aux curieux qu’aux passionnés, dans un esprit immersif et inspirant. 

Concours créatifs et récompenses

Deux concours viendront mettre en valeur la créativité des participants :Un concours d’art amateurs (« Fais-moi un Signe ») avec présélection. Les créateurs peuvent remporter l’un des trois prix du festival, dont 250 € à gagner. 
Un concours de Cosplay thématique.
Ces compétitions récompensent l’originalité et l’interprétation personnelle des signes astrologiques ou de l’univers astral.Informations pratiques

Dates : 20 et 21 juin 2026 (de 10h à 22h)
Lieu : Espace Saint-Mamet, Saint-Estève (66)
Tarif : Entrée gratuite pour tous
Site officiel : www.festival-astrolyre.com
Réseaux : Instagram @festivalastrolyre – Facebook Astrolyre

Ce festival s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des approches holistiques et artistiques de la connaissance de soi. En plein solstice d’été, période symboliquement chargée en astrologie (début du Cancer, lien avec les racines et l’émotion), il promet de belles rencontres sous les étoiles catalanes.Que vous soyez néophyte curieux de découvrir l’astrologie ou pratiquant confirmé, le Festival Astrolyre offre une expérience originale et accessible. Notez déjà la date : les astres semblent alignés pour un rendez-vous inoubliable !

Pour plus d’informations et rester informé du programme détaillé, consultez le site officiel ou les pages de l’organisatrice. À vos agendas !

 

Le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève ! interview Pascale Oriot par Nicolas Caudeville
Le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève ! interview Pascale Oriot par Nicolas Caudeville
Le premier festival d’astrologie en France débarque à Saint-Estève ! interview Pascale Oriot par Nicolas Caudeville
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23 mai 2026 6 23 /05 /mai /2026 14:56

   " La liberté, c'est l'enfant de la classe ouvrière, née sur un grabat de misère, et de mine chétive encore, mais qui porte en soi une incomparable vitalité secrète et dont le regard de flamme appelle la liberté d'un monde nouveau."

Jean Jaurès Discours à la Chambre des députés, 4 décembre 1905 

    "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait ! "

 Mark Twain

Il y a des moments où l’Histoire, fatiguée d’être écrite par les puissants, se laisse dicter par ceux d’en bas. À Cabestany, devant les murs blancs et froids de la Clinique Médipôle Saint-Roch, ce moment est arrivé.Pendant près d’un mois, les soignants – aides-soignantes, infirmiers, agents de service, personnels administratifs, et finalement les médecins eux-mêmes – ont tenu tête à l’une des machines les plus efficaces du capitalisme sanitaire français : le groupe Elsan.

Ils ont dit non à la logique qui transforme le soin en marchandise, le soignant en variable d’ajustement, et le patient en chiffre de rentabilité.Et ils ont gagné.

Une grève historique

Depuis le 24 avril 2026, la Clinique Médipôle vivait au rythme d’une grève reconductible d’une rare détermination. CGT et CFDT en tête, mais bien au-delà des étiquettes syndicales : une véritable mobilisation collective. Jusqu’à 60 % des salariés en grève, des piquets de nuit, des actions visibles, une Assemblée Générale après l’autre. Ce qui devait être une négociation de routine s’est transformé en bras de fer existentiel.

La direction, arc-boutée sur ses marges et ses objectifs financiers, a tenté la fermeture temporaire, les menaces, les réquisitions.

En vain. Le 21 mai, les médecins eux-mêmes ont suspendu leurs activités pour raisons de sécurité. Geste rarissime qui a paralysé totalement l’établissement. Quand même les blouses blanches, souvent plus prudentes, rejoignent le mouvement, c’est que la coupe est pleine.

