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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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3 septembre 2026 4 03 /09 /septembre /2026 14:47

"Il n'y a rien qui soit si nécessaire aux hommes que la danse. Sans la danse, un homme ne saurait rien faire. Tous les malheurs des hommes, les travers funestes dont les histoires sont remplies, les bévues des politiques et les manquements des grands capitaines, tout cela n'est venu que faute de savoir danser."


Molière

Dramaturge français (1622 - 1673)

 

Sarah Mesquida : la danse fluide comme un foulard

 

À Perpignan et Canohès, Sarah Mesquida incarne une vision de la danse à la fois technique, expressive et profondément humaine. Directrice de la compagnie de danse et de l’école ApSara (Studio ApSara – Art chorégraphique), elle était récemment en direct depuis la Cantoche du Jaja pour évoquer son parcours, l’enseignement de la danse, la vie culturelle locale et un spectacle actuellement en production.

Une école ancrée dans le territoire
Installé au 9 rue Galceran de Villaseca à Perpignan (rue parallèle à l’avenue de la Gare), le Studio ApSara propose un large éventail de cours : danse contemporaine, classique, stretching, pilates, fitness et ateliers parents-enfants. Ouvert aux enfants dès 4 ans comme aux adultes, l’enseignement de Sarah Mesquida mise sur la technique tout en favorisant l’expression personnelle, l’improvisation et l’exploration chorégraphique.

Passionnée de danse depuis l’enfance et riche de plus de 25 ans d’expérience, Sarah a notamment dansé au Casino de Paris et à la Salle de la Mutualité. 

La danse comme vecteur de mieux-être
Ce qui distingue ApSara, c’est l’approche globale : la danse n’est pas seulement un art, c’est un outil de connaissance de soi, de confiance et de bien-être. Sarah Mesquida le résume souvent par cette image : un mouvement « fluide comme un foulard » – souple, libre, organique, sans rigidité inutile. Les cours mêlent rigueur technique et spontanéité, invitant chacun à développer sa créativité et à vivre pleinement l’instant présent.

Lors de son passage en direct à la Cantoche du Jaja, elle a abordé avec authenticité les réalités de la vie culturelle : l’engagement quotidien des enseignants et des artistes, les défis de la transmission, et la nécessité de soutenir la création locale.

Un spectacle en production
Sarah Mesquida a également dévoilé des éléments sur un spectacle actuellement en préparation avec sa compagnie. Sans en révéler tous les détails, elle a partagé l’énergie créative qui anime le projet, l’importance du travail collectif et l’envie de proposer au public une expérience à la fois poétique et accessible.

Une invitation à bouger
Que l’on soit débutant, passionné ou simplement curieux de redécouvrir son corps, le Studio ApSara ouvre ses portes. Cours d’essai gratuits, planning varié et ambiance bienveillante : tout est pensé pour que chacun trouve sa place.

Pour suivre l’actualité de Sarah Mesquida, de l’école ApSara et des prochaines dates de spectacles :  
Site : www.apsara-art-choregraphique.com  
Instagram : @apsara_66  
Contact : sarah.mesquida@gmail.com – 06 66 40 09 83

Sarah Mesquida rappelle avec simplicité et passion que la danse reste l’un des plus beaux langages du corps et de l’âme. Fluide, libre, et toujours en mouvement.

Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
Sarah Mesquida : la transmission de la danse à Perpignan et Canohés, fluide comme un foulard! interview par Nicolas Caudeville
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3 septembre 2026 4 03 /09 /septembre /2026 11:36


"Nul n'a le droit d'effacer ma culture,car une communauté sans culture est un peuple sans être humains "

Léopold Sédar Senghor

CadPO, ou la présence souveraine des afro-descendants au cœur de la terre catalane

Voici que s’élève, dans le paysage des Pyrénées-Orientales, une voix collective, ferme et harmonieuse : la Convention des Afro-Descendants des Pyrénées-Orientales, CadPO. Née en 2019 à Perpignan, elle rassemble ceux qui portent en eux les mémoires de l’Afrique, des Antilles, de La Réunion, des océans Indien et Atlantique. Elle ne revendique point une séparation, mais une présence : celle d’un peuple qui, enraciné ici, veut faire rayonner sa culture dans la pleine lumière du jour catalan.

