Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 13:30

Jeunesse sans repères : enquête dans les rues du chaos

C’était une sale époque. Pas celle des années 30 en Allemagne, non. Celle d’aujourd’hui, en France. Celle où les mômes traînent des lames dans les poches comme d’autres jadis des billes. Et moi, je devais fouiller dans cette jungle urbaine, lampe torche à la main, à la recherche d’un sens. D’un lien entre la folie d’hier et les dérapages d’aujourd’hui. Mon alibi ? Un vieux roman autrichien, *Jeunesse sans Dieu*, signé Ödön von Horváth. Une histoire noire comme un fond de ruelle, pleine de mômes perdus et d’adultes lâches. Et merde… c’était pas si différent de ce qu’on vit maintenant.

---

1. Les mômes et le poison

Dans le bouquin, les gamins ont la cervelle bouffée par la propagande nazie. Des mômes comme N, Z ou T — prénoms froids comme des plaques d’immatriculation — répètent les saloperies racistes qu’ils entendent à la radio. Ils volent. Ils tuent. Et personne pour leur dire stop. Les adultes ? Aux abonnés absents.

Aujourd’hui, on n’a pas Hitler à la télé, mais on a autre chose : les écrans qui bavent jour et nuit. Des vidéos où des types en survêt’ font rimer violence et succès, où des défis cons mettent des gosses en danger pour deux likes de plus. Les sociologues, comme Laurent Mucchielli, le disent : ça joue à celui qui cogne le plus fort. Et les chiffres, eux, ne mentent pas. Entre 2019 et 2022, les coups de lame ont pris +7 %, avec les 15-25 ans en tête de cortège.

Les mômes d’aujourd’hui, ils se construisent sur du vide. Gérald Bronner parle de "vide moral", d’une société qui a perdu ses repères comme un marin sans boussole dans la tempête. Religion, famille, école ? Plus assez solides pour tenir les digues.

Dans le roman, on appelait ça une jeunesse "sans Dieu". Aujourd’hui, ce serait plutôt sans gardes-fous. Et c’est pas mieux.

---

2. Des regards de poisson, et des corps qui tombent

Y avait ce môme, T. Pas un caïd, pas un héros. Un gosse au regard de poisson mort. Une âme qui a pris l’eau. Il tue, se tait, se fout en l’air. Fin de l’histoire. Horváth le voyait comme ça : l’humanité figée, désensibilisée. Des gamins qui sentent plus rien. Qui pensent plus.

Regarde autour de toi. Le mot qu’ils utilisent maintenant, c’est "ensauvagement". Ça claque, ça fait peur, ça vend du papier. Certains politiques l’aiment bien. D’autres crient à l’amalgame. Mais dans les faits divers, les lames sortent plus vite que les mots. Yuriy, tabassé à Paris. Thomas, poignardé à Crépol. Des rixes à la con, pour une histoire de regard, de territoire, de fierté mal placée. Et les jeunes qu’on interroge ensuite ? Froids. Détachés. "Fallait pas manquer de respect", qu’ils disent. Le même regard vide que T. Le même mécanisme glacé.

---

3. Et les adultes ? Planqués derrière leurs rideaux

Dans *Jeunesse sans Dieu*, les adultes sont absents ou pourris. Le prof a un sursaut de morale, mais trop tard. Le directeur, le père de N ? Collabos du système. La mère de T ? Aveugle par confort.

En 2020, on n’a plus de dictature d’État, mais les institutions, elles aussi, ont la corde raide autour du cou. L’école ? Un champ de bataille. Entre 2019 et 2023, les incidents violents ont grimpé de 12 %. La famille ? Parfois déchirée, parfois dépassée. L’INSEE balance que les jeunes impliqués dans la violence viennent souvent des marges, là où le frigo est vide et l’espoir absent.

Et la justice ? Y a des juges, oui. Mais pas assez. Des mineurs jugés tard, parfois relâchés trop vite. Le Syndicat de la magistrature en 2023 sonnait l’alarme : "Pas les moyens". Pendant ce temps, la rue continue de saigner.

---

4. Lueur dans la brume : un reste d’humanité

Le prof du roman, il a merdé, c’est vrai. Mais il essaie de rattraper le coup. Il veut sauver Ève, affronter T, et part vers l’Afrique comme un exorcisme. Il cherche l’humain en lui, loin de cette société déglinguée. "Le nègre va chez les nègres", il dit. C’est moche, c’est daté, mais on pige l’idée : retour aux sources, à la décence, à l’essentiel.

Aujourd’hui aussi, y a des poches de résistance. Des assos comme "SOS Violence", des médiateurs de quartier, des types et des nanas qui refusent de laisser les mômes s’éteindre. Des jeunes qui créent des groupes contre le harcèlement, qui se battent pour l’empathie. Des figures comme les imams, les éducateurs, les curés — ou ce qu’il en reste — qui servent de phare dans la tempête.

---

5. L’arme blanche : la lame facile

T, dans le roman, tue avec une pierre. Brutal, instinctif. Pas de plan. Juste une montée d’ombre dans la poitrine. Chez nous, c’est souvent une lame. Pas chère, facile à planquer. La préférée des impulsifs. Trappes, 2020. Un autre drame. Un de plus.

Pourquoi une lame ? Parce que ça fait peur. Parce que ça impose. Parce que dans certains cercles, t’as pas de cran si t’as pas d’arme. Comme Z dans le roman, prêt à tuer pour protéger son foutu journal intime. Un couteau comme une signature sociale.

Et quand ils sont en groupe, c’est encore pire. Le courage monte, l’empathie descend. La violence devient un rite. Comme dans le camp paramilitaire d’Horváth, où les jeunes deviennent des machines. Pas des hommes.

---

Épilogue : des gosses en chute libre

*Jeunesse sans Dieu*, c’est pas juste un roman d’un autre temps. C’est un miroir. Crade, fêlé, mais juste. Les jeunes y sont paumés, influencés, violents, oui. Mais surtout : seuls. Livrés à eux-mêmes.

La France des années 2020 ? Pas mieux. Les idéologies ont changé de costume, les armes aussi. Mais le mal est là. La perte de repères, la faillite des adultes, l’appel du vide.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On gueule à l’ensauvagement ? On balance des chiffres et on ferme les yeux ? Ou bien on fait comme le prof : on assume. On se salit les mains. On tente de recoller les morceaux.

Parce qu’au fond, ces gosses, ils sont peut-être pas "sans Dieu". Ils sont juste en rade de lumière. Et nous, on est les derniers à pouvoir allumer l’interrupteur.

