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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
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17 juin 2026 3 17 /06 /juin /2026 19:00

"Je crois, je suis sûr que beaucoup d'hommes n'engagent jamais leur être, leur sincérité profonde. Ils vivent à la surface d'eux-mêmes, et le sol humain est si riche que cette mince couche superficielle suffit pour une maigre moisson qui donne l'illusion d'une véritable destinée. "

 Journal d'un curé de campagne
Georges Bernanos

Ô vaillants compagnons de la plume et du verbe, levez haut vos étendards ! En ce 17 juin où le soleil catalan embrase les tours de Perpignan, nous célébrons dix-huit années de résistance, de chronique impitoyable, d’humanisme de combat et de curiosité insatiable. Tel un chevalier errant surgi des émeutes de mai 2005, l’Archipel a brandi sa lance contre les abysses, devenant la voix libre et acérée du territoire.

Aux origines : le cri du chroniqueur Le 17 juin 2009, Nicolas Caudeville, journaliste au cœur de feu et à la plume acérée avec son écuyer remixeur Éric Cerdan, lançaient « L’Archipel Contre-Attaque ! ».

Des cendres des troubles de 2005 et de radio Zygomar naissait une saga : satire mordante, défense intransigeante de la laïcité, attachement profond au Roussillon et regard sans concession sur les fractures locales.

Point de forteresse close, mais un bastion ouvert à la vérité, du Moulin-à-Vent aux rives de Canet.

Les hauts faits d’armes : des chroniques qui marquent l’histoire Au fil des campagnes, l’Archipel a multiplié les exploits. Passage triomphal du million de pages vues, hommages publics (comme celui du sénateur-maire François Calvet), expositions photo et une présence vivante dans le débat local. Des reportages sur les collèges en lutte aux louanges du Clap Ciné de Canet, modèle de culture territoriale, la plume n’a jamais faibli.

Parmi les joyaux de cette geste : les Chroniques Moscovites. Sous la plume de Félix Edmundovitch Dzerjinski (pseudonyme évocateur d’un tchékiste à la retraite), ces chroniques ont offert un regard décalé, ironique, caustique et souvent empreint d’humour noir sur l’actualité, la Russie, la mémoire et les « barbares » modernes. Récits d’un  Moscou, à portée de plume, réflexions sur la survie, l’Histoire et les contrastes du monde : une série culte qui a enrichi l’Archipel d’une touche unique de distance et de profondeur, rappelant que la contre-attaque se nourrit aussi d’esprit et de légèreté dans l’adversité.

Un paladin des rencontres : les grandes interviews

Tel un troubadour errant à la cour des puissants et des créateurs, Nicolas Caudeville a transformé l’Archipel en une arène de dialogues exceptionnels. Des centaines d’entretiens, souvent profonds et sans langue de bois, ont marqué les annales :François Hollande, ex-président de la République, répondant sur les événements de Catalogne, les prisonniers et exilés catalans lors de son passage à Perpignan. Un moment historique.
Jean-Jacques Annaud, le seigneur cinéaste (« L’Ours », « Le Nom de la Rose »), rencontré à Canet/Perpignan pour une interview chaleureuse et inspirante sur l’art et la création.
Jan Bucquoy, l’artiste belge provocateur et inclassable, revenu plusieurs fois pour des échanges en direct, expositions et leçons d’irrévérence.
Benoît Delépine, figure de Groland et du cinéma social, apportant sa verve grinçante et engagée.
Edwy Plénel, Arnaud Montebourg et tant d’autres créateurs, intellectuels, élus et anonymes qui ont enrichi la chronique d’une humanité vivante et contrastée.

(Et n’oublions pas les Vinoscopie animées par Jean Lhéritier, qui ont ajouté une touche œnologique vibrante et locale à l’aventure !)

Que les trompettes sonnent pour les dix-huit ans !

Dix-huit années de batailles remportées sur le champ de l’information ! L’Archipel n’est plus seulement un blog : c’est une épopée, un contre-pouvoir, une chronique épique du quotidien catalan, nourrie de satire, de culture, de politique, des Chroniques Moscovites et de ces rencontres inoubliables.À Nicolas Caudeville et à toute la mesnie – lecteurs fidèles, contributeurs, photographes, chroniqueurs comme Félix Edmundovitch Dzerjinski et Jean Lhéritier –, bravo pour cette quête sans fin. Que les dix-huit prochaines années soient encore plus glorieuses, portées par le vent du Roussillon et l’esprit indomptable de la plume rebelle.

Joyeux anniversaire, noble Archipel Contre-Attaque !
Vive la contre-offensive ! Que la saga continue, plus vive, plus juste, plus nécessaire que jamais.Et que les chroniques futures soient dignes des plus belles gestes médiévales, car ici, à Perpignan, l’information est une quête éternelle.

 

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17 juin 2026 3 17 /06 /juin /2026 15:39

"L'absurde n'a de sens que dans la mesure où il n'est pas accepté."

Albert Camus Artiste, écrivain (1913 - 1960)

 

Comment Jacques le fataliste discourait sur les grèves des collèges, et de ce qui s’ensuivit ce mercredi à Perpignan.

« Mon maître, dis-je un jour à mon maître, voilà que les professeurs du collège Saint-Exupéry, à Perpignan, se sont mis en grève ce mercredi 17 juin 2026, juste au moment où ceux d’Albert-Camus relevaient la tête après quarante-huit heures de combat.

– Et qu’est-ce que cela prouve, Jacques ? me répondit mon maître. Que tout est lié par des chaînes nécessaires, comme tu le soutiens toujours. Un collège s’arrête, l’autre repart ; l’un obtient un demi-poste, l’autre le réclame à grands cris. C’est la grande roue qui tourne. »

Je repris : « Vous avez raison, mon maître, et pourtant ces maîtres-là, qui ne sont point fatalistes comme moi, ont leurs raisons bien arrêtées.