Brigitte Vumbi, fille de Kinshasa devenue fille de Perpignan, incarne cette force tranquille.

Auto-entrepreneuse, porteuse de la flamme olympique, elle a su transformer l’offense en ancrage plus profond encore. Lorsqu’en 2024 une lettre haineuse lui enjoignit de « préparer son départ pour l’Afrique », elle répondit par un engagement plus large, plus clair, plus résolu. Elle n’a pas quitté la terre ; elle l’a davantage embrassée. En elle se rejoignent la dignité de l’ancêtre et la détermination de la citoyenne.

Aujourd’hui, CadPO offre au regard du monde une exposition photographique, « Regards sur les cultures afro-descendantes », dans le cadre du Off de Visa pour l’Image. Du 29 août au 12 septembre 2026, dix-sept images s’épanouissent au Restaurant Mondial, 45 rue du Maréchal Foch, et dans d’autres lieux de la ville où battent encore les rythmes afro-antillais. Vernissage le 29 août à 18 h 30. Puis viennent les rencontres : musique, danse, paroles, rhum partagé, défilé de créations. Chaque soirée est un acte de mémoire vivante, un tissage entre l’ici et l’ailleurs, entre le présent et les racines.

Ainsi CadPO ne se contente pas d’exister : elle célèbre. Elle fait de Perpignan un carrefour où la culture afro-descendante n’est plus marginale, mais fertile, rayonnante, nécessaire. Elle rappelle que la diversité n’est point une addition de différences, mais une symphonie où chaque voix enrichit l’harmonie commune.

Dans cette entreprise de visibilité positive, d’entraide et de transmission, CadPO trace un chemin. Celui d’un humanisme concret, ancré dans le sol catalan, nourri de toutes les sources africaines. Que cette présence continue de grandir, fière et ouverte, comme un baobab planté au bord de la Méditerranée.

Le site officiel de la CadPO (Convention des Afro-Descendants des Pyrénées-Orientales) est :

 

https://cadpo.fr/

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https://cadpo.fr/
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https://cadpo.fr/

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2 septembre 2026 3 02 /09 /septembre /2026 13:20

"Quand vous commencez à discutailler avec un gang de motards sauvages, vos chances de vous en tirer entier se limitent exactement au nombre d'alliés de poids que vous pouvez rameuter le temps d'écraser une canette de bière. Dans leur milieu, autant laisser l'esprit sportif au vestiaire, aux vieux libéraux et aux jeunes cons."

 Hell's Angels
Hunter S. Thompson

Des grandes plûmes avec un style affirmé, des journalistes informés pas qu'on doive informer, des dossiers sur les problèmes de chez nous, des enquêtes donnant lieu à des scandales qui changent la manière de faire sur un territoire, des interviews denses, avec des questions qui remettent en question le discours comparés aux actes de l'interlocuteur,des suppléments qui racontent ce qu'a été le parcours du territoire et où en est son identité,  la découverte d'un jeune artiste et son accompagnement jusqu'à son triomphe sur la scène nationale, voir internationale, une présence visible dans la cité par des plateaux en direct en collaboration avec d'autres médias pour des regards différents et contrasté sur un sujet, une campagne, les résultats d'une élection, le tout relayé par la dynamique d'un club de la presse qui joue la carte de la diversité de la liberté d'expression...

Nous ne voulons plus d'une presse qui ne soit que la caisse de résonance de ceux qui l'achètent parce qu'elle ne se vend pas!

Nous voulons d'une presse qui nous parle du réel, pas d'un territoire qu'elle imagine et comment il devrait être ! Nous voulons des journalistes pas des courtisans complaisants ! Nous voulons des journalistes qui traînent dans les bars et les "backstages", pas pour boire des rosés piscine ou pamplemousse, mais pour recueillir des informations "off record" non-mises en scène pour ce qu'elles ne sont pas ! Nous voulons des journalistes qui ont rêvé d'exercer un métier de service public et démocratique, pas d'un titre d'une carte presse et des avantages à laquelle elle donne droit ! 

