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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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31 mars 2026 2 31 /03 /mars /2026 21:13

« Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et les marins.»

Aristote

" Un bon marin n'est pas celui qui sort par tous les temps, c'est celui qui sait par quel temps ne pas sortir" adage sans doute relevé dans l'Almanach du Marin Breton.

Les dernières municipales à Perpignan ont démontré que des candidats enfants "prendaient" les électeurs pour des enfants alors que plus de 50% d'entre eux ont démontré qu'ils étaient adultes, puisque ne croyant pas à la fable de la dernière "représentation démocratique", ils restèrent sur leur Aventin et n'allèrent pas voter! 

Il y a près de 40 ans une série animée à destination des enfants contenait entre les lignes plus de signifiant politique que l'actualité! En creux d'Esteban, personnage principal, il y avait dans l'ombre l'ambigu capitaine Mendoza... https://mco.fandom.com/fr/wiki/Mendoza

Thèse:
Dans Les Mystérieuses Cités d’Or, le capitaine Gomez de Mendoza n’est pas un simple antagoniste. Il incarne avec une fidélité stupéfiante l’idéal du Prince de Machiavel, tout en étant, dans une lecture marxiste complémentaire, l’archétype de l’ouvrier spécialisé marin et pilote : un prolétaire hautement qualifié dont la force de travail (maîtrise de la navigation, du pilotage, de la mer) devient l’arme décisive de l’accumulation primitive capitaliste au service de la conquête coloniale.

1. La fin justifie les moyens : un pragmatisme machiavélien absolu

Machiavelli écrit au chapitre XVIII : « Un prince doit donc apprendre à ne pas être bon, et à en user ou non selon la nécessité. »
Mendoza l’applique à la lettre. Son objectif unique — s’emparer des Cités d’Or pour s’enrichir et s’élever dans la hiérarchie espagnole — justifie tous les moyens :  Il kidnappe Zia, ment à Esteban, trahit ses propres soldats quand ils deviennent un fardeau.  
Il s’allie temporairement avec les enfants quand cela sert sa quête, puis les abandonne sans remords dès que leur utilité diminue.  
Face aux Olmèques ou aux Mayas, il n’hésite ni à employer la torture ni à feindre la négociation.

Pour lui, la morale n’est qu’un luxe de ceux qui ont déjà le pouvoir. Comme le renard et le lion de Machiavelli, il sait être cruel quand il le faut et trompeur quand la force seule ne suffit pas.

2. Mieux vaut être craint que aimé

Chapitre XVII du Prince : « Il est beaucoup plus sûr d’être craint que aimé, si l’on ne peut être les deux à la fois. »
Mendoza ne cherche pas l’affection de ses hommes ni des indigènes. Il impose le respect par la terreur et la détermination. Ses subordonnés le suivent moins par loyauté que par peur de sa colère ou de son ambition dévorante. Même lorsqu’il se montre « humain » (notamment dans la seconde partie de la série où il devient presque un allié de circonstance), c’est toujours par calcul : il a compris que la peur seule, sans un minimum de reconnaissance, finit par se retourner contre le prince.

3. L’apparence de la vertu : le masque du bon serviteur du Roi

Machiavelli insiste : le prince doit « paraître » clément, fidèle, humain, religieux, tout en étant prêt à agir exactement à l’opposé.
Mendoza se présente constamment comme le loyal officier de la Couronne d’Espagne, défenseur de la foi et de la civilisation. Il brandit le nom du Roi et de l’Église quand cela lui sert. Pourtant, son véritable maître est son ambition personnelle. Cette duplicité est parfaitement visible dans la façon dont il manipule les autorités coloniales tout en poursuivant son propre trésor. Il est le prince qui « sait bien colorer » ses actions, pour reprendre les mots de Machiavelli.

