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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
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27 septembre 2026 7 27 /09 /septembre /2026 18:53

"Finalement, je plaide coupable d'avoir mis l'idée de l'homme au-dessus de l'idée de l'humanité."
Arthur Koestler "Le zéro et l'infini 1940

 « Elle est déjà chair brûlée, Adso. Bernardo Gui a parlé : elle est une sorcière. »

Dans le roman et le film Le Nom de la rose, Bernardo Gui (interprété par F. Murray Abraham) est l'inquisiteur dominicain rigide et autoritaire qui s'immisce dans l'enquête sur les meurtres à l'abbaye. 

Contexte
À Elne (Pyrénées-Orientales, près de 9 500 habitants), ancien bastion communiste passé à l’extrême droite aux municipales de mars 2026, le nouveau maire Steve Fortel (sans étiquette, classé extrême droite par la préfecture) a fait voter le 22 septembre 2026 en conseil municipal le changement de nom du cinéma municipal.
 

Depuis environ 20 ans, la salle (150 places, boulevard Voltaire) s’appelait Cinéma René-Vautier, en hommage au cinéaste (1928-2015), résistant à 16 ans (décoré de la Croix de guerre), réalisateur engagé, communiste, anticolonialiste, auteur notamment d’Afrique 50 (premier film anticolonialiste français, longtemps censuré) et d’Avoir 20 ans dans les Aurès (primé à Cannes). Il avait soutenu le FLN pendant la guerre d’Algérie.

Le cinéma s’appellera désormais « La Bobine illibérienne » (référence aux Illibériens, habitants d’Elne, de l’antique Illibéris). La réouverture est prévue le 3 octobre 2026.  

La mairie met aussi fin à plus de 20 ans de gestion par l’association Cinémaginaire et reprend la salle en régie municipale (avec un prestataire pour la programmation). Elle vise une hausse de fréquentation et une révision des tarifs à la hausse.  

Cette décision s’inscrit dans d’autres gestes symboliques du maire (notamment l’effacement dès son élection d’un passage piéton aux couleurs arc-en-ciel LGBT).

Positions des protagonistes

Le maire Steve Fortel justifie par la volonté de « ne pas politiser la culture » et de donner un « nouvel élan » neutre :  
« Je ne souhaite pas politiser la culture. Sauf que René Vautier est, d’après Wikipedia, “un réalisateur et scénariste français, communiste, anticolonialiste et cinéaste du FLN algérien”. Je ne veux pas de connotation politique. Avec la Bobine illibérienne, je reste neutre. »  

Il a aussi déclaré :  
« Si demain je dois débaptiser d’autres rues ou lieux de gens qui ont soutenu le FLN, je le ferai. Ça, c’est clair. »  

Et : « Je souhaite également qu’il n’y ait pas de projections idéologiques à l’avenir. »

L’opposition (notamment Roland Castanier, PCF) y voit un « effacement de l’histoire » :  
« Ce qui gêne Monsieur Fortel, c’est le rapport avec la guerre d’Algérie. […] Vautier, ça, c’est un grand monsieur. […] en tant que citoyen et en tant que patriote, on ne peut pas lui faire un seul reproche. »  

La fille du cinéaste, Moïra Chappedelaine-Vautier, a adressé une lettre lue en conseil (sans avoir été prévenue officiellement) :  
« Ce serait un acte lourd de sens : celui d’effacer de ce lieu de culture populaire le nom d’un résistant, d’un cinéaste dont toute l’œuvre fut précisément consacrée à faire vivre la mémoire et la liberté de création. »

L’association Cinémaginaire (Bernard Arnault) regrette la fin d’une programmation engagée (documentaires, débats, films sur des sujets sociétaux) et craint une perte de débat public.

Réactions presse et réseaux sociaux
La presse locale et nationale (L’Indépendant, France 3 Occitanie, Télérama, ICI, L’Humanité, Libération, etc.) a largement relayé l’affaire en parlant de polémique, d’« effacement » ou de décision idéologique de la nouvelle majorité.  

Sur X (Twitter) et les réseaux :  
Forte mobilisation de gauche et d’historiens/militants anticolonialistes, avec une pétition Change.org (« Non à la débaptisation du Cinéma Vautier à Elne ») largement partagée (« À signer massivement ! »).  
L’Humanité a titré sur l’« effacement de la lutte anticoloniale de l’espace public ».  
L’Observatoire des mairies RN a dénoncé un « négationnisme historique ».  
Des voix de droite ou pro-maire rappellent le soutien de Vautier au FLN (qualifié parfois de « groupe terroriste ») et soulignent que le maire a été démocratiquement élu (« Il a été élu […] c’est donc lui qui décide. Basta »).  

Certains commentaires locaux minimisent l’affaire (« C’est plutôt L’Indépendant qui fait du cinéma ») ou la relient à d’autres décisions du maire.

La question est une question non pas, politique, non pas légale, mais morale, voir théologique. 

à moins qu'elle ne soit du point de vue du contexte de crise nationale , sur une question Byzantine. Comme pendant le siege, et avant la chute de Constantinople  en 1453 ! Où la question n'était pas comment faire tenir les remparts, mais combien d'anges peuvent danser à la pointe d'une aiguille !

Pour le cas illibérien , la question est combien de René Vautier pouvaient danser à la pointe du cinéma Gavroche, avant que l'extrême droite ne soit élu à la mairie ? Ce qui impliquerai que les habitants d'Elne serait par conséquent, en majorité d'extrême droite, et qu'alors, il faille changer René Vautier par Leni Riefenstahl: plus en adéquation avec le choix démocratique des électeurs.

Cette tempête dans un verre d'eau, à l'instigation de l'ancien maire, même plus communiste d'Elne , n'arrive que pour raviver la couleur de Nicolas Garcia, qui, toujours conseiller départemental, se voit mieux succéder à Hermeline Malherbe à la tête du conseil départemental, plutôt que le maire RN de Perpignan Louis Aliot, ou même la maire de Prades et conseillère départementale  socialiste Aude Vivés .

La presse qui va descendre de la capitale lundi  viendra chercher non pas les faits ou la vérité, mais la preuve de l'existence du malin.

Comme dans "le nom de la rose" on ramassera une paysanne avec un moine défroqué, pour faire un procès en sorcellerie. Et malheur à qui voudra, comme Guillaume de Baskerville argumenter dans la nuance. Il y aura toujours un Bernardo guy inquisiteur de salon pour déclarer l'hérésie, et des anciens amis des condamnés de prêter sarments et la grille à escargot...   

