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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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27 août 2026 4 27 /08 /août /2026 18:43

"Le monde est une vraie porcherie
Les hommes se comportent comm'des porcs
De l'élevage en batterie
A des milliers de tonnes de morts "

Bérurier Noirs "Porcherie"

Entre mai et juillet 2026, des caméras se sont planquées dans le ventre de la bête. À l’abattoir de Perpignan, La Catalane d’abattage, celui qu’on a inauguré en 2015 avec des sous publics et des grands sourires. Résultat des courses : 5 h 30 de rushs qui collent à l’estomac.

Des cochons qui prennent des coups de poing comme au ring. Un type qui enfonce son avant-bras dans la plaie d’un cochon encore bien réveillé. Des moutons balancés par la toison ou par les pattes comme des sacs de linge sale. Des vaches et des ovins découpés en pleine conscience, le regard encore là. Le couloir d’amenée en angle droit qui force les bêtes à se faire électrocuter et asperger pour avancer. Le box de contention qui tient pas les bovins, donc l’étourdissement rate, et hop, on découpe vivant.

Rien d’accidentel, clame L214. Tout est dans le design. Et pendant ce temps, les services vétérinaires de l’État sont là tous les jours d’abattage. Ils regardent. Ou ils regardent ailleurs.

Le 26 août, L214 balance les images et porte plainte pour actes de cruauté, sévices graves et mauvais traitements. Ils demandent la fermeture immédiate. Une pétition tourne. Une marche est annoncée pour le 3 octobre à Paris : « fermeture des abattoirs ».

Les réactions de la belle machine

La préfecture se réveille en 24 heures. Mise à pied de deux salariés. Inspection ordonnée. Et le 27 août, coup de théâtre : l’agrément pour l’abattage rituel (halal, casher, sans étourdissement) est suspendu. Une inspection générale de 48 heures est prévue fin août. On contrôle. On suspend. On continue.

Côté direction, Jean-Claude Coulet trouve « inadmissibles » les coups de poing. Un salarié est licencié, un autre part à la retraite. « Gestes malencontreux », « actes isolés », « épiphénomène » sur des milliers d’animaux par semaine. On va faire des travaux. On va se plaindre de l’effraction des caméras. Tout va bien, circulez.

L214, eux, ne lâchent pas : « Rien n’est accidentel. Le niveau d’atrocités est très élevé. Cet abattoir a été construit avec de l’argent public et il n’est toujours pas capable de respecter les règles minimales. Il doit fermer. »

L’établissement emploie une trentaine de personnes, sort 5 800 tonnes de viande par an. Il reste ouvert. Sous surveillance. En attendant que la machine digère le scandale et repasse à autre chose.

Comme d’habitude.  
La viande arrive dans les assiettes.  
Les images, elles, restent dans la gorge.

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25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 13:37

Dans les collines de Big Sur, un général confédéré fantôme plantait des pastèques pourries sous une pluie qui n’en finissait plus de tomber. Il n’avait jamais commandé personne. Il n’avait jamais gagné une seule bataille. Il tenait simplement un sceptre en plastique rose, volé dans une boutique de souvenirs pour touristes qui croyaient encore aux histoires de héros et de destin. Le sceptre ne pesait rien. Il ne commandait rien. Mais il brillait faiblement sous la brume, comme une promesse déjà pourrie.

La France s’est transformée en une longue plage de Big Sur où les candidatures poussent comme des champignons après l’orage.

Elles sortent de partout : d’un podcast abandonné à la troisième émission, d’un plateau télé où l’on mange des croissants en parlant de « vision », d’un thread écrit à trois heures du matin entre deux verres de vin tiède, d’un compte TikTok qui a fait trois cent quarante-sept vues. Elles se multiplient. Elles saturent l’air. Elles occupent l’espace comme des méduses sans cerveau qui piquent quand même, juste pour rappeler qu’elles existent.

Le seuil de Peters mesure exactement le niveau d’incompétence. C’est la hauteur précise où l’on devient définitivement inapte. Au-delà, on ne sait plus. On ne peut plus. On ne devrait plus. C’est un point de non-retour mesurable, froid, presque scientifique.

Le plafond de verre, lui, fixe le niveau qu’on ne dépassera pas. Invisible, collant, tenu par l’habitude, par les réseaux, par ceux qui préfèrent que rien ne bouge vraiment.

Deux notions distinctes. Deux limites différentes.Mais la médiocrité a décidé de les confondre.

Elle regarde son propre seuil de Peters — ce point exact où elle devient incompétente — et elle le prend pour un plafond de verre. Alors elle frappe. Elle veut le faire péter. Elle brandit le sceptre des tocards et crie à l’injustice, à la discrimination, au système qui l’empêche d’aller plus haut. Elle transforme son incompétence en martyr. Elle transforme sa limite naturelle en complot. Elle fait de son seuil un mur à abattre, et de son incapacité une cause noble.

On les voit défiler sous les spots : celui qui croit que la géopolitique se résume à un emoji et trois phrases toutes faites, celle qui pense que l’économie tient dans un TikTok de quinze secondes, l’autre qui a découvert la Constitution dans un fil Twitter un soir d’insomnie, le suivant qui confond « projet » et « posture ». Ils disent « je suis le changement ». Ils disent « je suis le peuple ». Ils disent « je suis l’avenir ». Ils disent « le plafond de verre doit sauter ». En réalité, ils cognent contre leur propre incompétence et appellent ça une révolution. Ils multiplient les candidatures pour faire croire que le pouvoir est une loterie où l’on tire au sort le moins inapte, ou le plus bruyant, ou le plus convaincu de sa propre importance.

Pourtant, au-delà du seuil de Peters et du plafond de verre, ceux qui sont déjà là-haut sont aussi médiocres.

Exactement aussi médiocres. Ils n’ont pas plus de vision, pas plus de souffle, pas plus de substance. Ils occupent simplement l’étage supérieur avec la même légèreté, le même vide, la même conviction molle. Ils n’ont donc aucun besoin de craindre la concurrence de ceux qui cognent en dessous. Pas besoin de concurrence de dessous de plafond. Pas besoin de concurrence de dessous de seuil. La médiocrité est déjà partout, répartie avec une égalité presque démocratique. Ceux d’en haut n’ont rien à protéger d’autre que leur place. Ceux d’en bas n’ont rien à conquérir d’autre que l’illusion qu’il y a quelque chose à conquérir.

