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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

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12 novembre 2024 2 12 /11 /novembre /2024 21:04

“Les traditions ? C'est comme ça qu'on appelle les manies dès qu'il s'agit de fêtes militaires ou religieuses.”
Michel Audiard

“Si on t’avait foutu à la lourde chaque fois que t’as fait des conneries, t’aurais passé ta vie dehors.”
Michel Audiard
 

Une nouvelle séquence de "pour 50 000 euros t'as plus rien" , c'est pas ça qui paiera la note d’électricité après Dali, c'est le pére Noël et son épouse qui reviennent !

 Perpignan, capitale de l’élégance et du raffinement ! Quoi de mieux, pour illuminer ce petit coin de paradis qu’un défilé de chars en carton-pâte ? Et oui, mesdames et messieurs, la grande parade de Noël est de retour, le point d’orgue de la saison des « grands événements » où Perpignan sort le grand jeu pour épater la galerie. Cette année encore, les habitants vont pouvoir savourer ce moment, un plaisir de plouc qu’on ne verrait nulle part ailleurs, mais ici, c’est attendu comme le Messie !

Attention, pas une, mais deux parades au programme, rien que ça. Le clou du spectacle ! Rendez-vous les samedis 30 novembre et 7 décembre pour deux déambulations qui, paraît-il, « plongent les visiteurs dans la magie des fêtes ».

La mairie s’est surpassée pour ce « grand classique » : chars étincelants, danseurs en tutu, spectacles de quartier dignes des plus grandes revues... Le parcours ? Une boucle qui transforme le centre-ville en temple du kitsch, en passant par les plus beaux endroits, comme le pont Magenta ou la place de la Résistance, histoire de montrer que Perpignan, ça se visite en majesté.

Le 30 novembre, c’est la traditionnelle parade qui lance les festivités avec un florilège de chars de Noël et de spectacles montés par les écoles de danse du coin, une merveille de folklore.

Le programme donne même le détail de chaque mètre parcouru, pour que le spectateur ne rate pas une miette de cet enchantement : « Boulevard Wilson, place de la Résistance, les Galeries Lafayette, rue des Marchands… » Bref, le trajet sacré du bon goût perpignanais.

Mais accrochez-vous, car le 7 décembre, la ville nous gâte avec la « Parade Blanche », une version soi-disant « artistique et onirique ».

Les acrobates sur échasses, tous vêtus de blanc, feront rêver petits et grands – et la mairie enjoint même les spectateurs à se parer d’un bonnet blanc ou d’un accessoire immaculé. On nous promet des ballets gracieux, des numéros de voltige « féériques »… On se croirait presque au Moulin Rouge ! Mais n’allez pas vous imaginer une production hollywoodienne, non : ici, c’est « local » avant tout, alors préparez-vous à du fait-maison, un peu bancal, mais bien d’chez nous.

Les organisateurs jubilent en annonçant des chiffres qui feraient rougir la fête de la bière à Munich : 12 000 badauds l’an dernier pour la première parade, et jusqu’à 25 000 pour la seconde !

Les troupes de fans viendront de loin pour admirer ce spectacle, et si on n’en peut plus de fierté en voyant nos rues prises d’assaut, c’est bien parce qu’on a tous besoin d’un peu de rêve. Bref, Noël à Perpignan, c’est la magie de l’authenticité populaire et du bon goût rustique – avec en prime l’assurance que, chaque année, on y reviendra avec le même émerveillement naïf.

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10 novembre 2024 7 10 /11 /novembre /2024 17:51

   " Le plan sècheresse n'est pas un arrosage."

Prix de l'humour politique 1990. (Ministre de l'Agriculture) de Henri Nallet

    "Après la sècheresse, la pluie tombe comme des applaudissements."

Félix Leclerc

Ah, qu'il y en a gros, qu'il y en a gros ! Voilà qu’ils tirent tout au canon, les bonimenteurs d’en-haut ! Jérôme Bolte, vice-président d’Agissons pour le pays Catalan, en direct pour L’Archipel contre attaque, vous cause gras, bien gras, Messieurs-Dames ! Ce n’est plus qu’une rigolade : faut-il, oui ou non, des piscines d’eau salée pour que les terriens se sentent marins d'eau douce, qu’ils trempent à leur guise comme chez les Frères de la Côte ?

L’eau, mes bons amis, voilà le nerf de la guerre. Une flotte qui nous manque, un ruisseau qui se tarit, et voilà nos vallées toutes serrées du gosier, qui trinquent, par pitié, quand les bassins de nos touristes plouffent et renvoient le ciel à grand fracas !

Et on nous raconte que tout ça, c’est pour le bonheur des visiteurs, de la bonne économie nationale – qu’il paraît ! Mais quand les bassins privés s’étiolent et que la bêche des maraîchers boit la poussière, allez donc expliquer ça, Monsieur le Président, à ceux qui ici n’ont plus que les yeux pour pleurer !

Eh bien oui, il faut se lancer, Monsieur le Président ! Ouvrir les réseaux d’eau de mer, arroser le tourisme comme on ferre les bancs de poissons.

Ça s’est fait ailleurs ! Aqualandia, en Espagne, ne jure plus que par l’eau de mer, allez voir par vous-même si vous ne me croyez pas ! Link lien au fil de l'eau

À Canet-en-Roussillon, on draine déjà sous le sable, on alimente l’aquarium avec l’eau de la mer. Mais pour nous autres, pauvres hères des Pyrénées Orientales, c’est encore la disette.

