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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 18:12

"Recette de l’écuelle et viande du pot (Escudella i carn d’olla)
Tout pot-au-feu constitue le spectacle de l’abondance et ressortit à la mémoire la plus téméraire de la faim et de la satiété. (Histoire de famille)"

Les Recettes de Carvalho
Manuel Vázquez Montalbán

Perpignan : l’avenir en grand… et les indemnités en encore plus grand

Ah, Perpignan, ville où l’on ne fait pas semblant. Le 15 mars 2026 ,comme déjà écrit, (mais la pédagogie c'est l'art de la répétition) Louis Aliot est réélu maire dès le premier tour avec 50,61 % des voix, comme un vieux copain qui revient sans même avoir besoin de faire campagne.

Le conseil municipal s’installe le 20 mars, et le 27 mars – parce qu’il faut bien vivre – on vote les indemnités.

Résultat : la liste « Continuons ensemble avec Louis Aliot » (ou « Perpignan, l’avenir en grand », au choix) rafle 43 sièges sur 55.

Stratégie géniale : on garde la garde rapprochée RN historique, et on ouvre grand les bras à tous les transfuges de l’ancienne majorité Pujol (droite LR) et à quelques ex de Romain Grau (macroniste). Jean-Marc Pujol lui-même a publiquement appelé à voter Aliot. C’est beau, la réconciliation… surtout quand elle sent bon les indemnités.

Louis Aliot, figure historique du Rassemblement National (ex-FN), maire éternel, touche toujours ses 5 284,28 € brut par mois, inchangés. La constance, c’est sa marque de fabrique.

Et puis il y a les trois super-adjoints, les vrais piliers, ceux qu’on récompense à la hauteur de leur loyauté. Charles Pons, 1er adjoint en charge de l’Aménagement, l’Urbanisme et le Foncier, garde rapprochée depuis 2020 (ancien conseiller Pujol qui a eu la bonne idée de se rallier très tôt), passe à 4 316,04 € brut mensuels : hausse de 57 %. François Dussaubat, adjoint aux Ressources humaines, Finances et Marchés publics, garde rapprochée historique, même tarif : 4 316,04 €. Frédéric Guillaumon, adjoint au Domaine public, Voirie et Mobilité, garde rapprochée RN de longue date, idem : 4 316,04 €. On ne laisse pas les fidèles sur le carreau.

Les dix-huit autres adjoints, eux, touchent 2 774,59 € brut par mois.

C’est déjà pas mal, surtout quand on arrive avec un CV un peu… souple.

Véronique Deroubaix, adjointe à la Cohésion sociale, Communication et Événements, ex-directrice de la Mission Locale Jeunes pendant trente ans, nouvelle venue 2026, zéro mouvement partisan connu : elle apporte juste sa compétence. André Bonet, adjoint à la Culture et Éducation artistique, garde rapprochée historique depuis 2020, écrivain et Chevalier du Mérite, reste fidèle au poste. Chantal Bruzi, adjointe au Quartier Est, transfuge emblématique : ancienne adjointe à la sécurité sous Jean-Marc Pujol (liste LR 2020), elle était dans l’opposition et a soudainement retrouvé l’amour d’Aliot. Patricia Fourquet, adjointe au Numérique et à l’Intelligence Artificielle, pure nouveauté 2026, sans passé partisan affiché. Isabelle de Noell-Marchesan, adjointe aux Grands Travaux et Centre Technique Municipal, transfuge macroniste ex-Grau. Frédéric Gourier, adjoint au Quartier Sud, garde rapprochée RN, 53 ans et toujours là. Marion Bravo, adjointe à l’Habitat et Relations avec les bailleurs sociaux, présente sur la liste depuis 2020. Xavier Baudry, adjoint au Quartier Ouest, garde rapprochée historique. Fatima Dahine, adjointe à l’Éducation, transfuge majeur : compagne de l’ex-maire Jean-Marc Pujol, elle était sur sa liste puis dans l’opposition avant de rejoindre Aliot. Jean-Yves Gatault, adjoint au Nouveau Programme national de Renouvellement Urbain et Habitat indigne, liste Aliot 2026 sans passé signalé. Isabelle Bertran, adjointe aux Services à la population, sur la liste depuis 2020. David Tranchecoste, adjoint au Quartier Nord, garde rapprochée. Catherine Pujol, adjointe à la Santé, intégrée 2026. Pierre Parrat, adjoint à la Sécurité et à la Laïcité, transfuge emblématique : ex-premier adjoint de Pujol, il a troqué l’écharpe LR contre la belle délégation. Danielle Pujol, adjointe au Centre Communal d’Action Sociale et Égalité Femmes-Hommes, intégrée à la liste Aliot. Jean-Philippe Schemla, adjoint au Quartier Centre, transfuge ex-Pujol. Laurence Pignet, adjointe à la Petite enfance, liste Aliot stable. Philippe Benguigui, adjoint à la Mémoire, Rapatriés et Lutte contre les discriminations, transfuge ex-Grau.Seul petit couac dans la composition : Gérard Raynal (43e sur la liste) est absent, donc Michèle Ricci (44e) le remplace automatiquement et devient conseillère municipale déléguée à la Gestion des équipements funéraires.

Du côté des conseillers municipaux, l’ambiance est plus… austère.

La grande majorité voit ses indemnités baisser de 20 %. C’est la fête pour tout le monde, mais pas pour les mêmes.

Jean-Claude Pinget, conseiller aux Sites archéologiques, liste Aliot depuis 2020. Dominique d’Agnello, conseillère à l’Action façades. Alain Cavaliere, conseiller à la Prospective urbaine et Relations avec les chambres consulaires, transfuge ex-Grau. Jean-Louis Bertrand, conseiller à l’Université et Enseignement supérieur. Marie-Christine Marchesi, conseillère aux Relations avec les associations caritatives. Bernard Lamothe, conseiller à la Sécurité civile, Hygiène, Sécurité et Musée Puig. Christian Aliet, conseiller à la Propreté urbaine et Gestion relation usagers. Christine Gonzalez, conseillère aux Relations avec les associations. Franck Remi, conseiller au Commerce et Artisanat. Hélène Baret, conseillère au Bien-être et Protection animale. Florence Moly, conseillère au Patrimoine. Anne Huberlant, conseillère aux Échanges intergénérationnels seniors. Hervé Abel, conseiller à l’Environnement et Développement durable. Marine Tardieu, conseillère à la Parentalité et Violences intrafamiliales. Clarisse Bourquin, conseillère à la Maison de l’étudiant et Vie étudiante.

Quelques élus ont quand même droit à un traitement un peu moins… spartiate :

Jean-Luc Antoniazzi, conseiller aux Archives et Institut du Roussillon, transfuge de l’ancienne équipe Pujol (rallié en cours de mandat précédent), touche 2 466,31 € brut. Emmanuel Blanc, conseiller à la Politique sportive, liste Aliot, lui, empoche 2 774,59 €, soit l’équivalent d’un adjoint standard.

Et puis il y a les députés qui siègent sans délégation, parce que quand on est déjà à l’Assemblée, on ne vient pas pour les cacahuètes :

Michèle Martinez, députée de la 4e circonscription, RN historique ; Sandrine Such, députée de la 3e circonscription, RN ; Anaïs Sabatini, députée de la 2e circonscription, avocate de formation, RN.Voilà.

Une majorité élargie, stabilisée, où les ralliements croisés sentent bon l’intérêt supérieur de la ville… et surtout celui des portefeuilles.

À Perpignan, l’avenir est en grand, les indemnités aussi, et tout le monde finit par trouver sa place. Même les anciens ennemis.

