Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 12:56

« C’est un acteur déplorable qui gueule, et qui soulève, avec des " han! " de porteur d’eau, le vers qu’il faut laisser s’envoler. »

Cyrano de Bergerac , Edmond Rostand

**"Perpignan autrement" : la fabuleuse épopée du retour des listes UMPS**  

Ah, l’éternel printemps de la politique perpignanaise ! Alors que 2026 s’approche à grands pas, voilà qu’un parfum bien connu emplit l’air de la ville. Non, ce n’est pas celui des fleurs des platanes ou des marchés colorés du centre-ville. C’est celui, subtilement enivrant, de l’union sacrée des contraires : la liste "UMPS", ressuscitée telle une tradition locale.  

Sous le doux nom de *"Perpignan autrement"*, on assiste à un spectacle désormais classique : la promesse d’un changement radical… par les mêmes qui changent peu. Certes, la rose n’est plus ce qu’elle était, mais, comme disent les poètes, *"L’important, ce n’est pas la rose, mais son parfum."*  

 **Un mariage de raison, pour le bien commun (ou presque)**  

D’un côté, les ex-roses qui ont tourné libérales pour séduire les diplômés urbains et les think tanks bienpensants. De l’autre, les centristes qui se découvrent soudain une passion pour la solidarité et la culture accessible à tous. Et au milieu, les habitants de Perpignan, qui s’interrogent : ce "rassemblement inédit" ne ressemble-t-il pas étrangement à une vieille recette réchauffée ?  

Ah, mais quelle ambition ! Nous, habitant.e.s, citoyen.ne.s, militant.e.s syndicaux, et autres enthousiastes de la *cause commune*, avons lu l’appel vibrant : *"Perpignan a droit à son printemps !"* Le problème, c’est qu’après tant d’hivers, les bourgeons politiques ont un peu de mal à convaincre.  

 **Quand Terra Nova souffle encore sur la tramontane**  

Derrière cette opération de "rassemblement", un vent venu de loin, celui des brillantes analyses de Terra Nova, le think tank préféré des réformistes en cravate. Ces stratèges, on s’en souvient, avaient en 2011 préconisé de délaisser les ouvriers – cette classe en "déclin" – pour se tourner vers les "outsiders" : diplômés, jeunes urbains, et minorités progressistes.  

Les ouvriers ? Trop vieux jeu, trop classe sociale. Les nouveaux électeurs de gauche ? Des *values voters*, unis par des idéaux culturels plutôt que par des revendications matérielles. Ce qui tombe bien : ça coûte moins cher en programmes et en luttes.  

Alors, à Perpignan, on reprend la formule : un soupçon de justice sociale, une pincée d’écologie, une louche de tolérance, le tout saupoudré de catalanité… et voilà une recette prête à conquérir les urnes.  

 **Un nouveau souffle asthmatique  ? Ou le même vieux vent ?**  

Et pourtant, la promesse de "Perpignan autrement" peine à masquer l’évidence : cette union n’est pas vraiment inédite. C’est le bon vieux front anti-Aliot, repeint en vert pastel et en rose délavé. Mais pourquoi changer une équipe qui… n’a pas vraiment gagné depuis des années ?  

Dans cette pièce aux airs de déjà-vu, les spectateurs pourraient bien rester sur leur faim. Les Perpignanais, eux, attendent autre chose qu’un *remix* des années passées. Peut-être même qu’ils se demandent si l’important, ce n’est pas seulement le parfum, mais la substance.  

Alors, à 2026, Perpignan ! Que le meilleur gagne. Et que les promesses – enfin – se réalisent.

**Tirade de la liste UMPS, à la manière de Cyrano de Bergerac :**  

**Que dites-vous ? Rallier votre "Perpignan Autrement" ?**  
Porter l’étendard rose fané d’un passé qui s’efface,  
Ou celui, au centre, à la couleur de l’impasse ?  
Reprendre, en chœur, vos refrains convenus,  
Unir nos voix pour un énième "tout est perdu" ?  

**Non, merci !**  

Aller quêter l’espoir dans vos appels timides,  
Vous qui, hier, applaudissiez des choix intrépides  
Quand la rose se fit libérale, et que le peuple trahi  
Chercha refuge ailleurs, seul, sans parti ?  

**Non, merci !**  

Louer vos grands principes, vos nobles intentions,  
Tout en sachant bien que vos douces professions  
Cachent des calculs, des alliances tacites,  
Des "compromis nécessaires" qui sonnent hypocrites ?  

**Non, merci !**  

Vous suivre pour repeindre des façades déjà ternies,  
Rassembler en façade, mais diviser en petits,  
Faire d’Aliot votre seul ennemi commun  
Quand les vrais maux sont ailleurs, anciens et importuns ?  

**Non, merci !**  

Moi, j’aurais préféré, face à ce désarroi,  
Voir des actes, des projets, des luttes, une vraie foi,  
Pas un parfum fané, ni un ersatz d’avenir,  
Mais un printemps sincère qui ferait enfin fleurir !  

**Oui, merci !**  

Merci de m’inviter, mais je refuse ! Allez seuls !  
Faites vos listes, vos alliances, vos duels,  
Moi, j’irai marcher, sans promesse ni détour,  
À chercher l’horizon d’un renouveau plus pur.  

**Rester fidèle à mes valeurs, sans compromis ni peur,  
Et si je tombe, au moins ce sera sans rancœur.** 

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2024 3 04 /12 /décembre /2024 01:11

"Regardez ce type à côté de vous ! Regardez-le dans les yeux ! Vous verrez un type qui foncera avec vous. Vous verrez un type qui se sacrifiera pour l'équipe parce qu'il sait que le moment venu, vous en ferez autant pour lui... C'est ça une équipe messieurs. Soit nous guérissons, maintenant, en équipe... Soit nous mourrons, en individus. C'est ça le football, les gars. Rien de plus. Eh bien, qu'allez-vous faire ?"

