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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 10:19

"Cette fois, son regard était au loin, elle m’offrait son profil à contempler, sa peau hâlée d’un grain si pur. La douceur aurait-elle un teint, ce serait le sien ; le mystère aurait-il une lueur, ce serait la sienne. J’en avais les joues moites, les mains froides. Le bonheur battait mes tempes. Dieu, qu’elle était belle, ma première image de l’Orient "


Samarcande
Amin Maalouf

 


Dans les vallées ensoleillées des Pyrénées-Orientales, où la langue catalane chante encore dans les ruelles de Perpignan et les villages perchés, une initiative inattendue ravive l’espoir de sa pérennité. Amin Maalouf, écrivain franco-libanais et secrétaire perpétuel de l’Académie française, a apporté un soutien retentissant au Collectif pour les littératures en langues régionales, qui a présenté ce lundi un recueil intitulé Florilangues. Ce corpus, riche de 32 textes issus des langues de France – du créole martiniquais au tahitien, du basque au corse – inclut la langue catalane, dont la présence dans ce projet pourrait marquer un tournant pour son avenir en France.

La langue catalane, parlée dans ce qu’on appelle la Catalogne Nord, n’est pas un simple vestige du passé.

Elle est une voix vivante, portée par des poètes, des chanteurs et des conteurs, qui continue de tisser l’identité d’une région à la croisée des cultures méditerranéennes. Pourtant, son enseignement et sa visibilité dans l’espace public français restent limités, souvent relégués à des initiatives locales ou associatives. Le soutien d’une figure comme Amin Maalouf, dont l’Académie française incarne la défense de la langue française, est un signal fort. Lui, dont les romans explorent les ponts entre les civilisations, voit dans les langues régionales, dont le catalan, des trésors culturels à partager avec tous. « Il est nécessaire que les élèves de France aient connaissance de ces richesses », écrit le collectif dans une lettre adressée au Premier ministre François Bayrou, béarnais de langue, et à la ministre de l’Éducation Elisabeth Borne, proposant d’intégrer ces littératures dans les programmes scolaires.


Florilangues, qui paraîtra en 2026 aux éditions L’Aucèu libre, spécialiste de l’occitan, met le catalan à l’honneur aux côtés d’autres langues.

Ce recueil, pensé pour les collèges et lycées, ne vise pas à enseigner la langue catalane en tant que telle, mais à faire découvrir ses œuvres littéraires, en version bilingue ou traduites en français. Parmi les textes, on pourrait imaginer des extraits de poètes catalans comme Jacint Verdaguer, dont les vers vibrent d’une universalité intemporelle, ou des chansons traditionnelles qui résonnent encore dans les fêtes populaires de Catalogne Nord. « Pourquoi seuls les élèves catalans devraient-ils découvrir leur littérature ? » s’interroge le collectif, porté par une vision universelle. Un lycéen breton, un collégien parisien ou une écolière antillaise pourraient, grâce à ce projet, s’émerveiller devant la musicalité du catalan et la profondeur de son imaginaire.
« Le soutien d’Amin Maalouf est révolutionnaire », a déclaré Michel Feltin-Palas, journaliste et membre du collectif, lors d’une visioconférence.

Cette reconnaissance, venant d’une institution souvent perçue comme gardienne exclusive du français, brise un tabou.

Elle affirme que le catalan, comme les autres langues régionales, n’est pas une menace pour l’unité nationale, mais une richesse à partager. Céline Piot, historienne et membre du collectif, insiste : « Notre démarche s’adresse à tous les élèves de France. Il ne s’agit pas de cloisonner, mais d’ouvrir. » Ainsi, un élève de Marseille pourrait découvrir la légende catalane de Sant Jordi, tout comme un habitant de Perpignan pourrait s’émouvoir devant une chronique en breton ou une poésie en tahitien.

Pour la langue catalane, ce projet est une lueur d’espoir. En France, où elle est parlée par environ 100 000 personnes, selon des estimations, elle souffre d’un manque de visibilité institutionnelle.

L’enseignement bilingue français-catalan existe dans certaines écoles, comme les escoles bressola, mais reste marginal. L’intégration de textes catalans dans un recueil national, soutenu par une figure comme Maalouf, pourrait encourager une reconnaissance plus large, non seulement dans l’éducation, mais aussi dans la sphère culturelle. Ce n’est pas seulement une question de préservation : il s’agit de faire vivre le catalan, de le faire entendre dans sa poésie, sa verve, son humour, au même titre que le français ou toute autre langue.
Comme l’écrivait Amin Maalouf dans ses œuvres, les cultures ne prospèrent pas dans l’isolement, mais dans l’échange. La langue catalane, avec sa douceur méditerranéenne et son héritage millénaire, trouve dans Florilangues une tribune pour dialoguer avec le reste de la France.

Ce recueil, en plaçant le catalan aux côtés du provençal de Mistral, du créole de Raphaël Confiant ou du picard d’Alexandre Desrousseaux, rappelle que la diversité linguistique est une symphonie, et non une cacophonie.

Pour les Catalans de France, et pour tous ceux qui chérissent cette langue, l’engagement de Maalouf est un appel à rêver plus grand : un avenir où le catalan, loin d’être confiné aux marges, brillera comme un joyau au cœur de la mosaïque française.

Vous pouvez aussi citer la pétition :https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/vraie-place-litteratures-langues-regionales-programmes/193595

"Monsieur le Ministre,

Le patrimoine littéraire français ne se limite pas aux productions écrites en langue française. Depuis des siècles, la création poétique, narrative, théâtrale, argumentative en langues dites « régionales » est abondante et éminemment digne d’intérêt. 

Or, comme ce fut longtemps le cas de la littérature féminine, tout cet archipel de créations écrites est aujourd’hui largement ignoré par les programmes scolaires de notre pays. Et donc par la majeure partie des Français. 

Afin de mettre un terme à cette injustice, nous demandons que ces programmes soient reconsidérés et intègrent officiellement l’enseignement d’œuvres créées par des autrices et auteurs qui, pour être ancrés dans leur culture « régionale », n’en ont pas moins une portée universelle.

La France ne s’émeut guère d’une contradiction profonde entre ses déclarations d’intention et son action réelle. Elle s’enorgueillit de posséder une littérature mondialement reconnue, récompensée cette année encore par un prix Nobel, attribué à une femme. Elle se bat sans relâche, sur la scène internationale, pour que la langue française et sa littérature soient respectées et diffusées. Elle prodigue à tous ses enfants un enseignement qui accorde une place ambitieuse et méritée à nos œuvres littéraires. 

Et pourtant, dans ce pays tellement attaché à la culture et aux droits de l’Homme, on peut constater avec effarement que la plupart de nos concitoyens ignorent qu’il existe des milliers d’œuvres littéraires écrites chez nous dans d’autres langues que le français. 

S’ils ne le savent point, c’est bien, hélas ! Parce que notre système éducatif ne leur a jamais enseigné cette réalité. Héritier d’une tradition de mépris remontant à l'Ancien Régime puis théorisée sous la Révolution par l’abbé Grégoire, ce système passe volontairement sous silence ces milliers d’œuvres ainsi que ceux qui les ont écrites et les écrivent aujourd’hui encore, malgré les difficultés qu’ils rencontrent.

Les langues « régionales » elles-mêmes, dont l’enseignement demeure soumis au régime de l’incertitude et de la précarité, malgré les rappels à l’ordre répétés des instances culturelles internationales, se voient dédaignées par les autorités de ce pays. 

