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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
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28 avril 2026 2 28 /04 /avril /2026 13:01

   " Il ne suffit plus de dénoncer. Il nous faut désormais énoncer. Il ne suffit pas de rappeler l'urgence. Il faut aussi savoir commencer, et commencer par définir les voies susceptibles de conduire à la Voie."

Edgar Morin La Voie: Pour l'avenir de l'humanité (2011) 

 

Ô comédie humaine ! Les soignants d’Elsan jouent enfin leur grande scène de la révolte

Mesdames et messieurs, approchez, approchez ! Le cirque Elsan est de retour dans les Pyrénées-Orientales, et cette fois le numéro s’intitule : « Comment se tirer une balle dans le pied tout en prétendant faire du dialogue social ». 

Vendredi 24 avril 2026, à l’aube, les soignants de la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany ont décidé, dans un élan de folie furieuse, de ne plus accepter d’être pris pour des cons.

Le soir même, leurs camarades de la clinique Saint-Pierre à Perpignan les ont rejoints. Grève illimitée. On bloque, on déprogramme, on dit stop. 

Le motif ? Une horreur absolue, une injustice qui ferait pleurer les pierres : la direction du groupe Elsan, dans sa grande mansuétude capitaliste, s’apprête à supprimer (ou à rendre aussi aléatoire qu’un tirage du Loto) l’intéressement de 1 500 euros par an. Cette misérable obole qui, pour nombre d’infirmières, d’aides-soignants et de secrétaires, tient lieu de treizième mois, de vacances, et parfois de dignité. 

Car il faut le rappeler, et avec quelle jubilation amère : ces cliniques marchent très bien.

Saint-Roch figure régulièrement parmi les meilleures performances du groupe. Les résultats sont excellents, les actionnaires sourient, les dividendes chantent. Mais voilà : quand tout va bien, chez Elsan, on a une tradition ancestrale… on vient piocher dans la poche de ceux qui font le boulot.  C’est presque touchant de constance.

En 2021 déjà, à Saint-Roch, grève pour la baisse de l’intéressement alors que la clinique était dans le top 10 des plus rentables.

En 2018, à Saint-Pierre, même refrain : baisse de 90 % de la prime, suppression rampante du treizième mois. Le scénario est rodé, la pièce se rejoue à guichets fermés tous les trois ou quatre ans. On pourrait presque en faire un vaudeville à succès : « La Prime et le Mépris », avec Valéry Folcher dans le rôle du directeur « surpris » et « ouvert au dialogue ».

Ah, le dialogue ! Ce mot magique que les directions prononcent toujours avec la même sincérité qu’un député en fin de mandat promettant la baisse des impôts.

« Nous n’avons encore rien décidé… Nous sommes dans une démarche de dialogue… Nous sommes surpris par ce préavis… »  Ben voyons. On est toujours surpris quand les gens qui gagnent 1 300 euros par mois, qui enchaînent les gardes, les week-ends et les fêtes, qui voient leur charge de patients augmenter pendant que les effectifs diminuent, finissent par dire : « Assez. »

Kate Level, déléguée CGT, l’a résumé avec une justesse chirurgicale : « Nos conditions de travail sont inacceptables. »

On les augmente en patients, on ne les augmente pas en salaire, on ne les remplace pas quand ils craquent, et on s’étonne qu’ils n’arrivent plus à recruter ? C’est presque de l’art abstrait, ce niveau de mauvaise foi.

Pendant ce temps, les urgences tournent (parce que même en colère, les soignants restent des soignants), les opérations non urgentes sont reportées, et les patients, comme d’habitude, trinquent.

Mais qui est vraiment responsable du désagrément ? Ceux qui soignent ou ceux qui, année après année, traitent le personnel comme une variable d’ajustement budgétaire ?Les soignants ne demandent pas la lune. Ils demandent simplement que la prime devienne pérenne, qu’on arrête de jouer au yo-yo avec leur pouvoir d’achat, et qu’on reconnaisse enfin qu’on ne peut pas faire tourner une clinique avec des salaires de misère et du mépris en prime.

Alors oui, qu’ils tiennent bon. Qu’ils reconduisent. Qu’ils restent dignes et déterminés. 

Parce que dans ce grand vaudeville contemporain du capitalisme hospitalier, il était temps que les véritables héros montent sur scène et sifflent la fin de la récréation.  Rideau. Et cette fois, messieurs d’Elsan, ce n’est pas vous qui l’abaissez.

 

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25 avril 2026 6 25 /04 /avril /2026 14:10

« D’on no n’hi ha, no en raja »
Cela se traduit par « Là où il n’y a rien, rien ne coule ». Cette expression est utilisée pour dire que l’on ne peut pas obtenir quelque chose là où il n’y a rien à donner.

https://talkpal.ai/fr/phrases-les-plus-celebres-de-la-langue-catalane/

Nous sommes le samedi de la Sant Jordi, place Rigaud, il y a un vide grenier prétexte a combler le vide des échanges (faites du bruits pour masquer le vide!) . Hier j'étais à la crémation de Gabriel Llesta, c'est un symbole qui s'en est allé, un symbole d'une certaine idée de l'humanisme . C'est la Sant Jordi disais-je et c'est le monde ou deux monde la revendiquent. Le premier l'officiel celui de la mairie RN re-gagnante, et la seconde la Sant Jordi off qui n'a pas réussit a imposer l'officialité de l'Occitanie . Les deux vont mettre des livres sur des tréteaux, y adjoindre des discours. Des deux côtés, on ne parlera pas de culture de livres, ou plutôt, on y consentira parce que ce n'est que le prétexte qu'à parler de l'entre-soi . un entre-soi en vaut bien un autre pour peu qu'il se cultivent autour d'un verre : le fameux verre à entre-soi !

Le public déambule, c'est lui le décor pour la mise en scène de l'entre soi .

Mais comme il y a un mur de verre entre les deux mondes, le public s'imagine que c'est l'entre soi le décor. Tout ce passe comme si tout le monde se pensait le regardant de l'autre : d'ailleurs, qui des vaches ou des trains regardent l'autre lorsqu'il y a la traversé du pré; puisqu'il y a des paires d'yeux de chaque coté du rail et de l'herbe?

Des étales de livres sans descriptifs, ils sont justes là pour se vendre comme le poisson. Avec l'avantage du livre sur le poisson, il n'y a pas besoin de glace et à la fin de la journée le livre ne sent pas !

La Sant Jordi, c'est la mise en avant de la culture catalane, au moment où Louis Aliot n'adjoint aucun adjoint à la culture catalane à la mairie de Perpignan. Cela fera du budget en plus pour les petits fours et les défilés. Mais ceux qui râlent, n'ont mis aucune urgence dans la campagne des municipales, que dans la pratique quotidienne de la culture catalane, alors Louis Aliot ré-élu des le premier tour a eu sa raison du plus fort pour leur crier "Vae victis", "Malheur aux vaincus" . La plupart des listes contre Louis Aliot avaient un catalaniste dans sa liste en guise de valeur ajouter. Comme un boucher vous dit : "il y a 200 g de bœuf en plus, je vous les mets quand même. On voit bien le supplément du bœuf dans la bolognaise, mais un catalaniste ?