Le sceptre des tocards brille.

Il est rose. Il est léger. Il ne vaut rien. Mais tout le monde veut le tenir : ceux d’en bas, juste au-dessus de leur propre seuil d’incompétence, en prétendant que c’est un plafond de verre qui les retient ; ceux d’en haut, qui le regardent avec un sourire las, sachant qu’il ne change rien à leur propre nullité. Ils le brandissent comme s’il pouvait faire reculer la mer. Comme s’il pouvait transformer la médiocrité en destin. Comme s’il pouvait faire oublier que le seuil de Peters ne se brise pas : on s’y installe, on y reste, on y multiplie les discours pour masquer qu’on n’ira pas plus loin — et que, de toute façon, plus loin, c’est exactement la même chose.

Dans les collines de Big Sur, le général confédéré fantôme range son sceptre.

Il sait. Les tocards n’occupent jamais vraiment le pouvoir ; ils saturent l’espace autour, en haut comme en bas. Ils font croire que monter plus haut est un droit, alors que c’est seulement une confusion entre deux limites, et que ces deux limites n’enferment que de la même eau stagnante. Et pendant ce temps, la mer continue de monter, indifférente, en léchant les pastèques pourries qui flottent déjà sur l’eau grise de 2027. Le sceptre brille encore un instant. Puis il s’éteint, comme toutes les promesses trop légères, laissant seulement le bruit mou des candidatures qui continuent de pousser, inutiles et innombrables.

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25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 11:43

« Le droit chemin, c'est aussi une valeur physique. Prenez du charbon et du diamant, l'un est noir, opaque et mou, l'autre blanc, transparent et dur. Pourtant, ils sont exactement composés du même corps : le carbone. »

— Patrick Burensteinas

Il joue de la flûte, lui ne ment pas sur son programme...

Dimanche 23 août 2026, le vidéaste Sylvain Pierre Durif a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle française de 2027 dans une courte vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, notamment Instagram (plus de 40 000 abonnés) et YouTube.

Dans cette séquence d’une vingtaine de secondes, il se présente ainsi : « Bonjour. Je suis le grand monarque, le Christ cosmique, le Messie, le roi et le pape Pierre, le président de la gouvernance pacifique planétaire et cosmique Elvita. Je vous annonce à toutes et à tous ma candidature officielle et publique pour l’élection présidentielle de 2027 en France. Bonne journée. » La publication a rapidement recueilli des milliers de likes et de commentaires, souvent teintés d’ironie ou de soutien humoristique.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte de multiplication des candidatures déclarées ou potentielles pour le scrutin d’avril-mai 2027, alors qu’Emmanuel Macron ne peut se représenter. Comme en 2017, Durif devra toutefois obtenir les 500 parrainages d’élus pour valider sa participation.

Qui est Sylvain Durif ?

Né le 23 août 1969 à Nantua (Ain), Sylvain Pierre Durif est une figure atypique de l’internet français, connue pour ses vidéos ésotériques et complotistes. Il a créé en 2004 la société Elvita, spécialisée dans l’édition de logiciels, qu’il présente comme le véhicule d’une « gouvernance pacifique planétaire et cosmique ». Il affirme incarner « l’énergie du Christ cosmique » annoncée par Nostradamus, et se revendique sous de multiples noms : Oriana, Sylvanus, l’Homme vert, Merlin l’Enchanteur, le Grand Monarque, le Messie ou encore le pape Pierre.

Il prétend disposer de pouvoirs de guérison, communiquer avec des extraterrestres (notamment les Elohim ou des êtres de Vénus), et connaître l’existence d’un réseau souterrain de « cités de lumière » appelé Agartha. Ses discours mêlent prophéties, théories du complot (reptiliens, bases extraterrestres) et projets utopiques, comme la construction d’une « cité de lumière » pour instaurer la paix sur Terre et dans le cosmos. Il précise ne pas être le leader d’un culte sectaire.

Depuis 2017, il réside à Toubab Dialaw (Sénégal), d’où il continue de publier des vidéos. Sa chaîne YouTube compte plus de 84 000 abonnés. Des rumeurs de décès ont circulé à plusieurs reprises (notamment en 2019), qu’il a démenties en les attribuant à des usurpateurs.

La notoriété née de Bugarach en 2012

Sa notoriété médiatique éclate en décembre 2012, à l’approche de la date symbolique de la fin du calendrier maya (21 décembre). Le village de Bugarach (Aude), peuplé d’environ 200 habitants, devient un lieu de pèlerinage pour des croyants persuadés qu’il serait épargné par l’apocalypse, en raison de légendes locales et d’une colline considérée comme sacrée.

Présent sur place, Durif multiplie les interviews dans la presse et à la télévision. Il se proclame « Christ cosmique » et « Grand Monarque », évoque des abductions extraterrestres subies dès l’enfance (vers l’âge de 5 ans, sur la planète Aldébaran) et annonce une « ascension intérieure » plutôt qu’une fin du monde. Ces interventions, souvent filmées de manière artisanale, deviennent virales et font de lui un personnage internet emblématique, entre figure de prophète autoproclamé et objet de moqueries.

Premières tentatives électorales

En 2014, il se présente aux élections municipales à Arques, village voisin de Bugarach. Il recueille seulement 7 voix (environ 5 % des suffrages exprimés) et n’est pas élu. Il tente également une candidature aux départementales de 2015 dans le canton de Couiza, sans succès.

En décembre 2016, il annonce sa candidature à la présidentielle de 2017 via une vidéo YouTube rapidement vue des centaines de milliers de fois. Son programme, diffusé sur Facebook, mêle propositions sociales (logements pour les SDF et migrants, suppression du RSI) et éléments ésotériques : remplacement de La Marseillaise par un hymne au « Grand Monarque », construction de bases d’atterrissage pour vaisseaux extraterrestres, « barrières cosmiques » contre les « reptiliens nazis », ou encore déradicalisation dans des mines de sel. Son objectif principal : « instaurer le paradis en tant que dernier roi de France et dernier pape ». Il n’obtient pas les 500 parrainages nécessaires.

