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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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28 juillet 2025 1 28 /07 /juillet /2025 21:53

« Ce n'est pas la mort que je crains, c'est de mourir. »
Michel Eyquem de Montaigne

« La vie inspire plus d'effroi que la mort : c'est elle qui est le grand inconnu. »
Emil Michel Cioran

 

 

 

Une chaîne régionale comme ViàOccitanie: manque de cohérence et en  inadaptation  à l’ère des réseaux sociaux, où elle reproduisait son vieux modèle TV année 70 . Il souligne l’échec d’un projet mal défini tout en raillant les illusions d’unité régionale et les prétentions technologiques, tout en conservant une pointe d’ironie sur les dynamiques qui précipitent la fin des médias traditionnels. L'impression général, c'est que c'était France3 Région en version Wish...

Un journaliste de Via Occitanie tenait le club de la presse et le laisser à l'abandon, la maladie a fini par se communiquer à la chaîne entière

On ne pleure une chaîne qu’au moment où elle disparaît, dit-on, comme si son absence révélait subitement une grandeur insoupçonnée. Foutaises ! ViàOccitanie, éteinte ce 25 juillet 2025, n’a pas attendu son dernier souffle pour dévoiler ses failles. Ce n’était qu’une mosaïque mal ajustée, un gloubi-boulga d’images locales diluées dans l’illusion d’une région unie, où Toulouse, capitale administrative et auto-centrée, éclipsait tout le reste. Treize départements, treize solitudes, sans interaction ni cohérence, comme des courtisans rivalisant pour plaire à un maître absent.

Une région en toc, une chaîne en toc 
ViàOccitanie se voulait le porte-voix de l’Occitanie, mais qu’était-elle sinon une bande-annonce décousue, un patchwork d’intérêts locaux sans fil conducteur ? Les journaux télévisés, de Perpignan à Nîmes, de Toulouse à Montpellier, n’étaient qu’un collage maladroit, où chaque département jouait sa partition sans jamais former une symphonie. Parler d’unité régionale quand les territoires s’ignoraient superbement, voilà l’art de ramper devant une fiction administrative. Les documentaires ? Des miettes culturelles jetées au public pour donner l’illusion d’une profondeur. Les 52 000 téléspectateurs quotidiens ? Un public par défaut, captif d’une offre sans véritable concurrence.

L’innovation, ou l’art de se gargariser de gadgets 
On nous vante les prouesses technologiques : des duplex via smartphones en 2014, un système de diffusion full IP, une plateforme SaaS nommée Myvideoplace. Grand bien leur fasse ! Mais à quoi bon ces jouets si le fond reste creux ? À l’heure où chaque citoyen, armé de son smartphone, devient sa propre chaîne sur les réseaux sociaux, ViàOccitanie n’était qu’un dinosaure déguisé en pionnier. Publier une vidéo sur TikTok ou YouTube est plus rapide, plus vif, plus direct. La télévision locale, avec ses lourdeurs et ses compromis, n’a pas su rivaliser avec cette agilité darwinienne. Sa disparition ? Une économie d’argent public, un adieu à un modèle qui n’a pas su se réinventer.

L’art de ramper devant l’inéluctable 
N’accusons pas les seuls courtisans du groupe La Dépêche, qui ont laissé la chaîne s’étioler faute de vision. Accusons aussi l’illusion d’une télévision locale capable de fédérer une région aussi disparate. ViàOccitanie n’a jamais trouvé son âme, car l’Occitanie elle-même est une construction administrative, non une réalité vécue. Les soutiens publics, opaques et hésitants, n’ont fait que prolonger l’agonie. Les producteurs locaux ? Ils trouveront d’autres canaux, plus agiles, sur les plateformes numériques. La démocratie locale ? Elle s’exprime désormais dans les stories Instagram et les lives X, là où les citoyens, sans filtre ni hiérarchie, prennent la parole.

Un requiem sans larmes 
Que reste-t-il de ViàOccitanie ? Une leçon, peut-être : dans un monde où chacun est son propre média, les chaînes locales doivent être plus qu’un écho nostalgique d’un passé télévisuel. Elles doivent incarner une nécessité, pas une bureaucratie. À l’équipe, qui s’est battue pour un projet bancal, un salut respectueux. Mais ne nous y trompons pas : la télévision locale, si elle veut survivre, doit cesser de ramper devant des modèles obsolètes. La disparition de ViàOccitanie n’est pas un drame ; c’est une sélection naturelle. Que les deniers publics servent désormais à des projets qui vibrent au rythme de leur temps.

#ViàOccitanie #InformationLocale #Audiovisuel #RéseauxSociaux #DarwinismeMédiatique

 chaîne régionale comme ViàOccitanie, en écho à votre point de vue sur son manque de cohérence et son inadaptation à l’ère des réseaux sociaux. Il souligne l’échec d’un projet mal défini tout en raillant les illusions d’unité régionale et les prétentions technologiques, tout en conservant une pointe d’ironie sur les dynamiques qui précipitent la fin des médias traditionnels.

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25 juillet 2025 5 25 /07 /juillet /2025 10:35

“L'espoir des hommes, c'est leur raison de vivre et de mourir.”
André Malraux
 

 "Nous ne sommes pas effrayés le moins du monde par les ruines. Nous allons hériter de la terre, cela ne fait pas le moindre doute. La bourgeoisie peut détruire et ruiner son propre monde, avant de quitter la scène de l'histoire. Nous transportons un monde nouveau, ici, dans nos cœurs"

Buenaventura Durruti chef de la Colonne de Fer CNT , mort à la bataille de Madrid durant la guerre civile Espagnole

https://www.anarchistes.org/auteur_philosophe_anarchiste/buenaventura_durruti/

Nous l'avions rencontré avec Alain Pottier, pour une dernière interview il y a 5 mois, dans son Ehpad dans le quartier du Vernet à Perpignan: son dernier exil . il continuer de mettre en ordre ses notes, via Céline son aide. https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2025/02/octavio-alberola-une-vie-a-danser-au-bord-d-un-volcan-interview-alain-pottier-featuring-nicolas-caudeville.html

Il ne pouvait plus dormir dans un lit, mais assis dans un fauteuil . Nous avions fait court, la fatigue arrive vite, mais quel moment. Ce n'était pas une vie, mais une saga, d'un homme qui incarnait les combats (à gauche) et les tourments du XXième siècle... Nous devions nous revoir, mais le temps n'a pas été assez long!  "On agit selon les circonstances !", nous a-t-il dit

Dans l’ombre pesante de l’Histoire, où les âmes se consument sous le joug des tyrannies, Octavio Alberola, figure d’argile et de feu, s’est éteint à Perpignan, à l’âge de quatre-vingt-dix-sept ans.