Et puis regardez, Monsieur le Président, l’Agence régionale de santé ne se gêne pas pour nous dicter : trente litres d’eau pour chaque baigneur, à changer tous les jours ! Et les spas qu’il faut vidanger chaque semaine, les pédiluves, c’est journalier – quel gaspillage. Des litres d’eau douce gaspillés, pendant qu’on serre les vannes ! On doit se saigner en restrictions d’un côté, et de l’autre, ça coule comme un robinet cassé. Ah, c’est qu’elle est douce, la gabegie.

Un plan Marshall, Monsieur le Président ! Un plan Marshall pour l’eau, voilà ce qu’on réclame. Les militants d’Agissons s’y engagent tout cœur battant, prêts à réunir tout ce que le pays compte d’élus locaux, de professionnels de l’eau et du tourisme pour faire entendre raison, au nom du peuple sec et désolé des Pyrénées Orientales. Pour que les quelques gouttes qui nous restent ne soient plus volées par l’orgie touristique. Une telle infrastructure, on en serait les pionniers, les expérimentateurs pour la France entière.

On en appelle à vous, Monsieur le Président, que l’État prenne les rênes pour que l’eau de mer devienne l’avenir de nos côtes. Les élus, les citoyens attendent, se dessèchent, en prient, pour que l’État soit le fleuve providentiel qui irrigue le bon sens de la vie. Car, Monsieur le Président, ici-bas, l’eau douce, on n’a plus les moyens de la regarder comme un luxe, ni pour les parcs aquatiques, ni pour les hôtels de bord de mer, ni pour les piscines.

 


Monsieur Joan Nou

agissons66@gmail.com
Le 09 Février 2024
Objet : Projet de conversion de l’aqua-tourisme côtier à l’eau de mer.

"Monsieur le Président de la République Française. ,
Je soussigné, Jérôme Bolte, vice-président du mouvement Agissons, ai l’honneur de
vous adresser ce courrier dans le but de sensibiliser l’appareil d’Etat au projet que
nous ambitionnons de voir éclore dans le département des Pyrénées Orientales et,
in extenso, dans toutes les régions côtières du territoire: la création de réseaux de
distribution d’eau de mer pour les complexes touristiques de stations balnéaires.
Vous ne devez pas ignorer, Monsieur le Président, que les Pyrénées Orientales sont
lourdement frappées par la sécheresse depuis plus de deux ans. Très à l’écoute de
nos concitoyens, force est de constater que des conflits d’usage pour l’eau
apparaissent à mesure que la ressource tarit et que les restrictions se multiplient.
Le monde agricole se heurte aux opérateurs de tourismes tandis que les particuliers
se sentent seuls appelés à la sobriété.
Alors que la saison estivale s’achève, le contexte hydrique ne s’améliorant pas
malgré quelques épisodes pluvieux, l’inquiétude monte quant au maintien du plan
d’austérité hydrique préfectoral. Même si le tourisme est un enjeu économique
majeur, beaucoup de vos concitoyens n’admettent pas les restrictions dans leur
culture potagère ou l’utilisation de leur piscine, quand les parcs aquatiques et les
piscines des hôtels, campings, tournent à plein régime et à la douce, parfois à moins
de cent mètres de la mer.
Certes l’Etat, par les biais de l’Agence de l’eau, et les collectivités locales engagent
des investissements pour le développement de la réutilisation des eaux usées, ce qui
nous permettra d’économiser la précieuse ressource ; pour autant, cela ne règle pas
la problématique de l’utilisation d’eau douce dans l’aqua-tourisme côtier qui devient
une aberration au regard du changement climatique.
Une solution nous parait évidente, c’est l’objet de ma missive, développer le captage
et la distribution d’eau de mer. Des exemples existent comme le parc Aqualandia à
Benidorm, sur la Costa Del Sol espagnole dont l’eau de mer est la seule ressource.
Dans notre département, à Canet en Roussillon, des drains ont été posés sous la
plage afin d’alimenter l’aquarium Marin d’Oniria.
L’agence régionale de santé recommande qu’à chaque baigneur 30 litres d’eau
soient remplacées, que les pédiluves soient vidés quotidiennement et les spas de
façon hebdomadaire ; cela ajouté aux projections et à l’évaporation, ce ne sont pas
loin de 25 litres au m2 d’eau douce qui sont gaspillés chaque jour dans les piscines
touristiques de bord de mer. Notre projet, peut mettre un terme à ce gâchis.
Permettez-moi d’ajouter, monsieur le Président, que la création d’une telle
infrastructure permettrait également d’approvisionner des unités de dessalement
sur lesquelles beaucoup d’élus locaux tablent pour l’avenir.
Monsieur le Président, la mission Racine de 1963 a développé les infrastructures
idoines pour l’accueil de la manne touristique dans les départements
méditerranéens. Aujourd’hui, les élus locaux et vos concitoyens plaident pour que
l’exécutif prenne un plan Marshall pour l’eau qui nous fait cruellement défaut.
Le mouvement Agissons en appelle à votre autorité afin que notre projet
d’adduction d’eau salée pour l’aqua-tourisme côtier soit un pan de ce plan Marshall
pour l’eau. Les militants d’Agissons et moi-même sommes très conscient des coûts
importants de ce projet tant pour la création de captages, le déploiement de la
distribution mais aussi l’accompagnement des opérateurs de tourisme dans
l’adaptation de leurs installations.
Monsieur le Président, le mouvement Agissons, est prêt à organiser un colloque
avec les collectivités locales, les professionnels de l’eau et du tourisme, mais rien ne
verra le jour sans que l’Etat impulse sa volonté dans le sens de ce projet. J’insiste
pour que notre département, le plus touché par la désertification, soit un pilote en
la matière.
En attendant un engagement fort par retour de mon courrier, veuillez agréer,
Monsieur le Président, l’expression de mes respectueuses salutations.
Jérôme Bolte, Vice-Président Agissons."