C’est ça, la politique locale : un grand théâtre où les costumes changent, mais les fiches de paie restent. Rideau.

 

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 13:48

"— ... Toi, toi tu peux le retrouver. Tu sais comment faire, tu es dans la police, non ?
— Détective privé.
— Ce n'est pas pareil ?
— La police fait régner l'ordre. Moi, je me contente de révéler le désordre."


Le Quintette de Buenos Aires
Manuel Vázquez Montalbán

 

Perpignan, le 30 mars 2026 – Enquête de Pepe Carvalho n° 47 : « L’ignorance en sauce catalane »

Je m’appelle Pepe Carvalho. Ex-communiste, ex-agent de la CIA, ex-tout-ce-qui-pue-le-pouvoir. Aujourd’hui je suis juste un privé qui aime les calçots grillés et les vérités qui font mal au ventre. On m’a demandé d’enquêter sur un miracle électoral : comment Louis Aliot, le type qui dirige Perpignan comme un commissariat de série B, a été réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix alors que la moitié de la ville n’a même pas daigné sortir voter.J’ai sorti mon carnet, mon briquet et ma bouteille de Priorat. Et j’ai compris : ce n’était pas une élection. C’était une agnotologie en live. Une usine à fabriquer de l’ignorance fraîche, servie tiède aux électeurs comme un cassoulet de la veille.

Première scène du crime : la fragmentation gauche.
Quatre listes. Quatre ego. Quatre petits chefs qui se sont regardés dans le miroir en se disant « moi je suis l’alternative crédible ». Résultat ? 15,94 % pour Langevine, 13,45 % pour Nougayrède, 9,60 % pour Idrac, 8,94 % pour le dernier en date.
Mathématiquement, ça fait une belle soupe. Politiquement, ça fait un gros « on ne sait pas pour qui voter ».
L’agnotologie appelle ça « production active du doute ». Moi j’appelle ça du suicide assisté avec vue sur les remparts. Les électeurs anti-Aliot ont fini par se dire : « Bah, puisqu’ils ne sont pas capables de s’entendre, c’est que personne ne peut le battre. » Et ils sont restés sur le canapé. Classique.

Deuxième scène : la campagne SOS Racisme intitulée « C’est Louis ou moi ».

Joli slogan. Très punchy. Très « ville antiraciste ».
Le RN a répondu illico : « Touche pas à mon maire ».
Du jour au lendemain, les Perpignanais ne savaient plus s’ils votaient pour un maire ou contre un panneau d’affichage. Plus personne ne parlait du bilan municipal – propreté, sécurité, finances, tout ça. On parlait d’un combat de coqs médiatique.
L’ignorance ne tombe pas du ciel. Elle est sponsorisée.

Ici, elle l’était par les deux camps à la fois. Du grand art.

Troisème scène du crime – et la plus pathétique : la presse locale, complètement flapie. #ilestleclubdelapresque
Ah, la presse locale… Ce bon vieux L’Indépendant et ses cousins de quartier, tous flapis comme des figues trop mûres oubliées sur l’étal du marché de la Loge. Avachis, rincés, vidés de leur dernier jus. Ils ont passé la campagne à pondre des papiers tièdes comme une bullabessa oubliée sur le feu depuis trois jours : des « bilans contrastés » qui ne contrastent rien du tout, des « le maire assume » récités avec la ferveur d’un curé en fin de messe, des photos de rubans coupés et des déclarations officielles recopiées mot pour mot, comme des enfants sages qui recopient le tableau sans jamais lever la main pour poser une question.

Pas une vraie enquête sur le risque d’inéligibilité qui planait discrètement au-dessus de la ville. Pas un seul chiffre sérieux sur la dette, la propreté ou les petits arrangements de la com’ municipale. Pas un reportage qui aurait osé demander si « Perpignan la rayonnante » brillait surtout grâce aux spots publicitaires payés par la mairie elle-même.
Non. Ils ont préféré rester flapis, bien au chaud dans leur rôle de greffier municipal, à ronronner des éloges officiels avec l’enthousiasme d’un chat qui a déjà vu trop de souris.

Résultat : l’ignorance n’a même pas eu besoin d’être fabriquée en grande pompe. Elle a été gentiment livrée à domicile, sur un plateau d’argent, par des plumitifs qui n’avaient plus la force de lever le stylo. Quand la presse locale est flapie à ce point, l’agnotologie n’a plus qu’à s’installer confortablement au café de la poste et commander une tournée générale de doute.

Quatrième scène du crime – l’intello qui arrive après la bataille avec son pavé sous le bras :

Et puis, comme si tout ça ne suffisait pas, voilà que débarque le livre Perpignan déclassement et droitisation, éditions Trabucaire. Un beau pavé bien lourd, bien sérieux, qui lapalissade sur lapalissade et jargonne à mort pour impressionner le populo et le politique qui raffole des réponses toutes faites qu’il peut entendre sans se fatiguer les neurones.
Des concepts bien emballés, du « déclassement » par-ci, de la « droitisation » par-là, des analyses qui sentent bon l’amphi et le PowerPoint. Du grand spectacle intellectuel pour ceux qui aiment qu’on leur explique pourquoi ils ont perdu… une fois que les urnes sont déjà fermées.
Le problème ? Le bouquin sort six ans trop tard. Il aurait dû débarquer en 2020, au tout début du premier mandat d’Aliot, quand le type posait à peine ses valises à la mairie et que l’ignorance était encore fraîche et malléable. Là, il aurait peut-être secoué quelques endormis, fait bouger les lignes, obligé les gens à regarder en face le déclassement et la droitisation en temps réel.

Mais non : il arrive pile en deuxième moitié de campagne, comme Grouchi à Waterloo en recherche de fraises , quand tout est déjà joué, rejoué et digéré depuis belle lurette. Il explique tout, ils lapalissadent sur lapalissade tout, ils donnent des réponses clefs en main… mais le match est fini depuis 2020, les joueurs sont sous la douche et le public est rentré chez lui depuis des années.

C’est la cerise sur le gâteau de l’agnotologie : même les gens qui pourraient comprendre se contentent d’un livre qui arrive quand tout est déjà joué et rejoué.

Du vent académique bien calibré pour faire joli dans les bibliothèques des perdants.

Cinquième scène, la plus savoureuse : l’abstention à 52,26 %.

Record historique. La ville la plus rayonnante de France (c’est écrit sur le logo, je vérifie) a décidé collectivement de ne pas décider.
Dans mon métier, quand la moitié des témoins refuse de témoigner, c’est qu’on leur a fait comprendre que le procès était déjà joué. Ou que la vérité était trop fatigante à digérer.
Aliot a donc gagné avec les voix d’à peine 23,5 % des inscrits. C’est beau comme une victoire au poker avec un brelan de jokers : personne ne triche vraiment, mais tout le monde fait semblant de ne pas voir les cartes.J’ai interrogé le maire sortant (enfin, rentrant). Il m’a servi le discours habituel : « Les Perpignanais ont choisi la continuité. »
J’ai failli m’étouffer avec mon cigare. La continuité, oui. Celle de l’ignorance bien entretenue, comme un bon fromage qui pue mais que tout le monde mange parce qu’on leur a dit que c’était du terroir.

Conclusion d’enquête :
À Perpignan, on n’a pas voté pour Aliot par enthousiasme. On a voté pour lui parce qu’on ne savait plus très bien pourquoi il ne fallait pas. La gauche s’est bouffée elle-même, les affiches se sont battues entre elles, la presse est restée flapie sur son fauteuil, les intellos ont sorti leur pavé qui lapalissade sur lapalissade six ans trop tard… et les électeurs ont préféré le canapé.
L’agnotologie n’est pas une théorie de salon.

