Jean François nous quitte pour raison de cancer (d'où ses absences à la conférence de presse, ainsi qu'à l'ouverture) , trop tôt à 69 ans, pile au début de ce qu'il appelait son "bébé" Visa pour l'image . Pleins de souvenirs avec lui (notamment 2 bannissement du festival pour articles trop critiques) , c'est une figure en image qui disparait...
Jean-François Leroy (né le 3 octobre 1956 à Paris) est un journaliste, photographe et organisateur français, cofondateur et directeur du festival international de photojournalisme Visa pour l’Image à Perpignan depuis 1989.
Passionné très tôt par la photographie, il passe ses jeudis à s’initier aux techniques de laboratoire auprès de sa tante, rédactrice en chef de La Vie catholique.
Il se nourrit des images de Larry Burrows et de David Douglas Duncan. À 12 ans, sa première photo est publiée dans La Vie : « Peut-être un peu pistonné, car ma tante est rédactrice en chef du journal. Je suis alors fou de joie et fier comme Artaban. Pourtant, à cette époque, mon rêve est de devenir cardiologue. » Il abandonne rapidement les études de médecine, se déclarant « un littéraire », et se tourne vers le journalisme.
Il collabore aux magazines Photo-Reporter, Le Photographe et Photo-Revue, devient rédacteur en chef de Photo Magazine (vers 1984-1987) et, sous le pseudonyme de Patrice Tounet, écrit des critiques de livres et d’expositions pour La Vie. Gökşin Sipahioğlu, fondateur de l’agence Sipa Press, lui ouvre les portes de la profession : « Je deviens photographe chez lui. Honnêtement, je ne suis pas un bon photographe… mais je ressens déjà ce désir profond de mettre en valeur le travail des autres. » En 1988, il est l’agent de Dominique Issermann pendant un an : « Tout le monde connaît le travail de cette photographe de mode, brillante réalisatrice de reportages et de clips… Je reste son agent pendant un an, ce qui me permet de créer Visa sans être rémunéré pendant trois ans. » En 1989, il participe avec Yann Arthus-Bertrand au projet « 3 Jours en France », portrait photographique du pays 150 ans après l’invention de la photographie.
La même année, il cofonde (avec Roger Thérond, grand patron de Paris Match) et dirige Visa pour l’Image.
La ville de Perpignan et la Chambre de commerce cherchaient un événement pour prolonger la saison touristique. « J’arrive avec mon projet de photojournalisme… et on me dit non ! » Il faut l’intervention de Thérond pour faire basculer la décision. Les débuts sont modestes et artisanaux : « La première année, je loue une voiture avec un mégaphone. Chaque soir, on peut m’entendre claironner : CE SOIR… GRANDE SOIRÉE PHOTO !!! » En 1989, 123 professionnels sont accrédités et deux pays représentés (France et Italie). Aujourd’hui, ce sont des milliers de professionnels, des dizaines de nations, plus de 200 000 visiteurs et des centaines de clichés exposés. Le festival est devenu un rendez-vous majeur (expositions, projections géantes au Campo Santo, rencontres professionnelles, prix et bourses).
Il est président de la société Images Evidence (créée en 1997, rachetée en 2009 après un partenariat avec Hachette-Filipacchi), qui organise le festival.
Il a aussi créé et dirigé l’Arche du photojournalisme à la Grande Arche de la Défense (2017-2018). Distinctions : Chevalier des Arts et des Lettres, Chevalier de l’Ordre national du Mérite et Chevalier de la Légion d’honneur. « Mais je n’ai jamais sollicité de décorations. Je ne les arbore pas, et elles ne figurent pas sur ma carte de visite. » Il porte comme un talisman une bague à tête de mort offerte par son ami, le photographe de guerre Stanley Greene.
Franc, entier et parfois colérique, Leroy défend une vision intransigeante du photojournalisme.
« Les photographes sont mes yeux sur le monde. » Il se décrit comme « accro à l’info, aux nouvelles, l’actualité du monde. C’est une drogue dure. » Face aux critiques sur la permanence des thèmes (guerres, crises, pauvreté), il rétorque : « Ils ne se posent pas la question quand ils regardent des images de la Coupe du monde de football ! Ce sont pourtant toujours des hommes en short qui courent après une balle… » Et d’ajouter : « Je suis aux côtés des photographes professionnels qui informent et témoignent. […] Certes, c’est un poncif, mais une image vaut réellement mille mots. Une photo de la maternité de Marioupol prise par Evgeniy Maloletka est plus forte […] qu’un article. » Ou encore : « Si vous vous attendez à voir des images de petits chats sur des coussins en velours… alors Visa pour l’image n’est pas fait pour vous. » Il s’oppose à « une information qui préfère les princesses à la Tchétchénie ».
Il met en garde les jeunes photographes contre les risques inconsidérés : « On n’est pas obligé de risquer sa vie à Mossoul. […] Ne partez pas sur des zones de guerre sans garantie, sans commande, sans assurance. »
Et de rappeler un conseil de Patrick Chauvel : « Méfie-toi des petits jeunes qui partent sur le terrain avec pour objectif Amsterdam (World Press Photo) et Perpignan. » Sur la technique : « À quelqu’un qui m’envoie des photos que je juge mauvaises et qui me dit “oui, mais moi, j’ai fait ça à l’iPhone”, je réponds : on s’en fiche ! » Il a aussi évoqué l’épisode de la fake news de Jonas Bendiksen (The Book of Veles, 2021), projetée à Visa avant que le photographe n’avoue avoir tout inventé avec des incrustations 3D.
Sur des sujets sensibles comme Gaza, il assume des choix difficiles : « L’information est complètement verrouillée. […] Quand on n’est plus dans l’information mais dans la communication, j’ai un souci. »
Et sur les réactions épidermiques : « On ne peut plus discuter avec personne. » Quant à sa longévité à la tête du festival : « Quand ce ne sera plus le cas [la passion], vous le verrez vite, je ne serai plus là. Mais tant qu’elle est là, je reste. »
Photographes et collègues le décrivent comme une force vitale : « Un petit miracle se produit chaque soir à Perpignan : Jean-François nous séduit à nouveau […] à travers le plus grand diaporama de la terre » (Brent Stirton). Visa pour l’Image reste, grâce à lui, un espace rare où le photojournalisme engagé et l’information visuelle trouvent encore toute leur place.
Sources principales : Wikipedia (page dédiée), site officiel Visa pour l’Image, biographies (Evene/Le Figaro, WARM Foundation, Journal des Arts). L'archipel contre attaque
Nous avons posté la vidéo de la conf de presse de 2015 une année symbolique et à la 20 iéme minute question piquante de l'Archipel contre attaque
/image%2F0934504%2F20150506%2Fob_5b0702_11088966-842011335865663-1971689-n.jpg)
/idata%2F3021177%2Ffoto2%2Ffoto3%2FPhoto1288.jpg)
/image%2F0934504%2F20250831%2Fob_a94ef6_opera-snapshot-2025-08-31-124753-www-g.png)
/image%2F0934504%2F20240831%2Fob_d9868d_screenshot-2024-08-31-at-16-26-09-inst.png)