Ce n'est pas en postant des vidéos tournées depuis la rédaction en incantant "le terrain", "la proximité" avec un ton fade d'IA, ou en prenant un ton pleurnichard, comme si les bébés phoques sur la banquise devaient parler depuis que Brigitte Bardot ne peut plus les protéger : "voyez vous 2027 sans nous ?

Et bien oui, vous n'êtes plus indispensables. Oui,  vous êtes devenu remplaçables gratuit ou payant

Voir la séquence sur le terme "remplaçable" dans Rambo 2 , sur le bateau sur le fleuve: "Co Bao :
Pourquoi ils t’ont choisi ? Parce que tu aimes te battre ?

Rambo :Non… Je suis remplaçable.

Co Bao :Remplaçable… Qu’est-ce que ça veut dire, « remplaçable » ?

Rambo :C’est comme si quelqu’un t’invite à une fête et que tu n’y vas pas. Ça n’a pas vraiment d’importance."

Oui, vous n'avez plus d'utilité social en l'état !

Pourquoi ?

Parce que vous avez glissez petit à petit du côté Au secours de la farce ! Comme le disait Yoda. Maître Yoda à propos du côté obscur est : « Le côté obscur n'est pas plus fort, c'est la voie rapide, facile et séduisante. " 

Il aurait pu rajouter : "c'est la voix de la complaisance !" 

Je suis le premier chagriné de cette situation, de ce qu'elle désigne en creux et de ses conséquences pour tous !

Alors, la question qui vient ensuite, c'est par quoi sera remplacé ce vide: pas que par l'IA ! Qui seront les prompteurs influant derrière l'IA

La disparition de Jean-François Leroy, c'est le symbole de la fin d'une époque. Celle du photo-journalisme comme mode massif d'information, mais aussi d'une certaine idée de l'information et du métier d'informer...

 

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31 août 2026 1 31 /08 /août /2026 12:00
Jean-François Leroy grande sylhouette de dos en noir la dernière fois que l'ai vu au off 2025 à la CCI, où il m'annonçait son cancer

Jean François nous quitte pour raison de cancer (d'où ses absences à la conférence de presse, ainsi qu'à l'ouverture) , trop tôt à 69 ans, pile au début de ce qu'il appelait son "bébé" Visa pour l'image . Pleins de souvenirs avec lui (notamment 2 bannissement du festival pour articles trop critiques) ,  c'est une figure en image qui disparait... 

Jean-François Leroy (né le 3 octobre 1956 à Paris) est un journaliste, photographe et organisateur français, cofondateur et directeur du festival international de photojournalisme Visa pour l’Image à Perpignan depuis 1989.

Passionné très tôt par la photographie, il passe ses jeudis à s’initier aux techniques de laboratoire auprès de sa tante, rédactrice en chef de La Vie catholique.

Il se nourrit des images de Larry Burrows et de David Douglas Duncan. À 12 ans, sa première photo est publiée dans La Vie : « Peut-être un peu pistonné, car ma tante est rédactrice en chef du journal. Je suis alors fou de joie et fier comme Artaban. Pourtant, à cette époque, mon rêve est de devenir cardiologue. » Il abandonne rapidement les études de médecine, se déclarant « un littéraire », et se tourne vers le journalisme.

Il collabore aux magazines Photo-Reporter, Le Photographe et Photo-Revue, devient rédacteur en chef de Photo Magazine (vers 1984-1987) et, sous le pseudonyme de Patrice Tounet, écrit des critiques de livres et d’expositions pour La Vie. Gökşin Sipahioğlu, fondateur de l’agence Sipa Press, lui ouvre les portes de la profession : « Je deviens photographe chez lui. Honnêtement, je ne suis pas un bon photographe… mais je ressens déjà ce désir profond de mettre en valeur le travail des autres. » En 1988, il est l’agent de Dominique Issermann pendant un an : « Tout le monde connaît le travail de cette photographe de mode, brillante réalisatrice de reportages et de clips… Je reste son agent pendant un an, ce qui me permet de créer Visa sans être rémunéré pendant trois ans. » En 1989, il participe avec Yann Arthus-Bertrand au projet « 3 Jours en France », portrait photographique du pays 150 ans après l’invention de la photographie.