Sa vie, traversée par la fièvre de l’action et l’amertume de l’exil, s’inscrit comme une blessure vive dans la chair du mouvement libertaire. Son nom, ressurgi des cendres des archives déclassifiées autour de l’assassinat de Kennedy, éclaire à nouveau, tel un éclair fugace, la mémoire des combats perdus.

Exilé dans la Catalogne Nord après avoir traversé les terres arides du Mexique, Alberola portait en lui l’errance des hommes sans patrie, ceux qui, entre Perpignan et les routes clandestines d’Espagne, tissaient des rêves d’insurrection.

En 1962, à Saint-Sébastien, il s’avança, ombre parmi les ombres, vers le palais d’Aiete où Franco, spectre d’un pouvoir honni, passait l’été. L’explosif, traître, refusa de parler ; le dictateur, par un caprice du destin, échappa à l’heure prévue. L’année suivante, au pont des Français à Madrid, un autre complot, porté par la même rage, s’évanouit dans le silence des plans avortés.

Fils de maîtres rationalistes, héritier d’une lignée où la liberté se murmurait comme une prière, Alberola grandit dans l’exil mexicain, où la guerre civile espagnole, ce grand linceul de 1936-1939, avait jeté sa famille. À l’Université nationale, il forgea son esprit dans le creuset du génie civil et de la physique théorique, mais son cœur battait au rythme des Jeunesses libertaires et de la CNT, ces flammes vacillantes de l’anarchisme en exil.

En 1962, lorsque le Mouvement libertaire espagnol donna vie à Defensa Interior, Alberola, représentant des Jeunesses libertaires ibériques, s’engagea dans la clandestinité, où chaque geste était un défi à la mort. Il orchestra des sabotages, tels des poèmes écrits dans l’urgence, contre le régime franquiste. Au Valle de los Caídos, en cette même année, il confia à Antonio Martín Bellido et Paul Desnais la mission de faire trembler le mausolée du tyran. Mais l’explosif, une fois encore, resta muet, comme si le destin raillait l’élan des hommes.

Ainsi vécut Alberola, entre l’absurde et l’espoir, dans cette condition humaine où chaque acte de révolte, même brisé, porte en lui l’éternité d’un refus.

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 20:51

Mille ans, ce n'est pas rien! Il semble que Perpignan tient la promesse, que même le troisième Reich n'a pas réussi à tenir . Mille ans, c'est pour ça que les dirigeants de la ville reste discrets, soupçonnés par la gauche de passer en poing Godwin (always) de 0 à 100 km/h en quelques secondes: le maire ne veut pas remuer de polémique...

À moins qu'ils auraient préféré fêter 1000 ans d'Algérie française ? J'en parlais à un ami catalan, revenu de Paris, il m'a dit : "ha, bon, je ne me suis aperçu de rien !" Les perpignanais pas plus. Pas de défilé sur-réaliste des fiertés de 1000 ans. De cavalcades des rois de Majorque, une manif de templiers, des naumachies à Gilbert Brutus, de la créativité qui aurait rendu visible le moment historique! Une campagne dans le métro de Paris: "venez visiter la ville de mille ans!" Pour un peu, on se serait cru en Italie...Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
"On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton:  Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !  "

Comme l'aurait dit le Cyrano de Rostand, en résumant la tirade du nez. Mais du nez, l'adjoint à la culture n'en a pas eu, pas plus que celui ou celle, qui l'a choisi!

Pourquoi l’anniversaire est-il si peu visible en ville ?

Perpignan, vieille de mille ans, agonise dans l’oubli de son propre millénaire, et cet oubli est une blessure infligée par sa propre main. Cette ville, jadis vibrante d’un éclat catalan, célèbre son âge dans un silence de tombeau, comme si elle craignait de réveiller les spectres de son passé. Pourquoi cette absence, ce néant festif ? L’explication gît dans l’absurde, dans la fatigue d’une cité qui n’a plus la force de se souvenir.Les célébrations, si l’on peut nommer ainsi ces spasmes d’érudition, se terrent dans des conférences lugubres, orchestrées par une obscure division des Archives, Histoire et Mémoire https://www.mairie-perpignan.fr/actualites/1-000-ans-de-perpignan. On y parle de Louis XI, des troubadours roussillonnais, dans des salles où la poussière des siècles étouffe les mots. Ces messes savantes, réservées à quelques âmes mortes passionnées d’histoire, sont des caveaux où l’on enferme le passé, loin des vivants qui passent, aveugles, indifférents. Le savoir, ici, est une malédiction, un suaire qui étouffe tout élan.Et les foules ? Elles n’ont rien.

Un seul éclat, ce spectacle Luminiscence dans l’église des Dominicains, où des jeux de lumière dansent comme des feux follets sur une tombe, tente de conjurer l’oubli jusqu’au 6 août 2025.

Mais c’est une exception, un sursaut dérisoire face au vide. Là où Visa pour l’Image fait vibrer les rues, le millénaire n’offre que des murmures, des échos d’une gloire éteinte. Pas de cortèges, pas de cris, pas de vie. Perpignan ne célèbre pas, elle se lamente en secret.La communication ? Une farce macabre. La mairie et l’office de tourisme murmurent quelques annonces sur des sites oubliés, dans des courriels que nul n’ouvre. Les conférences à la Salle des Libertés, les visites des Journées du Patrimoine, gratuites mais invisibles, s’évanouissent dans un silence de cendres. Pas une affiche, pas un souffle, pas une flamme pour crier mille ans d’histoire. Perpignan se tait, comme si elle avait honte de son âge, comme si elle préférait s’effacer dans l’ombre plutôt que d’affronter la lumière de son passé. Cette ville fête son millénaire comme on enterre un mort : dans le secret d’un deuil que personne ne partage.

