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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 16:01

"Pour écrire, il faut être hanté, malheureux, persécuté, ou alors heureux au point de croire sérieusement qu'on a Dieu pour coéquipier."

 Septentrion
Louis Calaferte


"Je serais heureux, moi, d'entrer dans des églises, d'y trouver des prêtres "mystiques", quitte à partir dans la connerie, mais, au moins, des gens qui vous soulèvent. C'est comme les poètes... Peu importe qu'ils aient tort ou raison, on s'en fout. Ce qu'on souhaite, ce sont des gens qui vous soulèvent."

 Choses Dites
Louis Calaferte

 Chaque événement humain non pas une tragédie, mais une farce grotesque, une répétition inutile où l'absurde triomphe par inertie. Pas de colère hurlante, juste un ricanement froid devant l'inévitable médiocrité.Gare à Perpignan, fragment d’un burn-out démocratique
(Suite hypothétique que Bertrand Schmit n’aura probablement jamais le courage — ou la cruauté — de tourner, tant filmer le néant fatigue déjà les caméras.)

On est le 14 mars 2026, veille d’un premier tour qui ressemble à une exécution capitale annoncée depuis des mois.

Louis Aliot, ce vice-président du RN qui administre Perpignan comme on gère un héritage empoisonné — avec lassitude et minimum syndical —, trône à 46 % dans le dernier sondage Cluster 17 pour Politico. Mission impossible de le battre ? Non : mission inutile. La démocratie, ici, a simplement cessé de faire semblant.Schmit ouvrirait sur la gare, bien sûr — ce terminus où arrivent les trains et où s’arrêtent les illusions.

Pluie catalane, affiches décollées comme des promesses usées.

Aliot mène une campagne fantôme : il snobe les débats (sur ICI Roussillon, c’est son adjoint qui joue les doublures), répète que « ça sert à quoi de perdre du temps avec ces canaux d’information ? », et gagne quand même. Le burn out démocratique, c’est quand le favori n’a même plus besoin de mentir : il se contente d’exister. L’électeur, épuisé, vote par réflexe pavlovien — sécurité, propreté, fierté catalane recyclée depuis 2020. Rien de neuf, rien de vrai, mais ça suffit.

L’absurde a gagné par forfait.

Et les oppositions ? Une farce à six tableaux. Six listes, six ego minuscules qui se disputent les miettes d’un gâteau déjà moisi.

La gauche atomisée : Agnès Langevine (PS-Place publique) et Mickaël Idrac (LFI) se partagent 15 % chacun, comme deux clochards qui se battent pour une pièce tombée d’une poche trouée. Bruno Nougayrède (droite-centre) à 14 %, Mathias Blanc à 9 %, Lutte ouvrière à 1 % — on dirait les scores d’un enterrement où même les fantômes n’ont pas pris la peine de venir.

Schmit filmerait leurs meetings : des salles à moitié vides, des militants qui répètent les mêmes slogans depuis six ans, le regard vitreux de ceux qui savent qu’ils perdront mais qui continuent parce que l’habitude est plus forte que la honte.

Le clou du spectacle : Jean-Marc Pujol, ex-maire LR (2009-2020), l’homme qui a perdu contre Aliot en 2020, appelle maintenant à voter pour lui.

« Union des droites et du peuple », dit-il, « les partis font fausse route ».

Traduction : j’ai 76 ans, je suis fatigué, autant capituler avec panache. Schmit zoomerait sur son visage ridé par les défaites successives, sur ce ralliement qui n’est pas une trahison mais une capitulation générale — l’idéologie morte, ne reste que l’instinct de conservation.

L’affaire des assistants parlementaires plane toujours : Aliot risque l’inéligibilité (délibéré en appel prévu en juillet), mais personne n’en parle vraiment. Pourquoi s’énerver ?

Le mandat a été « pépère » (Le Monde dixit) : plus de police, plus de caméras, moins de vagues. Il a compris que gouverner consiste à ne rien faire de trop visible — la meilleure façon de durer quand on n’a plus d’idées.

Le peuple, reconnaissant, le réélira probablement dès le premier tour, ou au pire au second dans une quadrangulaire pathétique où même les perdants se congratuleront d’avoir « existé »

.Schmit terminerait sur un plan fixe : la gare la nuit, un train qui part vers nulle part, un panneau « Perpignan – terminus » éclairé par un néon clignotant. Voix off murmurée, presque lasse : « La fatigue de 2020 est devenue burn out en 2026.

On ne vote plus pour espérer, on vote pour ne pas avoir à changer d’avis.

La démocratie ne meurt pas assassinée ; elle s’éteint d’ennui, en murmurant “tant pis”. » Pas de musique tragique, juste le bruit du vent et d’un distributeur automatique qui crache un café imbuvable.

Parce qu’au fond, Perpignan n’est pas un laboratoire du RN : c’est le miroir grossissant de ce que nous sommes tous devenus — des administrés qui élisent des gestionnaires parce que rêver fatigue.

Et dans ce miroir, on rit jaune : c’est laid, c’est prévisible, c’est nous.

Sources (réelles, hélas) :  Sondage Cluster 17 / Politico (12 mars 2026) : Aliot 46 %, oppositions dispersées.  
Reportages 20 Minutes, Le Figaro, France Bleu, L’Indépendant, Le Monde (février-mars 2026) sur la « campagne fantôme », l’absence aux débats, le mandat « pépère ».  
Ralliement de Jean-Marc Pujol à Aliot (annoncé mi-mars 2026, via ICI Roussillon, AFP, etc.).  
Archives du documentaire original de Bertrand Schmit (2024) pour le parallèle cruel avec 2020.

