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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 11:29

 "Lee Mellon vivait dans la maison abandonnée d'un ami qui était alors champion de ping-pong série C d'un asile pour aliénés aux fins fonds de la Californie.Le classement A, B ou C était fonction du nombre d'électrochocs subis par les patients."

 Un Général sudiste de Big Sur , Richard Brautigan 

 

Perpignan : la guerre de sécession de l’énergie !

Un Général de l’Appartement de Big Sur
ou
Le Guide du Camping Chez Soi en Temps de Crise Énergétique

Chapitre 1– La mer d’Ormuz et le radiateur qui tousse

La mer d’Ormuz était calme comme un général confédéré qui a perdu son cheval.
Personne ne tirait plus sur la gâchette du pétrole. Les tankers flottaient là-bas, immobiles, comme des idées qu’on a oubliées dans le frigo. Et pourtant, ici, dans mon appartement du cinquième étage à Perpignan, le radiateur toussait déjà comme un vieux soldat qui sait que l’hiver arrive même si le thermomètre dit le contraire.  On appelait ça la crise. Moi j’appelais ça mardi. Et Perpignan, c’était le champ de bataille.

Chapitre 2– L’inflation qui galope

L’inflation, elle, ne se contentait pas de monter. Elle galopait. Elle galopait comme un cheval volé par un général qui n’avait plus d’armée. Le prix du pain avait pris la forme d’un petit nuage gris au-dessus de la table de la cuisine. Le prix de l’électricité, lui, avait carrément disparu dans les montagnes de Big Sur – sauf qu’il n’y avait plus de Big Sur, juste un studio de 28 mètres carrés avec vue sur le parking des Arènes.  On disait : « L’hiver prochain sera rude malgré le réchauffement climatique. »
Je trouvais ça poétique. Le monde se réchauffait et nous allions quand même geler. C’était le genre d’humour que seul un général confédéré pouvait apprécier. Et à Perpignan, on avait décidé de faire sécession.

Chapitre 3– Le guide du camping chez soi

Alors, dès aujourd’hui, lisez le guide du camping chez soi. 

Page 1 : Comment transformer votre salon en tente apache.
Prenez les draps de lit (ceux que vous n’avez pas lavés depuis la dernière crise). Accrochez-les aux tringles à rideaux avec des pinces à linge. Vous obtenez ainsi une yourte urbaine. La lumière du jour passe à travers comme une vieille légende catalane. La facture d’électricité reste dehors, vexée, devant la porte du 5 bis rue de la Révolution.

Page 7 : Le feu de camp sans feu.
Une bougie, trois piles AA et une casserole de haricots froids. Ça sent la fin du monde, mais ça sent bon. On chante des chansons de scout autour. Personne ne connaît les paroles, mais tout le monde chante quand même. C’est la règle de la sécession énergétique.

Chapitre 4– La tribu du cinquième sans chauffage

On était toujours en crise.
C’était devenu notre climat à nous. La crise, c’était comme l’air : on respirait dedans, on toussait dedans, on faisait l’amour dedans.  Mais cette fois, quelque chose avait changé.  Les gens commençaient à camper ensemble.
Pas dehors – dehors c’était encore trop froid pour les romantiques du pétrole.

Non. Dans les appartements de Perpignan.  D’abord, c’était le voisin du dessus qui descendait avec sa couverture polaire et sa bouteille de rouge à 2,99 €. Puis la dame du troisième arrivait avec son chat et son réchaud à gaz (interdit, mais plus rien n’était vraiment interdit). Puis le jeune du rez-de-chaussée montait avec son ampli et ses chansons tristes.  On devenait une résidence personnelle qui devenait de plus en plus collective.  On appelait ça « la tribu du cinquième sans chauffage ».
On n’avait plus de général à Paris. On avait juste un vieux radiateur électrique qu’on allumait une heure par soir, comme un drapeau confédéré qu’on hisse une dernière fois avant de le plier soigneusement sur le balcon qui donne sur les Pyrénées.

Chapitre 5– On a gagné sans quitter le canapé

Dehors, le réchauffement climatique continuait son petit numéro.
Les oiseaux chantaient en janvier. Les fleurs sortaient en février. Les gens disaient : « C’est beau quand même. »  Dedans, on avait froid.
Et on trouvait ça beau aussi.Parce que dans la tente du salon, autour de la bougie qui tremblait comme un général qui a perdu sa guerre, on se disait que l’hiver, finalement, c’était juste une autre façon d’être ensemble.  On était en crise.
On campait chez soi.
Et pour la première fois depuis longtemps, à Perpignan, ça ressemblait à une victoire.  Même le radiateur était d’accord.
Il toussait moins fort.
Il avait compris.
 

C’était la guerre de sécession de l’énergie.
Et nous l’avions gagnée sans quitter le canapé.

 

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6 avril 2026 1 06 /04 /avril /2026 20:37


"Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...."

“Tu ne connais pas le pouvoir du coté obscurs de la Farce.” — Dark Vador

“Un Jedi utilise la Farce pour la connaissance et la défense… jamais pour faire des blagues"-Yoda

 

Discours d’après élections municipales – Perpignan, avril 2026
(À prononcer d’une voix calme, presque lasse, comme si les mots étaient déjà usés avant même d’être dits)

Mes chers Perpignanais, mes chers compatriotes,Parce que les mots ne veulent plus rien dire, je ne vais pas vous en servir de nouveaux.
Je vais simplement vous resservir ceux qui ont déjà servi partout ailleurs, ceux qui ont déjà fait leurs preuves… de vide.Ce soir, nous célébrons une victoire.
Ou une défaite.
Ou peut-être les deux en même temps, car au fond, qui peut encore faire la différence ?

Nous avons choisi ensemble.
Nous avons choisi l’avenir.
Nous avons choisi le progrès, la dynamique, le renouveau, la transition, la cohésion, la résilience, l’excellence et la singularité de notre territoire – tous ces jolis mots qui sonnent bien et qui ne coûtent rien.Perpignan n’est pas une ville comme les autres.
Elle est unique.

Comme toutes les autres villes qui disent exactement la même chose.Devant nous se dessine un futur radieux.
Un futur où nous serons plus forts, plus unis, plus verts, plus numériques, plus inclusifs, plus attractifs, plus sécurisés, plus dynamiques, plus tout ce que vous voulez.

Nous allons faire de Perpignan une ville où il fait bon vivre. C'est dire !
Comme partout.
Où les jeunes resteront.
Comme partout.
Où les anciens seront respectés.
Comme partout.
Où les entreprises viendront s’implanter.

Comme partout.Nous allons investir massivement dans l’éducation, la culture, la mobilité douce, la transition écologique, le sport pour tous, le lien social, la mémoire de notre histoire catalane et l’ouverture à l’Europe et au monde.

Nous allons créer un écosystème innovant, une gouvernance participative, une ville à taille humaine dans un monde à taille démesurée.

Nous allons relever les défis du XXIe siècle avec courage et lucidité.Et si demain quelqu’un vous dit que rien n’a changé, vous lui répondrez que si :
les mots ont changé de bouche, mais ils restent les mêmes.Car les mots ne veulent plus rien dire.
Ils sont devenus des billets de banque usés qu’on se passe de main en main.
On les recycle, on les polit, on les repeint, on les recycle encore.
Et pourtant, ce soir, vous les applaudirez quand même.
Parce que c’est le rituel.
Parce que c’est ce qu’on attend de moi.