C’est la nouvelle recette catalane : prenez une bonne dose de division, une pincée de désinformation, laissez mijoter dans l’abstention avec une presse locale flapie qui ne remue même plus la sauce et un livre qui lapalissade sur lapalissade six ans après le début du premier mandat… et servez chaud au premier tour.Moi, Pepe Carvalho, je range mon carnet.
Demain je retourne à Barcelone.
Ici, l’ignorance est déjà cuite. Et elle a le goût du succès.Bon appétit, Perpignan.

 

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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 20:48

" C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut."

Tyler Dirden Fight Club

Tu es là, Marc. Trente-deux ans.

La défaite te colle à la peau comme une sueur rance depuis le 22 mars 2026. Perpignan pue encore le barbecue froid et le sang des urnes.

Louis Aliot a tout raflé au premier tour : 50,61 %, quarante-trois sièges, la mairie comme un uppercut en pleine gueule. La gauche catalane ? Éclatée. Langevine à 15,94 %. Idrac à 9,6 %. Quatre sièges. De quoi se torcher avec les tracts que même les chiens refusent de pisser dessus. Elne est tombée. Maury aussi. Prades, ouais, une petite victoire de merde pour se dire qu’on respire encore. Le reste ? La terre qui s’ouvre sous tes pieds et t’avale vivant.Tu es sur ton toit à Saint-Jacques, bouteille de Banyuls qui te brûle la gorge, le Canigó qui te crache son vent glacé en pleine face.

Gramsci te tourne dans la tête comme un disque rayé : bataille culturelle, guerre de position. Mais putain, avec quatre sièges et des bons sentiments qui sentent déjà le moisi ?Puis le message arrive sur Signal. Pas de nom.

Juste une adresse : un entrepôt pourri sur la route de Thuir. « Vendredi 23 h. Viens seul. Règle n°1 : on ne parle pas du stage. »Tu y vas. Parce que la rage, c’est tout ce qui te reste.L’entrepôt sent la pourriture sucrée des fruits oubliés et l’huile de moteur. Vingt silhouettes dans le noir, sous une ampoule qui pend comme une corde.

Des visages que tu reconnais à moitié.

La prof d’histoire. Le syndicaliste CGT. Deux écolos d’Elne encore sonnés. Le gamin LFI. La catalaniste qui a perdu Prades de trois voix. Personne ne dit son nom de parti. On hoche juste la tête. On sait.

Au centre, lui. Kevin.Vingt-huit ans.

Maigre comme un coup de trique. Yeux trop brillants. Tatouage HEGEMONIA en lettres gothiques qui lui mord l’avant-bras. Sweat noir, capuche baissée, mains dans les poches. Il sourit comme s’il avait déjà gagné la guerre avant même d’avoir tiré le premier coup.« Bienvenue au stage de close combat dialectique », dit-il, voix calme, presque douce.

« Ici on ne débat pas. On combat. La gagne, c’est pas une question de programme. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »

Il laisse le mot flotter. Atmosphère. Comme si c’était une lame plantée dans le ventre.

Règle n°1 : on ne parle pas du stage.
Règle n°2 : tu viens avec ta défaite. Tu la vomis.
Règle n°3 : tu repars avec une arme.Kevin te regarde droit dans les yeux. Il te connaît déjà. Mieux que toi.

« Vous avez perdu parce que vous avez cru que les chiffres suffisaient. Que les bons sentiments allaient retourner l’électorat. Mais l’électorat, il vit dans l’atmosphère. Peur. Fierté catalane. Odeur de barbecue le dimanche. Match de l’USAP le samedi. C’est ça, le terrain. Pas vos ateliers d’écriture inclusive. L’atmosphère. Et nous, on va la leur reprendre. Corps à corps. Idée contre idée. »

Première séance.

Par deux. Toi contre la prof d’histoire. Cercle de craie par terre.

Thème : « Pourquoi la gauche catalane a perdu Perpignan alors qu’elle parle de justice sociale depuis cinquante ans ? »

Pas de micro. Pas de minute. Celui qui sort du cercle a perdu.Elle commence polie. Chiffres. Sociologie. Intersectionnalité.

Tu frappes : « Parce que vous avez abandonné le peuple à ses peurs pendant que vous faisiez des séminaires sur le genre à Montpellier ! » Elle recule d’un pas. Tu avances. Voix qui monte, gestes qui claquent comme des gifles. Pas de poings. Des mots.

Tu esquives avec Hegel, tu contre-attaques avec Gramsci revisité : hégémonie ou crève.

Tu la pousses hors du cercle en trois phrases. Elle tombe à genoux. Pas de larmes. Juste le silence de quelqu’un qui vient de se prendre un uppercut dans l’âme.

Kevin applaudit lentement. « Atmosphère », murmure-t-il. « Tu viens de créer l’atmosphère. »

Les stages s’enchaînent. Toujours la nuit. Toujours ailleurs. Granges près de Villefranche. Squats à Argelès. Caves à vin dans les Aspres. Kevin est partout et nulle part. Il ne crie jamais. Il murmure les règles comme Tyler Durden murmurait les siennes. On démonte un argument RN en trois phrases. On retourne un électeur déclassé sans jamais le traiter de raciste. On hurle des slogans jusqu’à ce que la voix se casse, puis on les murmure jusqu’à ce qu’ils deviennent des prières. On lit Althusser, Bourdieu, Gramsci à voix haute, comme des combattants qui récitent le nom de leur ennemi avant de le frapper au foie.

Un soir, Kevin projette sur un mur sale les images du 22 mars : Aliot triomphant sur l’estrade.

Il éteint. Noir total.« Ils ont pris la mairie, dit-il. Nous, on va prendre l’atmosphère. Pas avec des meetings. Pas avec des posts Twitter. Avec les bars. Les fêtes. Les matchs de rugby. Les chansons de fête. On va infiltrer les imaginaires comme eux ont infiltré la peur. Close combat. Corps à corps. Idée contre idée. La gagne, c’est une question d’atmosphère. »Tu ne sais pas si ça va marcher.

Mais pour la première fois depuis la défaite, tu sens quelque chose qui se reconstruit dans le noir.

Une gauche catalane plus dure. Plus vicieuse. Moins naïve. Des combattants qui ne parlent plus de « vivre ensemble » mais de « reprendre le terrain ».

Kevin te regarde, un soir, juste avant que tu repartes dans la nuit.« Règle n°1, Marc. »Tu hoches la tête.On ne parle pas du stage.Même pas à toi.Et l’atmosphère ? Elle commence déjà à changer. Tu le sens dans l’air. Comme avant le premier coup. Comme avant que tout explose.

 

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26 mars 2026 4 26 /03 /mars /2026 18:42

"Etrange : je crois au diable, mais pas au Bon Dieu.
Vraiment pas ?
Je ne sais pas. Si, je sais ! Je ne veux pas croire en lui ! Non, je ne veux pas.
C’est mon libre arbitre.
Et la seule liberté qui me reste : le droit de croire ou de ne pas croire.
Mais officiellement bien sûr, faire comme si.
Selon les circonstances : tantôt oui, tantôt non."