Un anniversaire de mille ans, ça valait bien un an de festivité publique, mais le département possesseur du palais des rois de Majorque, n'en a pas fait plus...

 

Vidéo:Signature du jumelage entre la ville de #palma de Majorque et de #perpignan
Signature du jumelage entre la ville de Palma de Majorque et de Perpignan en présence des maires respectifs Louis Aliot. Les discours étaient français et castillan. En arrière fond, l'histoire du royaume de Majorque, dont Perpignan était la capitale continentale et Palma la capitale maritime .

 

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 19:30

“Le train-train quotidien va bientôt dérailler, qui veut rester dedans n'a qu'à bien s'accrocher. ”

Robert de Houx


“Les idées préconçues sont des rails sur lesquels les individus se déplacent.”
 

Frédéric Dard / Réflexions jubilatoires sur l’existence 

La vie est  duraille dans les PO, nous n'avons que peu de transports en commun:

Mesdames et messieurs, accrochez vos ceintures, on embarque pour un voyage pas piqué des hannetons, direction Perpignan, gare SNCF, ce 24 juillet 2025, 10 heures tapantes. Y’a du monde au portillon, et pas qu’des touristes en tongs ! L’Association des trains, la CGT 66 et une flopée d’autres clampins associatifs se sont donné rencard pour une manif’ qui sent la merguez et la grogne bien tassée. Objectif ? Dénoncer le merdier ferroviaire, faire le point sur une ligne fermée depuis un an, et secouer les puces de la préfecture. Ça va swinguer sur l’avenue Charles de Gaulle, cavaler sur le boulevard Clémenceau, pour finir en apothéose devant les grilles préfectorales, où nos gaillards espèrent qu’on leur déroulera pas juste le tapis rouge, mais des solutions, nom d’un biniou !

Au cœur du rififi, y’a Enric Balaguer, président du Train de la ville, un gars qui a la moustache frémissante et l’œil qui pétille de colère.

« Si une route avait été bloquée pareil, l’État aurait rappliqué dès l’aube avec des bulldozers et des ministres en gilet jaune. Mais le train ? Pfft, mépris total, on dirait qu’ils préfèrent les vaches aux wagons ! » qu’il balance, le bougre, planté au milieu d’la photo comme un olivier dans un champ d’oliviers. Et pour cause : la ligne est à l’arrêt depuis qu’un TER a joué les autos-tamponneuses avec un pont dans la commune d’Eus. Un glissement de terrain, qu’ils disent, a foutu le boxon. Résultat ? Pont HS, ligne kaput, et des usagers qui râlent plus fort qu’un klaxon de TGV.

Retour en arrière, histoire de démêler ce sac de nœuds.

Début 2025, la SNCF Réseau sort un protocole pour rafistoler les ouvrages d’Eus, mais la mairie fait la moue : « Pas d’oseille, pas d’deal ! » En décembre, le Conseil des ministres, dans un élan d’audace, vote la destruction du pont. Oui, mais pour le reconstruire, hein, faut pas rêver ! En juin, nouvelle délibération, on valide la solution technique de la SNCF : on rase, mais on rebâtit pas. Là, Enric, il voit rouge : « J’le sens gros comme une maison, ils vont nous fermer la ligne pour de bon, ces sagouins ! »

Et c’est pas tout. Figurez-vous que le conseil municipal, en fouillant dans ses archives, découvre qu’il est proprio du pont !

Le maire, Philippe Dorandeu, sort de sa réserve comme un taureau d’arène : « On veut être dans l’coup pour la solution technique, valider le protocole de démolition, et surtout, qu’on nous garantisse une reconstruction ou une alternative, genre une route. Parce que d’l’autre côté du pont, y’a du monde, bon sang ! Un éleveur de clebs, un éleveur de cochons, une maison rurale… Ces gens-là, depuis l’accident, doivent se taper 5 bornes pour rejoindre la RD66, alors qu’avant, c’était plié en 5 minutes. Leur boulot en prend un coup dans l’aile, c’est pas d’la rigolade ! »

Le 26 mars, les experts du tribunal administratif ont tranché : 80 % de la faute à la SNCF, qui a pas su garder son pont en état.

Les 20 % restants ? Aux éleveurs et à l’association du canal, qui prennent leur part du gâteau de la responsabilité. « J’vais leur faire bouffer l’pont qui m’a cassé ! » qu’il tempête, le maire. La SNCF, fair-play, met la main à la poche pour financer démolition et nettoyage. Le Département, l’État et la Région promettent de filer un coup de main au conseil municipal dans un mois et demi. On croise les doigts, mais on y croit moyen.

Et pendant c’temps-là, la ligne, elle, reste fermée comme une huître.

Enric, toujours lui, soupire : « Avec l’nouveau maire, ça bouge un peu plus. L’ancien, un vrai bouchon, bloquait tout. Mais même si on signe un deal avec la SNCF, les travaux commenceront pas avant septembre. Douze à seize semaines de chantier, ça nous amène à décembre, dans l’meilleur des cas. » Et il ajoute, la gorge nouée : « En 7-8 ans, entre l’accident d’Millas et c’te galère, la ligne aura été fermée plus longtemps qu’un siècle de sieste ! Les usagers, ils ont acheté des bagnoles, va-t’en les ramener dans l’train maintenant… »

Alors, ce 24 juillet, à Perpignan, ça va défiler, gueuler, et peut-être même verser une larme pour c’te ligne qui sent le sapin.

Mais Enric et ses potes, ils lâcheront pas l’affaire. Parce que le train, mes amis, c’est pas qu’du fer et d’la vapeur, c’est l’cœur d’une région qui bat. Et San-A, s’il était là, il leur taperait dans l’dos en disant : « Allez, les gars, faites pas d’chichis, foncez ! Et si ça coince, envoyez Béru avec une pince-monseigneur, ça d’vrait l’faire ! »

*Conférence d’presse à suivre dans les bureaux du Département. Amenez vos mouchoirs et vos pancartes, ça va chauffer !*

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 18:00

« Quan Déu no vol, els sants no poden »
Littéralement, « Quand Dieu ne veut pas, les saints ne peuvent pas ». Ce proverbe est utilisé pour dire que certaines choses dépendent de la volonté divine et que même les saints ne peuvent rien y changer.