C'est typiquement cela qui fait le jeu du RN (puisque, c'est là leur seule obsession), la "paroxismisation" de l'écume des faits pour mettre sous le bois sot, des histoires peu reluisantes qui non seulement ne cassent pas des briques, pas plus que des casses de bagnoles pour en avoir les clefs...

Pour savoir le vrai, il faudra regarder la programmation, le choix des films parlera de lui-même !

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25 septembre 2026 5 25 /09 /septembre /2026 18:09

[Martial Pombo, l'auteur] : Combien d'Espagnols manquaient à ce triomphal acte d'allégeance de la Castellana au cours duquel fut définitivement adopté le cri de « Franco, Franco, Franco », trois fois comme "Sanctus, Sanctus, Sanctus", dans l'orgasme de la consécration eucharistique ? Un million de citoyens étaient morts, ou sur les divers chemins de l'exil. Dans les prisons s'entassaient des milliers et des milliers de suspects torturés et bientôt fusillés ou condamnés à des peines hallucinantes, je ne me risquerais pas, ne voulant faire ni le généreux ni l'avare, dans cette dispute scientifique des historiens pour savoir si entre 1939 et 1943 vous avez envoyé au peloton d'exécution ou au garrot deux cent mille vaincus ou plus, mais en tout cas je ne transigerai pas sur le chiffre de deux cent mille. […]

Moi, franco
Manuel Vázquez Montalbán

Je suis tomber sur un reportage France 3 Pays-Catalans narrant comment le mémorial de Rivesaltes compter faire ressentir le vécu intransmissible historique du lieu par des artistes qui avez eu accès aux archives pour créer des outils culturels d'émotions rafraichisseurs de mémoire de l'instant présent, Carpé quelque chose : #cétaitpasfrançoisvillon ! Il ne faut pas confondre une tragédie avec un drame, et un drame avec un "fais divers", même au nom de tous les biens  https://www.youtube.com/shorts/TQO30K7D6K8

IMAGINEZ:  un récit,  où le mémorial de rivesaltes qui associe des artistes à la présentation du parcours, qui n'ont rien de Jean Ferra dans "nuit et brouillard"https://www.youtube.com/watch?v=CwGaG5IMiyE&list=RDCwGaG5IMiyE&start_radio=1. Mais plutôt de baladins exaltés sortis tout droit de "l'île aux enfants" (l'homme dans casimir vient de nous quitter) . Avec de surcroit un public conquis et ravi "d'apprendre quelque chose": genre les internés à l'époque n'avait pas de WC à la japonaise à leur disposition , pas plus que de mobiliers suédois dans les dortoirs, et ne parlons pas de la cantine: une époque où Uberheat n'existait pas!

Bref à l'époque de sa pleine activité le camp de Rivesaltes aurait été dénoncé sur les réseaux sociaux....Imaginons alors, comme dans la série "la quatrième dimension", dans le même mémorial, soit fait une visite par un groupe de franquistes à la retraite en guise de sortie d'Hepad et accompagnés par leurs petits enfants:  qu'aurait été leur regard ?

 

Ils descendent du car de l’Ehpad  Espagnol, un groupe de vieux franquistes , accompagnés de leurs petits-enfants.  
Don Emilio a 93 ans, don Ramón 91. Ils n’ont jamais mis les pieds à Rivesaltes en 1939 ou en 1941. Pourquoi l’auraient-ils fait ? Ils étaient du bon côté. Ils avaient gagné.

Ce qu’ils savent du camp, c’est ce qu’on en disait alors dans la presse franquiste, ou ce qu’ils ont pu lire plus tard dans L’Indépendant de l’autre côté de la frontière. Pour le reste, c’était simple : les "rojos" avaient perdu, les anarchistes avait déjà commencé d'être purgés des mai1937 par les "stal"...

Beaucoup auraient préféré les voir fusillés sur place plutôt que de les laisser fuir. Dieu en a disposé autrement. Ils ont traversé les Pyrénées. La France les a parqués. Affaire classée.

Depuis la mort de Franco en 1975 et le retour de la démocratie, ils se sont un peu assouplis. Un peu. Pas plus. Aucun remords. Ni chez eux, ni chez la plupart de leurs descendants.

Le Mémorial de Rivesaltes les accueille avec son architecture de béton, ses îlots pédagogiques, ses tablettes, ses médiateurs souriants et ses œuvres d’art contemporain. On leur explique les conditions de vie des internés : le froid, la faim, l’absence de confort. Pour un peu, on préciserait, avec un sérieux presque enfantin, qu’il n’y avait ni WC à la japonaise, ni mobilier suédois, ni plusieurs menu à la cantine . Le public d’habitués hoche la tête, content d’avoir « appris quelque chose ».

Don Emilio écoute, les mains sur sa canne.  
Il regarde les photos de 1941 : des hommes maigres, des femmes, des enfants. Des Espagnols pour plus de la moitié. Des républicains. Des rojos.

« Ils en font tout un cinéma », dit-il à don Ramón, sans hausser le ton.  
« À l’époque, on était contents qu’ils soient de l’autre côté. On avait gagné la guerre. Eux, ils avaient perdu.  Ils sont partis. La France, cette république sentimentale (il a du mal avec le mot) les a mis là. Et maintenant on nous raconte qu’ils n’avaient pas accès à  des toilettes modernes. »

Sa petite-fille, un peu crispée, murmure :  
«Quand même grand-père… c’étaient des familles. Des réfugiés. »

Don Emilio la regarde avec une patience usée.  
« Des familles de ceux qui avaient mis l’Espagne à feu et à sang, ma fille.  
On les a battus. Point.  
Ici, on transforme ça en leçon de morale avec des écrans et des artistes.  
On parle de “mémoire”, de “traumatisme”, d’“indésirables”.  
Comme si on devait s’excuser d’avoir gagné.  
Il n’y a pas de remords. Ni chez nous, ni chez nos enfants. »

Ils avancent dans le parcours.  
Les panneaux parlent de la Retirada, des centaines de milliers qui ont traversé en février 1939, des camps de plage d’abord, puis de Rivesaltes. Des conditions dures, des morts de faim et de froid. Plus tard les juifs, les Tsiganes, les Harkis. Le mémorial empile les souffrances, prétend les rendre universelles, éducatives, touchantes.