 

 

Partager cet article
Repost0
9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 12:58

"Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir. "

La Société du spectacle, 1967 Guy Debord

"Je pensai que toutes les générations sont perdues par quelque chose"

 Paris est une fête
Ernest Hemingway

 Les festivals du 66 (Les Déferlantes, Bacchus, Festival Mondial de la Saucisse Catalane) relèvent du divertissement, non de la culture, et que le temps impose de choisir sans se mentir.
Les Déferlantes, Bacchus, et la Saucisse : un bal de l’oubli sous le ciel catalan
Sous le soleil roussillonnais, où les cigales chantent des refrains plus vieux que nos mémoires, les festivals du 66 – Les Déferlantes, Bacchus, Festival Mondial de la Saucisse Catalane – dressent leurs chapiteaux comme des comptoirs d’ivresse collective. Mais, mes amis, dans ce monde où le temps, ce voleur à l’haleine courte, nous presse de choisir, ces bacchanales sont-elles culture ou simple divertissement ? Cherchent-elles à caresser l’intelligence ou à noyer l’âme dans l’oubli d’un soir ? Et que ramènent les pèlerins de ces fêtes dans leurs besaces, qu’ils n’auraient pas trouvé au détour d’un livre, d’un film ou d’une toile croisée dans une salle silencieuse ?

1. Les festivals : une farandole pour l’oubli
Prenez Les Déferlantes, qui, du 26 au 29 juin 2025, feront trembler les Jardins du Lydia à Le Barcarès. Là, sous les étoiles, Camila Cabello et DJ Snake allument des feux dans les cœurs, et la foule, ivre de décibels, chaloupe comme un bateau sans boussole. C’est une vague, un mascaret d’émotions où l’on s’oublie, où l’on danse pour ne plus penser. Bacchus, du 5 au 7 juin à Argelès-sur-Mer, joue les entremetteurs entre le vin, la musique de MC Solaar et les saveurs du terroir. On y trinque, on y savoure, on s’y perd dans une volupté qui sent le thym et la garrigue. Quant au Festival Mondial de la Saucisse Catalane, les 7 et 8 juin à Toulouges, il fait défiler bandas et saucisses sous les vivats, célébrant un bout de Catalogne avec la ferveur d’un village en liesse.
Mais, disons-le sans détour, ces fêtes sont des maîtresses de l’instant, des courtisanes de l’éphémère. Elles vous prennent par la main, vous font tourner la tête, mais ne vous laissent qu’un parfum fugace. Si la culture, comme un vieux professeur à lunettes, exige qu’on s’assoie pour réfléchir, ces festivals, eux, sont des saltimbanques qui vous invitent à la danse, à l’oubli, au vin versé à la régalade. Revendiquer qu’on s’y cultive, c’est un peu comme prétendre lire Proust dans le vacarme d’un bistrot.

2. Culture ou divertissement : l’intelligence contre l’ivresse
Un livre, un film, une peinture, voilà des compagnons qui parlent à l’intelligence, qui vous prennent par l’épaule pour vous murmurer des vérités durables. Relisez L’Écume des jours de Vian : chaque page vous force à peser le poids de l’amour et de la mort. Regardez Hiroshima mon amour de Resnais : ses images vous tordent l’âme et vous laissent à méditer sur l’oubli et la mémoire. Contemplez un Monet, et vous voilà à scruter la lumière, à chercher le sens dans un reflet d’étang. Ces œuvres sont des phares, des balises qui éclairent l’esprit, qui restent en vous comme un vin qu’on laisse vieillir.
Les festivals, eux, sont des feux de paille. Aux Déferlantes, on s’égosille sur une chanson de Julien Doré, on s’embrase dans une foule qui palpite comme un cœur unique, mais l’instant s’évanouit avec le dernier accord. À Bacchus, le vin coule, les plats catalans réchauffent, mais c’est une volupté qui s’éteint avec le dernier verre. Le Festival de la Saucisse, avec ses bandas et ses grillades, fait chanter l’âme catalane, mais ne vous demande pas de réfléchir, seulement de savourer. C’est du divertissement, mes amis, une parenthèse pour oublier le gris du monde, pas une leçon pour l’enrichir.

3. Ce que les festivaliers emportent

Dans un temps compté, où chaque minute est un pari, que ramènent les festivaliers de ces noces éphémères ? Pas grand-chose qui pèse lourd à l’aune de l’intelligence. 

    Une ivresse passagère : Aux Déferlantes, on s’enflamme, on chante, on s’étreint dans la sueur et la joie. C’est un feu d’artifice, mais il ne laisse que des cendres tièdes, loin de la flamme durable d’un roman qui vous hante des nuits entières.
    Un goût de terroir : À Bacchus, on découvre le vin du Roussillon, la saucisse catalane au Festival de Toulouges. On touche du doigt l’âme d’une terre, mais c’est une caresse fugace, un flirt avec la Catalogne, pas une plongée dans son histoire comme le ferait un livre ou un film sur les Albères.
    Des souvenirs de fête : Les festivals offrent des images, des rires, des rencontres. Mais ces souvenirs, comme des bulles de champagne, éclatent vite. Ils ne rivalisent pas avec l’écho d’une toile de Miró, qui vous suit des années, ou d’un film de Fellini, qui vous retourne l’âme.

4. Les limites du bal populaire

Le temps, ce filou, ne pardonne pas. Choisir un festival, c’est souvent choisir l’oubli, le rire, la légèreté. Mais c’est aussi renoncer à la culture qui creuse, qui gratte l’esprit jusqu’à en tirer du sang. Les festivals, par leur tumulte, leur hâte, leur soif de plaisir, ne laissent pas le temps de s’arrêter, de penser. Un livre vous invite à relire une phrase, un film à revoir une scène, une peinture à vous perdre dans un détail. Les festivals, eux, vous jettent dans le tourbillon et vous recrachent, heureux mais vides, sur le pavé du lendemain.
Ils ont leur charme, ces rendez-vous du 66. Ils portent en eux un bout de Catalogne, une bribe de son âme. Mais ne nous mentons pas : ils sont là pour divertir, pour faire chanter les corps, pas pour nourrir les esprits. Leur culture est celle du comptoir, du coude levé, pas celle des bibliothèques.

5. Conclusion : choisir, c’est se connaître

Alors, mes amis, dans ce monde où le temps cavale plus vite qu’un cheval de corrida, il faut choisir : se divertir ou se cultiver ? Les Déferlantes, Bacchus, le Festival de la Saucisse Catalane sont des bals où l’on s’oublie, où l’on trinque à l’instant, où l’on embrasse la vie sans lui demander son nom. Ils offrent des rires, des saveurs, un frisson d’appartenance, mais ils ne sont pas culture, pas au sens où l’intelligence s’éveille et s’enracine. Un livre, un film, une peinture, eux, vous prennent par la nuque et vous forcent à regarder le monde, à le penser. Les festivaliers qui revendiquent se cultiver dans ces fêtes se trompent de comptoir : ils cherchent l’ivresse, pas la lumière. Que chacun assume son choix, car le temps, ce vieux filou, ne repasse pas les plats.