Un personnage entre farce et phénomène internet

Sylvain Durif est largement perçu comme une figure loufoque ou un « Coluche cosmique » par certains sympathisants, tandis que d’autres voient en lui un symptôme de l’exclusion sociale ou de la fascination pour les discours alternatifs. Ses vidéos, souvent tournées dans un style improvisé, ont alimenté un mème durable sur les réseaux sociaux français. Des sites satiriques (comme Nordpresse à l’époque) ont parfois amplifié ou parodié sa candidature, ce qu’il a dénoncé comme un sabotage.

Dix ans après sa première tentative présidentielle, son retour médiatique en 2026 relance le débat sur la place des candidatures marginales et ésotériques dans le paysage politique français. Reste à savoir s’il lancera réellement la collecte des parrainages ou si cette annonce restera, comme en 2017, une parenthèse virale dans la pré-campagne. Après la déclaration de candidature de Raphaël Glucksmann, il y a concurrence de candidats ésotériques... 

 

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24 août 2026 1 24 /08 /août /2026 13:55

« Gloup ! Gloup ! Gloup ! Entartons, entartons le pompeux cornichon ! »

« Toutes les personnes imbues de leur propre pouvoir, les incarnations de l'autorité la plus gluante, tous ceux qui se prennent tragiquement au sérieux sont des cibles ! »

« Le choix est donc enfantin, il n'y a pas à ergoter bien longtemps avant de désigner les pires crapules, les cibles idylliques... »

 
Le cri de guerre de Noël Godin, l'célèbre "entarteur"
Noël Godin au centre et Jan Bucquoy à l'extrême droite de la photo
Avec Benoît Delépine

 

Noël Godin, connu de tous sous le nom de Georges Le Gloupier ou plus simplement « l’Entarteur », nous a quittés le dimanche 23 août 2026 à l’âge de 80 ans. Né le 13 septembre 1945 à Liège, cet agitateur anarcho-humoristique belge a passé plus d’un demi-siècle à transformer la tarte à la crème en arme de subversion joyeuse, non violente et redoutablement efficace. Écrivain, critique de cinéma, acteur occasionnel et théoricien d’une révolte pâtissière, il laisse derrière lui une œuvre et une légende qui ont marqué durablement le paysage culturel francophone.

Une jeunesse cinéphile et rebelle

Fils d’une mère pieuse et d’un père avocat, Noël Godin grandit à Liège dans un milieu catholique qu’il ne tardera pas à contester. Passionné de cinéma dès l’enfance – il choisissait déjà les « fifilms » que la famille irait voir –, il découvre très jeune les pages de la revue Positif, bastion du surréalisme et de la contestation. Mai 68 le confirme dans sa conviction que la révolution doit être joyeuse. Il abandonne des études de droit et d’histoire du cinéma à l’Université de Liège pour se lancer dans l’action. Dès novembre 1968, il verse un pot de colle sur un professeur réactionnaire. Le 11 décembre 1969, à Louvain, il réalise son premier véritable entartage : Marguerite Duras, venue présenter Détruire, dit-elle. Le personnage de Georges Le Gloupier – inventé par son ami Jean-Pierre Bouyxou – est né. Avec sa fausse barbe, ses lunettes, parfois un nœud papillon, et le cri rituélique « Gloup ! Gloup ! », Godin inaugure une forme d’attentat pâtissier qui restera sa signature.

La croisade contre les « pompeux cornichons »

Sa règle était simple et inflexible : ne frapper que ceux qui se prennent « très, très, très au sérieux ». Les tartes étaient toujours molles – crème Chantilly et génoise souple – pour ne blesser personne. Parmi les victimes les plus célèbres : Maurice Béjart, Henri Guillemin, Marco Ferreri, Jean-Luc Godard, Patrick Bruel, Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Sarkozy, Bill Gates (son « plus beau coup », le 4 février 1998 à Bruxelles, qui lui vaut une notoriété mondiale) et, bien sûr, Bernard-Henri Lévy, entarté au moins sept ou huit fois entre 1985 et 2015. Godin avait promis d’arrêter uniquement le jour où BHL chanterait en public Le Chapeau de Zozo de Maurice Chevalier. Ce jour n’est jamais venu.

Il s’inscrivait volontairement dans une lignée qui allait des slapsticks de Mack Sennett aux Marx Brothers, de Bugs Bunny aux Yippies d’Abbie Hoffman, des surréalistes français aux utopistes comme Charles Fourier. L’entartage n’était pas un simple gag : c’était un acte politique, une « tempête pâtissière » destinée à rappeler aux puissants qu’ils n’étaient que des hommes. Des émules naquirent un peu partout, formant ce qu’il appelait l’Internationale pâtissière.

L’écrivain et le critique
Parallèlement à ses actions, Noël Godin fut un prolifique critique et écrivain. Pendant quinze ans, il écrivit sans être démasqué dans la revue catholique Amis du film, inventant de fausses interviews, de faux réalisateurs et de longues critiques de films imaginaires. Il collabora ensuite à Ciné Revue, Actuel, Visions, Siné Hebdo (où il tenait la rubrique « L’Entarteur littéraire »), Psikopat, Zélium, CQFD, Siné Mensuel et d’autres publications saturiques.  

Parmi ses livres les plus importants :  

Anthologie de la subversion carabinée (1988-1989, plusieurs fois rééditée),  
Crème et châtiment : Mémoires d’un entarteur (1995),  
Grabuge ! 10 réjouissantes façons de planter le système (2002, coécrit avec Benoît Delépine, Aimable Jr. et Matthias Sanderson),  
Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005).  

Il reçut le Grand prix de l’humour noir en 1995 et le Prix de la Dent dure en 1996… occasions qu’il saisit pour s’entarter lui-même.

Complicités cinématographiques
Noël Godin fut aussi un fidèle compagnon de route du cinéma belge le plus iconoclaste.

Avec Jan Bucquoy, l’amitié fut profonde et durable. Godin apparaît dans plusieurs volets de la saga La Vie sexuelle des Belges :

Sur le tournage de Camping Cosmos de et avec Jan Bucquoy,Noël Godin, le chanteur Arno et LOlo Ferrari

  
La Vie sexuelle des Belges 1950-1978 (1994) et Camping Cosmos (1996), où il incarne une savoureuse parodie de l’écrivain Pierre Mertens,  
La Jouissance des hystériques (2000),  
La Vie politique des Belges (2002).  