Dans la bolognaise d'Aliot, il y avait un supplément sécurité, du concret pas de l'identité hypothétique, du rassurant ...

Le cerveau est un muscle qu'on nourrit et qu'on entraîne. La culture, on se la fait à la salle, en soulevant de la masse,  qu'elle soit catalane ou autre .Un esprit ça s'aiguise, sans quoi ça s'émousse ; et il ne reste plus qu'à laisser s'étaler sa culture.

Hors ici, on a un cas flagrant de rachitisme par oublomisation (z'avez qu'à lire de la littérature russe...Un indice, ya un lien avec la culture du canapé ) .

C'est que Franco nous manque (pas Arlette, Francisco) ! Un vrai méchant, qui veut vous tuer parce que vous êtes un rouge ou un catalan, voir pire les 2 . Là, il y a des raisons de se battre, il y a un enjeu ! Alors, perdre sa culture, c'était perdre sa vie, parce qu'on ne veut pas devenir un clône de ce que l’ennemi appelle sa culture.

Ce qu'on voit aujourd'hui c'est juste la version zombie d'une civilisation qui met en scène le rituel sans la force du symbole.

 La culture catalane n'est menacée que par l'absence d'attrait de ceux qui prétendent la défendre...

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20 avril 2026 1 20 /04 /avril /2026 18:56

"L'électeur perpignanais est un poète qui rêve de fleurs inaccessibles !"

anonyme

Perpignan n’existe pas. Ou plutôt, elle existe comme une insulte lancée au vide quantique : une ville qui, par pure malice cosmique, refuse de s’effondrer sur elle-même malgré toutes les raisons qu’elle en a.

Les astrophysiciens, ces fossoyeurs élégants de l’absurde, nous l’ont pourtant dit : l’univers est une fluctuation improbable, un pet de rien dans le néant. Et voilà que Perpignan, avec ses artichauts, ses CRS et son maire qui parade comme un coq sur un tas de fumier électoral, ose persister.

C’est une provocation.

Regardez-la, cette cité catalane qui se prend pour une métropole. Les derniers événements ? Des cabanes qu’on rase, des trafiquants qu’on pourchasse, un conseil municipal où l’on vote des budgets comme on récite un rosaire à l’envers. Rien.

Du bruit de fond.

Pourtant, la physique quantique nous murmure à l’oreille que tout cela devrait s’évaporer dans un effondrement de fonction d’onde. Perpignan devrait être un mirage, un artefact de simulation ratée, un glitch dans le grand programme où l’on a oublié d’effacer les figurants.

Mais non. Elle tient. Elle pue la vie, cette chose obscène.

Et les personnages politiques ? Ah, ceux-là ! Louis Aliot et sa clique d’abord, ces ombres qui gesticulent sur la scène d’un théâtre vide.

Mais l’équation s’enrichit, se complique, devient farce : entrez Agnès Langevine, vice-présidente du néant régional, psychologue du désespoir climatique, tête d’une liste « Plus forts pour Perpignan » qui n’a jamais été aussi faible.

Elle, la candidate du pacte vert et du bon sens, qui dépose des recours comme on jette des fleurs sur une tombe, persuadée que l’union de la gauche et du centre va terrasser le dragon RN.

Et à ses côtés, ou plutôt dans son dos, Mathias Blanc, l’avocat du doute, le socialiste orphelin de son parti, qui court avec sa « Perpignan Autrement » comme un fantôme qui refuse de mourir. Lui, deuxième sur la liste d’hier, premier dans l’amertume d’aujourd’hui : le PS l’a lâché pour elle, et lui court encore, avec ses militants égarés, ses communistes nostalgiques et ses radicaux de gauche en quête d’une revanche quantique.

Toutes ces probabilités qui ont mal tourné, ces particules entrelacées dans un scandale localisé !

L’un parle de sécurité, l’autre de climat et de transports, le troisième d’écoute citoyenne – tous se pavanent comme si l’entropie n’allait pas les dévorer demain. On les observe, ces élus de province, ces candidats recalés par la réalité et par leur propre camp, et l’on se demande : comment une telle médiocrité peut-elle défier les lois de l’implosion cosmique ?

Cioran l’aurait su : parce que l’homme est assez bête pour transformer l’absurde en routine, la rivalité en tragédie de poche, l’élection perdue en recours judiciaire éternel.

Dans ce décor de fin du monde provincial, où les processions de la Sanch côtoient les Foir’Expo et leurs artichauts triomphants, la ville n’est pas plausible : elle est une insulte. Une insulte à la raison quantique, à l’histoire qui se répète en boucle, à nous tous qui feignons d’y croire.

Si Dieu existait, il aurait rasé Perpignan par pitié, avec Aliot, Langevine, Blanc et le reste de la troupe.

Mais Dieu est mort, et la ville rit jaune sous le soleil catalan, en attendant que la prochaine fluctuation du vide vienne enfin la balayer comme un mauvais rêve. D’ici là, elle persiste. Comme nous. Comme la bêtise éternelle.

 

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18 avril 2026 6 18 /04 /avril /2026 16:16

"Je suis trop curieux, trop voué aux questions, trop exubérant pour me satisfaire d'une réponse grosse comme le poing. Dieu est une réponse grossière, une indélicatesse à l'égard de nous autres penseurs, - au fond, c'est même une grossière interdiction qui nous est faite: vous ne penserez point ! "

 Ecce Homo: Comment on devient ce que l'on est

    Friedrich Nietzsche

 

Gabriel Llesta (vers 1958 – avril 2026) était un enseignant, traducteur, humaniste et militant engagé de longue date dans la défense des droits des immigrés, des sans-papiers et des exilés, particulièrement actif dans les Pyrénées-Orientales (Perpignan et environs). Fils de réfugiés politiques espagnols ayant fui le franquisme, il a fait de l’enseignement son métier par goût de la transmission, tout en restant fidèle, toute sa vie, aux idéaux d’humanisme et de solidarité hérités de ses parents. Il était également connu comme un ami fidèle et généreux dans les milieux militants et associatifs locaux. 

 

Origines familiales et jeunesse

Gabriel Llesta est le fils de réfugiés républicains espagnols qui ont fui la guerre civile et le franquisme lors de la Retirada de 1939. Sa mère, Rose Llesta (née Torres), décédée en 2019 à l’âge de 94 ans à Perpignan, portait un nom de famille typiquement espagnol (Torres). Dans le cadre du projet artistique et mémoriel « Pasos » (2009) d’Olivier Moulaï, commandé pour le 70e anniversaire de la Retirada, Gabriel Llesta a témoigné en tant que « fils d’exilé » : il évoquait notamment la conscience, dès l’enfance, de ne pouvoir retourner dans son pays d’origine, qu’il n’avait jamais connu. 