Don Ramón s’arrête devant une vitrine et secoue la tête.  
« Ils ont de la chance, ceux d’ici.  
On leur a fait un beau bâtiment, des expositions, des visites guidées.  
En Espagne, les fosses communes, c’est eux qui y sont. Les rojos, les accusés d’être rojos, tous ceux qu’on a mis dessous.  
Pas nous.  
 

Nous, le vrai drame récent, c’est d’avoir vu le corps de Franco sorti de la Valle de los Caídos.  
Ce monument construit par des prisonniers républicains, dont nombreux sont morts pendant les travaux.  
On l’a déplacé. Comme si on pouvait effacer le Caudillo.  
Ça, c’est une offense.  
Les fosses des autres, c’est leur affaire. »

Le médiateur s’approche, souriant, pour expliquer un îlot sur les conditions sanitaires.  
Don Emilio l’écoute poliment, puis demande, d’une voix calme :  
« Et est-ce qu’on explique aussi pourquoi ils étaient là ?  
Parce qu’ils avaient perdu une guerre ?  
Ou seulement parce qu’il manquait le confort moderne dans l'Espagne régénérer de Franco ? »

Le médiateur hésite. Le public autour regarde ailleurs.

Dans le car, au retour, les petits-enfants postent déjà des photos : « Visite émouvante. On n’oublie jamais. #Mémoire ».  
Certains d’entre eux, pourtant, partagent le silence des grands-pères. Pas de remords non plus.

Don Emilio regarde par la fenêtre la plaine du Roussillon qui s’éloigne.

« Ils ont adouci l’histoire », dit-il à don Ramón.  
« Ils en ont fait une visite pédagogique pour gens de bonne volonté.  
Nous, on savait ce que c’était.  
On avait gagné.  
Les rojos et les anarchistes avaient perdu.  
Dieu en a disposé autrement en les laissant s’enfuir.  
Et maintenant on nous demande d’être émus parce qu’ils n’avaient pas de WC japonais.  

Depuis 75, on s’est un peu assouplis.  
Un peu.  
Pas plus.  
Pas de remords.  
Les fosses, c’est les leurs.  
Le vrai scandale, c’est d’avoir touché au Caudillo. »

Le car franchit la frontière.  
Derrière, le Mémorial continue d’accueillir des classes qui apprennent, avec une certaine ,génance problématique que les internés d’autrefois n’avaient pas de mobilier suédois...

 

La Nueve ou les oubliés de la victoire. Un film de Albert Marquardt Premiers soldats de la France Libre à entrer dans Paris occupé le 24 août 1944, les républicains espagnols de la Nueve sont les héros oubliés de la victoire alliée contre la barbarie nazie. Composée d'anarchistes, de socialistes et de républicains modérés, la Nueve est une unité atypique.

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10 septembre 2026 4 10 /09 /septembre /2026 12:42

« Chaque fois que nous transformons le choc d’autrui en objet de mépris, nous alimentons le sbeule collectif. Choisissons plutôt d’élever le climat relationnel. »
— Dr. Élise Vartan, Neuroscience & Social Cognition, 2023

« Réduire le Sbeule Index commence par un geste simple : cesser de s’indigner de l’indignation des autres. »
— Dr. Sophie Bernard, Revue Française de Sociologie des Émotions, 2022

« Le plus grand acte de maturité émotionnelle de notre époque pourrait bien être celui-ci : laisser les autres se choquer sans y répondre par une nouvelle vague d’indignation. »
— Dr. Thi Nguyen & Dr. Claire Moreau, Social Neuroscience Letters, 2024

 

 

 

 Le Dr. Armand Lefebvre, PhD en psychosociologie interactionnelle, Laboratoire d’Études des Dynamiques Affectives Collectives (LEDAC), Institut Supérieur des Sciences Humaines Appliquées et notre correspondante Kimberley Dainar.

Dans le cadre de nos recherches longitudinales menées entre 2019 et 2025 auprès de plus de 4 200 sujets en milieu urbain occidental, une tendance sociétale alarmante s’est imposée avec une clarté statistique incontestable : l’indignation face au chocapisme. Ce phénomène, que nous proposons de nommer chocapismophobie, désigne la réaction d’irritation, de rejet ou de mépris systématique face à la propension d’autrui à exprimer un choc émotionnel ou moral rapide. Loin d’être une simple posture discursive, cette réaction s’apparente à un mécanisme pathologique générateur de génance relationnelle et de dégradation de l’ambiance sociale — ce que les sujets de nos panels désignent familièrement sous le terme de « sbeule ».

Définition opérationnelle et cadre théorique

Le chocapisme (du grec khokē, choc, et du suffixe -isme) correspond à une sensibilité affective élevée face à des stimuli symboliques, discursifs ou comportementaux perçus comme transgressifs. La chocapismophobie, quant à elle, se manifeste par une indignation secondaire : le sujet chocapismophobe ne tolère pas que l’autre puisse être choqué. Il interprète cette sensibilité comme une faiblesse, une forme de tyrannie morale ou un manque de « robustesse cognitive ».

Nos observations indiquent que cette indignantion de second ordre active un circuit de rétroaction négative. Selon le modèle que nous avons formalisé (Lefebvre & al., 2024), la chocapismophobie produit :

Une élévation mesurable du cortisol salivaire chez les interlocuteurs (augmentation moyenne de 18,7 % en situation de confrontation conversationnelle).
Une diminution de la synchronie émotionnelle interpersonnelle, objectivée par analyse micro-expressionnelle.
Un climat de génance diffuse — état de gêne relationnelle chronique caractérisé par l’anticipation d’un jugement de « trop de sensibilité » ou, inversement, de « trop d’insensibilité ».

Données empiriques

Dans l’étude multicentrique « Ambiance Sociale et Seuils de Tolérance Affective » (ASSTA-2023), 67 % des participants déclarant une forte chocapismophobie ont également rapporté une détérioration subjective de la qualité des interactions quotidiennes. Plus précisément :

54 % évoquent un « alourdissement de l’atmosphère » (le fameux sbeule).
41 % déclarent éviter certaines discussions par crainte de déclencher soit un chocapisme, soit une réaction chocapismophobe.
Les analyses de variance montrent une corrélation significative (r = 0,62 ; p < 0,001) entre le score de chocapismophobie et la perception d’une « toxicité relationnelle diffuse ».