Leur complicité déborde largement l’écran. En mai 1996, à Cannes, Godin et Bucquoy entartent ensemble Daniel Toscan du Plantier sur les marches du Palais des Festivals. Godin lance la première tarte en criant « Entartons, entartons les pontifiants croûtons ! », Bucquoy envoie immédiatement la seconde. Cet épisode est immortalisé dans le court métrage de Bucquoy Crème et Châtiment (1997).  

En 2005, Bucquoy leur consacre un film entier : Les Vacances de Noël. Les deux sexagénaires y partent à l’assaut du Festival de Cannes 2004, dragueurs indomptables, refusant de vieillir, confrontés à une jeunesse qui les regarde avec un mélange d’amusement et d’indifférence. C’est l’une des apparitions les plus longues et les plus personnelles de Godin, un portrait tendre et grinçant de deux vieux anarchistes qui refusent de baisser les bras.  

Sa dernière apparition chez Bucquoy, plus discrète, figure dans La Dernière Tentation des Belges (2021), où il interprète un simple membre du jury. Le temps avait passé, la présence s’était faite plus effacée, mais la complicité restait intacte.

Avec Benoît Delépine (souvent associé à Gustave Kervern), Godin partage un même goût pour l’absurde et la satire sociale. Outre la collaboration à l’écriture de Grabuge !, il joue dans plusieurs de leurs films : un clochard volubile dans Aaltra (2004), la « statue du tartobole » dans Mammuth (2010) et le marié dans Le Grand Soir (2012).

Un héritage de crème et de liberté
Atteint dans les dernières années d’une maladie qui abîmait sa mémoire, Noël Godin n’avait rien perdu de sa fantaisie ni de sa gaîté. Jusqu’au bout, il resta ce personnage unique, reconnaissable dans la rue, toujours prêt à parler du prochain entartage ou à commenter l’actualité avec la même irrévérence.

Noël Godin n’a jamais prétendu changer le monde. Il a simplement voulu rappeler, tarte après tarte, que le pouvoir, l’ego et le sérieux excessif méritent d’être régulièrement arrosés de Chantilly. Dans un monde de plus en plus polarisé et solennel, sa leçon reste précieuse : la subversion la plus radicale peut aussi être la plus légère, la plus drôle, la plus humaine.

« Entartons, entartons les pompeux cornichons ! »  

Adieu, Georges Le Gloupier.  
La crème que tu as répandue continuera longtemps de tacher les égos.

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23 août 2026 7 23 /08 /août /2026 16:21

« La guerre civile ne m'a fait vraiment peur que le jour où je me suis aperçu que j'en respirais, presque à mon insu, sans haut-le-cœur, l'air fade et sanglant. »

« Le mensonge politique est l'art de donner des raisons nobles à des actes bas. »

Publié en 1938, Les Grands Cimetières sous la lune de Georges Bernanos est un violent réquisitoire contre la guerre d'Espagne 

Samedi 22 août 2026, la place de Sant Jaume, cœur symbolique du pouvoir catalan à Barcelone, a été le théâtre d’une confrontation politique hautement chargée. Le groupe d’extrême droite espagnol Reconquista, allié au mouvement paneuropéen Save Europe Act, a organisé une manifestation anti-migration. Face à eux, des centaines d’opposants catalanistes, anarchistes et antiracistes ont formé une contre-manifestation antifasciste nettement plus nombreuse. La police a déployé un important dispositif pour séparer les deux camps.

Des images montrent une cinquantaine à une centaine de manifestants pro-Espagne, drapés de drapeaux nationaux, déroulant avec difficulté une immense banderole de plusieurs centaines de mètres carrés portant le slogan « Remigration saves Europe ». Parmi eux, certains arborait des symboles franquistes. L’un des participants a crié « ¡Arriba España ! », le vieux slogan falangiste et franquiste, rappelant les racines nationalistes radicales de certains franges du mouvement.

Le porte-parole de Reconquista, Toni Estévez — jeune activiste à l’allure très « Hitlerjugend », souvent photographié en chemise et pantalon militaire court —, a pris la parole face aux médias. Il a dénoncé les « télévisions de merde qui ont participé à la destruction de l’Espagne », accusant les médias publics et le gouvernement d’avoir favorisé ce qu’il appelle une « invasion ». Selon lui, le groupe entend préserver la « cohésion sociale » européenne face à une migration de masse qu’il juge menaçante pour la civilisation européenne. Estévez et ses compagnons appellent à une politique de « remigration » : le retour forcé de migrants non européens.

Un contexte historique et politique tendu

Reconquista, fondé en 2023 « au cœur de la Catalogne », est un mouvement de jeunesse d’extrême droite évoluant dans l’orbite de Vox. Il s’inscrit dans une tradition qui réactive le mythe de la Reconquista médiévale — la reconquête chrétienne de la péninsule Ibérique sur les musulmans — pour l’appliquer à l’immigration contemporaine. Save Europe Act, mouvement identitaire européen porté notamment par des figures comme Eva Vlaardingerbroek et Martin Sellner, promeut la même idée de « continuité ethnoculturelle » et a tenté sans succès de faire valider une initiative citoyenne européenne sur le sujet. Leur tournée européenne a déjà touché plusieurs villes ; Barcelone était la première étape officielle en Espagne.

La tenue de cette manifestation dans la capitale catalane n’est pas anodine.

Depuis l’échec du processus d’indépendance de 2017 (le « Procés »), Barcelone a connu de profondes transformations. La ville, autrefois symbole du nationalisme catalan et des grandes mobilisations indépendantistes, est devenue une métropole de plus en plus multiculturelle. Selon les données municipales, la population née à Barcelone ne représente plus que 44,6 % des habitants en 2026, tandis que les personnes nées à l’étranger approchent les 36 %. L’immigration, le tourisme de masse, la gentrification et l’exode de nombreux Catalans de souche ont redessiné le tissu social. Pour les organisateurs de la manifestation, cette évolution illustre précisément la « substitution » démographique qu’ils dénoncent. Pour leurs opposants, elle incarne au contraire l’ouverture et le cosmopolitisme d’une ville qui refuse de devenir le porte-voix de thèses xénophobes.