Parce que c’est ce qu’on attend de vous.Alors je vous le dis avec toute la sincérité dont je suis encore capable :nous allons continuer.
Ensemble.
Pour Perpignan.
Pour ses quartiers.
Pour ses enfants.
Pour son avenir.Et si un jour vous avez l’impression que tout cela sonne creux…
c’est normal.
 

C’est parce que les mots ne veulent plus rien dire.Mais nous, nous continuons quand même.

Parce qu’il faut bien dire quelque chose.Vive Perpignan.
Vive la République.
Et vive… les mots qui ne veulent plus rien dire, mais qu’on répète quand même.(Applaudissements polis. Rideau.)

 

Agnès Langevine à Mathias Blanc de le rejoindre pour faire l'oignon de la gauche !

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3 avril 2026 5 03 /04 /avril /2026 15:38

Espagne L’espoir de 1931

"Imaginez cela. Une nation qui déborde littéralement d’espoir, passant pacifiquement d’une monarchie à une toute nouvelle république moderne. On l’a même surnommée la Niña Bonita, la jolie petite fille. […] Mais à peine cinq ans plus tard, cette même nation pleine d’espoir sombre dans une guerre civile incroyablement brutale. Comment ? Comment est-ce possible ?  " 

Jean-Marcel Goger Historien UPVD Perpignan

 

Jean-Marcel Goger n’est pas un youtubeur comme les autres. Ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d’histoire et docteur ès-lettres (EHESS, 1988), il a passé sa carrière universitaire comme spécialiste de l’histoire économique moderne et contemporaine, avec une expertise reconnue sur l’histoire des routes en France et en Europe. Professeur honoraire à l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD), cet historien né en 1954 à Nancy a aujourd’hui choisi une nouvelle tribune : YouTube.

Sa chaîne, JMG Histoire (@JMG-histoire), est exactement ce que son nom annonce :

un espace dédié à l’histoire contemporaine et à l’histoire des routes, animé par un universitaire chevronné qui met son érudition au service d’un public curieux.Une chaîne modeste mais rigoureuse Créée par Jean-Marcel Goger lui-même et son fils Martial, la chaîne compte aujourd’hui environ 192 abonnés et 81 vidéos.

Ce n’est pas une chaîne de masse, mais une chaîne de niche qui s’adresse aux amateurs d’histoire sérieuse, aux étudiants, aux enseignants et à tous ceux qui cherchent des analyses approfondies plutôt que du spectaculaire. 

La description officielle est claire :« Bienvenue sur la chaîne histoire contemporaine et histoire des routes de Jean-Marcel Goger. »

Les vidéos, d’une durée moyenne de 10 à 17 minutes (ou plus longues pour les émissions radio), adoptent un style sobre, narratif et documentaire.

Pas d’effets spéciaux inutiles, pas de mise en scène tape-à-l’œil : l’essentiel est dans le contenu. Le professeur y expose, avec clarté et précision, des synthèses historiques souvent originales.Un contenu centré sur l’Amérique latine, les Caraïbes… et l’histoire contemporaine de l’Espagne (dont il a écrit un livre non encore publié, toujours avec son fils Martial 

Si l’histoire des routes reste une thématique de fond, la grande force de la chaîne réside dans ses grandes fresques contemporaines, notamment sur l’Amérique latine et les Caraïbes, mais aussi sur l’Espagne du XXe siècle.

Parmi les vidéos les plus représentatives :

Curaçao (1492-2021) : From the Slave Trade to Oil
Saint Lucia (1492-2021) : the Helen of the Caribbean
Trinidad and Tobago (1498-2021) : The Story of Fractured Wealth
Uruguay : de champ de bataille à faro social
French Guiana : Silence and chaos / The history and paradoxes of French Guiana
Mexico from 1810 to 2021
Chile from 1818 to 2021
Cuba de 1492 à 2021

Sur l’Espagne contemporaine, Jean-Marcel Goger propose des analyses particulièrement riches et nuancées :

La Restauration bourbonienne (1875-1917) et la crise qui mène à la dictature de Primo de Rivera.
La Seconde République et la Guerre civile espagnole (1931-1939), dans une vidéo majeure intitulée From Niña Bonita to Brutal War : The Unraveling of Spain’s Second Republic and the Spanish Civil War. Il y retrace l’espoir initial de la « Niña Bonita » (la jolie petite république de 1931), les réformes audacieuses (Constitution de 1931, suffrage universel, réforme agraire, autonomie catalane), la polarisation extrême, les soulèvements de 1934, l’élection du Front populaire en 1936 et l’embrasement de juillet 1936. 

Il analyse les interventions étrangères (Allemagne, Italie, URSS, non-intervention franco-britannique), les massacres, les divisions internes républicaines (anarchistes, communistes, POUM) et la Retirada, jusqu’à la victoire de Franco en 1939. Une synthèse claire qui montre comment les fractures politiques, sociales et religieuses ont fait basculer une jeune démocratie dans la tragédie.

En complément, plusieurs émissions radio diffusées sur Radio Zygomar à l'invitation du journaliste Nicolas Caudeville sur la chaîne (en 6 parties) reviennent en détail sur la Guerre d’Espagne, avec un focus sur les réactions internationales :

hypocrisie de la politique de non-intervention, aides clandestines de la France du Front populaire, stratégie soviétique, rôle des Brigades internationales, etc.

Un thème fort : l’histoire et sa manipulation

Jean-Marcel Goger ne se contente pas de raconter les faits : il interroge aussi la manière dont l’histoire est construite, instrumentalisée et parfois manipulée.  Dans la série d’émissions-débat Histoire et manipulation de l’histoire (3 parties, diffusées sur Radio Zygomar), il est l’invité principal aux côtés d’un étudiant et d’un journaliste (toujours Nicolas Caudeville). Il y explique comment les pouvoirs (d’hier comme d’aujourd’hui) fabriquent des mythes nationaux pour légitimer leur autorité : des Capétiens aux Bourbons, en passant par la propagande nazie, les films de Goebbels ou les récits simplifiés de la crise de 1929. Il distingue l’histoire comme science (synthèse honnête et humble face à la complexité) de la propagande (sélection émotionnelle des faits) et de la « mémoire » collective (qui préfère les mythes réconfortants). Une réflexion rare et salutaire sur le métier d’historien à l’ère des médias et des réseaux.

Pourquoi suivre JMG Histoire ?

Pour la rigueur académique : chaque vidéo ou émission est signée par un professeur honoraire qui maîtrise son sujet.
Pour la clarté : les exposés sont structurés, précis, sans jargon inutile.
Pour la rareté : peu de chaînes francophones offrent des synthèses aussi complètes et actualisées sur l’histoire contemporaine de l’Amérique latine et sur la Guerre civile espagnole, tout en osant aborder frontalement la question de la manipulation de l’histoire.
Pour le plaisir de l’histoire « longue » : ici, on prend du recul sur plusieurs siècles, sans céder à la mode de l’actualité chaude.