La valeur d’ajustement s’est révoltée.Victoire des soignants

Lundi 25 mai, devant la clinique, l’Assemblée Générale a scellé l’issue du combat. Après vérification par l’expert-comptable et d’ultimes échanges avec la direction, le CSE a donné son accord de principe sur trois points essentiels :

le contrat d’intéressement, la clôture des NAO 2026 et le protocole de fin de conflit.

La grève s’est officiellement terminée le mardi 26 mai à 5 heures du matin.Ce n’est pas une simple reprise du travail. C’est une victoire.Victoire arrachée de haute lutte par des femmes et des hommes qui, jour après jour, portent la souffrance des autres sur leurs épaules tout en voyant leurs propres conditions se dégrader. Victoire contre la logique Elsan qui consiste à pressurer toujours plus les salariés pour satisfaire actionnaires et indicateurs boursiers.

Victoire symbolique surtout : celle du "care" contre la finance.

Cette mobilisation d’un mois restera dans les mémoires locales comme l’une des plus belles pages de lutte sociale récente dans les Pyrénées-Orientales. Elle fait écho à la grève victorieuse de la Clinique Saint-Pierre de Perpignan, quelques jours plus tôt.

Deux établissements Elsan, deux victoires. Le signal est clair.Le sens profond

Quand les soignants se mettent en grève, ce n’est jamais seulement pour une prime ou une revalorisation. C’est pour rappeler une évidence obscène qu’on tente d’oublier : on ne soigne pas comme on produit des yaourts ou des pièces automobiles.

Derrière les revendications salariales, il y avait la dignité du travail, le refus d’être réduit à une charge qu’on optimise, la volonté de dire que le soin a un coût humain que le capital ne veut plus payer.La révolte de la « variable d’ajustement » est toujours la plus juste. Parce qu’elle vient de ceux qui font tourner la machine, de ceux sans qui il n’y a tout simplement plus de clinique, plus d’hôpital, plus de soin.

À Cabestany, cette semaine, les soignants ont rappelé une vérité ancienne et pourtant toujours révolutionnaire : quand le peuple du soin se lève, le système tremble.

Et parfois, il plie.Vive la lutte des travailleurs de la santé.
Vive la victoire de Médipôle Cabestany.— Article rédigé en hommage à ceux qui ont tenu le piquet pendant trente jours.

 

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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 13:08

La Revue du vin de France : "Quand, où et pourquoi avez-vous créé le mouvement Slow Food ?
Carlo Petrini : J’ai créé le Slow Food le 9 décembre 1989 à Paris, près de l’Opéra Comique, à 150 mètres de la maison qui fut celle de Brillat-Savarin, l’auteur de Physiologie du goût, tout près de l’actuel bistrot d’Alain Ducasse, Aux Lyonnais. Cette année-là, la France fêtait le 200e anniversaire de la Révolution française, qui fut aussi une vraie révolution de la restauration. La restauration bourgeoise naquit en effet lors de cette période, remplaçant le court-bouillon des tavernes. En 1800, Paris comptait 120 restaurants, la plupart près du Palais-Royal. Quand fut publiée Physiologie du goût en 1825, il y en avait 2 000 ! Ce fut une révolution enthousiasmante, similaire au développement d’Internet aujourd’hui. Tous les codes étaient bouleversés."

Carlo Pétrini https://www.larvf.com/,vins-carlo-petrini-slow-food-alain-ducasse-malbouffe-fastfood-italie-turin,2001118,4245405.asp

Addio, Carlo.

Lentement.Je venais de faire griller une côte de porc noir de chez un éleveur des Albéres que je respecte encore, avec un peu d’ail, de romarin et ce silence respectueux que mérite une viande qui a vécu dignement. J’ai ouvert une bouteille de Rancio sec d'Alain Pottier, et c’est là que la nouvelle est tombée : Carlo Petrini s’était envolé.

Comme ça. Sans tambour ni trompette, lui qui avait passé sa vie à dire qu’il fallait prendre le temps.Putain de monde.Je me suis assis, j’ai regardé le verre. Le vin avait cette robe sombre, presque noire, avec des reflets de brique ancienne. J’ai pensé à lui. À ce gros ours barbu qui parlait de nourriture comme d’autres parlent de révolution.Parce que pour lui, c’était la même chose.