L'enfer du dimanche Oliver Stone

**Indignez-vous ! Quand les "Catalans qui gagnent" dansent sur l’aiguille de la République en chute**  

En feuilletant le supplément de *L’Indépendant* consacré aux "Catalans qui gagnent", une étrange sensation m’a envahi. Comme un écho lointain de la question byzantine : *"Combien d’anges peuvent danser sur la pointe d’une aiguille ?"*. Une interrogation à la fois vaine et fascinante, posée alors que l’Empire de Constantinople s’effondrait autour de ses penseurs. Cette célébration des gagnants, dans une France plongée dans la confusion politique et institutionnelle, résonne de manière tragiquement décalée. La Cinquième République, ébranlée par la dissolution de l’Assemblée et l’incapacité d’unir ses forces vives, semble glisser doucement vers une forme de "démocratie spectacle", où le récit du succès individuel masque la faillite collective.  

### Les "gagnants" face à la débâcle

L’éloge des "Catalans qui gagnent" est un bel exercice, une respiration dans une actualité lourde. Ces entrepreneurs audacieux, ces héros locaux, ces jeunes courageux, nous rappellent que dans les marges de la République, une vitalité persiste. Pourtant, en le lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser au contraste criant avec l’état de nos institutions. Comme si, au milieu d’un naufrage, nous choisissions de raconter les exploits des meilleurs rameurs, oubliant que le navire lui-même est en train de sombrer.  

Le président, en déplacement à l’étranger, semble se désintéresser de l’implosion de l’Assemblée qu’il avait lui-même dissoute. Un gouvernement fragilisé s’accroche à un 49.3 contesté pour faire passer un budget, tandis que l’opposition, hétéroclite et désorganisée, rêve d’une censure qui ne déboucherait que sur davantage de chaos. La République vacille, et pendant ce temps, nous comptons les anges sur la pointe de l’aiguille.  

### Une démocratie en mise en abîme

Cette célébration des gagnants devient alors une mise en abîme saisissante. Elle reflète une République où le collectif s’efface derrière des récits individuels. Les "Catalans qui gagnent" sont les anges lumineux de cette nouvelle époque, dansant au sommet d’une démocratie réduite à une coquille vide. Ces récits inspirants, ces succès mérités ne sont-ils pas aussi une distraction ? Un moyen d’éviter la question plus pressante : *que reste-t-il de notre contrat social ?*  

Le paradoxe est cruel. Tandis que l’on glorifie des individus qui triomphent par leur courage, leur créativité ou leur abnégation, la structure même qui devrait permettre à tous de prospérer – l’État républicain – s’effondre lentement sous le poids de ses contradictions.  

### L’aiguille vacille  

La question "Combien d’anges peuvent danser sur la pointe d’une aiguille ?" illustre l’absurdité d’une réflexion détachée du réel, alors que tout autour, l’urgence gronde. Aujourd’hui, cette aiguille pourrait symboliser la République elle-même, fragile, précaire, prête à céder sous le poids des attentes et des déceptions.  

Les gagnants dansent, mais l’aiguille vacille. Pendant ce temps, les "perdants" – les invisibles, les précaires, les résignés – regardent, impuissants. Ils ne sont ni dans les pages des journaux, ni dans les hautes sphères de pouvoir. Ils survivent à peine, invisibles dans ce grand ballet où seuls les anges triomphent.  

### Une danse en marge de l’essentiel  

La célébration des "Catalans qui gagnent" est-elle vaine ? Non, car ces récits inspirent, ils donnent à rêver. Mais elle devient problématique lorsqu’elle détourne le regard des structures brisées, lorsqu’elle remplace l’indispensable réforme par une flatterie superficielle de l’excellence individuelle.  

Au lieu de se demander "qui gagne ?", ne devrions-nous pas nous interroger sur le sens même de cette victoire dans un pays qui s’effrite ? Que vaut le succès d’un individu lorsque le collectif s’écroule ? La pointe de l’aiguille ne peut soutenir infiniment les anges, pas plus qu’une démocratie ne peut subsister sans un effort commun pour la préserver.  

### Indignez-vous, une fois encore  

Il est temps de cesser de compter les anges et de regarder l’aiguille elle-même. La République n’a pas besoin de gagnants isolés, mais de citoyens solidaires. Elle n’a pas besoin de danses brillantes, mais de bases solides. Comme le disait Stéphane Hessel, l’indignation est une étincelle. Indignons-nous de cette danse inutile, de ce spectacle qui masque l’essentiel. Puis, transformons cette indignation en action.  

Car si la Cinquième République est à genoux, c’est à nous, citoyens, de la relever. Ensemble. Quittons la pointe de l’aiguille et redescendons sur la terre ferme, là où se joue l’avenir.

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2024 2 03 /12 /décembre /2024 20:59

"Dans les gares, il y a les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien! "

E. Macron https://fr.wikipedia.org/wiki/

“Les perdants ont toujours fêté leur victoire avant de gagner.”
Najib Ben Seffaj
 

### **Les Catalans qui gagnent : et les autres, alors ?**

Ah, les « Catalans qui gagnent » ! Que serions-nous sans ces étoiles locales, ces éclatantes figures de la réussite qui viennent illuminer les pages de *L’Indépendant* ? Chaque année, c’est la même ritournelle : un défilé de héros modestes, mais pas trop, auxquels on dédie un supplément entier pour mieux se féliciter de vivre sur cette terre bénie des Pyrénées-Orientales, où l’air de la montagne semble insuffler à quelques élus le souffle de la victoire. Oui, bravo à eux. Vraiment. On applaudit. Mais une petite question nous taraude : que fait-on de tous les autres ?