 Jeunesse sans dieu
Ödön von Horváth

Chronique à la manière d’Ödön von Horváth
(ou comment la gauche perpignanaise se démaquille elle-même dans un Volksstück (de l'allemand: piéce populaire) catalan, mars 2026)

Ah, mesdames et messieurs, regardez donc ce beau tableau de la vie politique locale, ce petit théâtre de la sincérité électorale où tout le monde joue son rôle avec une conviction touchante ! On est à Perpignan, le 15 mars 2026, et le rideau se lève sur une victoire qui sent déjà le plâtre frais de l’hôtel de ville. Louis Aliot, le maire sortant, ce personnage solide comme un roc du Rassemblement national, rafle la mise au premier tour : 50,61 %, 17 300 voix, 43 sièges au conseil municipal, 30 à l’agglomération. Pas de second tour, pas de suspense, juste une majorité qui s’installe comme on s’installe dans un fauteuil usé mais confortable. La participation ? 47,74 %.

Le peuple a parlé… ou plutôt, il s’est tu poliment.

Mais attention, le vrai drame ne se joue pas sur la scène du scrutin, non. Il commence le lendemain, quand la gauche, cette grande famille désunie, décide de se livrer à son numéro favori : la guerre fratricide en costume judiciaire. Entre en scène Agnès Langevine, à la tête de la liste « Plus forts pour Perpignan » (Place Publique, PS, centristes, Unitat Catalana, et sa camarade Annabelle Brunet). Quinze virgule quatre-vingt-quatorze pour cent, une maigre deuxième place, quatre sièges. Humiliée ? Pas du tout.

Elle a mieux : elle a un recours.

Le 20 mars 2026, jour même où l’on installe le nouveau conseil municipal, elle dépose au tribunal administratif de Montpellier ce que les mauvaises langues locales ont baptisé, avec un humour minéral tout catalan, le « coup de calcaire ».

Un coup dur, râpeux, qui laisse des traces blanches sur tout le monde.

Car ce n’est pas seulement Aliot qu’elle vise, oh non ! C’est toute la gauche concurrente, c’est le voisin de palier, c’est le camarade d’hier. Un vrai Volksstück où chacun se poignarde avec le sourire de la vertu.Que réclame-t-elle, cette dame Langevine, dans sa requête si bien tournée ? D’abord, 280 procurations qui n’auraient pas été reportées sur les listes d’émargement (la préfecture en avait compté 1 252, les émargements seulement 972). Citation exacte de sa liste : « Il est apparu que dans de nombreux bureaux de vote, des procurations valablement consenties n’avaient pu être exercées faute d’avoir été reportées sur les listes d’émargement… Il en résulte que 280 suffrages n’ont pas pu être exprimés en raison d’un défaut d’inscription. »

Deux cent quatre-vingts voix qui, ô miracle, auraient peut-être empêché Aliot de franchir la barre des 50 % (il n’avait que 202 voix d’avance).

On retire ça à Aliot, et hop, le décor tremble.Mais ce n’est pas tout, loin de là. On demande aussi l’invalidation de plus de 6 000 bulletins : 2 973 voix de Mathias Blanc (usage abusif des mentions « Place Publique » et « Parti socialiste » sur bulletins, affiches et tracts, alors que Langevine était l’investie officielle – ah, la confusion des électeurs, quel drame bourgeois !) et 3 193 voix de Mickaël Idrac (bulletins retournés, verso avec logos visible au lieu du recto avec les noms – une confusion qui frise le vaudeville). Bref, on attaque Aliot… et on torpille les deux autres listes de gauche. Un coup de calcaire qui râpe tout le monde, y compris les alliés potentiels. La sincérité du scrutin ? Démasquée, mes amis, démascuée jusqu’à l’os.Les répliques fusent, comme dans une bonne pièce de Horváth.

Mathias Blanc, de la liste « Perpignan Autrement », réplique avec une amertume parfaite : « On peut s’étonner du fait que ce sont les mêmes qui d’un côté rendent hommage à Lionel Jospin, décédé dimanche, artisan de la gauche plurielle, et qui, d’un autre côté, s’attachent méthodiquement à détruire toute idée d’union à gauche. » Touché.

Mickaël Idrac, qui avait déjà déposé son propre recours, ironise sur X le 18 mars : « recours irréaliste de la droite dure d’Agnès Langevine et Annabelle Brunet », accusant même la préfecture de décisions « politiques ». La gauche se mord la queue avec élégance.

Et pendant ce temps, le même jour, 20 mars, à l’hôtel de ville, on installe le conseil.

Ambiance de comédie de mœurs. Louis Aliot est réélu maire avec 43 voix. Agnès Langevine en récolte 4, Mathias Blanc 3, cinq bulletins blancs. Les autres boycottent ou votent blanc. On élit les 21 adjoints : Charles Pons reconduit en premier adjoint, une brochette de transfuges des anciennes équipes Pujol et Grau (Fatima Dahine, Chantal Bruzi, Pierre Parrat…) bien intégrés, cinq adjoints « quartiers ». La majorité applaudit, l’opposition (Langevine et Blanc) quitte la salle pendant la remise des écharpes.

Agnès Langevine intervient : elle rappelle la possible inéligibilité d’Aliot dans l’affaire des assistants parlementaires et la forte abstention. Huées de la salle. Mathias Blanc se veut « au service de tous les Perpignanais ».

Aliot, lui, garde la tête froide et lâche, avec l’émotion mesurée du vainqueur : « C’est une grosse charge d’émotion et de responsabilités. Quand on est élu au premier tour, et en plus massivement, ça veut dire que les gens comptent sur vous. Il faut garder la tête sur les épaules et je crois qu’on a une bonne équipe pour assumer les sept ans qui arrivent. »

Ainsi va la pièce, mesdames et messieurs.

La gauche, défaite, se démaquille en se tirant dessus à boulets judiciaires. Le « coup de calcaire » restera gravé dans les annales comme le symbole d’une opposition qui préfère le tribunal à la rue, le recours à l’union. Le tribunal administratif examinera tout cela dans quelques mois. Mais avec 34 points d’avance pour Aliot, qui parierait sur un retournement ? Le rideau tombe sur une gauche en pleine déroute interne, et sur une majorité qui s’installe tranquillement, comme si de rien n’était.Fin du premier acte.

Le peuple, lui, regarde déjà ailleurs. Comme toujours dans mes chroniques.

Lorsque j'ai appris ses anecdotes, à l'instar de Desproges, "j'ai repris deux fois des nouilles" 

Par contre à l'annonce de la disparition de JAD, Jacqueline Amiel Donat , j'ai pleuré comme un môme...

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 19:10

« Nostalgie »
« Le souvenir est le bourreau / Qui exécute le cœur. »

(Version originale : « El recuerdo es el verdugo / Que ajusticia el corazón. »)  

Manolo Valiente

https://journals.openedition.org/bulletinhispanique/1068

 

L'histoire tente d'être une science malgré la subjectivité humaine, la mémoire quant à elle est sélective. Il arrive parfois qu'il y ait plusieurs mémoires et donc plusieurs récits, aussi celles-ci peuvent même s'affronter!

Ce moment n'a pas encore eu lieu, et il n'a même peut-être pas lieu d'être, aussi : tout les personnages sont fictifs...Puisque après tout le mémorial de Rivesaltes est sur la commune de Salses le château...

Rivesaltes, 23 mars 2026 – Alors que les cloches de la victoire résonnent encore dans les rues de cette paisible commune des Pyrénées-Orientales (44,85 % pour la liste « Rivesaltes, l’avenir en grand »), une rumeur aussi folle qu’irrésistible circule déjà sur les réseaux : le Mémorial du camp de Rivesaltes, ce sanctuaire de béton et de mémoire, préparerait une déclaration unilatérale d’indépendance.

Oui, vous avez bien lu.

