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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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10 septembre 2026 4 10 /09 /septembre /2026 12:42

« Chaque fois que nous transformons le choc d’autrui en objet de mépris, nous alimentons le sbeule collectif. Choisissons plutôt d’élever le climat relationnel. »
— Dr. Élise Vartan, Neuroscience & Social Cognition, 2023

« Réduire le Sbeule Index commence par un geste simple : cesser de s’indigner de l’indignation des autres. »
— Dr. Sophie Bernard, Revue Française de Sociologie des Émotions, 2022

« Le plus grand acte de maturité émotionnelle de notre époque pourrait bien être celui-ci : laisser les autres se choquer sans y répondre par une nouvelle vague d’indignation. »
— Dr. Thi Nguyen & Dr. Claire Moreau, Social Neuroscience Letters, 2024

 

 

 

 Le Dr. Armand Lefebvre, PhD en psychosociologie interactionnelle, Laboratoire d’Études des Dynamiques Affectives Collectives (LEDAC), Institut Supérieur des Sciences Humaines Appliquées et notre correspondante Kimberley Dainar.

Dans le cadre de nos recherches longitudinales menées entre 2019 et 2025 auprès de plus de 4 200 sujets en milieu urbain occidental, une tendance sociétale alarmante s’est imposée avec une clarté statistique incontestable : l’indignation face au chocapisme. Ce phénomène, que nous proposons de nommer chocapismophobie, désigne la réaction d’irritation, de rejet ou de mépris systématique face à la propension d’autrui à exprimer un choc émotionnel ou moral rapide. Loin d’être une simple posture discursive, cette réaction s’apparente à un mécanisme pathologique générateur de génance relationnelle et de dégradation de l’ambiance sociale — ce que les sujets de nos panels désignent familièrement sous le terme de « sbeule ».

Définition opérationnelle et cadre théorique

Le chocapisme (du grec khokē, choc, et du suffixe -isme) correspond à une sensibilité affective élevée face à des stimuli symboliques, discursifs ou comportementaux perçus comme transgressifs. La chocapismophobie, quant à elle, se manifeste par une indignation secondaire : le sujet chocapismophobe ne tolère pas que l’autre puisse être choqué. Il interprète cette sensibilité comme une faiblesse, une forme de tyrannie morale ou un manque de « robustesse cognitive ».

Nos observations indiquent que cette indignantion de second ordre active un circuit de rétroaction négative. Selon le modèle que nous avons formalisé (Lefebvre & al., 2024), la chocapismophobie produit :

Une élévation mesurable du cortisol salivaire chez les interlocuteurs (augmentation moyenne de 18,7 % en situation de confrontation conversationnelle).
Une diminution de la synchronie émotionnelle interpersonnelle, objectivée par analyse micro-expressionnelle.
Un climat de génance diffuse — état de gêne relationnelle chronique caractérisé par l’anticipation d’un jugement de « trop de sensibilité » ou, inversement, de « trop d’insensibilité ».

Données empiriques

Dans l’étude multicentrique « Ambiance Sociale et Seuils de Tolérance Affective » (ASSTA-2023), 67 % des participants déclarant une forte chocapismophobie ont également rapporté une détérioration subjective de la qualité des interactions quotidiennes. Plus précisément :

54 % évoquent un « alourdissement de l’atmosphère » (le fameux sbeule).
41 % déclarent éviter certaines discussions par crainte de déclencher soit un chocapisme, soit une réaction chocapismophobe.
Les analyses de variance montrent une corrélation significative (r = 0,62 ; p < 0,001) entre le score de chocapismophobie et la perception d’une « toxicité relationnelle diffuse ».

Le Dr. Élise Vartan, spécialiste en neuropsychologie des émotions sociales, précise : « Lorsque l’indignation se déplace du contenu initial vers la simple existence de la sensibilité d’autrui, on assiste à une forme de méta-indignation qui appauvrit le champ conversationnel. Le sbeule n’est pas une impression subjective ; c’est un marqueur de dysrégulation collective. »

Mécanismes de propagation

La chocapismophobie se propage selon un modèle épidémiologique classique de contagion sociale. Un individu exprime une irritation face à ce qu’il juge être une « facilité à être choqué ». Cette irritation est perçue par d’autres comme légitime, ce qui renforce la norme implicite selon laquelle la sensibilité est suspecte. Résultat : un climat où chacun surveille à la fois sa propre capacité à choquer et sa propre capacité à tolérer le choc des autres. La marge de manœuvre communicative se rétrécit. La génance s’installe.

Nous avons observé que ce phénomène est particulièrement marqué dans les contextes de forte exposition médiatique et numérique, où la visibilité des réactions émotionnelles est amplifiée. La chocapismophobie y fonctionne comme une stratégie de distinction : « Je ne suis pas de ceux qui se choquent facilement, donc je m’indigne de ceux qui le font. »

Conséquences et perspectives

Laisser prospérer la chocapismophobie sans la nommer revient à normaliser un appauvrissement du tissu relationnel. La génance chronique et le sbeule ne sont pas de simples désagréments ; ils constituent des facteurs de risque pour la cohésion sociale à moyenne échelle. Nos travaux suggèrent qu’une prise de conscience collective — analogue à celle qui a permis de reconnaître d’autres formes de toxicité interactionnelle — pourrait contribuer à restaurer une plus grande plasticité émotionnelle dans les échanges.

En conclusion, la chocapismophobie toxique n’est pas une opinion. C’est un processus observable, quantifiable et, dans une certaine mesure, contournable. Reconnaître que s’indigner de la sensibilité des autres peut elle-même devenir source de mauvaise ambiance constitue, selon nous, un premier pas vers une écologie relationnelle plus durable.

Le Dr. Armand Lefebvre porte une blouse blanche lorsqu’il présente ces résultats en colloque. Cela n’a aucun effet sur la validité des données, mais renforce la perception de sérieux. Comme dans les publicités de dentifrice.

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9 septembre 2026 3 09 /09 /septembre /2026 19:27

« Le Catalan peut encercler ses ennemis, tout seul » proverbe

Le 66 a choisi de rester le 66. Ou plutôt : il a choisi de ne pas choisir.