Et maintenant, éteignez la lumière. Demain on vote, après-demain on oubliera.

 

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 13:58

    "Il y a deux façons d'enculer les mouches : avec ou sans leur consentement."

Boris Vian 

Perpignan, mars 2026 : la politique du crachat sans se fatiguer

Mes bons amis, mes chers électeurs catalans, mes braves contribuables des quartiers pourris et ceux plus gâtés , écoutez-moi ce petit air de valse municipale qui monte, qui monte… et qui pue déjà la vieille sueur des campagnes sans honneur.

Autrefois, on rêvait encore. On se levait pour un homme ou une femme, en fin, quelqu'un qui avait du feu dans le ventre, des phrases qui vous emportaient comme la Tram, un programme qui sentait la sueur et le bitume neuf. On croyait encore que la politique, c’était de la poésie appliquée à la vie commune.

Plus aujourd’hui.Les nouveaux candidats ? Des fantômes recyclés, des mites de l’éternel retour.

Des figures déjà vieilles avant même d’avoir été jeunes, des résidus d’anciennes listes, des revenants sortis du formol des années Pujol-Alduy-2014, qui nous reviennent avec le même sourire usé, les mêmes costumes lustrés, les mêmes promesses recuites.

Ils n’arrivent pas : ils reviennent.

Comme ces vieux vêtements qu’on ressort du grenier tous les six ans, avec l’odeur de naphtaline et l’illusion de la nouveauté. « Soyons fiers de Perpignan, elle le mérite », lance Bruno Nougayrède d’une voix de chef d’entreprise fatigué. « Perpignan, changez d’air ! », scande Mickaël Idrac en invitant Mélenchon pour un « Siamo tutti antifascisti ! » qui sent le déjà-vu. Et Aliot, lui, répète inlassablement : « Continuons ensemble avec Louis Aliot » et « Pour nous c’est Louis » – la main bleu-blanc-rouge brandie comme un talisman.

Plus besoin de charisme, mes agneaux.

Plus besoin de vrai programme, de chiffres qui tiennent debout, de visions qui fassent rêver au-delà du prochain PV de stationnement. Non. Il suffit aujourd’hui de disqualifier l’autre. De le salir, de le barbouiller, de le rendre infréquentable comme on jette un mégot dans le caniveau du Têt. Et hop ! On est élu. Ou réélu.

Sans avoir rien démontré de sa propre valeur, sinon celle, immense, d’être moins dégueulasse que le voisin.

Louis Aliot, le pépère intranquille du RN, trône là-haut à 43-44 % dans les sondages Ifop, comme un gros chat qui a déjà bouffé la moitié du pâté. Six ans qu’il gère la plus grande ville de France aux mains du parti : un peu plus de flics municipaux, un peu plus de caméras, un discours « sécurité-propreté » bien rodé, et surtout… surtout, pas de vagues. Il a même récupéré une poignée de ces mêmes mites recyclées – ex-Pujol, ex-Alduy – dans sa liste, histoire de faire « union de la droite raisonnable ».

Son bilan ? Mitigé, disent les méchantes langues. Mais qu’importe : il n’a pas à le défendre. Il lui suffit de répéter, d’une voix calme et assurée : « Si vous ne votez pas pour moi, c’est le retour du chaos, des anciens qui ont laissé pourrir la ville, ou pire… les autres. » Et ses partisans de renchérir : « C’est Louis ou moi », « Touche pas à mon maire ».

Et les autres, justement, s’appliquent avec un zèle touchant à lui rendre la politesse.

Bruno Nougayrède pointe du doigt les cambriolages qui persistent et les violences qui n’ont pas vraiment baissé malgré les belles stats d’interpellations. Il a raison, sans doute. Mais il reste à 13-15 %. Alors il faut bien hausser le ton : « M. Aliot n’a objectivement rien fait ! »Agnès Langevine et sa bande divers centres gauche-PS, avec le soutien zélé de Raphaël Glucksmann, hurlent au « rejet de l’extrême droite » et transforment le scrutin en « combat national » : « Entre les fascistes et nous ! »

On culpabilise l’électeur comme on culpabilisait les résistants de 1946 culpabilisaient la population : « Si tu votes Aliot, tu es complice. Du déclin. Du racisme. Du populisme. Du retour en arrière. Du mal absolu. »

Résultat ? On ne démonte plus les programmes. On ne compare plus les bilans. On ne propose plus rien de neuf. On disqualifie. On rend l’autre infréquentable, et on s’épargne ainsi la peine de prouver qu’on vaut mieux.

C’est la grande économie de la politique moderne : pourquoi se vendre quand on peut faire vomir l’adversaire ?

Les vrais sujets – les trois quartiers les plus pauvres de France, le mal-logement qui pourrit les familles, l’insécurité qui colle aux murs malgré les caméras – passent à la trappe. On préfère agiter le spectre du « maire condamné en première instance à trois ans d’inéligibilité » (affaire des assistants parlementaires, appel en juillet, on gagne du temps, on gagne des voix).

Ou le spectre inverse : « Si la gauche passe, c’est la gabegie, les migrants, les impôts, la fin de Perpignan la rayonnante. »C’est ça, la campagne 2026 à Perpignan. Du grand art du moindre effort moral. Du crachat élégant. Du « vote utile contre le diable » ou du « vote pour le seul qui tient la boutique ».

Et pendant ce temps, la poésie s’est noyée dans le Têt.

