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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 15:17

"... qui s’attache à un mauvais arbre reçoit mauvais ombre, et qui se met à l'abri sous la feuille se mouille deux fois, et qui se couche avec des chiens se lève avec des puces. Quelque petit que je sois, je tiens mon rang dans le monde ; chaque fourmi a sa colère ; chaque cheveu fait son ombre sur la terre, et chaque coq chante sur son fumier."

(Sancho Panza ; ch : Le petit-fils de Sancho Panza) 

 Don Quichotte - Intégrale
Miguel de Cervantes

Une épopée célinienne par Nolan : « Le Chevalier Errant et les Vents de Troie »

Imaginez ça. Plus d’Ulysse le rusé, le calculateur à la langue de miel. À sa place, Alonso Quichano, dit Don Quichotte, le vieux hidalgo maigre comme un clou, l’armure rouillée, Rocinante qui boite, Sancho qui râle en castillan approximatif. L’Iliade et l’Odyssée fusionnées, réécrites dans la langue de Céline – cette prose qui halète, qui vomit, qui zigzague avec des points de suspension à n’en plus finir… Et tout ça tourné par Nolan : plans IMAX vertigineux, temporalité éclatée, rêves et réalité qui se bouffent la queue, bande-son de Zimmer qui cogne comme un marteau sur l’âme.

L’Iliade revisitée : La Guerre des Illusions

Achille boude toujours dans sa tente, mais c’est Don Quichotte qui mène les assauts.  
Il ne voit pas des Troyens. Il voit des géants. Des enchanteurs. Des Maures.  
Il charge Hector en hurlant : « Viens çà, fils de Priam, fantôme de Freston ! Je vais te fendre en deux comme un vulgaire moulin ! »

La prose célinienne :

« Ah ! ils me parlent de gloire… de butin… de belles captives… Moi je voyais que du vent… du vent partout… les Grecs qui gueulaient comme des porchers ivres… et moi sur mon canasson crevé… lance en avant… trois fois rien… la cervelle en feu… les dieux ? Des fumistes… des metteurs en scène de pacotille… Ils nous font danser comme des pantins… et après ils rigolent… je les entends rigoler derrière les nuages… »

Patrocle meurt quand même. Mais Don Quichotte, au lieu de venger, se lance dans un monologue de trois pages sur la folie des hommes qui croient posséder la mort. Achille le regarde comme un dingue. Agamemnon veut le faire enchaîner. Seul Ajax le comprend un peu : deux fous furieux.

Troie tombe pas à cause du cheval de bois. Non. Don Quichotte persuade les Grecs de construire un énorme moulin à vent géant qu’ils laissent devant les portes. Les Troyens, hilares, le tirent à l’intérieur. La nuit, le Chevalier sort de la structure avec Sancho, Dulcinée (une Hélène kidnappée de force dans son délire) et met le feu à tout. « C’est ainsi qu’on vainc les illusions, messires ! » hurle-t-il pendant que la ville brûle.

L’Odyssée : Le Retour du Délirant

Vingt ans de mer. Mais pas les sirènes, les Cyclopes et compagnie version Homère. Tout est filtré par la folie chevaleresque et la bile célinienne.

Le Cyclope** : Polyphème devient un géant qui taxe les voyageurs. Don Quichotte l’aveugle pas avec un pieu. Il lui fait un discours sur la chevalerie errante jusqu’à ce que le monstre se suicide d’ennui.
Les Sirènes** : Elles chantent pas. Elles lui parlent de Dulcinée. La vraie. Celle qui n’existe pas. Il se fait attacher au mât en pleurant : « Elle m’attend… elle m’a toujours attendu… la garce… »
Circé** : La magicienne transforme ses compagnons en pourceaux. Don Quichotte refuse la métamorphose : « J’étais déjà cochon dans l’âme, madame, depuis longtemps… » Et il la convertit à sa cause. Elle devient sa nouvelle écuyère le temps d’un épisode.
Les Lotophages** : L’île où on oublie tout. Lui, il oublie rien. Il se souvient de chaque coup de lance, de chaque humiliation, de chaque rêve brisé. C’est les autres qui deviennent amnésiques.

Nolan filme ça en non-linéaire. On saute entre le siège de Troie, le retour, et les hallucinations du Chevalier dans sa bibliothèque de La Manche, avant même le départ. Le spectateur ne sait plus ce qui est réel. Est-ce que toute l’épopée n’est qu’un long délire d’un vieux fou qui a lu trop de romans de chevalerie ? Est-ce que les dieux sont des projections ? Est-ce que le temps est une boucle où Don Quichotte rejoue éternellement sa quête ?

La scène finale, chez Pénélope :  
Elle l’attend depuis vingt ans. Il arrive, maigre, cassé, puant le sel et la folie. Il ne la reconnaît pas vraiment. Il voit Dulcinée. Il s’agenouille : « Madame… j’ai terrassé tous les moulins du monde pour vous… »  
Puis il meurt, doucement, en murmurant des injures contre les dieux, les hommes, et surtout contre lui-même. Sancho pleure. Les prétendants, survivants, regardent ce spectacle pathétique et se sentent soudain sales.

Générique sur un plan-séquence de dix minutes : Rocinante qui marche seul sur une plage infinie, au coucher de soleil orange sang, tandis que la voix off célinienne continue de râler contre l’humanité entière.

Ce serait immonde, sublime, insupportable, génial. Un film de quatre heures qui vous laisse vidé, avec l’envie de relire à la fois Homère, Cervantes et Voyage au bout de la nuit.  

Et vous, vous le verriez comment, ce Don Quichotte odysséen sous acide nolanien et célinien ?