Partager cet article
Repost0
27 avril 2025 7 27 /04 /avril /2025 14:32

L’élection, ou le triomphe sardonique du néant démocratique


L’élection, ce rituel que l’on nous vend comme l’apothéose de la liberté, n’est plus qu’une farce grotesque, un théâtre d’ombres où les pantins s’agitent pour la gloire d’un titre, jamais pour le pouvoir. Comme l’écrivait Cioran, « l’homme est une marionnette qui se croit libre parce qu’elle ignore les ficelles qui la meuvent ». Et quelles ficelles ! Le mandat, jadis promesse d’action, n’est plus qu’un hochet doré, un bâton de maréchal pour le bourgeois en quête de notabilité. Le pouvoir ? Évaporé, dissous dans les méandres des bureaucraties, des lobbies et des marchés. Quant au « mandat impératif », cette idée saugrenue que l’élu devrait honorer ses promesses, elle est honnie, car elle révélerait l’imposture : les élus ne décident de rien, ou si peu. Les électeurs, ces gueux modernes, se pressent aux urnes pour quémander l’aumône d’un regard, d’une écoute, comme des serfs implorant leur seigneur.
Prenons l’exemple récent des élections françaises de 2024, où le taux d’abstention a frôlé les 50 % dans certaines circonscriptions, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. 

La moitié du peuple, lassée de ce cirque, a préféré l’inaction à l’illusion. Et comment leur donner tort ? Les promesses de campagne, ces poèmes en prose, s’effacent dès le lendemain du scrutin. Souvenez-vous de Macron en 2017, jurant de réconcilier les Français, de réformer sans brutalité. Huit ans plus tard, les Gilets jaunes, les grèves et une polarisation extrême témoignent de l’abîme entre le verbe et l’acte. Cioran aurait ricané : « L’homme politique est un poète raté qui se venge en promettant l’impossible. »

Aux États-Unis, le spectacle est plus criard encore. 

Les élections de mi-mandat de 2022 ont vu des milliards de dollars engloutis dans des campagnes où les candidats, selon le Center for Responsive Politics, ont dépensé en moyenne 5,4 millions de dollars par siège à la Chambre des représentants. Pour quoi ? Pour des strapontins dans une machine législative grippée, où les lobbies dictent les lois et où le Congrès, avec un taux d’approbation de 20 % selon Gallup, est moins respecté qu’un marchand de tapis. Le peuple vote, oui, mais pour des titres ronflants – sénateur, gouverneur – qui masquent l’impuissance. Comme le disait Cioran : « Le pouvoir n’existe plus ; il n’y a que des apparences de pouvoir, et des hommes assez naïfs pour s’en parer. »

Et que dire de cette quête de notabilité, ce prurit bourgeois de devenir « quelqu’un » ? 

Les élus, ces petits marquis de province ou ces parvenus des métropoles, collectionnent les médailles et les rubans comme des enfants des autocollants. Prenez l’exemple de ces maires de petites communes, en France, qui s’accrochent à leur écharpe tricolore comme à une bouée, organisant des kermesses et coupant des rubans pour se sentir exister. Un article du Monde de 2023 rapportait que 80 % des maires de communes de moins de 500 habitants se représentaient, non pour « changer les choses », mais pour « le prestige local ». Le bourgeois devenu notable savoure son titre, tandis que le gueux, l’électeur, lui adresse des courbettes, quémandant une subvention ou un passe-droit. Cioran, encore : « L’homme ne veut pas être libre, il veut un maître qu’il peut supplier. »
 

Le mandat impératif, cette relique d’un temps où l’élu était comptable de ses engagements, est désormais une hérésie.

Pourquoi obliger un député à suivre son programme, quand il n’a ni le pouvoir ni l’envie de le faire ? Le système s’effondrerait sous le poids de sa propre vacuité. En Allemagne, une proposition de loi en 2023 visant à renforcer la responsabilité des élus a été balayée d’un revers de main par le Bundestag, arguant que cela « limiterait la liberté des parlementaires ». Liberté de quoi ? De trahir sans vergogne ? De promettre la lune pour mieux servir les puissants ? Cioran, toujours lui, avait vu juste : « La démocratie est une comédie où chacun joue un rôle, sauf le peuple, qui croit encore au texte. »
 

Ainsi va l’élection, ce rituel vidé de sens, où le bourgeois parade, où le gueux s’incline, et où le pouvoir, ce grand absent, ricane dans l’ombre. 

Nous votons, non pour choisir, mais pour consacrer. Nous votons, non pour agir, mais pour entretenir l’illusion. Et dans ce grand bal des vanités, Cioran, perché sur son nuage de désespoir, murmure : « L’humanité est une farce qui se prend au sérieux. »

Partager cet article
Repost0
26 avril 2025 6 26 /04 /avril /2025 11:06

 "L'avenir n'existe pas. Il n'existe absolument pas. Cette représentation mentale du temps comme une flèche est un piège intellectuel ; elle nie la consistance du présent en le réduisant à n'être que le point de passage vers un avenir déjà défini."

 François-Xavier Bellamy

Appliquer le modèle de management toxique de France Télécom à l'échelle de la France entière, c'est-à-dire à l'ensemble de la société, des institutions publiques et des entreprises privées, aurait des conséquences sociales, économiques et humaines dramatiques.Les Pyrénées-Orientales et leur économie de la rente, ont une avance certaine sur cette modélisation... Voici une analyse des impacts potentiels, en extrapolant les mécanismes observés dans l’affaire France Télécom (2006-2011) et en tenant compte des dynamiques sociétales et des évolutions récentes.

 Prospective France 2027 : Entre dystopie dickienne et désespoir cioranien

Contexte en 2027 :
Deux ans après la crise de 2025, la France a subi une accélération brutale de son management toxique à l’échelle nationale. Sous pression économique et politique, les gouvernements successifs ont imposé des réformes structurelles radicales dans tous les secteurs, au nom de la compétitivité et de la rigueur budgétaire.

Les entreprises privées, les services publics, l'administration et même les associations ont été alignés sur des logiques d’optimisation forcenée, basées sur des indicateurs chiffrés, des réductions de coûts et une culture de la précarité généralisée.

 1. Le quotidien des travailleurs : de l’aliénation à l’errance intérieure

Dans la veine de **Philip K. Dick**, la réalité professionnelle a perdu toute consistance :

- Systèmes automatisés d'évaluation permanente : Chaque salarié est noté en temps réel par des IA RH. Des dashboards personnalisés affichent leur « valeur de marché » actualisée, créant une pression constante.  
- Travail fantôme : Une grande partie du travail consiste à produire des rapports, des preuves d’activité ou des auto-évaluations absurdes, déconnectées de toute utilité réelle.
- Simulation du bien-être : Les entreprises imposent des programmes de « bien-être au travail » obligatoires (yoga virtuel, ateliers de résilience), qui masquent mal la montée du mal-être réel.  

