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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 13:08

La Revue du vin de France : "Quand, où et pourquoi avez-vous créé le mouvement Slow Food ?
Carlo Petrini : J’ai créé le Slow Food le 9 décembre 1989 à Paris, près de l’Opéra Comique, à 150 mètres de la maison qui fut celle de Brillat-Savarin, l’auteur de Physiologie du goût, tout près de l’actuel bistrot d’Alain Ducasse, Aux Lyonnais. Cette année-là, la France fêtait le 200e anniversaire de la Révolution française, qui fut aussi une vraie révolution de la restauration. La restauration bourgeoise naquit en effet lors de cette période, remplaçant le court-bouillon des tavernes. En 1800, Paris comptait 120 restaurants, la plupart près du Palais-Royal. Quand fut publiée Physiologie du goût en 1825, il y en avait 2 000 ! Ce fut une révolution enthousiasmante, similaire au développement d’Internet aujourd’hui. Tous les codes étaient bouleversés."

Carlo Pétrini https://www.larvf.com/,vins-carlo-petrini-slow-food-alain-ducasse-malbouffe-fastfood-italie-turin,2001118,4245405.asp

Addio, Carlo.

Lentement.Je venais de faire griller une côte de porc noir de chez un éleveur des Albéres que je respecte encore, avec un peu d’ail, de romarin et ce silence respectueux que mérite une viande qui a vécu dignement. J’ai ouvert une bouteille de Rancio sec d'Alain Pottier, et c’est là que la nouvelle est tombée : Carlo Petrini s’était envolé.

Comme ça. Sans tambour ni trompette, lui qui avait passé sa vie à dire qu’il fallait prendre le temps.Putain de monde.Je me suis assis, j’ai regardé le verre. Le vin avait cette robe sombre, presque noire, avec des reflets de brique ancienne. J’ai pensé à lui. À ce gros ours barbu qui parlait de nourriture comme d’autres parlent de révolution.Parce que pour lui, c’était la même chose.

Carlo n’était pas un gentil utopiste à salade.

C’était un homme qui avait compris très tôt que le capitalisme avait trouvé le moyen le plus pervers de nous baiser : en nous faisant bouffer de la merde vite fait. McDonald’s sur la Piazza di Spagna, c’était pas juste un fast-food pour lui. C’était l’étendard de la barbarie moderne. Alors il a inventé Slow Food. L’escargot contre le burger. La lenteur contre l’urgence. Le plaisir contre la consommation.J’ai toujours aimé ça chez lui. Il ne faisait pas de morale de curé. Il disait : mangez bien, mangez juste, et vous emmerderez déjà pas mal de gens au passage.

Je l’avais croisé plusieurs fois.

La dernière, c’était au Forum Gastronomic de Girona en 2015. Nicolas Caudeville l’interviewait. Moi, je fumais un cigare un peu plus loin en écoutant. Il parlait comme il mangeait : avec appétit, avec mémoire, avec une colère sourde mais joyeuse. Il disait que la grande cuisine devait arrêter de se regarder le nombril et commencer à regarder les champs, les paysans, les semences.

Qu’un chef qui sert une langoustine à 85 euros pendant que le pêcheur crève, c’est pas un artiste, c’est un complice.

Plus tard, j’avais assisté à son débat dans L’Archipel Contre Attaque avec Régis Marcon et Jean Lhéritier. Ça chauffait. Marcon, avec son élégance de montagne, et Lhéritier, droit dans ses bottes. Carlo les poussait dans leurs retranchements, pas pour les humilier, mais pour les obliger à aller plus loin, disant à propos des chefs « Vous êtes des artisans d’exception, leur disait-il, mais si vous ne défendez pas le système qui produit vos matières premières, vous finirez par servir des fantômes dans des assiettes vides. »

Ils s’écoutaient. Parce que Petrini, on l’écoutait. Pas par politesse. Parce qu’il avait cette rareté aujourd’hui : l’autorité morale sans l’aigreur.

Moi qui ai passé ma vie à fréquenter les cuisines et les cadavres, je peux te le dire : il y a peu d’hommes qui ont compris que la gastronomie était un acte politique. Carlo en faisait partie. Il défendait une nourriture saine, propre et juste, comme il disait.

Trois mots simples qui font trembler tous les industriels de la malbouffe.

J’ai toujours gardé, quelque part dans mes affaires, ce petit escargot doré qu’il m’avait filé un jour en riant. « Pepe, m’avait-il dit, toi qui marches vite quand tu poursuis les salauds, apprends au moins à manger lentement. »Ce soir, j’ai mangé lentement.J’ai levé mon verre vers Bra, vers le ciel piémontais.Addio Carlo.Et vole lentement, vieux frère.