La même année, il cofonde (avec Roger Thérond, grand patron de Paris Match) et dirige Visa pour l’Image.

La ville de Perpignan et la Chambre de commerce cherchaient un événement pour prolonger la saison touristique. « J’arrive avec mon projet de photojournalisme… et on me dit non ! » Il faut l’intervention de Thérond pour faire basculer la décision. Les débuts sont modestes et artisanaux : « La première année, je loue une voiture avec un mégaphone. Chaque soir, on peut m’entendre claironner : CE SOIR… GRANDE SOIRÉE PHOTO !!! » En 1989, 123 professionnels sont accrédités et deux pays représentés (France et Italie). Aujourd’hui, ce sont des milliers de professionnels, des dizaines de nations, plus de 200 000 visiteurs et des centaines de clichés exposés. Le festival est devenu un rendez-vous majeur (expositions, projections géantes au Campo Santo, rencontres professionnelles, prix et bourses).

Il est président de la société Images Evidence (créée en 1997, rachetée en 2009 après un partenariat avec Hachette-Filipacchi), qui organise le festival.

Il a aussi créé et dirigé l’Arche du photojournalisme à la Grande Arche de la Défense (2017-2018). Distinctions : Chevalier des Arts et des Lettres, Chevalier de l’Ordre national du Mérite et Chevalier de la Légion d’honneur. « Mais je n’ai jamais sollicité de décorations. Je ne les arbore pas, et elles ne figurent pas sur ma carte de visite. » Il porte comme un talisman une bague à tête de mort offerte par son ami, le photographe de guerre Stanley Greene.

Franc, entier et parfois colérique, Leroy défend une vision intransigeante du photojournalisme.

« Les photographes sont mes yeux sur le monde. » Il se décrit comme « accro à l’info, aux nouvelles, l’actualité du monde. C’est une drogue dure. » Face aux critiques sur la permanence des thèmes (guerres, crises, pauvreté), il rétorque : « Ils ne se posent pas la question quand ils regardent des images de la Coupe du monde de football ! Ce sont pourtant toujours des hommes en short qui courent après une balle… » Et d’ajouter : « Je suis aux côtés des photographes professionnels qui informent et témoignent. […] Certes, c’est un poncif, mais une image vaut réellement mille mots. Une photo de la maternité de Marioupol prise par Evgeniy Maloletka est plus forte […] qu’un article. » Ou encore : « Si vous vous attendez à voir des images de petits chats sur des coussins en velours… alors Visa pour l’image n’est pas fait pour vous. » Il s’oppose à « une information qui préfère les princesses à la Tchétchénie ».

Il met en garde les jeunes photographes contre les risques inconsidérés : « On n’est pas obligé de risquer sa vie à Mossoul. […] Ne partez pas sur des zones de guerre sans garantie, sans commande, sans assurance. »

Et de rappeler un conseil de Patrick Chauvel : « Méfie-toi des petits jeunes qui partent sur le terrain avec pour objectif Amsterdam (World Press Photo) et Perpignan. » Sur la technique : « À quelqu’un qui m’envoie des photos que je juge mauvaises et qui me dit “oui, mais moi, j’ai fait ça à l’iPhone”, je réponds : on s’en fiche ! » Il a aussi évoqué l’épisode de la fake news de Jonas Bendiksen (The Book of Veles, 2021), projetée à Visa avant que le photographe n’avoue avoir tout inventé avec des incrustations 3D.