 

Ce passé familial a profondément marqué son engagement : toute sa vie, il est resté fidèle aux valeurs d’humanisme et de défense des exilés héritées de ses parents.Carrière dans l’enseignement et la transmissionGabriel Llesta a choisi l’enseignement « par goût de transmettre ». Il a été professeur au lycée Jean Lurçat (Perpignan) et y a animé la section syndicale SNES-FSU (S1 de Lurçat), aux côtés de figures locales comme Guy César et Catherine Parayre, notamment lors des grands mouvements sociaux de 2000 et 2003. 

 

Parallèlement à son métier, il s’est investi dans la culture et la création. En 1998, il a co-traduit avec Nathalie Vivé La Nuit des rois de William Shakespeare (Éditions Espaces 34, collection Théâtre de l’Envolée, Perpignan). Cette traduction, saluée pour sa précision et sa fidélité à l’esprit du texte, reflète son amour de la littérature et de la transmission culturelle. 

 

Militantisme humaniste et défense des défavorisés

Dès les années 2000 et jusqu’à ses dernières années, Gabriel Llesta a été une figure incontournable du militantisme associatif dans les Pyrénées-Orientales :Vice-président et responsable de l’ASTI 66 (Association de Solidarité avec Tous les Immigrés des Pyrénées-Orientales).
Porte-parole du Collectif Sans-Papiers de Perpignan, qui regroupait l’ASTI 66, la Cimade, le MRAP 66, la Ligue des Droits de l’Homme et le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF).
Animateur du Collectif SOS Chibanis 66 (défense des travailleurs âgés immigrés d’Afrique du Nord, souvent privés de droits sociaux).

Il s’est illustré dans de nombreux combats concrets :

Soutien aux familles menacées d’expulsion (ex. familles albanaises en 2018-2022).
Lutte contre la précarisation des sans-papiers et pour leur régularisation.
Mobilisations contre les politiques migratoires restrictives et les idées d’extrême droite.
Interventions publiques sur la solidarité, le racisme et la mémoire de l’exil républicain espagnol (conférences lors des commémorations de la Retirada en 2014, par exemple). 

 

En 2015, il a défendu publiquement un bénévole de l’ASTI poursuivi pour « aide au séjour irrégulier » d’une famille sans-papiers, dénonçant une « manœuvre d’intimidation ». 

Son engagement était constant, concret et sans concession : il dénonçait « la terrible aggravation de la situation des réfugiés » et la dégradation des conditions d’accueil, tout en maintenant une présence sur le terrain (hébergement, accompagnement administratif, manifestations). 

 

Un grand ami qui nous a quittés

Gabriel Llesta était aussi, comme vous le soulignez, « un grand ami ». Dans les milieux associatifs, syndicaux et culturels de Perpignan et du département, il était apprécié pour sa disponibilité, sa chaleur humaine et sa fidélité aux causes et aux personnes.Selon les informations que vous transmettez, il nous a récemment quittés (avril 2026).

 

Gabriel Llesta incarne une figure typique de l’humanisme concret : un fils d’exilés qui a fait de sa vie un combat permanent pour que d’autres exilés ne soient pas abandonnés. Son héritage – celui de la transmission, de la solidarité et de la mémoire – reste vivant à travers les associations qu’il a animées et les nombreuses personnes qu’il a aidées ou inspirées.

 

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 18:12

"Recette de l’écuelle et viande du pot (Escudella i carn d’olla)
Tout pot-au-feu constitue le spectacle de l’abondance et ressortit à la mémoire la plus téméraire de la faim et de la satiété. (Histoire de famille)"

Les Recettes de Carvalho
Manuel Vázquez Montalbán

Perpignan : l’avenir en grand… et les indemnités en encore plus grand

Ah, Perpignan, ville où l’on ne fait pas semblant. Le 15 mars 2026 ,comme déjà écrit, (mais la pédagogie c'est l'art de la répétition) Louis Aliot est réélu maire dès le premier tour avec 50,61 % des voix, comme un vieux copain qui revient sans même avoir besoin de faire campagne.

Le conseil municipal s’installe le 20 mars, et le 27 mars – parce qu’il faut bien vivre – on vote les indemnités.

Résultat : la liste « Continuons ensemble avec Louis Aliot » (ou « Perpignan, l’avenir en grand », au choix) rafle 43 sièges sur 55.

Stratégie géniale : on garde la garde rapprochée RN historique, et on ouvre grand les bras à tous les transfuges de l’ancienne majorité Pujol (droite LR) et à quelques ex de Romain Grau (macroniste). Jean-Marc Pujol lui-même a publiquement appelé à voter Aliot. C’est beau, la réconciliation… surtout quand elle sent bon les indemnités.

Louis Aliot, figure historique du Rassemblement National (ex-FN), maire éternel, touche toujours ses 5 284,28 € brut par mois, inchangés. La constance, c’est sa marque de fabrique.

Et puis il y a les trois super-adjoints, les vrais piliers, ceux qu’on récompense à la hauteur de leur loyauté. Charles Pons, 1er adjoint en charge de l’Aménagement, l’Urbanisme et le Foncier, garde rapprochée depuis 2020 (ancien conseiller Pujol qui a eu la bonne idée de se rallier très tôt), passe à 4 316,04 € brut mensuels : hausse de 57 %. François Dussaubat, adjoint aux Ressources humaines, Finances et Marchés publics, garde rapprochée historique, même tarif : 4 316,04 €. Frédéric Guillaumon, adjoint au Domaine public, Voirie et Mobilité, garde rapprochée RN de longue date, idem : 4 316,04 €. On ne laisse pas les fidèles sur le carreau.

Les dix-huit autres adjoints, eux, touchent 2 774,59 € brut par mois.

C’est déjà pas mal, surtout quand on arrive avec un CV un peu… souple.