Là où tu es maintenant, j’espère qu’ils servent du vin qui a du temps dans les jambes, des pâtes al dente et des conversations qui durent jusqu’à l’aube.

Quant à nous… on continue. L’escargot avance encore. Lentement. Mais sûrement.Et merde à ceux qui ont encore faim de vitesse.

 

 

Président / Fondateur slowfood Carlo Petrini forum gastronomique ITW Nicolas Caudeville à l'invitation de Pep Palau et Jean Lhéritier, le président et créateur de slow food international Carlo Petrini est venu au forum gastronomique rencontrer dans le cadre d'une conférence intitulé "L'alliance des chefs" le chef trois étoile Régis Marcon: il nous a gentiment accordé une interview

1 Conférence Forum Gastronomique Girona Carlo petrini,Régis Marcon, Jean Lhéritier 13:30-14:30 Carlo Petrini, Régis Marcon (President Slow Food - Restaurant Régis & Jacques Marcon) L'aliança dels xefs / La alianza de los chefs / The Chefs' Alliance Presenta: Jean Lheritier - Auditori / Auditorio/ Auditorium

2Conférence Forum Gastronomique Girona Carlo petrini,Régis Marcon, Jean Lhéritier 13:30-14:30 Carlo Petrini, Régis Marcon (President Slow Food - Restaurant Régis & Jacques Marcon) L'aliança dels xefs / La alianza de los chefs / The Chefs' Alliance Presenta: Jean Lheritier - Auditori / Auditorio/ Auditorium

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21 mai 2026 4 21 /05 /mai /2026 22:19

    "La plus inquiétante jeunesse est celle qui n'a pas d'opinions extrêmes."

 Comte de Chambord 

Elne, ce vieux bastion catalan posé entre mer et montagne.

En ce mois du 30 avril 2026, Steve Fortel, nouveau maire d’Elne, s’est exprimé en direct sur l’émission « L’Archipel Contaque Attaque », depuis le restaurant Au Cochon Hardi. Élu au second tour avec 48,12 % des voix à la tête de la liste « Elne à Cœur », il succède à une équipe municipale qui dirigeait la commune depuis une vingtaine d’années.

À quarante-deux ans, chef d’entreprise (dirigeant des Ets. Vincoeur Catalan, cave et commerce de vins), marié et père de famille, Steve Fortel a fait ses premiers pas dans la vie publique par l’associatif local avant de se lancer dans la campagne municipale.

Dans cet entretien, il a dressé un état des lieux de la situation à son arrivée à la mairie.

Il a évoqué les constats faits sur la gestion précédente, les dossiers en cours et les difficultés observées dans la commune : entretien de l’espace public, fonctionnement des services, état du centre-ville et questions de sécurité ou de cadre de vie.Il a ensuite présenté les priorités de sa mandature : la maîtrise de l’urbanisation, la redynamisation du cœur de ville, la propreté, la sécurité quotidienne, la valorisation du patrimoine (cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie, remparts) et l’amélioration de la vie de tous les jours pour les habitants d’Illibéris.

Elne, ville catalane des Pyrénées-Orientales d’environ 9 000 habitants, porte une histoire dense inscrite dans ses pierres. Steve Fortel aborde sa fonction avec le regard d’un entrepreneur local attaché au territoire. Son discours reste pragmatique, centré sur la gestion quotidienne et le retour à un certain ordre dans les affaires de la cité.Cette intervention constitue l’une des premières prises de parole publiques détaillées du nouveau maire depuis son élection de mars 2026. Les mois à venir diront dans quelle mesure ces orientations se traduiront dans les faits.

 

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19 mai 2026 2 19 /05 /mai /2026 08:15

La médiathèque de Perpignan accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, premier titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes.
Cette collection inaugure une expérience singulière : celle d’une nuit passée dans la solitude d’un site historique ou de mémoire, déserté de toute présence humaine. Lorsque les portes se ferment au public, que le silence s’installe et que le lieu reprend son souffle, le poète s’imprègne de cette atmosphère pour en livrer, au matin, la trace poétique.

Ruscino aurait pu être une des "villes invisible " d'Italo Calvino , parce qu’antiquement romaine, (mais pas que...) Elle est un espace disparu parce qu'on a voulu l'effacer! La via Domitia sur le coté duquel elle était située, a fini par disparaître elle aussi, mais bien plus tard. Alors qu'elle est le mystère de la disparition de Ruscino, comme dans le roman de Pérec: non. Dans ce cas, il ne s'agit pas de la disparition d'une voyelle, mais de la volonté d'effacement des mémoires d'un ensemble urbanistique puissant. Mais surtout dans l'espace romain : il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne. Le dirigeant de Ruscino avait choisi le mauvais camp, celui de Marc-Antoine et Cléopâtre. Pour que Ruscino survive, eut-il fallu que celui-ci triompha à la bataille d'Actium face à Octave...Vae Victis...