#### **Le culte des gagnants, ou l’art de s’auto-congratuler**http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2024/12/les-tests-de-l-archipel-contre-attaque-etes-vous-un-catalan-qui-gagne-lindependant.html

Car soyons honnêtes : il y a quelque chose de savoureusement narcissique dans cette célébration annuelle des réussites locales. Regardez-nous, semble clamer *L’Indépendant*, regardez comme nous savons dénicher ces perles rares, ces « belles personnes » qui font la fierté du « 66 ». Le ton déborde d’enthousiasme, un peu comme si chaque portrait était une victoire personnelle pour le journal lui-même. « Nous, acteurs du territoire, nous racontons les récits de ceux qui font la richesse des Pyrénées-Orientales ! » Quelle noble mission. Quelle humilité. Confucius n’aurait pas dit mieux.

Et à force de tambouriner cette hymne à la réussite, on en oublie que la majorité des habitants du coin ne figurera jamais dans ce palmarès doré. Ils ne sont pas médecins héroïques, ni entrepreneurs visionnaires, ni même lycéens courageux capables de se jeter à l’eau pour sauver une vie. Non, eux, ils triment en silence, invisibles, sans espoir de figurer dans un supplément. Mais qu’ils se rassurent : leur anonymat contribue à faire briller un peu plus ceux qui ont « la gagne ».

#### **Les strass de l’humilité**

L’édito prend pourtant soin de nous rappeler que tout cela se fait « sans strass ni paillettes ». Ah, quelle admirable modestie dans cette mise en lumière de l’authenticité ! Pas besoin de tapis rouges façon Césars, non, juste un bon vieux tapis de compliments bien épais. Ici, la simplicité devient un outil marketing, une vitrine où chaque gagnant est vendu comme une pépite brute, miraculeusement déterrée de cette terre de rigueur et d’authenticité qu’est le « 66 ». L’Indépendant s’érige en gardien de ces « vraies valeurs », avec une subtilité digne d’un spot publicitaire pour le terroir local.

Mais derrière cette façade d’humilité, on devine un message plus incisif : si vous ne figurez pas dans ce catalogue de champions, c’est sans doute que vous n’avez pas assez travaillé. Pas assez transpiré. Vous auriez pu gagner, si seulement vous aviez mis un peu plus de « jus de crâne ». Alors, tant pis pour vous.

#### **Le club fermé des gagnants**

Car soyons clairs : être un « Catalan qui gagne », ça se mérite. Il ne suffit pas de mener une vie honnête, de payer ses impôts ou d’élever des enfants dans un contexte difficile. Non, il faut exceller, briller, accomplir quelque chose de « remarquable ». Et pour ceux qui n’y parviennent pas, il reste le hors champ. La masse informe des « gens qui ne sont rien », pour reprendre l’expression présidentielle. On ne va tout de même pas gâcher un supplément entier pour célébrer des vies ordinaires, non ?

Et pourtant, que seraient les gagnants sans les perdants ? Sans ceux qui, par leur modestie et leur anonymat, leur offrent un contraste flatteur ? Il faut bien des spectateurs pour applaudir. Le supplément pourrait leur consacrer une petite page, peut-être. Mais cela ferait tache dans cette belle vitrine de réussites.

#### **Et si on célébrait les perdants ?**

Au fond, peut-être faudrait-il un supplément parallèle : *Les Catalans qui restent*. Pas de photos en première page, pas de récits vibrants. Juste des portraits honnêtes de ceux qui galèrent, qui survivent, qui maintiennent la machine en marche sans jamais recevoir la moindre médaille. Mais, soyons réalistes : cela se vendrait-il aussi bien ? Pas sûr. Alors, continuons à célébrer nos gagnants. Et laissons les autres dans l’ombre, où, visiblement, ils sont à leur place.

Estem orgullosos dels nostres catalans que guanyen. Mais pour les autres, un grand silence.

Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Perpignan: l'indépendant et le département célébrent , "les catalan qui gagnent" ou s'auto-célébrent au palais des rois de Majorque? par Robert Dainar
Partager cet article
Repost0
3 décembre 2024 2 03 /12 /décembre /2024 13:30

 

   " Quand te reverrais-je ? Pays merveilleux ! Où ceux qui s’aiment, vivent à deux !"
    Les bronzés font du ski, Jean-Claude.

 

**Sous les pierres de Perpignan : murmures, ambitions et malentendus**  

"Et si j'étais né en 17 à Perpinya
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été Perpignan?

Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d'un torrent"

Dans l’ombre des ruelles étroites de Perpignan, où l’air semble chargé d’histoire et de poussière, le marigot politique s’agite, bruisse et soupire. Sous la discrétion apparente des façades en pierre, une effervescence discrète et insatiable anime les ambitions et les cristallisations de carrières. Ici, dans ce théâtre feutré mais implacable, tout se joue dans le clair-obscur des alliances et des calculs.  

**"On se rencontre, on se parle, on veut des soutiens."**

Les paroles glissent d’une oreille à l’autre, teintées d’une intensité presque lyrique, parfois grotesque. Chacun cultive son espoir de percer, même si c’est sur un malentendu. La formule politique culte de Jean-Claude Dusse dans *"Les Bronzés font du ski"* résonne étrangement bien dans ce paysage :  
> *"Écoute Bernard… oublie qu’t’as aucune chance, vas-y, fonce ! Sur un malentendu, ça peut marcher…"*  

Car à Perpignan, la politique s’écrit souvent façon *"gros rouge qui tache"*, une version démocratique et locale de la *cuvée du patron*.

On y retrouve les saveurs du "Mexicain", un millésime mythique d’une époque révolue, où, dans l’allégresse générale, on oubliait parfois que le vin rendait aveugle. C’était le temps des grandes heures, des promesses flamboyantes, et des "histoires".  

Aujourd’hui, les ambitions se mêlent d’une même ferveur, mais sous des apparences plus raffinées.