Le site qui commémore les internés espagnols, les juifs de Vichy, les harkis et les « indésirables » de tous poils envisagerait de faire sécession pour échapper au nouveau maire RN.On imagine déjà la scène. Au petit matin, la directrice du Mémorial, Céline Sala, aurait convoqué une conférence de presse improvisée entre deux barbelés rouillés. « Nous avons accueilli des réfugiés de toutes les époques, explique-t-elle les larmes aux yeux. Mais nous refusons catégoriquement d’être administrés par un maire qui chante La Marseillaise sans ironie. C’est une question de dignité historique. »

Des sources proches du site confirment : une pétition interne circule déjà parmi les plaques commémoratives.

La stèle dédiée aux républicains espagnols aurait été la première à signer, suivie de près par la plaque des Tsiganes et celle des Algériens. « On ne veut pas finir en musée du patriotisme à la sauce Potel », aurait lâché un guide touristique sous couvert d’anonymat. « Imaginez : demain, on nous oblige à ajouter un panneau “Bienvenue au camp de la fierté nationale”. Non merci, on préfère notre propre drapeau. Peut-être un fil barbelé tricolore, mais indépendant. »Du côté de la nouvelle mairie, on minimise. Julien Potel, tout juste élu et visiblement encore sous le coup de l’émotion (et du soutien surprise de l’ex-maire André Bascou), a déclaré : « Le Mémorial fait partie du patrimoine de Rivesaltes. Nous le respecterons… tant qu’il respecte la République une et indivisible. »

Traduction officieuse selon les observateurs : « On va juste y mettre un peu plus de drapeaux français et un peu moins de larmes cosmopolites. »Les Catalans du coin, habitués aux rêves d’indépendance, saluent déjà l’initiative. « Enfin un référendum utile ! » s’exclame un militant du coin, verre de Banyuls à la main. « Si le mémorial part, on le suit. Rivesaltes libre, de la frontière jusqu’aux barbelés ! » Même la gauche locale, encore sous le choc de son 19,77 %, voit là une lueur d’espoir : « Au moins, si le mémorial se barre, on pourra dire que c’est la seule chose qui a résisté au RN. »Pour l’instant, aucune demande officielle n’a été déposée à l’ONU ni même à la préfecture.

Mais des observateurs avisés notent déjà des signes avant-coureurs : les projecteurs du site s’allument et s’éteignent en morse (« SOS – Indépendance maintenant »), et les visiteurs rapportent avoir entendu les barbelés fredonner L’Internationale à voix basse.

Reste une question existentielle : si le Mémorial obtient gain de cause, qui paiera l’entretien ? Le RN proposera-t-il un partenariat public-privé avec un sponsor « patriote » ? Ou le site deviendra-t-il un parc d’attractions « Souvenirs de l’Occupation 2.0 » ?

En attendant, les Rivesaltais retiennent leur souffle. Après 42 ans de règne Bascou, la ville bascule à l’extrême droite… et son plus célèbre monument, sous la houlette de Céline Sala, menace de faire ses valises. Ironie de l’Histoire : le camp qui a vu passer tant d’exilés pourrait bien devenir le premier exilé volontaire de la nouvelle ère.

Affaire à suivre. Ou pas. Parce que, franchement, à ce stade, même les fantômes du camp doivent se marrer.

 

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21 mars 2026 6 21 /03 /mars /2026 00:20

 « Nous avons devant nous une épreuve de la pire espèce. Nous avons devant nous plusieurs, plusieurs longs mois de bataille et de souffrance. Vous demandez quelle est notre politique ? Je vous dis : elle est de faire la guerre, en mer, sur terre et dans les airs, avec toute notre puissance et toute la force que Dieu peut nous donner ; de faire la guerre contre une tyrannie monstrueuse qui n'a pas d'équivalent dans le noir et lamentable recensement des crimes de l'humanité. Voilà notre politique. Vous demandez quel est notre objectif ? Je vous le dis en un mot : c'est la victoire, la victoire à tout prix, la victoire malgré la terreur, la victoire quels que soient le temps et les efforts que cela demandera. »

— Winston Churchill, 13 mai 1940

Chapitre 1: Lena une apparition sur "Putch Média" de Nicolas Vidal

C'était un soir comme les autres sur la toile, en train de patrouiller  pour glaner des infos qui changent, en lien avec Perpignan et la France. Et puis je tombe sur un direct avec une invité inconnue , une jeune réalisatrice du nom de Léna Ichkhanian . Elle est passionnée et porte des convictions...Dans l'univers où je circule, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu de "vrais convictions", pas leur version "diet" garantie sans calorie. La jeune fille sort un documentaire sur "la colère sociale en France" et sur ce que sont les gilets jaunes devenus... Moi qui croyais que le "grand débat" de notre glorieux président avait guérit les français et leurs écrouelles anciennes, présentes et avenir #unroithaumaturge...Mais, c'était comme écouter le discours du 18 juin et d'entendre "la France à perdu une bataille, mais elle n'a pas perdu la guerre !" L'invite n'était pas de la rejoindre à Londres, mais de trouver des salles de cinéma pour diffuser le film, parce qu'elle avait le visa d'exploitation, mais pas de distributeur.

Chapitre 2 avez-vous des cinémas ?

Il se trouvait que "L'archipel contre attaque" par truchement d'amitiés et réseaux, pouvait se rendre utile. Pas de procrastination, je prends contact par toutes adresses réseaux avec la personne. Réponses des le lendemain, avec le dossier de presse, lien au film etc. Comme on ne sait pas quand une fenêtre de Tyr, va se représenter, on met en action tous les dispositifs disponibles. Évidemment, "Maurice", bien qu'il fut toujours comme le lapin blanc d'Alice, "en retard, en retard, je suis encore en retard" trouve une solution au "Clap ciné" de Canet en Roussillon, avec son fixeur sur place" l'homme de la forêt", et une possibilité d'être au programme du "festival du film social et ouvrier" en novembre prochain avec la bonne volonté du "camarade Michel" 

Chapitre 3 : le jour J on the beach

Arrive le 11 mars, la presse locale fait mine de ne pas s'intéresser au sujet: l'Indépendant parce qu'il a un mauvais souvenir des gilets jaunes, et Made in Perpignan, parce "qu'il a le nez dans le guidon des municipales" ! En fait le sujet sent toujours le souffre, et la presse ne cherche pas les faits, mais des financements. Alors comme un film de Lautner avec Lino Ventura : "Ne nous fâchons pas !" Enfin plus précisément : "ne nous tachons pas" 

"L'archipel contre attaque", c'est marqué de dessus, dés qu'il y a un village de paysans à défendre face à des bandits, nous serons toujours 7. Et comme dans la phrase d'Ignace de Loyola: "Nous avons demander à Dieu, ce qu'il a en abondance et dont les autres ne veulent pas: la tempête et le combat!" 

Bref, nous nous sommes lancé dans la bataille! 

On rencontre "Lena Ichkhanian" en vrai, parce qu'à force d'échanges audios et écrits, on avait l'impression étrange de dialoguer avec une IA 6.0 . Elle est aussi bien en vrai ("en présentielle" dirait-on maintenant) que en immatériel ! 

La salle est bien remplie, et pleine d'anciens gilets jaunes qui sont heureux qu'on leur redonne leur humanité, eux que la presse Mainstream avait qualifié et essentialisé de ... pleins de noms qui ne correspondaient pas à l'essentiel du genre !