Personne ici n’a d’avis particulier sur le nom. Pyrénées-Orientales, Pyrénées Catalanes ou Pyrénées Méditerranée… ce ne sont que des étiquettes collées sur le même paysage, le même vent, le même vin. Ce qui compte, c’est l’idée qui a gagné : celle de se prononcer. Même à 10 %. Même de justesse. Même pour aboutir au statu quo. Et même si ces 10 % de participation ressemblent surtout à 90 % d’abstention.

Voici le tableau, pour ceux qui préfèrent les chiffres aux discours :

| Option                  | Pourcentage | Nombre de voix |
|-------------------------|-------------|----------------|
| Pyrénées-Orientales    | 47,21 % | 18 025    |
| Pyrénées Catalanes      | 42,15 % | 16 092    |
| Pyrénées Méditerranée   | 10,64 % | 4 061     |

38 178 voix exprimées.

Un peu plus de 10 % des inscrits. Autrement dit, près de neuf habitants sur dix ont préféré rester chez eux. Deux mille voix d’écart entre le premier et le second. Assez pour que le nom reste le même. Pas assez pour que l’on puisse dire que rien ne s’est passé. Et largement assez pour rappeler que la liberté de choisir inclut aussi celle de ne pas choisir.

On avait écarté « Pays catalan », trop tranchant sans doute.

On a proposé trois options plus sages. Les habitants ont voté. Certains en ligne, d’autres par courrier. La grande majorité a regardé passer le débat comme on regarde passer un nuage. Et le résultat est tombé : on garde l’ancien nom.

Ce n’est pas une victoire du nom. C’est une victoire relative de l’idée qu’il valait la peine de demander. Comme le rappelait Périclès, rapporté par Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Ici, une minorité a choisi de ne pas se reposer. Une majorité écrasante a choisi le repos. Les deux ont exercé leur liberté. On aurait pu laisser dormir la question. On a préféré la poser. Le silence des 90 % fait partie de la réponse.

Hermeline Malherbe parle d’attachement à la catalanité. Louis Aliot de tour de manège.

Peu importe. L’essentiel n’est pas dans ce qu’ils disent du nom. Il est dans le fait que, pour une fois, on a forcé le département à regarder ses habitants dans les yeux et à leur demander : que voulez-vous porter ? La plupart ont répondu en restant silencieux. C’est déjà une forme de choix.

Le 66 reste le 66. Mais l’idée, elle, a progressé d’un pas. Même fatigué. Même ironique. Même en gardant le même costume. Et même avec 90 % d’abstention pour lui rappeler que la liberté, parfois, préfère se reposer.

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9 septembre 2026 3 09 /09 /septembre /2026 13:37

« Refuser de se taire n’est pas un crime. Revendiquer de meilleures conditions de travail n’est pas un délit. Défendre les droits des travailleurs, c’est défendre la justice sociale. Réduire les syndicats au silence, c’est affaiblir la démocratie. » 

Confédération générale du travail (CGT)

Le rail jaune et l’ombre : Management par la sanction : la CGT accuse la SNCF de viser ses militants

Il y a des hommes qui portent le chemin comme on porte une cicatrice. Julien Berthélémy est de ceux-là. Conducteur du Train jaune, ce serpent électrique qui rampe entre les crêtes de Cerdagne, de Villefranche à Latour-de-Carol, il conduit aussi, depuis des années, la colère ordonnée des cheminots dans les Pyrénées-Orientales. Secrétaire général de la CGT du département, il marche droit, la tête haute, dans un pays où les rails se font rares et les sanctions se multiplient.

On l’a convoqué. Conseil de discipline le 17 septembre.

La direction, cette machine froide aux rouages invisibles, lui reproche d’avoir repris la marche sans attendre le feu vert du chef de ligne. Un geste, peut-être, une impatience, un oubli dans le grand ballet des autorisations. Pour cela, on lui promet le dernier avertissement avant la chute, douze jours de mise à pied, et la mutation disciplinaire — ce bannissement soft qui arrache un homme à sa terre, à son train, à sa mémoire. À côté de lui, un collègue subit le même tribunal pour avoir laissé monter un journaliste en cabine. Sans permission. L’un et l’autre se tiennent au bord du même précipice.

L’été a été brûlant. Les trains ont souffert.

Climatisations mortes, toilettes scellées, rames supprimées, voyageurs à bout, agressions qui doublent sur les contrôleurs isolés. Sous-effectif chronique. On part avec un seul agent là où il en faudrait deux, parfois aucun. Et pendant que le métal grince sous le soleil, la direction multiplie les dossiers. Dès qu’un cheminot relève la tête, la sanction tombe, disproportionnée, lourde comme une dalle. Mécaniciens, contrôleurs, conducteurs : la liste s’allonge. On punit la fatigue, on punit l’initiative, on punit la parole.

Le Train jaune n’est pas seulement une ligne.

C’est une veine ouverte dans la montagne, un fil de survie pour les villages, un défi lancé à l’abandon. Berthélémy le sait. Il l’a défendu longtemps, ce rail étroit, contre les oubliés et les calculs. Aujourd’hui, c’est lui qu’on veut déplacer, suspendre, briser un peu plus. La grève a grincé le 8 septembre dans l’ex-Languedoc-Roussillon. On a réclamé des embauches, des conditions dignes, la fin de ce management par la peur. Mais la machine continue. Elle convoque. Elle propose. Elle menace.

Il y a quelque chose d’impitoyable dans ces procédures.

L’homme sur le quai, le geste trop vif, la règle non respectée à la lettre, et soudain le dossier s’épaissit. On ne regarde plus le corps fatigué, ni la chaleur collée aux rails, ni la solitude du conducteur face à la pente. On regarde la faute. On la grossit. On la transforme en exemple. Douze jours sans salaire. Une mutation. Le dernier avertissement qui pèse comme une lame.

Berthélémy reste debout.

Le Train jaune continue de grimper. La montagne n’a pas changé. Seulement les hommes, parfois, se retrouvent plus seuls face aux papiers et aux conseils. Le 17 septembre, on tranchera. Ou on n’entendra rien. Dans le silence des bureaux, le rail jaune continue de vibrer, indifférent aux dossiers, fidèle seulement à ceux qui le font vivre.