La chaîne est également mentionnée sur la page Wikipédia de Jean-Marcel Goger, preuve que ces vidéos et émissions constituent aujourd’hui une extension naturelle de son travail de recherche et de transmission.

Un trésor pour les passionnés

Dans un paysage YouTube saturé de contenus rapides et souvent superficiels, JMG Histoire fait figure de havre de sérieux et de profondeur. Avec seulement 192 abonnés, elle reste confidentielle… mais c’est précisément ce qui en fait le charme : on y découvre un historien qui partage généreusement son savoir, sans chercher la viralité, et qui n’hésite pas à aborder les zones d’ombre de l’histoire – y compris sa propre instrumentalisation.Si vous aimez l’histoire contemporaine, l’Amérique latine, les Caraïbes, l’Espagne du XXe siècle ou les questions de mémoire et de manipulation historique, abonnez-vous sans hésiter :

https://www.youtube.com/@JMG-histoire

Une petite chaîne, un grand historien. Jean-Marcel Goger continue, à sa manière discrète et exigeante, de faire vivre la passion de l’histoire.

 

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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 21:13

« Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et les marins.»

Aristote

" Un bon marin n'est pas celui qui sort par tous les temps, c'est celui qui sait par quel temps ne pas sortir" adage sans doute relevé dans l'Almanach du Marin Breton.

Les dernières municipales à Perpignan ont démontré que des candidats enfants "prendaient" les électeurs pour des enfants alors que plus de 50% d'entre eux ont démontré qu'ils étaient adultes, puisque ne croyant pas à la fable de la dernière "représentation démocratique", ils restèrent sur leur Aventin et n'allèrent pas voter! 

Il y a près de 40 ans une série animée à destination des enfants contenait entre les lignes plus de signifiant politique que l'actualité! En creux d'Esteban, personnage principal, il y avait dans l'ombre l'ambigu capitaine Mendoza... https://mco.fandom.com/fr/wiki/Mendoza

Thèse:
Dans Les Mystérieuses Cités d’Or, le capitaine Gomez de Mendoza n’est pas un simple antagoniste. Il incarne avec une fidélité stupéfiante l’idéal du Prince de Machiavel, tout en étant, dans une lecture marxiste complémentaire, l’archétype de l’ouvrier spécialisé marin et pilote : un prolétaire hautement qualifié dont la force de travail (maîtrise de la navigation, du pilotage, de la mer) devient l’arme décisive de l’accumulation primitive capitaliste au service de la conquête coloniale.

1. La fin justifie les moyens : un pragmatisme machiavélien absolu

Machiavelli écrit au chapitre XVIII : « Un prince doit donc apprendre à ne pas être bon, et à en user ou non selon la nécessité. »
Mendoza l’applique à la lettre. Son objectif unique — s’emparer des Cités d’Or pour s’enrichir et s’élever dans la hiérarchie espagnole — justifie tous les moyens :  Il kidnappe Zia, ment à Esteban, trahit ses propres soldats quand ils deviennent un fardeau.  
Il s’allie temporairement avec les enfants quand cela sert sa quête, puis les abandonne sans remords dès que leur utilité diminue.  
Face aux Olmèques ou aux Mayas, il n’hésite ni à employer la torture ni à feindre la négociation.

Pour lui, la morale n’est qu’un luxe de ceux qui ont déjà le pouvoir. Comme le renard et le lion de Machiavelli, il sait être cruel quand il le faut et trompeur quand la force seule ne suffit pas.

2. Mieux vaut être craint que aimé

Chapitre XVII du Prince : « Il est beaucoup plus sûr d’être craint que aimé, si l’on ne peut être les deux à la fois. »
Mendoza ne cherche pas l’affection de ses hommes ni des indigènes. Il impose le respect par la terreur et la détermination. Ses subordonnés le suivent moins par loyauté que par peur de sa colère ou de son ambition dévorante. Même lorsqu’il se montre « humain » (notamment dans la seconde partie de la série où il devient presque un allié de circonstance), c’est toujours par calcul : il a compris que la peur seule, sans un minimum de reconnaissance, finit par se retourner contre le prince.

3. L’apparence de la vertu : le masque du bon serviteur du Roi

Machiavelli insiste : le prince doit « paraître » clément, fidèle, humain, religieux, tout en étant prêt à agir exactement à l’opposé.
Mendoza se présente constamment comme le loyal officier de la Couronne d’Espagne, défenseur de la foi et de la civilisation. Il brandit le nom du Roi et de l’Église quand cela lui sert. Pourtant, son véritable maître est son ambition personnelle. Cette duplicité est parfaitement visible dans la façon dont il manipule les autorités coloniales tout en poursuivant son propre trésor. Il est le prince qui « sait bien colorer » ses actions, pour reprendre les mots de Machiavelli.

4. Virtù contre Fortuna : le conquérant qui plie le destin

Machiavelli compare la fortuna à une rivière violente qu’il faut canaliser par la virtù (la force d’âme, l’intelligence politique, le courage).
Mendoza incarne cette virtù dans un environnement hostile : jungles, trahisons, civilisations inconnues, tempêtes, intrigues de cour. Il ne se laisse jamais abattre par l’adversité ; il l’utilise. Quand le destin lui offre Esteban et le médaillon du Soleil, il transforme cette « chance » en levier. Quand tout semble perdu, il trouve toujours une nouvelle ruse ou une nouvelle alliance. Il est le capitaine qui, face à la roue de la fortune, refuse de se soumettre et la fait tourner à son avantage.

5. Vision marxiste : Mendoza, ouvrier spécialisé marin et pilote – figure de l’accumulation primitive

Du point de vue marxiste, Mendoza n’est pas un « prince » de naissance aristocratique. Il est d’abord et avant tout un ouvrier spécialisé : marin de métier, pilote expert, dont le savoir-faire technique (connaissance des courants, des vents, des cartes, du commandement d’un navire) constitue sa seule véritable force de travail.  Dans le contexte historique de la conquête du Nouveau Monde (XVIe siècle), cette compétence prolétarienne hautement qualifiée est mise au service de l’accumulation primitive décrite par Marx dans Le Capital (livre I, section 8).

Le pillage des richesses américaines n’est pas une simple aventure féodale : c’est le moment fondateur du capitalisme, où l’or volé aux civilisations indigènes devient le capital initial qui va financer l’essor bourgeois en Europe. 

Mendoza incarne dialectiquement cette contradiction : 

Prolétaire par son origine : il ne possède rien d’autre que sa force de travail maritime. Sans son navire et ses compétences de pilote, il n’est rien.  
Bourgeois en devenir par sa conscience de classe : au lieu de vendre passivement sa force de travail à la Couronne d’Espagne, il l’instrumentalise avec une lucidité machiavélienne pour s’approprier personnellement les moyens de production symboliques (les Cités d’Or). Il transforme son savoir-faire prolétarien en levier d’enrichissement individuel.  
Ses trahisons, ses alliances tactiques, ses ruses ne sont donc pas seulement machiavéliennes ; elles sont la ruse du travailleur qui refuse l’aliénation et cherche à briser les chaînes de l’exploitation coloniale pour passer de la vente de sa force de travail à la propriété des richesses produites par celle-ci.