Face-à-face dans la place du pouvoir catalan

Les contre-manifestants, regroupés sous des banderoles « No pasarán, Barcelona antifascista » ou « Stop Vox », ont largement dépassé en nombre les participants de Reconquista et Save Europe Act. Anarchistes, antiracistes et militants catalanistes ont dénoncé un « discours de haine » et un « délire suprémaciste ». Les Mossos d’Esquadra ont maintenu un cordon de sécurité strict, empêchant tout contact direct. Aucun incident majeur n’a été signalé, mais la mairie de Barcelone a annoncé qu’elle saisirait le parquet pour certains slogans jugés racistes ou xénophobes (« Ce n’est pas de l’immigration, c’est une invasion », « Espagne chrétienne, pas musulmane »).

Cette journée illustre la polarisation croissante en Espagne et en Europe autour de la question migratoire.

Tandis que l’extrême droite tente d’exporter le concept de « remigration » depuis les réseaux identitaires continentaux, les forces antifascistes et progressistes catalanes réaffirment leur rejet de ces idées dans un lieu chargé d’histoire : la place où siègent la Generalitat et la mairie, symbole d’une Catalogne qui, après l’échec de 2017, navigue entre identité propre, ouverture au monde et tensions sociales nouvelles.

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21 août 2026 5 21 /08 /août /2026 19:39

« Regardez-moi ce sparadrap de malheur, mille tonnerres !... Par quel tour de passe-passe est-il arrivé à se fourrer sur ma casquette ? »

La célèbre scène du sparadrap se trouve dans l’album L'Affaire Tournesol de Hergé. Le capitaine Haddock tente désespérément de se débarrasser d'un bout de sparadrap collé à son doigt, qui ne cesse de s'accrocher partout et de passer de main en main.

Mediapart: reparle du salut Nazi qui est un geste qui se diffuse dans le monde comme une trainée de poudre, et voit-on aussi sur la vidéo entre des néo-nazis et Élon Musk (existe aussi en parfum vanille), celle qui fait dans les chemises Brunet's : Annabelle, son moment du conseil municipal ! Tu nous rends fiers Annabelle. Une fille vraiment impeccable !
 
"[Vidéo] Le salut nazi n’est plus seulement l’apanage de militants néonazis revendiqués. De Besançon à Sarcelles, de Madrid à Mulhouse, le geste réapparaît dans des contextes de plus en plus variés. Souvent présenté comme une blague ou une provocation, il n’en reste pas moins un geste politique." 👉‍ https://www.mediapart.fr/journal/france/150826/dans-l-espace-public-l-inquietante-banalisation-du-salut-nazi?at_format=reel&at_account=mediapart&at_campaign=1046&at_medium=custom7

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20 août 2026 4 20 /08 /août /2026 13:40

"La vie est pavée d'occasions perdues."

La Promesse de l'aube
Romain Gary

La canicule, n'est pas le mal récessif le plus dangereux dans le département, mais l’absence général de personnel politique qualifié. Et leur volonté inversement proportionnelle de vouloir s'imposer dans l'espace public n’arrange rien...

Pour un peu, s'il mettait la même énergie pour obtenir un mandat et le conserver, que pour résoudre les problèmes non pas des électeurs mais des habitants: c'est comme le monde avec une Cléopâtre et un nez différent ; la mesure de celui-ci en serait bouleversée. Rajoutez à cela un carcan de règles, de normes, de procédures à respecter au prorata de la "hiérarchie de la norme", qui font que l'angle mort de l'action est quasi inexistant. Même si, le personnel politique, lorsqu'un problème déborde des poubelles, fait mine de le déplorer, il ne lutte par contre, puisque c'est la garantie de l'impunité de l'inaction.

Ainsi donc, notre "démocatrie" est en permanence en nécessité d'avoir recours à la "théâtrocratie" déjà dénoncée par Platon ( le philosophe grec, pas le film d'Oliver Stone, puis de toutes manières, il faut 2 OO )  .

Ce qui nous amène aux petites scénettes, comme au dernier conseil municipal de Perpignan, ou des suites du recours contre l'élection de Louis Aliot pour un deuxième mandat à la mairie de Perpignan par Agnès Langevine. 

Non contente d'attaquer les bulletins supposés douteux de Louis Aliot ( C'est de bonne guerre, même si la guerre, c'est mâle!) de la dernière municipale à un coup, un tour dans son sac (comme le fusil pour tirer dans les coins) , elle remet en doute ceux des listes de gauche... 

Comme pour se venger, que face à "la menace fascistes des heures sombres" , qu'elle a contribué à faire élire en 2020 en jetant l'éponge de la tête de liste : réunions avec elle de 2 autres femmes, Caroline Forgue et Clotilde Ripoull, du fait que la gauche déjà scindée n'avait pas voulu faire l'union de sa tête de liste de centre droit.

Parce que les votes de partis en local, ne l'avaient désigné comme représentante de l'union, elle s'était imposée par la région Occitanie (Carole Delga) , et le cadre national d'un parti post-socialiste porté par Raphaël Glucksmann (candidat putatif aux prochaines présidentielles) au doux nom de place publique, cassant ainsi une improbable synergie face au RN du centre-gauche et au-delà vers l'infinie.

Comme cet enfant qui insiste à faire rentrer l'étoile dans la fenêtre vide à forme carré , et à coup de maillet ! Le tout pour donner le dernier mot d'une querelle entre Jean Codognès toujours vivant, et le regretté Christian Bourquin et ses reliquats (heu, je veux dire, ses saintes reliques). 

Il y a quelque-chose de "psychanalithique" (comme un age paléolithique de la psyché) non réglée: c'est bien le moins pour une femme dont le métier d'origine était psychologue !

L'ancienne professionnelle se serait-elle catégorisée de part l'enchaînement de ses actions, comme une personne toxique ? Cependant, son "Agnès-spreading" commence, enfin continue, d'être étouffant, et même contre productif, même pour elle ! 

Si au moins la presse locale (exceptée  Ici) qui porte le veuvage de ses lecteurs à petits coups de vidéos "épleureuses", lui indiquait comme un titre d'un roman de Romain Gary : "Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable" 

Mais toujours pour faire dans les romans de Gary, celle-ci est plutôt dans "Gros câlin" !