Ils disent que leur collège accueille un public qui rencontre “de nombreuses difficultés sociales et scolaires” – ce sont leurs propres termes – et que pourtant l’Institution, dans sa sagesse infinie, refuse de le classer en réseau d’éducation prioritaire. Point de moyens supplémentaires, point de label REP, point de ces indemnités qui adoucissent l’amertume du métier. Ils se plaignent, et non sans apparence de vérité, d’un climat scolaire fort dégradé : vingt-trois conseils de discipline et deux mille deux cent vingt-trois exclusions de cours depuis la rentrée. Deux mille deux cent vingt-trois ! Voilà un chiffre, mon maître, qui ferait réfléchir le plus déterminé des philosophes. »

Mon maître haussa les épaules : « Et que demandent-ils donc, ces braves gens ?

– Des classes limitées à vingt-quatre élèves, afin de mieux suivre chacun. Un poste de conseiller principal d’éducation supplémentaire, pour prévenir, accompagner, dialoguer avec les familles. Et que chaque enseignant reçoive l’indemnité pour mission particulière, comme s’ils étaient en REP.

Bref, de meilleures conditions d’étude et de travail, disent-ils, pour eux et pour les élèves, car leur combat est aussi celui des enfants. »

Je continuai, car j’aime à développer : « Figurez-vous, mon maître, que le ministre lui-même, un certain Édouard Geffray, a promis des moyens supplémentaires à vingt et un établissements de France qui, sans être en REP, en auraient bien le profil selon les indicateurs sociaux.

Saint-Exupéry est du nombre. On leur a donc donné quelque chose… mais pas assez au goût des intéressés. La déléguée syndicale SNES-FSU, nommée Muriel Sabatier, l’a déclaré sans détour : “Les moyens confirmés mardi pour la rentrée prochaine ne sont pas à la hauteur de nos attentes.”

Et le SNALC les soutient. »Ici mon maître m’interrompit : « Jacques, tu deviens gazetier. Où cela va-t-il nous mener ?

– À ce qu’ils ont annoncé, mon maître : un blocage de l’établissement ce jeudi 18 juin dès sept heures et demie du matin.

Le quartier du Moulin-à-Vent en sera tout retourné, et les parents, les élèves, l’administration, tout le monde discutera de ce qui doit être discuté depuis longtemps : comment instruire convenablement un enfant quand la classe est trop nombreuse, le climat trop rude et les soutiens trop maigres. Car, ajouta Jacques en se grattant la tête, il en est des collèges comme des vaisseaux : si la tempête est forte et l’équipage insuffisant, le navire fatigue. Et quand le navire fatigue, les matelots crient, et parfois ils refusent de manœuvrer. C’est la nature des choses. »

Mon maître sourit : « Tu conclus donc, Jacques ?

– Je conclus, mon maître, que tout cela était écrit là-haut. Les uns font grève, les autres promettent, les troisièmes attendent.

Et pendant ce temps, les enfants du Moulin-à-Vent continuent d’aller à l’école… ou de n’y point aller, selon ce qui aura été décidé ce jeudi matin. »Ainsi discourions-nous, mon maître et moi, sur les affaires du collège Saint-Exupéry, en attendant que le destin, ou le recteur, ou le ministre, ou le hasard – car on ne sait jamais – nous apprenne la suite.

 

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16 juin 2026 2 16 /06 /juin /2026 14:25

"Dieu sait si je pense que les
Maisons de la Culture
doivent aider la jeunesse. Mais, en même temps, je voudrais qu'il fût bien entendu que les Maisons de jeunes sont là pour la jeunesse, et que les Maisons de la culture sont là pour tout le monde."

André Malraux

Le cinéma, maison de la culture : l’exemple inspirant du Clap Ciné de Canet

Dans une époque où les écrans se multiplient et où la consommation culturelle tend souvent vers la fragmentation individuelle, le cinéma demeure un espace collectif irremplaçable : une véritable maison de la culture. Lieu de projection, de débat et de transmission, il rassemble les générations autour d’œuvres qui interrogent le présent, éclairent le passé et révèlent les fractures sociales. Le Clap Ciné de Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, incarne parfaitement cette vocation. Ce cinéma de proximité, moderne et accessible, prouve qu’une salle locale peut allier confort haut de gamme (sièges inclinables, Dolby Atmos, projections laser 4K) et programmation audacieuse, mêlant blockbusters et films exigeants. 

 

Le Clap Ciné : un modèle de cinéma de territoire

Le Clap Ciné n’est pas un multiplexe anonyme. Unique en France par son offre de sièges « club confort » sans surcoût, il attire un public familial et divers tout en maintenant une vraie exigence culturelle. Sa programmation récente en est la meilleure illustration : il propose simultanément des films grand public et des œuvres qui confrontent directement les questions brûlantes de la société française — colère sociale, laïcité, mémoire nationale plus précisément que dans les campagnes électorales. Par la volonté de Jérôme Quaretti, la bienveillance de  Fred Perrot et l'efficacité des équipes ...

 

C’est précisément cette mixité qui fait du cinéma une maison de la culture : un endroit où l’on vient pour se divertir, mais où l’on ressort parfois transformé, questionné, ou plus conscient de son époque.

