"Ce qu'on peut se dire à la fin d'une journée c'est: encore un jour sans catastrophe, sans maladie, sans chagrin, sans misère. En somme, encore un jour de bonheur. "
Louis Calaferte
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La publication d’une vidéo de soutien par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, aux soignants en grève dans les cliniques du groupe Elsan à Perpignan marque un tournant symbolique dans le conflit. Ce geste dépasse le cadre local pour élever la mobilisation au rang de cause nationale, mettant en lumière les tensions persistantes entre rentabilité financière et conditions de travail dans l’hospitalisation privée.
Depuis fin avril 2026, les personnels des cliniques Médipôle et Saint-Pierre (groupe Elsan) sont en grève reconduite, parfois depuis plus de 15-20 jours. Leurs revendications principales restent le versement d’un 13e mois pérenne, une revalorisation salariale face à l’inflation, et une amélioration concrète des conditions de travail : effectifs insuffisants, manque de remplacements, pression organisationnelle accrue et précarisation des emplois. Les syndicats (dont CGT et CFDT) dénoncent une politique de distribution de dividendes aux actionnaires tandis que les primes de participation ont été supprimées ou réduites en 2025.
Le groupe Elsan, l’un des leaders français de l’hospitalisation privée avec plus d’une centaine d’établissements, se trouve directement visé.
Les grévistes reprochent une logique de rentabilité qui se traduit par une réduction des moyens humains et matériels, au détriment de la qualité des soins et de la santé des équipes.Un appui qui nationalise le conflitEn publiant cette vidéo, Sophie Binet apporte non seulement un soutien moral mais transforme la lutte perpignanaise en étendard plus large.
La première organisation syndicale française, souvent en pointe sur les questions de santé et d’action sociale, donne ainsi une visibilité nationale à un mouvement qui risquait de rester confiné dans les Pyrénées-Orientales.
Ce type d’intervention médiatique renforce la pression sur la direction d’Elsan et attire l’attention des pouvoirs publics, des autres établissements du groupe et de l’opinion publique sur les réalités du secteur privé lucratif.
Ce soutien intervient dans un contexte de mobilisation récurrente dans la santé privée. Après les revalorisations partielles du Ségur de la santé jugées insuffisantes, de nombreux collectifs de soignants dénoncent un sous-investissement chronique et une course à la rentabilité.
La vidéo de la dirigeante cégétiste devient le symbole d’une intensification : passage d’une grève locale à une contestation plus structurée et relayée au plus haut niveau syndical.
Pour les équipes mobilisées, ce geste renforce la détermination : il montre qu’elles ne sont plus isolées face à un grand groupe privé. Il interpelle aussi l’ensemble du secteur sur la nécessité de négociations sérieuses pour éviter une dégradation continue de la prise en charge des patients et la saturation des services publics voisins (comme l’hôpital de Perpignan).
Alors que les assemblées générales se poursuivent et que les barrages filtrants ou actions se multiplient, le conflit chez Elsan illustre les fractures plus larges du modèle de santé français :
entre logique marchande et service public essentiel. Le soutien apporté par Sophie Binet pourrait bien marquer le début d’une vague de convergences plus larges dans l’hospitalisation privée.Solidarité avec les soignants en lutte. La visibilité nationale acquise ces derniers jours oblige désormais toutes les parties à ne plus ignorer ces revendications légitimes.
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