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19 juillet 2026 7 19 /07 /juillet /2026 15:01

« Timeo Danaos et dona ferentes »

« Je crains les Grecs, même lorsqu'ils apportent des cadeaux ».

dans la bouche de Laocoon par Virgile dans l'Énéide (II, 49)

"La théâtrocratie correspond à ce stade d'évolution de la démocratie où tout le monde se croit compétent sur tout sans avoir rien appris. Chacun acquiert alors une assurance qui se transforme bientôt en impudence, refuse toute autorité et, finalement, cherche à désobéir aux lois, ne respectant plus ni serment, ni engagement. "(Platon, Lois III, 701 A-D). 

 Petites lecons sur le grec ancien
Jacqueline de Romilly

Première impression : Littré, Jacqueline de Romilly et Lord Byron face à *L’Odyssée* de Nolan

Imaginez la scène : trois esprits hors du temps, réunis dans une salle IMAX le 18 juillet 2026, découvrent le blockbuster de Christopher Nolan. Voici leurs réactions à chaud.

Jacqueline de Romilly : « Magnifique, mais… » https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacqueline_de_Romilly
« Quel spectacle ! Ces images en IMAX, ces paysages méditerranéens filmés avec une ampleur homérique… On sent enfin l’immensité de la mer, la pontos infinie, l’errance. Matt Damon en Ulysse a cette ruse dans le regard, cette endurance ; Anne Hathaway en Pénélope apporte une profondeur émouvante. Zendaya en Athéna, Charlize Theron en Circé… les dieux et les monstres prennent une présence presque tangible. »

« Pourtant, je regrette un peu. Nolan impose sa marque : le temps circulaire, la obsession de la mémoire et de la perte, les grandes idées philosophiques superposées. L’Odyssée est aussi une épopée de la parole, des récits enchâssés, de la séduction du langage. Ici, tout est visuel, spectaculaire, parfois un peu trop moderne. Où est la métis pure, la patience rusée d’Ulysse face aux tentations ? On gagne en épopée cinématographique ce qu’on perd en intimité psychologique grecque. Mais quelle émotion tout de même : ce retour à Ithaque, cette fidélité conjugale… cela touche au cœur de ce que j’ai toujours aimé chez Homère. »

Émile Littré : « Techniquement impressionnant, linguistiquement… discutable » https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Littr%C3%A9
« J’admire la rigueur technique : un film entièrement tourné en IMAX 70 mm, une prouesse matérielle digne d’un ingénieur. La langue est belle, le scénario condense habilement les aventures. Mais je m’interroge sur certaines traductions et adaptations des termes grecs. « Métis » devient presque une stratégie de survivaliste hollywoodien ; le nostos (le retour) se teinte de trauma post-guerre à la Nolan. »

« Homère n’est pas un blockbuster. L’Odyssée est une œuvre de civilisation, de formation de l’esprit grec. Ce film la rend accessible, spectaculaire – ce qui est une victoire pour la culture –, mais risque de la transformer en machine à sensations. Les sirènes hurlent trop fort, le Cyclope est un effet spécial. J’aurais préféré plus de fidélité philologique… même si, avouons-le, voir Polyphème en grandeur nature impressionne même un vieux positiviste comme moi. »

Lord Byron : « By Jove ! Voilà enfin un Ulysse à ma démesure ! » https://fr.wikipedia.org/wiki/Lord_Byron

« Magnificent ! Explosif ! Romantique jusqu’à la moelle ! Ce Damon-Ulysse, errant, tourmenté, rusé, séducteur et maudit, c’est mon héros par excellence. J’ai toujours vu en Ulysse un esprit libre, rebelle aux dieux comme aux hommes, un aventurier qui préfère la tempête à l’ennui domestique – un peu comme moi sur le lac Léman ou en Grèce. Nolan a compris cela : il en fait un homme moderne, hanté par ses choix, pris entre la gloire de Troie et le désir du foyer. Ces scènes de mer déchaînée, ces monstres titanesques, cette sensualité chez Circé et les Sirènes… enfin du sang, de la passion, du sublime ! »

« Bien sûr, les puristes vont pinailler. Trop de spectacle ? Trop d’effets ? Balivernes ! L’Odyssée était déjà une épopée sauvage et sensuelle. Nolan y ajoute ce que j’aimais tant : l’énergie byronienne, ce mélange de mélancolie et d’exaltation, cette ironie tragique face au destin. Pénélope (Hathaway) est plus forte et plus émouvante que dans bien des versions ; Télémaque (Holland) a cette fougue juvénile que j’aurais pu écrire. Si j’avais eu ces caméras IMAX en 1810, j’aurais filmé Childe Harold exactement comme cela ! »

« Un bémol tout de même : un peu trop propre, un peu trop hollywoodien dans la résolution. Moi, j’aurais laissé Ulysse plus ambigu, plus sombre, plus… byronien. Mais dans l’ensemble : un triomphe. Je lève mon verre de vin grec à Nolan ! »

Synthèse
Romilly** défend l’âme grecque et regrette la perte d’intimité psychologique et verbale.  
Littré** salue la technique mais exige plus de rigueur philologique.  
Byron** exulte : il y retrouve son romantisme passionné, son goût pour l’aventure rebelle et le sublime visuel.  

Le film est un triomphe visuel et technique qui ravive l’intérêt pour Homère, même s’il le réinvente à la sauce Nolan : plus spectaculaire, plus introspectif et plus romantique que le poème antique. Trois grands esprits en ressortiraient fascinés, mais avec des réserves très révélatrices de leur personnalité.

Avez-vous d’autres figures à ajouter ? Ou vos propres impressions après avoir vu le film ?