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7 novembre 2024 4 07 /11 /novembre /2024 20:18

Je surfais sur les réseaux, lorsque je vis passer un article sur "Made in Perpignan" qui énoncé : "📺 Sortie le 25 octobre 2024 sur la plateforme de streaming Netflix, cette série espagnole situe l'histoire de son 4e épisode à Toulouse. Mais en réalité, le tournage s'est déroulé à Perpignan"

Me revint alors, la phrase de Guy Debord "Dans la société du spectacle" : "Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux."

Par extension du domaine de la lutte, la phrase de Jordi Vidal met un point final à l'analyse de cette situation :"La société du chaos n’a pas de valeur : elle se contente de les mettre en scène.”

La société du spectacle dans la queue de sa comète devient confusionnelle ...

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3 novembre 2024 7 03 /11 /novembre /2024 20:23


“S'il existait un enfer pour les amoureux et les buveurs, le paradis serait désert.”

De Omar Khayyâm / Rubâ’iyât

 

    “Boire du vin et étreindre la beauté Vaut mieux que l'hypocrisie du dévot.”

    De Omar Khayyâm / Rubâ'iyyât

Cri de liberté : le courage d’une jeune femme qui déambule sans voile dans les rues de Téhéran

 

Comme une étoile brûlante, elle s'est avancée, défiant d'un seul regard l'ombre qui pèse sur son pays. Là, sur le sol lourd de son université, au cœur même de Téhéran, cette jeune femme s'est tenue, le corps libre, les cheveux flottants comme un drapeau. En quelques pas, elle a déchiré le voile du silence, et d'un geste, elle a montré à tout un peuple – à tout un monde – la puissance fragile du courage.

Sa silhouette, sans voile, en sous-vêtements, se dresse comme un cri dans la nuit d’un régime qui réprime, qui étouffe, qui enferme.

Et en elle, en cette scène inouïe qui s’est gravée sur les écrans, des millions de femmes iraniennes se sont vues, même de loin, même brièvement, libres de choisir. Les images ont circulé, capturant ce défi, et en une poignée d’heures, elles ont embrasé les réseaux sociaux comme un feu impossible à éteindre.

Elle n’est pas la première, hélas, à voir son corps et son âme emprisonnés pour avoir tenté d'être elle-même, pour s’être montrée comme elle est, sans barrière ni masque imposé.

On ne peut oublier Mahsa Amini et toutes ces femmes dont la vie fut brisée pour le simple crime d’avoir laissé apparaître une mèche de cheveux ou d’avoir baissé leur voile. Dans un pays où l’on emprisonne des poètes, où l’on enferme des rêveurs, où l’on traque le moindre éclat de liberté comme un crime d’État, son geste brise le cercle de la peur.

Nous vivons à une époque étrange, où un simple geste peut être une déclaration de guerre.

Car cette femme n’a pas simplement ôté son voile ; elle a jeté à terre les chaînes invisibles que tant d’autres ressentent au plus profond d’elles-mêmes. Elle a exposé le mensonge qui voudrait que l’oppression se pare de la vertu de la tradition. Elle a montré que sous ce voile, sous cet habit qu’on impose, il y a la vie, les rêves, la dignité qui refusent de se taire.

Ce qui est déchirant dans cette scène, ce n’est pas seulement son courage ou le poids de ce qu’elle risque : c’est ce qu’elle laisse en nous.

Son geste fait écho aux milliers d’Iraniens et d’Iraniennes qui, chaque jour, espèrent un sursaut de liberté. Aux hommes et aux femmes qui, avec elle, croient qu’il y a dans l’air, même invisible, une étincelle d'espoir capable d’enflammer tout un pays. Car dans la vision de cette jeune femme, déambulant comme une apparition, il y a quelque chose de l’esprit de liberté qui ne s’éteint jamais.

Que feront-ils d’elle ? L’ont-ils déjà enfermée dans l’une de ces prisons où l’on pense réduire au silence ceux qui osent rêver ?

Dans ce pays où chaque pas en dehors des normes devient un crime, cette jeune femme porte, par son geste, le poids de toute une génération qui s’élève contre l’injustice. Mais, par cette action, elle s’est aussi emparée de quelque chose de plus grand que le simple acte de dévoiler ses cheveux : elle a libéré l’esprit de ceux qui, en Iran comme ailleurs, voient en elle une promesse.

Que l’Iran, que le monde se souvienne de cette nuit où une femme a osé défier l’infini des interdits.

Que les dirigeants frémissent de savoir que, derrière les murs, dans les ruelles, dans les cœurs, grandit la même flamme. Car l’esprit de cette femme marche encore, et il ne s’arrêtera pas, aussi longtemps qu’il y aura des âmes prêtes à la suivre.

Dans son courage résonne une vérité que nul ne peut étouffer : la liberté, même bâillonnée, attend toujours son heure. Et cette femme, par son geste, vient de donner à cette heure un visage.