Le Dr. Élise Vartan, spécialiste en neuropsychologie des émotions sociales, précise : « Lorsque l’indignation se déplace du contenu initial vers la simple existence de la sensibilité d’autrui, on assiste à une forme de méta-indignation qui appauvrit le champ conversationnel. Le sbeule n’est pas une impression subjective ; c’est un marqueur de dysrégulation collective. »

Mécanismes de propagation

La chocapismophobie se propage selon un modèle épidémiologique classique de contagion sociale. Un individu exprime une irritation face à ce qu’il juge être une « facilité à être choqué ». Cette irritation est perçue par d’autres comme légitime, ce qui renforce la norme implicite selon laquelle la sensibilité est suspecte. Résultat : un climat où chacun surveille à la fois sa propre capacité à choquer et sa propre capacité à tolérer le choc des autres. La marge de manœuvre communicative se rétrécit. La génance s’installe.

Nous avons observé que ce phénomène est particulièrement marqué dans les contextes de forte exposition médiatique et numérique, où la visibilité des réactions émotionnelles est amplifiée. La chocapismophobie y fonctionne comme une stratégie de distinction : « Je ne suis pas de ceux qui se choquent facilement, donc je m’indigne de ceux qui le font. »

Conséquences et perspectives

Laisser prospérer la chocapismophobie sans la nommer revient à normaliser un appauvrissement du tissu relationnel. La génance chronique et le sbeule ne sont pas de simples désagréments ; ils constituent des facteurs de risque pour la cohésion sociale à moyenne échelle. Nos travaux suggèrent qu’une prise de conscience collective — analogue à celle qui a permis de reconnaître d’autres formes de toxicité interactionnelle — pourrait contribuer à restaurer une plus grande plasticité émotionnelle dans les échanges.

En conclusion, la chocapismophobie toxique n’est pas une opinion. C’est un processus observable, quantifiable et, dans une certaine mesure, contournable. Reconnaître que s’indigner de la sensibilité des autres peut elle-même devenir source de mauvaise ambiance constitue, selon nous, un premier pas vers une écologie relationnelle plus durable.

Le Dr. Armand Lefebvre porte une blouse blanche lorsqu’il présente ces résultats en colloque. Cela n’a aucun effet sur la validité des données, mais renforce la perception de sérieux. Comme dans les publicités de dentifrice.

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9 septembre 2026 3 09 /09 /septembre /2026 19:27

« Le Catalan peut encercler ses ennemis, tout seul » proverbe

Le 66 a choisi de rester le 66. Ou plutôt : il a choisi de ne pas choisir.

Personne ici n’a d’avis particulier sur le nom. Pyrénées-Orientales, Pyrénées Catalanes ou Pyrénées Méditerranée… ce ne sont que des étiquettes collées sur le même paysage, le même vent, le même vin. Ce qui compte, c’est l’idée qui a gagné : celle de se prononcer. Même à 10 %. Même de justesse. Même pour aboutir au statu quo. Et même si ces 10 % de participation ressemblent surtout à 90 % d’abstention.

Voici le tableau, pour ceux qui préfèrent les chiffres aux discours :

| Option                  | Pourcentage | Nombre de voix |
|-------------------------|-------------|----------------|
| Pyrénées-Orientales    | 47,21 % | 18 025    |
| Pyrénées Catalanes      | 42,15 % | 16 092    |
| Pyrénées Méditerranée   | 10,64 % | 4 061     |

38 178 voix exprimées.

Un peu plus de 10 % des inscrits. Autrement dit, près de neuf habitants sur dix ont préféré rester chez eux. Deux mille voix d’écart entre le premier et le second. Assez pour que le nom reste le même. Pas assez pour que l’on puisse dire que rien ne s’est passé. Et largement assez pour rappeler que la liberté de choisir inclut aussi celle de ne pas choisir.

On avait écarté « Pays catalan », trop tranchant sans doute.

On a proposé trois options plus sages. Les habitants ont voté. Certains en ligne, d’autres par courrier. La grande majorité a regardé passer le débat comme on regarde passer un nuage. Et le résultat est tombé : on garde l’ancien nom.

Ce n’est pas une victoire du nom. C’est une victoire relative de l’idée qu’il valait la peine de demander. Comme le rappelait Périclès, rapporté par Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Ici, une minorité a choisi de ne pas se reposer. Une majorité écrasante a choisi le repos. Les deux ont exercé leur liberté. On aurait pu laisser dormir la question. On a préféré la poser. Le silence des 90 % fait partie de la réponse.

Hermeline Malherbe parle d’attachement à la catalanité. Louis Aliot de tour de manège.

Peu importe. L’essentiel n’est pas dans ce qu’ils disent du nom. Il est dans le fait que, pour une fois, on a forcé le département à regarder ses habitants dans les yeux et à leur demander : que voulez-vous porter ? La plupart ont répondu en restant silencieux. C’est déjà une forme de choix.

Le 66 reste le 66. Mais l’idée, elle, a progressé d’un pas. Même fatigué. Même ironique. Même en gardant le même costume. Et même avec 90 % d’abstention pour lui rappeler que la liberté, parfois, préfère se reposer.

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9 septembre 2026 3 09 /09 /septembre /2026 13:37

« Refuser de se taire n’est pas un crime. Revendiquer de meilleures conditions de travail n’est pas un délit. Défendre les droits des travailleurs, c’est défendre la justice sociale. Réduire les syndicats au silence, c’est affaiblir la démocratie. » 

Confédération générale du travail (CGT)

Le rail jaune et l’ombre : Management par la sanction : la CGT accuse la SNCF de viser ses militants

Il y a des hommes qui portent le chemin comme on porte une cicatrice. Julien Berthélémy est de ceux-là. Conducteur du Train jaune, ce serpent électrique qui rampe entre les crêtes de Cerdagne, de Villefranche à Latour-de-Carol, il conduit aussi, depuis des années, la colère ordonnée des cheminots dans les Pyrénées-Orientales. Secrétaire général de la CGT du département, il marche droit, la tête haute, dans un pays où les rails se font rares et les sanctions se multiplient.

On l’a convoqué. Conseil de discipline le 17 septembre.

La direction, cette machine froide aux rouages invisibles, lui reproche d’avoir repris la marche sans attendre le feu vert du chef de ligne. Un geste, peut-être, une impatience, un oubli dans le grand ballet des autorisations. Pour cela, on lui promet le dernier avertissement avant la chute, douze jours de mise à pied, et la mutation disciplinaire — ce bannissement soft qui arrache un homme à sa terre, à son train, à sa mémoire. À côté de lui, un collègue subit le même tribunal pour avoir laissé monter un journaliste en cabine. Sans permission. L’un et l’autre se tiennent au bord du même précipice.