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18 juillet 2026 6 18 /07 /juillet /2026 16:01

"On se dit que ce monde d'aujourd'hui est celui de Satan, puis on relit Sénèque, ou n'importe quel historien du passé, pour s'apercevoir que, dans la médiocrité, le monde a toujours été semblable à lui-même.
Peut-être notre siècle n'a-t-il progressé que dans l'organisation administrative de la déshumanisation. "

 Carnets, tome 12 : Traversée (1990)
Louis Calaferte

Pour un Jean Vilar déconstruit, parce que la culture est un marché comme un autre du fétichisme marchand...

Dans l’après-guerre, Jean Vilar fonde le Festival d’Avignon avec une ambition claire : faire du théâtre un service public démocratique, un art exigeant accessible au plus grand nombre, un lieu de communion populaire et de confrontation avec les grandes œuvres. « Élitisme pour tous », disait-il. Soixante-dix ans plus tard, ce projet semble s’être mué en son contraire : la culture est devenue un ornement social au service d’une nouvelle classe dominante.

Cette nouvelle bourgeoisie ne s’appelle plus bourgeoisie. Elle se nomme progressisme. Diplômée, urbaine, cosmopolite, elle a remplacé l’ancienne distinction par des signes de vertu morale : inclusivité, décolonialité, lutte contre les discriminations, célébration du métissage, écologie performative. La culture n’est plus un outil d’émancipation collective, mais un marqueur d’appartenance à cette classe éclairée.

Avignon : le temple mondain
Le Festival d’Avignon illustre cette évolution avec éclat. Du projet populaire de Vilar, il reste le prestige et l’exigence formelle. Mais le public est devenu massivement diplômé, âgé, issu des classes supérieures culturelles. Le In fonctionne comme un grand rendez-vous estival où l’on consomme de la création « disruptive » et des positions politiques convenues. Le Off apporte un peu de foisonnement, mais l’ensemble reste perçu comme un entre-soi élitiste. La subvention publique finance un rituel qui rassure plus qu’il ne trouble. La culture y est exigeante, certes, mais surtout confortable pour ceux qui en maîtrisent déjà les codes.

Nostre Mar à Perpignan : le versant militant
À l’échelle locale, le Festival Nostre Mar (organisé par SOS Racisme) en est la version « combat ». Dans une ville dirigée par le RN, il propose conférences d’historiens reconnus, débats sur les discriminations, la Méditerranée « métissée », les mémoires, le climat et les luttes progressistes. Formellement riche et souvent gratuit, il se veut « à contre-courant ».  

Pourtant, il incarne le même phénomène : une religion du bien-penser. Les conclusions sont connues d’avance. La Méditerranée est célébrée comme espace de mélange obligé, les débats sont cadrés dans une grille morale progressiste. Le public visé est celui des milieux associatifs, intellectuels et militants de gauche. Loin d’être un outil de réflexion populaire, c’est un exorcisme symbolique : la bourgeoisie progressiste locale se donne bonne conscience en territoire « perdu », tout en évitant l’affrontement réel avec les questions qui fâchent les classes populaires.

Le même processus de capture
Dans les deux cas, on observe la même trahison de l’esprit vilariste :
Passage d’un universalisme exigeant à un particularisme moral de classe.
Remplacement du « donner à penser » (risqué, inconfortable) par le « bien-penser » (rituel, rassurant).
Transformation de la culture en hochet : distinction sociale pour les uns, arme symbolique contre l’adversaire politique pour les autres.

Perte de la dimension réellement populaire et démocratique.

La bourgeoisie traditionnelle assumait son statut. La bourgeoisie progressiste, elle, a besoin de se croire du côté des opprimés tout en conservant les leviers du capital culturel, des réseaux et des subventions. La culture est son instrument le plus raffiné : elle permet de moraliser le peuple « égaré » sans jamais remettre en cause les mécanismes qui creusent le fossé.

Ainsi, ce qui devait être un outil d’émancipation collective est devenu un ornement démilitarisé pour les gagnants de la méritocratie culturelle. Vilar voulait réunir et élever. La nouvelle classe dominante préfère séparer et se légitimer. Tant que la culture restera captive de cette idéologie de classe rebaptisée « progressisme », elle cessera d’être un enjeu démocratique majeur pour n’être plus qu’un joli hochet mondain ou militant.

Le diagnostic est sévère, mais lucide. La question reste ouverte : la culture française saura-t-elle un jour échapper à cette capture et renouer avec son ambition originelle ?

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1 juillet 2026 3 01 /07 /juillet /2026 21:30

Audrey Fourquet , Lidia Simonet, Nanardo Di Leonardo, Salomé Vidal Salomé, Françoise Fillon , Jacques Fulcara, Jocelyne Lachenardiere,Mayder Rusling

Au cœur du quartier historique de Perpignan, à quelques pas de la place de la République, L'AtelieR s'impose comme un lieu singulier dans le paysage artistique local. Installée rue Antoine Queya, cette galerie-boutique dirigée par Lidia Simonet Afonso propose une vision de l'art résolument tournée vers la rencontre, la création contemporaine et les pratiques artisanales.

À rebours des espaces d'exposition institutionnels, L'AtelieR privilégie une approche intimiste.

Ici, le visiteur n'est pas seulement spectateur : il pénètre dans un lieu de vie où les œuvres dialoguent avec les objets de créateurs, les ateliers d'écriture, la photographie et les pratiques artistiques pluridisciplinaires. La galerie assume ainsi une identité hybride, à la frontière entre espace d'exposition, atelier de création et laboratoire culturel.

