Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

19 novembre 2024 2 19 /11 /novembre /2024 21:14


"On ne frappe pas un homme à terre." 

Ce proverbe est la transcription d'un principe d'honneur. Il signifie que l'on ne doit pas s'attaquer à quelqu'un sans défense.

Chronique d’un règlement de comptes au conseil municipal de Perpignan : quand l’art devient politique

Lors du dernier conseil municipal de Perpignan, le théâtre est une nouvelle fois devenu le prétexte d’un règlement de comptes public. Comme la dernière fois avec le conseiller d'opposition Bruno Nougayréde L'article ici, c’est l’adjoint à la culture qui, avant même d’entamer les votes sur les dossiers culturels, a choisi d’exhumer le passé pour tancer l’ancien directeur du Théâtre de l’Archipel, Borja Sitja (sauf qu'il n'était pas là pour se défendre). L’attaque, aussi gratuite que déplacée, s’inscrivait dans une diatribe où il qualifiait la période Sitja de « années noires », tout en critiquant l’ancien maire Jean-Paul Alduy pour avoir « sur-vendu » le profil de ce dernier.

Alors que Borja Sitja occupe désormais un poste à Chalon-en-Champagne où il a été reconduit dans ses fonctions, cette charge paraît non seulement hors de propos, mais aussi totalement anachronique. Elle éclaire un climat tendu dans lequel les politiques culturelles de la ville servent parfois davantage à régler des comptes qu’à ouvrir de nouvelles perspectives.

Un théâtre dans la tourmente?

Le Théâtre de l’Archipel, inauguré en 2011 sous l’impulsion de Jean-Paul Alduy, est une scène nationale employant 46 personnes. Avec le départ de Borja Sitja en 2022, plusieurs salariés ont quitté l’établissement, révélant les cicatrices d’un management contesté. En réponse à ces départs et à la désorganisation interne, Jackie Surjus-Collet, directrice par intérim puis officiellement nommée, a fait appel à une manageuse de transition, Stéphanie Le Roux. Celle-ci a mené des réformes structurelles pour rétablir un climat de travail sain, notamment par des formations à la communication non violente et une refonte des processus internes.

Si l’équipe actuelle semble avoir relevé les défis organisationnels, les polémiques politiques autour de la gestion de l’Archipel persistent. Le Syndeac, dans un communiqué en 2022, dénonçait déjà une attaque contre les labels nationaux et le modèle de la décentralisation culturelle, pointant une collusion entre la majorité municipale RN et l’abstention des représentants de la Région Occitanie à savoir madame Agnès Langevine, puis l'honneur de  la région aura été vengé par démission d'un autre représentant de la région, le président de la commission culture Serge Regourd article ici.

Une charge hors sujet

Dans ce contexte, l’intervention de l’adjoint à la culture, loin d’apaiser les tensions, en ravive les braises. Félicitant Jackie Surjus-Collet pour ses succès récents – notamment une fréquentation qu’il dit désormais « permanente » –, il omet de rappeler les défis structurels auxquels elle a dû faire face à son arrivée, en partie hérités de la période de transition. Si l’adjoint met en avant un supposé redressement éclatant, il passe sous silence les contraintes financières du partenariat public-privé qui sous-tend l’exploitation du théâtre, pourtant souvent critiqué pour son coût élevé.

Surtout, en qualifiant les années Sitja de « noires », il jette un discrédit non justifié sur un ancien directeur dont la programmation avait pourtant suscité des éloges autant que des critiques. Borja Sitja avait été écarté dans des conditions vivement dénoncées par des syndicats et des professionnels de la culture comme politiquement motivées, et non sur la base d’une évaluation artistique rigoureuse.

Le théâtre, outil politique ?

Cette charge publique soulève une question récurrente : le Théâtre de l’Archipel est-il un outil culturel ou un levier politique ? Depuis son arrivée à la mairie en 2020, l’équipe municipale de Louis Aliot semble avoir placé cette institution sous un contrôle étroit, allant jusqu’à influencer le renouvellement de sa direction. Les critiques formulées par le Syndeac à l’époque évoquaient une attaque directe contre la liberté artistique et l’indépendance des scènes nationales.

En ce sens, les propos de l’adjoint à la culture lors du conseil municipal paraissent symptomatiques d’une instrumentalisation politique. En ramenant sur la table les griefs envers Borja Sitja, l’élu ne débat pas des priorités culturelles de la ville, mais cherche à réécrire l’histoire pour mieux valider les choix de l’actuelle majorité.

Et après ?

Le Théâtre de l’Archipel, joyau architectural de Perpignan, symbolise un paradoxe. Alors qu’il devrait être un phare de la culture dans la région, il est régulièrement éclipsé par les luttes politiques qui l’entourent. La nouvelle direction, menée par Jackie Surjus-Collet, semble avoir redressé la barre, mais les tensions politiques laissent planer une ombre sur son indépendance à long terme.

Pour que l’Archipel retrouve pleinement sa vocation artistique et sociale, il serait temps que les élus dépassent les querelles personnelles et conçoivent une vision culturelle ambitieuse, où l’art et la politique dialoguent sans se confondre. Car si le théâtre est un miroir de la société, il ne devrait pas être celui des luttes d’ego.

Partager cet article
Repost0

commentaires