Car le fait qu'au fil des ans, et non sans mal, quelques améliorations aient pu être apportées à leur statut grâce à quelques textes législatifs ou règlementaires n'empêche pas que trop souvent, faute de moyens et de bonne volonté de la part des décideurs de terrain, l'application concrète de ces textes soit fortement entravée. A fortiori, les littératures de ces autrices et auteurs – alsaciens, basques, bretons, catalans, corses, créoles, flamands, occitans, et de toute autre langue de France, y compris bien sûr des outre-mer – sont victimes d’une idéologie étriquée, exclusive et excluante. 

Quand on trouve dans les manuels une référence, par exemple à tel ou tel troubadour, cela reste marginal et parfois scientifiquement erroné. Il est grand temps que cette situation évolue.

Au fond, rien n’empêche – si ce n’est certaines volontés politiques influentes et figées – qu’un enseignement portant sur ces œuvres et ces autrices et auteurs soit dispensé aux élèves, au fil des divers cycles, du primaire jusqu’au baccalauréat. Il est parfaitement envisageable de les faire étudier, en traduction française ou, mieux encore, en version bilingue. Contes, poèmes, romans, pièces de théâtre… Peuvent être abordés sous forme d’extraits ou d’œuvres intégrales. Par exemple dans le cadre des progressions pédagogiques de la matière français ou, en lycée, dans celui de l’enseignement de spécialité « humanités, littérature et philosophie », on aborde déjà fréquemment des textes d’auteurs traduits de langues étrangères ou de l’Antiquité : il est parfaitement possible d’y intégrer les textes dont nous parlons, des œuvres de qualité qui pourraient dialoguer avec la littérature européenne écrite dans d'autres langues, dont le français. 

On pourrait aussi considérer que les enseignants de chaque région mettent prioritairement l’accent sur des œuvres issues de celle-ci mais, au-delà de ce principe, il serait bon que chaque élève soit sensibilisé à l’existence de cette foisonnante diversité littéraire de notre pays.

   Si Annie Ernaux est « notre » nouveau prix Nobel de littérature, Frédéric Mistral, en son temps, le fut aussi. Il écrivait en provençal, et de cela la quasi-totalité des Français n’a strictement aucune connaissance. Œuvrons pour mettre un terme à cette aberration. Agissons au bénéfice de tous, à commencer par notre jeunesse : l'ouverture des programmes sur notre diversité interne est un premier pas vers un nouvel humanisme ouvert à l’Autre."

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17 juin 2025 2 17 /06 /juin /2025 10:16

 « Ne nous suicidons pas tout de suite, il y a encore quelqu'un à décevoir. »

Emil Cioran 


Dans un monde renversé, où le vrai n’est qu’un hoquet du faux, une maladresse vite corrigée par la grande machinerie du mensonge, il faut un courage grotesque, presque clownesque, pour oser sa lâcheté. Oh, quel panache dans cette couardise érigée en art ! Nous, les spectateurs émérites de la catastrophe, nous excellons à détourner les yeux, à polir notre apathie comme un bijou. Guy Debord, ce prophète d’un désastre trop évident, l’a dit : « Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. » Et nous, avec une ferveur de termites, nous construisons l’autel de ce faux, en y sacrifiant jusqu’à la dernière bribe de sens.
Le vrai ? Une intrusion maladroite, une gifle importune qui trouble un instant la belle harmonie des illusions.

Il surgit, mal rasé, maladroit, et nous le chassons comme on repousse un mendiant qui gâche le décor.

Car le faux, lui, a de l’allure : il parade en costumes taillés sur mesure par des dirigeants dont l’incompétence n’est surpassée que par leur génie à nous faire avaler leurs fables. Ces marionnettistes malhabiles, ces apprentis sorciers aux mains tremblantes, orchestrent la débâcle avec une assurance qui force l’admiration. Et nous, que faisons-nous ? Nous applaudissons, ou plutôt, nous baissons la tête, car applaudir demanderait encore un effort.
« Avoir le courage de sa lâcheté », quelle devise sublime pour une époque qui a fait de l’inaction une religion !

Nous ne voyons rien, non par cécité, mais par choix, par cette délicieuse paresse qui nous dispense d’agir. Agir ? Quelle vulgarité ! Mieux vaut se draper dans le silence, ce manteau d’élégance pour les âmes qui ont renoncé. Les valeurs s’inversent, la justice devient une mascarade, la liberté un slogan pour publicités de supermarché, et nous, fidèles à notre vocation de complices, nous laissons faire. L’« étrange défaite » n’a rien d’étrange : elle est le chef-d’œuvre de notre passivité, le triomphe de notre refus de déranger le chaos.
Cioran, s’il daignait encore respirer notre air vicié, rirait jusqu’à l’asphyxie. Il nous regarderait, nous, les équilibristes du néant, danser sur le fil au-dessus de l’abîme, convaincus que notre immobilité est une stratégie.

Quelle farce ! L’histoire, ce tribunal qui ne pardonne pas, ne se contentera pas de juger les imposteurs et leurs cortèges de mensonges ; elle pointera un doigt moqueur sur nous, les lâches, les artisans du silence, ceux qui ont cru que fermer les yeux était une forme de sagesse.

Sagesse ! Le mot même est une insulte dans ce monde où la vérité, ce misérable moment, est piétinée par la foule des adorateurs du faux.Et pourtant, quelle volupté dans cette lâcheté ! Quelle jouissance à se savoir complice, à murmurer dans l’ombre : « Ce n’est pas ma faute, je n’ai rien vu. » Rien vu ? Allons, nous voyons tout, mais nous avons appris à aimer l’obscurité. Le tribunal de l’histoire ? Une formalité. Nous y siégerons, non comme accusés, mais comme spectateurs, toujours spectateurs, avec ce sourire satisfait de ceux qui ont su, jusqu’au bout, ne rien faire.
 

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16 juin 2025 1 16 /06 /juin /2025 15:15

Problème de réseau d’eau à Perpignan : point sur la situation
La Mairie de Perpignan communique sur l’état actuel des perturbations affectant le réseau d’eau potable dans certains secteurs de la ville.
Secteurs toujours privés d’eau
À ce jour, les habitants des adresses suivantes restent sans approvisionnement en eau :  

    Rue du Ruisseau  
    Rue de l'Université  
    Rue Fontaine Neuve  
    Rue Côte des Carmes  
    Place Jean Moulin  
    Place des Esplanades

Les équipes de Véolia concentrent leurs efforts sur deux rues du Centre Ancien, à savoir la rue du Ruisseau et la rue de l'Université, afin d’identifier et de résoudre la cause des perturbations.
Distribution d’eau organisée
Pour répondre aux besoins des riverains, la Mairie de Perpignan maintient la distribution d’eau potable aux points suivants :  

    Palais des Congrès  
    Place Arago  
    Place Jean Moulin

Par ailleurs, la distribution au robinet reste disponible sur la Place Cassanyes et la Place de la Résistance.  
Des mesures spécifiques ont également été prises pour le Collège Jean Moulin, avec la livraison de palettes d’eau et l’installation d’une cuve de 12 m³ au sein de l’établissement.