 

Platoon est un film de guerre américano-britannique écrit et réalisé par Oliver Stone, sorti en 1986. L'action se déroule pendant la guerre du Viêt Nam. Il est en partie inspiré par la propre vie du réalisateur, qui s'est lui-même engagé comme volontaire pour la guerre du Viêt Nam où il a été blessé à deux reprises.

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19 août 2026 3 19 /08 /août /2026 18:14

"Nous ne sommes pas des cendres tièdes !"

Dieter Brazzor

 

Dieter Brazzor (né en 1968 à Perpignan) est un personnage fictif : exégète indépendant, essayiste et intellectuel catalaniste de Catalogne Nord. Formé en philosophie à l’université de Barcelone puis à Montpellier, il a longtemps vécu en retrait, publiant de manière confidentielle des essais qui croisent Nietzsche et la question identitaire des territoires périphériques. Ses ouvrages — Zarathoustra aux confins (2019), Le dernier homme catalan (2022) et Graines pyrophites (2025) — restaient connus d’un cercle restreint jusqu’à l’été 2026.

C’est précisément au moment où le département des Pyrénées-Orientales était traversé par deux crises simultanées — l’immense incendie de Trévillach et la consultation citoyenne sur le nom du département — que Brazzor a fait irruption sur la scène publique locale.

L’irruption du volcan intellectuel Brazzor !

Fin juin 2026, alors que les flammes de Trévillach commencent à ravager près de 4 900 hectares, forcent l’évacuation de 12 000 personnes et laissent des paysages de désolation autour de Rodès et d’Ille-sur-Têt, Brazzor publie une tribune dans L’Indépendant. Le titre est sec et provocateur : « Le dernier homme regarde brûler sa maison et demande une indemnité ».

Dans ce texte, il reprend la figure nietzschéenne du « dernier homme » — celui qui a inventé le bonheur médiocre, la sécurité, l’égalité nivelée — et l’applique directement au territoire.

Selon lui, le dernier homme local est celui qui, depuis le traité des Pyrénées de 1659, a accepté l’effacement progressif de la catalanité au profit d’un cadre administratif neutre, touristique et confortable.

Face aux incendies, ce dernier homme ne voit que la catastrophe à gérer, les assurances à activer et le retour à la normale. Brazzor, lui, propose une autre lecture, inspirée des plantes pyrophites : ces espèces dont les graines ne germent qu’après le passage du feu, transformant la destruction en condition de renaissance.

« Les Pyrénées-Orientales ne sont pas un décor. Elles sont un sol de graines pyrophites : chaque incendie ouvre une brèche où l’identité catalane peut encore germer, à condition que nous refusions le confort de l’oubli. »

« Quand 4 900 hectares partent en fumée et que douze mille habitants fuient, le dernier homme cherche l’assurance et le retour à la normale. Zarathoustra, lui, cherche l’étincelle qui fera éclater les graines. »

La tribune est d’abord accueillie avec surprise. Puis elle circule. En quelques jours, elle est reprise, commentée, attaquée et défendue sur les réseaux locaux, dans les groupes Facebook de villages touchés par le feu, sur X et dans les fils Telegram catalanistes.

La polarisation sur les réseaux et dans la presse
Les débats s’enflamment rapidement. D’un côté, des associations culturelles et identitaires (Oui au Pays catalan, membres de La Bressola, militants de Plataforma per la Llengua, certains collectifs d’Angelets de la Terra) saluent une parole rare : enfin quelqu’un qui refuse de réduire le territoire à une zone de gestion de crise ou à un produit touristique. Des posts viraux reprennent ses formules : « graines pyrophites », « le dernier homme cligne de l’œil devant les flammes ». Des habitants de communes évacuées écrivent que ses mots leur ont « rendu une dignité » face à la destruction.

De l’autre côté, les critiques fusent. Des élus départementaux et des commentateurs locaux accusent Brazzor de « romantisme dangereux », de « récupération identitaire » et même de « minimiser la souffrance humaine » en transformant une catastrophe climatique et humaine en métaphore philosophique. Sur les réseaux, on lui reproche d’instrumentaliser le deuil des sinistrés. Un éditorial de L’Indépendant lui répond avec ironie : « Pendant que les pompiers luttent, le philosophe allume des concepts. » Des voix plus centrées l’accusent de diviser un département déjà fragilisé par la canicule, la tramontane et les feux.

Brazzor ne se dérobe pas.

Dans une série de posts et une seconde tribune publiée début août, il durcit le ton et relie explicitement les incendies à la consultation citoyenne alors en cours (22 juin – 15 août 2026) sur le futur nom du département :

« Le dernier homme a inventé le bonheur dans l’ombre des préfectures et des panneaux touristiques. Il cligne de l’œil devant les flammes et dit : “Nous avons maîtrisé le risque.” Mais le territoire, lui, se souvient. Les graines pyrophites attendent. »

« Nommer “Pyrénées Catalanes”, c’est déjà allumer le feu nécessaire. Refuser ce nom, c’est laisser les graines dormir dans la cendre tiède du dernier homme. »

Pour lui, les trois options proposées — conserver « Pyrénées-Orientales », choisir « Pyrénées Méditerranée » ou adopter « Pyrénées Catalanes » — ne sont pas anodines. La faible participation (environ 10 % des inscrits, autour de 40 000 votes) et la tentation du statu quo ou du branding touristique illustrent précisément le triomphe possible du dernier homme. À l’inverse, le vote pour « Pyrénées Catalanes », soutenu par de nombreuses associations, apparaît comme la chaleur qui peut faire éclater les graines : un acte de nomination qui refuse le nivellement.

Un débat qui déborde le local

Au fil des semaines d’août 2026, alors que le risque d’incendie reste élevé (secteurs des Corbières et du Roussillon placés en « risque exceptionnel »), que de petits feux continuent d’éclater et que les résultats de la consultation se font attendre, le nom de Brazzor devient un marqueur. On parle de « l’effet Brazzor » dans certains cercles. Des journalistes locaux lui consacrent des portraits. Des débats radiophoniques l’invitent (ou l’attaquent). Sur les réseaux, des mèmes circulent : Zarathoustra en casque de pompier, ou le « dernier homme » en short de touriste face à un panneau « Pyrénées-Orientales », tandis que des graines pyrophites germent dans les cendres.