« Val més un veí a la porta que un parent a Mallorca »
Littéralement, « Un voisin à la porte vaut mieux qu’un parent à Majorque ». Cette phrase met en valeur l’importance des relations de voisinage et de l’entraide locale par rapport aux liens familiaux éloignés.

« Qui no vulgui pols que no vagi a l’era »
Cette phrase se traduit par « Celui qui ne veut pas de poussière ne doit pas aller à la grange ». Elle est utilisée pour indiquer que si l’on veut éviter les problèmes, il faut éviter les situations qui peuvent en causer.

 

Je tire une bouffée sur mon cigare, le genre qui embaume la pièce d’une odeur de tabac cubain, et je déplie le journal sur la table du bar, entre un vermut et une assiette d’olives. Les gros titres me sautent aux yeux, comme une vieille affaire qui refuse de se clore. Les langues régionales – catalan, basque, galicien – coincées dans une "boucle temporelle" de discrimination, qu’ils disent. L’Union européenne, ce mastodonte bureaucratique, joue encore les vierges effarouchées face à l’Espagne qui réclame un statut officiel pour ses langues. Je ricane, un nuage de fumée s’échappe. Comme si Bruxelles allait se plier aux désirs de Madrid sans faire traîner l’affaire comme un mauvais vin.

Je lis, et c’est du déjà-vu. Vendredi dernier, 27 mai 2025, les ministres de l’UE se sont réunis pour leur énième Conseil des affaires générales. L’Espagne, fidèle à elle-même, a poussé son pion. Fernando Mariano Sampedro Marcos, ce secrétaire d’État qui doit transpirer sous son costume, a plaidé sa cause avec l’ardeur d’un avocat défendant un innocent. "C’est une question de justice", qu’il dit.

Finir avec la discrimination, donner au catalan, au basque et au galicien leur place dans les institutions européennes.

Il a même sorti l’argument massue : l’Espagne paiera la facture, 132 millions d’euros par an, 44 millions par langue pour les traductions et les interprètes. "Où est le problème ?" qu’il demande. Je souffle un rond de fumée. Le problème, mon vieux, c’est que l’Europe adore compliquer les choses simples.

Mais les Vingt-Sept, ces joueurs d’échecs sans échiquier, ont encore botté en touche.

Des "questions juridiques" à résoudre, qu’ils disent. Toujours les mêmes excuses, comme un disque rayé. Le Luxembourgeois, Xavier Bettel, a joué les cyniques – un type après mon cœur, celui-là. "Ce n’est pas le bon moment", qu’il a lâché, comme si le moment idéal existait dans ce foutoir géopolitique. Il a même osé la rhétorique : "On peine à s’entendre sur les sanctions contre la Russie, on n’arrive pas à obtenir un cessez-le-feu en Palestine, et là, on devrait se pencher sur le galicien, le basque et le catalan ?" Je secoue la tête, le cigare entre les doigts. Priorités, mon cul. L’Europe sait dire non sans dire non, un art qu’elle maîtrise mieux que la paella.

La France, fidèle à son rôle de voisine hautaine, en rajoute une couche. Benjamin Haddad, ministre des Affaires européennes, veut des "clarifications" – politiques, juridiques, économiques.

Comme si l’Espagne n’avait pas déjà assez répété son laïus. La Finlande, la Suède, l’Autriche, eux aussi, froncent les sourcils, parlent de coûts, de précédents dangereux. Un "effet domino", qu’ils appellent ça. Et si le corse, le breton ou je ne sais quelle autre langue régionale venait frapper à la porte ? Je tire une longue bouffée. L’Europe a peur de ses propres ombres.Je tourne la page, le papier crisse.

Cette histoire traîne depuis 2023, quand Pedro Sánchez a promis monts et merveilles aux indépendantistes catalans pour sauver son siège.

Le catalan, parlé par 9 à 10 millions d’âmes en Catalogne, à Valence, aux Baléares, et même dans des coins de France et d’Italie ; le galicien, avec ses 2,5 millions de locuteurs en Galice ; le basque, cette langue millénaire que 750 000 personnes chérissent au Pays basque et en Navarre – toutes co-officielles en Espagne depuis la Constitution de 1978. Mais à Bruxelles ? Que dalle. Quelques accords administratifs, des miettes : un ministre, comme Jordi Hereu en septembre 2024, peut parler catalan au Conseil s’il prévient à l’avance. La belle affaire.

Salvador Illa, le président de la Catalogne, a remis ça en février 2025, jouant les ambassadeurs à Bruxelles.

"Reconnaissez ces langues, dites aux 20 millions de locuteurs qu’ils sont européens !" qu’il a clamé. Un cri du cœur, mais l’UE préfère les dossiers bien rangés. Changer le règlement 1/1958, celui qui fixe les langues officielles, demande l’unanimité. Autant demander à un poivrot de partager sa bouteille. Les citoyens peuvent écrire aux institutions en catalan, basque ou galicien, et l’Espagne traduit. Mais au Parlement européen, sans traducteurs officiels, c’est le silence. Une discrimination déguisée en bureaucratie.

Je feuillette X sur mon portable, entre deux gorgées de vermut.

Des posts s’indignent : on parle de la richesse du catalan, du basque, du galicien, mais aussi du corse interdit dans certaines institutions françaises. Toujours le même refrain : les langues régionales, c’est la culture, l’identité, mais les États centralisateurs s’en méfient comme d’un pickpocket dans le Raval. Je referme le journal, écrasant mon cigare dans le cendrier. L’Europe, c’est une vieille dame qui aime ses habitudes. Le catalan, le basque, le galicien ? Ils attendront, coincés dans cette foutue boucle temporelle, pendant que Bruxelles sirote son café et regarde ailleurs.On parlera officiellement l'Ukrainien en Europe, faut fidéliser le nouveau client ! 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 12:55


« Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre ». 