Elle flotte, ventre en l’air, entre deux sacs plastique et trois promesses oubliées. On l’a tuée à petit feu, à coups de « l’autre est une ordure ». On l’a remplacée par ce triste commerce : la peur, la haine, la culpabilité. Et les mites, elles, continuent leur ronde éternelle, grignotant ce qui reste de neuf dans la ville.Cynique ? Oui. Efficace ? Les chiffres des sondages qu'on a payé disent oui.

Le 15 mars, on verra si le peuple catalan, ce peuple que Céline aurait croqué en trois phrases bien saignantes, se laissera encore une fois mener par la peur et le mépris plutôt que par des idées. Ou si, par miracle – un miracle bien pâle, bien fatigué –, quelqu’un osera enfin parler propreté, logements, emplois, sans passer par la case « l’autre est une ordure ».

En attendant, on continue la danse.Et on se bouche le nez.Parce que même l’odeur de la poésie morte, ça finit par prendre à la gorge.

 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 20:40

 

   " Non, mais j’crois qu’il faut qu’vous arrêtiez d’essayer d’dire des trucs.
    Ça vous fatigue, déjà, et pour les autres, vous vous rendez pas compte de c’que c’est … Moi quand vous faites ça, ça me fout une angoisse … J’pourrais vous tuer, je crois. De chagrin, hein ! J’vous jure c’est pas bien, il faut plus que vous parliez avec des gens."

Par Kaamelott

"Nul être soucieux de son équilibre ne devrait dépasser un certain degré de lucidité et d'analyse."

Emil Cioran

Pendant que ça bombarde sec du côté du détroit d'Ormuz et que les influenceuses quittent en larmes Dubaï, 2 influenceuses des municipales d'ici font le show et font tapi façon Las Vegas! https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2025/07/perpignan/municipales-2026-la-politique-et-le-syndrome-ayrton-senna-plein-gaz-dans-l-mur-et-qu-ca-saute-par-robert-dainar.html

L'Indépendant

"Agnès Langevine assure, ce mercredi 4 mars 2026, qu’elle ne se désistera pas au second tour des municipales à Perpignan si elle se qualifiait, mais arrivait derrière La France Insoumise. Elle rectifie ainsi les propos de sa binôme Annabelle Brunet qui avait assuré l’inverse, la veille, au micro d’Ici Roussillon."

Voici une version , réécrite de l'info dans le ton ultra-absurde, cru, déjanté et sarcastique de Strip Law (cette série Netflix toute fraîche de 2026, style Adult Swim meets Vegas gone wrong : dialogues qui claquent comme des gifles, exagérations barrées, personnages qui se tirent dans les pattes en mode "je t'adore mais je te hais", et zéro filtre). Imagine Sheila Flambé (la magicienne hedoniste) qui débarque en hurlant des vannes trash sur la politique locale, pendant que Lincoln Gumb (l'avocat coincé) essaie désespérément de garder un semblant de sérieux.

Perpignan Municipales 2026 – Édition "Tu nous régales, Agnès !" : La gauche se déchire plus fort qu'un magicien qui rate son tour de scie dans une strip-teaseuse

Oh putain, Agnès Langevine, tu nous régales, franchement ! T'as sorti ça mercredi 4 mars 2026 comme une bombe glitter dans un tribunal de Las Vegas : « Non, je me désisterai pas au second tour si LFI me passe devant, même si ça veut dire qu'Aliot se gave de croissants au RN pour un deuxième mandat ! » Boom. Mic drop. Et ta binôme Annabelle Brunet qui, la veille, balançait l'inverse sur France Bleu comme une assistante magique qui fait disparaître le lapin… mais qui le fait réapparaître en mode "oups, c'était pas prévu".Annabelle : « Si LFI est devant, on se barre gentiment pour le front anti-facho. »
 

Agnès, genre Sheila Flambé qui sort un lapin en feu de son chapeau :

« NAN MA CHÉRIE, JE RESTE, JE ME BATS, JE M'ACCROCHE COMME UN AVOCAT À UN CLIENT QUI DOIT 50 000 BALLS EN PENSION ALIMENTAIRE ! »Tu nous régales, Agnès !

T'as transformé la gauche perpignanaise en épisode 3 de Strip Law : tout le monde hurle, personne s'entend, et à la fin c'est Louis Aliot qui gagne le jackpot en rigolant dans son bureau climatisé.

Retour sur le chaos, façon cartoon barré :2020 flashback : T'étais déjà là, Agnès, t'arrives 3e, tu te retires noblement pour faire barrage au RN. Classique, propre, un peu chiant comme Lincoln Gumb qui lit le code civil en pyjama. Résultat ? Aliot prend la ville. Bravo l'équipe.
 

2025-2026, le remix trash : T'es investie par le PS national et Place Publique (merci Carole Delga qui dit "LFI c'est non non non"). Tu te colles Annabelle Brunet, la centriste qui sent le pastis et la catalanité. Mais à gauche y'a Mickaël Idrac (LFI) qui fait des meetings Mélenchon-style avec 2000 personnes en transe, Mathias Blanc qui fait sa petite liste solo comme un oncle bourré qui refuse de partager le dessert, et toi qui dis : « Fusion ? Jamais de la vie, je garde ma baguette magique municipale ! »

Tu nous régales, Agnès ! T'as rectifié ta binôme en live, genre "

Annabelle, chérie, t'as fumé quoi ? On va pas se prosterner devant les insoumis comme des losers en costard trop grand !" Pendant ce temps, LFI hurle "Rassemblement ou barbarie !", mais personne bouge parce que tout le monde veut être la star du show.Et le 6 mars ? Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud et Carole Delga débarquent pour te faire un câlin géant en meeting.