Qualité de l’eau : aucune inquiétude à signaler
L’Agence Régionale de Santé a effectué des analyses confirmant qu’aucun problème de qualité de l’eau n’a été détecté. Dans les secteurs où l’approvisionnement a repris, l’eau peut apparaître trouble, mais elle est désormais propre à la consommation. Toutes les restrictions d’usage ont donc été levées.
Mobilisation en cours
Les services municipaux et Véolia restent pleinement mobilisés pour rétablir la situation dans les meilleurs délais. La Mairie de Perpignan tiendra les habitants informés de l’évolution de la situation.
Pour toute question, les riverains sont invités à se rapprocher des services municipaux.

Oui, une régie publique de l’eau est non seulement envisageable, mais elle est aussi souvent considérée comme utile pour répondre à des enjeux de transparence, de contrôle démocratique et de maîtrise des coûts. Voici une analyse concise de l’utilité d’une régie publique, accompagnée d’exemples concrets en France, où ce modèle est bien implanté.
Utilité d’une régie publique de l’eau

    Contrôle démocratique et transparence :
        Une régie publique est directement gérée par une collectivité locale (commune, métropole, etc.), ce qui permet aux élus et aux citoyens d’avoir un contrôle direct sur la gestion de l’eau, une ressource stratégique.
        Les régies publiques favorisent la transparence, notamment via la publication de rapports annuels et la participation citoyenne, contrairement à certaines délégations privées où les priorités peuvent être influencées par la rentabilité.
    Maîtrise des coûts :
        Les régies publiques, n’ayant pas d’actionnaires à rémunérer, peuvent réinvestir les bénéfices dans l’entretien des infrastructures ou la réduction des tarifs. Une étude mentionnée sur X indique que le prix de l’eau en régie publique est en moyenne 4 % inférieur à celui en délégation privée.
        Elles permettent d’éviter les marges commerciales des entreprises privées, bien que des critiques pointent parfois une moindre efficacité opérationnelle si la gestion n’est pas rigoureuse.
    Gestion intégrée et écologique :
        Les régies publiques peuvent intégrer plus facilement des objectifs de transition écologique, comme la préservation des ressources ou l’amélioration des réseaux pour réduire les fuites (eau non facturée).
        Elles peuvent prioriser des investissements à long terme sans pression de rentabilité immédiate.
    Limites potentielles :
        Les régies publiques nécessitent une expertise technique et une gestion rigoureuse pour éviter les inefficacités ou les interférences politiques.
        Le financement des investissements peut être plus complexe si la collectivité manque de ressources, contrairement aux entreprises privées qui peuvent lever des fonds plus facilement.

Exemples de régies publiques en France

    Eau de Paris (Paris) :
        Depuis 2010, la gestion de l’eau à Paris est revenue en régie publique après des décennies de délégation privée à des entreprises comme Veolia et Suez.
        Résultats : 
            Stabilisation des tarifs, avec une baisse relative par rapport à l’inflation.
            Investissements massifs dans la modernisation des réseaux (réduction des fuites) et des campagnes de sensibilisation à la préservation de l’eau.
            Mise en place de fontaines publiques gratuites et d’outils de suivi de la qualité de l’eau.
        Avantage : Gouvernance transparente avec un conseil d’administration incluant des élus, des associations et des citoyens.
   

Métropole de Lyon :
        En 2023, Lyon a créé une régie publique pour gérer l’eau potable, mettant fin à la délégation à Veolia.
        Objectifs : 
            Renforcer le contrôle local et intégrer des priorités écologiques, comme la protection des captages et la réduction de l’impact environnemental.
            Améliorer la transparence et impliquer les citoyens dans les décisions.
        Résultats : Encore récent, mais la régie vise à réduire les coûts pour les usagers et à investir dans des infrastructures durables.
    Montpellier Méditerranée Métropole :
        En 2021, la métropole a voté l’extension de sa régie publique de l’eau à l’assainissement, après une première étape en 2016 pour l’eau potable.
        Résultats : 
            Gestion intégrée des cycles de l’eau (potable et assainissement), favorisant une approche cohérente pour la transition écologique.
            Réduction des coûts pour les usagers et meilleure maîtrise des investissements dans les canalisations publiques.
        Avantage : Cette régie permet une coordination entre les différents usages de l’eau, réduisant les gaspillages et améliorant l’efficacité.
    Est Ensemble (Île-de-France) :
        Cette intercommunalité, regroupant neuf communes (comme Bagnolet et Montreuil), a repris la gestion de l’eau en régie publique en 2010 après des années sous délégation privée.
        Résultats :
            Baisse des tarifs pour les usagers (environ 10 % dans certaines communes).
            Amélioration de la qualité du service et des investissements dans les réseaux pour réduire les fuites.
        Avantage : Forte implication citoyenne via des comités d’usagers et une meilleure transparence budgétaire.

Contexte international

    Portugal (Lisbonne) : La régie publique a permis de stabiliser les tarifs et d’investir dans la modernisation des réseaux, tout en intégrant des politiques de durabilité.
    Allemagne (Berlin) : Après une remunicipalisation en 2013, la régie publique a amélioré la transparence et réduit les coûts, bien que des défis subsistent en termes d’efficacité opérationnelle.

Conclusion
Une régie publique de l’eau est une solution viable et souvent bénéfique, notamment pour garantir un contrôle démocratique, réduire les coûts pour les usagers et prioriser les enjeux écologiques. Les exemples de Paris, Lyon et Montpellier montrent des résultats concrets en termes de transparence, de baisse des tarifs et d’investissements dans les infrastructures publiques. Cependant, le succès dépend de la capacité de la collectivité à gérer efficacement et à mobiliser des compétences techniques. Pour évaluer la pertinence d’une régie publique dans votre contexte, il serait utile de consulter les rapports annuels de votre collectivité ou de comparer avec des cas similaires via des ressources comme le site de France Eau Publique (france-eau-publique.fr).

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16 juin 2025 1 16 /06 /juin /2025 12:08

C'est une grosse canalisation difficilement accessible, qui a pété dimanche et qui perd 500 m3 par heure, Véolia qui a le contrat de la distribution de l'eau et pas de l'entretien des canalisations cela coute cher surtout dans la vieille ville) n'a pas pour le moment réussi à réparer.10000 foyers sont privés d'eau. À long terme, c'est un préjudice pour les commerçants et particulièrement pour les restaurants, qui ne pourront ouvrir faute de pouvoir faire la vaisselle, cuisiner, donner l'accès au WC : est-ce que Véolia les indemnisera ?

Le Cri de Perpignan : une ville assoiffée par la défaillance des conduites
Par Robert Dainar, philosophe et observateur des misères humaines  

 

Perpignan, en ce seizième jour de juin de l’an 2025 – Ô cruelle ironie de la condition humaine ! L’eau, ce bien premier de la nature, don généreux sans lequel la vie s’éteint, manque cruellement aux habitants du cœur de Perpignan. Depuis les neuf heures du matin, les riverains et commerçants de cette cité languedocienne souffrent la soif, privés d’eau potable par une anomalie obscure dans les entrailles du réseau de distribution. Cette charge, confiée à la Communauté Urbaine Perpignan Méditerranée Métropole (PMM) et à son délégataire Veolia, révèle les fragilités d’une société qui, se croyant maîtresse de la nature, s’abandonne à la négligence de ses propres ouvrages.