Trois films, trois miroirs de la France

Parmi les titres récemment à l’affiche ou mis en avant au Clap Ciné, trois œuvres illustrent avec force cette fonction réflexive :

Fenwick, documentaire de Léna Ichkhanian (2026) : Ce film indépendant, réalisé par une jeune cinéaste de 24 ans originaire de Saint-Étienne, capte la colère sociale française post-Gilets Jaunes. Sans artifice, il donne la parole à ceux qui la portent, ceux qui la taisent et ceux qui résistent. Dans un contexte de tensions persistantes, Fenwick rappelle que le cinéma documentaire reste un outil puissant d’enquête et d’empathie. Il empêche l’oubli des fractures territoriales et économiques. 

https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2026/03/perpignan-en-pleine-tournee-de-son-documentaire-fenwick-lena-ichkhanian-passe-au-clap-cine-de-canet-reportage-et-interview-par-nicolas-caudeville.html

 

L’Abandon de Vincent Garenq : Ce drame retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné en octobre 2020. Le film, sobre et puissant, reconstitue l’engrenage tragique qui a conduit à ce crime islamiste. Il pose frontalement la question de l’abandon des enseignants, de la laïcité menacée et du courage nécessaire face à la radicalisation. Sortir un tel film en salles, six ans après les faits, relève d’un acte de mémoire et de résistance culturelle. Le cinéma devient alors tribunal de l’Histoire et espace de débat démocratique. 

 

La Bataille de Gaulle : L’âge de fer d’Antonin Baudry (premier volet d’un diptyque) :

Ce film historique ambitieux (près de 2h40) plonge dans le chaos de juin 1940. Alors que la France s’effondre, un général refuse l’armistice et incarne une « certaine idée de la France ». Avec une distribution internationale et une reconstitution soignée, il rappelle que le cinéma peut réactiver la mémoire nationale, célébrer la résilience et interroger les choix face à l’adversité. Le Clap Ciné a d’ailleurs organisé des séances spéciales avec présentation historique, transformant la projection en véritable événement culturel. 

 

Pourquoi le cinéma reste essentiel

Ces trois films, si différents par leur genre et leur ton, ont en commun de refuser la facilité. Ils ne flattent pas le spectateur : ils l’interpellent.

Fenwick sur les colères d’en bas, L’Abandon sur les failles de la République, La Bataille de Gaulle sur sa grandeur possible. Ensemble, ils dessinent un portrait complexe de la France contemporaine et de son histoire.

Un cinéma comme le Clap Ciné remplit ainsi plusieurs missions :

Démocratisation : rendre accessibles des œuvres exigeantes dans une ville moyenne.
Débat public : susciter discussions et séances thématiques.
Transmission : relier mémoire historique, réalités sociales et questions de société.
Cohésion : rassembler autour d’un écran un public divers qui, ailleurs, se clive.

À l’heure des algorithmes qui nous enferment dans nos bulles, la salle obscure reste un espace de rencontre avec l’altérité.

Elle est l’une des dernières maisons de la culture physiques et collectives.Le Clap Ciné de Canet en apporte la preuve vivante : un cinéma de territoire, exigeant et populaire, peut et doit être un lieu où l’on vient non seulement consommer du divertissement, mais aussi comprendre son temps et se forger une culture commune. Soutenons ces salles, défendons cette programmation courageuse.

Le cinéma n’est pas seulement un loisir : c’est un pilier de la vie démocratique et culturelle.

 

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15 juin 2026 1 15 /06 /juin /2026 11:05

**Perpignan, le 15 juin 2026.** Les personnels du collège Albert-Camus ont décidé d'entamer un mouvement de grève à compter de ce lundi 15 juin afin de protester contre la diminution des moyens alloués à la vie scolaire. Ils dénoncent une décision jugée incompréhensible alors que l'établissement est confronté à une dégradation continue du climat scolaire.

Selon les représentants des personnels, le collège passera à la rentrée prochaine de **deux conseillers principaux d'éducation (CPE) à temps plein** à **un seul CPE à temps plein et un CPE à mi-temps**. Une réduction des effectifs qui intervient dans un contexte particulièrement tendu.

## Une situation qui se dégrade depuis plusieurs années

Depuis plusieurs rentrées, les équipes éducatives alertent sur l'évolution du climat scolaire au sein du collège. Les difficultés disciplinaires se sont multipliées, mobilisant toujours davantage les personnels de direction, les CPE, les assistants d'éducation et les enseignants.

Les chiffres illustrent cette dégradation. Cette année scolaire, l'établissement, qui accueille **402 élèves**, a dû organiser **43 conseils de discipline** pour des faits graves. Deux ans plus tôt, ils n'étaient que **11**, soit une augmentation de près de 300 %.

Au-delà de ces procédures disciplinaires, les personnels évoquent une recrudescence des violences verbales et physiques. Plusieurs incidents impliquant des parents d'élèves auraient également marqué cette année scolaire, renforçant le sentiment d'insécurité au sein de l'établissement.

## Des CPE au cœur du fonctionnement du collège

Les personnels rappellent que les conseillers principaux d'éducation jouent un rôle essentiel dans la gestion quotidienne de la vie scolaire. Ils assurent le suivi des élèves, la prévention des conflits, le dialogue avec les familles, la gestion des absences, l'accompagnement éducatif ainsi que la coordination des équipes de surveillance.

Dans un établissement confronté à une hausse des incidents, ils estiment que la réduction des moyens humains risque d'aggraver une situation déjà fragile.

« Nous ne comprenons pas qu'on retire des postes au moment où les besoins sont les plus importants », résument plusieurs membres de l'équipe éducative.

## Un mouvement pour obtenir le maintien des moyens

Par cette journée de grève, les personnels souhaitent alerter les autorités académiques et obtenir le maintien de deux postes de CPE à temps plein. Ils considèrent que cette décision est indispensable pour garantir la sécurité des élèves, préserver les conditions de travail des équipes éducatives et assurer un accompagnement de qualité des collégiens.