En ce sens, Mendoza fusionne les deux théories : il est le Prince de Machiavel parce qu’il est l’ouvrier spécialisé marxiste qui a compris que, dans le mode de production colonial naissant, seule la combinaison de la force (le lion) et de la ruse (le renard) permet au prolétaire qualifié de s’élever et de devenir lui-même exploiteur.Conclusion révisée (version plus percutante et dialectique)

Le capitaine Mendoza n’est pas un méchant de dessin animé. Il est bien davantage : la plus fidèle, la plus vivante et la plus impitoyable incarnation du Prince de Machiavel et, simultanément, l’archétype de l’ouvrier spécialisé marin et pilote que le marxisme place au cœur de l’accumulation primitive. 

Ambitieux sans illusion, cruel sans sadisme inutile, manipulateur sans hypocrisie naïve, il démontre avec une clarté tranchante que, dans un monde où « les hommes sont méchants » (Machiavel) et où règne l’exploitation de classe (Marx), seul celui qui sait allier à la perfection le lion et le renard, la force et la ruse, triomphe de la fortuna et transforme sa force de travail prolétarienne en capital personnel. 

En refusant d’en faire un monstre unidimensionnel et en lui donnant cette complexité fascinante, Les Mystérieuses Cités d’Or glisse, sous ses airs d’aventure pour la jeunesse, une double leçon de machiavélisme et de marxisme d’une rare puissance.

Mendoza n’est ni l’antithèse du héros, ni un simple outil de l’Empire : il en est la version réaliste, politique, implacable et dialectique.

Plus de quarante ans après sa création, il reste le portrait le plus authentique, le plus troublant et le plus moderne du pouvoir à la télévision : un prince qui n’oublie jamais qu’il fut d’abord un ouvrier de la mer.  Un chef-d’œuvre discret qui prouve qu’une série pour enfants peut, parfois, enseigner la dure vérité du pouvoir et de l’exploitation mieux que bien des traités de philosophie ou d’économie politique.

 

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 13:48

"— ... Toi, toi tu peux le retrouver. Tu sais comment faire, tu es dans la police, non ?
— Détective privé.
— Ce n'est pas pareil ?
— La police fait régner l'ordre. Moi, je me contente de révéler le désordre."


Le Quintette de Buenos Aires
Manuel Vázquez Montalbán

 

Perpignan, le 30 mars 2026 – Enquête de Pepe Carvalho n° 47 : « L’ignorance en sauce catalane »

Je m’appelle Pepe Carvalho. Ex-communiste, ex-agent de la CIA, ex-tout-ce-qui-pue-le-pouvoir. Aujourd’hui je suis juste un privé qui aime les calçots grillés et les vérités qui font mal au ventre. On m’a demandé d’enquêter sur un miracle électoral : comment Louis Aliot, le type qui dirige Perpignan comme un commissariat de série B, a été réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix alors que la moitié de la ville n’a même pas daigné sortir voter.J’ai sorti mon carnet, mon briquet et ma bouteille de Priorat. Et j’ai compris : ce n’était pas une élection. C’était une agnotologie en live. Une usine à fabriquer de l’ignorance fraîche, servie tiède aux électeurs comme un cassoulet de la veille.

Première scène du crime : la fragmentation gauche.
Quatre listes. Quatre ego. Quatre petits chefs qui se sont regardés dans le miroir en se disant « moi je suis l’alternative crédible ». Résultat ? 15,94 % pour Langevine, 13,45 % pour Nougayrède, 9,60 % pour Idrac, 8,94 % pour le dernier en date.
Mathématiquement, ça fait une belle soupe. Politiquement, ça fait un gros « on ne sait pas pour qui voter ».
L’agnotologie appelle ça « production active du doute ». Moi j’appelle ça du suicide assisté avec vue sur les remparts. Les électeurs anti-Aliot ont fini par se dire : « Bah, puisqu’ils ne sont pas capables de s’entendre, c’est que personne ne peut le battre. » Et ils sont restés sur le canapé. Classique.

Deuxième scène : la campagne SOS Racisme intitulée « C’est Louis ou moi ».

Joli slogan. Très punchy. Très « ville antiraciste ».
Le RN a répondu illico : « Touche pas à mon maire ».
Du jour au lendemain, les Perpignanais ne savaient plus s’ils votaient pour un maire ou contre un panneau d’affichage. Plus personne ne parlait du bilan municipal – propreté, sécurité, finances, tout ça. On parlait d’un combat de coqs médiatique.
L’ignorance ne tombe pas du ciel. Elle est sponsorisée.

Ici, elle l’était par les deux camps à la fois. Du grand art.

Troisème scène du crime – et la plus pathétique : la presse locale, complètement flapie. #ilestleclubdelapresque
Ah, la presse locale… Ce bon vieux L’Indépendant et ses cousins de quartier, tous flapis comme des figues trop mûres oubliées sur l’étal du marché de la Loge. Avachis, rincés, vidés de leur dernier jus. Ils ont passé la campagne à pondre des papiers tièdes comme une bullabessa oubliée sur le feu depuis trois jours : des « bilans contrastés » qui ne contrastent rien du tout, des « le maire assume » récités avec la ferveur d’un curé en fin de messe, des photos de rubans coupés et des déclarations officielles recopiées mot pour mot, comme des enfants sages qui recopient le tableau sans jamais lever la main pour poser une question.

Pas une vraie enquête sur le risque d’inéligibilité qui planait discrètement au-dessus de la ville. Pas un seul chiffre sérieux sur la dette, la propreté ou les petits arrangements de la com’ municipale. Pas un reportage qui aurait osé demander si « Perpignan la rayonnante » brillait surtout grâce aux spots publicitaires payés par la mairie elle-même.
Non. Ils ont préféré rester flapis, bien au chaud dans leur rôle de greffier municipal, à ronronner des éloges officiels avec l’enthousiasme d’un chat qui a déjà vu trop de souris.

Résultat : l’ignorance n’a même pas eu besoin d’être fabriquée en grande pompe. Elle a été gentiment livrée à domicile, sur un plateau d’argent, par des plumitifs qui n’avaient plus la force de lever le stylo. Quand la presse locale est flapie à ce point, l’agnotologie n’a plus qu’à s’installer confortablement au café de la poste et commander une tournée générale de doute.

Quatrième scène du crime – l’intello qui arrive après la bataille avec son pavé sous le bras :

Et puis, comme si tout ça ne suffisait pas, voilà que débarque le livre Perpignan déclassement et droitisation, éditions Trabucaire. Un beau pavé bien lourd, bien sérieux, qui lapalissade sur lapalissade et jargonne à mort pour impressionner le populo et le politique qui raffole des réponses toutes faites qu’il peut entendre sans se fatiguer les neurones.
Des concepts bien emballés, du « déclassement » par-ci, de la « droitisation » par-là, des analyses qui sentent bon l’amphi et le PowerPoint. Du grand spectacle intellectuel pour ceux qui aiment qu’on leur explique pourquoi ils ont perdu… une fois que les urnes sont déjà fermées.
Le problème ? Le bouquin sort six ans trop tard. Il aurait dû débarquer en 2020, au tout début du premier mandat d’Aliot, quand le type posait à peine ses valises à la mairie et que l’ignorance était encore fraîche et malléable. Là, il aurait peut-être secoué quelques endormis, fait bouger les lignes, obligé les gens à regarder en face le déclassement et la droitisation en temps réel.