Alors, pour aller à la recherche de ce qui a disparu, il y a en général deux méthode, l'archéologie et la littérature, et dans la littérature la poésie...

Mais voilà que sur le site, il y a un musée qui n'a jamais ouvert, Alain Pottier aède moderne par sa poésie veut passer une nuit, comme un songe d'hiver en quête des fantômes de cette histoire et en rapporter quelques vers de l'autre côté: normal pour un ancien vigneron !

Il se fait même producteur de vers, en lançant sa collection dont "Rus 2026.2" et le premier volume d'une collection qui s'intitule "Dans ce qui ne se voit pas" aux éditions Trabucaire

Prochainement en mai, notre voyageur de l'invisible fera une présentation en la médiathèque principale de Perpignan avec son maquettiste, une chanteuse et son violoncelle , ainsi qu'une pincée de lecteurs, et nous l'espérons bien-sûrs un public nombreux et enthousiaste !

Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
Perpignan :La médiathèque accueillera le 19 mai à 18 h 30 le poète Alain Pottier pour la présentation de son nouvel ouvrage, Poème épigraphique du site de Ruscino, 1er titre de la collection Poésie de mémoires / Poésies nocturnes. interview par Nicolas Caudeville
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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 12:49

De plus en plus de rapt de bancs font qu'ils disparaissent de l'espace urbain et particulièrement du centre ville ou alors il y a une concentration comme la place au-dessus de la place Rigaud . Mais la place Rigaud ne possède pas de bancs (et encore moins de tables) et sont obligés de s'assoir en terrasses des commerçants en payant des consommations. 

Alors bien qu'ils aient cour dans le triangle situé entre le Campus Mailly , la place Rigaud (où est située la bibliothèque de droit) et la place République (théâtre municipal qui tient désormais lieu d'amphithéâtre ) point de lieu d'urbanité comme des bancs publics ou des tables qui leur permettraient d'étudier au grand air et de profiter l’environnement urbain: résultat, ils ne font que passer!

On peut dire que la ville manque à sa mission publique et ceux depuis Jean-Marc Pujol l'ancien maire. Alors on brandit que le mobilier urbain est un point de fixation de la "canaille" , SDF ou dealer . Lorsqu'on ne sait pas gérer un problème, on le supprime pas en le réglant, mais en éliminant les supports qui en sont le prétexte...

Pas de bancs, mais des voitures, puisque la nature a horreur du vide ! 

Là où il n'y a rien, il y aura bientôt quelque-chose. Ce fut d'abord les voitures de la police municipale qui se garèrent devant le commissariat. Mais bien que le commissariat ait disparu, les voitures de la police municipales s'y gare encore par habitude. Puis petit à petit, les voitures et les camions de livraison, de travaux, de personnes privées : bref ça se rempli en détourant l'objectif d'une place. Tout ça par manque de savoir-gérer.  Alors, il n'est point la peine de faire des discours sur des ouverte de parcs modernes et rayonnants, lorsqu'on est pas foutu de gérer le normal...

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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 19:41

   " La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert."

André Malraux

Dans l’arrière-salle chaleureuse du Cochon Hardi, à Perpignan, lieu devenu familier des débats locaux, Michel Pinell était l’invité de Nicolas Caudeville pour une émission en direct de L’Archipel contre-attaque. Loin des plateaux formatés et des promotions convenues, l’entretien a permis de présenter Dialogues avec Jean, ouvrage auto-produit consacré au peintre Jean Capdeville (1917-2011), tout en élargissant la réflexion sur l’état de la culture dans les Pyrénées-Orientales et en Occitanie.

Ce cadre modeste, autour de la charcuterie catalane et des vins du terroir, offrait un contraste saisissant avec la profondeur du sujet abordé : la trajectoire d’un artiste qui a choisi la marge plutôt que la reconnaissance institutionnelle.Jean Capdeville, le « Diogène des Albères »

Né en 1917 à Saint-Jean-de-l’Albère, Jean Capdeville appartient à cette génération marquée par les tragédies du XXe siècle. Orphelin de père dès l’âge de deux ans – tué pendant la Grande Guerre –, élevé par une mère en deuil permanent, il sera ensuite prisonnier de guerre pendant quatre ans lors du second conflit mondial. C’est « par désœuvrement », vers 1947, qu’il commence à peindre, avant d’en faire l’activité centrale de son existence.