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2 septembre 2026 3 02 /09 /septembre /2026 13:20

"Quand vous commencez à discutailler avec un gang de motards sauvages, vos chances de vous en tirer entier se limitent exactement au nombre d'alliés de poids que vous pouvez rameuter le temps d'écraser une canette de bière. Dans leur milieu, autant laisser l'esprit sportif au vestiaire, aux vieux libéraux et aux jeunes cons."

 Hell's Angels
Hunter S. Thompson

Des grandes plûmes avec un style affirmé, des journalistes informés pas qu'on doive informer, des dossiers sur les problèmes de chez nous, des enquêtes donnant lieu à des scandales qui changent la manière de faire sur un territoire, des interviews denses, avec des questions qui remettent en question le discours comparés aux actes de l'interlocuteur,des suppléments qui racontent ce qu'a été le parcours du territoire et où en est son identité,  la découverte d'un jeune artiste et son accompagnement jusqu'à son triomphe sur la scène nationale, voir internationale, une présence visible dans la cité par des plateaux en direct en collaboration avec d'autres médias pour des regards différents et contrasté sur un sujet, une campagne, les résultats d'une élection, le tout relayé par la dynamique d'un club de la presse qui joue la carte de la diversité de la liberté d'expression...

Nous ne voulons plus d'une presse qui ne soit que la caisse de résonance de ceux qui l'achètent parce qu'elle ne se vend pas!

Nous voulons d'une presse qui nous parle du réel, pas d'un territoire qu'elle imagine et comment il devrait être ! Nous voulons des journalistes pas des courtisans complaisants ! Nous voulons des journalistes qui traînent dans les bars et les "backstages", pas pour boire des rosés piscine ou pamplemousse, mais pour recueillir des informations "off record" non-mises en scène pour ce qu'elles ne sont pas ! Nous voulons des journalistes qui ont rêvé d'exercer un métier de service public et démocratique, pas d'un titre d'une carte presse et des avantages à laquelle elle donne droit ! 

Ce n'est pas en postant des vidéos tournées depuis la rédaction en incantant "le terrain", "la proximité" avec un ton fade d'IA, ou en prenant un ton pleurnichard, comme si les bébés phoques sur la banquise devaient parler depuis que Brigitte Bardot ne peut plus les protéger : "voyez vous 2027 sans nous ?

Et bien oui, vous n'êtes plus indispensables. Oui,  vous êtes devenu remplaçables gratuit ou payant

Voir la séquence sur le terme "remplaçable" dans Rambo 2 , sur le bateau sur le fleuve: "Co Bao :
Pourquoi ils t’ont choisi ? Parce que tu aimes te battre ?

Rambo :Non… Je suis remplaçable.

Co Bao :Remplaçable… Qu’est-ce que ça veut dire, « remplaçable » ?

Rambo :C’est comme si quelqu’un t’invite à une fête et que tu n’y vas pas. Ça n’a pas vraiment d’importance."

Oui, vous n'avez plus d'utilité social en l'état !

Pourquoi ?

Parce que vous avez glissez petit à petit du côté Au secours de la farce ! Comme le disait Yoda. Maître Yoda à propos du côté obscur est : « Le côté obscur n'est pas plus fort, c'est la voie rapide, facile et séduisante. " 

Il aurait pu rajouter : "c'est la voix de la complaisance !" 

Je suis le premier chagriné de cette situation, de ce qu'elle désigne en creux et de ses conséquences pour tous !

Alors, la question qui vient ensuite, c'est par quoi sera remplacé ce vide: pas que par l'IA ! Qui seront les prompteurs influant derrière l'IA

La disparition de Jean-François Leroy, c'est le symbole de la fin d'une époque. Celle du photo-journalisme comme mode massif d'information, mais aussi d'une certaine idée de l'information et du métier d'informer...

 

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27 août 2026 4 27 /08 /août /2026 18:43

"Le monde est une vraie porcherie
Les hommes se comportent comm'des porcs
De l'élevage en batterie
A des milliers de tonnes de morts "

Bérurier Noirs "Porcherie"

Entre mai et juillet 2026, des caméras se sont planquées dans le ventre de la bête. À l’abattoir de Perpignan, La Catalane d’abattage, celui qu’on a inauguré en 2015 avec des sous publics et des grands sourires. Résultat des courses : 5 h 30 de rushs qui collent à l’estomac.

Des cochons qui prennent des coups de poing comme au ring. Un type qui enfonce son avant-bras dans la plaie d’un cochon encore bien réveillé. Des moutons balancés par la toison ou par les pattes comme des sacs de linge sale. Des vaches et des ovins découpés en pleine conscience, le regard encore là. Le couloir d’amenée en angle droit qui force les bêtes à se faire électrocuter et asperger pour avancer. Le box de contention qui tient pas les bovins, donc l’étourdissement rate, et hop, on découpe vivant.

Rien d’accidentel, clame L214. Tout est dans le design. Et pendant ce temps, les services vétérinaires de l’État sont là tous les jours d’abattage. Ils regardent. Ou ils regardent ailleurs.

Le 26 août, L214 balance les images et porte plainte pour actes de cruauté, sévices graves et mauvais traitements. Ils demandent la fermeture immédiate. Une pétition tourne. Une marche est annoncée pour le 3 octobre à Paris : « fermeture des abattoirs ».

Les réactions de la belle machine

La préfecture se réveille en 24 heures. Mise à pied de deux salariés. Inspection ordonnée. Et le 27 août, coup de théâtre : l’agrément pour l’abattage rituel (halal, casher, sans étourdissement) est suspendu. Une inspection générale de 48 heures est prévue fin août. On contrôle. On suspend. On continue.

Côté direction, Jean-Claude Coulet trouve « inadmissibles » les coups de poing. Un salarié est licencié, un autre part à la retraite. « Gestes malencontreux », « actes isolés », « épiphénomène » sur des milliers d’animaux par semaine. On va faire des travaux. On va se plaindre de l’effraction des caméras. Tout va bien, circulez.

L214, eux, ne lâchent pas : « Rien n’est accidentel. Le niveau d’atrocités est très élevé. Cet abattoir a été construit avec de l’argent public et il n’est toujours pas capable de respecter les règles minimales. Il doit fermer. »

L’établissement emploie une trentaine de personnes, sort 5 800 tonnes de viande par an. Il reste ouvert. Sous surveillance. En attendant que la machine digère le scandale et repasse à autre chose.