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3 novembre 2024 7 03 /11 /novembre /2024 16:28

"Le paradoxe catalan : être réprimé pour une liberté que l’on porte depuis des siècles." par Jaume Queralt

"La force impose l’ordre, mais elle ne peut jamais imposer le respect." par Raoul Pratt

"Chaque coup reçu par un rêve est un jour de plus accordé à sa mémoire." Pépé Montalban

7 ans l'anniversaire du 8 octobre reportage sur le référendum catalan et sa répression, est semble-t-il passé à l'as ici et en France. Parce qu'un clou chasse l'autre.  Mais après la Gréce, l'idée d'Europe garante de la paix et de la justice à l'intérieur en avait pris un coup. Il suffit de détourner le regard...Avec l'ami Jean, nous y étions allé le jour du référendum : une journée dans les bureaux de vote à Figuéres La contre estac

L’Étrange défaite de l’identité catalane : une analyse dans l’esprit de Bernanos

L’étrange défaite de l’identité catalane, telle que je l’appellerais, c’est la lente capitulation d’un peuple qui se croyait fort et uni, mais que l’on a brisé non par les armes, mais par la désillusion et l’indifférence des autres. Au matin du 8 octobre 2017, lorsque les foules se pressaient dans les rues de Barcelone, dans ce fracas étouffé, dans ce tumulte de colère et de douleur, ce n’était pas simplement un référendum qui échouait. C’était l’âme d’une région, le cœur battant de la Catalogne, qu’on étranglait, qu’on étouffait de la façon la plus insidieuse, la plus froide : par la force de l’État, par le silence de l’Europe.

Ce jour-là, au cœur de l’Espagne, un peuple s’était dressé, plein de cet espoir qui fait ployer les tyrannies. Ces hommes, ces femmes, par milliers, s’étaient levés non pas pour imposer une quelconque violence, mais pour répondre à l’appel d’une identité, d’une histoire.

À travers les coups de matraque, les fumées et les cris, ce n’était pas seulement une protestation politique qu’on écrasait : on anéantissait une dignité, celle de tout un peuple. Comme Bernanos le dépeint dans sa critique virulente contre les forces aveugles de la répression, il y a des actes si impitoyables, si insensibles, qu’ils broient l’esprit même de ceux qu’ils visent.

Et pourtant, cette défaite de l’identité catalane a quelque chose d’étrange, presque de silencieux, de spectral.

Comme la défaite française de 1940, elle a laissé une trace indélébile dans les esprits, un goût amer et tenace, une amertume que le temps ne pourra guérir. Car si la Catalogne a perdu une bataille, elle a perdu bien davantage encore : la foi en la justice d’un monde auquel elle croyait appartenir. Elle a perdu, peut-être, la foi en l’humanité.

Pour Bernanos, le pouvoir est un monstre froid, implacable. Il écrase, étouffe, brise, sans jamais reconnaître l’humanité de ceux qu’il opprime.

Et dans cette étrange défaite, ce 8 octobre, le gouvernement espagnol ne s’est pas seulement imposé par la violence ; il s’est imposé par une surdité volontaire, un refus de dialogue, par ce mépris qui transforme l’adversaire en ombre. On ne discute pas avec des ombres ; on les chasse, on les disperse, comme on dissipe la brume du matin. La Catalogne, pourtant, n’était pas une ombre ; c’était un peuple, une voix. Mais c’est précisément cette voix, ce murmure indocile qui refusait de se taire, que l’on a voulu effacer.

Et que dire de l’Europe, de ce vieux continent qui se targue de liberté, de démocratie, et de dignité humaine ? Que dire de ce silence assourdissant, de cette indifférence glacée face à l’humiliation d’un peuple ?

On a cru qu’elle défendrait les faibles, qu’elle serait le rempart de ceux que la force brutale tente de réduire. Mais ce jour-là, cette Europe s’est tenue, muette, comme Bernanos le décrirait sans doute, « impassible, les yeux tournés vers le sol, le cœur endurci par des années de confort et de lâcheté ». Elle a laissé faire, comme elle laisse souvent faire lorsqu’elle se complaît dans la commodité de la neutralité, ignorant que cette neutralité n’est qu’un autre visage de la trahison.

Alors, quel avenir pour cette Catalogne, cette âme blessée ? Le peuple catalan n’a-t-il donc que le choix entre une soumission amère ou une révolte sans issue ?

Peut-être, car, comme Bernanos le rappellerait, il n’y a rien de plus dangereux que cet étrange sentiment de fatalité qui prend le cœur des peuples humiliés. Ce sentiment d’impuissance, de résignation, est pire encore que la répression elle-même. Car il détruit lentement de l’intérieur, il éteint l’étincelle qui fait se dresser les hommes debout.

Et pourtant, quelque chose me dit que cette étrange défaite, comme celle que dépeint Marc Bloch pour la France de 1940, ne sera peut-être pas une fin.

Ce genre de défaite, chez les peuples fiers, engendre parfois des forces inattendues. Car il est de ces humiliations qui ne se supportent pas, de ces blessures qui ne guérissent qu’en se dressant une fois encore, plus fort, plus haut. Peut-être, un jour, la Catalogne retrouvera sa voix. Peut-être, au-delà des brumes de la trahison et du silence, elle entendra cet appel puissant de l’histoire qui pousse toujours les peuples opprimés à se relever.

Catalogne, il y a 7 ans, le 8 octobre:Ce que l’Espagne n’a pas compris, c’est qu’un peuple humilié n’oublie jamais, et qu’il attend.! par Robert Dainar
Catalogne, il y a 7 ans, le 8 octobre:Ce que l’Espagne n’a pas compris, c’est qu’un peuple humilié n’oublie jamais, et qu’il attend.! par Robert Dainar
Catalogne, il y a 7 ans, le 8 octobre:Ce que l’Espagne n’a pas compris, c’est qu’un peuple humilié n’oublie jamais, et qu’il attend.! par Robert Dainar
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2 novembre 2024 6 02 /11 /novembre /2024 11:37

"Un politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toutes les promesses qu’il lui faut oublier. "

 "Traiter son prochain de con n’est pas un outrage mais un diagnostic. "

Frédéric Dard

 

Ah mes petits loupiots, mes p’tits râleurs de Perpignan ! Faudrait peut-être qu’on se décolle un peu les paupières, qu’on regarde la chose bien en face, la gueule dans le rétro, les mains sur le guidon ! Parce que c'est pas beau, ce qu'est devenue notre belle Catalane ! Perpignan, autrefois, ça pétait le feu ! Le logos, le bon vieux verbe qui claquait comme une mandale, un truc qui te remuait les tripes et te soulevait les foules ! Aujourd'hui ? Pff… il a perdu tout son jus, le logos. C’est plus qu’une pauvre pétarade de mots creux, une coquille vide !