Les autorités, promptes à réagir, ont sollicité les services compétents de PMM et de Veolia, mais l’origine de cette disgrâce demeure, à l’heure où j’écris, un mystère. Selon les quartiers, les rues, voire les étages des immeubles, l’eau se refuse encore à couler, laissant les citoyens dans l’attente et l’incertitude. D’abord, six mille abonnés furent touchés ; la fuite, dit-on, s’est réduite à quelque sept cent quatre-vingts âmes, principalement autour du Bastion Saint-Dominique, de la rue du Ruisseau et de la rue Fontaine Neuve. Les services, mobilisés sans relâche, cherchent à percer l’énigme pour rendre à la ville son fluide vital.
La #mairie, dans un élan de sollicitude, a organisé dès l’aube, à six heures et demie, une distribution d’eau aux places des Esplanades, devant le Palais des Congrès et sur la place Arago. Des fontaines publiques, à la place Cassanyes et à la place de la Résistance, offrent également un secours temporaire. Mais combien de temps cette manne durera-t-elle ? L’homme, dans sa présomption, a cru dompter les éléments, et voici que ses canalisations le trahissent.
 

De la soif de Perpignan aux maux de la nation
En France, chaque individu consomme, en moyenne, cent quarante-huit à cent cinquante litres d’eau par jour pour ses besoins domestiques, soit environ cinquante-quatre mètres cubes par an. Les sportifs, avides d’ablutions, en usent jusqu’à deux cent quatre litres, et les vacanciers, dans leur insouciance, vont jusqu’à deux cent trente. Depuis l’an 2012, cette consommation, stabilisée, montre une légère #décroissance, fruit d’un sursaut de vertu #écologique et d’appareils plus sobres. Mais ce tableau flatteur cache une vérité plus amère : près d’un cinquième de l’eau potable, en France, s’échappe par les fuites des réseaux, gaspillée par l’incurie des hommes (ONEMA). À Perpignan, cette défaillance n’est qu’un symptôme d’un mal plus vaste : l’usure des infrastructures, laissées à l’abandon par des siècles d’orgueil technologique.
 

Les leçons de l’eau
Cette disette aquatique, bien que locale, porte en elle les germes d’une méditation universelle. L’#eau, source de vie, est un bien commun que l’homme, dans son aveuglement, croit assuré. Pourtant, les sécheresses, toujours plus fréquentes en cette terre d’Occitanie, rappellent la précarité de nos ressources. En 2023, des restrictions ont déjà frappé la région, et l’avenir, sous l’égide d’un climat changeant, menace de nouvelles épreuves. La gestion de l’eau, si elle veut être durable, exige des investissements dans des réseaux robustes, une équité dans l’accès pour les plus humbles, et une sobriété dans nos usages, qu’ils soient domestiques ou frivoles, comme l’arrosage des jardins ou le remplissage des piscines.
Que Perpignan, en ce jour, serve d’avertissement ! L’homme, s’il persiste à mépriser la nature et ses propres œuvres, risque de voir ses fontaines taries et ses cités réduites à la soif. Que la Mairie poursuive son labeur, que Veolia trouve remède à la panne, et que la raison, enfin, guide nos pas vers une harmonie avec l’eau, ce trésor trop longtemps négligé.

 

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15 juin 2025 7 15 /06 /juin /2025 15:25

Vu le niveau d’abstentionnisme, à bien y regarder les influenceurs sont plus représentatifs que les élus! Une commission d'enquête parlementaire leur a demandé des comptes. Mais qui sont-ils, si mal élus tant dans le nombre de vote que dans ses conditions pour être légitimes? Avant de crier au populisme regardons dans le miroir inversé de la "quatrième dimension" pour ouvrir le débat !
 

Contexte réel : l’audition des influenceurs
 

Le 10 juin 2025, des influenceurs comme Nasdas, Alex Hitchens, AD Laurent, et le couple Julien et Manon Tanti ont été auditionnés par la commission d’enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Ces créateurs de contenu, choisis à la suite d’une consultation citoyenne ayant recueilli plus de 32 000 réponses, étaient interrogés pour des contenus jugés problématiques : sexisme, virilisme, violence, exploitation de la misère, ou pratiques commerciales douteuses. Les auditions ont été marquées par des échanges tendus, des moments de buzz (comme l’abandon de l’audition par Alex Hitchens), et une couverture médiatique importante, notamment sur X et dans la presse (Le Figaro, BFMTV, Le Monde). Nasdas, par exemple, a été questionné sur ses vidéos mettant en scène des jeunes précaires ou distribuant de l’argent, accusé d’exploiter la misère pour l’audience.

Ces moments ont généré du buzz, amplifié par les réseaux sociaux, où les influenceurs ont parfois retourné les critiques contre les députés, comme Nasdas reprochant un manque de compréhension de la santé mentale des créateurs. Une députée a même publié une vidéo TikTok semblant narguer Nasdas, ajoutant au côté spectaculaire.

Scénario inversé : les influenceurs interrogent les députés
Imaginons un monde où des influenceurs comme Nasdas organisent une “commission d’enquête populaire” sur les réseaux sociaux, convoquant des députés pour répondre de leurs actions, dans un format conçu pour maximiser l’audience et le buzz. Voici à quoi cela pourrait ressembler :

    Le cadre de l’interrogatoire  
     

Les influenceurs, forts de leurs millions d’abonnés (Nasdas en a 9,3 millions sur Snapchat), utiliseraient des plateformes comme TikTok, Snapchat ou YouTube pour diffuser l’événement en direct, avec des lives interactifs où les viewers votent pour les questions ou réagissent en temps réel.
        Le ton serait provocateur, reprenant les codes des dramas ou des clashs en ligne : montages dynamiques, effets sonores, et accusations directes pour capter l’attention. Nasdas pourrait, par exemple, titrer son live : “Les députés face à la VRAIE France : on leur demande des comptes !”
       

Les thèmes abordés pourraient inclure : l’impact des lois sur la jeunesse, la déconnexion des élus des réalités des quartiers, ou encore la transparence des dépenses publiques, jouant sur des sujets sensibles pour créer du buzz.
    Les “accusés” : les députés  
        Des figures comme Arthur Delaporte, président de la commission TikTok, pourraient être convoquées. Les influenceurs leur reprocheraient, par exemple, de critiquer les réseaux sociaux sans comprendre leur fonctionnement ou d’ignorer les problèmes structurels (chômage, précarité) qui poussent les jeunes vers des figures comme Nasdas.
        Les questions seraient volontairement incisives : “Pourquoi vous parlez de protéger les mineurs sur TikTok, mais pas des écoles qui tombent en ruine ?” ou “Combien vous gagnez par mois, et qu’est-ce que vous faites pour les SDF que je filme ?” Ces attaques chercheraient à exposer des contradictions, comme Nasdas a été accusé d’exploiter la misère.
    Les moments de buzz :
        Un député pourrait “craquer” sous la pression, comme Alex Hitchens a quitté son audition, créant un moment viral. Par exemple, un élu déconnectant son micro ou répondant maladroitement pourrait être remixé en mème TikTok.
        Les influenceurs joueraient sur l’émotion : Nasdas pourrait montrer des images de jeunes en difficulté qu’il “aide”, accusant les députés d’inaction, pour susciter l’indignation de son audience.
        Les lives généreraient des millions de vues, avec des hashtags comme #DéputésEnPLS ou #NasdasVsAssemblée, amplifiant le buzz. Des clips de 15 secondes montrant les moments les plus tendus circuleraient sur TikTok.
    Les réactions  
        Les médias traditionnels (Le Figaro, BFMTV) couvriraient l’événement, mais avec un ton critique, accusant les influenceurs de populisme ou de sensationalisme, comme ils l’ont fait pour les auditions réelles.  
        Sur X, les opinions seraient divisées : certains salueraient la “prise de pouvoir” des influenceurs face à une élite déconnectée, d’autres dénonceraient un “tribunal médiatique” sans légitimité.  
        Les députés pourraient répondre en publiant leurs propres vidéos TikTok, comme la députée qui a nargué Nasdas, mais risqueraient de sembler ridicules face à des influenceurs maîtrisant les codes des réseaux.
    Les limites du scénario  
        Contrairement à une commission parlementaire, une “enquête” menée par des influenceurs n’aurait aucune autorité légale. Les députés pourraient refuser de participer, privant l’événement de crédibilité.
        Le format privilégierait le spectacle au détriment du fond, comme les auditions réelles ont parfois viré au clash plutôt qu’au débat. Les influenceurs risqueraient d’être accusés de manipuler l’opinion, comme ils l’ont été pour leurs contenus problématiques.
        Enfin, l’audience, majoritairement jeune, pourrait se désintéresser si le sujet devient trop complexe, préférant des dramas plus simples.