L’été a été brûlant. Les trains ont souffert.

Climatisations mortes, toilettes scellées, rames supprimées, voyageurs à bout, agressions qui doublent sur les contrôleurs isolés. Sous-effectif chronique. On part avec un seul agent là où il en faudrait deux, parfois aucun. Et pendant que le métal grince sous le soleil, la direction multiplie les dossiers. Dès qu’un cheminot relève la tête, la sanction tombe, disproportionnée, lourde comme une dalle. Mécaniciens, contrôleurs, conducteurs : la liste s’allonge. On punit la fatigue, on punit l’initiative, on punit la parole.

Le Train jaune n’est pas seulement une ligne.

C’est une veine ouverte dans la montagne, un fil de survie pour les villages, un défi lancé à l’abandon. Berthélémy le sait. Il l’a défendu longtemps, ce rail étroit, contre les oubliés et les calculs. Aujourd’hui, c’est lui qu’on veut déplacer, suspendre, briser un peu plus. La grève a grincé le 8 septembre dans l’ex-Languedoc-Roussillon. On a réclamé des embauches, des conditions dignes, la fin de ce management par la peur. Mais la machine continue. Elle convoque. Elle propose. Elle menace.

Il y a quelque chose d’impitoyable dans ces procédures.

L’homme sur le quai, le geste trop vif, la règle non respectée à la lettre, et soudain le dossier s’épaissit. On ne regarde plus le corps fatigué, ni la chaleur collée aux rails, ni la solitude du conducteur face à la pente. On regarde la faute. On la grossit. On la transforme en exemple. Douze jours sans salaire. Une mutation. Le dernier avertissement qui pèse comme une lame.

Berthélémy reste debout.

Le Train jaune continue de grimper. La montagne n’a pas changé. Seulement les hommes, parfois, se retrouvent plus seuls face aux papiers et aux conseils. Le 17 septembre, on tranchera. Ou on n’entendra rien. Dans le silence des bureaux, le rail jaune continue de vibrer, indifférent aux dossiers, fidèle seulement à ceux qui le font vivre.

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2 septembre 2026 3 02 /09 /septembre /2026 13:20

"Quand vous commencez à discutailler avec un gang de motards sauvages, vos chances de vous en tirer entier se limitent exactement au nombre d'alliés de poids que vous pouvez rameuter le temps d'écraser une canette de bière. Dans leur milieu, autant laisser l'esprit sportif au vestiaire, aux vieux libéraux et aux jeunes cons."

 Hell's Angels
Hunter S. Thompson

Des grandes plûmes avec un style affirmé, des journalistes informés pas qu'on doive informer, des dossiers sur les problèmes de chez nous, des enquêtes donnant lieu à des scandales qui changent la manière de faire sur un territoire, des interviews denses, avec des questions qui remettent en question le discours comparés aux actes de l'interlocuteur,des suppléments qui racontent ce qu'a été le parcours du territoire et où en est son identité,  la découverte d'un jeune artiste et son accompagnement jusqu'à son triomphe sur la scène nationale, voir internationale, une présence visible dans la cité par des plateaux en direct en collaboration avec d'autres médias pour des regards différents et contrasté sur un sujet, une campagne, les résultats d'une élection, le tout relayé par la dynamique d'un club de la presse qui joue la carte de la diversité de la liberté d'expression...

Nous ne voulons plus d'une presse qui ne soit que la caisse de résonance de ceux qui l'achètent parce qu'elle ne se vend pas!

Nous voulons d'une presse qui nous parle du réel, pas d'un territoire qu'elle imagine et comment il devrait être ! Nous voulons des journalistes pas des courtisans complaisants ! Nous voulons des journalistes qui traînent dans les bars et les "backstages", pas pour boire des rosés piscine ou pamplemousse, mais pour recueillir des informations "off record" non-mises en scène pour ce qu'elles ne sont pas ! Nous voulons des journalistes qui ont rêvé d'exercer un métier de service public et démocratique, pas d'un titre d'une carte presse et des avantages à laquelle elle donne droit ! 

Ce n'est pas en postant des vidéos tournées depuis la rédaction en incantant "le terrain", "la proximité" avec un ton fade d'IA, ou en prenant un ton pleurnichard, comme si les bébés phoques sur la banquise devaient parler depuis que Brigitte Bardot ne peut plus les protéger : "voyez vous 2027 sans nous ?

Et bien oui, vous n'êtes plus indispensables. Oui,  vous êtes devenu remplaçables gratuit ou payant

Voir la séquence sur le terme "remplaçable" dans Rambo 2 , sur le bateau sur le fleuve: "Co Bao :
Pourquoi ils t’ont choisi ? Parce que tu aimes te battre ?

Rambo :Non… Je suis remplaçable.

Co Bao :Remplaçable… Qu’est-ce que ça veut dire, « remplaçable » ?

Rambo :C’est comme si quelqu’un t’invite à une fête et que tu n’y vas pas. Ça n’a pas vraiment d’importance."

Oui, vous n'avez plus d'utilité social en l'état !

Pourquoi ?

Parce que vous avez glissez petit à petit du côté Au secours de la farce ! Comme le disait Yoda. Maître Yoda à propos du côté obscur est : « Le côté obscur n'est pas plus fort, c'est la voie rapide, facile et séduisante. " 

Il aurait pu rajouter : "c'est la voix de la complaisance !" 

Je suis le premier chagriné de cette situation, de ce qu'elle désigne en creux et de ses conséquences pour tous !

Alors, la question qui vient ensuite, c'est par quoi sera remplacé ce vide: pas que par l'IA ! Qui seront les prompteurs influant derrière l'IA

La disparition de Jean-François Leroy, c'est le symbole de la fin d'une époque. Celle du photo-journalisme comme mode massif d'information, mais aussi d'une certaine idée de l'information et du métier d'informer...

 

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27 août 2026 4 27 /08 /août /2026 18:43

"Le monde est une vraie porcherie
Les hommes se comportent comm'des porcs
De l'élevage en batterie
A des milliers de tonnes de morts "

Bérurier Noirs "Porcherie"

Entre mai et juillet 2026, des caméras se sont planquées dans le ventre de la bête. À l’abattoir de Perpignan, La Catalane d’abattage, celui qu’on a inauguré en 2015 avec des sous publics et des grands sourires. Résultat des courses : 5 h 30 de rushs qui collent à l’estomac.