Cette mise en scène permanente crée une dissociation psychique : les individus doivent feindre l’enthousiasme tout en étant broyés intérieurement.

---

 2. Le climat social : l'usure silencieuse

Dans un climat **cioranien**, la France de 2027 est marquée par une lassitude généralisée :

- Suicides silencieux : Le taux de suicides liés au travail a explosé (+150 % par rapport à 2022), mais l’émotion collective s’est émoussée. Les médias parlent de « statistiques sociales », sans susciter de mobilisation durable.  
- Exode des jeunes : Une génération entière de jeunes diplômés choisit l’expatriation vers des pays valorisant davantage l’équilibre de vie (Canada, Scandinavie, Portugal).  
- Désertion intérieure : Ceux qui restent s’engagent dans un travail minimaliste (« quiet quitting » généralisé), abandonnant toute volonté de s'investir.

La société française se désagrège par le bas : non pas par révolution spectaculaire, mais par **épuisement, cynisme et désengagement massif**.

---

3. Les entreprises et l’économie : des géants aux pieds d’argile

- Innovations en berne : L'obsession du court terme (réduction des coûts, indicateurs trimestriels) a étouffé la créativité.  
- Départ des talents : Les ingénieurs, médecins, enseignants les plus brillants partent à l’étranger ou se reconvertissent dans des métiers alternatifs (artisanat, freelancing, circuits courts).  
- Survivance par le low cost: De nombreuses entreprises françaises ne survivent que par des modèles basés sur la sous-traitance précaire et la baisse continue de la qualité.

Résultat : une économie dégradée, incapable d’affronter la concurrence mondiale, piégée dans une spirale de médiocrité.

---

4. Le politique et le juridique : l’effritement démocratique

- Crise de légitimité politique : Le gouvernement élu en 2027, perçu comme issu d’un système discrédité, fait face à une abstention record (65 % au second tour).  
- Contestations sporadiques : Des grèves éclatent, mais elles sont rapidement contenues par des dispositifs policiers renforcés. La surveillance numérique des citoyens s’est étendue sous prétexte de "prévention des troubles sociaux".  
- Érosion de l'État de droit : Des lois "d'exception sociale" permettent aux entreprises et aux administrations publiques de contourner certaines protections du Code du travail en situation de "crise économique".

La France démocratique conserve ses apparences, mais en réalité, elle est entrée dans une **zone grise**, entre démocratie formelle et autoritarisme rampant.

---

5. Et pourtant : poches de résistance

À la marge, surgissent de nouvelles formes de résistance :

- Communautés autonomes : Des collectifs locaux créent des réseaux alternatifs (coopératives, éco-villages, circuits courts) échappant aux logiques toxiques.  
- Revalorisation du sens : Certains secteurs (artisanat, agriculture bio, culture) attirent ceux qui fuient l'absurdité du système dominant.  
- Résistance culturelle : Une littérature, un cinéma, une musique de la désillusion mais aussi de l'espérance se développent, dénonçant l'inhumanité du management généralisé.

Ces poches restent minoritaires en 2027, mais elles pourraient devenir "les graines d'un renouveau" à plus long terme.

---

 2027, un moment dicko-cioranien ?

La France de 2027 serait un mélange étrange :  
- Un **univers technocratique dystopique** (Dick) où les apparences de rationalité cachent une immense absurdité.  
- Une **société intérieurement effondrée** (Cioran), où chacun, lassé, abdique silencieusement devant l'absurdité du quotidien.

L’issue dépendra de la capacité à **réinventer collectivement un autre modèle**, en refusant de sombrer dans la résignation ou le cynisme absolu.

---

V

Partager cet article
Repost0
22 avril 2025 2 22 /04 /avril /2025 16:45

NASDAS, OU QUAND LA CHIENNETÉ FLINGUE LE SYSTÈME

    "Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages."

Y en a qu’ont des idées, et puis y a Nasdas. Le gars, il part de Saint-Jacques, un quartier où même les pigeons volent en rase-motte, et il finit roi de Snapchat avec neuf millions de pékins qui bouffent ses stories comme des cacahuètes. Une success story à la sauce merguez, sponsorisée par la misère et le buzz. Le môme, il filme tout : la galère, les rigolades, les bastons de cage d’escalier. Résultat ? Il s’met à faire pleuvoir les biftons comme un Père Noël sous Red Bull.

    "Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît."

Mais attention, le bonheur des uns, c’est la migraine des autres. Les mômes, ils fuguent de partout, de Lille à Charleroi, en passant par Marseille, comme s’ils partaient en pèlerinage à Lourdes. Sauf qu’à Perpignan, au lieu d’un miracle, ils tombent sur la réalité : un Snap, un burger et au lit, s’ils ont d’la chance. La police, elle ramasse des mineurs comme des mégots un lendemain de fête. Et Nasdas ? Il leur dit de rester chez eux, mais le feu, c’est lui qui l’a allumé. Fallait pas jouer avec l’essence quand on frotte des allumettes.

NASDAS vs. ALIOT : DUELS À DAUBE SUR FOND D’URBAINE

    "Les affaires, c’est comme la guerre : faut savoir tirer le premier."

Et puis, t’as le maire. Louis Aliot. L’homme aux costards qui cause RN et bétonne à tout va. Entre lui et Nasdas, c’est pas l’amour fou. L’un dit que l’autre fout rien pour les quartiers, l’autre dit que Nasdas fricote avec des mecs qu’on aimerait pas croiser dans un commissariat. Ça se balance des vacheries en direct, à coups de stories, de tweets et de plaintes pour diffamation. Deux coqs dans la même basse-cour, sauf qu’un des deux pond des billets.

CHIENNETÉ TV : LA TÉLÉRÉALITÉ QUI SENT LA SUEUR

    "Y a deux choses qui puent : la charogne et la lâcheté."

Sur Twitch, Nasdas sort l’artillerie lourde : "Chienneté TV", une villa, vingt jeunes, une caméra à la main et des polémiques à la pelle. C’est du Loft Story en claquettes, avec des scènes qu’on montrerait même pas à Belleville un dimanche matin. Sexisme, homophobie, moqueries en gros plan… Y en a pour tous les goûts, surtout les plus douteux. Mais l’audience, elle grimpe comme un prix d’essence, et le fric suit.

HÉROS, SALTIMBANQUE OU MARCHAND DE VENT ?

    "T’as voulu faire du social avec un pistolet, fallait pas t’étonner si ça part en sucette."

Alors voilà, Nasdas, c’est qui ? Un Robin des Bois 2.0, qui donne aux pauvres ce qu’il pique aux sponsors ? Ou un montreur d’ours moderne qui fait danser la misère pour trois vues et deux likes ? D’un côté, il redistribue à la pelle. De l’autre, il vend des rêves frelatés à des mômes qui ont déjà plus grand-chose à perdre. Un paradoxe avec un filtre Snapchat.