Ses défenseurs voient en lui une voix qui redonne du sens à un territoire trop souvent réduit à ses handicaps (sécheresse, feux, précarité, dépendance touristique). Ses détracteurs dénoncent un intellectualisme hors-sol, voire une forme de nationalisme culturel déguisé en philosophie. Brazzor, de son côté, maintient la même ligne : le territoire des Pyrénées-Orientales est un sol de graines pyrophites. Le feu réel et le feu symbolique (celui du nom, de la langue, de la mémoire) ne s’opposent pas. Ils se répondent. Et le dernier homme, lui, préfère toujours la cendre tiède au risque de la germination.

Ainsi, en quelques semaines de l’été 2026, un exégète jusqu’alors obscur est devenu l’une des figures les plus discutées — et les plus polémiques — de la Catalogne Nord.

Non pas parce qu’il apportait des solutions techniques aux incendies ou des propositions institutionnelles précises, mais parce qu’il forçait une question dérangeante : et si le vrai danger n’était pas seulement le feu qui brûle les collines, mais celui qui empêche les graines pyrophites de jamais germer sur ce territoire ?

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16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 14:43

“Les contes de fées n'existent que dans les contes de fées. La vérité est plus décevante. La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment.”
― Frédéric Beigbeder, L'amour dure trois ans - Le roman suivi du scénario du film

Ce texte nous a été envoyé à la rédaction. Nous ne savons pas comment le prendre au premier degré ou au second ou plus subtil ...Il est officiellement adressé au catalanistes ?

Salut à toi.

Je regarde ce qui se passe à Perpignan depuis six ans, et franchement… les catalanistes me font trop penser à certains mecs dans les relations. Toujours en train de fêter des défaites. Toujours en mode « on nous attaque », « on nous efface », « c’est une injustice historique ». Pendant ce temps, Louis Aliot, lui, il gagne. Encore. Et encore.

Alors je vais être claire : la solution pour les catalanistes de Catalogne Nord, ce n’est pas de devenir plus sensibles ou plus « victimes ». C’est de se comporter en "masculinistes". Oui, le mot qui fâche. Mais reste jusqu’au bout, parce que je vais te sortir du concret, des chiffres et un peu d’histoire.

D’abord le contexte historique, rapidement.  
1659, traité des Pyrénées : le Roussillon devient français. Depuis, l’État a fait ce qu’il sait faire : centraliser, uniformiser. Le catalan a survécu en famille et dans les villages, mais politiquement il a été marginalisé. Au XXe siècle, il y a eu un renouveau culturel. Sous les Alduy puis sous Jean-Marc Pujol, la mairie a joué la carte « Perpignan la Catalane ». Panneaux bilingues, subventions, mariages en catalan, discours sur la Catalogne Nord. C’était soft, culturel, gentil. Résultat électoral ? Quasi nul. Les listes purement catalanistes sont restées confidentielles pendant des décennies.

Arrive Aliot en 2020.  
Premier tour : 35,65 %. Deuxième tour : 53,09 %. Il devient maire.  
En 2026, il passe à 50,61 % dès le premier tour (16 835 voix). Majority absolue. Face à lui, Agnès Langevine (Place publique / PS) fait 15,94 %, Bruno Nougayrède (union de la droite) 13,45 %, la gauche radicale autour de 9-10 %. Aucune liste catalaniste pure n’a pesé. Même les candidats les plus ouverts à la catalanité n’ont pas réussi à mobiliser au-delà d’une minorité.

Et concrètement, qu’est-ce qu’il a fait sur le sujet ?  
Il a changé « Perpignan la Catalane » en « Perpignan la Rayonnante ».  
Il a supprimé la délégation purement catalaniste.  
Il a arrêté les mariages célébrés en catalan à la mairie.  
Et surtout les sous : en août 2026, il a coupé net la subvention de 25 000 euros par an à l’Office public de la langue catalane (OPLC). Argument officiel : « multiples défaillances et défauts d’efficacité », budget trop centré sur le fonctionnement. Ces 25 000 euros, il les redirige vers un nouvel Institut du Roussillon (plus axé sur l’identité française/roussillonnaise et les liens avec Majorque).  
Pour la Bressola (écoles immersives catalanes), sous Pujol il y avait une aide exceptionnelle d’environ 70 000 euros. Sous Aliot, la ville ne verse plus que le forfait scolaire obligatoire (environ 195 000 euros au total, mais c’est la loi, pas une subvention volontaire). Les associations le disent elles-mêmes : « zéro subvention discrétionnaire ».

Maintenant, regarde ailleurs pour comprendre le problème.  
En Corse, les nationalistes et autonomistes gagnent des villes importantes (Bastia, Porto-Vecchio…) et pèsent très lourd aux territoriales. Ils ont un vrai rapport de force.  
Au Pays basque français, les listes régionalistes ont pris plusieurs communes de plus de 5 000 habitants.  
En Bretagne, les autonomistes restent faibles électoralement, mais ils ont au moins une présence structurée et des scores parfois à deux chiffres dans certains cantons.  
En Catalogne Nord ? Presque rien. Le catalanisme politique reste marginal, même si le sentiment culturel existe encore chez une partie de la population.

C’est exactement le même schéma que je vois dans les relations hommes-femmes.  
Le mec trop gentil, trop « dans le dialogue », trop prêt à s’excuser, qui célèbre ses défaites comme des victoires morales… finit toujours par perdre face à celui qui assume le rapport de force. Aliot n’a pas gagné parce qu’il est plus « cultivé ». Il a gagné parce qu’il a priorisé la sécurité, la propreté, l’ordre, et qu’il a refusé de s’excuser d’être français d’abord. Pendant que les catalanistes restaient dans la plainte et le symbolique, lui il avançait.

Donc oui, la solution, c’est de se comporter en "masculinistes".  
Arrêter de transformer chaque défaite en badge d’honneur.  
Arrêter de supplier qu’on vous reconnaisse.  
Arrêter de croire que le simple fait de « défendre la culture » suffit quand vous n’avez ni les voix ni le rapport de force.  
Devenir solides, stratégiques, sans complexe. Prioriser ce qui marche vraiment (sécurité, économie, enracinement local attractif) plutôt que le folklore permanent. Assumer un catalanisme qui n’a plus besoin de la permission de personne.