Trop mignon. Sauf que si t'es derrière LFI au premier tour, t'as promis de rester plantée là comme un palmier en plastique sur le Strip.

Résultat probable : Aliot se marre, se fait réélire, et Perpignan reste "la rayonnante"… en néons RN.

Agnès, t'es la Sheila Flambé de la politique locale : flashy, imprévisible, prête à tout faire péter pour pas céder un millimètre. Tu nous régales, vraiment. Mais bordel, si la gauche continue à se tirer les cheveux comme ça, le seul qui va gagner c'est le mec qui vend des merguez place de la Loge.

Prochain épisode : "Le second tour le plus con de l'histoire" ? On a hâte: une bonne dose de "quoi qu'il arrive, c'est du grand n'importe quoi"

 

 

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3 mars 2026 2 03 /03 /mars /2026 20:11

« Ah, Perpignan la rayonnante !

La voilà devenue le théâtre ambulant de la grande kermesse nationale à deux doigts du premier tour. D'un côté Bardella, venu poser pour la postérité en sauveur de la propreté et de la sécurité, avec son cortège de militants pavoisés ; de l'autre Mélenchon, en grand prêtre du front antifasciste, haranguant la foule comme au bon vieux temps des meetings où l'on croyait encore que l'Histoire avançait.

Et bientôt Glucksmann, escorté de la présidente Delga, viendra ajouter sa touche de social-démocratie bien-pensante, avec ce petit air de vertu outragée qui sied si bien à l'Empire du Bien.

Tout cela, bien sûr, sous le signe du festivus festivus le plus achevé : meetings géants, banderoles, selfies, invectives rituelles, accusations symétriques de fascisme ou de trahison républicaine, et cette joie obligatoire de se retrouver entre soi pour mieux haïr l'autre camp. Les Perpignanais, eux, regardent ce cirque national atterrir sur leur place, se demandant vaguement pourquoi on leur impose ce chassé-croisé de stars parisiennes pour élire un maire qui gérera les poubelles, la voirie et les piscines municipales.

Mais c'est précisément là que triomphe l'Homo festivus : la campagne refuse de décoller localement parce qu'elle a déjà décollé ailleurs, dans l'hyperespace médiatique et symbolique.

Plus besoin de parler tramway, loyers ou chômage des jeunes ; il suffit d'importer le grand affrontement civilisationnel, de faire semblant que Perpignan est le laboratoire de 2027, et hop ! la fête est complète. On fraternise dans la haine, on communie dans la polarisation, on célèbre la division comme un rite païen. Festivus festivus, en effet : la politique est devenue une rave party permanente où l'on danse sur les ruines de l'Histoire, avec des DJ qui s'appellent successivement Bardella, Mélenchon et Glucksmann.

Et quand tous ces grands enfants seront repartis en TGV vers leurs écrans et leurs plateaux, il restera aux Perpignanais leurs vrais problèmes

– ceux que personne n'a vraiment envie de résoudre parce qu'ils sont trop triviaux, trop peu festifs. Muray conclurait sans doute : "Ils ont fait de la cité catalane un ring national, mais le ring est vide. Il ne reste que les confettis et l'odeur fade de la bonne conscience collective. Bienvenue dans la post-Histoire, mes amis. Et joyeuses fêtes." »Bref, il y verrait l'illustration parfaite de sa thèse : la sortie de l'Histoire au profit d'une perpétuelle célébration agonistique, où le local est écrasé par le national-spectaculaire, et où la campagne électorale n'est plus qu'un prétexte à la grande parade festive des ego et des tribus. Triste, lucide, et hélas prophétique.

 

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1 mars 2026 7 01 /03 /mars /2026 16:22

Les 2 se ressemblent, 2 universitaires Nicolas Lebourg Historien de l’extrême droite et Michael Idrac sociologue des camps de réfugiés. Le premier est sans université fixe (C'est Nicolas Berjoan qui a le poste qu'il convoitait à l'université de Perpignan) . Le second quant à lui  est attaché à l'université de Liège .

Entre les 2, il y aurait du avoir convergence des luttes, mais voilà, c'est Agnés et Carole qui paye ses prestations par l'intermédiaire d'interventions comme par exemple dans le festival anti-raciste "nostra mar" où il a son rond de serviette, au mémorial de Rivesaltes pour des conférences sur le "grand remplacement" où il a les chiffres qui démontre qu'il n'existe pas. Ou par le financement sur un livre sur la droitisation de Perpignan dont le discours convient exactement à Agnès, qui y voit comme une confirmation à sa nécessité d'être maire à la place de Louis Aliot . 

Ha si la LFI avait pu faire intervenir sur ses fonds propres, Nicolas, mais voilà: Dieu décide de nous...

Alors quand Nicolas, après l'affaire Quentin à Lyon, décrit dans un post que les extrêmes, il s'agit de faire un amalgame (over) , le sang de Michael ne fait qu'un tour ! Il accuse alors de ne parler que comme le disait Francis Blanche dans "les barbouzes" que comme "un sycophante glaireux" ou "un petit télégraphiste" de Carole Delga (#lavraipatronne qui a occis Tanie ) . Bref, ce n'est pas pour bientôt la convergence des buts, et l'oignon qui fait la farce pour le deuxième tour ...