Carlo n’était pas un gentil utopiste à salade.

C’était un homme qui avait compris très tôt que le capitalisme avait trouvé le moyen le plus pervers de nous baiser : en nous faisant bouffer de la merde vite fait. McDonald’s sur la Piazza di Spagna, c’était pas juste un fast-food pour lui. C’était l’étendard de la barbarie moderne. Alors il a inventé Slow Food. L’escargot contre le burger. La lenteur contre l’urgence. Le plaisir contre la consommation.J’ai toujours aimé ça chez lui. Il ne faisait pas de morale de curé. Il disait : mangez bien, mangez juste, et vous emmerderez déjà pas mal de gens au passage.

Je l’avais croisé plusieurs fois.

La dernière, c’était au Forum Gastronomic de Girona en 2015. Nicolas Caudeville l’interviewait. Moi, je fumais un cigare un peu plus loin en écoutant. Il parlait comme il mangeait : avec appétit, avec mémoire, avec une colère sourde mais joyeuse. Il disait que la grande cuisine devait arrêter de se regarder le nombril et commencer à regarder les champs, les paysans, les semences.

Qu’un chef qui sert une langoustine à 85 euros pendant que le pêcheur crève, c’est pas un artiste, c’est un complice.

Plus tard, j’avais assisté à son débat dans L’Archipel Contre Attaque avec Régis Marcon et Jean Lhéritier. Ça chauffait. Marcon, avec son élégance de montagne, et Lhéritier, droit dans ses bottes. Carlo les poussait dans leurs retranchements, pas pour les humilier, mais pour les obliger à aller plus loin, disant à propos des chefs « Vous êtes des artisans d’exception, leur disait-il, mais si vous ne défendez pas le système qui produit vos matières premières, vous finirez par servir des fantômes dans des assiettes vides. »

Ils s’écoutaient. Parce que Petrini, on l’écoutait. Pas par politesse. Parce qu’il avait cette rareté aujourd’hui : l’autorité morale sans l’aigreur.

Moi qui ai passé ma vie à fréquenter les cuisines et les cadavres, je peux te le dire : il y a peu d’hommes qui ont compris que la gastronomie était un acte politique. Carlo en faisait partie. Il défendait une nourriture saine, propre et juste, comme il disait.

Trois mots simples qui font trembler tous les industriels de la malbouffe.

J’ai toujours gardé, quelque part dans mes affaires, ce petit escargot doré qu’il m’avait filé un jour en riant. « Pepe, m’avait-il dit, toi qui marches vite quand tu poursuis les salauds, apprends au moins à manger lentement. »Ce soir, j’ai mangé lentement.J’ai levé mon verre vers Bra, vers le ciel piémontais.Addio Carlo.Et vole lentement, vieux frère.

Là où tu es maintenant, j’espère qu’ils servent du vin qui a du temps dans les jambes, des pâtes al dente et des conversations qui durent jusqu’à l’aube.

Quant à nous… on continue. L’escargot avance encore. Lentement. Mais sûrement.Et merde à ceux qui ont encore faim de vitesse.

 

 

Président / Fondateur slowfood Carlo Petrini forum gastronomique ITW Nicolas Caudeville à l'invitation de Pep Palau et Jean Lhéritier, le président et créateur de slow food international Carlo Petrini est venu au forum gastronomique rencontrer dans le cadre d'une conférence intitulé "L'alliance des chefs" le chef trois étoile Régis Marcon: il nous a gentiment accordé une interview

1 Conférence Forum Gastronomique Girona Carlo petrini,Régis Marcon, Jean Lhéritier 13:30-14:30 Carlo Petrini, Régis Marcon (President Slow Food - Restaurant Régis & Jacques Marcon) L'aliança dels xefs / La alianza de los chefs / The Chefs' Alliance Presenta: Jean Lheritier - Auditori / Auditorio/ Auditorium