Ils espèrent désormais être entendus par le rectorat avant la préparation définitive de la prochaine rentrée scolaire.

 

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14 juin 2026 7 14 /06 /juin /2026 19:36

Perpignan incarne les défis des centres-villes français : concurrence des zones périphériques, évolution des habitudes de consommation, essor du e-commerce, vacance commerciale et problèmes d’image.

La rue des Augustins est devenue, avec ses rideaux de fer baissés, l’image emblématique de cette « dévitalisation » dans de nombreux reportages nationaux.

Un passé commerçant glorieux

Au Moyen Âge et à l’époque moderne, Perpignan est une cité marchande dynamique. La rue des Augustins, liée à l’ancien couvent, devient une artère structurante du centre historique. Dans les années 1970, elle connaît son âge d’or : souvent qualifiée de « Champs-Élysées » de Perpignan, elle concentre boutiques de mode, maroquinerie, cafés et commerces de proximité, animant le cœur battant du shopping local.Le déclin s’amorce dans les années 1980-1990 avec l’essor des grandes surfaces périphériques (parkings gratuits, horaires étendus), puis s’accélère avec l’e-commerce. La rue accumule les locaux vacants et souffre d’une image dégradée.

La reconquête municipale et l’émergence d’une tentative de nouvelle dynamique

À partir de la fin des années 2010 et surtout sous la mandature de Louis Aliot, la ville acquiert de nombreux locaux vacants, réalise des travaux d’embellissement (granit rose, trottoirs élargis, ambiance piétonne) et lance des Appels à Manifestation d’Intérêt (AMI) pour sélectionner des commerçants qualitatifs (artisanat, métiers d’art, brocante, producteurs locaux, concept stores). Les loyers attractifs (environ 7,5 €/m²) facilitent les installations.

L’Association des commerçants « Les Augustins Poilus » marque un tournant décisif.

Créée fin 2025, elle réunit les commerçants de la rue des Augustins, de la rue Neuve, de la place des Poilus, de la rue Paratilla et de la rue de la Fusterie. Cette union vise à poursuivre le dynamisme du secteur, organiser des animations collectives et renforcer l’attractivité du quartier.

Parmi les événements récents portés par l’association :Le vide-dressing à ciel ouvert (première édition fin mars 2026), qui a transformé la rue et la place en un grand marché aux bonnes affaires.
« Vends ton Art » (première édition en mai 2026), un événement créatif qui a rassemblé une cinquantaine d’artistes et d’exposants. Il offre une vitrine aux talents amateurs ou confirmés pour vendre leurs créations directement dans la rue, renforçant l’image artistique et vivante du quartier.

Ces initiatives montrent une volonté forte de fédérer et d’animer le secteur.

Par ailleurs, le livre « The Good Life in Perpignan » de Michel H. Pirmez met en lumière plus de 100 commerçants et expériences perpignanaises à travers portraits et récits.

Il contribue à valoriser le commerce local et à changer le regard sur le centre-ville, en présentant une vision positive et humaine de ces acteurs du quotidien.

Une évolution visible en 2025-2026

Oui (mais on partait de loin), la dynamique est réelle, même si elle reste progressive :

Une quinzaine (voire une vingtaine) de nouvelles boutiques se sont installées depuis 2025, avec d’autres prévues en 2026.
Exemples : La Ferme des Augustins (producteurs locaux), L’Upcycleur (vintage), bijouteries, brocantes, Duplex, etc.
Aménagements terminés et événements (fête des commerçants en juin 2025, vide-dressing, « Vends ton Art »…) attirent curieux et clients.

Les commerçants et l’association expriment un optimisme prudent :

la journée est plus animée, mais la fidélisation demande du temps. La mairie et les acteurs locaux misent sur une identité renouvelée, mêlant authenticité, création et convivialité.

Un enjeu plus large pour Perpignan

La rue des Augustins n’est pas isolée. Le centre-ville doit relever les défis de l’accessibilité, de la mixité des usages (commerce, habitat, culture, tourisme) et de la concurrence périphérique. La stratégie (acquisitions, sélection des enseignes, animation via l’association) s’inscrit dans les politiques nationales de reconquête des centres-villes.

Conclusion : La rue des Augustins n’est plus seulement le symbole de la faillite des centres-villes. Grâce aux efforts municipaux, à l’engagement des nouveaux commerçants, à l’Association Les Augustins Poilus, aux événements comme « Vends ton Art » et à des initiatives valorisantes comme le livre de Michel Pirmez, elle incarne aujourd’hui une tentative concrète de renaissance. Le pari n’est pas encore totalement gagné, mais la dynamique est lancée. Avec persévérance, Perpignan pourrait devenir un exemple inspirant pour d’autres villes moyennes françaises. Le café du torréfacteur continue de couler… et avec lui, l’espoir d’un centre-ville vivant et attractif.

 

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9 juin 2026 2 09 /06 /juin /2026 07:54

Dans un contexte géopolitique tendu marqué par la crise du détroit d’Ormuz depuis février-mars 2026, Brice Sannac, hôtelier-restaurateur catalan et dirigeant syndical engagé, continue d’alerter sur les impacts concrets pour le secteur de l’hôtellerie-restauration et du tourisme français. Cette deuxième partie enrichit l’analyse avec les éléments récents issus de son intervention en direct et des évolutions du secteur. 

 

Qui est Brice Sannac ?