Mais non : il arrive pile en deuxième moitié de campagne, comme Grouchi à Waterloo en recherche de fraises , quand tout est déjà joué, rejoué et digéré depuis belle lurette. Il explique tout, ils lapalissadent sur lapalissade tout, ils donnent des réponses clefs en main… mais le match est fini depuis 2020, les joueurs sont sous la douche et le public est rentré chez lui depuis des années.

C’est la cerise sur le gâteau de l’agnotologie : même les gens qui pourraient comprendre se contentent d’un livre qui arrive quand tout est déjà joué et rejoué.

Du vent académique bien calibré pour faire joli dans les bibliothèques des perdants.

Cinquième scène, la plus savoureuse : l’abstention à 52,26 %.

Record historique. La ville la plus rayonnante de France (c’est écrit sur le logo, je vérifie) a décidé collectivement de ne pas décider.
Dans mon métier, quand la moitié des témoins refuse de témoigner, c’est qu’on leur a fait comprendre que le procès était déjà joué. Ou que la vérité était trop fatigante à digérer.
Aliot a donc gagné avec les voix d’à peine 23,5 % des inscrits. C’est beau comme une victoire au poker avec un brelan de jokers : personne ne triche vraiment, mais tout le monde fait semblant de ne pas voir les cartes.J’ai interrogé le maire sortant (enfin, rentrant). Il m’a servi le discours habituel : « Les Perpignanais ont choisi la continuité. »
J’ai failli m’étouffer avec mon cigare. La continuité, oui. Celle de l’ignorance bien entretenue, comme un bon fromage qui pue mais que tout le monde mange parce qu’on leur a dit que c’était du terroir.

Conclusion d’enquête :
À Perpignan, on n’a pas voté pour Aliot par enthousiasme. On a voté pour lui parce qu’on ne savait plus très bien pourquoi il ne fallait pas. La gauche s’est bouffée elle-même, les affiches se sont battues entre elles, la presse est restée flapie sur son fauteuil, les intellos ont sorti leur pavé qui lapalissade sur lapalissade six ans trop tard… et les électeurs ont préféré le canapé.
L’agnotologie n’est pas une théorie de salon.

C’est la nouvelle recette catalane : prenez une bonne dose de division, une pincée de désinformation, laissez mijoter dans l’abstention avec une presse locale flapie qui ne remue même plus la sauce et un livre qui lapalissade sur lapalissade six ans après le début du premier mandat… et servez chaud au premier tour.Moi, Pepe Carvalho, je range mon carnet.
Demain je retourne à Barcelone.
Ici, l’ignorance est déjà cuite. Et elle a le goût du succès.Bon appétit, Perpignan.

 

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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 20:48

" C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut."

Tyler Dirden Fight Club

Tu es là, Marc. Trente-deux ans.

La défaite te colle à la peau comme une sueur rance depuis le 22 mars 2026. Perpignan pue encore le barbecue froid et le sang des urnes.

Louis Aliot a tout raflé au premier tour : 50,61 %, quarante-trois sièges, la mairie comme un uppercut en pleine gueule. La gauche catalane ? Éclatée. Langevine à 15,94 %. Idrac à 9,6 %. Quatre sièges. De quoi se torcher avec les tracts que même les chiens refusent de pisser dessus. Elne est tombée. Maury aussi. Prades, ouais, une petite victoire de merde pour se dire qu’on respire encore. Le reste ? La terre qui s’ouvre sous tes pieds et t’avale vivant.Tu es sur ton toit à Saint-Jacques, bouteille de Banyuls qui te brûle la gorge, le Canigó qui te crache son vent glacé en pleine face.

Gramsci te tourne dans la tête comme un disque rayé : bataille culturelle, guerre de position. Mais putain, avec quatre sièges et des bons sentiments qui sentent déjà le moisi ?Puis le message arrive sur Signal. Pas de nom.

Juste une adresse : un entrepôt pourri sur la route de Thuir. « Vendredi 23 h. Viens seul. Règle n°1 : on ne parle pas du stage. »Tu y vas. Parce que la rage, c’est tout ce qui te reste.L’entrepôt sent la pourriture sucrée des fruits oubliés et l’huile de moteur. Vingt silhouettes dans le noir, sous une ampoule qui pend comme une corde.

Des visages que tu reconnais à moitié.

La prof d’histoire. Le syndicaliste CGT. Deux écolos d’Elne encore sonnés. Le gamin LFI. La catalaniste qui a perdu Prades de trois voix. Personne ne dit son nom de parti. On hoche juste la tête. On sait.

Au centre, lui. Kevin.Vingt-huit ans.

Maigre comme un coup de trique. Yeux trop brillants. Tatouage HEGEMONIA en lettres gothiques qui lui mord l’avant-bras. Sweat noir, capuche baissée, mains dans les poches. Il sourit comme s’il avait déjà gagné la guerre avant même d’avoir tiré le premier coup.« Bienvenue au stage de close combat dialectique », dit-il, voix calme, presque douce.

« Ici on ne débat pas. On combat. La gagne, c’est pas une question de programme. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »

Il laisse le mot flotter. Atmosphère. Comme si c’était une lame plantée dans le ventre.

Règle n°1 : on ne parle pas du stage.
Règle n°2 : tu viens avec ta défaite. Tu la vomis.
Règle n°3 : tu repars avec une arme.Kevin te regarde droit dans les yeux. Il te connaît déjà. Mieux que toi.

« Vous avez perdu parce que vous avez cru que les chiffres suffisaient. Que les bons sentiments allaient retourner l’électorat. Mais l’électorat, il vit dans l’atmosphère. Peur. Fierté catalane. Odeur de barbecue le dimanche. Match de l’USAP le samedi. C’est ça, le terrain. Pas vos ateliers d’écriture inclusive. L’atmosphère. Et nous, on va la leur reprendre. Corps à corps. Idée contre idée. »

Première séance.

Par deux. Toi contre la prof d’histoire. Cercle de craie par terre.

Thème : « Pourquoi la gauche catalane a perdu Perpignan alors qu’elle parle de justice sociale depuis cinquante ans ? »

Pas de micro. Pas de minute. Celui qui sort du cercle a perdu.Elle commence polie. Chiffres. Sociologie. Intersectionnalité.

Tu frappes : « Parce que vous avez abandonné le peuple à ses peurs pendant que vous faisiez des séminaires sur le genre à Montpellier ! » Elle recule d’un pas. Tu avances. Voix qui monte, gestes qui claquent comme des gifles. Pas de poings. Des mots.

Tu esquives avec Hegel, tu contre-attaques avec Gramsci revisité : hégémonie ou crève.

Tu la pousses hors du cercle en trois phrases. Elle tombe à genoux. Pas de larmes. Juste le silence de quelqu’un qui vient de se prendre un uppercut dans l’âme.