Comparaison avec la réalité
Dans le scénario réel, les influenceurs étaient en position de défense, interrogés par une institution légitime, mais ont réussi à créer du buzz en jouant sur leur image provocatrice. Inverser les rôles donnerait aux influenceurs un pouvoir symbolique, mais éphémère, car leur influence repose sur l’audience, pas sur une autorité institutionnelle. Les deux scénarios partagent un point commun : la recherche de l’attention, amplifiée par les réseaux sociaux, où le fond (protection des mineurs, responsabilité des élus) passe souvent après le spectacle.
Si vous cherchez des vidéos spécifiques
Vous mentionnez “les moments vidéos et de buzz qu’on sait”. Si vous faites référence à des extraits précis de l’audition du 10 juin 2025, des vidéos sont disponibles sur les sites de l’Assemblée nationale, BFMTV, ou Le Figaro, qui ont diffusé des moments clés (par exemple, Nasdas défendant ses contenus ou Alex Hitchens quittant l’audition). Si vous voulez que je recherche ou analyse une vidéo spécifique, précisez le moment ou le lien, et je peux le décortiquer. Si vous parlez de vidéos fictives dans le scénario inversé, je peux proposer une description créative d’un clip viral imaginaire (par exemple, un TikTok de Nasdas “clashant” un député).
Conclusion
Un scénario où les influenceurs interrogent les députés reproduirait les dynamiques de buzz et de clash observées lors de l’audition réelle, mais avec moins de légitimité institutionnelle. Les réseaux sociaux amplifieraient l’événement, mais le risque de dérapage (populisme, simplification) serait élevé. Si vous avez une idée précise de l’inversion ou des “moments de buzz” à explorer, donnez-moi plus de détails, et je peux affiner la réponse ou chercher des sources supplémentaires !
 

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 18:12

 

    “Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul, ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !”

     Edmond Rostand / Cyrano de Bergerac 


Le 17 juin 2025, le site L’Archipel Contre-Attaque, porté par la plume acérée de Nicolas Caudeville, fêtera ses 17 ans d’existence. Ce média alternatif, ancré dans le paysage catalan, s’est imposé comme une voix dissonante, secouant l’information locale avec un ton unique, souvent provocateur, mais toujours engagé. À cette occasion, revenons sur son parcours, ses chiffres impressionnants et sa place singulière dans l’information en Pays Catalan.

Une aventure débutée il y a 17 ans

Créé en 2008, L’Archipel Contre-Attaque est le fruit de la vision de Nicolas Caudeville, un Catalan d’adoption arrivé à Argelès-sur-Mer à l’âge de 8 ans. Comme il le confiait dans une interview en 2016, son amour pour le territoire et sa curiosité insatiable pour l’humanité l’ont poussé à explorer les réalités locales à travers des articles et des interviews. « J’aime beaucoup les interviews, car j’aime beaucoup les gens, je suis curieux de l’humanité, un des derniers territoires à explorer », déclarait-il alors.

Le site s’est rapidement distingué par son approche irrévérencieuse et son refus de se plier aux conventions des médias traditionnels. En 2016, à l’occasion de ses 7 ans, Nicolas Caudeville expliquait son évolution, passant d’une posture de « guérilla » contre les élites locales à un rôle d’entremetteur, facilitant les rencontres et les projets pour le bien du territoire. Ce positionnement hybride, entre critique incisive et construction collective, a forgé l’identité unique du site.

Des chiffres qui témoignent d’un succès

Depuis sa création, L’Archipel Contre-Attaque a attiré 1 046 528 visiteurs uniques et cumulé 1 540 077 pages vues, des statistiques impressionnantes pour un média indépendant. En 2016, le site avait déjà franchi le cap des 500 000 lecteurs uniques, un chiffre supérieur à la population des Pyrénées-Orientales, comme le soulignait fièrement Nicolas Caudeville. En janvier 2015, il enregistrait un record mensuel de 26 000 visiteurs uniques, signe d’une audience en constante croissance.
Ces chiffres reflètent l’attrait d’un contenu diversifié, mêlant articles d’analyse, satires politiques et interviews variées. Le site a publié près de 600 interviews, majoritairement en français, mais aussi en catalan, espagnol, anglais, italien et même japonais, illustrant son ouverture culturelle et son ambition de dépasser les frontières locales.

Une voix critique dans l’information catalane

Dans un paysage médiatique local souvent critiqué pour son manque d’indépendance, L’Archipel Contre-Attaque occupe une place à part. Nicolas Caudeville n’hésite pas à pointer du doigt les dérives des institutions et des médias traditionnels. En 2016, il dénonçait par exemple la « représentation folklorique » du territoire par France Bleu Roussillon, accusée de négliger la création musicale locale au profit d’un discours stéréotypé sur « l’aççant catalan, rugby et cargolade ». En 2018, il s’attaquait à l’usage inflationniste du langage politique dans son article « Perpignan/PO : parlez-vous ‘l’enflé’ ? », critiquant le détournement des mots par les élus.
Le site s’est également fait l’écho des initiatives culturelles et sociales, donnant la parole à des figures locales souvent ignorées par les grands médias. Parmi les interviews marquantes, citons celle de Rachel Skellington, modèle alternatif inspiré par Burton et Poe, ou encore celle de Jean Lhéritier, organisateur du Mercat de la Terra à Elne, mettant en lumière des acteurs engagés dans la vie locale. Plus récemment, Nicolas Caudeville a couvert des événements comme le festival Seconds Rôles au Premier Plan à Carmaux, en interviewant Jérôme Quaretti, ou encore une exposition sur le thème de la femme à Perpignan.

Un média en constante évolution

Si L’Archipel Contre-Attaque s’est construit sur une critique acerbe des dysfonctionnements locaux, il a su évoluer pour proposer une réflexion plus large. Nicolas Caudeville se définit comme un « penseur critique » sans prétention, cherchant à introduire de la nuance dans un paysage médiatique souvent pressé et superficiel. Ses articles récents, comme ceux sur la rénovation urbaine à Perpignan ou la « Compétition Mondiale de Saucisse Catalane », mêlent toujours analyse sérieuse et ton satirique, une marque de fabrique qui séduit son audience.

À l’approche de son 17e anniversaire, le site continue d’arpenter son chemin, avec l’ambition d’atteindre les 3 millions de lecteurs, comme l’espérait Nicolas Caudeville en 2016. Dans un contexte où les médias locaux peinent à se réinventer, L’Archipel Contre-Attaque reste un acteur incontournable, capable de provoquer, d’informer et de fédérer autour d’une vision audacieuse du Pays Catalan.