Cette orientation répond à une évolution profonde du marché de l'art, où les petites structures indépendantes jouent désormais un rôle essentiel dans la découverte de nouveaux talents et dans la diffusion d'une création plus accessible. L'AtelieR participe de cette dynamique en favorisant les échanges directs entre artistes et public, loin des circuits commerciaux traditionnels.

L'architecture même du lieu contribue à cette proximité.

Les dimensions modestes de la galerie créent une relation immédiate avec les œuvres, invitant à une observation attentive plutôt qu'à une consommation rapide de l'image. Chaque exposition peut ainsi être pensée comme une scénographie où peinture, photographie, sculpture ou création textile trouvent naturellement leur place.

La programmation ne se limite pas aux expositions. Des ateliers créatifs et des rencontres autour de l'écriture témoignent d'une volonté d'ouvrir le champ artistique à d'autres formes d'expression. Cette transversalité inscrit L'AtelieR dans une conception contemporaine de la galerie, devenue lieu de transmission autant que de diffusion.

À Perpignan, ville dont l'histoire culturelle est marquée par la photographie, l'art contemporain et les influences méditerranéennes, l'ouverture de ce type d'espace indépendant contribue à renouveler le tissu artistique local. En offrant une visibilité à des créateurs émergents comme à des artistes confirmés, L'AtelieR participe à la vitalité culturelle du centre-ville.

Plus qu'une galerie, L'AtelieR apparaît comme un espace de rencontres où se croisent pratiques artistiques, savoir-faire et dialogue avec le public.

Une adresse discrète, mais qui illustre parfaitement le rôle que peuvent jouer aujourd'hui les galeries indépendantes dans l'écosystème de l'art contemporain : celui d'un lieu d'expérimentation, de proximité et de découverte.

*Informations pratiques*

*L'AtelieR*
7 (ou 10 selon les références administratives) rue Antoine Queya
66000 Perpignan

Ouverture : du mardi au samedi, de 11 h à 19 h.

L'AtelieR, à Perpignan : un nouvel espace où l'art retrouve l'échelle humaine ! interviews par Nicolas Caudeville
L'AtelieR, à Perpignan : un nouvel espace où l'art retrouve l'échelle humaine ! interviews par Nicolas Caudeville
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19 mai 2026 2 19 /05 /mai /2026 08:15

La médiathèque de Perpignan accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, premier titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes.
Cette collection inaugure une expérience singulière : celle d’une nuit passée dans la solitude d’un site historique ou de mémoire, déserté de toute présence humaine. Lorsque les portes se ferment au public, que le silence s’installe et que le lieu reprend son souffle, le poète s’imprègne de cette atmosphère pour en livrer, au matin, la trace poétique.

Ruscino aurait pu être une des "villes invisible " d'Italo Calvino , parce qu’antiquement romaine, (mais pas que...) Elle est un espace disparu parce qu'on a voulu l'effacer! La via Domitia sur le coté duquel elle était située, a fini par disparaître elle aussi, mais bien plus tard. Alors qu'elle est le mystère de la disparition de Ruscino, comme dans le roman de Pérec: non. Dans ce cas, il ne s'agit pas de la disparition d'une voyelle, mais de la volonté d'effacement des mémoires d'un ensemble urbanistique puissant. Mais surtout dans l'espace romain : il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. Le dirigeant de Ruscino avait choisi le mauvais camp, celui de Marc-Antoine et Cléopâtre. Pour que Ruscino survive, eut-il fallu que celui-ci triompha à la bataille d'Actium face à Octave...Vae Victis...

Alors, pour aller à la recherche de ce qui a disparu, il y a en général deux méthode, l'archéologie et la littérature, et dans la littérature la poésie...

Mais voilà que sur le site, il y a un musée qui n'a jamais ouvert, Alain Pottier aède moderne par sa poésie veut passer une nuit, comme un songe d'hiver en quête des fantômes de cette histoire et en rapporter quelques vers de l'autre côté: normal pour un ancien vigneron !

Il se fait même producteur de vers, en lançant sa collection dont "Rus 2026.2" et le premier volume d'une collection qui s'intitule "Dans ce qui ne se voit pas" aux éditions Trabucaire

Prochainement en mai, notre voyageur de l'invisible fera une présentation en la médiathèque principale de Perpignan avec son maquettiste, une chanteuse et son violoncelle , ainsi qu'une pincée de lecteurs, et nous l'espérons bien-sûrs un public nombreux et enthousiaste !

Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 19:41

   " La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert."

André Malraux

Dans l’arrière-salle chaleureuse du Cochon Hardi, à Perpignan, lieu devenu familier des débats locaux, Michel Pinell était l’invité de Nicolas Caudeville pour une émission en direct de L’Archipel contre-attaque. Loin des plateaux formatés et des promotions convenues, l’entretien a permis de présenter Dialogues avec Jean, ouvrage auto-produit consacré au peintre Jean Capdeville (1917-2011), tout en élargissant la réflexion sur l’état de la culture dans les Pyrénées-Orientales et en Occitanie.

Ce cadre modeste, autour de la charcuterie catalane et des vins du terroir, offrait un contraste saisissant avec la profondeur du sujet abordé : la trajectoire d’un artiste qui a choisi la marge plutôt que la reconnaissance institutionnelle.Jean Capdeville, le « Diogène des Albères »

Né en 1917 à Saint-Jean-de-l’Albère, Jean Capdeville appartient à cette génération marquée par les tragédies du XXe siècle. Orphelin de père dès l’âge de deux ans – tué pendant la Grande Guerre –, élevé par une mère en deuil permanent, il sera ensuite prisonnier de guerre pendant quatre ans lors du second conflit mondial. C’est « par désœuvrement », vers 1947, qu’il commence à peindre, avant d’en faire l’activité centrale de son existence.