2Conférence Forum Gastronomique Girona Carlo petrini,Régis Marcon, Jean Lhéritier 13:30-14:30 Carlo Petrini, Régis Marcon (President Slow Food - Restaurant Régis & Jacques Marcon) L'aliança dels xefs / La alianza de los chefs / The Chefs' Alliance Presenta: Jean Lheritier - Auditori / Auditorio/ Auditorium

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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 12:49

De plus en plus de rapt de bancs font qu'ils disparaissent de l'espace urbain et particulièrement du centre ville ou alors il y a une concentration comme la place au-dessus de la place Rigaud . Mais la place Rigaud ne possède pas de bancs (et encore moins de tables) et sont obligés de s'assoir en terrasses des commerçants en payant des consommations. 

Alors bien qu'ils aient cour dans le triangle situé entre le Campus Mailly , la place Rigaud (où est située la bibliothèque de droit) et la place République (théâtre municipal qui tient désormais lieu d'amphithéâtre ) point de lieu d'urbanité comme des bancs publics ou des tables qui leur permettraient d'étudier au grand air et de profiter l’environnement urbain: résultat, ils ne font que passer!

On peut dire que la ville manque à sa mission publique et ceux depuis Jean-Marc Pujol l'ancien maire. Alors on brandit que le mobilier urbain est un point de fixation de la "canaille" , SDF ou dealer . Lorsqu'on ne sait pas gérer un problème, on le supprime pas en le réglant, mais en éliminant les supports qui en sont le prétexte...

Pas de bancs, mais des voitures, puisque la nature a horreur du vide ! 

Là où il n'y a rien, il y aura bientôt quelque-chose. Ce fut d'abord les voitures de la police municipale qui se garèrent devant le commissariat. Mais bien que le commissariat ait disparu, les voitures de la police municipales s'y gare encore par habitude. Puis petit à petit, les voitures et les camions de livraison, de travaux, de personnes privées : bref ça se rempli en détourant l'objectif d'une place. Tout ça par manque de savoir-gérer.  Alors, il n'est point la peine de faire des discours sur des ouverte de parcs modernes et rayonnants, lorsqu'on est pas foutu de gérer le normal...

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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 19:41

   " La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert."

André Malraux

Dans l’arrière-salle chaleureuse du Cochon Hardi, à Perpignan, lieu devenu familier des débats locaux, Michel Pinell était l’invité de Nicolas Caudeville pour une émission en direct de L’Archipel contre-attaque. Loin des plateaux formatés et des promotions convenues, l’entretien a permis de présenter Dialogues avec Jean, ouvrage auto-produit consacré au peintre Jean Capdeville (1917-2011), tout en élargissant la réflexion sur l’état de la culture dans les Pyrénées-Orientales et en Occitanie.

Ce cadre modeste, autour de la charcuterie catalane et des vins du terroir, offrait un contraste saisissant avec la profondeur du sujet abordé : la trajectoire d’un artiste qui a choisi la marge plutôt que la reconnaissance institutionnelle.Jean Capdeville, le « Diogène des Albères »

Né en 1917 à Saint-Jean-de-l’Albère, Jean Capdeville appartient à cette génération marquée par les tragédies du XXe siècle. Orphelin de père dès l’âge de deux ans – tué pendant la Grande Guerre –, élevé par une mère en deuil permanent, il sera ensuite prisonnier de guerre pendant quatre ans lors du second conflit mondial. C’est « par désœuvrement », vers 1947, qu’il commence à peindre, avant d’en faire l’activité centrale de son existence.