Comme d’habitude.  
La viande arrive dans les assiettes.  
Les images, elles, restent dans la gorge.

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25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 13:37

Dans les collines de Big Sur, un général confédéré fantôme plantait des pastèques pourries sous une pluie qui n’en finissait plus de tomber. Il n’avait jamais commandé personne. Il n’avait jamais gagné une seule bataille. Il tenait simplement un sceptre en plastique rose, volé dans une boutique de souvenirs pour touristes qui croyaient encore aux histoires de héros et de destin. Le sceptre ne pesait rien. Il ne commandait rien. Mais il brillait faiblement sous la brume, comme une promesse déjà pourrie.

La France s’est transformée en une longue plage de Big Sur où les candidatures poussent comme des champignons après l’orage.

Elles sortent de partout : d’un podcast abandonné à la troisième émission, d’un plateau télé où l’on mange des croissants en parlant de « vision », d’un thread écrit à trois heures du matin entre deux verres de vin tiède, d’un compte TikTok qui a fait trois cent quarante-sept vues. Elles se multiplient. Elles saturent l’air. Elles occupent l’espace comme des méduses sans cerveau qui piquent quand même, juste pour rappeler qu’elles existent.

Le seuil de Peters mesure exactement le niveau d’incompétence. C’est la hauteur précise où l’on devient définitivement inapte. Au-delà, on ne sait plus. On ne peut plus. On ne devrait plus. C’est un point de non-retour mesurable, froid, presque scientifique.

Le plafond de verre, lui, fixe le niveau qu’on ne dépassera pas. Invisible, collant, tenu par l’habitude, par les réseaux, par ceux qui préfèrent que rien ne bouge vraiment.

Deux notions distinctes. Deux limites différentes.Mais la médiocrité a décidé de les confondre.

Elle regarde son propre seuil de Peters — ce point exact où elle devient incompétente — et elle le prend pour un plafond de verre. Alors elle frappe. Elle veut le faire péter. Elle brandit le sceptre des tocards et crie à l’injustice, à la discrimination, au système qui l’empêche d’aller plus haut. Elle transforme son incompétence en martyr. Elle transforme sa limite naturelle en complot. Elle fait de son seuil un mur à abattre, et de son incapacité une cause noble.

On les voit défiler sous les spots : celui qui croit que la géopolitique se résume à un emoji et trois phrases toutes faites, celle qui pense que l’économie tient dans un TikTok de quinze secondes, l’autre qui a découvert la Constitution dans un fil Twitter un soir d’insomnie, le suivant qui confond « projet » et « posture ». Ils disent « je suis le changement ». Ils disent « je suis le peuple ». Ils disent « je suis l’avenir ». Ils disent « le plafond de verre doit sauter ». En réalité, ils cognent contre leur propre incompétence et appellent ça une révolution. Ils multiplient les candidatures pour faire croire que le pouvoir est une loterie où l’on tire au sort le moins inapte, ou le plus bruyant, ou le plus convaincu de sa propre importance.

Pourtant, au-delà du seuil de Peters et du plafond de verre, ceux qui sont déjà là-haut sont aussi médiocres.

Exactement aussi médiocres. Ils n’ont pas plus de vision, pas plus de souffle, pas plus de substance. Ils occupent simplement l’étage supérieur avec la même légèreté, le même vide, la même conviction molle. Ils n’ont donc aucun besoin de craindre la concurrence de ceux qui cognent en dessous. Pas besoin de concurrence de dessous de plafond. Pas besoin de concurrence de dessous de seuil. La médiocrité est déjà partout, répartie avec une égalité presque démocratique. Ceux d’en haut n’ont rien à protéger d’autre que leur place. Ceux d’en bas n’ont rien à conquérir d’autre que l’illusion qu’il y a quelque chose à conquérir.

Le sceptre des tocards brille.

Il est rose. Il est léger. Il ne vaut rien. Mais tout le monde veut le tenir : ceux d’en bas, juste au-dessus de leur propre seuil d’incompétence, en prétendant que c’est un plafond de verre qui les retient ; ceux d’en haut, qui le regardent avec un sourire las, sachant qu’il ne change rien à leur propre nullité. Ils le brandissent comme s’il pouvait faire reculer la mer. Comme s’il pouvait transformer la médiocrité en destin. Comme s’il pouvait faire oublier que le seuil de Peters ne se brise pas : on s’y installe, on y reste, on y multiplie les discours pour masquer qu’on n’ira pas plus loin — et que, de toute façon, plus loin, c’est exactement la même chose.

Dans les collines de Big Sur, le général confédéré fantôme range son sceptre.

Il sait. Les tocards n’occupent jamais vraiment le pouvoir ; ils saturent l’espace autour, en haut comme en bas. Ils font croire que monter plus haut est un droit, alors que c’est seulement une confusion entre deux limites, et que ces deux limites n’enferment que de la même eau stagnante. Et pendant ce temps, la mer continue de monter, indifférente, en léchant les pastèques pourries qui flottent déjà sur l’eau grise de 2027. Le sceptre brille encore un instant. Puis il s’éteint, comme toutes les promesses trop légères, laissant seulement le bruit mou des candidatures qui continuent de pousser, inutiles et innombrables.

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24 août 2026 1 24 /08 /août /2026 13:55

« Gloup ! Gloup ! Gloup ! Entartons, entartons le pompeux cornichon ! »

« Toutes les personnes imbues de leur propre pouvoir, les incarnations de l'autorité la plus gluante, tous ceux qui se prennent tragiquement au sérieux sont des cibles ! »

« Le choix est donc enfantin, il n'y a pas à ergoter bien longtemps avant de désigner les pires crapules, les cibles idylliques... »

 
Le cri de guerre de Noël Godin, l'célèbre "entarteur"
Noël Godin au centre et Jan Bucquoy à l'extrême droite de la photo
Avec Benoît Delépine

 

Noël Godin, connu de tous sous le nom de Georges Le Gloupier ou plus simplement « l’Entarteur », nous a quittés le dimanche 23 août 2026 à l’âge de 80 ans. Né le 13 septembre 1945 à Liège, cet agitateur anarcho-humoristique belge a passé plus d’un demi-siècle à transformer la tarte à la crème en arme de subversion joyeuse, non violente et redoutablement efficace. Écrivain, critique de cinéma, acteur occasionnel et théoricien d’une révolte pâtissière, il laisse derrière lui une œuvre et une légende qui ont marqué durablement le paysage culturel francophone.