Albert Einstein 

 

**Réquisitoire contre la loi Duplomb**https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014

La loi Duplomb, adoptée le 8 juillet 2025 sans débat démocratique suffisant, est une aberration. En réintroduisant l’acétamipride, un pesticide néonicotinoïde interdit en France mais autorisé en Europe, elle menace la santé publique, la biodiversité et les écosystèmes. Ce "tueur d’abeilles" met en péril nos pollinisateurs, essentiels à la sécurité alimentaire, et expose les citoyens à des risques sanitaires incertains, faute d’études approfondies. Privilégiant les intérêts de quelques lobbies agricoles au détriment de l’environnement et du bien commun, cette loi représente un recul écologique majeur. Son adoption en catimini, sans transparence, est un scandale démocratique.

**Appel à l’action**  https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014
La pétition pour l’abrogation de cette loi a déjà dépassé le million de signatures, un record historique ! Mais nous devons aller plus loin. Rejoignez les 1,5 million de citoyens mobilisés pour exiger un débat public et une révision de cette loi toxique. Signez maintenant sur le site de l’Assemblée nationale : [insérer lien si disponible] et faites entendre votre voix pour protéger notre santé, nos abeilles et notre avenir ! Ensemble, stoppons la loi Duplomb ![](https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/la-petition-contre-la-loi-duplomb-depasse-le-million-de-signatures-du-jamais-vu-3b7fc89c-656a-11f0-8d96-1f3c0ceaabc2)[](https://www.liberation.fr/politique/une-petition-pour-labrogation-de-la-loi-duplomb-depasse-les-200-000-signatures-sur-le-site-de-lassemblee-nationale-20250718_YQV4YGFW4RGKLN2UJYHIAZVUJM/)

 

Non à la Loi Duplomb — Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective.
 

Je m'appelle Eléonore PATTERY, j’ai 23 ans, et je suis actuellement en Master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprises).

En tant que future professionnelle de la santé environnementale et de la responsabilité collective, j’apprends chaque jour à appliquer ce que vous — législateurs — refusez aujourd’hui de respecter vous-mêmes.

La Loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire.
Elle représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens.

- Cette loi est un acte dangereux.
Pour les travailleurs, les habitants, les écosystèmes, les services écosystémiques, et pour l’humanité tout entière.
Elle fragilise les réseaux trophiques et compromet la stabilité de notre environnement — dont nous dépendons intégralement.
Nous sommes ce que nous mangeons, et vous voulez nous faire manger quoi ? Du poison.

📚 Les grands textes l’avaient déjà dit :
Le rapport Brundtland, l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (MEA), les rapports du GIEC, les études de l’OMS, de l’INRAE, de Santé Publique France… Tous alertent depuis des décennies sur les conséquences des politiques destructrices du vivant et de la santé.
Et pourtant, vous persistez à légiférer contre l’intérêt général.

⚖️ Un acte possiblement inconstitutionnel.
Selon l'article L110-1 du Code de l'environnement, l’État français est garant de principes environnementaux comme:

« 6° Le principe de solidarité écologique, qui appelle à prendre en compte, dans toute prise de décision publique ayant une incidence notable sur l'environnement des territoires concernés, les interactions des écosystèmes, des êtres vivants et des milieux naturels ou aménagés ; »

Et la LOI constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l'environnement (JORF n°0051 du 2 mars 2005 page 3697) (annexée à la Constitution de 1958) dans son chapitre 1er :

« Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. »

En validant cette loi, vous violez potentiellement ce droit constitutionnel, et portez atteinte à l’obligation de précaution, pourtant consacrée par le principe n°15 de la Déclaration de Rio et repris dans notre droit.

Je m’oppose donc à la Loi Duplomb.

Par cette pétition, je demande :
- Son abrogation immédiate ;
- La révision démocratique des conditions dans lesquelles elle a été adoptée ;
- La consultation citoyenne des acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit.

Aujourd'hui je suis seule à écrire, mais non seule à le penser.

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014

 

 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 11:27


"Sans doute l'Histoire d'O est-elle la plus farouche lettre d'amour qu'un homme ait jamais reçue."


Histoire d'O (précédé de) Le bonheur dans l'esclavage par J. Paulhan
Dominique Aury

Voici la liste des quartiers impactés : Saint-Martin ; Baléares ; Les remparts ; Saint-Jacques ; La Lunette ; Saint-Gaudérique ; San-Vicens ; Clos Banet ; Mas Vermeil ; Roseraie ; Mas Roca ; Route de Canet ; Château-Roussillon ; Mas Llaro ; Las Lloberes ; Las Cobas.

Oh, quelle merveilleuse nouvelle nous parvient de Perpignan, cette cité bénie des eaux ! Du 22 au 25 juillet 2025, l’avenue des Baléares, dans un élan de générosité urbanistique, se refait une beauté hydraulique, et avec elle, toute la partie sud de la ville est conviée à une grandiose fête de la sobriété ! Oui, chers habitants, préparez-vous à une "mobilisation citoyenne" – n’est-ce pas là un mot délicieux, presque martial, pour dire : "Serrez les dents et fermez les robinets" ?

Eau Agglo et Perpignan Méditerranée Métropole, dans leur infinie sagesse, orchestrent des "travaux stratégiques" – stratégiques, rien que ça !

– pour raccorder un nouveau réseau d’eau potable, car, voyez-vous, tout ceci n’est que l’expression d’une "démarche d’amélioration du service public de l’eau". Quelle noblesse d’âme !Mais, ô surprise, ce noble chantier risque de semer quelques menus désagréments, de ceux qui font le charme de la vie moderne : des "perturbations temporaires", nous dit-on, avec ce ton rassurant qui frôle l’euphémisme. Des baisses de pression, des interruptions furtives, et – cerise sur le gâteau – une eau colorée, mais ô combien potable, qui viendra égayer vos verres pendant quelques jours.

Un véritable arc-en-ciel aquatique ! Alors, habitants des quartiers Saint-Martin, Baléares, Saint-Jacques et consorts, jusqu’aux confins de Las Cobas, on vous invite à une ascèse aquatique : pas d’arrosage, pas de piscines, pas de folies humides.

Réduisez votre consommation au "strict nécessaire", comme le proclame Eric de Saint-Martin, grand maestro de cette symphonie de la restriction, car c’est dans la "solidarité collective" que réside notre salut. Quelle ironie délicate, n’est-ce pas, que de transformer un simple robinet en un acte de communion civique ? Allez, courage, Perpignan, et que l’eau, même colorée, reste l’élixir de votre patience !