Véronique Deroubaix, adjointe à la Cohésion sociale, Communication et Événements, ex-directrice de la Mission Locale Jeunes pendant trente ans, nouvelle venue 2026, zéro mouvement partisan connu : elle apporte juste sa compétence. André Bonet, adjoint à la Culture et Éducation artistique, garde rapprochée historique depuis 2020, écrivain et Chevalier du Mérite, reste fidèle au poste. Chantal Bruzi, adjointe au Quartier Est, transfuge emblématique : ancienne adjointe à la sécurité sous Jean-Marc Pujol (liste LR 2020), elle était dans l’opposition et a soudainement retrouvé l’amour d’Aliot. Patricia Fourquet, adjointe au Numérique et à l’Intelligence Artificielle, pure nouveauté 2026, sans passé partisan affiché. Isabelle de Noell-Marchesan, adjointe aux Grands Travaux et Centre Technique Municipal, transfuge macroniste ex-Grau. Frédéric Gourier, adjoint au Quartier Sud, garde rapprochée RN, 53 ans et toujours là. Marion Bravo, adjointe à l’Habitat et Relations avec les bailleurs sociaux, présente sur la liste depuis 2020. Xavier Baudry, adjoint au Quartier Ouest, garde rapprochée historique. Fatima Dahine, adjointe à l’Éducation, transfuge majeur : compagne de l’ex-maire Jean-Marc Pujol, elle était sur sa liste puis dans l’opposition avant de rejoindre Aliot. Jean-Yves Gatault, adjoint au Nouveau Programme national de Renouvellement Urbain et Habitat indigne, liste Aliot 2026 sans passé signalé. Isabelle Bertran, adjointe aux Services à la population, sur la liste depuis 2020. David Tranchecoste, adjoint au Quartier Nord, garde rapprochée. Catherine Pujol, adjointe à la Santé, intégrée 2026. Pierre Parrat, adjoint à la Sécurité et à la Laïcité, transfuge emblématique : ex-premier adjoint de Pujol, il a troqué l’écharpe LR contre la belle délégation. Danielle Pujol, adjointe au Centre Communal d’Action Sociale et Égalité Femmes-Hommes, intégrée à la liste Aliot. Jean-Philippe Schemla, adjoint au Quartier Centre, transfuge ex-Pujol. Laurence Pignet, adjointe à la Petite enfance, liste Aliot stable. Philippe Benguigui, adjoint à la Mémoire, Rapatriés et Lutte contre les discriminations, transfuge ex-Grau.Seul petit couac dans la composition : Gérard Raynal (43e sur la liste) est absent, donc Michèle Ricci (44e) le remplace automatiquement et devient conseillère municipale déléguée à la Gestion des équipements funéraires.

Du côté des conseillers municipaux, l’ambiance est plus… austère.

La grande majorité voit ses indemnités baisser de 20 %. C’est la fête pour tout le monde, mais pas pour les mêmes.

Jean-Claude Pinget, conseiller aux Sites archéologiques, liste Aliot depuis 2020. Dominique d’Agnello, conseillère à l’Action façades. Alain Cavaliere, conseiller à la Prospective urbaine et Relations avec les chambres consulaires, transfuge ex-Grau. Jean-Louis Bertrand, conseiller à l’Université et Enseignement supérieur. Marie-Christine Marchesi, conseillère aux Relations avec les associations caritatives. Bernard Lamothe, conseiller à la Sécurité civile, Hygiène, Sécurité et Musée Puig. Christian Aliet, conseiller à la Propreté urbaine et Gestion relation usagers. Christine Gonzalez, conseillère aux Relations avec les associations. Franck Remi, conseiller au Commerce et Artisanat. Hélène Baret, conseillère au Bien-être et Protection animale. Florence Moly, conseillère au Patrimoine. Anne Huberlant, conseillère aux Échanges intergénérationnels seniors. Hervé Abel, conseiller à l’Environnement et Développement durable. Marine Tardieu, conseillère à la Parentalité et Violences intrafamiliales. Clarisse Bourquin, conseillère à la Maison de l’étudiant et Vie étudiante.

Quelques élus ont quand même droit à un traitement un peu moins… spartiate :

Jean-Luc Antoniazzi, conseiller aux Archives et Institut du Roussillon, transfuge de l’ancienne équipe Pujol (rallié en cours de mandat précédent), touche 2 466,31 € brut. Emmanuel Blanc, conseiller à la Politique sportive, liste Aliot, lui, empoche 2 774,59 €, soit l’équivalent d’un adjoint standard.

Et puis il y a les députés qui siègent sans délégation, parce que quand on est déjà à l’Assemblée, on ne vient pas pour les cacahuètes :

Michèle Martinez, députée de la 4e circonscription, RN historique ; Sandrine Such, députée de la 3e circonscription, RN ; Anaïs Sabatini, députée de la 2e circonscription, avocate de formation, RN.Voilà.

Une majorité élargie, stabilisée, où les ralliements croisés sentent bon l’intérêt supérieur de la ville… et surtout celui des portefeuilles.

À Perpignan, l’avenir est en grand, les indemnités aussi, et tout le monde finit par trouver sa place. Même les anciens ennemis.

C’est ça, la politique locale : un grand théâtre où les costumes changent, mais les fiches de paie restent. Rideau.

 

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 13:48

"— ... Toi, toi tu peux le retrouver. Tu sais comment faire, tu es dans la police, non ?
— Détective privé.
— Ce n'est pas pareil ?
— La police fait régner l'ordre. Moi, je me contente de révéler le désordre."


Le Quintette de Buenos Aires
Manuel Vázquez Montalbán

 

Perpignan, le 30 mars 2026 – Enquête de Pepe Carvalho n° 47 : « L’ignorance en sauce catalane »

Je m’appelle Pepe Carvalho. Ex-communiste, ex-agent de la CIA, ex-tout-ce-qui-pue-le-pouvoir. Aujourd’hui je suis juste un privé qui aime les calçots grillés et les vérités qui font mal au ventre. On m’a demandé d’enquêter sur un miracle électoral : comment Louis Aliot, le type qui dirige Perpignan comme un commissariat de série B, a été réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix alors que la moitié de la ville n’a même pas daigné sortir voter.J’ai sorti mon carnet, mon briquet et ma bouteille de Priorat. Et j’ai compris : ce n’était pas une élection. C’était une agnotologie en live. Une usine à fabriquer de l’ignorance fraîche, servie tiède aux électeurs comme un cassoulet de la veille.

Première scène du crime : la fragmentation gauche.
Quatre listes. Quatre ego. Quatre petits chefs qui se sont regardés dans le miroir en se disant « moi je suis l’alternative crédible ». Résultat ? 15,94 % pour Langevine, 13,45 % pour Nougayrède, 9,60 % pour Idrac, 8,94 % pour le dernier en date.
Mathématiquement, ça fait une belle soupe. Politiquement, ça fait un gros « on ne sait pas pour qui voter ».
L’agnotologie appelle ça « production active du doute ». Moi j’appelle ça du suicide assisté avec vue sur les remparts. Les électeurs anti-Aliot ont fini par se dire : « Bah, puisqu’ils ne sont pas capables de s’entendre, c’est que personne ne peut le battre. » Et ils sont restés sur le canapé. Classique.

Deuxième scène : la campagne SOS Racisme intitulée « C’est Louis ou moi ».

Joli slogan. Très punchy. Très « ville antiraciste ».
Le RN a répondu illico : « Touche pas à mon maire ».
Du jour au lendemain, les Perpignanais ne savaient plus s’ils votaient pour un maire ou contre un panneau d’affichage. Plus personne ne parlait du bilan municipal – propreté, sécurité, finances, tout ça. On parlait d’un combat de coqs médiatique.
L’ignorance ne tombe pas du ciel. Elle est sponsorisée.