Des cochons qui prennent des coups de poing comme au ring. Un type qui enfonce son avant-bras dans la plaie d’un cochon encore bien réveillé. Des moutons balancés par la toison ou par les pattes comme des sacs de linge sale. Des vaches et des ovins découpés en pleine conscience, le regard encore là. Le couloir d’amenée en angle droit qui force les bêtes à se faire électrocuter et asperger pour avancer. Le box de contention qui tient pas les bovins, donc l’étourdissement rate, et hop, on découpe vivant.

Rien d’accidentel, clame L214. Tout est dans le design. Et pendant ce temps, les services vétérinaires de l’État sont là tous les jours d’abattage. Ils regardent. Ou ils regardent ailleurs.

Le 26 août, L214 balance les images et porte plainte pour actes de cruauté, sévices graves et mauvais traitements. Ils demandent la fermeture immédiate. Une pétition tourne. Une marche est annoncée pour le 3 octobre à Paris : « fermeture des abattoirs ».

Les réactions de la belle machine

La préfecture se réveille en 24 heures. Mise à pied de deux salariés. Inspection ordonnée. Et le 27 août, coup de théâtre : l’agrément pour l’abattage rituel (halal, casher, sans étourdissement) est suspendu. Une inspection générale de 48 heures est prévue fin août. On contrôle. On suspend. On continue.

Côté direction, Jean-Claude Coulet trouve « inadmissibles » les coups de poing. Un salarié est licencié, un autre part à la retraite. « Gestes malencontreux », « actes isolés », « épiphénomène » sur des milliers d’animaux par semaine. On va faire des travaux. On va se plaindre de l’effraction des caméras. Tout va bien, circulez.

L214, eux, ne lâchent pas : « Rien n’est accidentel. Le niveau d’atrocités est très élevé. Cet abattoir a été construit avec de l’argent public et il n’est toujours pas capable de respecter les règles minimales. Il doit fermer. »

L’établissement emploie une trentaine de personnes, sort 5 800 tonnes de viande par an. Il reste ouvert. Sous surveillance. En attendant que la machine digère le scandale et repasse à autre chose.

Comme d’habitude.  
La viande arrive dans les assiettes.  
Les images, elles, restent dans la gorge.

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25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 13:37

Dans les collines de Big Sur, un général confédéré fantôme plantait des pastèques pourries sous une pluie qui n’en finissait plus de tomber. Il n’avait jamais commandé personne. Il n’avait jamais gagné une seule bataille. Il tenait simplement un sceptre en plastique rose, volé dans une boutique de souvenirs pour touristes qui croyaient encore aux histoires de héros et de destin. Le sceptre ne pesait rien. Il ne commandait rien. Mais il brillait faiblement sous la brume, comme une promesse déjà pourrie.

La France s’est transformée en une longue plage de Big Sur où les candidatures poussent comme des champignons après l’orage.

Elles sortent de partout : d’un podcast abandonné à la troisième émission, d’un plateau télé où l’on mange des croissants en parlant de « vision », d’un thread écrit à trois heures du matin entre deux verres de vin tiède, d’un compte TikTok qui a fait trois cent quarante-sept vues. Elles se multiplient. Elles saturent l’air. Elles occupent l’espace comme des méduses sans cerveau qui piquent quand même, juste pour rappeler qu’elles existent.

Le seuil de Peters mesure exactement le niveau d’incompétence. C’est la hauteur précise où l’on devient définitivement inapte. Au-delà, on ne sait plus. On ne peut plus. On ne devrait plus. C’est un point de non-retour mesurable, froid, presque scientifique.

Le plafond de verre, lui, fixe le niveau qu’on ne dépassera pas. Invisible, collant, tenu par l’habitude, par les réseaux, par ceux qui préfèrent que rien ne bouge vraiment.

Deux notions distinctes. Deux limites différentes.Mais la médiocrité a décidé de les confondre.

Elle regarde son propre seuil de Peters — ce point exact où elle devient incompétente — et elle le prend pour un plafond de verre. Alors elle frappe. Elle veut le faire péter. Elle brandit le sceptre des tocards et crie à l’injustice, à la discrimination, au système qui l’empêche d’aller plus haut. Elle transforme son incompétence en martyr. Elle transforme sa limite naturelle en complot. Elle fait de son seuil un mur à abattre, et de son incapacité une cause noble.

On les voit défiler sous les spots : celui qui croit que la géopolitique se résume à un emoji et trois phrases toutes faites, celle qui pense que l’économie tient dans un TikTok de quinze secondes, l’autre qui a découvert la Constitution dans un fil Twitter un soir d’insomnie, le suivant qui confond « projet » et « posture ». Ils disent « je suis le changement ». Ils disent « je suis le peuple ». Ils disent « je suis l’avenir ». Ils disent « le plafond de verre doit sauter ». En réalité, ils cognent contre leur propre incompétence et appellent ça une révolution. Ils multiplient les candidatures pour faire croire que le pouvoir est une loterie où l’on tire au sort le moins inapte, ou le plus bruyant, ou le plus convaincu de sa propre importance.

Pourtant, au-delà du seuil de Peters et du plafond de verre, ceux qui sont déjà là-haut sont aussi médiocres.

Exactement aussi médiocres. Ils n’ont pas plus de vision, pas plus de souffle, pas plus de substance. Ils occupent simplement l’étage supérieur avec la même légèreté, le même vide, la même conviction molle. Ils n’ont donc aucun besoin de craindre la concurrence de ceux qui cognent en dessous. Pas besoin de concurrence de dessous de plafond. Pas besoin de concurrence de dessous de seuil. La médiocrité est déjà partout, répartie avec une égalité presque démocratique. Ceux d’en haut n’ont rien à protéger d’autre que leur place. Ceux d’en bas n’ont rien à conquérir d’autre que l’illusion qu’il y a quelque chose à conquérir.

Le sceptre des tocards brille.