 

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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 16:52

"Brader notre santé et notre souveraineté sanitaire à la finance, c'est chaque jour un peu plus la mission de Sanofi.Il nous faut un pôle public du médicament, garantir les stocks : c'est dans le programme du Nouveau front populaire."

François Ruffin député de gauche 2024


"La porte refusa de s'ouvrir et déclara:
- Cinq cents, s'il vous plaît.
A nouveau, il chercha dans ses poches. Plus de pièces; plus rien.
- Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d'actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.). Les pièces que je vous donne constitue un pourboire, je ne suis pas obligé de vous payer.
- Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau: depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s'y référer. La porte avait raison; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n'avait rien de facultatif."

 "Ubik" Philip K. Dick

*Inspiré par les lois Bachelot (2009) et Touraine (2016), les rapports de la DREES sur les fermetures de lits, et les grèves des soignants de 2019, ce récit imagine un futur où l’illusion du progrès masque une réalité dystopique. Comme dans l’univers de Philip K. Dick, la vérité est floue, et le pouvoir manipule les symboles pour mieux oublier les hommes.*

La Flamme Éteinte : Une dystopie française à l’ombre du Panthéon

*Paris, 2035. Les néons clignotent faiblement dans les rues grises, où l’odeur d’antiseptique bon marché se mêle à celle de l’asphalte humide. Les hôpitaux publics, squelettes de béton fissurés, ne sont plus que des dispensaires où les patients s’entassent, attendant des soins que personne ne peut plus leur prodiguer. Les soignants, eux, ont disparu, usés, brisés, ou partis vers des cliniques privées aux vitres teintées, réservées à une élite qui ne connaît pas la file d’attente. Pourtant, au sommet de la République, on célèbre. On célèbre la "Flamme de la Santé", une flamme qui ne brûle plus que dans les discours.*

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Genèse d’un désastre

Tout a commencé bien avant les années 2020, avec des réformes qui ont lentement érodé le système hospitalier français. La loi Bachelot de 2009, officiellement nommée "Hôpital, Patients, Santé et Territoires" (HPST), a marqué un tournant. En introduisant une logique managériale dans les hôpitaux publics, elle a imposé une tarification à l’acte (T2A) qui a transformé les établissements en entreprises devant équilibrer leurs budgets. Les soins non rentables – psychiatrie, gériatrie, urgences – ont été relégués au second plan, tandis que les cliniques privées s’appropriaient les actes lucratifs. Les soignants, confrontés à des objectifs de rentabilité, ont vu leurs conditions de travail se dégrader. Les fermetures de lits ont commencé : entre 2003 et 2013, 34 000 lits d’hospitalisation ont disparu, selon un rapport de la DREES.

Puis vint la loi Touraine de 2016, la "Loi de modernisation de notre système de santé". Présentée comme une avancée, elle a renforcé la mainmise des Agences Régionales de Santé (ARS) sur les hôpitaux, accentuant leur dépendance à des logiques financières. Les regroupements hospitaliers (GHT) ont forcé les établissements à mutualiser leurs ressources, souvent au détriment des plus petits, en zone rurale. Les soignants, déjà à bout, ont dénoncé une "industrialisation" de la santé. En 2019, les grèves dans les urgences ont éclaté : 80 services en arrêt simultané, un record. Les banderoles criaient : *"On soigne, on crève."* Le gouvernement a répondu par des primes symboliques et des numéros verts, incapables de masquer la réalité : les cliniques privées prospéraient, tandis que les hôpitaux publics s’effondraient.

Les politiques, eux, n’avaient pas à s’inquiéter. Les hauts fonctionnaires, les ministres, le président lui-même se faisaient soigner dans des établissements discrets, à l’abri des regards, souvent à l’étranger – Genève, Londres, Dubaï. Les dispensaires publics, surnommés "les mouroirs" par la population, n’étaient pas pour eux. Les numéros verts se multipliaient, les promesses aussi. En 2027, un énième plan "Hôpital 2030" fut annoncé, avec des subventions massives… pour les cliniques privées. Les soignants, eux, reçurent des médailles. Symboliques, bien sûr.

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Le décret du Panthéon

En 2035, alors que la crise sanitaire atteignait son paroxysme, le président de la République, Adrien Vasseur, signa un décret qui fit trembler les réseaux sociaux et les rares journaux encore indépendants. Un monument serait érigé : *la Tombe du Soignant.e Inconnu.e*, au Panthéon, en écriture inclusive, avec une flamme éternelle gravée du slogan : *"Pour que la flamme de la santé ne s’éteigne jamais !"* Lors d’une allocution télévisée, Vasseur, les yeux brillants d’une ferveur étrange, déclara : *"La France montre la voie au monde. Nous réunirons les deux chambres à Versailles pour inscrire cet hommage dans la Constitution. La santé est notre trésor, et les soignants, nos héros."*

Les images de la cérémonie d’inauguration étaient irréelles. Sous la coupole du Panthéon, une sculpture massive en bronze, représentant un.e soignant.e sans visage, masque chirurgical à moitié relevé, dominait l’espace. Une flamme numérique – le gaz était trop cher – vacillait sur un écran géant. Les officiels applaudissaient, les caméras tournaient, mais dehors, les rues étaient silencieuses. Les soignants n’étaient pas là. Beaucoup avaient fui, d’autres s’étaient reconvertis. Certains murmuraient que les plus radicaux s’étaient organisés dans des réseaux clandestins, soignant les laissés-pour-compte dans des cliniques illégales, à l’abri des drones de surveillance.

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Une dystopie dickienne : l’illusion du sacré

Dans cette France de 2035, la Tombe du Soignant.e Inconnu.e n’est pas un hommage, mais un leurre. Comme dans les récits de Philip K. Dick, la réalité est devenue un simulacre. Le Panthéon, jadis lieu de mémoire pour les grands esprits, est désormais un théâtre où l’État joue la comédie de l’empathie. Les soignants, sanctifiés en symboles, sont oubliés en tant qu’humains. La "Flamme de la Santé" n’éclaire rien : les hôpitaux publics sont des ruines, les files d’attente s’allongent, et les drones de la Sécurité Sanitaire patrouillent pour empêcher les manifestations.