Autrefois, ce machin-là, ça t'envoyait du lourd, ça balançait de la conviction qui te faisait grimper les murs, moi j'te dis ! Mais maintenant, où est-ce qu’il est, ce logos musclé ? Hein ? Où est passée cette patate, ce souffle qui te rendait inébranlable ? Fini, terminé, c’est que dalle ! Maintenant, on a un logos qui cause, oui, mais qui cause pour causer, qui fait du bruit pour se donner un genre, mais dans le fond, y’a plus rien. C’est du vent, un murmure asthmatique, comme une vieille chaudière qui s'étouffe.

Parce que voyez-vous, mes costauds, pour qu’un verbe, ça pète vraiment, faut du jus dedans, faut un vrai souffle, un pneuma comme ils disent les intellos.

Sans ça, ça reste une vieille loque sans souffle, un pantin de bois, un géant en carton-pâte qui s’effondre au premier courant d’air. Et pourtant, on continue à nous pondre des discours creux, des phrases à la gomme, des beaux mots bien léchés qui ont la consistance d’une biscotte mouillée !

Mais alors, pourquoi on a laissé tomber ce foutu logos ?

Hein ? Pourquoi on s’accroche aux mots polis et lisses comme des culottes de soie au lieu de foutre des coups de poing sur la table ? Parce que, les copains, on a la trouille, voilà ! On flippe de la vérité toute nue, celle qui te secoue, qui t’envoie valser les convenances. Alors on l’a ligoté, on l’a emmailloté dans des rubans, on l’a domestiqué, et au final, on lui a pompé toute sa sève, sa castagne ! Ce logos-là, il vaut plus un clou, c’est un souffle de flan, un verbe qui se casse la tronche dès qu’il se prend une bise de travers.

Écoutez-moi bien : le monde bouge, mes gaillards, il se plie ou se redresse au gré de la force des mots qui le traversent !

On peut pas rester là comme des moules accrochées à leur rocher, en train de se farcir des discours sans âme. Non ! Ce qu’il nous faut, c’est un logos qui arrache, un verbe gonflé à bloc, rempli de ce souffle vivant qui jaillit du plus profond des tripes ! Faut qu’ça chauffe, qu’ça brûle, qu’ça emporte tout sur son passage, modes, peurs, faux-semblants !

Allez, faut qu’on le retrouve, ce logos habité, ce verbe bourré de vitamine et de hargne, un truc qui envoie des étincelles !

Il faut que chaque mot cogne comme un uppercut, que chaque phrase frappe en plein cœur, comme la foudre ! On va pas se contenter de causer dans le vide ; on va faire revivre le verbe, lui redonner cette grandeur qui a fait gronder les foules et tombé les empires !

Alors, mes petits apôtres du logo, c’est maintenant ou jamais : on laisse tomber ce logos asthmatique et on remet un coup de fouet au verbe vigoureux !

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31 octobre 2024 4 31 /10 /octobre /2024 11:58

"Tous les hommes rêvent, mais inégalement. Ceux qui rêvent la nuit dans les recoins poussiéreux de leur esprit s'éveillent au jour pour découvrir que ce n'était que vanité ; mais les rêveurs diurnes sont des hommes dangereux car ils peuvent jouer leur rêve les yeux ouverts, pour le rendre possible. C'est que j'ai fait. "

 Les Sept Piliers de la sagesse - Intégrale
Thomas Edward Lawrence


"On affirme, en Orient, que le meilleur moyen pour traverser un carré est d'en parcourir trois côtés."

 Les Sept Piliers de la sagesse - Intégrale
Thomas Edward Lawrence

"Mos Eisley était la plus importante cité portuaire de Tatooine, jadis visitée par Obi-Wan Kenobi et Luke Skywalker.

Situé sur Tatooine, Mos Eisley est l'un des plus importants spatioports de la planète - ce qui, sur un monde aussi désolé que Tatooine, ne signifie pas grand-chose. Considéré comme un repaire mal famé peuplé de tout ce que la galaxie peut compter de hors-la-loi, Mos Eisley est un lieu dangereux pour les personnes peu méfiantes et la plupart des habitants de Tatooine ne s'y rendent que pour y mener leurs petites affaires sans trop s'y attarder.

  La fondation de Mos Eisley remonte aux premiers temps de la colonisation de Tatooine à l'époque moderne. Après le crash du vaisseau Dowager Queen au milieu des dunes, une petite communauté se développa autour de la carcasse de l'appareil, cette dernière devenant finalement le centre d'un petit village qui, en grandissant, devint le spatioport de Mos Eisley - ce qui explique d'ailleurs la forme concentrique de la petite cité, les points les plus importants (centrale énergétique et installation de distribution d'eau potable) étant installés au centre. A l'époque moderne, l'épave du Dowager Queen est toujours présente au centre de Mos Eisley bien que l'endroit ne soit désormais guère plus qu'un point de rassemblement supplémentaire pour les vagabonds et les diseurs de bonne aventure." Tatooine - Mos Eisley