Perpignan conspire, et derrière les portes closes, les ambitions municipales se négocient comme des bouteilles de grand cru aux étiquettes falsifiées. À chaque coin de table, une voix murmure : *"Peut-être moi… peut-être toi… avec un peu de chance."*  

L’ambiance oscille ainsi entre la grandiloquence et la dérision, le calcul et l’espoir.

Dans ce bal des vanités locales, les acteurs avancent masqués, nourris par des illusions lyriques et l’envie secrète d’arracher leur place dans ce décor immuable. La politique, ici, est une lente fermentation d’ambitions, parfois âpre, parfois douce, mais toujours imprévisible.  

Et qui sait, sur un malentendu, ça pourrait marcher.

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2024 4 28 /11 /novembre /2024 13:50

### **L’Hypermétropie Politique selon Bérurier : Une Vision Trouble du Monde Contemporain**

« Écoute-moi bien, mon San-Antoine, » entama Bérurier en faisant claquer son éternelle casquette sur la table graisseuse du bistrot, « l’hypermétropie, c’est pas juste une affaire d’yeux qui déconnent, c’est l’mal du siècle pour nos dirigeants. Ils voient loin, ouais, mais tellement loin qu’ils finissent par louper tout ce qui leur passe sous le nez. »

Il posa un regard circulaire sur l’assistance, cherchant des têtes approbatives dans la fumée des cigarettes qui s’élevait mollement. « Prends ces grands bonhommes, là, nos politicos en costards bien taillés. Ils sont capables de disserter sur des trucs à peine inventés, comme la colonisation de Mars, mais quand c’est pour régler les soucis du pavillon de banlieue où le toit fuit comme une passoire, là, pchitt ! C’est silence radio. Ils te parlent de 2050, mais la chaudière du voisin qui claque en plein hiver, ça n’intéresse personne. »

---

### **Un Monde Vu en Flou**

« Le drame, vois-tu, c’est qu’ils sont tellement obnubilés par l’idée de passer à la télé qu’ils ont adopté ce que j’appelle la *vision Netflix*. C’est-à-dire qu’ils vivent dans un long métrage où ils sont les héros, avec des scénarios grandioses et des musiques dramatiques. Pendant ce temps-là, dans la vraie vie, les mômes bouffent des raviolis froids parce que le centre communal est fermé. Mais ça, personne le voit parce que ça fait pas assez glamour pour le JT. »

Bérurier vida d’un trait son verre de gros rouge, avant de reprendre, la moustache encore luisante de vin. « Et attention, hein ! C’est pas qu’ils sont aveugles. Oh non, ils ont des lunettes, mais elles sont tellement embuées par leur ego et les billets qu’ils se fourrent dans les poches qu’ils confondent le peuple avec le décor. C’est comme si nous, on était que des figurants dans leur grand film. »

---

### **Un Spectacle d’Anthropie**

Il écrasa son mégot dans l’assiette vide qui avait autrefois contenu un steak trop cuit. « Mais le pire, mon vieux, c’est que cette hypermétropie politique, c’est comme une anthropie : plus tu fais semblant d’accommoder, plus tu perds ta capacité à voir clair. Ces types-là, ils finissent par confondre la réalité avec leurs propres promesses. Tu leur demandes : ‘Et les hôpitaux qui ferment ?’ Ils te répondent : ‘Mais regardez l’horizon, camarade, on construit des usines à rêves’. Pendant ce temps, toi, t’es en rade de docteurs et de bon sens. »

Un silence lourd s’installa, ponctué par le bruit des verres qu’on remplissait au comptoir.

Puis Bérurier conclut, avec un mélange de colère et de résignation : « Moi, j’dis, c’est pas de l’hypermétropie qu’ils souffrent, c’est d’une inversion totale de la cervelle. Ils s’extasient sur des chimères lointaines pendant qu’on crève la gueule ouverte à côté d’eux. Y’a pas besoin d’un ophtalmo, San-Antoine. Non, là, ce qu’il faut, c’est une bonne paire de baffes pour leur remettre les idées en place. »

Et sur cette sage déclaration, il redemanda une tournée, car comme il le disait si bien, « Quand la politique te fait voir flou, y’a que le gros rouge qui reste clair. »

Partager cet article
Repost0
26 novembre 2024 2 26 /11 /novembre /2024 10:08

"Hello papi, mais qué pasa? (Mais qué pasa?)
J'entends des bails atroces sur moi
À c'qu'il paraît, j'te cours après? (Oh yeah, yeah, yeah)
Mais ça va pas? mais t'es taré, oh ouais"

Djadja
Chanson d'Aya Nakamura

Mes chers lecteurs, préparez vos ventres et vos esprits ! Voici une farce politique digne d’être inscrite dans les chroniques de Gargantua. Emmanuel Macron, président et Picard d’origine, a déclaré devant les académiciens que les langues régionales, ces joyaux multicolores de notre patrimoine, seraient des « instruments de division ». Ô quelle malepeste ! Le voici, tel un apothicaire de Villers-Cotterêts, concoctant une potion d’unité nationale à base d’amnésie culturelle et de centralisme.

Macron : le Picard qui renie sa Picardie

C’est à croire que notre président aurait troqué les sons vibrants du picard pour les sonorités lissées de la technocratie. Serait-ce là un cas d’oubli volontaire, ou bien un reniement savamment orchestré ? Les mauvaises langues diront qu’il s’efforce de faire table rase pour incarner une France uniforme, à l’image d’un Paris centralisateur. Mais au fond, cette posture rappelle les rodomontades de Panurge : il s’effraye des patois comme d’un vent contraire qui ébouriffe son château de cartes hexagonal.

Et pourtant ! Ces langues, loin de diviser, nourrissent l’esprit, comme le bon vin nourrit le gosier. Elles chantent l’histoire de nos provinces, transportent des savoirs et des imaginaires que le français académique, aussi raffiné soit-il, ne peut contenir seul.