Moi, ça m'avait rappelé le dernier concert des "Béruriers noirs"en 1989, lorsque à la fin de la chanson "porcherie" où l'on avait retenue que, "la jeunesse emmerde le front national",là où il aurait plutôt fallu retenir : "Parce que nous sommes blancs, nous sommes noirs, nous sommes jaunes, et ensemble NOUS SOMMES DE LA DYNAMITE ! Parce que s'était ça le moment gilets jaunes, un grand moments fraternité qui avait tellement épouvanté le pouvoir, qu'il avait réprimé le mouvement avec violence et avait tenté de l’effacer de la mémoire collective.

Chapitre 4 :  la suite de la tournée, l'air d'Autun, puis la Bretagne, l'infinie et au-delà

Le lendemain, il y eut une journée ensoleillée, puis Lena repartit vers la suite de ses aventures...

Postscriptum: Léna a été convoqué par la marque de machine outil qui porte le titre éponyme du documentaire et qui n'est pas contente de cette publicité...

 

Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
Perpignan: en pleine tournée de son documentaire "Fenwick",Léna Ichkhanian, passe au "Clap ciné" de Canet ! reportage et interview par Nicolas Caudeville
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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 19:29

 Il appartient à chacun de faire son deuil du confort superfétatoire…

« Il appar­tient à cha­cun de faire son deuil du confort super­fé­ta­toire, et notam­ment de la socié­té de consom­ma­tion qui réduit l’être humain à sa dimen­sion d’homo oeco­no­mi­cus contem­po­rain. On devra faire son deuil de son confort intel­lec­tuel, comme nous l’a­vons vu. On devra enfin mobi­li­ser son capi­tal spi­ri­tuel en renon­çant aux délices de la pas­si­vi­té morale, des séries Net­flix, de l’a­bru­tis­se­ment de l’homo fes­ti­vus qu’a décrit Phi­lippe Muray. Sur­vi­vront ceux qui trou­ve­ront en eux des res­sources vitales, ins­tinct de sur­vie, volon­té de faire sur­vivre leurs enfants et de per­pé­tuer la civi­li­sa­tion, foi reli­gieuse, désir réflé­chi de vaincre la tyran­nie des nomades de Jacques Attali. »

Lio­nel Rondouin
Loin du confort, se pré­pa­rer à des temps trou­blés…, Xe col­loque de l’Ins­ti­tut Iliade, 15 avril 2023

 

Perpignan 2026 : le grand écart cosmique entre Téhéran et le marché de la place de la Loge (version augmentée : avec bonus autosuffisance énergétique, parce que pourquoi pas rire un peu plus fort)

Ah, Perpignan ! Ville où le soleil tape si fort qu’on pourrait presque croire qu’on est autosuffisant… en bronzage. Dimanche 15 mars, Louis Aliot (RN) rafle 50,61 % dès le premier tour, 43 sièges sur 55, une majorité si écrasante qu’on pourrait y installer un champ solaire sans que l’opposition bronche (enfin, Mickaël Idrac essaie, mais bon, recours au TA, on connaît la chanson).

Premier conseil municipal bouclé en un éclair – probablement lundi 16 ou mardi 17 mars, avec les poignées de main crispées habituelles et les adjoints élus comme on distribue des pastis en terrasse.Pendant ce temps, à 4 000 km, le Moyen-Orient joue à « qui fait le plus gros trou dans le réseau énergétique mondial » : frappes sur l’Iran, ripostes sur les sites gaziers qataris et saoudiens, Brent à 114 $ (et 150 en vue si le détroit d’Ormuz fait des siennes), gaz TTF +35 % en quelques jours, factures élec spot à 291 €/MWh le matin.

L’Europe panique, Ursula promet des « mesures », Macron parle de « flambée imminente », et les prix du gazole grimpent de 28 centimes en trois semaines. Sympa pour le plein.Et à Perpignan ? Toujours rien à foutre. Vraiment. Zéro. Que dalle. Nada.Le grand débat local, c’est toujours : est-ce que le recours d’Idrac va marcher (spoiler : non, mais ça fait causer), si Agnès Langevine arrive à placer ses 4 élus sans se faire piétiner, et si on va enfin réparer la fontaine de la Loge avant les fêtes. La guerre en Iran ? Les méthaniers escortés par l’OTAN ? Le risque de black-out partiel cet hiver si le Qatar coupe net ?

Pff. Ça, c’est pour les Parisiens qui stressent à l’idée que leur recharge Tesla passe de 0,25 € à 0,38 € le kWh.

Mais attendez, soyons justes : on pourrait théoriquement se raccrocher à un petit espoir d’autosuffisance énergétique locale, non ? Parce que Perpignan, c’est le soleil à gogo – plus de 2 400 heures par an, champion départemental du solaire dans les Pyrénées-Orientales. Près de 22 400 installations photovoltaïques (99,8 % de la production EnR du 66), +9 % en un an, +51 MW grâce à 2 400 nouvelles toitures.

L’autoconsommation cartonne : des agriculteurs près de Perpignan couvrent leurs hangars de panneaux et vendent le surplus aux voisins. Des foyers à Canet, Saint-Cyprien, Cabestany passent à l’autoconsommation avec injection réseau, et ça réduit la facture. Le département produit 10 % de l’énergie verte occitane, surtout solaire (71 % de la prod régionale EnR), un peu d’éolien (21 %, avec des repowering comme à Rivesaltes : 15 → 22 GWh/an). Et la métropole a ses vieux rêves : toits solaires, parcs éoliens d’antan (75 % des besoins résidentiels visés un jour), PCAET qui parle de multiplier par 4 les EnR d’ici 2050.Sauf que… en vrai ?

On en a toujours rien à foutre.

Parce que même avec tout ce soleil gratuit, la production locale reste une goutte d’eau face à la conso totale. Perpignan et ses 120 000 habitants, c’est pas une île déconnectée du réseau : on pompe encore massivement du nucléaire français, du gaz importé, et même si le solaire explose chez les particuliers et sur quelques hangars, la ville n’est pas près de couvrir ses besoins en hiver (quand le soleil se cache et que le chauffage électrique tourne).

L’impact d’une crise gaz/pétrole moyen-orientale ?

Direct sur les prix de l’électricité et du fioul de secours, pas sur une supposée « souveraineté locale » qui reste un joli PowerPoint. Aliot pourrait bien monter une motion « souveraineté énergétique : stop au gaz qatari, vive le solaire catalan et le nucléaire français forever » (classique RN), mais soyons réalistes : le premier conseil s’est cantonné aux classiques – installation, adjoints, peut-être une vague allusion au « contexte international » avant de passer aux subventions pour les assos de quartiers.Ici, on râle contre la butifarra +12 centimes, la taxe foncière +3,8 %, le lampadaire qui clignote.

Pas contre le fait que 150 millions de m² de zones d’accélération EnR attendent dans le 66 (loi APER oblige).

On se demande si le Canigou aura de la neige pour les photos Instagram, pas si un black-out gazier va forcer EDF à couper le jus aux heures de pointe.Le grand écart est encore plus grand maintenant : d’un côté, le monde flambe (littéralement, certains terminaux gaziers), de l’autre, Perpignan continue son petit bonhomme de chemin, avec son soleil sous-exploité, ses toits qui pourraient produire plus mais qui restent majoritairement nus, et ses habitants qui préfèrent se plaindre du prix du pastis (+30 centimes au bar du coin) plutôt que de rêver à une vraie indépendance énergétique locale.

C’est presque poétique. Ou pathétique. Ou les deux.

Vive Perpignan 2026. Que le soleil continue de briller, que le gaz qatari revienne (ou pas), et que personne ne descende dans la rue avec une pancarte « Plus de panneaux sur les toits, moins de missiles sur le Golfe ! ». Parce que franchement… on en a rien à foutre.