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27 février 2026 5 27 /02 /février /2026 15:22

    "Cependant, Alcide Jolivet avait fait comprendre à son confrère qu'il ne pouvait quitter Tomsk sans avoir pris quelque crayon de cette entrée triomphale des troupes tartares."

Michel Strogoff (1876) de Jules Verne

    "Les bêtes de somme se comptaient par milliers. C'étaient des chameaux de petite taille, mais bien faits, poil long, épaisse crinière leur retombant sur le cou, animaux dociles et plus faciles à atteler que le dromadaire."

Michel Strogoff (1876) de Jules Verne

On a enfin toutes les listes des municipales déposées à Perpignan,enfin : comme de juste (Leblanc) , c'est la moutarde qui accouche d'une souris. Les élections sont devenues un marché comme un autre, puisque absence de corpus politique, mais aussi, avec absence d'étude de marché: d'où l'ambiance de "Je de la marchande" avec fausse balance Roberval à la clef et autres bananes en plastique...

C'est le grand mercato de "wish" et tout le monde peut finir sur n'importe quelle liste, pour peu que la personne le souhaite et qu'elle fasse de la drague lourde aux candidats.

Chaque candidat est un corbeau, tenant fromage en bouche, à qui des renards synthétiques font croire qu'ils sont les Phénix des hôtes de ses bois de Boulogne ! Ça tapine sur tous les trottoirs de Perpignan pour une place : dans la confusion des étiquettes, il y a même des guerres pour des morceaux de trottoir, devenus part de marché !

Parce que le "macrottage" et le racolage électoral, ça existe et ce n'est même pas un crime. C'est de l'épicerie et on trouve de tout chez tout le monde : mangez 5 tendances politiques et légumes par jour.

On a des vieux recyclés et des futurs nouveaux recyclés, mais à qui l'électeur ne fait pas le crédit de ses débuts parce que dans leurs regards, il y a déjà la fièvre des paroles de la chanson de Balavoine "le chanteur" #jmeprésentejemapellehenri. 

Et nous, nous avons d'autres vies de carême à vivre s'en prêter attention à ce "mardi gras" qui tâche et qui ne fait grossir qu'eux : voir surcharge pondérale dans les médias et autres sondages.

Alors l'habitant, l'électeur de Perpignan, est en droit de dire comme Archimède au soldat romain qui venait l'exécuter : "ne dérange pas mes cercles !"  

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24 février 2026 2 24 /02 /février /2026 21:18

"Quand les autres disent toute sorte de mal de toi, ne rends pas le mal pour le mal, et réfléchis plutôt au fait que tu n'as pas été plus loyal dans l'accomplissement de tes devoirs.Quand d'autres te blâment, ne les blâme pas ; quand d'autres sont en colère contre toi, ne le sois pas contre eux. la joie ne vient que quand le désir et la passion s'en sont allés. "

 

Bushido - Le Code du Samouraï: L'Âme du Japon
Inazo Nitobe

En ce mois de février 2026, Perpignan se prépare à son rituel tous les six ans : choisir un daimyo pour six ans de plus (ou moins, si le karma est capricieux). Louis Aliot, maire RN sortant, brigue un second mandat avec la sérénité d’un chat qui sait que les souris se mangent entre elles. Face à lui, une gauche en kit IKEA mal assemblé :

Mickaël Idrac (« Perpignan, changez d’air ! » – LFI + écolos + Génération.s), Agnès Langevine et Annabelle Brunet (« Plus forts pour Perpignan » – Place Publique + PS national + centre-droit + ex-Macronistes + un ancien joueur de l’USAP pour faire couleur locale), Mathias Blanc (« Perpignan Autrement » – PS militants + PCF + PRG + écologistes dissidents), et Bruno Nougayrède pour la droite-centre qui espère encore exister. Ajoutez les venues touristiques de Bardella et Mélenchon, et vous avez un cirque où les clowns se disputent le même trapèze.

Si un vieux maître du Bushido, revenu d’entre les morts pour assister à ce spectacle, sortait son katana rouillé de dépit, voici ce qu’il noterait :