Et regardons un peu plus loin que les élections et les subventions.

La démographie et les sondages montrent exactement le même problème.

Dans les Pyrénées-Orientales, environ 61 % des habitants disent comprendre le catalan, mais seulement autour de 35 % savent le parler, et la transmission familiale est quasi morte chez les jeunes. Le français domine largement, surtout en ville. Pourtant, les sondages IFOP de 2025 sont clairs : 67 % des Nord-Catalans sont favorables à un statut d’autonomie régionale, 79 % veulent un vrai renforcement du pouvoir des régions, 24 % se sentent plus nord-catalans que français, et près de 90 % soutiennent l’enseignement du catalan et de l’histoire régionale. Il y a donc un sentiment identitaire qui existe encore… mais qui ne se traduit ni en votes ni en rapport de force.Côté tourisme, c’est encore plus parlant. Le département est le 7e de France avec 1,3 milliard d’euros de retombées et des millions de nuitées. L’identité catalane est un vrai argument de vente : patrimoine, Palais des Rois de Majorque, proximité avec la Catalogne du Sud, touristes espagnols et catalans qui viennent en nombre. Même Aliot sait que ça attire. Mais au lieu d’en faire un levier de puissance politique, les catalanistes en restent au folklore et à la plainte. Pendant ce temps, d’autres régions (Corse, Pays basque) transforment le même capital identitaire et touristique en votes et en pouvoir réel. C’est exactement ça le problème. Vous avez un fond de sentiment populaire, un atout touristique, une histoire… et vous continuez à perdre poliment. Un vrai "masculiniste", lui, prendrait ces éléments et les transformerait en force. Pas en communiqués tristes.

Parce que tant que vous resterez dans cette posture douce et gémissante, Aliot et ceux qui pensent comme lui continueront à gagner. Exactement comme les femmes modernes continuent de gagner face aux mecs trop accommodants.

La force, ça ne se quémande pas.  
Ça se construit.  
Ça s’affirme.  
Et parfois, ça s’impose.

Voilà.  
Si tu es catalaniste et que tu te reconnais dans la plainte permanente, médite un peu ces chiffres.  
Si tu es d’accord, dis-le.  
Si tu trouves que je suis trop dure, dis-le aussi.  
Mais arrêtez juste de fêter uniquement des défaites. Ça ne mène nulle part.

Hékima.

 

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14 août 2026 5 14 /08 /août /2026 13:28

« Ce que nous sommes peut-être en train de vivre n'est pas seulement la fin de la Guerre froide...  mais la fin de l'histoire en tant que telle : c'est-à-dire, le point final de l'évolution idéologique de l'humanité et l'universalisation de la démocratie libérale occidentale comme forme ultime de gouvernement. » (Extrait de La Fin de l'Histoire et le Dernier Homme, 1992). 

Francis Fukuyama

 Francis Fukuyama est un politologue américain connu pour sa thèse de la « fin de l’Histoire », formulée à la fin de la guerre froide.  Dans son essai de 1989-1992, il avance que la démocratie libérale et le capitalisme de marché constituent le stade final de l’évolution politico-idéologique de l’humanité, après la défaite du fascisme puis du communisme. Ce qui induit cette phrase, ce n'est pas la fin de l'historien, mais qu'à partir de là nous entrons dans un boucle temporel, de bonheur insoutenable presque jusqu'à la fin des temps. Bref, le paradis communiste mais réalisé par le capitalisme (les cocos n'avaient qu'à gagner la guerre froide !) 

Mais y'a comme un hic, 2026 et les années antérieures qui l'ont vu se dégrader , ne ressemble pas à cette promesse...

Mais, c'est que la magie de cette phrase possède un pouvoir émolliant : si comme le disait Pangloss reprenant Leibnitz, "tout est bien dans le meilleur des mondes possible", il n'y a plus rien à faire, et se laisser aller.

Dans les Pyrénées-Orientales, on avait déjà anticipé, comme décrit par Henri Solens par le phénomène de "l'économie de la rente" qui anémise l'économie, la société d'un territoire.

Pourquoi se projeter à demain, quand demain sera comme aujourd'hui et pas mieux qu'hier. Lorsque, il n'y a se baisser pour ramasser de l'or, on peut procrastiner le geste . Et sur le temps long ce qui vaut de l'or, ce n'est plus l'or lui-même, mais la volonté de le ramasser: même le petit personnel commence à s'embourgeoiser ! 

Cependant, le réel continue sa vie de son côté. Et contrairement à "l'effet cliquer" promis, c'est une série de glissements qui s'opèrent. 

Ainsi, l'année d'après est plus compliquée que la précédente .

Mais du côté politique, le discours change peu, parce qu'après tout: pourquoi faire "sa mise à jour" ? Et d'ailleurs le seul changement qu'ils tolèrent, c'est celui qui ne change rien (comme le nom du département) . Ainsi sont-ils comme le personnage de Tancrède dans le "Guépard"  : il fallait tout changer, pour que rien ne change! Du ravalement de façade tout ça, mais en attendant, faute de réels travaux, les matériaux travaillent à la place du matériel humain et continue de fatiguer. 

Alors, lorsque le réel éclate, comme la canicule, la sécheresse et les incendies qui vont avec: il ne leur reste que leurs langues de bois à bredouiller à propos de situations, qui elles béguaient. De toutes manières, l'inaction est garantie par les structures nationales , voir supranationale,  à peine égayées par des assemblées qui ne débattent que pour finalement voter , ce qui avait été déjà décidé ailleurs . J'avais été témoins de cela au parlement d'Andorre . Deux députés semblait s'écharper velu sur une lois, jusqu'à ce que celui contre finisse par dire : "Je suis contre, mais je voterai quand cette loi pour la cohésion du pays..." 

Alors ne soyez pas étonnés de l'absence de débat de la dernière municipale à Perpignan, de pseudo débats, et puis la suite des grands moments au conseil municipal tenant plus de " au théâtre ce soir" que de la politique, même locale. Lorsqu'on était à la "récré" dans la cour de l'école, à l'époque on criait juste "maillade" histoire de rassembler plus spectateurs pour la démonstration intempestive .

Mais, il fait tellement chaud , et la plage ou la montagne ne sont pas si loin !  

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