« Le Catalan peut encercler ses ennemis, tout seul » proverbe
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Le 66 a choisi de rester le 66. Ou plutôt : il a choisi de ne pas choisir.
Personne ici n’a d’avis particulier sur le nom. Pyrénées-Orientales, Pyrénées Catalanes ou Pyrénées Méditerranée… ce ne sont que des étiquettes collées sur le même paysage, le même vent, le même vin. Ce qui compte, c’est l’idée qui a gagné : celle de se prononcer. Même à 10 %. Même de justesse. Même pour aboutir au statu quo. Et même si ces 10 % de participation ressemblent surtout à 90 % d’abstention.
Voici le tableau, pour ceux qui préfèrent les chiffres aux discours :
| Option | Pourcentage | Nombre de voix |
|-------------------------|-------------|----------------|
| Pyrénées-Orientales | 47,21 % | 18 025 |
| Pyrénées Catalanes | 42,15 % | 16 092 |
| Pyrénées Méditerranée | 10,64 % | 4 061 |
38 178 voix exprimées.
Un peu plus de 10 % des inscrits. Autrement dit, près de neuf habitants sur dix ont préféré rester chez eux. Deux mille voix d’écart entre le premier et le second. Assez pour que le nom reste le même. Pas assez pour que l’on puisse dire que rien ne s’est passé. Et largement assez pour rappeler que la liberté de choisir inclut aussi celle de ne pas choisir.
On avait écarté « Pays catalan », trop tranchant sans doute.
On a proposé trois options plus sages. Les habitants ont voté. Certains en ligne, d’autres par courrier. La grande majorité a regardé passer le débat comme on regarde passer un nuage. Et le résultat est tombé : on garde l’ancien nom.
Ce n’est pas une victoire du nom. C’est une victoire relative de l’idée qu’il valait la peine de demander. Comme le rappelait Périclès, rapporté par Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Ici, une minorité a choisi de ne pas se reposer. Une majorité écrasante a choisi le repos. Les deux ont exercé leur liberté. On aurait pu laisser dormir la question. On a préféré la poser. Le silence des 90 % fait partie de la réponse.
Hermeline Malherbe parle d’attachement à la catalanité. Louis Aliot de tour de manège.
Peu importe. L’essentiel n’est pas dans ce qu’ils disent du nom. Il est dans le fait que, pour une fois, on a forcé le département à regarder ses habitants dans les yeux et à leur demander : que voulez-vous porter ? La plupart ont répondu en restant silencieux. C’est déjà une forme de choix.
Le 66 reste le 66. Mais l’idée, elle, a progressé d’un pas. Même fatigué. Même ironique. Même en gardant le même costume. Et même avec 90 % d’abstention pour lui rappeler que la liberté, parfois, préfère se reposer.
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