Une jeunesse cinéphile et rebelle

Fils d’une mère pieuse et d’un père avocat, Noël Godin grandit à Liège dans un milieu catholique qu’il ne tardera pas à contester. Passionné de cinéma dès l’enfance – il choisissait déjà les « fifilms » que la famille irait voir –, il découvre très jeune les pages de la revue Positif, bastion du surréalisme et de la contestation. Mai 68 le confirme dans sa conviction que la révolution doit être joyeuse. Il abandonne des études de droit et d’histoire du cinéma à l’Université de Liège pour se lancer dans l’action. Dès novembre 1968, il verse un pot de colle sur un professeur réactionnaire. Le 11 décembre 1969, à Louvain, il réalise son premier véritable entartage : Marguerite Duras, venue présenter Détruire, dit-elle. Le personnage de Georges Le Gloupier – inventé par son ami Jean-Pierre Bouyxou – est né. Avec sa fausse barbe, ses lunettes, parfois un nœud papillon, et le cri rituélique « Gloup ! Gloup ! », Godin inaugure une forme d’attentat pâtissier qui restera sa signature.

La croisade contre les « pompeux cornichons »

Sa règle était simple et inflexible : ne frapper que ceux qui se prennent « très, très, très au sérieux ». Les tartes étaient toujours molles – crème Chantilly et génoise souple – pour ne blesser personne. Parmi les victimes les plus célèbres : Maurice Béjart, Henri Guillemin, Marco Ferreri, Jean-Luc Godard, Patrick Bruel, Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Sarkozy, Bill Gates (son « plus beau coup », le 4 février 1998 à Bruxelles, qui lui vaut une notoriété mondiale) et, bien sûr, Bernard-Henri Lévy, entarté au moins sept ou huit fois entre 1985 et 2015. Godin avait promis d’arrêter uniquement le jour où BHL chanterait en public Le Chapeau de Zozo de Maurice Chevalier. Ce jour n’est jamais venu.

Il s’inscrivait volontairement dans une lignée qui allait des slapsticks de Mack Sennett aux Marx Brothers, de Bugs Bunny aux Yippies d’Abbie Hoffman, des surréalistes français aux utopistes comme Charles Fourier. L’entartage n’était pas un simple gag : c’était un acte politique, une « tempête pâtissière » destinée à rappeler aux puissants qu’ils n’étaient que des hommes. Des émules naquirent un peu partout, formant ce qu’il appelait l’Internationale pâtissière.

L’écrivain et le critique
Parallèlement à ses actions, Noël Godin fut un prolifique critique et écrivain. Pendant quinze ans, il écrivit sans être démasqué dans la revue catholique Amis du film, inventant de fausses interviews, de faux réalisateurs et de longues critiques de films imaginaires. Il collabora ensuite à Ciné Revue, Actuel, Visions, Siné Hebdo (où il tenait la rubrique « L’Entarteur littéraire »), Psikopat, Zélium, CQFD, Siné Mensuel et d’autres publications saturiques.  

Parmi ses livres les plus importants :  

Anthologie de la subversion carabinée (1988-1989, plusieurs fois rééditée),  
Crème et châtiment : Mémoires d’un entarteur (1995),  
Grabuge ! 10 réjouissantes façons de planter le système (2002, coécrit avec Benoît Delépine, Aimable Jr. et Matthias Sanderson),  
Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005).  

Il reçut le Grand prix de l’humour noir en 1995 et le Prix de la Dent dure en 1996… occasions qu’il saisit pour s’entarter lui-même.

Complicités cinématographiques
Noël Godin fut aussi un fidèle compagnon de route du cinéma belge le plus iconoclaste.

Avec Jan Bucquoy, l’amitié fut profonde et durable. Godin apparaît dans plusieurs volets de la saga La Vie sexuelle des Belges :

Sur le tournage de Camping Cosmos de et avec Jan Bucquoy,Noël Godin, le chanteur Arno et LOlo Ferrari

  
La Vie sexuelle des Belges 1950-1978 (1994) et Camping Cosmos (1996), où il incarne une savoureuse parodie de l’écrivain Pierre Mertens,  
La Jouissance des hystériques (2000),  
La Vie politique des Belges (2002).  

Leur complicité déborde largement l’écran. En mai 1996, à Cannes, Godin et Bucquoy entartent ensemble Daniel Toscan du Plantier sur les marches du Palais des Festivals. Godin lance la première tarte en criant « Entartons, entartons les pontifiants croûtons ! », Bucquoy envoie immédiatement la seconde. Cet épisode est immortalisé dans le court métrage de Bucquoy Crème et Châtiment (1997).  

En 2005, Bucquoy leur consacre un film entier : Les Vacances de Noël. Les deux sexagénaires y partent à l’assaut du Festival de Cannes 2004, dragueurs indomptables, refusant de vieillir, confrontés à une jeunesse qui les regarde avec un mélange d’amusement et d’indifférence. C’est l’une des apparitions les plus longues et les plus personnelles de Godin, un portrait tendre et grinçant de deux vieux anarchistes qui refusent de baisser les bras.  

Sa dernière apparition chez Bucquoy, plus discrète, figure dans La Dernière Tentation des Belges (2021), où il interprète un simple membre du jury. Le temps avait passé, la présence s’était faite plus effacée, mais la complicité restait intacte.

Avec Benoît Delépine (souvent associé à Gustave Kervern), Godin partage un même goût pour l’absurde et la satire sociale. Outre la collaboration à l’écriture de Grabuge !, il joue dans plusieurs de leurs films : un clochard volubile dans Aaltra (2004), la « statue du tartobole » dans Mammuth (2010) et le marié dans Le Grand Soir (2012).

Un héritage de crème et de liberté
Atteint dans les dernières années d’une maladie qui abîmait sa mémoire, Noël Godin n’avait rien perdu de sa fantaisie ni de sa gaîté. Jusqu’au bout, il resta ce personnage unique, reconnaissable dans la rue, toujours prêt à parler du prochain entartage ou à commenter l’actualité avec la même irrévérence.