Il est rose. Il est léger. Il ne vaut rien. Mais tout le monde veut le tenir : ceux d’en bas, juste au-dessus de leur propre seuil d’incompétence, en prétendant que c’est un plafond de verre qui les retient ; ceux d’en haut, qui le regardent avec un sourire las, sachant qu’il ne change rien à leur propre nullité. Ils le brandissent comme s’il pouvait faire reculer la mer. Comme s’il pouvait transformer la médiocrité en destin. Comme s’il pouvait faire oublier que le seuil de Peters ne se brise pas : on s’y installe, on y reste, on y multiplie les discours pour masquer qu’on n’ira pas plus loin — et que, de toute façon, plus loin, c’est exactement la même chose.

Dans les collines de Big Sur, le général confédéré fantôme range son sceptre.

Il sait. Les tocards n’occupent jamais vraiment le pouvoir ; ils saturent l’espace autour, en haut comme en bas. Ils font croire que monter plus haut est un droit, alors que c’est seulement une confusion entre deux limites, et que ces deux limites n’enferment que de la même eau stagnante. Et pendant ce temps, la mer continue de monter, indifférente, en léchant les pastèques pourries qui flottent déjà sur l’eau grise de 2027. Le sceptre brille encore un instant. Puis il s’éteint, comme toutes les promesses trop légères, laissant seulement le bruit mou des candidatures qui continuent de pousser, inutiles et innombrables.

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24 août 2026 1 24 /08 /août /2026 13:55

« Gloup ! Gloup ! Gloup ! Entartons, entartons le pompeux cornichon ! »

« Toutes les personnes imbues de leur propre pouvoir, les incarnations de l'autorité la plus gluante, tous ceux qui se prennent tragiquement au sérieux sont des cibles ! »

« Le choix est donc enfantin, il n'y a pas à ergoter bien longtemps avant de désigner les pires crapules, les cibles idylliques... »

 
Le cri de guerre de Noël Godin, l'célèbre "entarteur"
Noël Godin au centre et Jan Bucquoy à l'extrême droite de la photo
Avec Benoît Delépine

 

Noël Godin, connu de tous sous le nom de Georges Le Gloupier ou plus simplement « l’Entarteur », nous a quittés le dimanche 23 août 2026 à l’âge de 80 ans. Né le 13 septembre 1945 à Liège, cet agitateur anarcho-humoristique belge a passé plus d’un demi-siècle à transformer la tarte à la crème en arme de subversion joyeuse, non violente et redoutablement efficace. Écrivain, critique de cinéma, acteur occasionnel et théoricien d’une révolte pâtissière, il laisse derrière lui une œuvre et une légende qui ont marqué durablement le paysage culturel francophone.

Une jeunesse cinéphile et rebelle

Fils d’une mère pieuse et d’un père avocat, Noël Godin grandit à Liège dans un milieu catholique qu’il ne tardera pas à contester. Passionné de cinéma dès l’enfance – il choisissait déjà les « fifilms » que la famille irait voir –, il découvre très jeune les pages de la revue Positif, bastion du surréalisme et de la contestation. Mai 68 le confirme dans sa conviction que la révolution doit être joyeuse. Il abandonne des études de droit et d’histoire du cinéma à l’Université de Liège pour se lancer dans l’action. Dès novembre 1968, il verse un pot de colle sur un professeur réactionnaire. Le 11 décembre 1969, à Louvain, il réalise son premier véritable entartage : Marguerite Duras, venue présenter Détruire, dit-elle. Le personnage de Georges Le Gloupier – inventé par son ami Jean-Pierre Bouyxou – est né. Avec sa fausse barbe, ses lunettes, parfois un nœud papillon, et le cri rituélique « Gloup ! Gloup ! », Godin inaugure une forme d’attentat pâtissier qui restera sa signature.

La croisade contre les « pompeux cornichons »

Sa règle était simple et inflexible : ne frapper que ceux qui se prennent « très, très, très au sérieux ». Les tartes étaient toujours molles – crème Chantilly et génoise souple – pour ne blesser personne. Parmi les victimes les plus célèbres : Maurice Béjart, Henri Guillemin, Marco Ferreri, Jean-Luc Godard, Patrick Bruel, Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Sarkozy, Bill Gates (son « plus beau coup », le 4 février 1998 à Bruxelles, qui lui vaut une notoriété mondiale) et, bien sûr, Bernard-Henri Lévy, entarté au moins sept ou huit fois entre 1985 et 2015. Godin avait promis d’arrêter uniquement le jour où BHL chanterait en public Le Chapeau de Zozo de Maurice Chevalier. Ce jour n’est jamais venu.

Il s’inscrivait volontairement dans une lignée qui allait des slapsticks de Mack Sennett aux Marx Brothers, de Bugs Bunny aux Yippies d’Abbie Hoffman, des surréalistes français aux utopistes comme Charles Fourier. L’entartage n’était pas un simple gag : c’était un acte politique, une « tempête pâtissière » destinée à rappeler aux puissants qu’ils n’étaient que des hommes. Des émules naquirent un peu partout, formant ce qu’il appelait l’Internationale pâtissière.

L’écrivain et le critique
Parallèlement à ses actions, Noël Godin fut un prolifique critique et écrivain. Pendant quinze ans, il écrivit sans être démasqué dans la revue catholique Amis du film, inventant de fausses interviews, de faux réalisateurs et de longues critiques de films imaginaires. Il collabora ensuite à Ciné Revue, Actuel, Visions, Siné Hebdo (où il tenait la rubrique « L’Entarteur littéraire »), Psikopat, Zélium, CQFD, Siné Mensuel et d’autres publications saturiques.  

Parmi ses livres les plus importants :  

Anthologie de la subversion carabinée (1988-1989, plusieurs fois rééditée),  
Crème et châtiment : Mémoires d’un entarteur (1995),  
Grabuge ! 10 réjouissantes façons de planter le système (2002, coécrit avec Benoît Delépine, Aimable Jr. et Matthias Sanderson),  
Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005).  

Il reçut le Grand prix de l’humour noir en 1995 et le Prix de la Dent dure en 1996… occasions qu’il saisit pour s’entarter lui-même.

Complicités cinématographiques
Noël Godin fut aussi un fidèle compagnon de route du cinéma belge le plus iconoclaste.

Avec Jan Bucquoy, l’amitié fut profonde et durable. Godin apparaît dans plusieurs volets de la saga La Vie sexuelle des Belges :

Sur le tournage de Camping Cosmos de et avec Jan Bucquoy,Noël Godin, le chanteur Arno et LOlo Ferrari

  
La Vie sexuelle des Belges 1950-1978 (1994) et Camping Cosmos (1996), où il incarne une savoureuse parodie de l’écrivain Pierre Mertens,  
La Jouissance des hystériques (2000),  
La Vie politique des Belges (2002).  