Brice Sannac est un hôtelier de 5e génération sur la Côte Vermeille (Pyrénées-Orientales). Il dirige l’hôtel Les Elmes à Banyuls-sur-Mer et a développé un 4 étoiles à Collioure. Président de l’UMIH 66 depuis 2021 (réélu à l’unanimité), co-président de l’UMIH Occitanie depuis mai 2025 (avec Michel Santos), et vice-président national de la branche Hôtellerie, il s’est positionné en mars 2026 comme candidat à la présidence confédérale de l’UMIH pour les élections d’automne 2026. Il prône une approche collective, au service des métiers et des territoires, loin des clans. 

Son engagement porte sur la concurrence déloyale (meublés touristiques), la transition numérique, le recrutement, le logement des saisonniers et la compétitivité face à l’Espagne.

La crise d’Ormuz et ses répercussions sur le tourismeLa fermeture (ou forte perturbation) du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour ~20 % du pétrole et une part majeure du GNL mondial, a provoqué une flambée des prix de l’énergie depuis le printemps 2026. Plus de 80 % des professionnels de l’hôtellerie-restauration déclarent un impact négatif selon une enquête UMIH : hausse des coûts (énergie, transport, approvisionnements), recul des réservations et baisse de fréquentation. 

Lors de son direct pour L’Archipel contre-attaque au Grand Café de la Bourse, Brice Sannac a analysé :

La saison précédente : Une dynamique inégale dans les Pyrénées-Orientales, avec un bon juin suivi d’un juillet plus difficile, marqué par des coûts élevés et une concurrence accrue.
La saison à venir : Vigilance forte malgré des week-ends prolongés. La hausse des prix de l’énergie pèse sur la logistique, les charges d’exploitation et le pouvoir d’achat des clients (transports, carburant). 

Solutions territoriales : Rendre le territoire plus désirable via une meilleure communication, des investissements (au-delà des « acquis » des 20 dernières années), la gestion de l’eau (charte « Économisons l’eau ») et la diversification.

La crise énergétique amplifie des difficultés structurelles : inflation des charges, pénurie de main-d’œuvre (20 000 offres non pourvues nationalement), et besoin de transition écologique (audits énergétiques, partenariats comme avec Mews pour la performance hôtelière ou Alliance des Énergies). 

 

Le projet de grand parc de Louis Aliot : atout ou mirage pour le tourisme ?

Dans le même échange, Brice Sannac a évoqué le projet de parc à thème autour du cinéma et des jeux vidéo porté par Louis Aliot (maire de Perpignan) et l’entrepreneur Bruno Granja au Mas Bresson.

Ambition : des centaines de millions d’euros d’investissement privé, création d’emplois (jusqu’à 2 000 annoncés) et attractivité renforcée pour le territoire. 

Points positifs soulignés :Diversification de l’offre touristique (au-delà du littoral et du patrimoine).
Impact sur l’emploi local et l’arrière-pays.
Synergie potentielle avec l’hôtellerie-restauration.

Réserves et réalité : Le projet, plusieurs fois retoqué, peine à se concrétiser depuis une quinzaine d’années. Après l’abandon du « Puy du Fou catalan », il reste en phase de concertation publique. Son impact réel sur le tourisme dépendra de sa concrétisation sans recours excessifs à l’argent public. Brice Sannac et les professionnels attendent des retombées concrètes et rapides pour soutenir la saison. 

Perspectives et position de l’UMIH

Brice Sannac insiste sur l’ambition collective : plus de soutien des pouvoirs publics, simplification administrative, maîtrise des coûts énergétiques et attractivité renforcée. L’UMIH alerte régulièrement sur les défaillances d’entreprises (23 par jour dans le secteur) et plaide pour une navigation moins « à vue » dans les budgets. 

La saison touristique 2026-2027 survivra-t-elle ?

Elle s’annonce résiliente grâce à l’ancrage territorial des professionnels catalans et à des adaptations (numérisation, écologie, diversification), mais sous réserve d’une stabilisation géopolitique et énergétique rapide. Les voix comme celle de Brice Sannac, "ancrées dans le terrain", sont essentielles pour porter ces enjeux au niveau national.

L’hôtellerie-restauration française, pilier économique et culturel, démontre une fois de plus sa capacité d’adaptation. Reste à transformer les crises en leviers de modernisation. 

 

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7 juin 2026 7 07 /06 /juin /2026 19:39

« Nous concevons… la mixité non pas comme une juxtaposition de Sœurs et de Frères
mais bien par une complémentarité librement recherchée,
permettant à chacun d’exprimer les différentes composantes de l’humanité et de l’être lui-même. »


Félix Natali
Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France.
18 décembre 2025

https://www.glmf.fr/

Le Vent du Canigó

C’était un après-midi de mai 2026, lumineux et vibrant. Perpignan s’étendait paresseusement sous un soleil catalan généreux. J’avais laissé derrière moi le centre animé de la ville et roulé vers l’écart, jusqu’aux Jardins Saint-Jacques, ce vaste espace de verdure, de vergers et de silence où le temps semble ralentir. Au milieu des arbres et des champs encore chauds, se dressait une maison isolée, discrète, aux volets entrouverts : une  presque vieille bâtisse catalane aux murs épais, parfaite pour garder les secrets.

C’est là, dans cette demeure à l’écart, que j’ai retrouvé Félix Natali, juste avant la tenue blanche.Il était arrivé dans la lumière vive de l’après-midi, veste bleu chinoise "Tang".