Peindre et dépeindre Perpignan, semble de plus en plus difficile lorsqu'on vie dans ce désert depuis trop longtemps. Arrivant à 17 ans pour y vivre, j'y suis resté à quelques exceptions près pour des voyages plus lointains dans ce qu'on appelait l'Orient compliqué, ou le Levant,ou encore derrière les ruines du rideau de fer . C'est pourquoi, j'ai eu le temps de la voir se rabougrir depuis la queue de la comète d'énergie du début des années 2000. De voir aussi, ce qui était des évidences disparaitre et être niées, comme si elles n'avaient jamais existé...Alors 15 ans d'Archipel contre attaque n'ont pas arrangé les choses. Ainsi, mon écriture a petit à petit glissé sur un mode narratif pittoresque et impressionniste.Comme si, pour une description du réel avec plus d'acuité et de lucidité, elle fallait en passer par la pulpe de la fiction.Ainsi, le thème du désert  est récurant sur le site. Il était même climatique, jusqu'à ce que la pluie semble vouloir revenir...#mercisantgaldric


La Tatooinisation de Perpignan : du sable, des vautours, et des mirages

Perpignan ! On aurait pu croire à un soleil radieux… Mais voilà qu’elle s’étiole en pleine « Tatooinisation ». Comme ce caillou paumé de Star Wars, cette terre catalane fait penser à un désert où seuls les petits chefaillons prospèrent dans l’ombre, barbouillés de pouvoir, coupés des lumières du centre. De loin, elle étincelle, cette ville, mais de près ? Juste de la poussière, des petites combines, du grand n’importe quoi !


Un désert d'idées, de projets… la rente comme seule monnaie !

Le centre, c’est là-bas, bien loin d’ici. Ici, c’est comme Tatooine, on vit au jour le jour, à la sauce Jabba le Hutt, à coups de petits trafics, de privilèges bien arrosés. Perpignan a ses notables, ses rentes et ses ronds de jambe, mais l’idée d’un avenir ? Une ville figée, qui stagne, coincée entre deux soleils qui ne réchauffent rien ! Les voisins progressent, eux, ils se mettent aux énergies nouvelles, aux nouvelles technologies. Et ici ? Ici on rame avec les reliques du passé, un vieux tourisme et des vignes qui étouffent. Ça ronronne, ça mijote, ça chuchote, mais pour quoi ? Pour rien. Le désert de l’avenir, c’est ça, la « Tatooinisation ».


Des puissants dans l’ombre : des seigneurs sans foi, juste des petits empires

À Perpignan, tout le monde a son coin, son clan, sa petite table où ça se passe – et rien ne bouge sans le dire aux bonnes personnes. Dans l’univers de Lucas, c’était Jabba qui tirait les ficelles ; ici, c’est les élus et les amis, dans le noir, dans les ruelles, à grands coups de rires gras. La ville appartient à ceux qui tirent les ficelles, qui bloquent, qui verrouillent, qui divisent pour mieux régner. Et pour le citoyen ? Un cirque, un foutu numéro ! Des alliances qui changent au gré des tempêtes, comme un groupe de Jawas prêts à vendre tout et son contraire, pourvu que ça rapporte.

La culture ? Elle se bat… pour un peu de lumière

Perpignan, c’est une terre, un peuple, des traditions, une langue ! Mais voilà, c’est comme si on avait oublié qu’elle existe, cette culture catalane. Elle lutte, elle se débat contre un avenir en charpie, figée dans un musée des erreurs et des promesses jamais tenues. Le catalan ? Mis sous cloche. Les traditions ? Confinées aux jours de fête. La ville pourrait vibrer, mais elle se laisse engloutir, comme Tatooine, sous une couche de sable, de poussière. Alors, elle s’éteint, doucement. Elle survit. Elle s’accroche, mais on la laisse à l’ombre.

Un étalement urbain : du béton pour qui, pour quoi ?

On bâtit, on bétonne, on gratte des mètres carrés. Tatooine a sa soif, Perpignan son étendue. Mais ici, c’est le béton qui coule sans fin, un désert de béton et d’immeubles sans âme, sans plan. Et à quoi bon, toute cette extension ? De l’immobilier qui enfle, des chantiers qui poussent sans queue ni tête, comme si tout ce sable avait de l’importance. Ça grandit, ça s’étale, mais tout ça c’est du mirage. Un étalement qui n’apporte rien, sinon des factures, des routes embouteillées, des déchets de plus en plus loin du centre. Ça grouille et ça s’étouffe en silence. C’est tout.

Peut-on espérer que ce désert fleurisse ?

Ah, la Tatooinisation de Perpignan. On pourrait y croire. Imaginer qu’un sursaut arrive, qu’une lumière perce au-dessus des deux soleils. Mais pour ça, il faudrait secouer tout ça. Du changement, pas des coups de brosse ! Il faudrait un miracle. Du courage. Peut-être qu’un jour cette ville fera son réveil. Que la politique lâchera ses mirages pour se nourrir de la terre, de ses gens, de ses vraies racines. Mais tant que ça ronronne, que tout le monde s’arrange avec ses petites combines, rien ne bougera.

Perpignan n’est pas condamnée à être une Tatooine. Elle peut renaître, sortir du désert et vibrer pour de vrai. Mais il faut pour ça un réveil, un élan qui dépasse l’ombre, qui dépasse l’ombre des vautours.

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28 octobre 2024 1 28 /10 /octobre /2024 12:16

Perpignan : La Vie en "Performance" Fait Plus de Bruit que la Ville Elle-même

Là où on croyait encore à la Dolce Vita, aux rires spontanés et aux discussions qui traînent, on découvre que Perpignan est devenu un décor. Un théâtre urbain, un grand studio où chacun pense être la vedette, où les discussions ont moins d’importance que les hashtags. Dernière nouvelle : le bruit que vous entendez en terrasse, ce n'est pas celui de la ville en mouvement. Non. C'est la mise en scène de la ville. C’est l’écho d'une mascarade numérique, orchestrée par ceux qui vivent pour être vus.