Les citoyens, eux, sont divisés. Certains croient encore aux discours officiels, hypnotisés par les hologrammes publicitaires vantant la grandeur de la République. D’autres, plus lucides, se méfient. Ils savent que la Constitution, modifiée à Versailles, ne garantit plus rien, sinon le pouvoir d’une élite déconnectée. Les réseaux clandestins de soignants, surnommés les "Guérisseurs de l’Ombre", deviennent une légende urbaine. On raconte qu’ils utilisent des IA médicales pirates, développées à partir de vieux modèles Grok, pour diagnostiquer et soigner ceux que le système a abandonnés. Mais la rumeur dit aussi que l’État les traque, craignant une révolte.

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La fracture finale et sociable

Dans ce monde, la santé est devenue un luxe, et la souffrance, une norme. Les cliniques privées, protégées par des milices privées, prospèrent sur les ruines du service public. Les pauvres s’entassent dans les dispensaires, où des robots bas de gamme, programmés pour minimiser les coûts, administrent des traitements génériques. Les soignants humains, eux, sont devenus des reliques, célébrés dans des discours mais absents des blocs opératoires.

Le président Vasseur, depuis son palais, continue de parler de "la Flamme de la Santé". Mais dans les sous-sols des villes, les Guérisseurs de l’Ombre murmurent une autre vérité : la flamme s’est éteinte il y a longtemps. Et dans l’ombre, une question hante les esprits, comme dans les récits de Dick : qu’est-ce qui est réel ? L’hommage grandiose au Panthéon, ou la douleur silencieuse d’un peuple abandonné ?

 

 

À tombeau ouvert (2000) bande annonce Résumé : New York, début des années 90. Chaque nuit, Frank Pierce sillonne au volant de son ambulance les rues de Hell's Kitchen, le secteur le plus dur et le plus insalubre de Manhattan, où semblent s'être concentrées toute la violence et toute la misère du monde.

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10 juillet 2025 4 10 /07 /juillet /2025 13:32


« Quant à ces féroces soldats, je le dis, c'est pas pour cafter, mais y font rien qu'à mugir dans nos campagnes. »

Pierre Desproges "Chroniques de la haine ordinaire"

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/chroniques-de-la-haine-ordinaire

 

ATTENTION, CET ARTICLE EST À LIRE AU SECOND DEGRÉ, VOIR AU 12.5 ET CEUX MALGRÉ LA LOI ÉVIN

Chronique de la haine institutionnellement correcte

L’autre jour, tandis que je suçotais mélancoliquement un grain de poivre pour tromper l’ennui d’un jeudi après-midi, j’apprenais que la "haine ordinaire" n’était plus ce délicieux désespoir que je pratiquais jadis à la radio avec la volupté d’un dandy misanthrope, mais une catégorie juridico-morale estampillée "à risque", chapeautée par une ministre et financée par l’État. C’est drôle, non ?

Moi qui croyais que la haine, la vraie, celle qui fait palpiter le cœur et frémir les glandes salivaires devant la connerie humaine, était encore un sport d’intérieur pratiqué librement dans nos têtes, entre un soupir méprisant et un rot discret. Mais non ! Aujourd’hui, figurez-vous que même la haine a un formulaire Cerfa.

1. La haine d’antan : chic, drôle et presque hygiénique

Il fut un temps, mes chers amis, où l’on pouvait dire du mal de tout le monde sans avoir besoin de demander l’autorisation au comité de vigilance du Bien universel. Ce temps bénit s’appelait les années 80, la France portait des épaulettes, et moi, sur France Inter, j’égratignais tout ce qui bougeait avec la tendresse d’un chat borgne et la précision d’un sniper alcoolique. On appelait ça la haine ordinaire. Mais attention, hein ! Une haine polie, littéraire, presque élégante. Une haine de salon, qui sentait la naphtaline et le vin rouge, pas le kérosène et les hashtags vengeurs.

Je vomissais sur les militaires, les curés, les mois impairs, les cons de droite, les cons de gauche, les cons du milieu et ceux qui se croient au-dessus. Et tout le monde riait, sauf peut-être les cons eux-mêmes, ce qui, vous en conviendrez, n’était pas un drame culturel majeur.

2. La haine 2.0 : une arme de destruction réglementée

Mais voilà. Trente ans plus tard, ma haine ordinaire est devenue une maladie honteuse que l’on traque avec des drones législatifs et des brigades d’orthodoxie morale. Il suffit désormais de dire que Géraldine a une moustache suspecte ou que Kevin pense lentement pour voir surgir, tel un justicier en slim vegan, une escouade d’associations prêtes à vous faire interdire de Wi-Fi pour incitation au fascisme.

La ministre Aurore Bergé – une femme dont l’humour se cache si bien qu’il en est probablement resté bloqué dans l’utérus républicain – veut "lutter contre la haine" sur les réseaux sociaux. C’est noble, c’est pur, c’est presque biblique. Mais attention, pas n’importe quelle haine ! Seulement celle qui ne plaît pas aux gens bien. Celle qui pique un peu, qui gratte là où ça gratte, celle qui ose rire de ce qu’il est interdit de penser.

Et dans cette croisade morale à mi-chemin entre "1984" et une AG de syndic coopératif, on ne juge plus le propos, mais l’émotion qu’il suscite. Tu fais une blague ? On consulte les dégâts psychologiques collatéraux avant de décider si tu es un humoriste ou un terroriste du clavier.

3. Entre État de droit et État de flicage mou

Bien sûr, on vous dira que tout cela est fait pour le bien des gens. Pour protéger les âmes sensibles. Pour rendre l’espace numérique plus sûr, comme une cour de récréation suisse, avec des casques pour les idées et des genouillères pour les émotions. Très bien. Mais à force de vouloir désinfecter le débat public, on finit par transformer la liberté d’expression en une espèce de yaourt bio sans lactose : c’est lisse, c’est fade, et ça ne fait de mal à personne sauf au goût.