4. Virtù contre Fortuna : le conquérant qui plie le destin

Machiavelli compare la fortuna à une rivière violente qu’il faut canaliser par la virtù (la force d’âme, l’intelligence politique, le courage).
Mendoza incarne cette virtù dans un environnement hostile : jungles, trahisons, civilisations inconnues, tempêtes, intrigues de cour. Il ne se laisse jamais abattre par l’adversité ; il l’utilise. Quand le destin lui offre Esteban et le médaillon du Soleil, il transforme cette « chance » en levier. Quand tout semble perdu, il trouve toujours une nouvelle ruse ou une nouvelle alliance. Il est le capitaine qui, face à la roue de la fortune, refuse de se soumettre et la fait tourner à son avantage.

5. Vision marxiste : Mendoza, ouvrier spécialisé marin et pilote – figure de l’accumulation primitive

Du point de vue marxiste, Mendoza n’est pas un « prince » de naissance aristocratique. Il est d’abord et avant tout un ouvrier spécialisé : marin de métier, pilote expert, dont le savoir-faire technique (connaissance des courants, des vents, des cartes, du commandement d’un navire) constitue sa seule véritable force de travail.  Dans le contexte historique de la conquête du Nouveau Monde (XVIe siècle), cette compétence prolétarienne hautement qualifiée est mise au service de l’accumulation primitive décrite par Marx dans Le Capital (livre I, section 8).

Le pillage des richesses américaines n’est pas une simple aventure féodale : c’est le moment fondateur du capitalisme, où l’or volé aux civilisations indigènes devient le capital initial qui va financer l’essor bourgeois en Europe. 

Mendoza incarne dialectiquement cette contradiction : 

Prolétaire par son origine : il ne possède rien d’autre que sa force de travail maritime. Sans son navire et ses compétences de pilote, il n’est rien.  
Bourgeois en devenir par sa conscience de classe : au lieu de vendre passivement sa force de travail à la Couronne d’Espagne, il l’instrumentalise avec une lucidité machiavélienne pour s’approprier personnellement les moyens de production symboliques (les Cités d’Or). Il transforme son savoir-faire prolétarien en levier d’enrichissement individuel.  
Ses trahisons, ses alliances tactiques, ses ruses ne sont donc pas seulement machiavéliennes ; elles sont la ruse du travailleur qui refuse l’aliénation et cherche à briser les chaînes de l’exploitation coloniale pour passer de la vente de sa force de travail à la propriété des richesses produites par celle-ci.

En ce sens, Mendoza fusionne les deux théories : il est le Prince de Machiavel parce qu’il est l’ouvrier spécialisé marxiste qui a compris que, dans le mode de production colonial naissant, seule la combinaison de la force (le lion) et de la ruse (le renard) permet au prolétaire qualifié de s’élever et de devenir lui-même exploiteur.Conclusion révisée (version plus percutante et dialectique)

Le capitaine Mendoza n’est pas un méchant de dessin animé. Il est bien davantage : la plus fidèle, la plus vivante et la plus impitoyable incarnation du Prince de Machiavel et, simultanément, l’archétype de l’ouvrier spécialisé marin et pilote que le marxisme place au cœur de l’accumulation primitive. 

Ambitieux sans illusion, cruel sans sadisme inutile, manipulateur sans hypocrisie naïve, il démontre avec une clarté tranchante que, dans un monde où « les hommes sont méchants » (Machiavel) et où règne l’exploitation de classe (Marx), seul celui qui sait allier à la perfection le lion et le renard, la force et la ruse, triomphe de la fortuna et transforme sa force de travail prolétarienne en capital personnel. 

En refusant d’en faire un monstre unidimensionnel et en lui donnant cette complexité fascinante, Les Mystérieuses Cités d’Or glisse, sous ses airs d’aventure pour la jeunesse, une double leçon de machiavélisme et de marxisme d’une rare puissance.

Mendoza n’est ni l’antithèse du héros, ni un simple outil de l’Empire : il en est la version réaliste, politique, implacable et dialectique.

Plus de quarante ans après sa création, il reste le portrait le plus authentique, le plus troublant et le plus moderne du pouvoir à la télévision : un prince qui n’oublie jamais qu’il fut d’abord un ouvrier de la mer.  Un chef-d’œuvre discret qui prouve qu’une série pour enfants peut, parfois, enseigner la dure vérité du pouvoir et de l’exploitation mieux que bien des traités de philosophie ou d’économie politique.

 

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