Quand Sartre aurait ri (ou pleuré) devant cette mauvaise foi

Ah, si Sartre était encore parmi nous ! Que dirait-il de cette proclamation ? Ne verrait-il pas là un exemple éclatant de mauvaise foi ? Macron, tel l’être-pour-soi, cherche à nier les langues régionales pour asseoir une unité imaginaire. En vérité, les patois ne sont pas des divisions ; ils sont des expressions d’une liberté collective, cette multiplicité de voix qui fait de la France un espace d’invention et non de conformisme.

Macron semble vouloir enfermer la langue française dans une essence fixe, un roc d’être-en-soi, ignorant qu’elle est aussi un fleuve vivant, enrichi par les ruisseaux des idiomes locaux. Comme Gargantua s’empiffrait de mets variés, le français devrait s’abreuver des accents gascons, des consonances alsaciennes, et des tournures bretonnes pour devenir plus savoureux.

Le paradoxe du président : jacobin ou défenseur de la diversité ?

Et quel festin de contradictions ! Souvenons-nous : en 2021, Macron célébrait les langues régionales comme un « trésor national », promettant qu’elles seraient protégées et valorisées. Mais voilà qu’en 2023, sous les plafonds dorés de l’Académie française, il joue les Robespierre des patois, décrétant leur nuisance pour l’unité nationale. Un peu plus, et l’on attendrait qu’il leur taille une guillotine linguistique.

Le président serait-il alors un Gargantua moderne, cherchant à dévorer toutes les identités locales pour les digérer dans un grand récit national ? Ou bien est-il un simple Panurge, effrayé par les moutons multilingues qui bêlent hors de la bergerie centralisée ? Peut-être oscille-t-il entre ces deux rôles, un homme partagé entre le festin de la diversité et la diète de l’uniformité.

Pour en finir avec le mythe de la division

Mais posons la question : les langues régionales divisent-elles vraiment ? Ou bien Macron projette-t-il sur elles ses propres angoisses ? Celles d’un président tiraillé entre un héritage jacobin et les aspirations d’une époque qui valorise la pluralité ? Car en vérité, ce ne sont pas les langues qui divisent, mais bien l’incapacité à les écouter.

Chaque patois porte une poésie, une mémoire, une vision du monde qui enrichit le tout sans le fragmenter. Quand un Breton parle breton, il n’affaiblit pas la France ; il la renforce en ajoutant une corde à son arc culturel. En réduisant ces langues à des menaces, Macron trahit une vision étriquée de la nation : celle d’un espace où l’unité serait synonyme d’uniformité.

Macron, un homme du renoncement linguistique ?

En fin de compte, Macron incarne peut-être la grande tragédie de notre temps : un homme né au cœur de la diversité régionale, mais aspiré par le maelström de la globalisation. Il se renie lui-même, abandonnant le picard pour se fondre dans une abstraction universelle. Mais l’universalité sans racines n’est qu’un mirage, un château de sable que la marée des cultures locales balaiera tôt ou tard.

Festin ou famine ?

Alors, monsieur le président, il est temps de choisir : serez-vous Gargantua, festoyant des saveurs linguistiques de la France, ou Panurge, fuyant l’altérité ? Vos discours contradictoires ne font qu’alimenter l’angoisse existentielle de la nation. Mais rassurez-vous, les patois, loin de détruire votre palais centralisé, l’enrichiront d’échos pluriels. Et peut-être qu’un jour, dans un moment de grâce, on vous entendra déclamer en picard : « Ami, remplis ton verre et savoure la richesse de nos terres ! »

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2024 7 24 /11 /novembre /2024 15:19

"La conscience est un bâton que chacun prend pour battre son voisin, et dont il ne se sert jamais pour lui."

Honoré de Balzac (Illusions perdues)

Déjà avec l'arrivée de l'élection municipale de 2026, les appétits des insectes politiques sous la pierre de la médiatisation locale, commençaient de s'agiter. Mais avec l'épée de Damoclès inéligibilité du maire RN sans étiquette Louis Aliot, alors l'agitation augmente, surtout dans son camp : le syndrome Jean-Claude Duce "Si tu veux un conseil, oublie que t'as aucune chance. On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher."
Mais pourquoi Perpignan, n'a pas accédé au slogan du candidat Aliot : "En grand"? Peut-être qu'il  s'est logé dans les pantoufles du précédent maire Jean-Marc Pujol pour faire oublier le bruit des bottes! Ainsi, la ville a continué à la même vitesse qu'avant, c'est-à-dire en reculant !

Où, le localisme que prêchait Marine le Pen en 2019 (veille de l'élection de son ex, Louis) était-il passait : « Le localisme que nous défendons est la seule option qui soit réellement écologique, en inversant le coût de la distance : le produit qui vient de près doit être moins cher que le produit qui vient de loin, c'est du BON SENS ! »

Lorsqu'on importe la résolution de ses besoins, on se retrouve nécessairement à vivre comme des assistés. D'un point de vue alimentaire et en partie énergétique, pour peu que le tout soit bien organisé, on peut tendre une certaine autonomie.

Mais en rechaussant les Charentaises de Pujol, Louis Aliot reprenait le modèle de "l'économie de la rente" d'Henri Solens des 1993. La rente ceux qui la touchent, sont une minorité. Et leur profit exclusif, détruit l'énergie et la possibilité de la vivacité économique pour la plupart des habitants : c'est une cuisson à l’étouffée, qui a des effets jusqu'aux comportements sociologiques et mentaux des individus...

**Essai sur l'économie absurde des Pyrénées-Orientales : à la recherche de Godot**  

Imaginez un lieu où tout semble suspendu, non pas dans un éternel mouvement, mais dans une immobilité étrange, un temps où l’on attend toujours quelque chose qui ne vient pas. Tel est le tableau économique des Pyrénées-Orientales peint par Henri Solans dans son essai de 1993. Une théorie de la rente, oui, mais surtout une parabole de l’absurde, où chaque tentative de relance s’enlise, où chaque promesse d’avenir se transforme en attente vaine.  