Installé à Céret, haut lieu historique de l’art moderne depuis l’avant-guerre (Picasso, Braque, Gris, Manolo…), Capdeville opère une évolution radicale : du paysage figuratif discret vers une abstraction lyrique dominée par le noir. Un noir mat, dense, presque charnel, qu’il travaille comme une matière spirituelle. Profondément marqué par la pensée de Simone Weil, notamment La Pesanteur et la Grâce, il construit une œuvre de la disparition, du retrait et du deuil. Reconnu par la galerie Maeght, fréquentant les ateliers de gravure parisiens dans les années 1960-1970, il refuse pourtant la carrière que lui ouvrait le marché de l’art et regagne volontairement son mas des Albères.

Cette posture de refus, rare dans le monde de l’art contemporain, fait de lui une figure singulière : un artiste qui a préféré la fidélité à soi-même à la visibilité médiatique et financière. Son œuvre reste encore trop peu connue du grand public, malgré une exposition marquante au musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan en 2018, qui confrontait ses toiles à celles de son neveu, Jacques Capdeville.

Michel Pinell : d’un choc esthétique à la transmission

Michel Pinell incarne un parcours atypique. Ancien banquier, il connaît en 1993 un véritable basculement esthétique qui le conduit à devenir collectionneur éclairé puis adjoint à la culture de la Ville de Perpignan sous le mandat de Jean-Marc Pujol. Son passage à ce poste reste dans les mémoires locales pour son volontarisme et son soutien affirmé aux artistes du territoire, avant une démission en 2019.Dialogues avec Jean, préfacé par Joséphine Matamoros (ancienne conservatrice des musées de Céret et Collioure), est le fruit de longues conversations enregistrées avec le peintre.

Plus qu’une simple monographie, l’ouvrage restitue la parole vivante de Capdeville, éclaire son processus créatif et sa vision du monde.

Auto-édité et diffusé dans les librairies indépendantes du Roussillon (Torcatis, Llibreria Catalana, Le Cheval dans l’Arbre…), il constitue un acte de résistance modeste mais déterminé contre l’oubli programmé des figures locales exigeantes.

La culture en question : historique, bilan critique et prospective inquiète

L’entretien a rapidement débordé le cadre du livre pour aborder la situation plus générale de la vie culturelle dans le département et la région. La référence à Serge Regourd, président de la commission Culture de la Région Occitanie et auteur de SOS Culture (2021), n’était pas fortuite. Ce juriste, professeur émérite de droit public, y dresse un constat sévère des impasses des politiques culturelles néolibérales : marchandisation, événementiel spectaculaire, affaiblissement des structures de création et de diffusion, et recul de l’ambition artistique au profit d’une logique d’animation sociale.

L’échange a ainsi suivi trois temps :

Historique : du rôle central de Céret dans la modernité picturale du début du XXe siècle à la politique culturelle décentralisée de l’après-1981, puis aux recompositions post-décentralisation et à l’ère des « métropoles » et des « clusters créatifs ».
Bilan : si le tissu associatif et le patrimoine restent riches, les faiblesses structurelles sautent aux yeux – sous-financement chronique des lieux de création, précarité des artistes, concentration des moyens sur quelques grands équipements, et fragilisation accentuée par la crise sanitaire et les contraintes budgétaires locales.
Prospective : comment redonner à la culture sa fonction critique et émancipatrice plutôt que de la réduire à un outil de marketing territorial ? Comment mieux soutenir la création vivante et transmettre les œuvres exigeantes face à la pression des algorithmes et de la culture de masse numérisée ?

Dans un département marqué par de fortes inégalités sociales et un sentiment d’abandon périphérique, la question culturelle n’est pas secondaire.

Elle touche à l’identité, à la cohésion sociale et à la capacité collective de résister à l’uniformisation.Par sa présence au Cochon Hardi, Michel Pinell a rappelé, avec modestie et conviction, qu’une culture vivante passe d’abord par la transmission fidèle des œuvres et des parcours, loin des effets d’annonce et des subventions conditionnées. Dialogues avec Jean en est une belle illustration.

 

Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
Perpignan : quand un peintre discret rencontre la mémoire culturelle, "Dialogues avec Jean" par Michel Pinell ! entretien avec Nicolas Caudeville
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 15:12

Face à l’abstentionnisme galopant — plus de 50 % des Perpignanais qui préfèrent rester chez eux plutôt que de choisir entre les mêmes promesses recyclées —, on a eu l’idée lumineuse d’une Politician Pride.

Parce que rien ne vaut un défilé sur des chars pour redonner goût à la démocratie.