Né à Ajaccio en juillet 1975, ce Corse d’une cinquantaine d’années portait sur lui cette sérénité tranquille des hommes qui connaissent le poids des vents contraires. Marié, père de deux enfants, conseiller en gestion de patrimoine, il avait derrière lui une maîtrise en Droit des affaires d’Aix-en-Provence et un troisième cycle à l’ISC Paris. Il avait navigué dans les eaux des grandes banques — Société Générale, Banque Transatlantique, Banque Privée — avant qu’un autre appel, plus profond, ne le guide.Initié en 2008, il avait gravi les degrés avec cette patience insulaire. En juin 2024, à Lille, les frères et sœurs l’avaient élu Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France avec 77 % des voix. Le troisième Corse à diriger l’obédience après Jean-Pierre Orsoni et François Padovani.

Autour de nous, la maison respirait calmement. Par les fenêtres ouvertes entrait le parfum des arbres et de la garrigue.

Félix Natali parlait d’une voix posée, presque basse, comme on confie une carte avant le départ.

« La GLMF est née en décembre 1982, me dit-il. Deux cent cinquante maçons et maçonnes avaient quitté la Grande Loge Mixte Universelle. Avec le soutien du Grand Orient de France, une nouvelle route s’ouvrait : libre, mixte, vivante. »Quarante-quatre ans plus tard, l’obédience comptait plus de 5 000 membres, répartis dans près de 200 à 266 loges. Une égalité rare y régnait : 50,3 % de sœurs pour 49,7 % de frères. Fédérale par nature, chaque loge restait une association loi 1901 indépendante. Multi-rite — Rite Français, Rite Écossais Ancien et Accepté, Rite Rectifié, Memphis-Misraïm, Émulation… — elle offrait à chacun la liberté de tracer son propre sillage. https://www.glmf.fr/

Liberté absolue de conscience. Laïcité intransigeante. Humanisme de combat.

Félix Natali voyageait sans relâche : de la Corse à la Réunion, de la Guadeloupe jusqu’à ces Jardins Saint-Jacques. Il allait à la rencontre des loges, ouvrait de nouvelles colonnes, écoutait. Il incarnait une franc-maçonnerie moderne, engagée dans la cité, fidèle à la République et à ses valeurs : égalité, fraternité, solidarité. https://www.glmf.fr/

Dehors, le soleil descendait lentement vers le Canigó.

L’heure de la tenue blanche approchait — cette rencontre ouverte où la lumière maçonnique se partage avec le monde profane, sans tablier ni décorum excessif, dans la seule clarté des idées.Il sourit dans la lumière dorée qui entrait par la fenêtre.« Nous ne cherchons pas la lumière comme un trésor caché. Nous cherchons simplement à la partager, mieux et ensemble. »

Le vent du Canigó fit frémir les feuilles du jardin.

Quelque part dans la maison, L'hote de la maison se préparait... Et le Grand Maître, tel un voyageur entre deux mondes, se leva pour rejoindre ses frères et sœurs.Car les plus belles aventures ne se jouent pas toujours sur les océans lointains. Parfois, elles commencent dans une maison discrète des Jardins Saint-Jacques, un après-midi ordinaire, juste avant qu’une tenue blanche n’ouvre ses portes à la lumière.

Interview vidéo suit

 

 

 

 

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4 juin 2026 4 04 /06 /juin /2026 00:09

"La marchandisation des humains, la recherche de plus-values monétaire autour du commerce de tout objet ou être inspirant quelque désir, assorties d’une levée des protections, différenciations, interdictions d’origines nationales, sont transversales aux formes les plus diverses d’économies souterraines "

 La mondialisation criminelle
Alain Tarrius

Il est des hommes qui traversent leur époque comme d’autres traversent les continents : sans jamais s’arrêter tout à fait, portés par une curiosité plus forte que la mort.

Alain Tarrius fut de ceux-là. Le 30 mai 2026, à Prades, dans cette terre catalane où le vent descend des Pyrénées comme une mémoire vive, il s’en est allé, à l’âge de quatre-vingt-deux ans.

Avec lui disparaît l’un des plus grands explorateurs des mobilités humaines de notre temps.

Professeur émérite de l’Université Toulouse Jean Jaurès, il ne fut pas seulement sociologue : il fut le chroniqueur épique des circulations invisibles qui refont le monde.

Né le 29 septembre 1943, Alain Tarrius appartenait à cette race de penseurs qui refusent les certitudes tranquilles. Il choisit très tôt le terrain contre la tour d’ivoire, l’enquête contre le dogme, le mouvement contre la fixité. Après une thèse soutenue en 1973, il arpenta sans relâche les marges des villes, les frontières poreuses, les routes de nuit où se jouent les vraies recompositions du siècle.

Marseille-Belsunce, Perpignan, les Balkans, les circuits euro-méditerranéens : partout où les hommes bougent, commercent, souffrent et inventent, il fut présent, le regard aigu, la pensée libre.

Sa grandeur tient dans l’invention de quelques notions qui sont aujourd’hui des clefs pour comprendre notre temps : territoires circulatoires, mondialisation par le bas, transmigrants.

Là où d’autres ne voyaient que flux, problèmes, statistiques, il discernait des destins, des aventures collectives, des formes neuves de société en train de naître dans l’ombre des États. Il a rendu leur noblesse tragique aux « fourmis d’Europe », à ces anonymes qui tissent, par leurs allers-retours incessants, une autre carte du monde.

Son œuvre, dense et ardente, compte une vingtaine d’ouvrages parmi lesquels :

Anthropologie du mouvement (1989)  
Les Fourmis d’Europe (1992)  
Arabes de France dans l’économie mondiale souterraine (avec Lamia Missaoui)  
La Mondialisation par le bas  
Des transmigrants en France (2012)  
Trafics de femmes  
Perpignan, laboratoire social et urbain (avec Jean-Paul Alduy, 2018)

Il y avait chez lui une lucidité sans illusion et une humanité sans mièvrerie. Il regardait les zones grises de l’Europe sans complaisance ni condamnation morale facile : il y cherchait l’humain en acte.