Noël Godin n’a jamais prétendu changer le monde. Il a simplement voulu rappeler, tarte après tarte, que le pouvoir, l’ego et le sérieux excessif méritent d’être régulièrement arrosés de Chantilly. Dans un monde de plus en plus polarisé et solennel, sa leçon reste précieuse : la subversion la plus radicale peut aussi être la plus légère, la plus drôle, la plus humaine.

« Entartons, entartons les pompeux cornichons ! »  

Adieu, Georges Le Gloupier.  
La crème que tu as répandue continuera longtemps de tacher les égos.

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20 août 2026 4 20 /08 /août /2026 13:40

"La vie est pavée d'occasions perdues."

La Promesse de l'aube
Romain Gary

La canicule, n'est pas le mal récessif le plus dangereux dans le département, mais l’absence général de personnel politique qualifié. Et leur volonté inversement proportionnelle de vouloir s'imposer dans l'espace public n’arrange rien...

Pour un peu, s'il mettait la même énergie pour obtenir un mandat et le conserver, que pour résoudre les problèmes non pas des électeurs mais des habitants: c'est comme le monde avec une Cléopâtre et un nez différent ; la mesure de celui-ci en serait bouleversée. Rajoutez à cela un carcan de règles, de normes, de procédures à respecter au prorata de la "hiérarchie de la norme", qui font que l'angle mort de l'action est quasi inexistant. Même si, le personnel politique, lorsqu'un problème déborde des poubelles, fait mine de le déplorer, il ne lutte par contre, puisque c'est la garantie de l'impunité de l'inaction.

Ainsi donc, notre "démocatrie" est en permanence en nécessité d'avoir recours à la "théâtrocratie" déjà dénoncée par Platon ( le philosophe grec, pas le film d'Oliver Stone, puis de toutes manières, il faut 2 OO )  .

Ce qui nous amène aux petites scénettes, comme au dernier conseil municipal de Perpignan, ou des suites du recours contre l'élection de Louis Aliot pour un deuxième mandat à la mairie de Perpignan par Agnès Langevine. 

Non contente d'attaquer les bulletins supposés douteux de Louis Aliot ( C'est de bonne guerre, même si la guerre, c'est mâle!) de la dernière municipale à un coup, un tour dans son sac (comme le fusil pour tirer dans les coins) , elle remet en doute ceux des listes de gauche... 

Comme pour se venger, que face à "la menace fascistes des heures sombres" , qu'elle a contribué à faire élire en 2020 en jetant l'éponge de la tête de liste : réunions avec elle de 2 autres femmes, Caroline Forgue et Clotilde Ripoull, du fait que la gauche déjà scindée n'avait pas voulu faire l'union de sa tête de liste de centre droit.

Parce que les votes de partis en local, ne l'avaient désigné comme représentante de l'union, elle s'était imposée par la région Occitanie (Carole Delga) , et le cadre national d'un parti post-socialiste porté par Raphaël Glucksmann (candidat putatif aux prochaines présidentielles) au doux nom de place publique, cassant ainsi une improbable synergie face au RN du centre-gauche et au-delà vers l'infinie.

Comme cet enfant qui insiste à faire rentrer l'étoile dans la fenêtre vide à forme carré , et à coup de maillet ! Le tout pour donner le dernier mot d'une querelle entre Jean Codognès toujours vivant, et le regretté Christian Bourquin et ses reliquats (heu, je veux dire, ses saintes reliques). 

Il y a quelque-chose de "psychanalithique" (comme un age paléolithique de la psyché) non réglée: c'est bien le moins pour une femme dont le métier d'origine était psychologue !

L'ancienne professionnelle se serait-elle catégorisée de part l'enchaînement de ses actions, comme une personne toxique ? Cependant, son "Agnès-spreading" commence, enfin continue, d'être étouffant, et même contre productif, même pour elle ! 

Si au moins la presse locale (exceptée  Ici) qui porte le veuvage de ses lecteurs à petits coups de vidéos "épleureuses", lui indiquait comme un titre d'un roman de Romain Gary : "Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable" 

Mais toujours pour faire dans les romans de Gary, celle-ci est plutôt dans "Gros câlin" !

 

Platoon est un film de guerre américano-britannique écrit et réalisé par Oliver Stone, sorti en 1986. L'action se déroule pendant la guerre du Viêt Nam. Il est en partie inspiré par la propre vie du réalisateur, qui s'est lui-même engagé comme volontaire pour la guerre du Viêt Nam où il a été blessé à deux reprises.

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19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 18:14

"Nous ne sommes pas des cendres tièdes !"

Dieter Brazzor

 

Dieter Brazzor (né en 1968 à Perpignan) est un personnage fictif : exégète indépendant, essayiste et intellectuel catalaniste de Catalogne Nord. Formé en philosophie à l’université de Barcelone puis à Montpellier, il a longtemps vécu en retrait, publiant de manière confidentielle des essais qui croisent Nietzsche et la question identitaire des territoires périphériques. Ses ouvrages — Zarathoustra aux confins (2019), Le dernier homme catalan (2022) et Graines pyrophites (2025) — restaient connus d’un cercle restreint jusqu’à l’été 2026.

C’est précisément au moment où le département des Pyrénées-Orientales était traversé par deux crises simultanées — l’immense incendie de Trévillach et la consultation citoyenne sur le nom du département — que Brazzor a fait irruption sur la scène publique locale.

L’irruption du volcan intellectuel Brazzor !

Fin juin 2026, alors que les flammes de Trévillach commencent à ravager près de 4 900 hectares, forcent l’évacuation de 12 000 personnes et laissent des paysages de désolation autour de Rodès et d’Ille-sur-Têt, Brazzor publie une tribune dans L’Indépendant. Le titre est sec et provocateur : « Le dernier homme regarde brûler sa maison et demande une indemnité ».

Dans ce texte, il reprend la figure nietzschéenne du « dernier homme » — celui qui a inventé le bonheur médiocre, la sécurité, l’égalité nivelée — et l’applique directement au territoire.

Selon lui, le dernier homme local est celui qui, depuis le traité des Pyrénées de 1659, a accepté l’effacement progressif de la catalanité au profit d’un cadre administratif neutre, touristique et confortable.

Face aux incendies, ce dernier homme ne voit que la catastrophe à gérer, les assurances à activer et le retour à la normale. Brazzor, lui, propose une autre lecture, inspirée des plantes pyrophites : ces espèces dont les graines ne germent qu’après le passage du feu, transformant la destruction en condition de renaissance.