Installé à Céret, haut lieu historique de l’art moderne depuis l’avant-guerre (Picasso, Braque, Gris, Manolo…), Capdeville opère une évolution radicale : du paysage figuratif discret vers une abstraction lyrique dominée par le noir. Un noir mat, dense, presque charnel, qu’il travaille comme une matière spirituelle. Profondément marqué par la pensée de Simone Weil, notamment La Pesanteur et la Grâce, il construit une œuvre de la disparition, du retrait et du deuil. Reconnu par la galerie Maeght, fréquentant les ateliers de gravure parisiens dans les années 1960-1970, il refuse pourtant la carrière que lui ouvrait le marché de l’art et regagne volontairement son mas des Albères.

Cette posture de refus, rare dans le monde de l’art contemporain, fait de lui une figure singulière : un artiste qui a préféré la fidélité à soi-même à la visibilité médiatique et financière. Son œuvre reste encore trop peu connue du grand public, malgré une exposition marquante au musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan en 2018, qui confrontait ses toiles à celles de son neveu, Jacques Capdeville.

Michel Pinell : d’un choc esthétique à la transmission

Michel Pinell incarne un parcours atypique. Ancien banquier, il connaît en 1993 un véritable basculement esthétique qui le conduit à devenir collectionneur éclairé puis adjoint à la culture de la Ville de Perpignan sous le mandat de Jean-Marc Pujol. Son passage à ce poste reste dans les mémoires locales pour son volontarisme et son soutien affirmé aux artistes du territoire, avant une démission en 2019.Dialogues avec Jean, préfacé par Joséphine Matamoros (ancienne conservatrice des musées de Céret et Collioure), est le fruit de longues conversations enregistrées avec le peintre.

Plus qu’une simple monographie, l’ouvrage restitue la parole vivante de Capdeville, éclaire son processus créatif et sa vision du monde.

Auto-édité et diffusé dans les librairies indépendantes du Roussillon (Torcatis, Llibreria Catalana, Le Cheval dans l’Arbre…), il constitue un acte de résistance modeste mais déterminé contre l’oubli programmé des figures locales exigeantes.

La culture en question : historique, bilan critique et prospective inquiète

L’entretien a rapidement débordé le cadre du livre pour aborder la situation plus générale de la vie culturelle dans le département et la région. La référence à Serge Regourd, président de la commission Culture de la Région Occitanie et auteur de SOS Culture (2021), n’était pas fortuite. Ce juriste, professeur émérite de droit public, y dresse un constat sévère des impasses des politiques culturelles néolibérales : marchandisation, événementiel spectaculaire, affaiblissement des structures de création et de diffusion, et recul de l’ambition artistique au profit d’une logique d’animation sociale.

L’échange a ainsi suivi trois temps :

Historique : du rôle central de Céret dans la modernité picturale du début du XXe siècle à la politique culturelle décentralisée de l’après-1981, puis aux recompositions post-décentralisation et à l’ère des « métropoles » et des « clusters créatifs ».
Bilan : si le tissu associatif et le patrimoine restent riches, les faiblesses structurelles sautent aux yeux – sous-financement chronique des lieux de création, précarité des artistes, concentration des moyens sur quelques grands équipements, et fragilisation accentuée par la crise sanitaire et les contraintes budgétaires locales.
Prospective : comment redonner à la culture sa fonction critique et émancipatrice plutôt que de la réduire à un outil de marketing territorial ? Comment mieux soutenir la création vivante et transmettre les œuvres exigeantes face à la pression des algorithmes et de la culture de masse numérisée ?

Dans un département marqué par de fortes inégalités sociales et un sentiment d’abandon périphérique, la question culturelle n’est pas secondaire.

Elle touche à l’identité, à la cohésion sociale et à la capacité collective de résister à l’uniformisation.Par sa présence au Cochon Hardi, Michel Pinell a rappelé, avec modestie et conviction, qu’une culture vivante passe d’abord par la transmission fidèle des œuvres et des parcours, loin des effets d’annonce et des subventions conditionnées. Dialogues avec Jean en est une belle illustration.

 

Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
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10 mai 2026 7 10 /05 /mai /2026 18:19

    "Tout homme, pourvu qu'il soit courageux au travail comme au danger, en vaut n'importe quel autre et que seule la vie faussée des villes permet aux pleutres et aux inutiles d'en imposer à meilleurs qu'eux."

Témoin parmi les hommes de Joseph Kessel

 – Chronique théâtrale
C'était le 14 avril dernier « Kessel ou la liberté à tout prix », avec Franck Desmedt au Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon

Ah, mes chers amis, l'Archipel contre attaque section "Le Masque et la Plume" s’invite ce soir sous le ciel catalan, en direct – ou presque – des coulisses du Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon, cette jolie salle de 246 places (ou 550 en configuration debout) inaugurée en 2006, qui pulse au rythme d’une saison culturelle vivante entre Pyrénées et Méditerranée. 

 

Franck Desmedt, ce comédien irrésistible, directeur depuis 2016 du Théâtre de la Huchette à Paris, Molière du meilleur comédien dans un second rôle en 2018 pour Adieu Monsieur Haffmann, et nominé aux Molières 2024 en seul-en-scène, était là, en chair et en os, pour nous parler avant d’entrer en scène. L’homme porte en lui une flamme qui ne s’éteint pas : celle des grands aventuriers de la littérature. 