Alain Tarrius a également trouvé l'Archipel contre attaque un compagnon de route précieux. Ensemble, entre 2016 et 2022, par des entretiens et des conférences mémorables – dont la fameuse « réplique au Collège de France » donnée à Perpignan  "à Cents mètres du centre du monde"–, ils ont confronté la rigueur du savant à la curiosité du journaliste.

Caudeville, à travers L’Archipel contre-attaque, a permis à la pensée de Tarrius de franchir les cercles académiques pour atteindre des esprits plus larges, toujours autour de cette question obsédante : comment les hommes refont-ils le monde quand les puissants croient le dominer ? Comme dans cette tribune coécrite en soutient à la Catalogne son indépendance https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2017/10/independance-de-la-catalogne-franquiste-ghost-to-hollywood-relax-par-alain-tarrius-et-nicolas-caudeville.html

Aujourd’hui que le sociologue a rejoint le grand mouvement dont il fut le témoin et le chantre, ses concepts demeurent vivants, plus nécessaires que jamais.

Dans un siècle qui prétend arrêter les flux tout en les accélérant, sa voix nous rappelle que l’homme est d’abord mouvement, circulation, rencontre risquée avec l’Autre.

Obsèques : Lundi 8 juin 2026 à 14h30 en l’Église Saint-Pierre de Prades.

Alain Tarrius, vous avez traversé votre temps comme vos transmigrants traversent les frontières : sans jamais vous fixer, toujours attentif à la dignité secrète des passages. Votre œuvre ne s’arrêtera pas. Elle continuera de circuler, obstinément, parmi les vivants. Ainsi vont les grands esprits : ils meurent, et leur regard devient encore plus vaste.

Notre dernière interview chez lui à Prades

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3 juin 2026 3 03 /06 /juin /2026 09:47

"Un sous-marin, pour une baleine, c'est un gros suppositoire."

 Jean Carmet 

L'ordre, c'est lorsqu'on range, toutes les personnes insignifiantes au même endroit...Confère institution...

Changement de nom des Pyrénées-Orientales : les habitants vont devoir choisir entre trois propositions

Ah, mes aïeux ! Voilà que nos édiles départementaux, ces grands stratèges en costume-cravate, nous pondent une consultation citoyenne.

On se croirait à la kermesse du patronage, sauf qu’au lieu de tirer à la carabine sur des pipes en plâtre, on va voter pour savoir si on garde « Pyrénées-Orientales » ou si on se paye une nouvelle couche de peinture catalane. Trois options, paraît-il : le nom actuel, « Pyrénées Catalanes » ou « Pyrénées-Méditerranée ». Du vent. Du pur vent. Du bruit qui désigne l’amplitude du vide. Et comme chacun sait, dans le vide le son se propage à la vitesse du con.

C’est scientifique. C’est pour ça que ces conneries vont si vite.

On change le nom du département, mes bons amis, et hop ! Les routes seront moins encombrées, le chômage va fondre comme neige au soleil, les jeunes vont arrêter de se barrer vers Toulouse ou Barcelone, et les impôts locaux vont baisser d’eux-mêmes par pudeur.

Évidemment. C’est bien connu : quand le thermomètre marque 35 degrés en août et que le paysan n’arrive plus à payer l’eau d’irrigation, ce qui lui manque cruellement, c’est une nouvelle étiquette sur la carte.On est là, à Perpignan, à Argelès, à Céret, avec les vieux qui tirent la gueule, les viticulteurs qui galèrent, les saisonniers qui dorment dans leurs voitures, et ces messieurs-dames du conseil départemental nous expliquent, avec des mines de conspirateurs de sous-préfecture, que l’identité du territoire se joue à la virgule près entre « Orientales » et « Catalanes ». Magnifique.

Du pur théâtre pour gens qui n’ont rien d’autre à foutre.

« Pays catalan », ils ont osé l’écarter, les malins. Trop franc, trop direct, trop chargé d’histoire. Le Conseil d’État n’aurait pas aimé, disent les juristes. Évidemment. Le Conseil d’État, cette auguste institution, a des choses bien plus urgentes à faire que de valider des conneries folkloriques.

Mais qu’on se rassure : on va quand même voter.

On adore voter, en France, des que l'enjeu est insignifiant, parce que le pouvoir se niche ailleurs... C’est notre sport national. On vote même quand on sait que ça ne sert strictement à rien, parce que derrière il y aura encore un rapport, une commission, un décret, un contre-rapport, et finalement rien du tout. Sauf peut-être une nouvelle ligne dans le budget communication.Et pendant ce temps, les mêmes qui nous bassinent avec cette affaire capitale nous expliquent dans la presse, d’un air grave et pénétré, que c’est « un débat de société majeur » : comme le doigt.

La presse, toujours prompte à renifler le sérieux là où il n’y a que du vent.

Demain ils nous feront un dossier de quatre pages avec témoignages émouvants d’associations, graphiques en couleur et sociologues barbus pour nous dire que le nom, c’est l’âme d’un peuple. Moi je dis : ceux qui nous infligent ça, politiciens locaux, militants professionnels de l’identité, éditorialistes en mal de copie, devraient perdre tout crédit social. Immédiatement.

Qu’on les renvoie, avec les honneurs dus à leur rang, manger à la cuisine avec les domestiques et les enfants.