« Les Pyrénées-Orientales ne sont pas un décor. Elles sont un sol de graines pyrophites : chaque incendie ouvre une brèche où l’identité catalane peut encore germer, à condition que nous refusions le confort de l’oubli. »

« Quand 4 900 hectares partent en fumée et que douze mille habitants fuient, le dernier homme cherche l’assurance et le retour à la normale. Zarathoustra, lui, cherche l’étincelle qui fera éclater les graines. »

La tribune est d’abord accueillie avec surprise. Puis elle circule. En quelques jours, elle est reprise, commentée, attaquée et défendue sur les réseaux locaux, dans les groupes Facebook de villages touchés par le feu, sur X et dans les fils Telegram catalanistes.

La polarisation sur les réseaux et dans la presse
Les débats s’enflamment rapidement. D’un côté, des associations culturelles et identitaires (Oui au Pays catalan, membres de La Bressola, militants de Plataforma per la Llengua, certains collectifs d’Angelets de la Terra) saluent une parole rare : enfin quelqu’un qui refuse de réduire le territoire à une zone de gestion de crise ou à un produit touristique. Des posts viraux reprennent ses formules : « graines pyrophites », « le dernier homme cligne de l’œil devant les flammes ». Des habitants de communes évacuées écrivent que ses mots leur ont « rendu une dignité » face à la destruction.

De l’autre côté, les critiques fusent. Des élus départementaux et des commentateurs locaux accusent Brazzor de « romantisme dangereux », de « récupération identitaire » et même de « minimiser la souffrance humaine » en transformant une catastrophe climatique et humaine en métaphore philosophique. Sur les réseaux, on lui reproche d’instrumentaliser le deuil des sinistrés. Un éditorial de L’Indépendant lui répond avec ironie : « Pendant que les pompiers luttent, le philosophe allume des concepts. » Des voix plus centrées l’accusent de diviser un département déjà fragilisé par la canicule, la tramontane et les feux.

Brazzor ne se dérobe pas.

Dans une série de posts et une seconde tribune publiée début août, il durcit le ton et relie explicitement les incendies à la consultation citoyenne alors en cours (22 juin – 15 août 2026) sur le futur nom du département :

« Le dernier homme a inventé le bonheur dans l’ombre des préfectures et des panneaux touristiques. Il cligne de l’œil devant les flammes et dit : “Nous avons maîtrisé le risque.” Mais le territoire, lui, se souvient. Les graines pyrophites attendent. »

« Nommer “Pyrénées Catalanes”, c’est déjà allumer le feu nécessaire. Refuser ce nom, c’est laisser les graines dormir dans la cendre tiède du dernier homme. »

Pour lui, les trois options proposées — conserver « Pyrénées-Orientales », choisir « Pyrénées Méditerranée » ou adopter « Pyrénées Catalanes » — ne sont pas anodines. La faible participation (environ 10 % des inscrits, autour de 40 000 votes) et la tentation du statu quo ou du branding touristique illustrent précisément le triomphe possible du dernier homme. À l’inverse, le vote pour « Pyrénées Catalanes », soutenu par de nombreuses associations, apparaît comme la chaleur qui peut faire éclater les graines : un acte de nomination qui refuse le nivellement.

Un débat qui déborde le local

Au fil des semaines d’août 2026, alors que le risque d’incendie reste élevé (secteurs des Corbières et du Roussillon placés en « risque exceptionnel »), que de petits feux continuent d’éclater et que les résultats de la consultation se font attendre, le nom de Brazzor devient un marqueur. On parle de « l’effet Brazzor » dans certains cercles. Des journalistes locaux lui consacrent des portraits. Des débats radiophoniques l’invitent (ou l’attaquent). Sur les réseaux, des mèmes circulent : Zarathoustra en casque de pompier, ou le « dernier homme » en short de touriste face à un panneau « Pyrénées-Orientales », tandis que des graines pyrophites germent dans les cendres.

Ses défenseurs voient en lui une voix qui redonne du sens à un territoire trop souvent réduit à ses handicaps (sécheresse, feux, précarité, dépendance touristique). Ses détracteurs dénoncent un intellectualisme hors-sol, voire une forme de nationalisme culturel déguisé en philosophie. Brazzor, de son côté, maintient la même ligne : le territoire des Pyrénées-Orientales est un sol de graines pyrophites. Le feu réel et le feu symbolique (celui du nom, de la langue, de la mémoire) ne s’opposent pas. Ils se répondent. Et le dernier homme, lui, préfère toujours la cendre tiède au risque de la germination.

Ainsi, en quelques semaines de l’été 2026, un exégète jusqu’alors obscur est devenu l’une des figures les plus discutées — et les plus polémiques — de la Catalogne Nord.

Non pas parce qu’il apportait des solutions techniques aux incendies ou des propositions institutionnelles précises, mais parce qu’il forçait une question dérangeante : et si le vrai danger n’était pas seulement le feu qui brûle les collines, mais celui qui empêche les graines pyrophites de jamais germer sur ce territoire ?

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16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 14:43

“Les contes de fées n'existent que dans les contes de fées. La vérité est plus décevante. La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment.”
― Frédéric Beigbeder, L'amour dure trois ans - Le roman suivi du scénario du film

Ce texte nous a été envoyé à la rédaction. Nous ne savons pas comment le prendre au premier degré ou au second ou plus subtil ...Il est officiellement adressé au catalanistes ?

Salut à toi.

Je regarde ce qui se passe à Perpignan depuis six ans, et franchement… les catalanistes me font trop penser à certains mecs dans les relations. Toujours en train de fêter des défaites. Toujours en mode « on nous attaque », « on nous efface », « c’est une injustice historique ». Pendant ce temps, Louis Aliot, lui, il gagne. Encore. Et encore.

Alors je vais être claire : la solution pour les catalanistes de Catalogne Nord, ce n’est pas de devenir plus sensibles ou plus « victimes ». C’est de se comporter en "masculinistes". Oui, le mot qui fâche. Mais reste jusqu’au bout, parce que je vais te sortir du concret, des chiffres et un peu d’histoire.