Kevin applaudit lentement. « Atmosphère », murmure-t-il. « Tu viens de créer l’atmosphère. »

Les stages s’enchaînent. Toujours la nuit. Toujours ailleurs. Granges près de Villefranche. Squats à Argelès. Caves à vin dans les Aspres. Kevin est partout et nulle part. Il ne crie jamais. Il murmure les règles comme Tyler Durden murmurait les siennes. On démonte un argument RN en trois phrases. On retourne un électeur déclassé sans jamais le traiter de raciste. On hurle des slogans jusqu’à ce que la voix se casse, puis on les murmure jusqu’à ce qu’ils deviennent des prières. On lit Althusser, Bourdieu, Gramsci à voix haute, comme des combattants qui récitent le nom de leur ennemi avant de le frapper au foie.

Un soir, Kevin projette sur un mur sale les images du 22 mars : Aliot triomphant sur l’estrade.

Il éteint. Noir total.« Ils ont pris la mairie, dit-il. Nous, on va prendre l’atmosphère. Pas avec des meetings. Pas avec des posts Twitter. Avec les bars. Les fêtes. Les matchs de rugby. Les chansons de fête. On va infiltrer les imaginaires comme eux ont infiltré la peur. Close combat. Corps à corps. Idée contre idée. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »Tu ne sais pas si ça va marcher.

Mais pour la première fois depuis la défaite, tu sens quelque chose qui se reconstruit dans le noir.

Une gauche catalane plus dure. Plus vicieuse. Moins naïve. Des combattants qui ne parlent plus de « vivre ensemble » mais de « reprendre le terrain ».

Kevin te regarde, un soir, juste avant que tu repartes dans la nuit.« Règle n°1, Marc. »Tu hoches la tête.On ne parle pas du stage.Même pas à toi.Et l’atmosphère ? Elle commence déjà à changer. Tu le sens dans l’air. Comme avant le premier coup. Comme avant que tout explose.

 

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26 mars 2026 4 26 /03 /mars /2026 18:42

"Etrange : je crois au diable, mais pas au Bon Dieu.
Vraiment pas ?
Je ne sais pas. Si, je sais ! Je ne veux pas croire en lui ! Non, je ne veux pas.
C’est mon libre arbitre.
Et la seule liberté qui me reste : le droit de croire ou de ne pas croire.
Mais officiellement bien sûr, faire comme si.
Selon les circonstances : tantôt oui, tantôt non."

 Jeunesse sans dieu
Ödön von Horváth

Chronique à la manière d’Ödön von Horváth
(ou comment la gauche perpignanaise se démaquille elle-même dans un Volksstück (de l'allemand: piéce populaire) catalan, mars 2026)

Ah, mesdames et messieurs, regardez donc ce beau tableau de la vie politique locale, ce petit théâtre de la sincérité électorale où tout le monde joue son rôle avec une conviction touchante ! On est à Perpignan, le 15 mars 2026, et le rideau se lève sur une victoire qui sent déjà le plâtre frais de l’hôtel de ville. Louis Aliot, le maire sortant, ce personnage solide comme un roc du Rassemblement national, rafle la mise au premier tour : 50,61 %, 17 300 voix, 43 sièges au conseil municipal, 30 à l’agglomération. Pas de second tour, pas de suspense, juste une majorité qui s’installe comme on s’installe dans un fauteuil usé mais confortable. La participation ? 47,74 %.

Le peuple a parlé… ou plutôt, il s’est tu poliment.

Mais attention, le vrai drame ne se joue pas sur la scène du scrutin, non. Il commence le lendemain, quand la gauche, cette grande famille désunie, décide de se livrer à son numéro favori : la guerre fratricide en costume judiciaire. Entre en scène Agnès Langevine, à la tête de la liste « Plus forts pour Perpignan » (Place Publique, PS, centristes, Unitat Catalana, et sa camarade Annabelle Brunet). Quinze virgule quatre-vingt-quatorze pour cent, une maigre deuxième place, quatre sièges. Humiliée ? Pas du tout.

Elle a mieux : elle a un recours.

Le 20 mars 2026, jour même où l’on installe le nouveau conseil municipal, elle dépose au tribunal administratif de Montpellier ce que les mauvaises langues locales ont baptisé, avec un humour minéral tout catalan, le « coup de calcaire ».

Un coup dur, râpeux, qui laisse des traces blanches sur tout le monde.

Car ce n’est pas seulement Aliot qu’elle vise, oh non ! C’est toute la gauche concurrente, c’est le voisin de palier, c’est le camarade d’hier. Un vrai Volksstück où chacun se poignarde avec le sourire de la vertu.Que réclame-t-elle, cette dame Langevine, dans sa requête si bien tournée ? D’abord, 280 procurations qui n’auraient pas été reportées sur les listes d’émargement (la préfecture en avait compté 1 252, les émargements seulement 972). Citation exacte de sa liste : « Il est apparu que dans de nombreux bureaux de vote, des procurations valablement consenties n’avaient pu être exercées faute d’avoir été reportées sur les listes d’émargement… Il en résulte que 280 suffrages n’ont pas pu être exprimés en raison d’un défaut d’inscription. »

Deux cent quatre-vingts voix qui, ô miracle, auraient peut-être empêché Aliot de franchir la barre des 50 % (il n’avait que 202 voix d’avance).

On retire ça à Aliot, et hop, le décor tremble.Mais ce n’est pas tout, loin de là. On demande aussi l’invalidation de plus de 6 000 bulletins : 2 973 voix de Mathias Blanc (usage abusif des mentions « Place Publique » et « Parti socialiste » sur bulletins, affiches et tracts, alors que Langevine était l’investie officielle – ah, la confusion des électeurs, quel drame bourgeois !) et 3 193 voix de Mickaël Idrac (bulletins retournés, verso avec logos visible au lieu du recto avec les noms – une confusion qui frise le vaudeville). Bref, on attaque Aliot… et on torpille les deux autres listes de gauche. Un coup de calcaire qui râpe tout le monde, y compris les alliés potentiels. La sincérité du scrutin ? Démasquée, mes amis, démascuée jusqu’à l’os.Les répliques fusent, comme dans une bonne pièce de Horváth.

Mathias Blanc, de la liste « Perpignan Autrement », réplique avec une amertume parfaite : « On peut s’étonner du fait que ce sont les mêmes qui d’un côté rendent hommage à Lionel Jospin, décédé dimanche, artisan de la gauche plurielle, et qui, d’un autre côté, s’attachent méthodiquement à détruire toute idée d’union à gauche. » Touché.

Mickaël Idrac, qui avait déjà déposé son propre recours, ironise sur X le 18 mars : « recours irréaliste de la droite dure d’Agnès Langevine et Annabelle Brunet », accusant même la préfecture de décisions « politiques ». La gauche se mord la queue avec élégance.

Et pendant ce temps, le même jour, 20 mars, à l’hôtel de ville, on installe le conseil.

Ambiance de comédie de mœurs. Louis Aliot est réélu maire avec 43 voix. Agnès Langevine en récolte 4, Mathias Blanc 3, cinq bulletins blancs. Les autres boycottent ou votent blanc. On élit les 21 adjoints : Charles Pons reconduit en premier adjoint, une brochette de transfuges des anciennes équipes Pujol et Grau (Fatima Dahine, Chantal Bruzi, Pierre Parrat…) bien intégrés, cinq adjoints « quartiers ». La majorité applaudit, l’opposition (Langevine et Blanc) quitte la salle pendant la remise des écharpes.