Installé à Céret, haut lieu historique de l’art moderne depuis l’avant-guerre (Picasso, Braque, Gris, Manolo…), Capdeville opère une évolution radicale : du paysage figuratif discret vers une abstraction lyrique dominée par le noir. Un noir mat, dense, presque charnel, qu’il travaille comme une matière spirituelle. Profondément marqué par la pensée de Simone Weil, notamment La Pesanteur et la Grâce, il construit une œuvre de la disparition, du retrait et du deuil. Reconnu par la galerie Maeght, fréquentant les ateliers de gravure parisiens dans les années 1960-1970, il refuse pourtant la carrière que lui ouvrait le marché de l’art et regagne volontairement son mas des Albères.

Cette posture de refus, rare dans le monde de l’art contemporain, fait de lui une figure singulière : un artiste qui a préféré la fidélité à soi-même à la visibilité médiatique et financière. Son œuvre reste encore trop peu connue du grand public, malgré une exposition marquante au musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan en 2018, qui confrontait ses toiles à celles de son neveu, Jacques Capdeville.

Michel Pinell : d’un choc esthétique à la transmission

Michel Pinell incarne un parcours atypique. Ancien banquier, il connaît en 1993 un véritable basculement esthétique qui le conduit à devenir collectionneur éclairé puis adjoint à la culture de la Ville de Perpignan sous le mandat de Jean-Marc Pujol. Son passage à ce poste reste dans les mémoires locales pour son volontarisme et son soutien affirmé aux artistes du territoire, avant une démission en 2019.Dialogues avec Jean, préfacé par Joséphine Matamoros (ancienne conservatrice des musées de Céret et Collioure), est le fruit de longues conversations enregistrées avec le peintre.

Plus qu’une simple monographie, l’ouvrage restitue la parole vivante de Capdeville, éclaire son processus créatif et sa vision du monde.

Auto-édité et diffusé dans les librairies indépendantes du Roussillon (Torcatis, Llibreria Catalana, Le Cheval dans l’Arbre…), il constitue un acte de résistance modeste mais déterminé contre l’oubli programmé des figures locales exigeantes.

La culture en question : historique, bilan critique et prospective inquiète

L’entretien a rapidement débordé le cadre du livre pour aborder la situation plus générale de la vie culturelle dans le département et la région. La référence à Serge Regourd, président de la commission Culture de la Région Occitanie et auteur de SOS Culture (2021), n’était pas fortuite. Ce juriste, professeur émérite de droit public, y dresse un constat sévère des impasses des politiques culturelles néolibérales : marchandisation, événementiel spectaculaire, affaiblissement des structures de création et de diffusion, et recul de l’ambition artistique au profit d’une logique d’animation sociale.

L’échange a ainsi suivi trois temps :

Historique : du rôle central de Céret dans la modernité picturale du début du XXe siècle à la politique culturelle décentralisée de l’après-1981, puis aux recompositions post-décentralisation et à l’ère des « métropoles » et des « clusters créatifs ».
Bilan : si le tissu associatif et le patrimoine restent riches, les faiblesses structurelles sautent aux yeux – sous-financement chronique des lieux de création, précarité des artistes, concentration des moyens sur quelques grands équipements, et fragilisation accentuée par la crise sanitaire et les contraintes budgétaires locales.
Prospective : comment redonner à la culture sa fonction critique et émancipatrice plutôt que de la réduire à un outil de marketing territorial ? Comment mieux soutenir la création vivante et transmettre les œuvres exigeantes face à la pression des algorithmes et de la culture de masse numérisée ?

Dans un département marqué par de fortes inégalités sociales et un sentiment d’abandon périphérique, la question culturelle n’est pas secondaire.

Elle touche à l’identité, à la cohésion sociale et à la capacité collective de résister à l’uniformisation.Par sa présence au Cochon Hardi, Michel Pinell a rappelé, avec modestie et conviction, qu’une culture vivante passe d’abord par la transmission fidèle des œuvres et des parcours, loin des effets d’annonce et des subventions conditionnées. Dialogues avec Jean en est une belle illustration.

 

Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
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