“Les contes de fées n'existent que dans les contes de fées. La vérité est plus décevante. La vérité est toujours décevante, c'est pourquoi tout le monde ment.”
― Frédéric Beigbeder, L'amour dure trois ans - Le roman suivi du scénario du film
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Ce texte nous a été envoyé à la rédaction. Nous ne savons pas comment le prendre au premier degré ou au second ou plus subtil ...Il est officiellement adressé au catalanistes ?
Salut à toi.
Je regarde ce qui se passe à Perpignan depuis six ans, et franchement… les catalanistes me font trop penser à certains mecs dans les relations. Toujours en train de fêter des défaites. Toujours en mode « on nous attaque », « on nous efface », « c’est une injustice historique ». Pendant ce temps, Louis Aliot, lui, il gagne. Encore. Et encore.
Alors je vais être claire : la solution pour les catalanistes de Catalogne Nord, ce n’est pas de devenir plus sensibles ou plus « victimes ». C’est de se comporter en "masculinistes". Oui, le mot qui fâche. Mais reste jusqu’au bout, parce que je vais te sortir du concret, des chiffres et un peu d’histoire.
D’abord le contexte historique, rapidement.
1659, traité des Pyrénées : le Roussillon devient français. Depuis, l’État a fait ce qu’il sait faire : centraliser, uniformiser. Le catalan a survécu en famille et dans les villages, mais politiquement il a été marginalisé. Au XXe siècle, il y a eu un renouveau culturel. Sous les Alduy puis sous Jean-Marc Pujol, la mairie a joué la carte « Perpignan la Catalane ». Panneaux bilingues, subventions, mariages en catalan, discours sur la Catalogne Nord. C’était soft, culturel, gentil. Résultat électoral ? Quasi nul. Les listes purement catalanistes sont restées confidentielles pendant des décennies.
Arrive Aliot en 2020.
Premier tour : 35,65 %. Deuxième tour : 53,09 %. Il devient maire.
En 2026, il passe à 50,61 % dès le premier tour (16 835 voix). Majority absolue. Face à lui, Agnès Langevine (Place publique / PS) fait 15,94 %, Bruno Nougayrède (union de la droite) 13,45 %, la gauche radicale autour de 9-10 %. Aucune liste catalaniste pure n’a pesé. Même les candidats les plus ouverts à la catalanité n’ont pas réussi à mobiliser au-delà d’une minorité.
Et concrètement, qu’est-ce qu’il a fait sur le sujet ?
Il a changé « Perpignan la Catalane » en « Perpignan la Rayonnante ».
Il a supprimé la délégation purement catalaniste.
Il a arrêté les mariages célébrés en catalan à la mairie.
Et surtout les sous : en août 2026, il a coupé net la subvention de 25 000 euros par an à l’Office public de la langue catalane (OPLC). Argument officiel : « multiples défaillances et défauts d’efficacité », budget trop centré sur le fonctionnement. Ces 25 000 euros, il les redirige vers un nouvel Institut du Roussillon (plus axé sur l’identité française/roussillonnaise et les liens avec Majorque).
Pour la Bressola (écoles immersives catalanes), sous Pujol il y avait une aide exceptionnelle d’environ 70 000 euros. Sous Aliot, la ville ne verse plus que le forfait scolaire obligatoire (environ 195 000 euros au total, mais c’est la loi, pas une subvention volontaire). Les associations le disent elles-mêmes : « zéro subvention discrétionnaire ».
Maintenant, regarde ailleurs pour comprendre le problème.
En Corse, les nationalistes et autonomistes gagnent des villes importantes (Bastia, Porto-Vecchio…) et pèsent très lourd aux territoriales. Ils ont un vrai rapport de force.
Au Pays basque français, les listes régionalistes ont pris plusieurs communes de plus de 5 000 habitants.
En Bretagne, les autonomistes restent faibles électoralement, mais ils ont au moins une présence structurée et des scores parfois à deux chiffres dans certains cantons.
En Catalogne Nord ? Presque rien. Le catalanisme politique reste marginal, même si le sentiment culturel existe encore chez une partie de la population.
C’est exactement le même schéma que je vois dans les relations hommes-femmes.
Le mec trop gentil, trop « dans le dialogue », trop prêt à s’excuser, qui célèbre ses défaites comme des victoires morales… finit toujours par perdre face à celui qui assume le rapport de force. Aliot n’a pas gagné parce qu’il est plus « cultivé ». Il a gagné parce qu’il a priorisé la sécurité, la propreté, l’ordre, et qu’il a refusé de s’excuser d’être français d’abord. Pendant que les catalanistes restaient dans la plainte et le symbolique, lui il avançait.
Donc oui, la solution, c’est de se comporter en "masculinistes".
Arrêter de transformer chaque défaite en badge d’honneur.
Arrêter de supplier qu’on vous reconnaisse.
Arrêter de croire que le simple fait de « défendre la culture » suffit quand vous n’avez ni les voix ni le rapport de force.
Devenir solides, stratégiques, sans complexe. Prioriser ce qui marche vraiment (sécurité, économie, enracinement local attractif) plutôt que le folklore permanent. Assumer un catalanisme qui n’a plus besoin de la permission de personne.
Et regardons un peu plus loin que les élections et les subventions.
La démographie et les sondages montrent exactement le même problème.
Dans les Pyrénées-Orientales, environ 61 % des habitants disent comprendre le catalan, mais seulement autour de 35 % savent le parler, et la transmission familiale est quasi morte chez les jeunes. Le français domine largement, surtout en ville. Pourtant, les sondages IFOP de 2025 sont clairs : 67 % des Nord-Catalans sont favorables à un statut d’autonomie régionale, 79 % veulent un vrai renforcement du pouvoir des régions, 24 % se sentent plus nord-catalans que français, et près de 90 % soutiennent l’enseignement du catalan et de l’histoire régionale. Il y a donc un sentiment identitaire qui existe encore… mais qui ne se traduit ni en votes ni en rapport de force.Côté tourisme, c’est encore plus parlant. Le département est le 7e de France avec 1,3 milliard d’euros de retombées et des millions de nuitées. L’identité catalane est un vrai argument de vente : patrimoine, Palais des Rois de Majorque, proximité avec la Catalogne du Sud, touristes espagnols et catalans qui viennent en nombre. Même Aliot sait que ça attire. Mais au lieu d’en faire un levier de puissance politique, les catalanistes en restent au folklore et à la plainte. Pendant ce temps, d’autres régions (Corse, Pays basque) transforment le même capital identitaire et touristique en votes et en pouvoir réel. C’est exactement ça le problème. Vous avez un fond de sentiment populaire, un atout touristique, une histoire… et vous continuez à perdre poliment. Un vrai "masculiniste", lui, prendrait ces éléments et les transformerait en force. Pas en communiqués tristes.
Parce que tant que vous resterez dans cette posture douce et gémissante, Aliot et ceux qui pensent comme lui continueront à gagner. Exactement comme les femmes modernes continuent de gagner face aux mecs trop accommodants.
La force, ça ne se quémande pas.
Ça se construit.
Ça s’affirme.
Et parfois, ça s’impose.
Voilà.
Si tu es catalaniste et que tu te reconnais dans la plainte permanente, médite un peu ces chiffres.
Si tu es d’accord, dis-le.
Si tu trouves que je suis trop dure, dis-le aussi.
Mais arrêtez juste de fêter uniquement des défaites. Ça ne mène nulle part.
Hékima.
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