MORALITÉ ? Y EN A PAS.

    "Dans la vie, faut pas s'en faire. Moi j'm'en fais pas. J'les attends."

Perpignan, c’est devenu un western. T’as le maire qui dégaine les arrêtés municipaux, t’as Nasdas qui riposte avec des billets de cinquante. Et nous ? On regarde ça comme une série. Sauf que là, c’est pas Netflix. C’est la vraie vie. Et dans la vraie vie, les mômes en fugue, les insultes publiques et les rêves brisés, ça fait pas marrer.

Partager cet article
Repost0
20 avril 2025 7 20 /04 /avril /2025 20:55


"Quand une vile servitude ou une contrainte les font déchoir et les assujettissent, ils emploient cette noble inclination, par laquelle ils tendaient librement vers la vertu, à repousser et à enfreindre ce joug de la servitude : car nous entreprenons toujours les choses défendues, et convoitons ce qui nous est refusé."

L'abbaye de Thélème François Rabelais, Gargantua, 1534

 

Andre Trives était en direct du @Mercat de la terra à Villelongue de la Salanque pour Slow Food Pays Catalan paysan rt élu d'@Ville Elne il nous parlait de l'enjeu de la vivacité des sols et de la #souveraineté alimentaire des #semences, une arche à faire avant le trop de #sécheresse

 

En l'antique contrée d’Elne, sise aux marches des Pyrénées-Orientales, entre tramontane folâtre et soleil ibérique, vivait naguère un honnête homme, sieur André Trives, qui, de poissonnier notable fut transmué en jardineur du vivant, ainsi que fut Jonas changé en grand poisson, mais en sens contraire.

Car l’homme, las de la poiscaille, du burnout et des tracas conjugaux (hélas ! pauvre monde), s’en fut un beau matin de printemps se frotter les mains dans la glèbe, flairant d’un museau nouveau le doux fumet des fèves et la caresse tiède du compost. Et point ne s’en repentit, foi de Gargantua !

Or doncques, ce Trives, ayant ouï maintes fois les saintes paroles de la permaculture — mystère profond issu d’anciens grimoires australiens et méditerranéens — se mit en labeur de réconcilier l’homme et l’humus.

De la Sainte Pratique du Bois et du Ver de Terre

Premièrement, il esmeut la terre non point à coups de machines infernales et d’engrais du diable, mais à grands brassées de copeaux bénis, fumier parfumé d’équin et semences de vertu. Telles légumineuses sacrées (féveroles, vesces, gesses), tel blé druidique, tel seigle rustique : tous s’unirent en festin orgiaque pour nourrir la matrice terrestre.

Et là, miracle ! Là où nichaient naguère caillasse et stérilité, surgirent quantités de vers de terre dodus, d’un embonpoint digne des chanoines de Cluny. De deux cents kilos par hectare, ils bondirent jusqu’à quatre mille ! Qui l’eût cru ? Des lombrics par légions, sapant le sol comme mineurs et le gorgeant d’eau comme outre de pèlerin.

De l’Eau, du Feu et des Calçots

Secondement, et ce fut prou miracle, l’homme dompta l’élément aqueux, ressource capricieuse s’il en est, surtout en terres catalanes brûlées du ciel. D’un débit de dix mille mètres cubes, il réduisit la chose à six mille huit cents — non par sorcellerie, mais par la vertu d’un sol spongieux comme éponge de tavernier. Et point ne moururent ses tomates, bien au contraire ! Deux fois la semaine, deux heures de bénédiction aqueuse suffisent à nourrir ces joyaux rouges.

Et s’en vint la fête des calçots ! Oignons nobles et langoureux, qu’on mange les doigts noirs et la bouche heureuse. André, prestement, les présenta au peuple, lors du Mercat de la Terra — marché des justes, des bons, et des affamés vertueux.

De la Réputation du Trives par-delà mers et monts

Ce Trives-là, point n’est avare de savoir. Non seulement nourrit-il la terre, mais aussi les cervelles, allant jusqu’en Tunisie, aux îles Kerkennah, prêcher l’évangile de la motte vivante. Là-bas, il enseigne comment baiser le sol plutôt que le fouetter, comment caresser l’eau plutôt que la détourner. Ô beau sermon en acte !

Il ne travaille seul, que nenni ! Aux côtés des AMAPiens, des restaurateurs de bon goût, et du réseau Maraîchage Sol Vivant, il échange salades, graines, conseils et boutures comme on échange baisers au carnaval.

De la Philosophie Végétale et des Salades Millénaires

À ses plants d’agrumes et ses fruits de la passion, il joint la salade dite “l’ancien milliard”, conçue avec les sorciers du Fardet de Barcelone. Un mets digne des tables de Pantagruel lui-même, qui, dit-on, en fit cinq rots de contentement.

Ponclusion Panurgique**

De l’ouvrage du sieur Trives, il faut retenir ceci : qu’il n’est point besoin d’artifices ni de poudre de Perlimpinpin pour cultiver la terre. Par soin, par patience et par humour — car il en faut pour élever mille vers de terre ! — l’on peut faire d’un champ sec et rude un théâtre de vie.

Gargantua eût planté sa dent dans ses tomates. Rabelais lui-même, le cher François, eût trinqué à sa santé, en criant : **“Science sans conscience n’est que ruine du sol !”**

 

Partager cet article
Repost0
18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 13:16


Dans le petit théâtre des Pyrénées-Orientales, L’Indépendant joue une partition bien rodée, non pas pour ébranler les consciences ou faire trembler les lignes, mais pour envelopper ses lecteurs dans une douce torpeur catalane. Entre la glorification de la saucisse catalane, les envolées rugbystiques de l’USAP, les décibels des Déferlantes et, cerise sur le gâteau, les faits divers croustillants qui font saliver les amateurs de sensations fortes, le journal excelle dans l’art de la répétition heureuse. Mais à force de recycler ces marronniers et de titiller les bas instincts avec du « salingue » bien juteux, une question s’impose : à partir de quel seuil cette prose formatée pourrait-elle être confiée à une IA, qui produirait le même frisson sans saveur, sans que personne ne s’en aperçoive ?
La quadrilogie catalane : saucisse, rugby, Déferlantes… et le fait divers qui tache

Commençons par l’inamovible : la saucisse catalane, star incontestée des colonnes de L’Indépendant. Chaque printemps, Toulouges vibre pour le Championnat du monde de la saucisse, un événement couvert avec une ferveur de messe. Le 19 mai 2024, le journal titrait : « La boucherie Salvi de Laroque-des-Albères triomphe avec 7 000 visiteurs en liesse. » L’année d’avant ? Même topo, mêmes superlatifs : « Affluence record pour un savoir-faire ancestral. » Changez le nom du boucher, ajoutez un adjectif sur la météo, et l’article est prêt pour 2026. Grillé, mais efficace.