Ici, elle l’était par les deux camps à la fois. Du grand art.

Troisème scène du crime – et la plus pathétique : la presse locale, complètement flapie. #ilestleclubdelapresque
Ah, la presse locale… Ce bon vieux L’Indépendant et ses cousins de quartier, tous flapis comme des figues trop mûres oubliées sur l’étal du marché de la Loge. Avachis, rincés, vidés de leur dernier jus. Ils ont passé la campagne à pondre des papiers tièdes comme une bullabessa oubliée sur le feu depuis trois jours : des « bilans contrastés » qui ne contrastent rien du tout, des « le maire assume » récités avec la ferveur d’un curé en fin de messe, des photos de rubans coupés et des déclarations officielles recopiées mot pour mot, comme des enfants sages qui recopient le tableau sans jamais lever la main pour poser une question.

Pas une vraie enquête sur le risque d’inéligibilité qui planait discrètement au-dessus de la ville. Pas un seul chiffre sérieux sur la dette, la propreté ou les petits arrangements de la com’ municipale. Pas un reportage qui aurait osé demander si « Perpignan la rayonnante » brillait surtout grâce aux spots publicitaires payés par la mairie elle-même.
Non. Ils ont préféré rester flapis, bien au chaud dans leur rôle de greffier municipal, à ronronner des éloges officiels avec l’enthousiasme d’un chat qui a déjà vu trop de souris.

Résultat : l’ignorance n’a même pas eu besoin d’être fabriquée en grande pompe. Elle a été gentiment livrée à domicile, sur un plateau d’argent, par des plumitifs qui n’avaient plus la force de lever le stylo. Quand la presse locale est flapie à ce point, l’agnotologie n’a plus qu’à s’installer confortablement au café de la poste et commander une tournée générale de doute.

Quatrième scène du crime – l’intello qui arrive après la bataille avec son pavé sous le bras :

Et puis, comme si tout ça ne suffisait pas, voilà que débarque le livre Perpignan déclassement et droitisation, éditions Trabucaire. Un beau pavé bien lourd, bien sérieux, qui lapalissade sur lapalissade et jargonne à mort pour impressionner le populo et le politique qui raffole des réponses toutes faites qu’il peut entendre sans se fatiguer les neurones.
Des concepts bien emballés, du « déclassement » par-ci, de la « droitisation » par-là, des analyses qui sentent bon l’amphi et le PowerPoint. Du grand spectacle intellectuel pour ceux qui aiment qu’on leur explique pourquoi ils ont perdu… une fois que les urnes sont déjà fermées.
Le problème ? Le bouquin sort six ans trop tard. Il aurait dû débarquer en 2020, au tout début du premier mandat d’Aliot, quand le type posait à peine ses valises à la mairie et que l’ignorance était encore fraîche et malléable. Là, il aurait peut-être secoué quelques endormis, fait bouger les lignes, obligé les gens à regarder en face le déclassement et la droitisation en temps réel.

Mais non : il arrive pile en deuxième moitié de campagne, comme Grouchi à Waterloo en recherche de fraises , quand tout est déjà joué, rejoué et digéré depuis belle lurette. Il explique tout, ils lapalissadent sur lapalissade tout, ils donnent des réponses clefs en main… mais le match est fini depuis 2020, les joueurs sont sous la douche et le public est rentré chez lui depuis des années.

C’est la cerise sur le gâteau de l’agnotologie : même les gens qui pourraient comprendre se contentent d’un livre qui arrive quand tout est déjà joué et rejoué.

Du vent académique bien calibré pour faire joli dans les bibliothèques des perdants.

Cinquième scène, la plus savoureuse : l’abstention à 52,26 %.

Record historique. La ville la plus rayonnante de France (c’est écrit sur le logo, je vérifie) a décidé collectivement de ne pas décider.
Dans mon métier, quand la moitié des témoins refuse de témoigner, c’est qu’on leur a fait comprendre que le procès était déjà joué. Ou que la vérité était trop fatigante à digérer.
Aliot a donc gagné avec les voix d’à peine 23,5 % des inscrits. C’est beau comme une victoire au poker avec un brelan de jokers : personne ne triche vraiment, mais tout le monde fait semblant de ne pas voir les cartes.J’ai interrogé le maire sortant (enfin, rentrant). Il m’a servi le discours habituel : « Les Perpignanais ont choisi la continuité. »
J’ai failli m’étouffer avec mon cigare. La continuité, oui. Celle de l’ignorance bien entretenue, comme un bon fromage qui pue mais que tout le monde mange parce qu’on leur a dit que c’était du terroir.

Conclusion d’enquête :
À Perpignan, on n’a pas voté pour Aliot par enthousiasme. On a voté pour lui parce qu’on ne savait plus très bien pourquoi il ne fallait pas. La gauche s’est bouffée elle-même, les affiches se sont battues entre elles, la presse est restée flapie sur son fauteuil, les intellos ont sorti leur pavé qui lapalissade sur lapalissade six ans trop tard… et les électeurs ont préféré le canapé.
L’agnotologie n’est pas une théorie de salon.

C’est la nouvelle recette catalane : prenez une bonne dose de division, une pincée de désinformation, laissez mijoter dans l’abstention avec une presse locale flapie qui ne remue même plus la sauce et un livre qui lapalissade sur lapalissade six ans après le début du premier mandat… et servez chaud au premier tour.Moi, Pepe Carvalho, je range mon carnet.
Demain je retourne à Barcelone.
Ici, l’ignorance est déjà cuite. Et elle a le goût du succès.Bon appétit, Perpignan.

 

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26 mars 2026 4 26 /03 /mars /2026 18:42

"Etrange : je crois au diable, mais pas au Bon Dieu.
Vraiment pas ?
Je ne sais pas. Si, je sais ! Je ne veux pas croire en lui ! Non, je ne veux pas.
C’est mon libre arbitre.
Et la seule liberté qui me reste : le droit de croire ou de ne pas croire.
Mais officiellement bien sûr, faire comme si.
Selon les circonstances : tantôt oui, tantôt non."

 Jeunesse sans dieu
Ödön von Horváth

Chronique à la manière d’Ödön von Horváth
(ou comment la gauche perpignanaise se démaquille elle-même dans un Volksstück (de l'allemand: piéce populaire) catalan, mars 2026)

Ah, mesdames et messieurs, regardez donc ce beau tableau de la vie politique locale, ce petit théâtre de la sincérité électorale où tout le monde joue son rôle avec une conviction touchante ! On est à Perpignan, le 15 mars 2026, et le rideau se lève sur une victoire qui sent déjà le plâtre frais de l’hôtel de ville. Louis Aliot, le maire sortant, ce personnage solide comme un roc du Rassemblement national, rafle la mise au premier tour : 50,61 %, 17 300 voix, 43 sièges au conseil municipal, 30 à l’agglomération. Pas de second tour, pas de suspense, juste une majorité qui s’installe comme on s’installe dans un fauteuil usé mais confortable. La participation ? 47,74 %.

