Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 13:37

Dans les collines de Big Sur, un général confédéré fantôme plantait des pastèques pourries sous une pluie qui n’en finissait plus de tomber. Il n’avait jamais commandé personne. Il n’avait jamais gagné une seule bataille. Il tenait simplement un sceptre en plastique rose, volé dans une boutique de souvenirs pour touristes qui croyaient encore aux histoires de héros et de destin. Le sceptre ne pesait rien. Il ne commandait rien. Mais il brillait faiblement sous la brume, comme une promesse déjà pourrie.

La France s’est transformée en une longue plage de Big Sur où les candidatures poussent comme des champignons après l’orage.

Elles sortent de partout : d’un podcast abandonné à la troisième émission, d’un plateau télé où l’on mange des croissants en parlant de « vision », d’un thread écrit à trois heures du matin entre deux verres de vin tiède, d’un compte TikTok qui a fait trois cent quarante-sept vues. Elles se multiplient. Elles saturent l’air. Elles occupent l’espace comme des méduses sans cerveau qui piquent quand même, juste pour rappeler qu’elles existent.

Le seuil de Peters mesure exactement le niveau d’incompétence. C’est la hauteur précise où l’on devient définitivement inapte. Au-delà, on ne sait plus. On ne peut plus. On ne devrait plus. C’est un point de non-retour mesurable, froid, presque scientifique.

Le plafond de verre, lui, fixe le niveau qu’on ne dépassera pas. Invisible, collant, tenu par l’habitude, par les réseaux, par ceux qui préfèrent que rien ne bouge vraiment.

Deux notions distinctes. Deux limites différentes.Mais la médiocrité a décidé de les confondre.

Elle regarde son propre seuil de Peters — ce point exact où elle devient incompétente — et elle le prend pour un plafond de verre. Alors elle frappe. Elle veut le faire péter. Elle brandit le sceptre des tocards et crie à l’injustice, à la discrimination, au système qui l’empêche d’aller plus haut. Elle transforme son incompétence en martyr. Elle transforme sa limite naturelle en complot. Elle fait de son seuil un mur à abattre, et de son incapacité une cause noble.

On les voit défiler sous les spots : celui qui croit que la géopolitique se résume à un emoji et trois phrases toutes faites, celle qui pense que l’économie tient dans un TikTok de quinze secondes, l’autre qui a découvert la Constitution dans un fil Twitter un soir d’insomnie, le suivant qui confond « projet » et « posture ». Ils disent « je suis le changement ». Ils disent « je suis le peuple ». Ils disent « je suis l’avenir ». Ils disent « le plafond de verre doit sauter ». En réalité, ils cognent contre leur propre incompétence et appellent ça une révolution. Ils multiplient les candidatures pour faire croire que le pouvoir est une loterie où l’on tire au sort le moins inapte, ou le plus bruyant, ou le plus convaincu de sa propre importance.

Pourtant, au-delà du seuil de Peters et du plafond de verre, ceux qui sont déjà là-haut sont aussi médiocres.

Exactement aussi médiocres. Ils n’ont pas plus de vision, pas plus de souffle, pas plus de substance. Ils occupent simplement l’étage supérieur avec la même légèreté, le même vide, la même conviction molle. Ils n’ont donc aucun besoin de craindre la concurrence de ceux qui cognent en dessous. Pas besoin de concurrence de dessous de plafond. Pas besoin de concurrence de dessous de seuil. La médiocrité est déjà partout, répartie avec une égalité presque démocratique. Ceux d’en haut n’ont rien à protéger d’autre que leur place. Ceux d’en bas n’ont rien à conquérir d’autre que l’illusion qu’il y a quelque chose à conquérir.

Le sceptre des tocards brille.

Il est rose. Il est léger. Il ne vaut rien. Mais tout le monde veut le tenir : ceux d’en bas, juste au-dessus de leur propre seuil d’incompétence, en prétendant que c’est un plafond de verre qui les retient ; ceux d’en haut, qui le regardent avec un sourire las, sachant qu’il ne change rien à leur propre nullité. Ils le brandissent comme s’il pouvait faire reculer la mer. Comme s’il pouvait transformer la médiocrité en destin. Comme s’il pouvait faire oublier que le seuil de Peters ne se brise pas : on s’y installe, on y reste, on y multiplie les discours pour masquer qu’on n’ira pas plus loin — et que, de toute façon, plus loin, c’est exactement la même chose.

Dans les collines de Big Sur, le général confédéré fantôme range son sceptre.

Il sait. Les tocards n’occupent jamais vraiment le pouvoir ; ils saturent l’espace autour, en haut comme en bas. Ils font croire que monter plus haut est un droit, alors que c’est seulement une confusion entre deux limites, et que ces deux limites n’enferment que de la même eau stagnante. Et pendant ce temps, la mer continue de monter, indifférente, en léchant les pastèques pourries qui flottent déjà sur l’eau grise de 2027. Le sceptre brille encore un instant. Puis il s’éteint, comme toutes les promesses trop légères, laissant seulement le bruit mou des candidatures qui continuent de pousser, inutiles et innombrables.

Partager cet article
Repost0

commentaires