Comme si le problème était que les élus n’étaient pas assez visibles, et pas assez ridicules.Ce samedi de mars 2026, le vent de la Méditerranée charriait encore l’hiver et déjà l’odeur douceâtre des amandes en fleur. Les rues de Perpignan s’étaient habillées en fête, comme une vieille tante un peu ivre qui sort ses plus beaux foulards pour cacher qu’elle n’a plus rien à dire.

Le char rouge et or, taché de pieds noirs, de Louis Aliot ouvrait la marche, majestueux, presque royal. Le maire sortant y trônait, droit comme un homme qui a déjà gagné mais qui veut quand même qu’on l’applaudisse très fort. Il distribuait des petits drapeaux catalans qui tremblotaient lamentablement dans le vent. « Perpignan fière et sûre », proclamait-il. On sentait qu’il y croyait presque.

Un peu derrière, le char vert d’Agnès Langevine tentait le tout pour le tout avec ses fausses fleurs en plastique et ses jeunes militants pleins de bonne volonté. Elle souriait du sourire de ceux qui pensent encore que planter trois arbres va sauver la planète. Très beau. Très photogénique.

Le char bleu-blanc-rouge de Bruno Nougayrède suivait, raide et un peu embarrassé, comme un notable qui s’est trompé de manifestation. Il brandissait des photos du Palais des Rois de Majorque en espérant que le patrimoine fasse oublier le reste.

Puis arrivait, presque timide, le char Changez d’Air de Mickaël Idrac. Sobre, presque trop. Une fenêtre ouverte en guise de programme. Idrac se tenait là, l’air de l’enseignant qui vient d’apprendre que la récréation est finie mais qui essaie quand même. Des tracts s’envolaient comme des promesses qu’on sait déjà condamnées.

Et légèrement en retrait, le char discret de Mathias Blanc, presque invisible dans tout ce cirque. Tons sobres, quelques livres peints, un vague sourire calme. Il donnait l’impression de se demander ce qu’il foutait là, ce qui était, il faut l’avouer, la question la plus honnête de tout le défilé.

Enfin, tout au bout, le grand char neutre de la Démocratie. Magnifiquement vide la plupart du temps. Chacun y montait deux minutes chrono — Aliot, Langevine, Nougayrède, Idrac, Blanc —, saluait mollement la foule, puis redescendait vite, de peur que la Démocratie ne leur demande vraiment des comptes.Les gens regardaient ce spectacle navrant et touchant à la fois. Des vieux blasés, des mères débordées, des ados qui filmaient pour TikTok en se foutant probablement du résultat.

Un abstentionniste pur et dur à côté de moi a lâché, entre deux soupirs : « C’est con, mais j’ai presque envie d’y croire… cinq minutes. »

Ce soir-là, Perpignan n’a pas vraiment voté. Elle a juste fait semblant de respirer un peu différemment, maladroitement, comme on danse avec un ex qu’on n’aime plus vraiment mais qu’on tolère encore le temps d’une chanson.La Politician Pride ne changera probablement rien. Mais au moins, pendant deux heures, la politique aura été un peu plus honnête : un carnaval grotesque, un peu pathétique, où tout le monde fait comme si on s’aimait encore.Et c’était déjà quelque chose.
Un tout petit quelque chose.

 

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14 mai 2026 4 14 /05 /mai /2026 16:45
Cabestany / Médipôle :Les propositions du directeur.... La grève est reconduite....

Nous, les cafoni de la clinique, nous qui lavons les corps, changeons les draps, tenons la main des souffrants , nous n’avons plus de nom.

On nous appelle « le personnel soignant ».

Mais nous savons bien ce que nous sommes : des mains qui travaillent pour rien et des dos qui se courbent jusqu’à la terre.

Depuis le vingt-quatre avril, à Médipôle Saint-Roch de Cabestany, nous avons dit : ça suffit.

Nous avons planté nos piquets comme on plante des croix sur une tombe trop petite.

21 jours déjà.

21 jours que nous marchons sous le soleil et sous la pluie, que nous dormons mal, que nous mangeons peu, que nous nous regardons dans les yeux en nous demandant qui tiendra jusqu’au bout.Ils nous parlent de chiffres, les messieurs d’Elsan. Ils parlent de rentabilité, de productivité, de prime d’intéressement qu’il faut « ajuster ».

Ajuster ! Comme si nos salaires étaient un vêtement trop large qu’on peut rétrécir à volonté. Nous qui voyons les lits pleins, les nuits sans fin, les collègues qui craquent et qu’on ne remplace pas. Nous qui savons que la fatigue tue plus sûrement que certaines maladies.Et pourtant, le village n’est pas mort.