Le peuple a parlé… ou plutôt, il s’est tu poliment.

Mais attention, le vrai drame ne se joue pas sur la scène du scrutin, non. Il commence le lendemain, quand la gauche, cette grande famille désunie, décide de se livrer à son numéro favori : la guerre fratricide en costume judiciaire. Entre en scène Agnès Langevine, à la tête de la liste « Plus forts pour Perpignan » (Place Publique, PS, centristes, Unitat Catalana, et sa camarade Annabelle Brunet). Quinze virgule quatre-vingt-quatorze pour cent, une maigre deuxième place, quatre sièges. Humiliée ? Pas du tout.

Elle a mieux : elle a un recours.

Le 20 mars 2026, jour même où l’on installe le nouveau conseil municipal, elle dépose au tribunal administratif de Montpellier ce que les mauvaises langues locales ont baptisé, avec un humour minéral tout catalan, le « coup de calcaire ».

Un coup dur, râpeux, qui laisse des traces blanches sur tout le monde.

Car ce n’est pas seulement Aliot qu’elle vise, oh non ! C’est toute la gauche concurrente, c’est le voisin de palier, c’est le camarade d’hier. Un vrai Volksstück où chacun se poignarde avec le sourire de la vertu.Que réclame-t-elle, cette dame Langevine, dans sa requête si bien tournée ? D’abord, 280 procurations qui n’auraient pas été reportées sur les listes d’émargement (la préfecture en avait compté 1 252, les émargements seulement 972). Citation exacte de sa liste : « Il est apparu que dans de nombreux bureaux de vote, des procurations valablement consenties n’avaient pu être exercées faute d’avoir été reportées sur les listes d’émargement… Il en résulte que 280 suffrages n’ont pas pu être exprimés en raison d’un défaut d’inscription. »

Deux cent quatre-vingts voix qui, ô miracle, auraient peut-être empêché Aliot de franchir la barre des 50 % (il n’avait que 202 voix d’avance).

On retire ça à Aliot, et hop, le décor tremble.Mais ce n’est pas tout, loin de là. On demande aussi l’invalidation de plus de 6 000 bulletins : 2 973 voix de Mathias Blanc (usage abusif des mentions « Place Publique » et « Parti socialiste » sur bulletins, affiches et tracts, alors que Langevine était l’investie officielle – ah, la confusion des électeurs, quel drame bourgeois !) et 3 193 voix de Mickaël Idrac (bulletins retournés, verso avec logos visible au lieu du recto avec les noms – une confusion qui frise le vaudeville). Bref, on attaque Aliot… et on torpille les deux autres listes de gauche. Un coup de calcaire qui râpe tout le monde, y compris les alliés potentiels. La sincérité du scrutin ? Démasquée, mes amis, démascuée jusqu’à l’os.Les répliques fusent, comme dans une bonne pièce de Horváth.

Mathias Blanc, de la liste « Perpignan Autrement », réplique avec une amertume parfaite : « On peut s’étonner du fait que ce sont les mêmes qui d’un côté rendent hommage à Lionel Jospin, décédé dimanche, artisan de la gauche plurielle, et qui, d’un autre côté, s’attachent méthodiquement à détruire toute idée d’union à gauche. » Touché.

Mickaël Idrac, qui avait déjà déposé son propre recours, ironise sur X le 18 mars : « recours irréaliste de la droite dure d’Agnès Langevine et Annabelle Brunet », accusant même la préfecture de décisions « politiques ». La gauche se mord la queue avec élégance.

Et pendant ce temps, le même jour, 20 mars, à l’hôtel de ville, on installe le conseil.

Ambiance de comédie de mœurs. Louis Aliot est réélu maire avec 43 voix. Agnès Langevine en récolte 4, Mathias Blanc 3, cinq bulletins blancs. Les autres boycottent ou votent blanc. On élit les 21 adjoints : Charles Pons reconduit en premier adjoint, une brochette de transfuges des anciennes équipes Pujol et Grau (Fatima Dahine, Chantal Bruzi, Pierre Parrat…) bien intégrés, cinq adjoints « quartiers ». La majorité applaudit, l’opposition (Langevine et Blanc) quitte la salle pendant la remise des écharpes.

Agnès Langevine intervient : elle rappelle la possible inéligibilité d’Aliot dans l’affaire des assistants parlementaires et la forte abstention. Huées de la salle. Mathias Blanc se veut « au service de tous les Perpignanais ».

Aliot, lui, garde la tête froide et lâche, avec l’émotion mesurée du vainqueur : « C’est une grosse charge d’émotion et de responsabilités. Quand on est élu au premier tour, et en plus massivement, ça veut dire que les gens comptent sur vous. Il faut garder la tête sur les épaules et je crois qu’on a une bonne équipe pour assumer les sept ans qui arrivent. »

Ainsi va la pièce, mesdames et messieurs.

La gauche, défaite, se démaquille en se tirant dessus à boulets judiciaires. Le « coup de calcaire » restera gravé dans les annales comme le symbole d’une opposition qui préfère le tribunal à la rue, le recours à l’union. Le tribunal administratif examinera tout cela dans quelques mois. Mais avec 34 points d’avance pour Aliot, qui parierait sur un retournement ? Le rideau tombe sur une gauche en pleine déroute interne, et sur une majorité qui s’installe tranquillement, comme si de rien n’était.Fin du premier acte.

Le peuple, lui, regarde déjà ailleurs. Comme toujours dans mes chroniques.

Lorsque j'ai appris ses anecdotes, à l'instar de Desproges, "j'ai repris deux fois des nouilles" 

Par contre à l'annonce de la disparition de JAD, Jacqueline Amiel Donat , j'ai pleuré comme un môme...

 

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 19:29

 Il appartient à chacun de faire son deuil du confort superfétatoire…

« Il appar­tient à cha­cun de faire son deuil du confort super­fé­ta­toire, et notam­ment de la socié­té de consom­ma­tion qui réduit l’être humain à sa dimen­sion d’homo oeco­no­mi­cus contem­po­rain. On devra faire son deuil de son confort intel­lec­tuel, comme nous l’a­vons vu. On devra enfin mobi­li­ser son capi­tal spi­ri­tuel en renon­çant aux délices de la pas­si­vi­té morale, des séries Net­flix, de l’a­bru­tis­se­ment de l’homo fes­ti­vus qu’a décrit Phi­lippe Muray. Sur­vi­vront ceux qui trou­ve­ront en eux des res­sources vitales, ins­tinct de sur­vie, volon­té de faire sur­vivre leurs enfants et de per­pé­tuer la civi­li­sa­tion, foi reli­gieuse, désir réflé­chi de vaincre la tyran­nie des nomades de Jacques Attali. »

Lio­nel Rondouin
Loin du confort, se pré­pa­rer à des temps trou­blés…, Xe col­loque de l’Ins­ti­tut Iliade, 15 avril 2023

 

Perpignan 2026 : le grand écart cosmique entre Téhéran et le marché de la place de la Loge (version augmentée : avec bonus autosuffisance énergétique, parce que pourquoi pas rire un peu plus fort)

Ah, Perpignan ! Ville où le soleil tape si fort qu’on pourrait presque croire qu’on est autosuffisant… en bronzage. Dimanche 15 mars, Louis Aliot (RN) rafle 50,61 % dès le premier tour, 43 sièges sur 55, une majorité si écrasante qu’on pourrait y installer un champ solaire sans que l’opposition bronche (enfin, Mickaël Idrac essaie, mais bon, recours au TA, on connaît la chanson).