D’abord le contexte historique, rapidement.  
1659, traité des Pyrénées : le Roussillon devient français. Depuis, l’État a fait ce qu’il sait faire : centraliser, uniformiser. Le catalan a survécu en famille et dans les villages, mais politiquement il a été marginalisé. Au XXe siècle, il y a eu un renouveau culturel. Sous les Alduy puis sous Jean-Marc Pujol, la mairie a joué la carte « Perpignan la Catalane ». Panneaux bilingues, subventions, mariages en catalan, discours sur la Catalogne Nord. C’était soft, culturel, gentil. Résultat électoral ? Quasi nul. Les listes purement catalanistes sont restées confidentielles pendant des décennies.

Arrive Aliot en 2020.  
Premier tour : 35,65 %. Deuxième tour : 53,09 %. Il devient maire.  
En 2026, il passe à 50,61 % dès le premier tour (16 835 voix). Majority absolue. Face à lui, Agnès Langevine (Place publique / PS) fait 15,94 %, Bruno Nougayrède (union de la droite) 13,45 %, la gauche radicale autour de 9-10 %. Aucune liste catalaniste pure n’a pesé. Même les candidats les plus ouverts à la catalanité n’ont pas réussi à mobiliser au-delà d’une minorité.

Et concrètement, qu’est-ce qu’il a fait sur le sujet ?  
Il a changé « Perpignan la Catalane » en « Perpignan la Rayonnante ».  
Il a supprimé la délégation purement catalaniste.  
Il a arrêté les mariages célébrés en catalan à la mairie.  
Et surtout les sous : en août 2026, il a coupé net la subvention de 25 000 euros par an à l’Office public de la langue catalane (OPLC). Argument officiel : « multiples défaillances et défauts d’efficacité », budget trop centré sur le fonctionnement. Ces 25 000 euros, il les redirige vers un nouvel Institut du Roussillon (plus axé sur l’identité française/roussillonnaise et les liens avec Majorque).  
Pour la Bressola (écoles immersives catalanes), sous Pujol il y avait une aide exceptionnelle d’environ 70 000 euros. Sous Aliot, la ville ne verse plus que le forfait scolaire obligatoire (environ 195 000 euros au total, mais c’est la loi, pas une subvention volontaire). Les associations le disent elles-mêmes : « zéro subvention discrétionnaire ».

Maintenant, regarde ailleurs pour comprendre le problème.  
En Corse, les nationalistes et autonomistes gagnent des villes importantes (Bastia, Porto-Vecchio…) et pèsent très lourd aux territoriales. Ils ont un vrai rapport de force.  
Au Pays basque français, les listes régionalistes ont pris plusieurs communes de plus de 5 000 habitants.  
En Bretagne, les autonomistes restent faibles électoralement, mais ils ont au moins une présence structurée et des scores parfois à deux chiffres dans certains cantons.  
En Catalogne Nord ? Presque rien. Le catalanisme politique reste marginal, même si le sentiment culturel existe encore chez une partie de la population.

C’est exactement le même schéma que je vois dans les relations hommes-femmes.  
Le mec trop gentil, trop « dans le dialogue », trop prêt à s’excuser, qui célèbre ses défaites comme des victoires morales… finit toujours par perdre face à celui qui assume le rapport de force. Aliot n’a pas gagné parce qu’il est plus « cultivé ». Il a gagné parce qu’il a priorisé la sécurité, la propreté, l’ordre, et qu’il a refusé de s’excuser d’être français d’abord. Pendant que les catalanistes restaient dans la plainte et le symbolique, lui il avançait.

Donc oui, la solution, c’est de se comporter en "masculinistes".  
Arrêter de transformer chaque défaite en badge d’honneur.  
Arrêter de supplier qu’on vous reconnaisse.  
Arrêter de croire que le simple fait de « défendre la culture » suffit quand vous n’avez ni les voix ni le rapport de force.  
Devenir solides, stratégiques, sans complexe. Prioriser ce qui marche vraiment (sécurité, économie, enracinement local attractif) plutôt que le folklore permanent. Assumer un catalanisme qui n’a plus besoin de la permission de personne.

Et regardons un peu plus loin que les élections et les subventions.

La démographie et les sondages montrent exactement le même problème.

Dans les Pyrénées-Orientales, environ 61 % des habitants disent comprendre le catalan, mais seulement autour de 35 % savent le parler, et la transmission familiale est quasi morte chez les jeunes. Le français domine largement, surtout en ville. Pourtant, les sondages IFOP de 2025 sont clairs : 67 % des Nord-Catalans sont favorables à un statut d’autonomie régionale, 79 % veulent un vrai renforcement du pouvoir des régions, 24 % se sentent plus nord-catalans que français, et près de 90 % soutiennent l’enseignement du catalan et de l’histoire régionale. Il y a donc un sentiment identitaire qui existe encore… mais qui ne se traduit ni en votes ni en rapport de force.Côté tourisme, c’est encore plus parlant. Le département est le 7e de France avec 1,3 milliard d’euros de retombées et des millions de nuitées. L’identité catalane est un vrai argument de vente : patrimoine, Palais des Rois de Majorque, proximité avec la Catalogne du Sud, touristes espagnols et catalans qui viennent en nombre. Même Aliot sait que ça attire. Mais au lieu d’en faire un levier de puissance politique, les catalanistes en restent au folklore et à la plainte. Pendant ce temps, d’autres régions (Corse, Pays basque) transforment le même capital identitaire et touristique en votes et en pouvoir réel. C’est exactement ça le problème. Vous avez un fond de sentiment populaire, un atout touristique, une histoire… et vous continuez à perdre poliment. Un vrai "masculiniste", lui, prendrait ces éléments et les transformerait en force. Pas en communiqués tristes.

Parce que tant que vous resterez dans cette posture douce et gémissante, Aliot et ceux qui pensent comme lui continueront à gagner. Exactement comme les femmes modernes continuent de gagner face aux mecs trop accommodants.

La force, ça ne se quémande pas.  
Ça se construit.  
Ça s’affirme.  
Et parfois, ça s’impose.

Voilà.  
Si tu es catalaniste et que tu te reconnais dans la plainte permanente, médite un peu ces chiffres.  
Si tu es d’accord, dis-le.  
Si tu trouves que je suis trop dure, dis-le aussi.  
Mais arrêtez juste de fêter uniquement des défaites. Ça ne mène nulle part.

Hékima.

 

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