Mardi soir, le dix-neuf mai, au Parc Guilhem, nous ferons ce que les pauvres ont toujours fait quand ils n’ont plus que leur misère à partager : nous nous tiendrons ensemble.

Mardi 19 mai
🕕 De 18h à 22h
📍 Parc Guilhem à Cabestany

Ce ne sera pas une fête. Ce sera une veillée. Une veillée de vivants qui refusent de se laisser enterrer. Il y aura de la musique, parce que le chant est la dernière chose qu’on nous enlève. Il y aura du pain et du vin, parce que le ventre vide ne tient pas longtemps la colère. Il y aura surtout des visages. Des visages de soignants, de voisins, de vieux, de jeunes, de mères qui ont eu peur pour leurs enfants à la clinique. Nous nous regarderons. Nous nous parlerons. Et pour une fois, ce ne sera pas à travers une vitre ou un téléphone.

Tous les sous que nous ramasserons iront directement dans la caisse de solidarité.

Pas un centime pour les beaux discours. Rien que pour ceux qui tiennent le piquet, pour ceux qui ont peur de ne plus pouvoir payer le loyer, pour ceux qui ont déjà les yeux creusés par la fatigue.On nous dit que c’est inutile. Que les cliniques privées sont comme ça maintenant, que le monde est ainsi fait. Nous répondons comme les anciens de Fontamara : « Le monde est ainsi fait… jusqu’à ce qu’on le défasse. »Nous ne sommes pas des héros. Nous sommes seulement des gens qui ne veulent plus courber l’échine jusqu’à terre.

Nous voulons pouvoir soigner sans nous détruire.

Nous voulons un salaire qui ne soit pas une insulte à notre peine.Alors venez. Venez nombreux mardi soir au Parc Guilhem. Pas par pitié. Par dignité. Parce que demain, c’est peut-être votre mère, votre enfant, ou vous-même qui serez dans ce lit, et qu’il vaudra mieux qu’il y ait encore quelqu’un debout à côté, avec des mains qui ne tremblent pas de fatigue et de colère.

On ne lâche rien.
Nous tiendrons.
Comme toujours, nous tiendrons ensemble.

 

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14 mai 2026 4 14 /05 /mai /2026 09:57

On ne sait pas ce qui a préludé à l'arrêt de la gréve à la clinique St Pierre, il y a un dessin en IA qui est tellement encombré qu'à part une proposition acceptable de la direction, sans réelles précisions (sans quoi, j'aurai raté un épisode même si les demandes des établissements n'étaient pas toute à fait les mêmes) . À Médipôle, on continue. Donc les revendications n'ont pas été entendu, ou Valéry Folcher est plus soucieux du bien être des actionnaires que monsieur Coulon à St Pierre. À moins que ce soit la même ruse que dans l'épisode de la mythologie de Rome des "Horaces et des Curiaces https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Horaces_et_Curiaces/178849 , soit diviser pour mieux régner en espérant que l'abandon de l'un précipitera l'abandon de l'autre : "vous voyez bien que vous êtes seules !" 

Cela n'annule pas m'a vidéo et le texte d'hier , cela le renforce : puisque la gréve à s'arrête, jusqu'à la prochaine fois, puisque la logique capitaliste d'Elsan garde son même objectif, les bénéfices...

Suite à la lecture de "Lettre ouverte d'une aide-soignante" que le site l'Archipel contre attaque s'est empressé de publier, j'ai été touché... https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2026/05/lettre-ouverte-d-une-aide-soignante-a-medipole-saint-roch-de-cabestany.html
Et la question que je me suis posé : puis-je faire plus que ce que j'ai déjà fait; ou plutôt non puis-je faire mieux ? Parce que je suis encore patient de Médipole et je j'ai été hospitalisé à la Clinique St Pierre, et que j'ai vu ses plonger dans la douleur pour m'arracher à mes blessures de santé pour qu'elles ne deviennent que de discrètes cicatrices ... Mais, je ne suis pas le seul. La majorité de la population a eu besoin, a besoin, aura besoin des #soignants un jour. Et si ce n'est soi-même, c'est l'un de ses proches. En fait, eux c'est nous, mais dans une version qui s'interdit de ne pas dépasser au quotidien. Avec la conscience aigu que s'ils tombent, c'est la société entière qui basculera avec eux. Ce sont des murs porteurs. Aussi je suis étonné de ne pas voir plus de monde à leur chevet, à les rejoindre sur les piquets de gréves, à donner, au moins du temps. Et même à manifester à leur côté, au moment où l'on voit le vol noir des financiers siffler sur nos têtes, et l'on entend, le cri pas si lointain de l'Antavirus...Ce n'est pas parce qu'une cause est toute prête de soi, qu'on ne puisse se manifester pour elle...