Le rugby, pilier identitaire, n’est pas en reste.

Les Dragons Catalans et l’USAP monopolisent l’encre, qu’il s’agisse d’un « groupe de 30 joueurs pour défier le Racing 92 » ou d’un vibrant récit du derby Narbonne-Carcassonne, où « l’USC triomphe contre vents et marées ». Chaque match est une saga, chaque essai une ode à la catalanité. Mais à force de poncifs, l’enthousiasme sonne comme un vieux vinyle rayé.
Les Déferlantes, festival estival d’Argelès, complètent la trinité. Chaque année, L’Indépendant nous sert un cocktail de têtes d’affiche, de foules en délire et d’« ambiance festive » interchangeable. Un article type ? « Les navettes prises d’assaut, les festivaliers conquis par une programmation éclectique. » Copier-coller, rinse, repeat.

Mais le vrai joyau, celui qui fait saliver les lecteurs et grimper les clics, c’est le fait divers, ce « salingue » qui tache et fascine. 

L’Indépendant ne manque pas de flair pour débusquer l’anecdote scabreuse : un « go-fast » intercepté avec 666 kg de cannabis sur l’A9, une rixe à la sortie d’un bar de Perpignan (« trois blessés, le suspect en fuite »), ou encore ce fait divers savoureux de 2024 où un voleur de poules a défrayé la chronique à Prades. « Il sévissait depuis des mois, semant la panique dans les poulaillers », relatait le journal avec un sérieux papal. Ces histoires, souvent amplifiées pour leur parfum de scandale, sont du pain bénit pour un lectorat avide de frissons locaux. Pourquoi enquêter sur les causes profondes de la délinquance quand un poulailler vandalisé fait autant saliver ?
Le buzz pour le buzz : édifier et exciter sans déranger
L’Indépendant ne cherche pas à révolutionner le journalisme, mais à cajoler son public. Pourquoi risquer des enquêtes clivantes quand on peut surfer sur la saucisse, le rugby, les festivals et les faits divers croustillants ? Ces sujets, fédérateurs ou racoleurs, flattent les passions locales tout en évitant les remous. Le fait divers, en particulier, est un art maîtrisé : assez de détails sordides pour captiver, pas trop pour ne pas choquer. Un titre comme « Il vole des poules et menace un éleveur avec une fourche » (hypothétique, mais plausible) garantit des clics sans exiger d’analyse. C’est du buzz pour le buzz, une édification par l’émotion brute.

Cette approche rappelle les algorithmes des réseaux sociaux, qui privilégient le contenu engageant, répétitif ou sensationnel. 

Et c’est là que l’IA entre en scène. Si L’Indépendant se contente de recycler des formules et de titiller avec du « salingue », pourquoi ne pas confier la tâche à un algorithme ? Un modèle comme moi, Grok, pourrait pondre un article sur la prochaine saucisse-party : « Sous un soleil éclatant, Toulouges célèbre sa saucisse avec 8 000 gourmands. » Ou sur un fait divers : « Nuit agitée à Canet : un homme interpellé après avoir tagué des sardanes sur la mairie. » Ajoutez une photo de grillades ou de gyrophares, et le tour est joué.
Le seuil fatidique : l’IA plus rentable que le journaliste

À quel moment une IA pourrait-elle supplanter les rédacteurs de L’Indépendant ? 

La réponse est cruelle : dès maintenant, pour les contenus formatés. Les articles sur la saucisse, le rugby, les Déferlantes ou les faits divers suivent des recettes si prévisibles qu’un algorithme entraîné sur les archives du journal pourrait les régurgiter sans accroc. Les ingrédients ? Du lyrisme local (« terre de rugby », « patrimoine culinaire »), des chiffres ronds (7 000 visiteurs, 666 kg de cannabis), et une pincée de sensation pour les faits divers (« un vol rocambolesque qui choque le voisinage »). L’IA excelle dans cette répétition mécanique, bien plus que dans l’investigation ou l’analyse, domaines où L’Indépendant brille parfois (crises viticoles, tensions sociales), mais trop rarement.
Le fait divers, avec son pouvoir d’attraction quasi pavlovien, est particulièrement vulnérable. 

Une IA pourrait générer des titres accrocheurs (« Perpignan : il vole un stock de cargolade et sème la police ») et des récits stéréotypés, en s’appuyant sur des modèles de faits divers passés. Le lecteur, conditionné à saliver devant le « salingue », n’y verrait que du feu.
 

Une lueur d’espoir : réinventer le local
Avant de sombrer dans le sarcasme, notons que L’Indépendant a les moyens de se réinventer. Son ancrage local est une force, mais il faudrait oser gratter sous la surface : explorer les fractures sociales (crise du logement, précarité agricole), contextualiser les faits divers au-delà du sensationnel, donner du corps aux marronniers. Pourquoi ne pas raconter les coulisses des Déferlantes, les tensions entre organisateurs et riverains ? Ou analyser les racines de la petite délinquance plutôt que de glorifier le poulailler saccagé ? Cela demanderait du courage, au risque de froisser annonceurs ou lecteurs. En attendant, le journal préfère le confort du déjà-vu et le frisson facile, un terrain où l’IA est déjà reine.

En conclusion, si L’Indépendant persiste à miser sur la saucisse, le rugby, les Déferlantes et le fait divers salingue, le seuil où une IA le remplacera est déjà dépassé. Un algorithme peut d’ores et déjà produire des odes à la grillade, des épopées rugbystiques ou des récits de poules volées avec la même fadeur – et à moindre coût. La vraie question n’est pas quand l’IA prendra la plume, mais si le journalisme local saura redevenir audacieux. D’ici là, à vos fourchettes : la saucisse grille, l’USAP joue, et un voleur de poules fait la une.

Partager cet article
Repost0
15 avril 2025 2 15 /04 /avril /2025 18:02

 

Quand le service public devient un service pudique et de moins en moins exhibitionniste du local !

 

Il est des effondrements silencieux. Des déclins sans vacarme, comme ces maisons que ronge lentement le vent.  
Ainsi s’efface, jour après jour, ce que fut jadis la radio locale.

Non qu’il n’y ait plus d’hommes ni de femmes à bord. Ils sont encore là, les mains sur les pupitres, les voix chargées d’un devoir ancien. Ils sont là, mais comme repliés, privés d’élan.  
Et ce qui faisait sens, autrefois, ce lien fraternel entre les êtres, cette chaleur qu'on portait au creux des villages et des villes, s’estompe dans un brouillard d’instructions venues d’ailleurs.