Premier conseil municipal bouclé en un éclair – probablement lundi 16 ou mardi 17 mars, avec les poignées de main crispées habituelles et les adjoints élus comme on distribue des pastis en terrasse.Pendant ce temps, à 4 000 km, le Moyen-Orient joue à « qui fait le plus gros trou dans le réseau énergétique mondial » : frappes sur l’Iran, ripostes sur les sites gaziers qataris et saoudiens, Brent à 114 $ (et 150 en vue si le détroit d’Ormuz fait des siennes), gaz TTF +35 % en quelques jours, factures élec spot à 291 €/MWh le matin.

L’Europe panique, Ursula promet des « mesures », Macron parle de « flambée imminente », et les prix du gazole grimpent de 28 centimes en trois semaines. Sympa pour le plein.Et à Perpignan ? Toujours rien à foutre. Vraiment. Zéro. Que dalle. Nada.Le grand débat local, c’est toujours : est-ce que le recours d’Idrac va marcher (spoiler : non, mais ça fait causer), si Agnès Langevine arrive à placer ses 4 élus sans se faire piétiner, et si on va enfin réparer la fontaine de la Loge avant les fêtes. La guerre en Iran ? Les méthaniers escortés par l’OTAN ? Le risque de black-out partiel cet hiver si le Qatar coupe net ?

Pff. Ça, c’est pour les Parisiens qui stressent à l’idée que leur recharge Tesla passe de 0,25 € à 0,38 € le kWh.

Mais attendez, soyons justes : on pourrait théoriquement se raccrocher à un petit espoir d’autosuffisance énergétique locale, non ? Parce que Perpignan, c’est le soleil à gogo – plus de 2 400 heures par an, champion départemental du solaire dans les Pyrénées-Orientales. Près de 22 400 installations photovoltaïques (99,8 % de la production EnR du 66), +9 % en un an, +51 MW grâce à 2 400 nouvelles toitures.

L’autoconsommation cartonne : des agriculteurs près de Perpignan couvrent leurs hangars de panneaux et vendent le surplus aux voisins. Des foyers à Canet, Saint-Cyprien, Cabestany passent à l’autoconsommation avec injection réseau, et ça réduit la facture. Le département produit 10 % de l’énergie verte occitane, surtout solaire (71 % de la prod régionale EnR), un peu d’éolien (21 %, avec des repowering comme à Rivesaltes : 15 → 22 GWh/an). Et la métropole a ses vieux rêves : toits solaires, parcs éoliens d’antan (75 % des besoins résidentiels visés un jour), PCAET qui parle de multiplier par 4 les EnR d’ici 2050.Sauf que… en vrai ?

On en a toujours rien à foutre.

Parce que même avec tout ce soleil gratuit, la production locale reste une goutte d’eau face à la conso totale. Perpignan et ses 120 000 habitants, c’est pas une île déconnectée du réseau : on pompe encore massivement du nucléaire français, du gaz importé, et même si le solaire explose chez les particuliers et sur quelques hangars, la ville n’est pas près de couvrir ses besoins en hiver (quand le soleil se cache et que le chauffage électrique tourne).

L’impact d’une crise gaz/pétrole moyen-orientale ?

Direct sur les prix de l’électricité et du fioul de secours, pas sur une supposée « souveraineté locale » qui reste un joli PowerPoint. Aliot pourrait bien monter une motion « souveraineté énergétique : stop au gaz qatari, vive le solaire catalan et le nucléaire français forever » (classique RN), mais soyons réalistes : le premier conseil s’est cantonné aux classiques – installation, adjoints, peut-être une vague allusion au « contexte international » avant de passer aux subventions pour les assos de quartiers.Ici, on râle contre la butifarra +12 centimes, la taxe foncière +3,8 %, le lampadaire qui clignote.

Pas contre le fait que 150 millions de m² de zones d’accélération EnR attendent dans le 66 (loi APER oblige).

On se demande si le Canigou aura de la neige pour les photos Instagram, pas si un black-out gazier va forcer EDF à couper le jus aux heures de pointe.Le grand écart est encore plus grand maintenant : d’un côté, le monde flambe (littéralement, certains terminaux gaziers), de l’autre, Perpignan continue son petit bonhomme de chemin, avec son soleil sous-exploité, ses toits qui pourraient produire plus mais qui restent majoritairement nus, et ses habitants qui préfèrent se plaindre du prix du pastis (+30 centimes au bar du coin) plutôt que de rêver à une vraie indépendance énergétique locale.

C’est presque poétique. Ou pathétique. Ou les deux.

Vive Perpignan 2026. Que le soleil continue de briller, que le gaz qatari revienne (ou pas), et que personne ne descende dans la rue avec une pancarte « Plus de panneaux sur les toits, moins de missiles sur le Golfe ! ». Parce que franchement… on en a rien à foutre.

Pas encore. Peut-être jamais.

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 21:55

Un anonyme nous a envoyé ce texte, nous le publions donc...

"Le soleil y tombe comme une sentence capitale à midi pile.
Pas de pitié, pas d’ombre, pas d’excuse.
Juste un projecteur divin braqué sur ta petite vie inutile.
Cioran n’aurait eu qu’à s’asseoir place de la Loge, allumer une clope et noter :
« Naître ici est déjà une forme d’ironie cosmique. »

Identité ?

Un catalan qui parle français en s’excusant,
un Français qui met un drapeau jaune-rouge pour se faire pardonner d’exister.
Double imposture, double humiliation,
et toujours le même pastis pour faire passer la pilule.

Le Palais des Rois de Majorque ?

Un château pour fantômes en CDD.
On y monte pour se souvenir qu’on descend de personne
et qu’on redescendra encore plus vite.

L’ennui n’est même plus un sentiment :
c’est la météo officielle de la ville.
Dimanche 15 h, entre la Têt qui pue et le McDo qui sent le regret,
on comprend enfin pourquoi Dieu a inventé l’alcool :
pour qu’on supporte le spectacle de soi-même sous 38 °C.