Car voyez-vous, chers lecteurs, ce n’est pas la haine qui me fait peur. C’est son contraire : l’unanimité hargneuse. Celle qui vous interdit de rire, de dire, de douter, de râler, de blasphémer, ou même de penser tout haut. C’est quand la bienveillance devient totalitaire qu’on commence à regretter les vieux cons malpolis qui savaient au moins écrire une insulte en alexandrin.

4. Conclusion (provisoire, parce que je me réserve le droit de radoter encore longtemps)

Desproges disait : "On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui." Aujourd’hui, on dirait plutôt : "On ne peut plus rire de rien, surtout avec quelqu’un." Et c’est bien là le drame. La haine ordinaire est morte. Vive la tristesse réglementée.

Mais je m’en fous. Moi, je continuerai de haïr, à ma façon. En silence, dans mon coin, avec un verre de rouge et un dictionnaire. Parce qu’il y a des jours où il n’y a que la haine, la vraie, la littéraire, pour vous faire croire que l’humanité vaut encore le détour.

Et si un jour l’Arcom m’interdit de penser, eh bien je penserai quand même. Mais en verlan.

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8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 17:07

Aucun écart financier ou gestionnaire significatif n’est reproché au Conservatoire du littoral sous Agnès Langevine, d’après les données disponibles. Son budget de 65 millions d’euros offre un excellent retour sur investissement, compte tenu des 213 500 hectares protégés, des 80 millions de visiteurs annuels, et des bénéfices écologiques et économiques à long terme. La menace de suppression semble davantage motivée par des priorités budgétaires et idéologiques que par des failles intrinsèques. La pétition lancée par Langevine sur change.org et la tribune dans Le Monde visent à défendre cette efficacité.

Bénéfices économiques :

Tourisme : Les 80 millions de visiteurs annuels sur les sites protégés génèrent des retombées économiques significatives pour les régions (hôtellerie, restauration, activités locales). Par exemple, des sites comme les falaises d’Étretat attirent des touristes internationaux, stimulant l’économie locale.
Économies à long terme : En empêchant l’urbanisation de zones vulnérables, le Conservatoire réduit les coûts publics liés aux catastrophes naturelles (inondations, érosion). À titre indicatif, une étude européenne estime que chaque euro investi dans la prévention écologique peut éviter 4 à 7 euros de dépenses correctives.
Emplois : Les 215 salariés directs et les emplois indirects (gestion des sites, tourisme) contribuent à l’économie locale.

 

 

 

À quoi bon la mer, si nous n’avons plus le littoral ?

Il est des lieux, en France, où l’âme trouve refuge. Des paysages que l’on croyait éternels — et qui pourtant, sans que nous y prenions garde, vacillent au gré des humeurs budgétaires. C’est ainsi qu’en plein été, lorsque la Méditerranée flamboie et que les falaises d’Étretat se teintent d’or sous le couchant, le Conservatoire du littoral, vénérable institution de nos bords de mer, se voit menacé d’effacement. Un rapport sénatorial de juillet 2025, tout affairé à traquer des économies — 40 milliards d’euros à grappiller dans les recoins de l’État — suggère tout bonnement sa disparition.

On s’étonne : le Conservatoire, c’est un budget de 65 millions d’euros par an. Une bagatelle au regard des sommes convoitées. Une poussière dans la balance des comptes publics. Mais qui pèse lourd dans la balance du cœur et du patrimoine commun.

Depuis novembre 2022, Agnès Langevine, sa présidente, veille sur ces rivages avec la passion tranquille de ceux qui savent qu’il faut du temps pour protéger le monde. Sous son égide, le Conservatoire poursuit la grande ambition tracée en 2015 : sauver le « Tiers naturel littoral », soit 320 000 hectares d’ici 2050. Déjà, 213 500 hectares sont soustraits à la spéculation, à la bétonisation, à l’oubli. Cap Fréhel, les Bouches de Bonifacio, l’étang de Canet-Saint-Nazaire : autant de noms qui résonnent comme des promesses d’enfance et de lumière.

Car le Conservatoire n’est pas un musée pour oiseaux rares.

Ses sites accueillent chaque année 80 millions de visiteurs. Ils offrent à tous — promeneurs, rêveurs, pêcheurs, enfants — la certitude qu’il existe des terres que nul promoteur ne viendra grignoter, que nul hôtel ne viendra corseter. Ce sont des lieux inaliénables, et c’est bien là leur génie : appartenir à chacun pour appartenir à tous.

Devant la menace de voir cet édifice patiemment construit s’écrouler, la réaction ne s’est pas fait attendre. Une pétition circule sur change.org, déjà forte de milliers de signatures. Une tribune, parue dans *Le Monde* le 8 juillet, rassemble autour du Conservatoire 600 personnalités, de Yann Arthus-Bertrand à Yannick Jadot. Tous rappellent qu’au-delà des chiffres, il y a la mer, les dunes, les marais, les falaises — et derrière eux, l’humanité tout entière.

Agnès Langevine n’est pas femme à se laisser intimider et reprendre ce qu'elle considére être son baton de maraichage .

Elle dénonce la logique purement comptable, la tentation d’une politique « trumpiste » qui balaie d’un revers de main les efforts de protection de la planète. Dans son sillage, François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, a promis son soutien et sera présent pour célébrer, à Rochefort le 10 juillet, les 50 ans du Conservatoire. La ministre de la Transition écologique, elle, se fait attendre…

On aimerait croire que ces menaces ne sont qu’un mauvais songe. Que jamais la France ne renoncera à ses rivages, ni à la splendeur tranquille de ses sites sauvages. Mais rien n’est jamais acquis, et c’est peut-être la leçon de cette affaire : les paysages aussi ont besoin qu’on les défende. À force de croire qu’ils nous survivront, nous pourrions bien nous réveiller un matin avec pour seul horizon des lotissements.

Alors, pour que toujours nous puissions marcher au bord de l’eau, le cœur léger, sans autre souci que la beauté du monde, il faut aujourd’hui signer, protester, parler. Et remercier ces 215 salariés du Conservatoire, ces bénévoles de son conseil d’administration, qui, discrètement, protègent la part la plus délicate et la plus précieuse de notre patrimoine : la liberté d’un littoral sans clôtures.

 

 

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