Leur complicité déborde largement l’écran. En mai 1996, à Cannes, Godin et Bucquoy entartent ensemble Daniel Toscan du Plantier sur les marches du Palais des Festivals. Godin lance la première tarte en criant « Entartons, entartons les pontifiants croûtons ! », Bucquoy envoie immédiatement la seconde. Cet épisode est immortalisé dans le court métrage de Bucquoy Crème et Châtiment (1997).  

En 2005, Bucquoy leur consacre un film entier : Les Vacances de Noël. Les deux sexagénaires y partent à l’assaut du Festival de Cannes 2004, dragueurs indomptables, refusant de vieillir, confrontés à une jeunesse qui les regarde avec un mélange d’amusement et d’indifférence. C’est l’une des apparitions les plus longues et les plus personnelles de Godin, un portrait tendre et grinçant de deux vieux anarchistes qui refusent de baisser les bras.  

Sa dernière apparition chez Bucquoy, plus discrète, figure dans La Dernière Tentation des Belges (2021), où il interprète un simple membre du jury. Le temps avait passé, la présence s’était faite plus effacée, mais la complicité restait intacte.

Avec Benoît Delépine (souvent associé à Gustave Kervern), Godin partage un même goût pour l’absurde et la satire sociale. Outre la collaboration à l’écriture de Grabuge !, il joue dans plusieurs de leurs films : un clochard volubile dans Aaltra (2004), la « statue du tartobole » dans Mammuth (2010) et le marié dans Le Grand Soir (2012).

Un héritage de crème et de liberté
Atteint dans les dernières années d’une maladie qui abîmait sa mémoire, Noël Godin n’avait rien perdu de sa fantaisie ni de sa gaîté. Jusqu’au bout, il resta ce personnage unique, reconnaissable dans la rue, toujours prêt à parler du prochain entartage ou à commenter l’actualité avec la même irrévérence.

Noël Godin n’a jamais prétendu changer le monde. Il a simplement voulu rappeler, tarte après tarte, que le pouvoir, l’ego et le sérieux excessif méritent d’être régulièrement arrosés de Chantilly. Dans un monde de plus en plus polarisé et solennel, sa leçon reste précieuse : la subversion la plus radicale peut aussi être la plus légère, la plus drôle, la plus humaine.

« Entartons, entartons les pompeux cornichons ! »  

Adieu, Georges Le Gloupier.  
La crème que tu as répandue continuera longtemps de tacher les égos.

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20 août 2026 4 20 /08 /août /2026 13:40

"La vie est pavée d'occasions perdues."

La Promesse de l'aube
Romain Gary

La canicule, n'est pas le mal récessif le plus dangereux dans le département, mais l’absence général de personnel politique qualifié. Et leur volonté inversement proportionnelle de vouloir s'imposer dans l'espace public n’arrange rien...

Pour un peu, s'il mettait la même énergie pour obtenir un mandat et le conserver, que pour résoudre les problèmes non pas des électeurs mais des habitants: c'est comme le monde avec une Cléopâtre et un nez différent ; la mesure de celui-ci en serait bouleversée. Rajoutez à cela un carcan de règles, de normes, de procédures à respecter au prorata de la "hiérarchie de la norme", qui font que l'angle mort de l'action est quasi inexistant. Même si, le personnel politique, lorsqu'un problème déborde des poubelles, fait mine de le déplorer, il ne lutte par contre, puisque c'est la garantie de l'impunité de l'inaction.

Ainsi donc, notre "démocatrie" est en permanence en nécessité d'avoir recours à la "théâtrocratie" déjà dénoncée par Platon ( le philosophe grec, pas le film d'Oliver Stone, puis de toutes manières, il faut 2 OO )  .

Ce qui nous amène aux petites scénettes, comme au dernier conseil municipal de Perpignan, ou des suites du recours contre l'élection de Louis Aliot pour un deuxième mandat à la mairie de Perpignan par Agnès Langevine. 

Non contente d'attaquer les bulletins supposés douteux de Louis Aliot ( C'est de bonne guerre, même si la guerre, c'est mâle!) de la dernière municipale à un coup, un tour dans son sac (comme le fusil pour tirer dans les coins) , elle remet en doute ceux des listes de gauche... 

Comme pour se venger, que face à "la menace fascistes des heures sombres" , qu'elle a contribué à faire élire en 2020 en jetant l'éponge de la tête de liste : réunions avec elle de 2 autres femmes, Caroline Forgue et Clotilde Ripoull, du fait que la gauche déjà scindée n'avait pas voulu faire l'union de sa tête de liste de centre droit.

Parce que les votes de partis en local, ne l'avaient désigné comme représentante de l'union, elle s'était imposée par la région Occitanie (Carole Delga) , et le cadre national d'un parti post-socialiste porté par Raphaël Glucksmann (candidat putatif aux prochaines présidentielles) au doux nom de place publique, cassant ainsi une improbable synergie face au RN du centre-gauche et au-delà vers l'infinie.

Comme cet enfant qui insiste à faire rentrer l'étoile dans la fenêtre vide à forme carré , et à coup de maillet ! Le tout pour donner le dernier mot d'une querelle entre Jean Codognès toujours vivant, et le regretté Christian Bourquin et ses reliquats (heu, je veux dire, ses saintes reliques). 

Il y a quelque-chose de "psychanalithique" (comme un age paléolithique de la psyché) non réglée: c'est bien le moins pour une femme dont le métier d'origine était psychologue !

L'ancienne professionnelle se serait-elle catégorisée de part l'enchaînement de ses actions, comme une personne toxique ? Cependant, son "Agnès-spreading" commence, enfin continue, d'être étouffant, et même contre productif, même pour elle ! 

Si au moins la presse locale (exceptée  Ici) qui porte le veuvage de ses lecteurs à petits coups de vidéos "épleureuses", lui indiquait comme un titre d'un roman de Romain Gary : "Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable" 

Mais toujours pour faire dans les romans de Gary, celle-ci est plutôt dans "Gros câlin" !

 

Platoon est un film de guerre américano-britannique écrit et réalisé par Oliver Stone, sorti en 1986. L'action se déroule pendant la guerre du Viêt Nam. Il est en partie inspiré par la propre vie du réalisateur, qui s'est lui-même engagé comme volontaire pour la guerre du Viêt Nam où il a été blessé à deux reprises.

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