Les sociologues se sont penchés là-dessus, et le constat est brutal : aujourd’hui, les terrasses animées ne sont plus des lieux d’échange mais des stations de tournage. Les rires sont calibrés pour résonner juste assez fort dans la story Insta, les conversations exagérées pour que le voisin capte bien qu'on est là, qu’on vit un moment d’extase. Le quotidien se métamorphose en émission live, alimentée par les réseaux sociaux et cette espèce de dépendance à l’approbation virtuelle. Loin de l'authenticité méditerranéenne, Perpignan devient un brouhaha artificiel, un Disneyland où chacun est sa propre attraction.
Bruit Amplifié, Identités Filtrées

Les places et les ruelles n’ont plus cette légèreté d’avant, cette discrétion, ce petit murmure familier qui faisait le charme des lieux. On n'entend plus que les éclats de voix, les interjections, les "vas-y, prends-moi comme ça" qui ponctuent chaque mouvement. Dans le parc, sur la place de la République, les rassemblements improvisés dégagent une énergie qui semble dépasser l'espace lui-même.

Plus besoin d'événements réels ; l’événement, c'est soi.

Cette obsession de la mise en scène transforme la ville en une vitrine criarde. Là où la caméra est présente, l'authenticité disparaît. Perpignan n'est plus une ville, c'est un plateau. Ce qu’on entend, ce sont des extraits de scripts improvisés, des phrases lancées dans le vent pour la gloire de "quelqu'un quelque part", en ligne, dans cette autre dimension où l'approbation est mesurée en pouces bleus.

Habitants ? Spectateurs

Les habitants, eux, subissent le bruit de fond de ce théâtre incessant. Quand on leur demande, ils ne mâchent pas leurs mots : Perpignan, ils la préféraient sans tout ce cirque. « Avant, on pouvait juste s'asseoir et siroter un café tranquille », explique Louis, habitant du centre. « Maintenant, on est assailli par des rires forcés, des éclats de voix qui s'adressent plus aux followers qu’aux amis. » La ville, celle d’avant, s'estompe derrière cette hyperactivité digitale, et Perpignan devient une scène où chacun joue son propre rôle, souvent trop fort, et pour un public fantôme.

La Ville Comme Vitrine

Ce qu'on observe ici, c'est une mutation radicale. Le centre-ville de Perpignan, autrefois un lieu d’échanges, devient une "vitrine". Comme si les gens étaient plus acteurs que résidents, spectateurs de leur propre existence en direct. La vérité, c’est que l'authenticité ne pèse rien face au pouvoir de la mise en scène. Cette version bruyante et théâtrale d'eux-mêmes, ils la préfèrent. Les rituels sociaux s’effacent, remplacés par une sorte de performance collective.

Les sociologues s'interrogent :

et si ce besoin de mise en scène n'était qu'un moyen de survivre dans une époque où ne rien montrer équivaut à n'exister pour personne ? On assiste à une mutation. L'identité se bâtit désormais sur le bruit, sur cette illusion qu’on vit, qu’on est là, parce que ça "sonne" bien.

Perpignan, Ville-Témoin ?

Perpignan pourrait-elle retrouver son calme, son vrai visage ? Peut-être, si les autorités, les associations de quartier, décidaient de mettre en place des "zones de tranquillité", des lieux où ce bruit d'illusion ne serait plus le bienvenu. Mais il y a un risque : vouloir préserver la ville, c'est aussi risquer de la dépeupler. Aujourd'hui, Perpignan vit sous les projecteurs, et la ville a du mal à décrocher. Elle devient ce qu'elle est, mais en version augmentée, déformée, bruyante.

Perpignan, avec son identité transformée, est devenue une métaphore de notre époque : bruyante, exagérée, et affamée de regards.

C’est un miroir cruel de la société : le bruit que l’on fait ne prouve rien, sinon qu’on a besoin de se convaincre qu’on existe. Le bruit de Perpignan, ce n'est plus celui d'une ville. C'est le bruit d'un écho, celui d'une vie en représentation.

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24 octobre 2024 4 24 /10 /octobre /2024 22:47

C’était inévitable, faut croire… encore un coup de massue, encore une embrouille qui tombe, comme si c’était pas déjà assez le bordel. L’air, il devient plus lourd que jamais dans ces foutus Pyrénées-Orientales. Y avait déjà la sécheresse, le sol craqué comme un vieux cuir, des champs desséchés à crever… et là, voilà, les urgences à l’hosto qui flanchent, c’est un monde ! Trop de monde, pas assez de médecins, ils sont à bout. Les couloirs pleins comme des cercueils en attente, des civières qui s’empilent. Tu sais, t’en as vu des comme ça… On appelle ça un service public, qu’ils disent… mais où qu’il est, le service ? Ils te regardent de haut, avec des grands mots : réorganisation, optimisation… tu parles !

Le train, lui, c’était la dernière corde, celle qui tenait encore un peu le monde d’avant, ce Paris-Latour-de-Carol qui roulait depuis la nuit des temps, qui emmenait les pauvres gens respirer l’air pur des montagnes, les touristes qui déballaient leur fric, et puis les gens du coin, ceux qui avaient besoin d’échapper à leur trou paumé.

Le dernier souffle de liberté qu’il te restait, pour t’arracher aux rails de la vie d’ici, de là-bas. Mais ils te le coupent, bien sûr… travaux, qu’ils disent ! Des rails qui s’effondrent, tout comme le reste. Bordeaux, Toulouse, tout ça sous les pelleteuses. Ah, modernisation… les mots, toujours les mots !