Sur des sujets sensibles comme Gaza, il assume des choix difficiles : « L’information est complètement verrouillée. […] Quand on n’est plus dans l’information mais dans la communication, j’ai un souci. »

Et sur les réactions épidermiques : « On ne peut plus discuter avec personne. » Quant à sa longévité à la tête du festival : « Quand ce ne sera plus le cas [la passion], vous le verrez vite, je ne serai plus là. Mais tant qu’elle est là, je reste. »

Photographes et collègues le décrivent comme une force vitale : « Un petit miracle se produit chaque soir à Perpignan : Jean-François nous séduit à nouveau […] à travers le plus grand diaporama de la terre » (Brent Stirton). Visa pour l’Image reste, grâce à lui, un espace rare où le photojournalisme engagé et l’information visuelle trouvent encore toute leur place.

Sources principales : Wikipedia (page dédiée), site officiel Visa pour l’Image, biographies (Evene/Le Figaro, WARM Foundation, Journal des Arts). L'archipel contre attaque

Nous avons posté la vidéo de la conf de presse de 2015 une année symbolique et à la 20 iéme minute question piquante de l'Archipel contre attaque

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27 août 2026 4 27 /08 /août /2026 18:43

"Le monde est une vraie porcherie
Les hommes se comportent comm'des porcs
De l'élevage en batterie
A des milliers de tonnes de morts "

Bérurier Noirs "Porcherie"

Entre mai et juillet 2026, des caméras se sont planquées dans le ventre de la bête. À l’abattoir de Perpignan, La Catalane d’abattage, celui qu’on a inauguré en 2015 avec des sous publics et des grands sourires. Résultat des courses : 5 h 30 de rushs qui collent à l’estomac.

Des cochons qui prennent des coups de poing comme au ring. Un type qui enfonce son avant-bras dans la plaie d’un cochon encore bien réveillé. Des moutons balancés par la toison ou par les pattes comme des sacs de linge sale. Des vaches et des ovins découpés en pleine conscience, le regard encore là. Le couloir d’amenée en angle droit qui force les bêtes à se faire électrocuter et asperger pour avancer. Le box de contention qui tient pas les bovins, donc l’étourdissement rate, et hop, on découpe vivant.

Rien d’accidentel, clame L214. Tout est dans le design. Et pendant ce temps, les services vétérinaires de l’État sont là tous les jours d’abattage. Ils regardent. Ou ils regardent ailleurs.

Le 26 août, L214 balance les images et porte plainte pour actes de cruauté, sévices graves et mauvais traitements. Ils demandent la fermeture immédiate. Une pétition tourne. Une marche est annoncée pour le 3 octobre à Paris : « fermeture des abattoirs ».

Les réactions de la belle machine

La préfecture se réveille en 24 heures. Mise à pied de deux salariés. Inspection ordonnée. Et le 27 août, coup de théâtre : l’agrément pour l’abattage rituel (halal, casher, sans étourdissement) est suspendu. Une inspection générale de 48 heures est prévue fin août. On contrôle. On suspend. On continue.

Côté direction, Jean-Claude Coulet trouve « inadmissibles » les coups de poing. Un salarié est licencié, un autre part à la retraite. « Gestes malencontreux », « actes isolés », « épiphénomène » sur des milliers d’animaux par semaine. On va faire des travaux. On va se plaindre de l’effraction des caméras. Tout va bien, circulez.

L214, eux, ne lâchent pas : « Rien n’est accidentel. Le niveau d’atrocités est très élevé. Cet abattoir a été construit avec de l’argent public et il n’est toujours pas capable de respecter les règles minimales. Il doit fermer. »

L’établissement emploie une trentaine de personnes, sort 5 800 tonnes de viande par an. Il reste ouvert. Sous surveillance. En attendant que la machine digère le scandale et repasse à autre chose.

Comme d’habitude.  
La viande arrive dans les assiettes.  
Les images, elles, restent dans la gorge.