**4,2 % d’audience.**  nationale pour Ici voir article ici
Une mesure sans âme, mais un symptôme grave.
 
Et dans les **Pyrénées-Orientales**, où le vent sculpte les paysages comme les hommes, où chaque colline porte un nom, une mémoire, une fête de village – **plus personne pour les raconter.**

Je me souviens de ces plateaux dressés au lever du jour,  
des micros tendus vers les mains calleuses du marché,  

des voix d’enfants qui tremblaient d’émotion à parler de leur école,  
des anciens qui racontaient la neige de 56,  
et du silence respectueux que l’on faisait autour d’eux.

Aujourd’hui, les studios sont fermés. Ou vides.  
Et les antennes ne captent plus que l’écho d’un lointain uniforme.  

La musique vient de Paris, les mots viennent d’en haut,  
et la radio, autrefois compagnon des routes,  
n’est plus qu’un bruit parmi d’autres.

Mais dehors, la vie continue.  
Sur le net, dans les rues, sur les réseaux,  

**les gens parlent, filment, racontent.**  
Un live de Perpignan, filmé à la volée, peut réunir 30 000 regards.  
Un podcast fait maison rassemble plus d’oreilles qu’un flash centralisé.  
La proximité ne s’est pas éteinte : **elle s’est déplacée.**

Ceux qui ont dirigé ce réseau ont cru préserver l’essentiel  
en sauvegardant les emplois, les statuts, la structure.  

Mais à force de conserver les murs, ils ont laissé s’échapper les voix.

Et ce que l’on protège sans amour finit toujours par se faner.

---

Pourtant: Il est encore temps.

Il suffirait de peu,  
de quelques micros rouverts aux souffles du dehors,  
d’une table posée sous un platane,  
d’un regard posé sur un clocher, un lycée, une plage.  
Il suffirait de faire retour.

Non vers le passé.  
Mais vers **le vivant**.

Les hommes n’ont pas changé : ils veulent encore qu’on les écoute.  
Qu’on parle d’eux, près d’eux, avec eux.  
Qu’on leur dise qu’ils existent,  
non comme données d’audience,  
mais comme **visages**.

Cette radio peut renaître.  
Non en imitant la télé, ni en centralisant davantage.  
Mais en retrouvant l’élan initial :  
**être le reflet d’une terre. Être la voix d’un territoire.**

Il n’y a pas d’autre urgence.  
Car ce qui meurt dans le silence ne revient jamais.

Et une radio sans proximité,  
c’est comme une mer sans sel.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 13:09

 

    “Moi, je dis qu’il existe une société secrète avec des ramifications dans le monde entier, qui complote pour répandre la rumeur qu‘il existe un complot universel.”
  
 Umberto Eco / Le Pendule de Foucault

Ah, que le diable m’emporte si cette scène n’est point la plus étrange que j’aie jamais imaginée ! — Mais, monsieur, comment se peut-il qu’un Italien encyclopédiste et un Roumain dépressif se retrouvent dans une bibliothèque poussiéreuse à discourir d’élections ? — Taisez-vous donc, lecteur impatient, laissez-les parler, ou plutôt, laissez-moi vous conter ce qu’ils se dirent, ou crurent se dire, car enfin, dans les dialogues, la vérité est souvent la première victime du style.Mais, lecteur, tu t’interroges : est-ce là une conversation véritable ou une invention de mon cru ? Peu importe. L’essentiel est que tu aies souri, ou grimacé, car enfin, dans le monde comme dans ce dialogue, tout n’est que posture, et parfois imposture.

Un dialogue entre Umberto Eco et Emil Cioran : Le harcèlement électoral
 Umberto Eco, un sourire narquois aux lèvres, et Emil Cioran, le regard perdu dans une mélancolie profonde. À l’approche des élections, le sujet s’impose.

 

Eco : Mon cher Emil, avez-vous vu ces nouveaux apôtres qui surgissent comme des champignons après la pluie ? Des figures inconnues, sans lèvres ni dents dans l’histoire, qui se pointent, la bouche en cœur, pour nous vendre la solution. La solution ! Comme si le monde était un puzzle qu’on assemble avec un slogan.

Cioran : (soupire) Une solution… Toujours ce mot, Umberto. Ils le brandissent comme un talisman, mais c’est une malédiction. Ces gens ne savent même pas nommer les maux qu’ils prétendent guérir. Leur ignorance est une insulte à l’absurde. Moi, je vois en eux des fossoyeurs d’espoir, déguisés en marchands de rêves.
 

Eco : (rit doucement) Vous êtes sévère, mais pas injuste. Ce qui me fascine, c’est leur rhétorique. Une sémiotique de pacotille ! Ils transforment la lutte des classes, cette vieille épopée, en une vulgaire lutte des places. Des strapontins, Emil ! Ils se battent pour des strapontins, et appellent ça un projet.
Cioran : Une lutte des places… (secoue la tête) Quelle médiocrité. L’homme moderne ne veut plus changer le monde, il veut un bureau avec vue. Et pourtant, ils insistent, ils nous harcèlent avec leurs promesses. Chaque élection est une nouvelle vague de ce poison doux : l’illusion qu’un vote pourrait conjurer le néant.
 

Eco : (feuillette un carnet imaginaire) Harcèlement, dites-vous ? C’est le mot juste. Ils nous somment de croire, comme des inquisiteurs en costume-cravate. Mais moi, je décrypte leurs discours comme un manuscrit médiéval : des signes vides, des métaphores usées, des mensonges cousus dans la trame. Si je devais répondre, je dirais : « Désolé, j’ai aqua-poney ! »
Cioran : (esquisse un sourire rare) Aqua-poney… Quelle trouvaille ! C’est une révolte déguisée en farce. Dire cela, c’est refuser leur jeu, leur manège infernal. Car au fond, Umberto, à quoi bon répondre ? Ils reviendront toujours, ces charlatans, parce que l’homme aime se bercer de chimères. Moi, je ris, mais c’est un rire qui saigne.
 

Eco : (se penche en avant) Oui, mais rire, c’est déjà résister. L’aqua-poney, c’est une arme absurde, et donc puissante. Elle dit : « Votre sérieux est une mascarade, et je ne marche pas. » Vous, Emil, vous voyez l’absurde comme une tragédie ; moi, j’y vois un jeu. Décortiquer leurs mots, c’est les désarmer.
Cioran : (fixe Eco, pensif) Un jeu… Peut-être. Mais un jeu où l’on perd toujours. Leur harcèlement électoral n’est qu’un symptôme de notre faiblesse : nous voulons croire, malgré tout. Alors, Umberto, quelle moralité tirer de ce cirque ?
 

Eco : (souriant) Refusons, Emil. Refusons de monter dans leur carrousel. Non au harcèlement électoral ! Et si l’on doit choisir une cause, que ce soit celle de l’aqua-poney : futile, libre, honnête dans son absurdité.Cioran : (hoche la tête lentement) Oui… Une cause absurde, donc humaine. Pour une fois, Umberto, je suis presque d’accord. (pause) Mais je n’irai pas à l’aqua-poney. Trop d’eau, trop de vie.