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13 mai 2026 3 13 /05 /mai /2026 18:15


Je  suis aide-soignante depuis le 23 septembre 2003 à Médipôle Saint-Roch de Cabestany.

Je suis entrée dans cette clinique à l’âge de 21 ans.
À cet âge-là, on arrive avec des rêves, des peurs, beaucoup d’envie et parfois peu de certitudes. Moi, j’ai tout appris ici. J’y ai appris le métier, le soin, la douleur des familles, les regards des patients, les urgences, les silences, les sourires aussi.

J’ai rencontré des centaines de personnes. Des patients qui m’ont marquée à vie. Des collègues devenus bien plus que des collègues. Parce qu’être soignant, ce n’est pas simplement exercer un métier. C’est vivre ensemble des moments que peu de gens peuvent comprendre. La souffrance, la mort, l’espoir, les larmes, les éclats de rire au milieu de journées impossibles… Tout cela crée des liens forts. Une deuxième famille.
Dans cette clinique, j’ai grandi.
Je suis devenue femme.
Je suis devenue maman.

Pendant 22 ans, j’ai donné une partie de moi-même à ce métier.

Parce que le soin, avant tout, c’est l’humain.
Nous, les soignants, nous sommes là pour tenir des mains, rassurer des inconnus, accompagner des vies parfois jusqu’à leur dernier souffle. Nous sommes là quand les familles craquent, quand les patients souffrent, quand la peur envahit les chambres de la clinique.
Et sans l’humain… que reste-t-il du soin ?
Rien.

Aujourd’hui pourtant, je suis en grève.

Pas par plaisir.
Pas par colère seulement.
Mais parce qu’à un moment donné, aimer son métier ne suffit plus pour vivre dignement.
Le groupe Elsan refuse de reconduire notre prime de 1500 euros.
Après 22 ans d’ancienneté, je gagne aujourd’hui environ 1700 euros par mois.
1700 euros pour des week-ends travaillés.
Pour les jours fériés loin de ma famille.
Pour les nuits sans sommeil.
Pour les corps qu’on relève.
Pour les douleurs qu’on absorbe sans jamais les montrer.
Je suis mère célibataire, avec la garde de ma fille de 13 ans à 100 %.
Je suis séparée depuis septembre 2019.
Je suis propriétaire de ma maison, cette maison que je me bats chaque mois pour conserver.

Cette prime n’était pas du luxe.

Elle me permettait simplement de payer mon foncier. D’acheter mon bois de chauffage pour l’hiver. D’assurer une vie stable et digne à ma fille.
Aujourd’hui, derrière la blouse blanche, il y a une femme épuisée de devoir toujours choisir entre sa vocation et sa survie.
On nous applaudit dans les crises.
On nous appelle “héros”.

Mais une fois les lumières éteintes, il faut rentrer chez soi, faire les comptes, avoir peur des factures, peur de ne plus pouvoir tenir.

Je continuerai à aimer mon métier.
Je continuerai à aimer mes collègues.
Je continuerai à prendre soin des patients avec toute l’humanité que ce métier exige.
Mais aujourd’hui, je refuse qu’on nous demande de tout donner… sans même nous permettre de vivre dignement.
Nous ne demandons pas des privilèges.
Nous demandons simplement du respect.
Le respect de nos sacrifices.
Le respect de nos années de service.
Le respect de notre humanité.

Parce qu’un soignant qui souffre en silence reste un humain avant tout.

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13 mai 2026 3 13 /05 /mai /2026 12:56

"Science sans conscience budgétaire, n'est que ruine et larmes !"

Proverbe Picard

Le président Yvan Auguet à l'extrême gauche de la photo, puis les historiens Nicolas Marty, Jérôme Quaretti,Pierre Singaravélou et Quentin Deluermoz au dernier festival Confrontation cinéma / histoire avec pour théme "nos futures"

Perpignan, mai 2026. Pendant que les palmiers du campus Moulin-à-Vent se balancent mollement sous le vent méditerranéen, l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) vient de basculer officiellement en « contrôle renforcé » du rectorat. Traduction administrative : on va vous serrer la ceinture jusqu’à ce que les comptes crient grâce. Ou plutôt jusqu’à ce que les personnels crient tout court. 

Le président Yvan Auguet a réuni plus de 400 agents le 12 mai dans une ambiance électrique.

Le 5 juin, le conseil d’administration doit voter un plan de « retour à l’équilibre ». Sinon ? La mise sous tutelle, ce doux euphémisme pour « l’État reprend les clés et vous traite comme un gamin qui a dépassé son découvert ». Du côté des troupes, l’inquiétude le dispute à la lassitude. Une enseignante résume l’ambiance : « Nous passons en phase austérité + + +. En France, 21 universités sont déjà sous contrôle renforcé. » On sent poindre le syndrome du dernier carré avant la reddition.