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25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 13:37

Dans les collines de Big Sur, un général confédéré fantôme plantait des pastèques pourries sous une pluie qui n’en finissait plus de tomber. Il n’avait jamais commandé personne. Il n’avait jamais gagné une seule bataille. Il tenait simplement un sceptre en plastique rose, volé dans une boutique de souvenirs pour touristes qui croyaient encore aux histoires de héros et de destin. Le sceptre ne pesait rien. Il ne commandait rien. Mais il brillait faiblement sous la brume, comme une promesse déjà pourrie.

La France s’est transformée en une longue plage de Big Sur où les candidatures poussent comme des champignons après l’orage.

Elles sortent de partout : d’un podcast abandonné à la troisième émission, d’un plateau télé où l’on mange des croissants en parlant de « vision », d’un thread écrit à trois heures du matin entre deux verres de vin tiède, d’un compte TikTok qui a fait trois cent quarante-sept vues. Elles se multiplient. Elles saturent l’air. Elles occupent l’espace comme des méduses sans cerveau qui piquent quand même, juste pour rappeler qu’elles existent.

Le seuil de Peters mesure exactement le niveau d’incompétence. C’est la hauteur précise où l’on devient définitivement inapte. Au-delà, on ne sait plus. On ne peut plus. On ne devrait plus. C’est un point de non-retour mesurable, froid, presque scientifique.

Le plafond de verre, lui, fixe le niveau qu’on ne dépassera pas. Invisible, collant, tenu par l’habitude, par les réseaux, par ceux qui préfèrent que rien ne bouge vraiment.

Deux notions distinctes. Deux limites différentes.Mais la médiocrité a décidé de les confondre.

Elle regarde son propre seuil de Peters — ce point exact où elle devient incompétente — et elle le prend pour un plafond de verre. Alors elle frappe. Elle veut le faire péter. Elle brandit le sceptre des tocards et crie à l’injustice, à la discrimination, au système qui l’empêche d’aller plus haut. Elle transforme son incompétence en martyr. Elle transforme sa limite naturelle en complot. Elle fait de son seuil un mur à abattre, et de son incapacité une cause noble.

On les voit défiler sous les spots : celui qui croit que la géopolitique se résume à un emoji et trois phrases toutes faites, celle qui pense que l’économie tient dans un TikTok de quinze secondes, l’autre qui a découvert la Constitution dans un fil Twitter un soir d’insomnie, le suivant qui confond « projet » et « posture ». Ils disent « je suis le changement ». Ils disent « je suis le peuple ». Ils disent « je suis l’avenir ». Ils disent « le plafond de verre doit sauter ». En réalité, ils cognent contre leur propre incompétence et appellent ça une révolution. Ils multiplient les candidatures pour faire croire que le pouvoir est une loterie où l’on tire au sort le moins inapte, ou le plus bruyant, ou le plus convaincu de sa propre importance.

Pourtant, au-delà du seuil de Peters et du plafond de verre, ceux qui sont déjà là-haut sont aussi médiocres.

Exactement aussi médiocres. Ils n’ont pas plus de vision, pas plus de souffle, pas plus de substance. Ils occupent simplement l’étage supérieur avec la même légèreté, le même vide, la même conviction molle. Ils n’ont donc aucun besoin de craindre la concurrence de ceux qui cognent en dessous. Pas besoin de concurrence de dessous de plafond. Pas besoin de concurrence de dessous de seuil. La médiocrité est déjà partout, répartie avec une égalité presque démocratique. Ceux d’en haut n’ont rien à protéger d’autre que leur place. Ceux d’en bas n’ont rien à conquérir d’autre que l’illusion qu’il y a quelque chose à conquérir.

Le sceptre des tocards brille.

Il est rose. Il est léger. Il ne vaut rien. Mais tout le monde veut le tenir : ceux d’en bas, juste au-dessus de leur propre seuil d’incompétence, en prétendant que c’est un plafond de verre qui les retient ; ceux d’en haut, qui le regardent avec un sourire las, sachant qu’il ne change rien à leur propre nullité. Ils le brandissent comme s’il pouvait faire reculer la mer. Comme s’il pouvait transformer la médiocrité en destin. Comme s’il pouvait faire oublier que le seuil de Peters ne se brise pas : on s’y installe, on y reste, on y multiplie les discours pour masquer qu’on n’ira pas plus loin — et que, de toute façon, plus loin, c’est exactement la même chose.