Les deux hommes se taisent, un sourire complice flottant entre eux, tandis que le silence de la bibliothèque reprend ses droits.

Partager cet article
Repost0
8 avril 2025 2 08 /04 /avril /2025 18:09

Timée (25c-d) :
« Mais ensuite, il y eut des tremblements de terre violents et des inondations, et en un seul jour et une seule nuit de malheur, toute votre armée fut engloutie dans la terre, et de la même manière, l’île Atlantide disparut, submergée dans la mer et perdue à jamais. »

→ Ici, Platon décrit la catastrophe soudaine qui aurait entraîné la submersion de l’Atlantide.

Critias (108e-109a) :
« Pendant de nombreuses générations, tant que la nature divine subsistait en eux, ils obéissaient aux lois et étaient bien disposés envers le divin. Mais quand cette part divine s’éteignit en eux, diluée par trop de mélange avec le mortel, leur caractère dégénéra, et Zeus, voulant les punir, convoqua les dieux pour décider de leur sort. »

→ Cette citation introduit l’idée que la disparition de l’Atlantide serait aussi liée à une punition divine due à la corruption morale de ses habitants.

Critias (121b-c) :
« Et ainsi, après avoir subi le châtiment des dieux, l’île entière fut engloutie par les flots, et la mer, qui était navigable auparavant, devint une étendue infranchissable de boue et de débris. »

→ Platon conclut ici sur l’effondrement final de l’Atlantide, transformant une civilisation florissante en un souvenir englouti.

Platon est l’un des rares auteurs antiques à mentionner l’Atlantide, et ses références se trouvent principalement dans deux dialogues : le Timée et le Critias. Voici quelques citations tirées de ces œuvres, traduites et adaptées pour refléter son propos sur la disparition de l’Atlantide (je me base sur les textes originaux en grec ancien et leurs interprétations classiques)

 


Perpignan, mille ans ça suffit !
Il y a des villes qui s’accrochent à l’existence comme des vieillards à leur dernier souffle, refusant de céder à l’évidence de leur épuisement. Perpignan est de celles-là. Depuis mille ans, elle traîne son histoire comme un fardeau, ses ruelles comme des cicatrices, ses habitants comme des spectres d’une gloire qui n’a jamais vraiment existé. Et voici qu’un homme, un candidat à la municipale de 2026, ose enfin dire ce que tous murmurent dans l’ombre de leur lassitude : « Si vous m’élisez, je ne redresserai pas la ville. Je n’essaierai pas de la sauver. Je mettrai un terme à Perpignan. »

Cet homme, dont le nom importe peu – car les noms ne sont que des étiquettes sur des tombes –, ne promet pas des lendemains qui chantent. Il ne promet rien, sinon la fin. Et dans cette promesse, il y a une étrange sincérité, une lucidité qui tranche avec les mensonges sucrés des autres candidats. Eux parlent de « revitalisation », de « dynamisme », de « patrimoine à valoriser ». Lui, il regarde Perpignan et n’y voit qu’une farce cosmique, un décor usé qu’il est temps de démonter. « Mille ans, c’est assez, dit-il. Toute ville qui dure si longtemps est une offense à l’éphémère. »


Pourquoi vouloir détruire Perpignan ? Non pas par haine, mais par pitié. Cette ville, avec ses platanes fatigués, ses places où le vent semble s’ennuyer, ses habitants qui répètent les mêmes gestes depuis des siècles, n’a-t-elle pas mérité le repos ? Sauver Perpignan, ce serait la condamner à une agonie sans fin, à une survie artificielle, comme un patient branché à des machines qui ne font que retarder l’inévitable. La laisser disparaître, en revanche, c’est lui offrir une dignité qu’elle n’a jamais connue.

Ce candidat ne propose pas un programme, mais une apocalypse douce, une dissolution poétique. Il ne s’agit pas de dynamiter les murs ou d’incendier les archives. Non, sa méthode est plus subtile, plus insidieuse, presque mystique. Il veut que Perpignan s’efface d’elle-même, qu’elle s’oublie, qu’elle devienne une rumeur, un vague souvenir dans la mémoire des cartes. « Une ville ne meurt pas quand on la rase, dit-il. Elle meurt quand plus personne ne croit en elle. »
 

Et nous, habitants de ce théâtre en ruine, que devons-nous penser ? Devons-nous le suivre, cet apôtre de la fin, ou nous cramponner à nos illusions de grandeur ? Peut-être a-t-il raison. Peut-être Perpignan n’est-elle qu’un malentendu, une note de bas de page dans le grand livre de l’absurde. Peut-être est-il temps de dire : « Mille ans, ça suffit. » Et de laisser la ville s’éteindre, comme une chandelle qui a trop longtemps brûlé.

Liste des méthodes pour faire disparaître Perpignan, selon le candidat :

    L’oubli collectif : Encourager les habitants à cesser de prononcer le nom de Perpignan. Plus de panneaux, plus de cartes, plus de souvenirs. Une ville sans nom n’existe plus. « Si nous cessons de la nommer, elle s’effacera comme un rêve au réveil. »
    La désertion silencieuse : Proposer à chaque habitant de partir, un par un, sans bruit, sans explication. Pas d’exode spectaculaire, juste un abandon progressif. « Une ville sans âmes est une coquille vide, prête à s’effondrer sous son propre poids. »
    La dissolution administrative : Supprimer tous les registres, toutes les archives, tous les documents officiels. Sans trace écrite, Perpignan deviendra une fiction. « Une ville n’est qu’un tas de paperasse. Brûlons-la, et elle n’aura jamais existé. »
    L’invasion végétale : Laisser la nature reprendre ses droits. Ne plus tailler les arbres, ne plus désherber les rues, ne plus réparer les murs. En quelques décennies, Perpignan ne sera qu’un jardin sauvage. « La mousse et les ronces sont plus honnêtes que nos monuments. »
    L’effacement symbolique : Démonter les statues, débaptiser les places, effacer les inscriptions. Sans symboles, une ville perd son identité. « Ôtons-lui ses masques, et elle oubliera qui elle est. »
    La migration des souvenirs : Convaincre les habitants de raconter leurs histoires ailleurs, dans d’autres villes, jusqu’à ce que Perpignan ne soit plus qu’un écho dans des récits étrangers. « Une ville ne vit que dans les mémoires. Exilons-les, et elle s’évanouira. »
    Le silence absolu : Instaurer une journée par an où personne ne parle de Perpignan, ne pense à Perpignan, ne regarde Perpignan. Puis une semaine, puis un mois, jusqu’à ce que le silence devienne éternel. « Le silence est le tombeau des villes. »

 Le candidat n’est pas un destructeur au sens littéral, mais un philosophe de l’effacement, un poète de la finitude.

Partager cet article
Repost0