Gi – La rectitude, la justice
Le samouraï tranche sans trembler. Ici, on coupe les cheveux en quatre pour justifier les alliances les plus contre-nature. Le PS national largue ses militants locaux (qui soutenaient Mathias Blanc) pour investir Agnès Langevine, parce que « l’union large » avec du centre-droit et des ex-LREM, c’est tellement plus justice que d’écouter la base. Louis Aliot, lui, gère « pépère » : vitrine nickel, arrière-cour en bordel, et SOS Racisme qui vient gentiment rappeler les discriminations en 2026. Rectitude ? Plutôt une règle à calcul pour maximiser les voix sans se salir les mains.
Yu – Le courage
Le vrai courage, c’est affronter le tigre, pas se cacher derrière des sigles. Mathias Blanc refuse le diktat national du PS et maintient sa liste : respect. Mickaël Idrac reste sur sa ligne radicale sans se renier : respectable. Agnès Langevine ose un ticket hybride gauche-centre pour « battre le RN » : courageux sur le papier, mais ça sent le compromis odorant. Louis Aliot assume son bilan malgré les casseroles judiciaires : au moins il ne change pas de kimono toutes les semaines. Le courage collectif de la gauche ? Zéro. Quatre listes, quatre ego, un seul perdant : la ville.
Jin – La bienveillance, la compassion
Le samouraï protège les faibles. Perpignan en compte 34 % sous le seuil de pauvreté. Les listes de gauche promettent du social, de l’écologie, de la jeunesse… en théorie. En pratique, on se déchire pour savoir qui aura le droit de promettre le plus de subventions. Louis Aliot mise sur la sécurité visible et la propreté de façade : compassion sélective (pour ceux qui votent bien). Jin ? Une vertu qu’on invoque dans les meetings, mais qu’on oublie dès qu’il s’agit de lâcher un colistier pour un meilleur score.
Rei – La politesse, le respect
Même l’ennemi mérite le salut avant le coup fatal. Ici, on s’insulte joyeusement : trahison pour les uns, compromission pour les autres, racisme d’État pour certains, wokisme pour d’autres. Les débats virent au règlement de comptes familiaux. Agnès Langevine se fait traiter de « coucou politique spécialiste de l’embrouille », Mathias Blanc de frondeur têtu, Idrac de puriste sectaire. Rei ? Le respect s’est fait hara-kiri dès le dépôt des listes.
Makoto – La sincérité, la vérité
Dire ce qu’on pense, sans fard ni filtre Instagram. Louis Aliot a dédiabolisé son mandat : moins d’excès frontistes, plus de gestion municipale soft. Ses adversaires crient au masque. Agnès Langevine parle « efficacité » pour justifier son alliance large : sincère comme un politicien qui promet la lune. Mathias Blanc assume sa dissidence : makoto brut, presque touchant. Mais globalement, la campagne est un grand concours de storytelling où la vérité est la variable d’ajustement.
Meiyo – L’honneur
L’honneur se perd en un claquement de doigts. Perpignan est le trophée RN : le perdre serait une gifle nationale, le garder une preuve que « ça marche ». À gauche, l’honneur est en soldes : le PS national sacrifie ses militants pour une union bancale ; Blanc refuse de plier mais risque de faire 5-8 % ; Idrac reste pur mais marginal. Le Bushido hurlerait : où est l’honneur quand on préfère quatre enterrements de première classe à une union boiteuse mais honorable ?
Chugi – La loyauté
Loyauté au seigneur… ou au peuple ? Les colistiers se rangent, les partis imposent (PS pour Langevine), les militants locaux se rebellent (soutien à Blanc). La loyauté verticale (au QG national, au calcul électoral) écrase la loyauté horizontale (envers les Perpignanais qui galèrent). Le samouraï ronin préférerait se faire seppuku plutôt que de trahir ses principes pour un strapontin. Ici, on trahit pour un strapontin… et on appelle ça de la « realpolitik ».

Verdict du Bushido : Perpignan 2026 n’est pas une épopée chevaleresque.

C’est un vaudeville où les ronin de gauche se plantent leurs wakizashi dans le dos pendant que le daimyo RN sirote son thé en regardant le spectacle. Agnès Langevine joue la carte de l’union large mais sent le soufre ; Mathias Blanc incarne la loyauté locale mais court au suicide électoral ; Mickaël Idrac reste pur mais invisible ; Louis Aliot gagne par KO technique. La ville, elle, reste sur le banc, attendant que quelqu’un daigne enfin appliquer ne serait-ce qu’une seule de ces vertus sans rire jaune.

Le 15 mars, les Perpignanais choisiront probablement le diable qu’ils connaissent plutôt que quatre anges qui se crêpent le chignon. Le Bushido, écœuré, rengaine son sabre, marmonne un « bande d’amateurs » et repart vers Kyoto en secouant la tête.

(Article réécrit le 24 février 2026 – avec double dose d’ironie, parce que la réalité locale l’exige.)

 

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15 février 2026 7 15 /02 /février /2026 16:05

Dans le vent salé des docks numériques, un archipel émerge.

Pas celui des cartes postales touristiques, mais un archipel de mots tranchants, d’éclats d’énergie brute et de rage lucide. C’est L’Archipel contre-attaque !, ce blog qui refuse le silence poli de la place publique. Et aujourd’hui, l’artiste catalano-suédois Frédéric Iriarte lui rend un hommage musical : une chanson intitulée « Bye bye Suède raciste, bienvenue Catalogne ».

Un cri de fraternité, un adieu ironique à une Suède qu’il perçoit gangrenée par certains discours, et un bienvenue chaleureux à la Catalogne Nord, terre de résistance et de franc-parler.

Frédéric Iriarte, artiste plasticien « irréaliste éclectique », sculpteur, compositeur et électro-poète, vit en Suède depuis 1986. Né à Paris en 1963, il porte en lui ce mélange explosif : racines françaises, sensibilité catalane et un œil critique aiguisé sur les hypocrisies du Nord.https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2018/09/l-artiste-perpignanais-freric-iriarte-organise-le-stockholm-beat-poetry-festival-et-prophetise-des-jardins-aux-fruits-delicieux-inte

Sa chanson n’est pas une simple dédicace.

C’est une déclaration d’allégeance à un projet journalistique et citoyen qui, depuis des années, secoue Perpignan et ses environs.Au cœur de cet archipel numérique : Nicolas Caudeville, plume acérée, regard ironique et indomptable. Depuis les émeutes de mai 2005, il chronique sans concession la dérive de la ville et de son agglomération – cet « archipel » qui sombre, selon lui, dans les abysses du clientélisme, du silence complice et des promesses trop courtes.

Le blog reste éveillé tard, quand la ville se démaquille.

Caudeville est aux manettes, plume accrochée à l’épaule, ironie en bandoulière. Il regarde le pouvoir en face, sans se laisser intimider. Il rit quand il devrait se taire, et mord quand il devrait se contenter de commenter.Ici, les nouvelles ne sont jamais tièdes. Elles sentent la rue, le café fort, les trop longues réunions du conseil municipal, les magouilles à peine voilées.

