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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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24 novembre 2024 7 24 /11 /novembre /2024 15:19

"La conscience est un bâton que chacun prend pour battre son voisin, et dont il ne se sert jamais pour lui."

Honoré de Balzac (Illusions perdues)

Déjà avec l'arrivée de l'élection municipale de 2026, les appétits des insectes politiques sous la pierre de la médiatisation locale, commençaient de s'agiter. Mais avec l'épée de Damoclès inéligibilité du maire RN sans étiquette Louis Aliot, alors l'agitation augmente, surtout dans son camp : le syndrome Jean-Claude Duce "Si tu veux un conseil, oublie que t'as aucune chance. On sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher."
Mais pourquoi Perpignan, n'a pas accédé au slogan du candidat Aliot : "En grand"? Peut-être qu'il  s'est logé dans les pantoufles du précédent maire Jean-Marc Pujol pour faire oublier le bruit des bottes! Ainsi, la ville a continué à la même vitesse qu'avant, c'est-à-dire en reculant !

Où, le localisme que prêchait Marine le Pen en 2019 (veille de l'élection de son ex, Louis) était-il passait : « Le localisme que nous défendons est la seule option qui soit réellement écologique, en inversant le coût de la distance : le produit qui vient de près doit être moins cher que le produit qui vient de loin, c'est du BON SENS ! »

Lorsqu'on importe la résolution de ses besoins, on se retrouve nécessairement à vivre comme des assistés. D'un point de vue alimentaire et en partie énergétique, pour peu que le tout soit bien organisé, on peut tendre une certaine autonomie.

Mais en rechaussant les Charentaises de Pujol, Louis Aliot reprenait le modèle de "l'économie de la rente" d'Henri Solens des 1993. La rente ceux qui la touchent, sont une minorité. Et leur profit exclusif, détruit l'énergie et la possibilité de la vivacité économique pour la plupart des habitants : c'est une cuisson à l’étouffée, qui a des effets jusqu'aux comportements sociologiques et mentaux des individus...

**Essai sur l'économie absurde des Pyrénées-Orientales : à la recherche de Godot**  

Imaginez un lieu où tout semble suspendu, non pas dans un éternel mouvement, mais dans une immobilité étrange, un temps où l’on attend toujours quelque chose qui ne vient pas. Tel est le tableau économique des Pyrénées-Orientales peint par Henri Solans dans son essai de 1993. Une théorie de la rente, oui, mais surtout une parabole de l’absurde, où chaque tentative de relance s’enlise, où chaque promesse d’avenir se transforme en attente vaine.  

**Un territoire en attente**  
Perpignan, au sud de nulle part, comme Beckett aurait pu le dire, est un théâtre d’attentes. On y attend la modernité, comme on attend un train qui n’a jamais quitté la gare d’origine. La rente y est reine : rente foncière, rente administrative, rente touristique. Mais cette rente n’est pas une richesse, c’est une stagnation déguisée, un piège doucereux où l’effort et l’innovation se noient dans l’immobilisme.  

Dans ce système, rien ne redémarre vraiment. On parle de projets, on dresse des plans, on invente des concepts, mais tout revient à cette même structure figée, comme un arbre qui, malgré les saisons, ne perd ni ne gagne de feuilles. On est en présence d’un paradoxe : un lieu abandonné par la modernité nationale, mais pourtant exemplaire dans la mondialisation, car ici, tout s'achète, tout se vend, sans jamais produire.  

**La lenteur comme spectacle**  
Dans cet espace, les élites locales, qu’on pourrait comparer aux personnages de Vladimir et Estragon, s’activent sans avancer, prennent et reprennent les mêmes décisions, refont les mêmes erreurs. Elles parlent de réformes comme de carottes suspendues à un fil qu’elles ne cherchent jamais vraiment à atteindre. Les flux financiers et humains passent, mais rien ne s'ancre. Le territoire reste dans un état d’inversion permanente, une sorte de rétropédalage économique où chaque pas vers l’avant est compensé par deux pas en arrière.  

Et pourtant, ce ralentissement absurde nous donne une vision : ici, on voit l’économie non pas comme une science dynamique, mais comme une mécanique usée, grinçante, où les rouages tournent au ralenti jusqu’à s’arrêter. Ce qui ailleurs se produit dans la vitesse et la fureur, ici, se dévoile dans la lenteur.  

**Une sociologie de l’attente**  
Sociologiquement, les Pyrénées-Orientales offrent un autre paradoxe : un individualisme tenace cohabite avec une floraison de communautés. Tandis que l’économie pousse chacun à survivre seul, à bricoler sa propre subsistance, les liens de groupe se renforcent, comme pour pallier la défaillance des structures plus larges. Ici, les solidarités locales et les réseaux informels sont les véritables acteurs de la survie.  

Mais ces communautés elles-mêmes ne sont pas exemptes de l’absurde. Elles s’organisent autour d’une économie de débrouillardise, de petits arrangements, de négoces étranges. La modernité est là, mais sous une forme détournée, comme un miroir brisé qui ne reflète qu’une image fragmentée du progrès.  

**Un modèle d’échec universel**  
Henri Solans décrivait cet espace comme un laboratoire. Mais c’est un laboratoire de l’échec. Un modèle où la politique dit tout mais ne fait rien, où les décisions publiques servent à masquer l’impuissance, où chaque solution devient une nouvelle source de problèmes.  

C’est ici que l’absurde économique rejoint l’absurde philosophique. Perpignan et ses alentours vivent dans une contradiction permanente : ils incarnent à la fois l’impossibilité de bouger et la nécessité de changer. Et tout comme dans *En attendant Godot*, on se demande si la solution viendra jamais, ou si elle n’est qu’une illusion qui nous permet de rester en place.  

** L’absurde comme vérité économique**  
Henri Solans nous montre, dans cette théorie de la rente, plus qu’une analyse économique. Il nous offre une métaphore de notre incapacité à sortir de nos propres impasses. Dans les Pyrénées-Orientales, tout est là : le spécifique et l’universel, l’espoir et l’attente, le mouvement et l’immobilité.  

Et nous, spectateurs de cette pièce tragique, ne pouvons que regarder, impuissants, en murmurant, comme Estragon :  
> "Allons-y."  
Mais personne ne bouge.

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