Pas encore. Peut-être jamais.

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 21:55

Un anonyme nous a envoyé ce texte, nous le publions donc...

"Le soleil y tombe comme une sentence capitale à midi pile.
Pas de pitié, pas d’ombre, pas d’excuse.
Juste un projecteur divin braqué sur ta petite vie inutile.
Cioran n’aurait eu qu’à s’asseoir place de la Loge, allumer une clope et noter :
« Naître ici est déjà une forme d’ironie cosmique. »

Identité ?

Un catalan qui parle français en s’excusant,
un Français qui met un drapeau jaune-rouge pour se faire pardonner d’exister.
Double imposture, double humiliation,
et toujours le même pastis pour faire passer la pilule.

Le Palais des Rois de Majorque ?

Un château pour fantômes en CDD.
On y monte pour se souvenir qu’on descend de personne
et qu’on redescendra encore plus vite.

L’ennui n’est même plus un sentiment :
c’est la météo officielle de la ville.
Dimanche 15 h, entre la Têt qui pue et le McDo qui sent le regret,
on comprend enfin pourquoi Dieu a inventé l’alcool :
pour qu’on supporte le spectacle de soi-même sous 38 °C.

Bilan en trois uppercuts :

Soleil = guillotine lumineuse  
Identité = blague que personne n’ose finir  
Ennui = seul état honnête qui reste quand on a tout compris

Perpignan ne console pas.
Elle ricane.
Et elle ricane très fort,
avec des cigales en bande-son et des touristes en pleurs.

Cioran n’a pas eu besoin d’y vivre.
La ville s’est chargée de prouver sa thèse
sans même ouvrir un de ses livres.


C’est vexant pour la philosophie,
mais follement drôle pour qui sait regarder."

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 20:21

 

   " Eh là qui va là (Inspecteur Gadget)
    Eh là ça va pas (ouh ouh)
    Oh là je suis là (Inspecteur Gadget)
    C'est moi que voilà (Inspecteur Gadget)
    Ça va être la joie (ouh ouh)
    Au nom de la loi (moi je vous arrête)
    Je vous arrête là
    (Go go) gadget à main."
Générique inspecteur Gadget

Conférence gesticulée du premier tour des municipales à Perpignan! Contenu dans la boite :les discours des candidats comme s’ils étaient sur scène, avec leurs tics, leurs postures, leurs auto-justifications, et une pointe de distance moqueuse sur le théâtre politique. On imagine le conférencier qui marche, mime, exagère les gestes…« Le premier tour des municipales à Perpignan 2026 – ou comment tout le monde a (presque) gagné, sauf que non »

(Imaginez-moi là, micro en main, face à vous, avec une grande feuille blanche derrière moi sur laquelle je dessine des bonhommes qui se disputent un fauteuil.)

Dimanche 15 mars 2026. Perpignan.

Participation… 47,74 %. Presque 48 %. La plus mauvaise depuis longtemps, hors période covid, nous dit-on. Presque la moitié des gens ont dit : « Bah non, finalement, je reste au soleil avec mon pastis, c’est pas grave. » Et pourtant… il y a eu un gagnant. Un seul. Dès le premier tour.Louis Aliot (je prends la pose du vainqueur, bras écartés, sourire carnassier) :
« Mes chers amis… 50,61 % ! 16 835 voix ! 43 sièges sur 55 ! Dès le premier tour ! On a explosé 2020 ! On a pulvérisé les pronostics ! C’est la preuve que les Perpignanais savent reconnaître le travail, la sécurité, la fierté retrouvée, le blablabla… Et puis franchement, regardez mes adversaires… Quelle médiocrité ! Ils se sont entre-dévorés, ils ont fait mumuse à gauche pendant que moi je ramassais la mise. Merci à Jean-Marc Pujol d’être venu se coller à moi, merci au bon sens populaire, merci à moi ! »

(Je mime le geste de ramasser des billets imaginaires par poignées.)

Et là, on passe à la gauche. Parce que la gauche à Perpignan, c’est un peu comme un puzzle dont il manque la moitié des pièces… et que les pièces restantes se détestent.Agnès Langevine (je prends un air sérieux, un peu prof d’université, lunettes imaginaires sur le nez) :
« Bon… 15,94 %. C’est pas mal, hein ? On est deuxièmes. On a 4 sièges. On a fait mieux que certains. On déplore la faible participation, hein, 48 %, c’est catastrophique, les gens se sont démobilisés, c’est grave. Mais bon… regardez : la gauche totale, si on additionne tout, on est à presque 36 % ! 35,94 % même ! On a gagné 6 200 voix en six ans ! C’est pas rien ! Si on avait été unis… si… si… Mais bon, voilà, c’est comme ça. On assume. On va continuer le combat. Avec dignité. »(Je hausse les épaules, genre « on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a ».)

Puis arrive Bruno Nougayrède (je bombe pas le torse, air d’ancien nouveau notable respectable, cravate bleu marine) :
« 13,45 %. Quatrième ? Non, troisième ! Soyons fiers de Perpignan, c’était une belle campagne. On représente la droite républicaine, le centre, les valeurs… On a 4 sièges aussi. On est là. On n’a pas à rougir. On a fait un score honorable. Face à la machine RN et à la division de la gauche, on s’en sort bien. On reste dans le paysage. On va continuer à proposer une alternative sérieuse.Bref, on a manqué de notoriété

»(Je fais le geste du type qui range ses dossiers, « on verra au prochain coup ».)

Ensuite Mickaël Idrac (je mets un ton un peu plus jeune, un peu plus en colère, bras qui s’agitent) :

« 9,60 %. 3 193 voix. 2 sièges. On est là, on représente le vrai changement, LFI, les écolos, les gens qui en ont marre. On a fait un score correct vu le contexte. La division de la gauche ? C’est pas nous qui avons commencé. On a porté un projet clair, radical, nécessaire. On va continuer à se battre pour les Perpignanais qui galèrent. Parce que 50 % d’abstention, c’est pas juste de la paresse, c’est un cri de désespoir.Mais on va attaquer en justice le scrutin »

(Puis je mime le poing levé deux secondes, puis je baisse le bras, l’air un peu fatigué.)

Mathias Blanc (ton un peu plus doux, dissident, air de « moi je suis le gentil de service ») :

« 8,94 %. 2 973 voix. 2 sièges. On a fait ce qu’on pouvait. On était le PS mais pas vraiment, le PC, des écolos, des militants de base… On a tenu. On représente une gauche de terrain, pas de salon. On est fiers de nos 2 sièges. On va les utiliser. Et puis… franchement… si tout le monde s’était mis d’accord derrière une seule liste… mais bon… voilà. »

(Je fais le geste « c’est pas moi qui décide » avec les mains ouvertes.)

Et enfin Pascale Advenard (ton très militant, un peu en retrait) :
« 1,46 %. On est là. On représente les travailleurs. On n’a pas de siège, mais on a une voix. On continuera. »(

Je hausse les épaules : « ben voilà, c’est dit ».)

Et là, on regarde le tableau final (je dessine vite fait sur la feuille) :

Louis Aliot → 50,61 % → réélu direct, 43 sièges, game over.
Le reste → 49,39 % → éparpillé en miettes de thon à l'huile.
Abstention → plus de 52 % → le vrai vainqueur silencieux.

Alors on se dit : est-ce que c’est la victoire écrasante du RN ? Ou est-ce surtout l’histoire d’une gauche qui s’est présentée en six morceaux contre un seul bloc bien huilé ? Ou est-ce l’histoire d’une ville où la moitié des gens n’en peut plus de la politique et va se baigner à Canet le jour du vote ?