 

Un portrait flamboyant d’un homme qui a traversé le siècle

Dans Kessel ou la liberté à tout prix, texte de Mathieu Rannou mis en scène par ce dernier, avec des décors signés Desmedt lui-même et des costumes de Virginie H., le comédien incarne Joseph Kessel – « Jef » pour les intimes –, né en 1898 en Argentine de parents juifs lituaniens, mort en 1979, académicien, grand reporter, romancier, aviateur, résistant. Un siècle en ébullition résumé en 1h10 de feu et de mots. 

 

Kessel, ce n’est pas un écrivain de salon.

Correspondant de guerre, il a vu la Première Guerre mondiale, la Révolution russe, la montée du nazisme, la naissance d’Israël. Avec son neveu Maurice Druon, il compose les paroles du Chant des Partisans en 1943, hymne de la Résistance, après avoir rejoint de Gaulle à Londres via les Pyrénées. Il publie L’Armée des ombres, boit avec tout le monde – d’Édith Piaf à Humphrey Bogart –, explore l’Afghanistan, la Corne de l’Afrique, et importe même les Alcooliques Anonymes en France. La liberté, chez lui, n’était pas négociable. 

 

La performance de Desmedt : un corps et une voix en mouvement

Ce qui frappe chez Franck Desmedt, c’est cette capacité à habiter le personnage sans le singer. Chaque intonation, chaque geste semble pesé au gramme près, et pourtant tout respire la liberté. On l’a vu dans La Promesse de l’Aube ou Voyage au bout de la nuit : il a l’art de faire revivre ces géants littéraires avec une virtuosité qui frôle l’incandescence. Ici, un simple voile devient tous les décors du monde – Russie enneigée, ciel d’Afrique, bars parisiens enfumés. C’est du grand art. 

 

Certains critiques y voient un « portrait flamboyant », d’autres une « magistrale interprétation » qui confronte le spectateur à un siècle sanglant et passionné. On sent l’admiration, presque la fraternité, entre l’acteur girondin et l’écrivain aventurier. Desmedt choisit souvent des personnages « à l’étroit dans leur vie et qui l’ont fait craquer de partout ». Kessel en est l’archétype. 

 

Un hymne à la liberté qui tombe à pic

À l’heure où les vents de l’époque soufflent parfois le conformisme et la peur, ce spectacle rappelle qu’il exista des hommes pour qui la liberté valait tous les prix – y compris celui de l’excès, de l’alcool, des tourments. Kessel n’était pas un saint ; c’était mieux : un vivant.

Et Desmedt nous le rend palpitant, drôle, émouvant, excessif.

Alors, si vous passez par Canet-en-Roussillon ou si la tournée vous rattrape (le spectacle a déjà enchanté Paris, Avignon, Lisbonne…), courez. Vous sortirez de là avec l’envie de relire Le Lion, L’Armée des ombres ou Les Cavaliers, un verre à la main et le cœur un peu plus large.Verdict du Masque : TTT (Trois Thésards Triomphants). Un seul-en-scène qui n’est pas seul : il est accompagné de tout un siècle. Merci, Franck Desmedt. La liberté, ce soir, avait le visage et la voix d’un comédien en état de grâce. Jérôme Garcin n’aurait sans doute pas dit mieux.

Un grand remerciement à Pascal Ferro, Jérôme et Jennifer qui ont rendu le moment possible

C'était le 14 avril dernier « Kessel ou la liberté à tout prix », avec Franck Desmedt au Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon! interview par Nicolas Caudeville
C'était le 14 avril dernier « Kessel ou la liberté à tout prix », avec Franck Desmedt au Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon! interview par Nicolas Caudeville
C'était le 14 avril dernier « Kessel ou la liberté à tout prix », avec Franck Desmedt au Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon! interview par Nicolas Caudeville
C'était le 14 avril dernier « Kessel ou la liberté à tout prix », avec Franck Desmedt au Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon! interview par Nicolas Caudeville
C'était le 14 avril dernier « Kessel ou la liberté à tout prix », avec Franck Desmedt au Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon! interview par Nicolas Caudeville
C'était le 14 avril dernier « Kessel ou la liberté à tout prix », avec Franck Desmedt au Théâtre Jean Piat de Canet-en-Roussillon! interview par Nicolas Caudeville
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15 février 2026 7 15 /02 /février /2026 16:05

Dans le vent salé des docks numériques, un archipel émerge.

Pas celui des cartes postales touristiques, mais un archipel de mots tranchants, d’éclats d’énergie brute et de rage lucide. C’est L’Archipel contre-attaque !, ce blog qui refuse le silence poli de la place publique. Et aujourd’hui, l’artiste catalano-suédois Frédéric Iriarte lui rend un hommage musical : une chanson intitulée « Bye bye Suède raciste, bienvenue Catalogne ».

Un cri de fraternité, un adieu ironique à une Suède qu’il perçoit gangrenée par certains discours, et un bienvenue chaleureux à la Catalogne Nord, terre de résistance et de franc-parler.

Frédéric Iriarte, artiste plasticien « irréaliste éclectique », sculpteur, compositeur et électro-poète, vit en Suède depuis 1986. Né à Paris en 1963, il porte en lui ce mélange explosif : racines françaises, sensibilité catalane et un œil critique aiguisé sur les hypocrisies du Nord.https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2018/09/l-artiste-perpignanais-freric-iriarte-organise-le-stockholm-beat-poetry-festival-et-prophetise-des-jardins-aux-fruits-delicieux-inte

Sa chanson n’est pas une simple dédicace.

C’est une déclaration d’allégeance à un projet journalistique et citoyen qui, depuis des années, secoue Perpignan et ses environs.Au cœur de cet archipel numérique : Nicolas Caudeville, plume acérée, regard ironique et indomptable. Depuis les émeutes de mai 2005, il chronique sans concession la dérive de la ville et de son agglomération – cet « archipel » qui sombre, selon lui, dans les abysses du clientélisme, du silence complice et des promesses trop courtes.