Le 17 juin 2025, L’Archipel Contre-Attaque célébrera 17 ans d’une aventure journalistique hors norme.

Avec plus d’un million de visiteurs uniques et une présence affirmée dans l’information catalane, le site de Nicolas Caudeville prouve qu’un média indépendant peut marquer les esprits et faire entendre une voix différente. En attendant de découvrir les surprises que réserve cet anniversaire, une chose est sûre : l’Archipel continuera de contre-attaquer avec panache.
 

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 12:01

Christophe Euzet : Il serait une fois Perpignan ! Livre

Christophe Euzet sort aux @Presses Littéraires de Jérôme Fricker une dystopie souriante sur Perpignan en 2042 des pistes pour enfin révéler le potentiel de la belle catalane.Il nous en fait comme on dit en Catalan,"cincs centimes"


Par Frédéric Belvédere, en mode critique littéraire désabusé mais secrètement séduit

Dans le grand cirque de la campagne municipale 2026, où chaque candidat dégaine son clip TikTok, son slogan à deux balles ou sa promesse de fontaine à rosé sur la place de la Loge, Il serait une fois, Perpignan de Christophe Euzet arrive comme un ovni. Pas de buzz tapageur, pas de punchline à la Hanouna, mais un petit roman-fiction qui ose l’impensable : parler d’avenir sans hurler, rêver sans faire de l’esbroufe, et croire en Perpignan sans tomber dans le folklore catalan de carte postale. Et, bordel, ça fonctionne.

Imaginez : Marguerite, une quadra un peu cabossée, revient à Perpignan en 2042, après avoir claqué la porte vingt ans plus tôt, écœurée par une ville engluée dans ses problèmes – insécurité, saleté, inertie, repli identitaire. Sauf que, surprise, la Perpignan qu’elle retrouve n’est plus ce décor de série B. Les rues sont propres, le tramway file avec une élégance sang et or, le centre-ville respire, les quartiers ne s’ignorent plus, les jeunes s’impliquent, les vieux ne sont plus des ombres. La ville, en un mot, vit. Mieux, elle vibre. Euzet, avec une plume sobre mais jamais chichiteuse, nous embarque dans cette renaissance urbaine, où la transformation n’est pas un miracle mais le fruit d’un boulot de titan : respect, intelligence collective, courage politique.

Et un peu de beauté, parce que, oui, une ville propre, c’est aussi une ville qui vous fait sourire.

Ce qui fout les jetons, c’est que ce bouquin n’est pas qu’un roman. C’est un manifeste déguisé, un uppercut discret aux cyniques qui pensent que Perpignan est condamnée à son passé. Euzet, prof de droit public et président de l’association « Perpignan il est temps ! », ne fait pas que raconter une histoire. Il balance une vision, un projet, un défi. Et là où les autres candidats misent sur des coups d’éclat éphémères – un tweet bien senti, un hashtag qui claque –, lui choisit la patience d’un texte qui se lit en une soirée mais qui vous hante des jours. C’est culotté, presque anachronique, dans un monde où l’attention dure trois secondes. Mais c’est peut-être ça, le vrai coup de buzz : faire croire à une ville qu’elle peut être plus grande qu’elle-même.
Alors, oui, Il serait une fois, Perpignan ne va pas faire jumper les foules sur Insta. Pas de GIFs, pas de filtres Snapchat.

Mais ce livre a un truc que les autres n’ont pas : une âme.

Et dans la bataille des municipales, où tout le monde joue au plus malin, Euzet rappelle qu’une ville, ce n’est pas juste un hashtag. C’est une histoire qu’on écrit ensemble. Et ça, mes amis, c’est plus fort que n’importe quel coup de com

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 09:33

 

« L’homme commence à être intéressant quand il cesse de croire à la politique. »* — Cioran

 

À Perpignan, ville lasse, fatiguée, presque résignée, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, est venue, souriante et bien coiffée, saluer la réussite. Elle n’a pas choisi l’hôpital, ce sanctuaire d’épuisement où l’on administre la lente agonie des institutions publiques, mais l’école 42, temple immaculé de l’innovation numérique et de l’autosatisfaction régionale. Ce 13 juin 2025, elle marchait aux côtés d’Agnès Langevine, son bras électoral droit, avec la sérénité de ceux qui savent exactement ce qu’ils veulent éviter.

L’école 42. Quelle belle histoire à raconter. Gratuite, sélective sans diplôme, 100 % d’employabilité, et surtout, parfaitement inoffensive. Ici, pas de cris de patients, pas de brancards qui manquent, pas de médecins à bout de souffle. Rien qu’un avenir bien emballé dans du langage managérial. Une visite utile : elle coïncide avec les ambitions municipales de Mme Langevine, qui rêve d’arracher la mairie à Louis Aliot. À l’école 42, les deux femmes parlent de logement, d’alimentation, et d’autres doléances domestiquées, polies, digestes. L’indigence quotidienne se doit désormais d’être « innovante » pour mériter attention.

> *« L'art de gouverner consiste à ne jamais se laisser émouvoir par les malheurs qu'on cause. »* — Cioran

Mais pendant ce temps, à l’hôpital de Perpignan, c’est toujours la même trame : les urgences asphyxiées, le personnel lessivé, les cris étouffés par les murs. On y manque de tout, sauf de résignation. La visite aurait été risquée : rien n’y flatte l’œil ni le récit. Là-bas, la région n’a que peu de prérogatives, donc encore moins de responsabilités à assumer. Quelle absurdité, après tout, d’aller là où l’on ne peut que compatir ! Mieux vaut saluer le triomphe de la logique comptable que se frotter à la misère inaltérable.

Il faut dire qu’à Perpignan, tout est matière à catastrophe : chômage, désert médical, climat politique délétère. Le réel y est une forme d’injure. Pourquoi s’y confronter ? Mieux vaut créer une autre réalité, plus propre, plus photogénique. Ce que Carole Delga a fait. Avec méthode. Avec talent.

> *« On ne redresse pas un cadavre ; on le maquille. »* — Cioran

Cette stratégie est imparable : détourner les yeux, choisir ses batailles, éviter les zones grises. À la violence de l’hôpital, Delga oppose la clarté rassurante de l’école 42. À la complexité, la simplicité. À l’échec, la success story. C’est là toute la magie du politique moderne : ne plus réparer le monde, mais le réécrire.

Mais à force de vouloir incarner la solution, on finit par devenir le symptôme. Car pendant que Delga se félicite, Perpignan se fissure. Et les Perpignanais, eux, voient bien que la vitrine est propre uniquement parce qu’on a jeté la poussière sous le tapis. Ils sont 42 % à ne pas être fiers de vivre ici. Pas étonnant : les promesses sont numériques, leurs douleurs biologiques.

« Ce que nous appelons politique n'est que l’art d’agiter le peuple avant de s’en servir. »* — Cioran

La visite de l’école 42 n’est pas une faute ; elle est pire : un aveu. L’aveu que le désespoir ne vaut plus qu’on s’y attarde, qu’il est désormais obsolète, improductif. Qu’il faut donc le contourner, le décorer, ou l’ignorer.

À Perpignan, la politique ne soigne plus. Elle administre des images. Et chaque sourire de campagne est une grimace de plus dans cette farce lugubre où l’on continue, malgré tout, à parler de « projets d’avenir ».