Le style est gonzo pur jus : débordant, penché, agité. On rejette la double langue officielle, on préfère les expériences brutes, sans filtre. Interviews en face-à-face, reportages de base, plongées dans la cultura popular et le malestar social – tout ce que la façade lisse des institutions cache derrière les affiches et les discours policés.Sur Overblog, les mots s’alignent comme des combattants. Sur Facebook, ils s’agglutinent en foule bruyante.

L’Archipel devient une constellation critique : commentaires enflammés, débats houleux, désaccords assumés. Ce n’est pas un continent sage et consensuel. C’est un archipel en insurrection permanente, qui déshabille certains médias et certains pouvoirs, tout en gardant la mémoire vive.Frédéric Iriarte l’a bien compris. Sa chanson n’est pas qu’un clin d’œil artistique.

Elle célèbre cette riposte quotidienne : l’Archipel qui contre-attaque, qui refuse de laisser la ville muette quand elle hurle intérieurement. Perpignan comme boussole, Pyrénées-Orientales à l’horizon catalan. Dans les fils numériques, les îles se relient, unies par une même envie de vérité crue.L’Archipel riposte !
Et Frédéric Iriarte, depuis sa Suède qu’il quitte symboliquement en chanson, apporte sa voix à ce chœur dissonant.
Bye bye hypocrisie nordique.
Bienvenue Catalogne libre, têtue, vivante.Nicolas Caudeville et son équipe peuvent être fiers : leur archipel n’est plus seulement une chronique locale. Il est devenu une inspiration au-delà des frontières. Merci Frédéric, pour ce tube de résistance. Que le vent salé continue de porter ces mots jusqu’aux docks du monde entier.(Inspiré du texte hommage circulant et du blog L’Archipel contre-attaque ! – février 2026)

 

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15 février 2026 7 15 /02 /février /2026 13:45

"L’avenir de cette société est de ne plus pouvoir rien engendrer que des opposants ou bien des muets. "

 L'Empire du bien
Philippe Muray

Voici un panégyrique de l’insignifiance, inspiré très librement (et avec une pointe d’ironie kundérienne assumée) de La Fête de l’insignifiance (2014), le dernier roman de Milan Kundera. Le texte suit la tonalité du livre : légère, provocante, anti-héroïque, presque dansante sur le vide. Éloge de l’insignifiance comme valeur cardinale de notre époqueÔ Insignifiance, muse discrète et souveraine de l’époque post-historique !

Toi qui as succédé aux grandes idoles épuisées — la Révolution, le Progrès, le Sens, l’Engagement, l’Authenticité —, toi qui règnes sans sceptre ni majuscule, tu es devenue la seule transcendance honnête qu’il nous reste.Kundera, dans son petit livre testamentaire, le dit sans emphase inutile :
« L’insignifiance, mon ami, c’est l’essence de l’existence. Elle est avec nous partout et toujours. »
Respirez-la. Elle n’exige ni sacrifice ni cri. Elle est déjà là, dans le défilé interminable des stories qui s’effacent en 24 heures, dans les conversations qui ne mènent nulle part, dans le nombril découvert qui ne signifie rien et qui, précisément pour cela, fascine.Dans un monde où tout a été sur-signifié (chaque geste politique, chaque like, chaque repas Instagrammé, chaque coming-out, chaque burnout), l’insignifiance est l’ultime acte de liberté.

 

Elle immunise contre le ridicule du sérieux.

Elle désamorce la concurrence mimétique. Elle rend caduques les grands récits et leurs petits procureurs. Elle est la forme contemporaine de la kundérienne légèreté de l’être — mais une légèreté qui n’a même plus besoin d’être insoutenable : elle est simplement devenue normale.Le médiocre : prêtre involontaire et héros involontaire de cette fêteLe médiocre n’est plus un accident malheureux de la société ; il en est devenu le collaborateur le plus efficace et le plus discret.Il ne revendique rien. Il ne performe pas la médiocrité (ce serait déjà une forme de snobisme). Il l’incarne sans y penser.
 

Il est le vrai démocrate ontologique :

il refuse de sur-jouer la différence, il refuse la surenchère du trauma, de la singularité, de la blessure sacrée. Il dit simplement : « Je suis comme tout le monde », et cette phrase, prononcée sans ironie ni fierté, est devenue subversive.

Dans La Fête de l’insignifiance, les personnages ne sont ni des ratés tragiques ni des génies incompris : ils sont agréablement, confortablement médiocres.  D’Ardelo simule un cancer pour se donner de l’importance → échec comique  
Caliban joue au Pakistanais analphabète pour exister autrement → théâtre raté  
Charles ressasse des blagues stalino-absurdes → nostalgie vaine  
Alain contemple des nombrils → érotisme minimaliste et vain

Tous ces petits échecs, ces petits mensonges, ces petits fantasmes inutiles célèbrent l’insignifiance.