(Je conclus en regardant le public.)

Bref… à Perpignan, ce 15 mars 2026, on a eu un premier tour très clair :
Un gagnant absolu.
Cinq perdants relatifs qui expliquent tous qu’en vrai, ils ont gagné quelque chose.
Et une majorité d’électeurs qui ont répondu : « Laissez-moi tranquille. »Applaudissements ? Non ? Bon… c’est normal.

On est à Perpignan.
Ils ne font tellement rien, qu'ils ne font même pas illusion...Fin de la conférence.

Postscriptum: rendez-nous "l'inspecteur gadget"

 

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18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 21:09

"Finalement, le Roi retourna dans sa tanière et raconta que son fils était tombé d'un rocher et qu'il était mort. Il n'aurait pas trouvé le courage de dire la vérité. Un ours ordinaire aurait déjà eu honte, mais pensez donc, un roi ! En fin de compte, il se l'était tout bonnement fait voler. "

 La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours

    Dino Buzzati

 

 

Dans les vallées hautes des Pyrénées-Orientales, là où les ruisseaux descendent encore gelés en avril et où les hêtres gardent leurs feuilles mortes jusqu’à la mi-mai, on remarqua d’abord une chose infime : sur les cartes des restaurants de Céret, d’Arles-sur-Tech, de Prats-de-Mollo, apparaissait de plus en plus souvent, écrit en petits caractères italiques, ail des ours frais.

Au début ce fut discret, presque timide. Une vinaigrette légère sur des asperges sauvages, un pesto discret sous une truite de rivière, une feuille entière, comme une signature verte, posée sur un fromage de chèvre tiède. Les Parisiens de passage photographiaient leur assiette, les locaux souriaient d’un air entendu : « C’est la mode maintenant, l’ail des ours. » Les cueilleurs montaient dans les bois humides du Vallespir et du Conflent, sacs en toile et sécateurs émoussés, et redescendaient avec des brassées odorantes qu’ils vendaient à la sauvette sur les parkings des restaurants étoilés ou aux marchés de montagne.

L’ail des ours poussait en vastes tapis sous les frênes et les noisetiers, là où le soleil ne perçait qu’en taches mobiles. On l’appelait autrefois l’ail à ours parce que, disait-on, les plantigrades en raffolaient au sortir de l’hibernation, frottant leur museau contre les feuilles pour se purifier le palais après six mois de jeûne. Personne n’avait jamais vraiment vérifié, mais l’histoire plaisait.

Or, à mesure que les assiettes se couvraient de vert printanier, les ours, eux, commencèrent à descendre plus bas, plus tôt, et plus affamés.On les voyait d’abord sur les sentiers GR, puis sur les pistes forestières, puis à l’orée des villages. Ils ne renversaient plus les poubelles comme autrefois ; ils restaient assis, massifs et patients, à fixer les terrasses des restaurants quand le soir tombait. Leur regard n’était pas menaçant, plutôt perplexe, comme celui d’un locataire qui découvre que son propriétaire a transformé son salon en Airbnb sans le prévenir.

Un soir de mai, près du Tech gonflé par la fonte, un ours nommé Brad Pittre car on leur donnait maintenant des noms, comme aux vedettes , donc Brad Pittre s’approcha d’une table dressée en extérieur au Mas de la Forge. Il ne grogna pas. Il posa simplement une patte large comme une assiette à soupe sur le rebord de la nappe, et renifla longuement le carpaccio de veau parsemé de feuilles d’ail des ours finement ciselées. Le couple de Hollandais s’enfuit en hurlant doucement. Le serveur, stoïque, murmura : « Il sent son dû. »

Le lendemain, sur un rocher dominant le village de Sahorre, on trouva une inscription grattée dans la terre avec une griffe énorme :L’AIL DES OURS, C’EST À NOUS.Les lettres mesuraient trente centimètres de haut. Autour, des empreintes de pattes formaient un cercle parfait, comme un piquet de grève animal.La nouvelle se répandit comme une traînée de pesto sur une planche à découper. Sur les réseaux, les photos des tags circulèrent. Certains riaient : « Les ours font les gilets jaunes maintenant ? » D’autres, plus attentifs, remarquèrent que les ours ne saccageaient rien ; ils manifestaient. Ils bloquaient les sentiers menant aux grandes tapis d’ail, s’asseyaient en travers des chemins forestiers, regardaient fixement les cueilleurs qui descendaient avec leurs sacs pleins. Ils ne chargeaient pas. Ils attendaient.

Un naturaliste de l’OFB, venu compter les oursons de l’année (vingt-deux cette saison-là, un record), nota dans son carnet : « Comportement inédit. Pas d’agressivité alimentaire directe. Plutôt une revendication territoriale symbolique. Comme s’ils disaient : nous étions là avant le menu dégustation. »Bientôt, les ours organisèrent des « sit-in » coordonnés. À l’aube, une dizaine d’entre eux prenaient position le long de la D618, juste au-dessus des zones de cueillette les plus productives. Ils ne bougeaient pas de la journée. Les cueilleurs professionnels, ceux qui fournissaient trois étoiles Michelin, durent faire demi-tour.

Les restaurants reçurent des livraisons de plus en plus maigres. On essaya l’ail cultivé importé d’Alsace ; il n’avait pas le même mordant printanier, disaient les chefs. On essaya l’ail d’Espagne ; les ours le sentaient de loin et grognaient de mépris.

Un soir, dans une petite auberge isolée au-dessus d’Amélie-les-Bains, le patron sortit sur le perron avec un plat fumant : une omelette aux herbes sauvages, sans une seule feuille d’ail des ours. Il la posa sur une pierre plate, à dix mètres de la lisière. Un ours femelle, celle qu’on appelait Fina la Silencieuse, s’avança lentement, renifla, mangea une bouchée, puis une autre. Puis elle leva la tête vers l’homme, cligna des yeux une fois — un signe que les anciens bergers interprétaient comme « merci, mais ce n’est pas assez » — et repartit dans l’ombre.Le mouvement prit de l’ampleur.

On parla de « l’ours jaune » dans les journaux locaux. Des pancartes apparurent, tenues par des humains solidaires : « Sauvons l’ail pour les vrais ours ! » Des pétitions circulaient. Un restaurateur de Collioure proposa même un « menu ours-friendly » : plus d’ail des ours, mais des plats à base de baies, de racines, de miel sauvage.

Et pourtant, dans les cuisines, on continuait parfois à en mettre une pincée, par habitude, par snobisme, par nostalgie du goût retrouvé. Alors, la nuit, on entendait des pas lourds tourner autour des poubelles, non pour fouiller, mais pour marquer le territoire d’un grondement sourd, patient, presque philosophique.Car les ours des Pyrénées-Orientales n’étaient plus seulement des animaux. Ils étaient devenus les gardiens d’une frontière invisible : celle entre ce qui appartient à la forêt et ce qui appartient à l’assiette. Et ils ne céderaient pas facilement.

On raconte qu’un vieil ours, le dernier né avant la réintroduction slovène, celui qu’on surnommait l’Ancien, descendit un soir jusqu’à la mairie de Prats-de-Mollo. Il s’assit devant la porte, sous la pluie fine, et resta là jusqu’au matin. Quand le maire sortit, l’ours ne bougea pas. Il se contenta de souffler doucement, et son haleine sentait — distinctement, irréfutablement — l’ail des ours.

C’était sa dernière revendication.

 

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