 

 

 

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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 13:30

Jeunesse sans repères : enquête dans les rues du chaos

C’était une sale époque. Pas celle des années 30 en Allemagne, non. Celle d’aujourd’hui, en France. Celle où les mômes traînent des lames dans les poches comme d’autres jadis des billes. Et moi, je devais fouiller dans cette jungle urbaine, lampe torche à la main, à la recherche d’un sens. D’un lien entre la folie d’hier et les dérapages d’aujourd’hui. Mon alibi ? Un vieux roman autrichien, *Jeunesse sans Dieu*, signé Ödön von Horváth. Une histoire noire comme un fond de ruelle, pleine de mômes perdus et d’adultes lâches. Et merde… c’était pas si différent de ce qu’on vit maintenant.

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1. Les mômes et le poison

Dans le bouquin, les gamins ont la cervelle bouffée par la propagande nazie. Des mômes comme N, Z ou T — prénoms froids comme des plaques d’immatriculation — répètent les saloperies racistes qu’ils entendent à la radio. Ils volent. Ils tuent. Et personne pour leur dire stop. Les adultes ? Aux abonnés absents.

Aujourd’hui, on n’a pas Hitler à la télé, mais on a autre chose : les écrans qui bavent jour et nuit. Des vidéos où des types en survêt’ font rimer violence et succès, où des défis cons mettent des gosses en danger pour deux likes de plus. Les sociologues, comme Laurent Mucchielli, le disent : ça joue à celui qui cogne le plus fort. Et les chiffres, eux, ne mentent pas. Entre 2019 et 2022, les coups de lame ont pris +7 %, avec les 15-25 ans en tête de cortège.

Les mômes d’aujourd’hui, ils se construisent sur du vide. Gérald Bronner parle de "vide moral", d’une société qui a perdu ses repères comme un marin sans boussole dans la tempête. Religion, famille, école ? Plus assez solides pour tenir les digues.

Dans le roman, on appelait ça une jeunesse "sans Dieu". Aujourd’hui, ce serait plutôt sans gardes-fous. Et c’est pas mieux.

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2. Des regards de poisson, et des corps qui tombent

Y avait ce môme, T. Pas un caïd, pas un héros. Un gosse au regard de poisson mort. Une âme qui a pris l’eau. Il tue, se tait, se fout en l’air. Fin de l’histoire. Horváth le voyait comme ça : l’humanité figée, désensibilisée. Des gamins qui sentent plus rien. Qui pensent plus.

Regarde autour de toi. Le mot qu’ils utilisent maintenant, c’est "ensauvagement". Ça claque, ça fait peur, ça vend du papier. Certains politiques l’aiment bien. D’autres crient à l’amalgame. Mais dans les faits divers, les lames sortent plus vite que les mots. Yuriy, tabassé à Paris. Thomas, poignardé à Crépol. Des rixes à la con, pour une histoire de regard, de territoire, de fierté mal placée. Et les jeunes qu’on interroge ensuite ? Froids. Détachés. "Fallait pas manquer de respect", qu’ils disent. Le même regard vide que T. Le même mécanisme glacé.

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3. Et les adultes ? Planqués derrière leurs rideaux

Dans *Jeunesse sans Dieu*, les adultes sont absents ou pourris. Le prof a un sursaut de morale, mais trop tard. Le directeur, le père de N ? Collabos du système. La mère de T ? Aveugle par confort.

En 2020, on n’a plus de dictature d’État, mais les institutions, elles aussi, ont la corde raide autour du cou. L’école ? Un champ de bataille. Entre 2019 et 2023, les incidents violents ont grimpé de 12 %. La famille ? Parfois déchirée, parfois dépassée. L’INSEE balance que les jeunes impliqués dans la violence viennent souvent des marges, là où le frigo est vide et l’espoir absent.

Et la justice ? Y a des juges, oui. Mais pas assez. Des mineurs jugés tard, parfois relâchés trop vite. Le Syndicat de la magistrature en 2023 sonnait l’alarme : "Pas les moyens". Pendant ce temps, la rue continue de saigner.

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4. Lueur dans la brume : un reste d’humanité

Le prof du roman, il a merdé, c’est vrai. Mais il essaie de rattraper le coup. Il veut sauver Ève, affronter T, et part vers l’Afrique comme un exorcisme. Il cherche l’humain en lui, loin de cette société déglinguée. "Le nègre va chez les nègres", il dit. C’est moche, c’est daté, mais on pige l’idée : retour aux sources, à la décence, à l’essentiel.

Aujourd’hui aussi, y a des poches de résistance. Des assos comme "SOS Violence", des médiateurs de quartier, des types et des nanas qui refusent de laisser les mômes s’éteindre. Des jeunes qui créent des groupes contre le harcèlement, qui se battent pour l’empathie. Des figures comme les imams, les éducateurs, les curés — ou ce qu’il en reste — qui servent de phare dans la tempête.

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5. L’arme blanche : la lame facile

T, dans le roman, tue avec une pierre. Brutal, instinctif. Pas de plan. Juste une montée d’ombre dans la poitrine. Chez nous, c’est souvent une lame. Pas chère, facile à planquer. La préférée des impulsifs. Trappes, 2020. Un autre drame. Un de plus.

Pourquoi une lame ? Parce que ça fait peur. Parce que ça impose. Parce que dans certains cercles, t’as pas de cran si t’as pas d’arme. Comme Z dans le roman, prêt à tuer pour protéger son foutu journal intime. Un couteau comme une signature sociale.

Et quand ils sont en groupe, c’est encore pire. Le courage monte, l’empathie descend. La violence devient un rite. Comme dans le camp paramilitaire d’Horváth, où les jeunes deviennent des machines. Pas des hommes.

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Épilogue : des gosses en chute libre

*Jeunesse sans Dieu*, c’est pas juste un roman d’un autre temps. C’est un miroir. Crade, fêlé, mais juste. Les jeunes y sont paumés, influencés, violents, oui. Mais surtout : seuls. Livrés à eux-mêmes.

La France des années 2020 ? Pas mieux. Les idéologies ont changé de costume, les armes aussi. Mais le mal est là. La perte de repères, la faillite des adultes, l’appel du vide.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On gueule à l’ensauvagement ? On balance des chiffres et on ferme les yeux ? Ou bien on fait comme le prof : on assume. On se salit les mains. On tente de recoller les morceaux.

Parce qu’au fond, ces gosses, ils sont peut-être pas "sans Dieu". Ils sont juste en rade de lumière. Et nous, on est les derniers à pouvoir allumer l’interrupteur.

 

 

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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 18:32


"Il n'y a rien de si facile que cela ne devienne difficile avec une mauvaise attitude."
Cette citation reflète l'accent mis par Vives sur l'importance de l'état d'esprit pour surmonter les défis, un thème récurrent dans ses écrits sur l'éducation et le développement personnel.

"Il n'y a pas de miroir qui reflète mieux l'image d'un homme que ses paroles."
Cela met en évidence la croyance de Vives en la puissance du langage comme reflet du caractère et de l'intellect, en accord avec son focus humaniste sur la rhétorique et la philosophie morale.

"Il ne peut y avoir de bonté là où il n'y a pas de connaissance de celle-ci."
Cette citation souligne l'idée de Vives selon laquelle la vertu morale est liée à la compréhension et à l'éducation, une idée clé dans ses œuvres comme De Anima et Vita.

