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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 19:29

 Il appartient à chacun de faire son deuil du confort superfétatoire…

« Il appar­tient à cha­cun de faire son deuil du confort super­fé­ta­toire, et notam­ment de la socié­té de consom­ma­tion qui réduit l’être humain à sa dimen­sion d’homo oeco­no­mi­cus contem­po­rain. On devra faire son deuil de son confort intel­lec­tuel, comme nous l’a­vons vu. On devra enfin mobi­li­ser son capi­tal spi­ri­tuel en renon­çant aux délices de la pas­si­vi­té morale, des séries Net­flix, de l’a­bru­tis­se­ment de l’homo fes­ti­vus qu’a décrit Phi­lippe Muray. Sur­vi­vront ceux qui trou­ve­ront en eux des res­sources vitales, ins­tinct de sur­vie, volon­té de faire sur­vivre leurs enfants et de per­pé­tuer la civi­li­sa­tion, foi reli­gieuse, désir réflé­chi de vaincre la tyran­nie des nomades de Jacques Attali. »

Lio­nel Rondouin
Loin du confort, se pré­pa­rer à des temps trou­blés…, Xe col­loque de l’Ins­ti­tut Iliade, 15 avril 2023

 

Perpignan 2026 : le grand écart cosmique entre Téhéran et le marché de la place de la Loge (version augmentée : avec bonus autosuffisance énergétique, parce que pourquoi pas rire un peu plus fort)

Ah, Perpignan ! Ville où le soleil tape si fort qu’on pourrait presque croire qu’on est autosuffisant… en bronzage. Dimanche 15 mars, Louis Aliot (RN) rafle 50,61 % dès le premier tour, 43 sièges sur 55, une majorité si écrasante qu’on pourrait y installer un champ solaire sans que l’opposition bronche (enfin, Mickaël Idrac essaie, mais bon, recours au TA, on connaît la chanson).

Premier conseil municipal bouclé en un éclair – probablement lundi 16 ou mardi 17 mars, avec les poignées de main crispées habituelles et les adjoints élus comme on distribue des pastis en terrasse.Pendant ce temps, à 4 000 km, le Moyen-Orient joue à « qui fait le plus gros trou dans le réseau énergétique mondial » : frappes sur l’Iran, ripostes sur les sites gaziers qataris et saoudiens, Brent à 114 $ (et 150 en vue si le détroit d’Ormuz fait des siennes), gaz TTF +35 % en quelques jours, factures élec spot à 291 €/MWh le matin.

L’Europe panique, Ursula promet des « mesures », Macron parle de « flambée imminente », et les prix du gazole grimpent de 28 centimes en trois semaines. Sympa pour le plein.Et à Perpignan ? Toujours rien à foutre. Vraiment. Zéro. Que dalle. Nada.Le grand débat local, c’est toujours : est-ce que le recours d’Idrac va marcher (spoiler : non, mais ça fait causer), si Agnès Langevine arrive à placer ses 4 élus sans se faire piétiner, et si on va enfin réparer la fontaine de la Loge avant les fêtes. La guerre en Iran ? Les méthaniers escortés par l’OTAN ? Le risque de black-out partiel cet hiver si le Qatar coupe net ?

Pff. Ça, c’est pour les Parisiens qui stressent à l’idée que leur recharge Tesla passe de 0,25 € à 0,38 € le kWh.

Mais attendez, soyons justes : on pourrait théoriquement se raccrocher à un petit espoir d’autosuffisance énergétique locale, non ? Parce que Perpignan, c’est le soleil à gogo – plus de 2 400 heures par an, champion départemental du solaire dans les Pyrénées-Orientales. Près de 22 400 installations photovoltaïques (99,8 % de la production EnR du 66), +9 % en un an, +51 MW grâce à 2 400 nouvelles toitures.

L’autoconsommation cartonne : des agriculteurs près de Perpignan couvrent leurs hangars de panneaux et vendent le surplus aux voisins. Des foyers à Canet, Saint-Cyprien, Cabestany passent à l’autoconsommation avec injection réseau, et ça réduit la facture. Le département produit 10 % de l’énergie verte occitane, surtout solaire (71 % de la prod régionale EnR), un peu d’éolien (21 %, avec des repowering comme à Rivesaltes : 15 → 22 GWh/an). Et la métropole a ses vieux rêves : toits solaires, parcs éoliens d’antan (75 % des besoins résidentiels visés un jour), PCAET qui parle de multiplier par 4 les EnR d’ici 2050.Sauf que… en vrai ?

On en a toujours rien à foutre.

Parce que même avec tout ce soleil gratuit, la production locale reste une goutte d’eau face à la conso totale. Perpignan et ses 120 000 habitants, c’est pas une île déconnectée du réseau : on pompe encore massivement du nucléaire français, du gaz importé, et même si le solaire explose chez les particuliers et sur quelques hangars, la ville n’est pas près de couvrir ses besoins en hiver (quand le soleil se cache et que le chauffage électrique tourne).

L’impact d’une crise gaz/pétrole moyen-orientale ?

Direct sur les prix de l’électricité et du fioul de secours, pas sur une supposée « souveraineté locale » qui reste un joli PowerPoint. Aliot pourrait bien monter une motion « souveraineté énergétique : stop au gaz qatari, vive le solaire catalan et le nucléaire français forever » (classique RN), mais soyons réalistes : le premier conseil s’est cantonné aux classiques – installation, adjoints, peut-être une vague allusion au « contexte international » avant de passer aux subventions pour les assos de quartiers.Ici, on râle contre la butifarra +12 centimes, la taxe foncière +3,8 %, le lampadaire qui clignote.

Pas contre le fait que 150 millions de m² de zones d’accélération EnR attendent dans le 66 (loi APER oblige).

On se demande si le Canigou aura de la neige pour les photos Instagram, pas si un black-out gazier va forcer EDF à couper le jus aux heures de pointe.Le grand écart est encore plus grand maintenant : d’un côté, le monde flambe (littéralement, certains terminaux gaziers), de l’autre, Perpignan continue son petit bonhomme de chemin, avec son soleil sous-exploité, ses toits qui pourraient produire plus mais qui restent majoritairement nus, et ses habitants qui préfèrent se plaindre du prix du pastis (+30 centimes au bar du coin) plutôt que de rêver à une vraie indépendance énergétique locale.

C’est presque poétique. Ou pathétique. Ou les deux.

Vive Perpignan 2026. Que le soleil continue de briller, que le gaz qatari revienne (ou pas), et que personne ne descende dans la rue avec une pancarte « Plus de panneaux sur les toits, moins de missiles sur le Golfe ! ». Parce que franchement… on en a rien à foutre.

Pas encore. Peut-être jamais.

 

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