Bilan en trois uppercuts :

Soleil = guillotine lumineuse  
Identité = blague que personne n’ose finir  
Ennui = seul état honnête qui reste quand on a tout compris

Perpignan ne console pas.
Elle ricane.
Et elle ricane très fort,
avec des cigales en bande-son et des touristes en pleurs.

Cioran n’a pas eu besoin d’y vivre.
La ville s’est chargée de prouver sa thèse
sans même ouvrir un de ses livres.


C’est vexant pour la philosophie,
mais follement drôle pour qui sait regarder."

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 20:21

 

   " Eh là qui va là (Inspecteur Gadget)
    Eh là ça va pas (ouh ouh)
    Oh là je suis là (Inspecteur Gadget)
    C'est moi que voilà (Inspecteur Gadget)
    Ça va être la joie (ouh ouh)
    Au nom de la loi (moi je vous arrête)
    Je vous arrête là
    (Go go) gadget à main."
Générique inspecteur Gadget

Conférence gesticulée du premier tour des municipales à Perpignan! Contenu dans la boite :les discours des candidats comme s’ils étaient sur scène, avec leurs tics, leurs postures, leurs auto-justifications, et une pointe de distance moqueuse sur le théâtre politique. On imagine le conférencier qui marche, mime, exagère les gestes…« Le premier tour des municipales à Perpignan 2026 – ou comment tout le monde a (presque) gagné, sauf que non »

(Imaginez-moi là, micro en main, face à vous, avec une grande feuille blanche derrière moi sur laquelle je dessine des bonhommes qui se disputent un fauteuil.)

Dimanche 15 mars 2026. Perpignan.

Participation… 47,74 %. Presque 48 %. La plus mauvaise depuis longtemps, hors période covid, nous dit-on. Presque la moitié des gens ont dit : « Bah non, finalement, je reste au soleil avec mon pastis, c’est pas grave. » Et pourtant… il y a eu un gagnant. Un seul. Dès le premier tour.Louis Aliot (je prends la pose du vainqueur, bras écartés, sourire carnassier) :
« Mes chers amis… 50,61 % ! 16 835 voix ! 43 sièges sur 55 ! Dès le premier tour ! On a explosé 2020 ! On a pulvérisé les pronostics ! C’est la preuve que les Perpignanais savent reconnaître le travail, la sécurité, la fierté retrouvée, le blablabla… Et puis franchement, regardez mes adversaires… Quelle médiocrité ! Ils se sont entre-dévorés, ils ont fait mumuse à gauche pendant que moi je ramassais la mise. Merci à Jean-Marc Pujol d’être venu se coller à moi, merci au bon sens populaire, merci à moi ! »

(Je mime le geste de ramasser des billets imaginaires par poignées.)

Et là, on passe à la gauche. Parce que la gauche à Perpignan, c’est un peu comme un puzzle dont il manque la moitié des pièces… et que les pièces restantes se détestent.Agnès Langevine (je prends un air sérieux, un peu prof d’université, lunettes imaginaires sur le nez) :
« Bon… 15,94 %. C’est pas mal, hein ? On est deuxièmes. On a 4 sièges. On a fait mieux que certains. On déplore la faible participation, hein, 48 %, c’est catastrophique, les gens se sont démobilisés, c’est grave. Mais bon… regardez : la gauche totale, si on additionne tout, on est à presque 36 % ! 35,94 % même ! On a gagné 6 200 voix en six ans ! C’est pas rien ! Si on avait été unis… si… si… Mais bon, voilà, c’est comme ça. On assume. On va continuer le combat. Avec dignité. »(Je hausse les épaules, genre « on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a ».)

Puis arrive Bruno Nougayrède (je bombe pas le torse, air d’ancien nouveau notable respectable, cravate bleu marine) :
« 13,45 %. Quatrième ? Non, troisième ! Soyons fiers de Perpignan, c’était une belle campagne. On représente la droite républicaine, le centre, les valeurs… On a 4 sièges aussi. On est là. On n’a pas à rougir. On a fait un score honorable. Face à la machine RN et à la division de la gauche, on s’en sort bien. On reste dans le paysage. On va continuer à proposer une alternative sérieuse.Bref, on a manqué de notoriété

»(Je fais le geste du type qui range ses dossiers, « on verra au prochain coup ».)

Ensuite Mickaël Idrac (je mets un ton un peu plus jeune, un peu plus en colère, bras qui s’agitent) :

« 9,60 %. 3 193 voix. 2 sièges. On est là, on représente le vrai changement, LFI, les écolos, les gens qui en ont marre. On a fait un score correct vu le contexte. La division de la gauche ? C’est pas nous qui avons commencé. On a porté un projet clair, radical, nécessaire. On va continuer à se battre pour les Perpignanais qui galèrent. Parce que 50 % d’abstention, c’est pas juste de la paresse, c’est un cri de désespoir.Mais on va attaquer en justice le scrutin »

(Puis je mime le poing levé deux secondes, puis je baisse le bras, l’air un peu fatigué.)

Mathias Blanc (ton un peu plus doux, dissident, air de « moi je suis le gentil de service ») :

« 8,94 %. 2 973 voix. 2 sièges. On a fait ce qu’on pouvait. On était le PS mais pas vraiment, le PC, des écolos, des militants de base… On a tenu. On représente une gauche de terrain, pas de salon. On est fiers de nos 2 sièges. On va les utiliser. Et puis… franchement… si tout le monde s’était mis d’accord derrière une seule liste… mais bon… voilà. »

(Je fais le geste « c’est pas moi qui décide » avec les mains ouvertes.)

Et enfin Pascale Advenard (ton très militant, un peu en retrait) :
« 1,46 %. On est là. On représente les travailleurs. On n’a pas de siège, mais on a une voix. On continuera. »(

Je hausse les épaules : « ben voilà, c’est dit ».)

Et là, on regarde le tableau final (je dessine vite fait sur la feuille) :

Louis Aliot → 50,61 % → réélu direct, 43 sièges, game over.
Le reste → 49,39 % → éparpillé en miettes de thon à l'huile.
Abstention → plus de 52 % → le vrai vainqueur silencieux.

Alors on se dit : est-ce que c’est la victoire écrasante du RN ? Ou est-ce surtout l’histoire d’une gauche qui s’est présentée en six morceaux contre un seul bloc bien huilé ? Ou est-ce l’histoire d’une ville où la moitié des gens n’en peut plus de la politique et va se baigner à Canet le jour du vote ?

(Je conclus en regardant le public.)

Bref… à Perpignan, ce 15 mars 2026, on a eu un premier tour très clair :
Un gagnant absolu.
Cinq perdants relatifs qui expliquent tous qu’en vrai, ils ont gagné quelque chose.
Et une majorité d’électeurs qui ont répondu : « Laissez-moi tranquille. »Applaudissements ? Non ? Bon… c’est normal.

On est à Perpignan.
Ils ne font tellement rien, qu'ils ne font même pas illusion...Fin de la conférence.

Postscriptum: rendez-nous "l'inspecteur gadget"

 

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