"C'est un songe creux, une faribole, d'où l'inutilité absolue, écœurante de toutes ces imageries imbéciles : le prolétaire à cotte bleue, le héros de demain - et le méchant capitaliste repu à chaîne d'or. Ils sont aussi fumiers l'un que l'autre. Le prolétaire est un est bourgeois qui n'a pas réussi."
Louis-Ferdinand Céline
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Les messieurs Jourdain n’ont pas fini de tourner, tu sais… Toujours à faire des révérences à l’envers… à singer le pauvre, l’ouvrier, le vrai – mais sans les douleurs, sans la honte, sans la vie de chien. Être si mal dans sa peau… qu’on se fabrique une autre. Jusqu’à vouloir remplacer celle de l’autre, tout bonnement ! T’imagines ? Une greffe de classe sociale ! Ils veulent sentir la sueur sans transpirer, goûter la misère sans jamais l’avoir subie. Ils veulent parler au nom du peuple, à la place du peuple, sans jamais lui adresser la parole.
À Perpi, mon vieux, ça pullule…
De la gauche, oui, mais ripolinée, propre sur elle… Une gauche de colloques, de CV longs comme le bras, de billets de train pour les universités d’été… Des bobos post-bourdieusiens, gavés de concepts, mais pas foutus de réparer une chasse d’eau… La gauche qui parle des "dominés", mais qui vit entre dominants. La gauche qui lit Bourdieu comme on lit un horoscope… pour se donner bonne conscience. Ils causent d’écologie, de redistribution, de climat… mais c’est toujours pour les autres. Toujours ! Les plus riches doivent payer, qu’ils disent… sauf que ces riches-là, ils les croisent au marché bio, chez Naturalia. Ils les tutoient. Et les pauvres ? Ils les observent de loin, comme des espèces en voie de disparition.
Leur grande angoisse ? La France moche, la France martyre des ronds-points, des zones commerciales, des pavillons délavés.
Celle des gilets jaunes. Trop beauf, trop bruyante, trop en colère… Ils veulent bien de la misère, mais muette. Inoffensive. Et propre.Mais voilà, Cagé – elle, au moins – elle voit le gouffre. Elle te dit : *"y’a plus d’envie de gauche"*. Tu m’étonnes… T’as plus de gauche du tout ! Juste des cendres. Des discours. Des alliances en carton-pâte entre PS, LFI, les Verts… Une salade tiède, sans croûtons. Et pendant qu’ils se chamaillent pour savoir qui aura la tête de liste, l’extrême droite, elle, elle avance... Elle parle simple. Elle parle peur. Elle parle cash.
Et pendant ce temps, les gens ? Ils bossent. Ils s’enfoncent. Ils crèvent. Et ils se taisent. Jusqu’au jour où ça vote. Et là, surprise… plus un pour cent pour la gauche. Et tout pour le chaos.
Et l’Assemblée ? Une salle d’attente de technocrates. Zéro ouvrier. Zéro employé. Que des experts. Et ces experts-là veulent nous expliquer la vie, à nous… Tu parles ! Mais Cagé insiste, elle – faut remettre du social, faut du concret, faut une vraie redistribution, une vraie représentation. Pas des débats sur les toilettes non genrées pendant que la moitié du pays n’a plus de médecin.
Faut des idées, oui… mais des idées qui sentent la poussière, le carrelage fêlé, le SMIC. Pas les idées qui sortent des cabinets de conseil ou des amphis chauffés au gaz de ville.
'' UN ALLER SIMPLE POUR PERPIGNAN'' documentaire de Bertrand Schmit
Bien décidé à tourner la page et changer de vie, Lohnny, 22 ans, quitte sa Normandie natale avec pour seul bagage un billet de train pour Perpignan. Abandonné par ses parents, il laisse derrière lui une adolescence tourmentée et deux années passées en prison.
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