“Le train-train quotidien va bientôt dérailler, qui veut rester dedans n'a qu'à bien s'accrocher. ”
Robert de Houx
“Les idées préconçues sont des rails sur lesquels les individus se déplacent.”
Frédéric Dard / Réflexions jubilatoires sur l’existence
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La vie est duraille dans les PO, nous n'avons que peu de transports en commun:
Mesdames et messieurs, accrochez vos ceintures, on embarque pour un voyage pas piqué des hannetons, direction Perpignan, gare SNCF, ce 24 juillet 2025, 10 heures tapantes. Y’a du monde au portillon, et pas qu’des touristes en tongs ! L’Association des trains, la CGT 66 et une flopée d’autres clampins associatifs se sont donné rencard pour une manif’ qui sent la merguez et la grogne bien tassée. Objectif ? Dénoncer le merdier ferroviaire, faire le point sur une ligne fermée depuis un an, et secouer les puces de la préfecture. Ça va swinguer sur l’avenue Charles de Gaulle, cavaler sur le boulevard Clémenceau, pour finir en apothéose devant les grilles préfectorales, où nos gaillards espèrent qu’on leur déroulera pas juste le tapis rouge, mais des solutions, nom d’un biniou !
Au cœur du rififi, y’a Enric Balaguer, président du Train de la ville, un gars qui a la moustache frémissante et l’œil qui pétille de colère.
« Si une route avait été bloquée pareil, l’État aurait rappliqué dès l’aube avec des bulldozers et des ministres en gilet jaune. Mais le train ? Pfft, mépris total, on dirait qu’ils préfèrent les vaches aux wagons ! » qu’il balance, le bougre, planté au milieu d’la photo comme un olivier dans un champ d’oliviers. Et pour cause : la ligne est à l’arrêt depuis qu’un TER a joué les autos-tamponneuses avec un pont dans la commune d’Eus. Un glissement de terrain, qu’ils disent, a foutu le boxon. Résultat ? Pont HS, ligne kaput, et des usagers qui râlent plus fort qu’un klaxon de TGV.
Retour en arrière, histoire de démêler ce sac de nœuds.
Début 2025, la SNCF Réseau sort un protocole pour rafistoler les ouvrages d’Eus, mais la mairie fait la moue : « Pas d’oseille, pas d’deal ! » En décembre, le Conseil des ministres, dans un élan d’audace, vote la destruction du pont. Oui, mais pour le reconstruire, hein, faut pas rêver ! En juin, nouvelle délibération, on valide la solution technique de la SNCF : on rase, mais on rebâtit pas. Là, Enric, il voit rouge : « J’le sens gros comme une maison, ils vont nous fermer la ligne pour de bon, ces sagouins ! »
Et c’est pas tout. Figurez-vous que le conseil municipal, en fouillant dans ses archives, découvre qu’il est proprio du pont !
Le maire, Philippe Dorandeu, sort de sa réserve comme un taureau d’arène : « On veut être dans l’coup pour la solution technique, valider le protocole de démolition, et surtout, qu’on nous garantisse une reconstruction ou une alternative, genre une route. Parce que d’l’autre côté du pont, y’a du monde, bon sang ! Un éleveur de clebs, un éleveur de cochons, une maison rurale… Ces gens-là, depuis l’accident, doivent se taper 5 bornes pour rejoindre la RD66, alors qu’avant, c’était plié en 5 minutes. Leur boulot en prend un coup dans l’aile, c’est pas d’la rigolade ! »
Le 26 mars, les experts du tribunal administratif ont tranché : 80 % de la faute à la SNCF, qui a pas su garder son pont en état.
Les 20 % restants ? Aux éleveurs et à l’association du canal, qui prennent leur part du gâteau de la responsabilité. « J’vais leur faire bouffer l’pont qui m’a cassé ! » qu’il tempête, le maire. La SNCF, fair-play, met la main à la poche pour financer démolition et nettoyage. Le Département, l’État et la Région promettent de filer un coup de main au conseil municipal dans un mois et demi. On croise les doigts, mais on y croit moyen.
Et pendant c’temps-là, la ligne, elle, reste fermée comme une huître.
Enric, toujours lui, soupire : « Avec l’nouveau maire, ça bouge un peu plus. L’ancien, un vrai bouchon, bloquait tout. Mais même si on signe un deal avec la SNCF, les travaux commenceront pas avant septembre. Douze à seize semaines de chantier, ça nous amène à décembre, dans l’meilleur des cas. » Et il ajoute, la gorge nouée : « En 7-8 ans, entre l’accident d’Millas et c’te galère, la ligne aura été fermée plus longtemps qu’un siècle de sieste ! Les usagers, ils ont acheté des bagnoles, va-t’en les ramener dans l’train maintenant… »
Alors, ce 24 juillet, à Perpignan, ça va défiler, gueuler, et peut-être même verser une larme pour c’te ligne qui sent le sapin.
Mais Enric et ses potes, ils lâcheront pas l’affaire. Parce que le train, mes amis, c’est pas qu’du fer et d’la vapeur, c’est l’cœur d’une région qui bat. Et San-A, s’il était là, il leur taperait dans l’dos en disant : « Allez, les gars, faites pas d’chichis, foncez ! Et si ça coince, envoyez Béru avec une pince-monseigneur, ça d’vrait l’faire ! »
*Conférence d’presse à suivre dans les bureaux du Département. Amenez vos mouchoirs et vos pancartes, ça va chauffer !*
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