Le blog reste éveillé tard, quand la ville se démaquille.

Caudeville est aux manettes, plume accrochée à l’épaule, ironie en bandoulière. Il regarde le pouvoir en face, sans se laisser intimider. Il rit quand il devrait se taire, et mord quand il devrait se contenter de commenter.Ici, les nouvelles ne sont jamais tièdes. Elles sentent la rue, le café fort, les trop longues réunions du conseil municipal, les magouilles à peine voilées.

Le style est gonzo pur jus : débordant, penché, agité. On rejette la double langue officielle, on préfère les expériences brutes, sans filtre. Interviews en face-à-face, reportages de base, plongées dans la cultura popular et le malestar social – tout ce que la façade lisse des institutions cache derrière les affiches et les discours policés.Sur Overblog, les mots s’alignent comme des combattants. Sur Facebook, ils s’agglutinent en foule bruyante.

L’Archipel devient une constellation critique : commentaires enflammés, débats houleux, désaccords assumés. Ce n’est pas un continent sage et consensuel. C’est un archipel en insurrection permanente, qui déshabille certains médias et certains pouvoirs, tout en gardant la mémoire vive.Frédéric Iriarte l’a bien compris. Sa chanson n’est pas qu’un clin d’œil artistique.

Elle célèbre cette riposte quotidienne : l’Archipel qui contre-attaque, qui refuse de laisser la ville muette quand elle hurle intérieurement. Perpignan comme boussole, Pyrénées-Orientales à l’horizon catalan. Dans les fils numériques, les îles se relient, unies par une même envie de vérité crue.L’Archipel riposte !
Et Frédéric Iriarte, depuis sa Suède qu’il quitte symboliquement en chanson, apporte sa voix à ce chœur dissonant.
Bye bye hypocrisie nordique.
Bienvenue Catalogne libre, têtue, vivante.Nicolas Caudeville et son équipe peuvent être fiers : leur archipel n’est plus seulement une chronique locale. Il est devenu une inspiration au-delà des frontières. Merci Frédéric, pour ce tube de résistance. Que le vent salé continue de porter ces mots jusqu’aux docks du monde entier.(Inspiré du texte hommage circulant et du blog L’Archipel contre-attaque ! – février 2026)

 

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9 octobre 2025 4 09 /10 /octobre /2025 17:45


“Vous, Français, vous vous battez pour de l'argent. Et nous, Anglais, nous nous battons pour l'honneur. - Chacun se bat pour ce qui lui manque !”

Robert Surcouf
 

Mémoire de Surcouf, le corsaire français : Une fresque monumentale à Port-Vendres https://www.portvendres.fr/actualites/fresque-40-metres-port-vendres

Moi, Robert Surcouf, corsaire de légende, pourrais presque sentir le vent salé de Port-Vendres en contemplant l’honneur rendu à l’histoire maritime par une fresque grandiose. En ce jour du 9 octobre 2025, dans cette ville des Pyrénées-Orientales, une œuvre d’art de 40 mètres de long et 2,5 mètres de haut, signée Marc Doury, a pris place sur le baladoir de la jetée. Si mes yeux de marin pouvaient encore voir, ils s’émerveilleraient devant cette création qui, tel un pavillon hissé fièrement, célèbre l’âme de la côte vermeille.Cette fresque, tout juste dévoilée, capte déjà les regards des badauds, comme un vaisseau attirant l’équipage.

Ses couleurs éclatantes et ses détails minutieux racontent l’épopée maritime de Port-Vendres : des pêcheurs d’antan, bravant les flots, aux navires modernes fendant l’écume, en passant par les paysages flamboyants de cette côte que j’aurais aimé sillonner. Elle est une ode à la mer, ma maîtresse d’autrefois, peinte avec la fougue d’un combat naval.Protégée par un vernis spécial, cette œuvre défie les assauts du sel, du vent et des embruns, comme un brick taillé pour les tempêtes. Mieux encore, elle est montée sur un ingénieux système de rails, permettant de la démonter chaque hiver, à l’abri des bourrasques, pour la préserver telle une précieuse cargaison.

Six mois par an, elle trônera sur la jetée, puis se retirera, fidèle à la prudence d’un marin aguerri.

Un promeneur, ému, a murmuré : « C’est une œuvre magnifique, elle donne à ce mur une allure de vaisseau amiral et charme encore plus la jetée. » Ces mots, je les fais miens, car cette fresque n’est pas qu’un ornement : elle est un phare, un repère pour les âmes de Port-Vendres, habitants comme voyageurs, invités à plonger dans l’histoire maritime à travers le pinceau inspiré de Marc Doury.Si j’étais encore de ce monde, je saluerais les agents municipaux qui, avec soin, ont arrimé cette fresque au baladoir, comme on hisse une voile avant le grand départ. Port-Vendres, par ce geste, hisse haut son pavillon patrimonial, et moi, Surcouf, je m’incline devant cette mer d’art et de mémoire.
 

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27 août 2025 3 27 /08 /août /2025 13:19

“L'homme génétique nouveau pourra parler aux mouches.”
Ben / Libération - A quoi pensez-vous ?

