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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 12:58

"Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir. "

La Société du spectacle, 1967 Guy Debord

"Je pensai que toutes les générations sont perdues par quelque chose"

 Paris est une fête
Ernest Hemingway

 Les festivals du 66 (Les Déferlantes, Bacchus, Festival Mondial de la Saucisse Catalane) relèvent du divertissement, non de la culture, et que le temps impose de choisir sans se mentir.
Les Déferlantes, Bacchus, et la Saucisse : un bal de l’oubli sous le ciel catalan
Sous le soleil roussillonnais, où les cigales chantent des refrains plus vieux que nos mémoires, les festivals du 66 – Les Déferlantes, Bacchus, Festival Mondial de la Saucisse Catalane – dressent leurs chapiteaux comme des comptoirs d’ivresse collective. Mais, mes amis, dans ce monde où le temps, ce voleur à l’haleine courte, nous presse de choisir, ces bacchanales sont-elles culture ou simple divertissement ? Cherchent-elles à caresser l’intelligence ou à noyer l’âme dans l’oubli d’un soir ? Et que ramènent les pèlerins de ces fêtes dans leurs besaces, qu’ils n’auraient pas trouvé au détour d’un livre, d’un film ou d’une toile croisée dans une salle silencieuse ?

1. Les festivals : une farandole pour l’oubli
Prenez Les Déferlantes, qui, du 26 au 29 juin 2025, feront trembler les Jardins du Lydia à Le Barcarès. Là, sous les étoiles, Camila Cabello et DJ Snake allument des feux dans les cœurs, et la foule, ivre de décibels, chaloupe comme un bateau sans boussole. C’est une vague, un mascaret d’émotions où l’on s’oublie, où l’on danse pour ne plus penser. Bacchus, du 5 au 7 juin à Argelès-sur-Mer, joue les entremetteurs entre le vin, la musique de MC Solaar et les saveurs du terroir. On y trinque, on y savoure, on s’y perd dans une volupté qui sent le thym et la garrigue. Quant au Festival Mondial de la Saucisse Catalane, les 7 et 8 juin à Toulouges, il fait défiler bandas et saucisses sous les vivats, célébrant un bout de Catalogne avec la ferveur d’un village en liesse.
Mais, disons-le sans détour, ces fêtes sont des maîtresses de l’instant, des courtisanes de l’éphémère. Elles vous prennent par la main, vous font tourner la tête, mais ne vous laissent qu’un parfum fugace. Si la culture, comme un vieux professeur à lunettes, exige qu’on s’assoie pour réfléchir, ces festivals, eux, sont des saltimbanques qui vous invitent à la danse, à l’oubli, au vin versé à la régalade. Revendiquer qu’on s’y cultive, c’est un peu comme prétendre lire Proust dans le vacarme d’un bistrot.

2. Culture ou divertissement : l’intelligence contre l’ivresse
Un livre, un film, une peinture, voilà des compagnons qui parlent à l’intelligence, qui vous prennent par l’épaule pour vous murmurer des vérités durables. Relisez L’Écume des jours de Vian : chaque page vous force à peser le poids de l’amour et de la mort. Regardez Hiroshima mon amour de Resnais : ses images vous tordent l’âme et vous laissent à méditer sur l’oubli et la mémoire. Contemplez un Monet, et vous voilà à scruter la lumière, à chercher le sens dans un reflet d’étang. Ces œuvres sont des phares, des balises qui éclairent l’esprit, qui restent en vous comme un vin qu’on laisse vieillir.
Les festivals, eux, sont des feux de paille. Aux Déferlantes, on s’égosille sur une chanson de Julien Doré, on s’embrase dans une foule qui palpite comme un cœur unique, mais l’instant s’évanouit avec le dernier accord. À Bacchus, le vin coule, les plats catalans réchauffent, mais c’est une volupté qui s’éteint avec le dernier verre. Le Festival de la Saucisse, avec ses bandas et ses grillades, fait chanter l’âme catalane, mais ne vous demande pas de réfléchir, seulement de savourer. C’est du divertissement, mes amis, une parenthèse pour oublier le gris du monde, pas une leçon pour l’enrichir.

3. Ce que les festivaliers emportent

Dans un temps compté, où chaque minute est un pari, que ramènent les festivaliers de ces noces éphémères ? Pas grand-chose qui pèse lourd à l’aune de l’intelligence. 

    Une ivresse passagère : Aux Déferlantes, on s’enflamme, on chante, on s’étreint dans la sueur et la joie. C’est un feu d’artifice, mais il ne laisse que des cendres tièdes, loin de la flamme durable d’un roman qui vous hante des nuits entières.
    Un goût de terroir : À Bacchus, on découvre le vin du Roussillon, la saucisse catalane au Festival de Toulouges. On touche du doigt l’âme d’une terre, mais c’est une caresse fugace, un flirt avec la Catalogne, pas une plongée dans son histoire comme le ferait un livre ou un film sur les Albères.
    Des souvenirs de fête : Les festivals offrent des images, des rires, des rencontres. Mais ces souvenirs, comme des bulles de champagne, éclatent vite. Ils ne rivalisent pas avec l’écho d’une toile de Miró, qui vous suit des années, ou d’un film de Fellini, qui vous retourne l’âme.

4. Les limites du bal populaire

Le temps, ce filou, ne pardonne pas. Choisir un festival, c’est souvent choisir l’oubli, le rire, la légèreté. Mais c’est aussi renoncer à la culture qui creuse, qui gratte l’esprit jusqu’à en tirer du sang. Les festivals, par leur tumulte, leur hâte, leur soif de plaisir, ne laissent pas le temps de s’arrêter, de penser. Un livre vous invite à relire une phrase, un film à revoir une scène, une peinture à vous perdre dans un détail. Les festivals, eux, vous jettent dans le tourbillon et vous recrachent, heureux mais vides, sur le pavé du lendemain.
Ils ont leur charme, ces rendez-vous du 66. Ils portent en eux un bout de Catalogne, une bribe de son âme. Mais ne nous mentons pas : ils sont là pour divertir, pour faire chanter les corps, pas pour nourrir les esprits. Leur culture est celle du comptoir, du coude levé, pas celle des bibliothèques.

5. Conclusion : choisir, c’est se connaître

Alors, mes amis, dans ce monde où le temps cavale plus vite qu’un cheval de corrida, il faut choisir : se divertir ou se cultiver ? Les Déferlantes, Bacchus, le Festival de la Saucisse Catalane sont des bals où l’on s’oublie, où l’on trinque à l’instant, où l’on embrasse la vie sans lui demander son nom. Ils offrent des rires, des saveurs, un frisson d’appartenance, mais ils ne sont pas culture, pas au sens où l’intelligence s’éveille et s’enracine. Un livre, un film, une peinture, eux, vous prennent par la nuque et vous forcent à regarder le monde, à le penser. Les festivaliers qui revendiquent se cultiver dans ces fêtes se trompent de comptoir : ils cherchent l’ivresse, pas la lumière. Que chacun assume son choix, car le temps, ce vieux filou, ne repasse pas les plats.

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