Latour-de-Carol, Porté-Puymorens, Bourg-Madame… tout ce qu’il te restait de tes montagnes, c’est ce train de nuit qui roulait comme une promesse, une illusion pour les cœurs fatigués.

Maintenant, c’est fini. Mi-décembre, rideau. T’as plus que tes yeux pour pleurer, ou alors t’enfiles tes vieilles godasses et tu marches, tu t’accroches aux chemins, mais le train jaune, celui-là, il sera peut-être là encore… ou peut-être pas. Ils te disent qu’ils le rouvriront un jour, quand tout sera réparé. On y croit tous, tu parles !

L’économie locale ? Elle se casse la gueule, faut pas être devin pour le voir.

L’hiver, t’auras plus personne pour les pistes. L’été, c’est pareil, plus de randonneurs à l’horizon. Tout ça pour des rails qui rouillent, des élus qui gesticulent, des promesses qu’on sait déjà mortes avant même d’être faites.

Tu vois, c’est ça la nouvelle.

Après la sécheresse, les urgences qui crèvent, le train qui s’arrête. Encore une mauvaise nouvelle, mais c’est presque devenu une habitude, ici.

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24 octobre 2024 4 24 /10 /octobre /2024 21:18

"À la fin du deuxième trimestre 2024, la dette publique s’établit à 3 228,4 Md€ Dette trimestrielle de Maastricht critères Maastrichtiens de la dette des administrations publiques (APU) - deuxième trimestre 2024

À la fin du deuxième trimestre 2024, la dette publique au sens de Maastricht s’établit à 3 228,4 Md€, soit une augmentation de 68,9 Md€, après +58,2 Md€ au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle s’établit à 112,0 %, après 110,5 % au premier trimestre 2024. Comme au trimestre précédent, l’augmentation de la dette publique s’accompagne d’une hausse de la trésorerie des administrations publiques (+16,4 Md€), partiellement atténuée par des cessions d’actifs, si bien que la dette nette augmente un peu moins (+58,1 Md€) que la dette brute et s’établit à 103,5 % du PIB. Les chiffres de la dette 2024"

Chapitre 1 - "Une dette comme un levé un sans-ouverture"

C’était comme une plaie, cette dette. Une saloperie qui suintait, un truc poisseux qu’on n’arrivait plus à contenir, un mal rampant. 2024, on y est. Le bout du rouleau. Plus d’échappatoire. T’as beau courir, t’as beau planquer le cadavre sous le tapis, la France saigne par tous les trous. 68,9 milliards d’euros qui se rajoutent à la facture. Un chiffre qui pèse, qui écrase tout. 3 228,4 milliards d’euros au compteur. Une balle dans la nuque, c’est tout ce que ça inspire. Et 112 % du PIB enfoncé dans la gorge comme une pierre au fond d’un puits sans fond. Faut se le dire, on est foutus. Y a plus de chemin, plus de lumière, juste la nuit, et ce pognon qui s’évapore comme des balles dans un film d'Audiard, sans retour possible.

Chapitre 2 - "La couleur de l'argent vente"

Y a quelque chose de pourri dans l’air, ça sent le billet cramé, la trahison, les titres négociables qui flambent à 66,5 milliards. T’as l’impression de voir ces chiffres, mais c’est comme la couleur tombée du ciel. Tu crois comprendre, mais c’est pas pour toi, c’est trop loin, trop abstrait. Une météorite qui crève le sol, qui s’installe, qui distord tout. C’est ça la dette. T’as beau la voir grimper, tu sais pas d’où ça vient. T’entends parler des « titres longs », des « dépôts » comme des formules magiques, mais en vrai, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l’État, ce paysan perdu comme Nahum Gardner, il est pris à la gorge. Il continue de creuser, de négocier, mais à chaque coup de pelle, il s’enfonce plus profond dans la merde.

Chapitre 3 - "Le gouffre sans fond"

Tu croyais quoi ? Que ça allait s’arrêter là ? Non, la dette, elle descend partout, elle s’infiltre, comme une putain d’humidité qu’on n’arrête plus. La SNCF, elle se contracte. Ouais, elle essaye de freiner, mais le train déraille quand même. Et la Sécu, tiens ! 4 milliards de plus. C’est comme si tu voyais la gueule d’un type qui prend un coup de lame, qui se vide doucement. Les chiffres continuent de s’empiler, 7,1 milliards ici, 12,8 milliards là, et toi, tu regardes, impuissant. Une spirale infernale, qu’ils disent. Ouais, on est dedans jusqu’au cou.
 

Chapitre 4 - "La lutte vaine"

Les collectivités locales, elles, elles luttent. Ou du moins, elles font semblant. Elles stabilisent, elles réparent les brèches, mais c’est comme mettre un pansement sur une jambe arrachée. On sait comment ça finit. C’est foutu d’avance. Les départements, les communes, ils essayent de désendetter, de résister à ce truc qui dévore tout. Mais quoi ? Qu’est-ce que tu veux faire face à ça ? Une force qui te dépasse, une ombre qui s’étend. Ils sont condamnés, eux aussi, tout comme Nahum et ses pauvres gamins. C’est pas une question de volonté, c’est juste la fin qui arrive.

Chapitre 5 – "L'objet venu d'ailleurs"

Et voilà où on en est. Comme dans ce foutu champ où Nahum a vu tomber cette couleur inconnue, la France a touché une dette venue d’un autre monde. Un truc qu’on comprend pas, qui change tout sans qu’on puisse rien y faire. Une infection. Un artefact cosmique qui nous échappe, un truc qui ne s’explique pas. Ça dépasse la finance, ça dépasse l’entendement. C’est là, c’est tout. Et tu peux rien y faire, à part attendre que ça finisse par t’engloutir.

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