Agnès Langevine intervient : elle rappelle la possible inéligibilité d’Aliot dans l’affaire des assistants parlementaires et la forte abstention. Huées de la salle. Mathias Blanc se veut « au service de tous les Perpignanais ».

Aliot, lui, garde la tête froide et lâche, avec l’émotion mesurée du vainqueur : « C’est une grosse charge d’émotion et de responsabilités. Quand on est élu au premier tour, et en plus massivement, ça veut dire que les gens comptent sur vous. Il faut garder la tête sur les épaules et je crois qu’on a une bonne équipe pour assumer les sept ans qui arrivent. »

Ainsi va la pièce, mesdames et messieurs.

La gauche, défaite, se démaquille en se tirant dessus à boulets judiciaires. Le « coup de calcaire » restera gravé dans les annales comme le symbole d’une opposition qui préfère le tribunal à la rue, le recours à l’union. Le tribunal administratif examinera tout cela dans quelques mois. Mais avec 34 points d’avance pour Aliot, qui parierait sur un retournement ? Le rideau tombe sur une gauche en pleine déroute interne, et sur une majorité qui s’installe tranquillement, comme si de rien n’était.Fin du premier acte.

Le peuple, lui, regarde déjà ailleurs. Comme toujours dans mes chroniques.

Lorsque j'ai appris ses anecdotes, à l'instar de Desproges, "j'ai repris deux fois des nouilles" 

Par contre à l'annonce de la disparition de JAD, Jacqueline Amiel Donat , j'ai pleuré comme un môme...

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 19:10

« Nostalgie »
« Le souvenir est le bourreau / Qui exécute le cœur. »

(Version originale : « El recuerdo es el verdugo / Que ajusticia el corazón. »)  

Manolo Valiente

https://journals.openedition.org/bulletinhispanique/1068

 

L'histoire tente d'être une science malgré la subjectivité humaine, la mémoire quant à elle est sélective. Il arrive parfois qu'il y ait plusieurs mémoires et donc plusieurs récits, aussi celles-ci peuvent même s'affronter!

Ce moment n'a pas encore eu lieu, et il n'a même peut-être pas lieu d'être, aussi : tout les personnages sont fictifs...Puisque après tout le mémorial de Rivesaltes est sur la commune de Salses le château...

Rivesaltes, 23 mars 2026 – Alors que les cloches de la victoire résonnent encore dans les rues de cette paisible commune des Pyrénées-Orientales (44,85 % pour la liste « Rivesaltes, l’avenir en grand »), une rumeur aussi folle qu’irrésistible circule déjà sur les réseaux : le Mémorial du camp de Rivesaltes, ce sanctuaire de béton et de mémoire, préparerait une déclaration unilatérale d’indépendance.

Oui, vous avez bien lu.

Le site qui commémore les internés espagnols, les juifs de Vichy, les harkis et les « indésirables » de tous poils envisagerait de faire sécession pour échapper au nouveau maire RN.On imagine déjà la scène. Au petit matin, la directrice du Mémorial, Céline Sala, aurait convoqué une conférence de presse improvisée entre deux barbelés rouillés. « Nous avons accueilli des réfugiés de toutes les époques, explique-t-elle les larmes aux yeux. Mais nous refusons catégoriquement d’être administrés par un maire qui chante La Marseillaise sans ironie. C’est une question de dignité historique. »

Des sources proches du site confirment : une pétition interne circule déjà parmi les plaques commémoratives.

La stèle dédiée aux républicains espagnols aurait été la première à signer, suivie de près par la plaque des Tsiganes et celle des Algériens. « On ne veut pas finir en musée du patriotisme à la sauce Potel », aurait lâché un guide touristique sous couvert d’anonymat. « Imaginez : demain, on nous oblige à ajouter un panneau “Bienvenue au camp de la fierté nationale”. Non merci, on préfère notre propre drapeau. Peut-être un fil barbelé tricolore, mais indépendant. »Du côté de la nouvelle mairie, on minimise. Julien Potel, tout juste élu et visiblement encore sous le coup de l’émotion (et du soutien surprise de l’ex-maire André Bascou), a déclaré : « Le Mémorial fait partie du patrimoine de Rivesaltes. Nous le respecterons… tant qu’il respecte la République une et indivisible. »

Traduction officieuse selon les observateurs : « On va juste y mettre un peu plus de drapeaux français et un peu moins de larmes cosmopolites. »Les Catalans du coin, habitués aux rêves d’indépendance, saluent déjà l’initiative. « Enfin un référendum utile ! » s’exclame un militant du coin, verre de Banyuls à la main. « Si le mémorial part, on le suit. Rivesaltes libre, de la frontière jusqu’aux barbelés ! » Même la gauche locale, encore sous le choc de son 19,77 %, voit là une lueur d’espoir : « Au moins, si le mémorial se barre, on pourra dire que c’est la seule chose qui a résisté au RN. »Pour l’instant, aucune demande officielle n’a été déposée à l’ONU ni même à la préfecture.

Mais des observateurs avisés notent déjà des signes avant-coureurs : les projecteurs du site s’allument et s’éteignent en morse (« SOS – Indépendance maintenant »), et les visiteurs rapportent avoir entendu les barbelés fredonner L’Internationale à voix basse.

Reste une question existentielle : si le Mémorial obtient gain de cause, qui paiera l’entretien ? Le RN proposera-t-il un partenariat public-privé avec un sponsor « patriote » ? Ou le site deviendra-t-il un parc d’attractions « Souvenirs de l’Occupation 2.0 » ?

En attendant, les Rivesaltais retiennent leur souffle. Après 42 ans de règne Bascou, la ville bascule à l’extrême droite… et son plus célèbre monument, sous la houlette de Céline Sala, menace de faire ses valises. Ironie de l’Histoire : le camp qui a vu passer tant d’exilés pourrait bien devenir le premier exilé volontaire de la nouvelle ère.

Affaire à suivre. Ou pas. Parce que, franchement, à ce stade, même les fantômes du camp doivent se marrer.

 

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 19:29

 Il appartient à chacun de faire son deuil du confort superfétatoire…

« Il appar­tient à cha­cun de faire son deuil du confort super­fé­ta­toire, et notam­ment de la socié­té de consom­ma­tion qui réduit l’être humain à sa dimen­sion d’homo oeco­no­mi­cus contem­po­rain. On devra faire son deuil de son confort intel­lec­tuel, comme nous l’a­vons vu. On devra enfin mobi­li­ser son capi­tal spi­ri­tuel en renon­çant aux délices de la pas­si­vi­té morale, des séries Net­flix, de l’a­bru­tis­se­ment de l’homo fes­ti­vus qu’a décrit Phi­lippe Muray. Sur­vi­vront ceux qui trou­ve­ront en eux des res­sources vitales, ins­tinct de sur­vie, volon­té de faire sur­vivre leurs enfants et de per­pé­tuer la civi­li­sa­tion, foi reli­gieuse, désir réflé­chi de vaincre la tyran­nie des nomades de Jacques Attali. »

Lio­nel Rondouin
Loin du confort, se pré­pa­rer à des temps trou­blés…, Xe col­loque de l’Ins­ti­tut Iliade, 15 avril 2023

 

Perpignan 2026 : le grand écart cosmique entre Téhéran et le marché de la place de la Loge (version augmentée : avec bonus autosuffisance énergétique, parce que pourquoi pas rire un peu plus fort)

Ah, Perpignan ! Ville où le soleil tape si fort qu’on pourrait presque croire qu’on est autosuffisant… en bronzage. Dimanche 15 mars, Louis Aliot (RN) rafle 50,61 % dès le premier tour, 43 sièges sur 55, une majorité si écrasante qu’on pourrait y installer un champ solaire sans que l’opposition bronche (enfin, Mickaël Idrac essaie, mais bon, recours au TA, on connaît la chanson).