Avec pas mal de rencontre, Claude Viallat, Jean-Luc et Titi Parant, Gao Xinjian, Marcel Alocco, Tremlett, Gilbert Lascault, Cueco, Serge Pey, Takesada Matsutani, Albert Merz, Claude Massé....etc etc

 

À Elne, dans les Pyrénées-Orientales, un homme orchestre une symphonie de papier, d’encre et de liberté : **Richard Meier**, éditeur, imprimeur, plasticien, écrivain, et surtout inventeur. À la tête de **Voix Éditions**, il sculpte des livres d’artistes qui ne se contentent pas d’être lus, mais vécus, palpés, dépliés, contemplés. Ce Lorrain d’origine, ancré dans le sud, a fait de son atelier un laboratoire où le livre devient une scène, un espace de confrontation entre le texte et l’image, un objet-expérience qui bouscule les conventions. « Tous ces livres, je les ai imprimés et reliés moi-même. Je les compose comme un chef d’orchestre devant une partition. Ils doivent correspondre à l’artiste, mais ils me ressemblent un peu aussi », confie Meier, avec cette malice qui trahit l’audace d’un créateur insatiable.( regardez pour plus de confort en mode ordinnateur)

Un parcours au fil des avant-gardes

Richard Meier n’est pas un novice. Son parcours est jalonné de rencontres décisives avec des figures des avant-gardes. Il a côtoyé le mouvement **Supports/Surfaces**, collaboré avec l’Allemand Aloys Ohlmann du Gruppe Sieben, et croisé des esprits libres comme Altagor, Di Rosa, Ben, Vodaine ou encore Henri Chopin, pionnier de la poésie sonore. Ces échanges ont forgé son regard et sa pratique, où l’expérimentation est reine. Plasticien avant tout, Meier a fait du livre un terrain de jeu, un espace où la typographie devient un « paysage graphique », où le papier se plie, se déplie, se perfore, se disloque pour mieux révéler l’âme des mots et des images.

Voix Éditions : une aventure de 46 ans

Depuis plus de 46 ans, Voix Éditions, niché au **Lieu Dit Mas Despres** à Elne, produit des objets rares : plus de **600 ouvrages**, des carnets intimes aux collaborations avec des artistes locaux, nationaux et internationaux. Meier y explore des formats audacieux : le **leporello**, ce livre en accordéon qui se déploie comme une fresque, ou les **Firebox**, ces boîtes d’allumettes métamorphosées en supports artistiques. Parmi les œuvres phares, citons la **Collection Canigó**, où 23 artistes réinterprètent le patrimoine des Pyrénées-Orientales, ou encore le leporello monumental de **Sylvie Selig**, reproduction à l’échelle de son tableau *River of no return*, long de 140 mètres, réduit à 21 mètres de pur vertige graphique. Sans oublier les *Grands Pliés* et *Livres lèvres*, signés par des pointures comme Michel Butor, Serge Pey ou Claude Viallat.

Meier ne se contente pas d’éditer, il invente. Il a mis au point l’**alugraphie**, un procédé d’impression unique, et traite la typographie comme une partition visuelle et sonore. « Je privilégie les avant-gardistes, ceux qui remuent le cocotier », aime-t-il dire, un sourire en coin. Ses livres sont des « théâtres topographiques », où le texte et l’image se rencontrent dans une simultanéité qui évoque à la fois la liberté futuriste de Marinetti (*Les Mots en liberté*) et les jeux spatiaux de Perec (*Espèces d’espaces*). Chaque ouvrage est un work in progress, une mise en scène qui brise les cadres pour s’adresser à l’intelligence et à l’émotion du lecteur.

 Une vie d’expositions

Le travail de Meier s’expose autant qu’il se lit. En **2025**, la médiathèque de Perpignan accueille « *La voix qui regarde* » (jusqu’au 8 mai), une rétrospective de 46 ans de création, où l’on peut admirer le leporello de Selig ou les Firebox. En **2023**, l’Enseigne des Oudins à Paris mettait à l’honneur ses recherches sur la typographie et la géographie du livre. En **2018**, l’hôtel Pams explorait ses leporellos dans « *De Job aux Firebox* », et dès **2006**, Perpignan consacrait une première exposition aux éditions Voix. Chaque événement révèle un peu plus l’ampleur de son œuvre, où le livre devient une aventure sensorielle.

 Un artisan de la démesure

Meier ne fait pas dans la demi-mesure. Ses créations jouent avec les formats – boules, broadsheets XXL, pliages inattendus – et les techniques, des perforations aux déstructurations. Son *Journal peint* (2021), illustré en couleurs au format 17 cm, côtoie des projets récents comme ceux avec Fabio Purino, Lydie Planas, ou la performance filmée de Serge Pey et Claire Sulpice, « *La barque de Pierre* », prévue pour avril 2025. Chaque livre est une provocation douce, un défi à la lecture linéaire, une invitation à voir et entendre autrement.

L’âme d’un inventeur

« Mes livres sont des mises en scènes et mises en pages », explique Meier, qui voit dans chaque ouvrage une partition à interpréter. Il se revendique artisan, mais aussi alchimiste, transformant le plomb du papier en or poétique. Ses créations, à la croisée du texte et de l’image, sont des objets vivants, des espaces où l’on entre comme dans un théâtre. À Elne, Richard Meier continue de « remuer le cocotier », faisant de Voix Éditions un laboratoire unique, où l’héritage des avant-gardes rencontre l’audace d’un futur sans limites.


**Site** : [www.voixeditions.com](http://www.voixeditions.com)

*J Met Baran, , chroniqueur des âmes libres et des arts qui dansent hors des sentiers battus.*

Richard Meier, l’alchimiste du livre d’art à Elne !Par  Met Baran, alias En Jaumette  interview par N Caudeville featuring Alain Pottier
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Richard Meier, l’alchimiste du livre d’art à Elne !Par  Met Baran, alias En Jaumette  interview par N Caudeville featuring Alain Pottier
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