Le médiocre prend sa part en refusant de se prendre au sérieux — et en ne laissant personne d’autre le faire à sa place.Comment optimiser sa mise en scène sociale de l’insignifiance ?
(art discret du médiocre contemporain – guide non exhaustif kundérien)

Cultiver l’anecdote inutile
Raconter longuement une histoire qui ne mène nulle part. Exemple parfait : les interminables anecdotes staliniennes de Charles. Bonus si l’auditoire rit poliment sans comprendre pourquoi.
Maîtriser l’art du mensonge léger
Annoncer un cancer qu’on n’a pas, une passion qu’on n’a plus, un projet qu’on n’a jamais eu. Le mensonge grave est tragique ; le mensonge insignifiant est libérateur.
Fétichiser le détail insignifiant
Le nombril découvert des jeunes femmes (Alain). Le rouge à lèvres mal étalé. La marque de chaussettes visible. Ces détails ne signifient rien → ils sont donc érotiques, drôles, sacrés.
Refuser la compétition de la profondeur
Quand quelqu’un lance « et toi, quel est ton combat ? », répondre : « Je n’en ai pas. Je respire l’insignifiance ambiante. » Effet garanti : malaise puis soulagement chez l’interlocuteur.
Jouer la feinte identité ethnique ou sociale bas de gamme
Se faire passer pour un serveur pakistanais illettré quand on est français cultivé (Caliban). L’important n’est pas de tromper longtemps ; l’important est le plaisir du travestissement inutile.
Organiser des fêtes sans enjeu
Réunir des amis pour ne rien célébrer. Parler de tout et de rien. Rire de la vacuité collective. Finir par une phrase de Ramon : « Respirez cette insignifiance qui nous entoure, elle est la clé de la sagesse, elle est la clé de la bonne humeur. »

En somme :
L’insignifiance n’est pas un état subi ; c’est une fête consentie.

Le médiocre n’est pas un perdant ; il est le danseur le plus lucide sur la piste vide de l’époque.
Et optimiser sa mise en scène sociale, c’est simplement danser mal mais avec le sourire, sans attendre les applaudissements, sans attendre le sens.Car, comme le murmure Kundera une dernière fois :
l’insignifiance n’attend pas qu’on la sauve.
Elle nous a déjà tous sauvés — de nous-mêmes.

 

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14 février 2026 6 14 /02 /février /2026 13:59

« Les dieux vous entubent, vous trouvez un moyen de les entuber. Nous sommes à Baltimore messieurs, les dieux ne vous sauveront pas. »
The Wire (« Sur écoute »), série télévisée américaine créée par David Simon, extrait d’un dialogue de la saison 3. 

"Je me moque d'avoir des personnages sympathiques.
Je veux faire des romans noirs épiques."

Elroy

La campagne est à mourir d’ennui, parce que la presse locale se met scène comme étant des professionnels du sérieux, alors qu'elle n'est que grave: un traitement de rubrique de chien écrasé sorti trop du chenil, sans la bienveillance de la SPA...Alors à l'Archipel contre attaque a décidé de changer de genre, prendre la pente par le polar, comme l'ours...

Perpignan, mi-février 2026.

La ville puait le soufre électoral, un mélange de sel catalan, de tempête Nils et de trahisons politiques qui vous collent à la peau comme une mauvaise sueur.

J'étais calé au comptoir d'un bistrot crasseux, un verre de rouge qui goûtait le vinaigre, à mater les ombres des candidats se déchirer sous les néons.Louis Aliot, le maire RN, trônait toujours comme un roi borgne sur son trône bancal. 43-44 % dans le dernier sondage Ifop – huit points de plus qu'en 2020, un bond qui sentait la poudre. Il avançait, blindé, mais la justice le talonnait comme un chien enragé. Le procès des assistants FN s'était refermé le 12 février : plaidoiries bouclées, verdict calé au 7 juillet. Le procureur avait craché ses réquisitions – 18 mois sursis, 3 ans d'inéligibilité. Aliot pouvait rafler la mise en mars et se faire virer comme un malpropre en juillet, le mandat encore chaud dans les mains. Il préparait son parachute, le rusé. Bardella débarquerait le 28 pour le cirer, un meeting de muscles face à Mélenchon qui viendrait soutenir Idrac le même jour. Duel de coqs sur le sable catalan, frontal et sanglant.

La gauche ? Un carnage de famille. Trois listes qui se bouffaient le nez au lieu de mordre Aliot.

Les pourparlers de la dernière chance entre Mickaël Idrac (16-17 %, adulé des jeunots à 53 % chez les 18-24 ans) et Mathias Blanc (11-15 %) avaient explosé le 12 février – accusations mutuelles, couteaux dans le dos, fin de partie. Idrac gardait sa machine LFI-Écolos-Génération.s, fort du soutien d'Ada Colau le 14, une voix venue de Barcelone comme un uppercut moral.

Blanc s'accrochait, malgré le PS national qui l'avait largué le 8 février pour filer l'investiture à Agnès Langevine (9-21 % selon les vents).

Elle, Place publique, ramassait les centristes comme des miettes : deux nouveaux ralliés officialisés cette semaine, un ticket qui sentait le compromis pourri. Total si unie : 36-52 %. Mais unie ?

Jamais. C'était une meute de loups qui se mordaient les queues pendant que le renard RN filait avec le poulailler.La tempête Nils avait balayé la ville : près de 500 arbres couchés comme des ivrognes après une baston. Aliot communiquait sur les assureurs, le Canard enchaîné sortait ses griffes sur le bilan – salaires gonflés, dépenses folles, délinquance qui galopait.

Les réseaux crachaient du fiel : "Aliot dégage" d'un côté, rires gras sur son plan B judiciaire de l'autre.

Perpignan était un ring où les coups bas pleuvaient. Aliot menait, mais avec une lame de guillotine au-dessus du cou. La gauche se suicidait en direct. Et les électeurs ? Ils regardaient, clope au bec, bière à la main, en attendant de savoir qui saignerait le plus le 22 mars.C'était la vie ici : crade, tranchante, sans pitié. Et personne ne gagnait vraiment.

 

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