Là où on met les gens qui font du bruit pour rien. Ils pourront y débattre entre la poêle et le chat du foyer sur la juste appellation qui sauvera la Catalogne nord. Nous, on gardera les grandes personnes pour les choses sérieuses.Parce qu’à la fin, qu’on s’appelle Pyrénées-Orientales, Pyrénées Catalanes ou Département de la Honte-à-Vélo, la Tramontane soufflera toujours pareille, les ceps de vigne continueront de crever quand il ne pleut pas, et les gamins continueront de chercher du boulot ailleurs. Le reste, c’est du cinéma. Du mauvais. Du doublé en catalan. Et nous, comme d’habitude, on paiera la séance.

 

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 16:39

"C’est alors qu’il conçut un projet singulier et nouveau : passer une nuit entière, seul, enfermé dans des lieux chargés de mémoire, pour y recueillir sensations, impressions et réflexions, et les transmuer ensuite en vers. Sa première expérience eut lieu au site archéologique de Ruscino, ancienne cité romaine aux portes de Perpignan, où les pierres conservent encore la trace des légions et des siècles."

 

Alain Pottier, ou la renaissance en poésie

la présentation du livre d'Alain Pottier "poème épigraphique du site archéologique de Ruscino"
en direct de la médiathèque de Perpignan pour la présentation du dernier livre d'Alain Pottier alias Meta Soutien "poème épigraphique du site archéologique de Ruscino" au Trabucaire Editions en vidéo et en intégrale en bas

Alain Pottier avançait dans la nuit comme on entre dans une chambre où l’on a laissé trop de fantômes. Avec sa nouvelle collection, il proposait quelque chose d’ambitieux et de légèrement absurde, à la mesure des temps que nous vivons : passer une nuit entière, seul, dans des lieux de mémoire, pour en extraire la moelle des sensations, les transformer en mots, en vers, en silences organisés. Le résultat prenait la forme de petits recueils soignés, presque précieux, illustrés par son complice Pascal Pariselle, designer graphique qui savait faire parler le papier comme d’autres font parler les ombres, sans oublier les photos de son autre complice le photographe Michel Castillo.

Le 19 mai 2026, à la médiathèque de Perpignan, on présenta le numéro un.

Explications l'auteur lui-même, lecture Edwige Wasi et Michel Fabre , musique et chant Maëlle Ruifed, Michel Castillo à la photo et Alain Sabatier à la vidéo https://www.cnote.tv/alain-pottier-poete. L’atmosphère était celle d’une veillée discrète. Le premier opus nous emmenait à Ruscino, site archéologique romain aux portes de la ville, où les pierres romaines continuent de murmurer sous le vent du nord. On y sentait déjà l’odeur de la terre remuée, du temps qui ne passe pas tout à fait.Alain Pottier et Pascal Pariselle, ce soir-là, côte à côte, semblaient deux hommes qui avaient décidé de ne plus tricher avec l’essentiel.

Tout avait commencé dans un train, des années plus tôt.

Alain rejoignait les Pompiers de Paris pour son service militaire. Les longues heures sur les rails, le rythme saccadé des roues, obsédant, métallique, presque hypnotique. C’est là, entre deux gares, que les premiers poèmes étaient venus, griffonnés sur des feuilles qui tremblaient au même rythme que le wagon. Une poésie de mouvement et de solitude forcée.Puis la vie avait repris ses droits, brutale et concrète. L’écriture fut mise de côté, comme on range un vice encombrant. Il devint vigneron sur la côte Vermeille, entre Banyuls et Cerbère. Du vin  en biodynamie, du Rancio surtout, ce vin oxydatif, rude et profond, qui ressemble à certains hommes mûris trop vite. Il y trempa sa plume.

En 2016 parut Les Rancios secs du Roussillon chez Trabucaire.

La collection « Be fort » était née, comme un défi lancé au monde lisse.Suivirent Boire du Vin ?, histoires de complicité charnelle entre l’homme et la vigne, puis un livre sur les plantes aromatiques et médicinales du Roussillon. Là-haut, sur les hauteurs de Banyuls, il cultivait des immortelles. Le nom seul était un programme. En 2018, Divers Essentiel, recueil de nouvelles poétiques dédié à sa fille. « Au moins elle aura ça de son père », avait-il pensé avec cette pudeur un peu rugueuse des hommes qui vivent au Sud.

La rupture et le phénix

Avril 2023. Le domaine de la Tourasse, qui domine Peyrefite, brûle. Tout flambe. Les vignes, le travail, les années. « C’était un signe », dit-il avec la philosophie tranquille de celui qui a déjà tout perdu une fois. Le métier de vigneron est dur. Trop dur, peut-être, quand le corps commence à compter les coups. Il arrêta tout.Tel un homme qui sort d’un long hiver, il s’installa à Perpignan, dans une maison du Vernet, pour se consacrer exclusivement à la poésie.

Plus de compromis. Plus de double vie.Les projets avec sa fille se mirent à naître naturellement.

Lors d’une visite à la fondation Tàpies à Barcelone, l’idée lui vint, presque violente : s’enfermer une nuit dans un lieu chargé d’histoire, absorber l’atmosphère jusqu’à la nausée, jusqu’à ce que les pierres parlent, et restituer cela en vers. La première expérience eut lieu à Ruscino.Ainsi naquit, aux éditions Trabucaire, la collection Poésie(s) de mémoires / Poésies nocturnes. Des nuits solitaires transformées en matière vive. Des lieux qui se souviennent et un poète qui, enfin, n’a plus besoin de faire semblant.Dans le fond, Alain Pottier n’avait fait que suivre le chemin que beaucoup pressentent sans oser l’emprunter : quand le feu a tout nettoyé, il ne reste plus qu’à écouter le silence et à lui donner des mots.

 

Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
Perpignan: Ruscino à l'origine du Roussillon et songe d'une nuit d'Alain Pottier, en soirée à la médiathèque ! vidéo Nicolas Caudeville / Photo Michel Castillo
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