**Un territoire en attente**  
Perpignan, au sud de nulle part, comme Beckett aurait pu le dire, est un théâtre d’attentes. On y attend la modernité, comme on attend un train qui n’a jamais quitté la gare d’origine. La rente y est reine : rente foncière, rente administrative, rente touristique. Mais cette rente n’est pas une richesse, c’est une stagnation déguisée, un piège doucereux où l’effort et l’innovation se noient dans l’immobilisme.  

Dans ce système, rien ne redémarre vraiment. On parle de projets, on dresse des plans, on invente des concepts, mais tout revient à cette même structure figée, comme un arbre qui, malgré les saisons, ne perd ni ne gagne de feuilles. On est en présence d’un paradoxe : un lieu abandonné par la modernité nationale, mais pourtant exemplaire dans la mondialisation, car ici, tout s'achète, tout se vend, sans jamais produire.  

**La lenteur comme spectacle**  
Dans cet espace, les élites locales, qu’on pourrait comparer aux personnages de Vladimir et Estragon, s’activent sans avancer, prennent et reprennent les mêmes décisions, refont les mêmes erreurs. Elles parlent de réformes comme de carottes suspendues à un fil qu’elles ne cherchent jamais vraiment à atteindre. Les flux financiers et humains passent, mais rien ne s'ancre. Le territoire reste dans un état d’inversion permanente, une sorte de rétropédalage économique où chaque pas vers l’avant est compensé par deux pas en arrière.  

Et pourtant, ce ralentissement absurde nous donne une vision : ici, on voit l’économie non pas comme une science dynamique, mais comme une mécanique usée, grinçante, où les rouages tournent au ralenti jusqu’à s’arrêter. Ce qui ailleurs se produit dans la vitesse et la fureur, ici, se dévoile dans la lenteur.  

**Une sociologie de l’attente**  
Sociologiquement, les Pyrénées-Orientales offrent un autre paradoxe : un individualisme tenace cohabite avec une floraison de communautés. Tandis que l’économie pousse chacun à survivre seul, à bricoler sa propre subsistance, les liens de groupe se renforcent, comme pour pallier la défaillance des structures plus larges. Ici, les solidarités locales et les réseaux informels sont les véritables acteurs de la survie.  

Mais ces communautés elles-mêmes ne sont pas exemptes de l’absurde. Elles s’organisent autour d’une économie de débrouillardise, de petits arrangements, de négoces étranges. La modernité est là, mais sous une forme détournée, comme un miroir brisé qui ne reflète qu’une image fragmentée du progrès.  

**Un modèle d’échec universel**  
Henri Solans décrivait cet espace comme un laboratoire. Mais c’est un laboratoire de l’échec. Un modèle où la politique dit tout mais ne fait rien, où les décisions publiques servent à masquer l’impuissance, où chaque solution devient une nouvelle source de problèmes.  

C’est ici que l’absurde économique rejoint l’absurde philosophique. Perpignan et ses alentours vivent dans une contradiction permanente : ils incarnent à la fois l’impossibilité de bouger et la nécessité de changer. Et tout comme dans *En attendant Godot*, on se demande si la solution viendra jamais, ou si elle n’est qu’une illusion qui nous permet de rester en place.  

** L’absurde comme vérité économique**  
Henri Solans nous montre, dans cette théorie de la rente, plus qu’une analyse économique. Il nous offre une métaphore de notre incapacité à sortir de nos propres impasses. Dans les Pyrénées-Orientales, tout est là : le spécifique et l’universel, l’espoir et l’attente, le mouvement et l’immobilité.  

Et nous, spectateurs de cette pièce tragique, ne pouvons que regarder, impuissants, en murmurant, comme Estragon :  
> "Allons-y."  
Mais personne ne bouge.

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2024 6 23 /11 /novembre /2024 19:40

"Il y a trois sortes d’hommes: les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer" (Aristote)

explication sur la disparition de Boualem

**Éloge de Boualem Sansal et Cri du Cœur pour sa Libération**  

Français, si vous saviez ! Si vous saviez ce que coûte la liberté à ceux qui osent la défendre en terre d’oppression ! Si vous saviez ce qu’endure aujourd’hui Boualem Sansal, ce vieux sage de 75 ans, si droit, si digne sous les coups, alors même que ses seules armes furent toujours des mots, des mots jetés comme des flambeaux dans la nuit pour que d’autres voient, pour que d’autres vivent !  

Sansal n’a jamais cherché à plaire. Sansal n’a jamais marchandé sa vérité.

Cet écrivain, dont chaque livre est une gifle à la face de ceux qui se complaisent dans l’obscurantisme, est aujourd’hui enfermé par un régime qui ne supporte pas la lumière. Et pourquoi ? Parce qu’il a eu l’audace, le courage insensé de nommer ses ennemis : l’islamisme, ce cancer qui ronge les sociétés, et le pouvoir algérien, qui se drape dans le voile de la souveraineté pour mieux écraser ses enfants.  

Est-ce donc cela qu’il faut à notre époque pour mériter les fers ?

La lucidité et l’honneur ? Ah ! On nous dira qu’il s’agit là d’une affaire intérieure, qu’il ne faut pas troubler les équilibres fragiles, qu’un écrivain, fût-il grand, ne vaut pas un désordre diplomatique. Mensonge ! Hypocrisie ! Car en livrant Sansal au silence, c’est notre propre liberté que nous laissons dépérir.  

Français, si vous saviez ! La liberté n’est pas une abstraction.

Elle n’est pas une idée vague que l’on brandit dans les discours. Elle vit, elle saigne, elle brûle dans le corps de ceux qui se battent pour elle, dans les pages qu’ils noircissent pour dénoncer l’injustice, dans les chaînes qu’ils brisent, une à une.  