 


À la manière de Marc Bloch, historien attentif aux dynamiques sociales, culturelles et économiques qui façonnent les institutions, abordons la question de l’engagement de l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) dans le réseau de l’Institut Joan-Lluís Vives. https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_Llu%C3%ADs_Vives

Comme Bloch, nous interrogerons les structures, les intentions et les effets concrets de cette participation, en scrutant les interactions entre l’université, son réseau transfrontalier et la ville de Perpignan, tout en évaluant les retours sur investissement (ROI) potentiels, non seulement économiques, mais aussi culturels et sociaux.

I. Une institution dans son territoire : l’UPVD et le réseau Joan-Lluís Vives

L’historien, tel un artisan scrutant les fibres d’un tissu social, doit d’abord situer l’UPVD dans son contexte. Fondée en 1349, l’université de Perpignan est ancrée dans une région, la Catalogne Nord, où l’identité catalane, bien que minoritaire en France, reste vive. Son intégration au réseau Joan-Lluís Vives, créé en 1994 pour fédérer les universités des Pays catalans https://fr.wikipedia.org/wiki/Xarxa_Vives_d%27universitats, s’inscrit dans une volonté de transcender les frontières administratives pour revitaliser un espace culturel et linguistique commun. Ce réseau, réunissant 22 institutions de Catalogne, de Valence, des Baléares, d’Andorre et de la Catalogne Nord, ambitionne de promouvoir la langue catalane, la recherche collaborative et les échanges académiques.
L’UPVD, à travers son Institut Franco-Catalan Transfrontalier (IFCT), joue un rôle singulier : elle est la seule université française du réseau, un pont entre la France et les territoires catalans du sud. Mais cette participation est-elle pleinement optimisée ? Bloch nous inviterait à examiner les faits, à confronter les ambitions proclamées aux réalités tangibles, et à interroger les dynamiques économiques et culturelles qui en découlent pour Perpignan.

II. Une participation active, mais inégale

L’engagement de l’UPVD dans le réseau Joan-Lluís Vives se manifeste par plusieurs initiatives concrètes. L’IFCT, créé pour promouvoir la langue et la culture catalanes, coordonne des formations, notamment pour les enseignants bilingues, avec 28 personnels formés en 2025 en partenariat avec l’Office public de la langue catalane (OPLC) et la DSDEN. Des programmes comme la licence et les masters en études catalanes, ainsi que des certificats numériques (PIX), renforcent la professionnalisation des étudiants. La Maison des Pays Catalans, inaugurée en 2008 avec un financement européen, est un symbole de cette coopération transfrontalière, servant de hub pour la recherche et la mobilité étudiante.
Cependant, à la manière de Bloch, qui scrutait les failles des systèmes féodaux, on peut questionner l’ampleur de cette participation. Les échanges académiques, bien que réels, semblent limités par des contraintes structurelles : faible nombre d’étudiants en catalan (environ 8 945 étudiants à l’UPVD, mais une minorité dans les filières catalanes) et manque de visibilité des actions de l’IFCT au-delà des cercles académiques. Les collaborations de recherche, notamment dans les domaines de l’histoire, de la linguistique et des énergies renouvelables, restent prometteuses, mais leur impact direct sur Perpignan est difficile à quantifier. Bloch nous rappellerait que l’efficacité d’une institution ne se mesure pas seulement à ses intentions, mais à sa capacité à transformer les structures sociales et économiques environnantes.

III. Retours sur investissement pour Perpignan : une analyse multidimensionnelle

Pour évaluer les retours sur investissement, Bloch nous pousserait à examiner les effets à plusieurs échelles : économique, social et culturel.

    Retombées économiques :
    La participation de l’UPVD au réseau Joan-Lluís Vives attire des financements européens (ex. : programme INTERREG IIIA pour la Maison des Pays Catalans) et favorise la mobilité étudiante, ce qui stimule l’économie locale (logement, commerces). L’IFCT, en formant des enseignants bilingues, contribue à répondre à la demande croissante pour l’enseignement du catalan dans les écoles des Pyrénées-Orientales, où 4 000 élèves étudient la langue. Cependant, ces retombées restent modestes face à l’économie globale de Perpignan, marquée par un taux de chômage élevé (environ 10 % en 2025) et une dépendance au tourisme. L’absence de projets d’envergure, comme des partenariats industriels transfrontaliers via le réseau, limite l’impact économique direct.
    Retombées culturelles :
    L’UPVD, en promouvant la langue et la culture catalanes, renforce l’identité de Perpignan comme capitale de la Catalogne Nord. Les événements culturels organisés par l’IFCT et la Maison des Pays Catalans (conférences, expositions) dynamisent le rayonnement de la ville, attirant des chercheurs et des étudiants des autres universités du réseau. Cette visibilité culturelle peut renforcer le tourisme patrimonial, un atout pour Perpignan, qui mise sur son héritage catalan (ex. : Palais des Rois de Majorque). Toutefois, la faible diffusion de ces initiatives auprès du grand public local freine leur impact.
    Retombées sociales :
    La formation d’enseignants bilingues et l’engagement dans des projets transfrontaliers renforcent les liens entre la Catalogne Nord et la Catalogne Sud, favorisant une cohésion sociale transfrontalière. Cependant, l’UPVD peine à mobiliser la population locale au-delà des cercles académiques, ce qui limite l’appropriation collective de ces initiatives. Bloch, attentif aux solidarités communautaires, noterait que le réseau Joan-Lluís Vives reste un projet élitiste, peu intégré dans le tissu social perpignanais.

 

IV. Une optimisation perfectible : les leçons de Bloch
Marc Bloch nous inviterait à ne pas juger l’UPVD uniquement sur ses réalisations, mais sur sa capacité à anticiper et à répondre aux besoins de son temps. L’université tire parti du réseau Joan-Lluís Vives pour renforcer son identité catalane et son positionnement transfrontalier, mais son optimisation reste inachevée. Pour maximiser les retours sur investissement, plusieurs pistes pourraient être explorées :

    Renforcer la visibilité : Promouvoir les activités de l’IFCT auprès des habitants et des entreprises locales pour ancrer le réseau dans le tissu économique et social.
    Élargir les partenariats : Développer des collaborations avec des acteurs économiques transfrontaliers (ex. : tourisme, énergies renouvelables) pour amplifier les retombées économiques.
    Accroître la mobilité : Intensifier les échanges d’étudiants et de chercheurs avec les universités du réseau pour faire de Perpignan un hub académique régional.

Conclusivité

L’UPVD, par son engagement dans l’Institut Joan-Lluís Vives, joue un rôle pionnier dans la préservation de l’identité catalane et la coopération transfrontalière. Cependant, comme Bloch l’aurait analysé, les structures et les dynamiques en place révèlent des limites : une portée économique modeste, une diffusion culturelle insuffisante et une intégration sociale perfectible. Pour Perpignan, les retours sur investissement potentiels – économiques via le tourisme et la formation, culturels via le rayonnement identitaire, sociaux via la cohésion transfrontalière – existent, mais leur pleine réalisation dépend d’une stratégie plus ambitieuse et inclusive. À l’image des analyses de Bloch, c’est en scrutant les interstices entre les intentions et les réalités que l’UPVD pourra transformer son engagement en un levier de développement pour la ville.
Sources : Site de l’UPVD, Institut Joan-Lluís Vives (vives.org), rapports d’activités de l’IFCT, informations sur la Maison des Pays Catalans.

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