Un peu d’histoire : de l’université royale à la fac low-cost

Fondée en 1350 par Pierre IV d’Aragon, l’université de Perpignan a connu des siècles plus glorieux. Fermée pendant la Révolution, ressuscitée au XXe siècle, elle devient UPVD en 1990, fière de ses 15 sites, ses 9 500 étudiants (dont 1 600 internationaux), ses 480 enseignants-chercheurs et 440 BIATSS. 

 

Aujourd’hui, elle symbolise surtout la grande inversion :

on passe d’un service public ambitieux à une structure qu’on gère comme une PME en redressement judiciaire. Le coupable désigné ? La masse salariale, qui flirte avec les 85,7 % du budget alors qu’un décret de décembre 2024 (ou 2025 selon les sources) impose un plafond à 83 % (85 % pour les universités à dominante SHS). 

Résultat : gel des recrutements, gel des revalorisations et primes, réduction du volume d’heures pour l’offre de formation 2028. On parle même de fermer des masters qui n’atteignent pas le seuil magique d’étudiants. Vive la Via Domitia… version low-cost.

Partout pareil : le grand étranglement national

Perpignan n’est pas un cas isolé, c’est le symptôme. À Lyon 2, on vote un plan d’austérité de 4 millions d’euros, dont 3 millions sur les personnels. Hausse des frais pour étudiants extra-européens en bonus. À Rennes 2, même tango budgétaire. Lamri Adoui, président de France Universités, prévient : l’ensemble des établissements pourrait cumuler un déficit d’un milliard d’euros à horizon 2027. 

Le 9 janvier 2026, le ministre Philippe Baptiste lançait des « Assises du financement des universités » avec des mots dignes d’un discours de vœux : « renforcer durablement la confiance entre l’État et les universités » tout en restant « compatibles avec nos engagements en matière de finances publiques ». Traduction : on va objectiver la misère et vous demander de faire plus avec moins, encore. 

Le décret de soutenabilité financière de fin 2024 a tout changé :

on ne regarde plus seulement le déficit, mais la trésorerie, le fonds de roulement et surtout ce fameux ratio de masse salariale. Résultat ? Presque 100 % des universités ont voté un budget initial déficitaire pour 2026. Miracle statistique : en changeant les règles, on fait disparaître les « difficultés » sur le papier. Sur le terrain, les personnels s’épuisent et les formations rétrécissent. 

Motion unanime et désespoir collectifLa gouvernance de l’UPVD a fait adopter à l’unanimité une motion contre « les contraintes iniques » qui pèsent sur le service public.

Le SNESUP-FSU dénonce des impacts « délétères » sur les équipes, les étudiants et la qualité des formations. Le syndicat regrette qu’on brandisse la menace de tutelle alors que l’établissement n’est pas (encore) en déficit abyssal.Un personnel non enseignant appelle à la « cohésion » et au « travail collectif ». Noble sentiment. On imagine déjà les réunions de crise où tout le monde s’accorde pour dire que c’est la faute de l’État, des retraites, du SMIC, de l’énergie, des étudiants qui osent être plus nombreux, et surtout de ces satanés salaires qui refusent de se réduire tout seuls.

La satire de l’année : former l’élite de demain… avec les moyens d’hier

On nous explique que l’université doit être « responsable » et « compatible avec les finances publiques ». Traduction : l’État sous-finance depuis des années (non-compensation des revalorisations, explosion des charges pensions, etc.), impose de nouveaux ratios, puis s’étonne que tout le monde coule et exige des plans d’austérité. 

Résultat ? On va former les ingénieurs, les enseignants, les chercheurs et les citoyens de 2035 en réduisant les heures, en gelant les postes et en augmentant les frais pour les étrangers.

Brillant plan de souveraineté nationale

.À Perpignan, on est passé de la Via Domitia – route mythique de l’Empire romain – à la Via Austeritas, route à sens unique vers la précarité. Les personnels s’inquiètent à raison. Les étudiants, futurs cobayes de cette université low-cost, n’ont pas encore compris qu’ils paieront l’addition deux fois : en frais et en qualité.

Pendant ce temps, à Paris, on organise des assises. C’est bien connu : quand le navire prend l’eau, le meilleur remède est de réunir un comité pour débattre de la forme des seaux. Bienvenue en phase austérité + + +. Prochain niveau : + + + +.

On vous tiendra au courant depuis le campus. Apportez votre propre gilet de sauvetage.

 

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