Et qu’est-ce que la France, sinon ce pays où la liberté a fait éclore ses plus belles victoires ?

Si la France détourne les yeux, si elle se tait, alors elle trahit tout ce qu’elle est, tout ce qu’elle a été, tout ce qu’elle pourrait être encore.  

Monsieur le Président, Messieurs du gouvernement, levez-vous ! Levez-vous pour Boualem Sansal !

Que sa voix étouffée résonne à nouveau, que ses chaînes soient brisées. Car défendre Sansal, ce n’est pas défendre un homme. C’est défendre l’honneur de la pensée. C’est défendre la dignité des écrivains, partout dans le monde.  

Citoyens, signez cette pétition ! Faites-la entendre dans les moindres recoins de l’indifférence.

N’attendez pas. Chaque heure est une heure de trop. Ne dites pas qu’il est loin, qu’il est autre. Boualem Sansal, c’est nous tous, à l’instant où nous décidons d’être libres.  

Car si nous n’agissons pas, si nous n’élevons pas la voix, alors il faudra bien se taire. Et ce silence, mes amis, ce sera le nôtre, pour toujours.

Pour retrouver un point dans l'invisible, il suffit en mathématique  de faire de la trigonométrie https://fr.wikipedia.org/wiki/Trigonom%C3%A9trie . Dans le cas de la disparition par arrestation de Boualem Sensal . On prend un écrivain algérien, prix Goncourt auteur de "Meursault, contre-enquête" , Kamel Daoud. Un journaliste, éditorialiste algérien assassiné en 1994 durant "la décennie noire" auteur de "ce voleur qui " écrit le matin, avant les balles des islamistes...https://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_Mekbel Et l'on recherche par le dialogue des 2, à retrouver le point dans l'invisible Boualem Sensal . Avec cette trinité, on retrouve l'image d'une Algérie moderne

### Un café imaginaire à Oran, au crépuscule

**Kamel Daoud** et **Saïd Mekbel**, assis à une table de terrasse, à quelques pas du port. Une légère brise marine chasse la chaleur de la journée. Devant eux, deux tasses de café noir, à moitié consommées. L’heure est au silence, jusqu’à ce que Saïd prenne la parole, son regard perdu au loin.

---

**Saïd Mekbel** :  
Je me demande si on disparaît toujours pour les mêmes raisons, Kamel. À mon époque, c’était simple : un mot de trop dans une chronique, une phrase qui effleure le pouvoir ou le dogme. Une vérité, juste une. Et voilà, une balle, une voiture qui suit la tienne, une ombre qui t’attend en bas de chez toi. Aujourd’hui, Boualem Sansal... disparu. Ça ressemble à une vieille histoire qui n’a jamais pris fin.

**Kamel Daoud** :  
(Il hoche lentement la tête, jouant distraitement avec sa tasse.)  
Une vieille histoire, oui. Mais est-ce qu’elle a vraiment besoin d’une fin ? Les disparitions comme celle de Sansal, ce sont des silences qui se répètent, comme des échos dans une caverne. On n’écrit pas pour être entendu ici. On écrit parce qu’on n’a pas le choix. Mais parfois, je me demande si ces mots ne sont pas des pierres qu’on jette dans l’eau. Des cercles qui se perdent, avalés par le silence.

**Saïd Mekbel** :  
(Il sourit tristement.)  
C’est une caverne, l’Algérie. Une caverne où les mots, les vrais, ne font que rebondir sur les murs. Sansal, toi, moi... Nous sommes condamnés à graver nos phrases dans la pierre. Mais tu sais ce qui me frappe avec lui ? Ce n’est pas seulement qu’il parle. C’est qu’il ose penser que l’on peut encore changer quelque chose. Qu’un mot peut déplacer une montagne.

**Kamel Daoud** :  
Sansal est un prophète sans illusions, Saïd. C’est un homme qui marche seul, et qui sait qu’il marche contre le vent. Il a écrit sur des vérités que personne ne veut entendre. Sur cette mondialisation qui écrase tout, sur cette religion qui revient comme une marée montante, sur ces jeunes qui fuient et qui laissent un vide immense derrière eux. Peut-être que le pouvoir a décidé qu’il avait dit assez de vérités.  

**Saïd Mekbel** :  
(Amusé.)  
"Prophète sans illusions", tu parles comme un écrivain. Mais moi, je crois que le pouvoir n’a pas peur de la vérité. Ce qu’il craint, c’est l’écho de cette vérité. Si Sansal est réduit au silence, c’est parce qu’ils pensent que ses mots pourraient se répandre, trouver une résonance. Mais est-ce que ça arrivera, Kamel ? Est-ce qu’on entend encore la vérité ici, ou est-ce qu’on s’en détourne, par habitude, par fatigue ?

**Kamel Daoud** :  
(Plaçant sa tasse sur la table, pensif.)  
Je ne sais pas. Parfois, je me dis que la vérité, on la connaît déjà. On la porte en nous, comme un vieux fardeau. Mais on préfère ne pas la regarder. Regarde-nous. Nous sommes là, à parler de Sansal, à parler de toi, et pourtant, l’histoire continue. Les mots s’empilent, les hommes tombent, et le pays reste immobile, figé dans sa propre ombre.

**Saïd Mekbel** :  
(Lentement.)  
Oui, immobile. Mais pas pour toujours. Chaque système finit par s’effondrer, Kamel. Même celui qui nous oppresse aujourd’hui. Regarde-moi. Ils ont cru m’effacer, mais je suis là, non ? Dans tes mots, dans ceux de Sansal, dans cette table où nous partageons encore des idées. La censure est puissante, mais elle n’est jamais éternelle.

**Kamel Daoud** :  
(Touché.)  
Alors, tu crois qu’il y a encore de l’espoir ? Que ce silence autour de Sansal, autour de nous, peut être brisé un jour ?