Premier conseil municipal bouclé en un éclair – probablement lundi 16 ou mardi 17 mars, avec les poignées de main crispées habituelles et les adjoints élus comme on distribue des pastis en terrasse.Pendant ce temps, à 4 000 km, le Moyen-Orient joue à « qui fait le plus gros trou dans le réseau énergétique mondial » : frappes sur l’Iran, ripostes sur les sites gaziers qataris et saoudiens, Brent à 114 $ (et 150 en vue si le détroit d’Ormuz fait des siennes), gaz TTF +35 % en quelques jours, factures élec spot à 291 €/MWh le matin.

L’Europe panique, Ursula promet des « mesures », Macron parle de « flambée imminente », et les prix du gazole grimpent de 28 centimes en trois semaines. Sympa pour le plein.Et à Perpignan ? Toujours rien à foutre. Vraiment. Zéro. Que dalle. Nada.Le grand débat local, c’est toujours : est-ce que le recours d’Idrac va marcher (spoiler : non, mais ça fait causer), si Agnès Langevine arrive à placer ses 4 élus sans se faire piétiner, et si on va enfin réparer la fontaine de la Loge avant les fêtes. La guerre en Iran ? Les méthaniers escortés par l’OTAN ? Le risque de black-out partiel cet hiver si le Qatar coupe net ?

Pff. Ça, c’est pour les Parisiens qui stressent à l’idée que leur recharge Tesla passe de 0,25 € à 0,38 € le kWh.

Mais attendez, soyons justes : on pourrait théoriquement se raccrocher à un petit espoir d’autosuffisance énergétique locale, non ? Parce que Perpignan, c’est le soleil à gogo – plus de 2 400 heures par an, champion départemental du solaire dans les Pyrénées-Orientales. Près de 22 400 installations photovoltaïques (99,8 % de la production EnR du 66), +9 % en un an, +51 MW grâce à 2 400 nouvelles toitures.

L’autoconsommation cartonne : des agriculteurs près de Perpignan couvrent leurs hangars de panneaux et vendent le surplus aux voisins. Des foyers à Canet, Saint-Cyprien, Cabestany passent à l’autoconsommation avec injection réseau, et ça réduit la facture. Le département produit 10 % de l’énergie verte occitane, surtout solaire (71 % de la prod régionale EnR), un peu d’éolien (21 %, avec des repowering comme à Rivesaltes : 15 → 22 GWh/an). Et la métropole a ses vieux rêves : toits solaires, parcs éoliens d’antan (75 % des besoins résidentiels visés un jour), PCAET qui parle de multiplier par 4 les EnR d’ici 2050.Sauf que… en vrai ?

On en a toujours rien à foutre.

Parce que même avec tout ce soleil gratuit, la production locale reste une goutte d’eau face à la conso totale. Perpignan et ses 120 000 habitants, c’est pas une île déconnectée du réseau : on pompe encore massivement du nucléaire français, du gaz importé, et même si le solaire explose chez les particuliers et sur quelques hangars, la ville n’est pas près de couvrir ses besoins en hiver (quand le soleil se cache et que le chauffage électrique tourne).

L’impact d’une crise gaz/pétrole moyen-orientale ?

Direct sur les prix de l’électricité et du fioul de secours, pas sur une supposée « souveraineté locale » qui reste un joli PowerPoint. Aliot pourrait bien monter une motion « souveraineté énergétique : stop au gaz qatari, vive le solaire catalan et le nucléaire français forever » (classique RN), mais soyons réalistes : le premier conseil s’est cantonné aux classiques – installation, adjoints, peut-être une vague allusion au « contexte international » avant de passer aux subventions pour les assos de quartiers.Ici, on râle contre la butifarra +12 centimes, la taxe foncière +3,8 %, le lampadaire qui clignote.

Pas contre le fait que 150 millions de m² de zones d’accélération EnR attendent dans le 66 (loi APER oblige).

On se demande si le Canigou aura de la neige pour les photos Instagram, pas si un black-out gazier va forcer EDF à couper le jus aux heures de pointe.Le grand écart est encore plus grand maintenant : d’un côté, le monde flambe (littéralement, certains terminaux gaziers), de l’autre, Perpignan continue son petit bonhomme de chemin, avec son soleil sous-exploité, ses toits qui pourraient produire plus mais qui restent majoritairement nus, et ses habitants qui préfèrent se plaindre du prix du pastis (+30 centimes au bar du coin) plutôt que de rêver à une vraie indépendance énergétique locale.

C’est presque poétique. Ou pathétique. Ou les deux.

Vive Perpignan 2026. Que le soleil continue de briller, que le gaz qatari revienne (ou pas), et que personne ne descende dans la rue avec une pancarte « Plus de panneaux sur les toits, moins de missiles sur le Golfe ! ». Parce que franchement… on en a rien à foutre.

Pas encore. Peut-être jamais.

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 21:55

Un anonyme nous a envoyé ce texte, nous le publions donc...

"Le soleil y tombe comme une sentence capitale à midi pile.
Pas de pitié, pas d’ombre, pas d’excuse.
Juste un projecteur divin braqué sur ta petite vie inutile.
Cioran n’aurait eu qu’à s’asseoir place de la Loge, allumer une clope et noter :
« Naître ici est déjà une forme d’ironie cosmique. »

Identité ?

Un catalan qui parle français en s’excusant,
un Français qui met un drapeau jaune-rouge pour se faire pardonner d’exister.
Double imposture, double humiliation,
et toujours le même pastis pour faire passer la pilule.

Le Palais des Rois de Majorque ?

Un château pour fantômes en CDD.
On y monte pour se souvenir qu’on descend de personne
et qu’on redescendra encore plus vite.

L’ennui n’est même plus un sentiment :
c’est la météo officielle de la ville.
Dimanche 15 h, entre la Têt qui pue et le McDo qui sent le regret,
on comprend enfin pourquoi Dieu a inventé l’alcool :
pour qu’on supporte le spectacle de soi-même sous 38 °C.

Bilan en trois uppercuts :

Soleil = guillotine lumineuse  
Identité = blague que personne n’ose finir  
Ennui = seul état honnête qui reste quand on a tout compris

Perpignan ne console pas.
Elle ricane.
Et elle ricane très fort,
avec des cigales en bande-son et des touristes en pleurs.

Cioran n’a pas eu besoin d’y vivre.
La ville s’est chargée de prouver sa thèse
sans même ouvrir un de ses livres.


C’est vexant pour la philosophie,
mais follement drôle pour qui sait regarder."

 

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