**Saïd Mekbel** :  
(Un long silence.)  
L’espoir, c’est un luxe, Kamel. Mais la résistance, c’est une nécessité. Écris, continue d’écrire. Si Sansal n’est plus là, alors il faudra que tu portes ses mots. Et si un jour tu disparais, d’autres viendront. Les mots survivent toujours. Même dans une caverne.

---

Le bruit d’un bateau qui s’éloigne interrompt leur discussion. Kamel regarde l’horizon, pensif, tandis que Saïd termine son café. Les ombres s’allongent sur la terrasse, et peu à peu, la lumière du jour cède la place à la nuit.

Partager cet article
Repost0
21 novembre 2024 4 21 /11 /novembre /2024 12:14

"J'ai toujours pensé que Diogène avait subi, dans sa jeunesse, quelque déconvenue amoureuse : on ne s'engage pas dans la voie du ricanement sans le concours d'une maladie vénérienne ou d'une boniche intraitable. "

 Syllogismes de l'amertume
Emil Cioran

 

Adjoint à la culture ! Un titre ronflant, un galon qu'on épingle comme un papillon moribond sur le tableau des vanités municipales. Un poste où, sous le vernis des beaux discours, s’agitent les petits hommes avides de trancher dans le vif du patrimoine, d’enfouir sous leurs phrases creuses les rêves des bâtisseurs et des poètes. Là, l’adjoint parade, convaincu que son souffle est celui du vent qui gonfle les voiles du théâtre et des musées, quand il n’est que l’éternuement bureaucratique d’un fonctionnaire en mal d'âme.

Et puis il y a l’adjoint à la Ulture, celui qui a fait disparaître le « C », ce pauvre hère à qui l’on a arraché la consonne qui fait tout tenir, comme on retire une pierre d’une arche fragile.

Lui, il n’a plus d’ambition ni même d’illusion : il règne sur un désert où les idées ne germent plus, où l’art se momifie dans des statistiques de remplissage et des programmes convenus. C’est le fossoyeur des grands élans, l’ami des chiffres ronds et des sièges pleins, pour qui l’utopie artistique est un luxe superflu, une coquetterie à balayer d’un haussement d’épaules.

Adjoint à la culture, il prétend être l’architecte d’un édifice, mais souvent, il n’en est que le concierge malveillant.

Il ouvre la porte à quelques-uns, la referme sur beaucoup d’autres, et fait claquer ses clés comme autant de sentences. Mais il reste un mot dans son monde, une lueur dans la langue : ce « C » qui, malgré tout, convoque les cimes, le cri, la création.

Adjoint à la ulture, ah ! celui-là ! Il ne reste plus rien à espérer de lui.

La disparition de la lettre n’est pas un hasard, mais une abdication : la culture sans son « C » devient une mécanique sans âme, une chaîne de production où l’on ne sait plus pourquoi on crée, seulement comment on vend. Là, l’artiste devient un employé, le spectateur un consommateur, et l’adjoint, un comptable sans gloire, riant sous cape d’avoir effacé ce qu’il ne comprenait pas.

Cruelle ironie que cette chute d’une simple lettre.

Une trahison minuscule, presque imperceptible, mais qui signe l’échec total. Car sans ce « C », tout s’écroule. Il ne reste qu’un adjoint à la gestion, à la médiocrité, à l’ennui bureaucratique d’une ville qui n’a même plus les moyens d’en rêver. C’est là que réside le génie malsain de cet effacement : faire croire qu’il ne s’agit que d’un détail, alors qu’en vérité, il anéantit tout.

Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Peut-on s'appeler André, sans être Malraux: de l'envie de Culture, à la mise en scène d'Ulture! par Robert Dainar
Partager cet article
Repost0
14 novembre 2024 4 14 /11 /novembre /2024 21:08


"Nous devons soutenir tout ce que notre ennemi combat et combattre tout ce qu'il soutient. "

 

"Il est très puissant en apparence mais n'a rien de redoutable en réalité, c'est un tigre en papier.

Vu de l'extérieur, c'est un tigre, mais il est fait en papier et ne peut résister ni au vent ni à la pluie."


Mao Tsé-Toung

Le cadavre politique de Louis Aliot n'est pas encore prononcé d'inéligibilité que les témoins de Jean-Claude Duce se voient déjà qualifiés à la place du Calife. "Écoute Bernard, j'crois que toi et moi, on a un peu le même problème. C'est-à-dire qu'on peut pas vraiment tout miser sur notre physique, surtout toi. Alors si je peux me permettre de te donner un conseil, c'est : oublie que t'as aucune chance, vas-y fonce !"

Il y a les opposants qui prient pour que le ciel écoute le réquisitoire du procureur:Puis, le procureur déroule ses peines : pour Louis Aliot, il demande trois ans d’inéligibilité et six mois de prison ferme. Rien que ça ! http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2024/11/si-lla-possible-inegibilite-de-louis-aliot-suite-au-proces-de-fraude-aux-insitants-du-fn-m-etait-comptee-par-sasha-guittry.html

Mais il ya aussi les "Brutus" du dedans qui comme dans la chanson de Bashung "Madame rêve" pour "osez Joséphine" que leur "petite entreprise ne connaisse pas la crise" , mais "Gabi, ho Gabi: tu devrais pas me laisser la nuit!"

"Qu'est-ce que la trahison sinon une loyauté à l'envers, et par là d'autant plus intéressante ?Que ferait la police sans les indics ? Quelle politique extérieure digne de ce nom pourrait être conduite sans les espions ? Et sans Judas, pas de trahison donc pas de résurrection. A lui, simple mortel, échoit le rôle de décider de la mort de Dieu."

Bref tant qu'on est pas sûr, affichons notre soutien !

Mais disait le boiteux qui avait un extraordinaire Talleyrand (aux truffes de Périgord) : "un gouvernement qu'on soutient est un gouvernement qui tombe !"

 

Partager cet article
Repost0