Dans les collines de Big Sur, le général confédéré fantôme range son sceptre.

Il sait. Les tocards n’occupent jamais vraiment le pouvoir ; ils saturent l’espace autour, en haut comme en bas. Ils font croire que monter plus haut est un droit, alors que c’est seulement une confusion entre deux limites, et que ces deux limites n’enferment que de la même eau stagnante. Et pendant ce temps, la mer continue de monter, indifférente, en léchant les pastèques pourries qui flottent déjà sur l’eau grise de 2027. Le sceptre brille encore un instant. Puis il s’éteint, comme toutes les promesses trop légères, laissant seulement le bruit mou des candidatures qui continuent de pousser, inutiles et innombrables.

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25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 11:43

« Le droit chemin, c'est aussi une valeur physique. Prenez du charbon et du diamant, l'un est noir, opaque et mou, l'autre blanc, transparent et dur. Pourtant, ils sont exactement composés du même corps : le carbone. »

— Patrick Burensteinas

Il joue de la flûte, lui ne ment pas sur son programme...

Dimanche 23 août 2026, le vidéaste Sylvain Pierre Durif a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle française de 2027 dans une courte vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, notamment Instagram (plus de 40 000 abonnés) et YouTube.

Dans cette séquence d’une vingtaine de secondes, il se présente ainsi : « Bonjour. Je suis le grand monarque, le Christ cosmique, le Messie, le roi et le pape Pierre, le président de la gouvernance pacifique planétaire et cosmique Elvita. Je vous annonce à toutes et à tous ma candidature officielle et publique pour l’élection présidentielle de 2027 en France. Bonne journée. » La publication a rapidement recueilli des milliers de likes et de commentaires, souvent teintés d’ironie ou de soutien humoristique.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte de multiplication des candidatures déclarées ou potentielles pour le scrutin d’avril-mai 2027, alors qu’Emmanuel Macron ne peut se représenter. Comme en 2017, Durif devra toutefois obtenir les 500 parrainages d’élus pour valider sa participation.

Qui est Sylvain Durif ?

Né le 23 août 1969 à Nantua (Ain), Sylvain Pierre Durif est une figure atypique de l’internet français, connue pour ses vidéos ésotériques et complotistes. Il a créé en 2004 la société Elvita, spécialisée dans l’édition de logiciels, qu’il présente comme le véhicule d’une « gouvernance pacifique planétaire et cosmique ». Il affirme incarner « l’énergie du Christ cosmique » annoncée par Nostradamus, et se revendique sous de multiples noms : Oriana, Sylvanus, l’Homme vert, Merlin l’Enchanteur, le Grand Monarque, le Messie ou encore le pape Pierre.

Il prétend disposer de pouvoirs de guérison, communiquer avec des extraterrestres (notamment les Elohim ou des êtres de Vénus), et connaître l’existence d’un réseau souterrain de « cités de lumière » appelé Agartha. Ses discours mêlent prophéties, théories du complot (reptiliens, bases extraterrestres) et projets utopiques, comme la construction d’une « cité de lumière » pour instaurer la paix sur Terre et dans le cosmos. Il précise ne pas être le leader d’un culte sectaire.

Depuis 2017, il réside à Toubab Dialaw (Sénégal), d’où il continue de publier des vidéos. Sa chaîne YouTube compte plus de 84 000 abonnés. Des rumeurs de décès ont circulé à plusieurs reprises (notamment en 2019), qu’il a démenties en les attribuant à des usurpateurs.

La notoriété née de Bugarach en 2012

Sa notoriété médiatique éclate en décembre 2012, à l’approche de la date symbolique de la fin du calendrier maya (21 décembre). Le village de Bugarach (Aude), peuplé d’environ 200 habitants, devient un lieu de pèlerinage pour des croyants persuadés qu’il serait épargné par l’apocalypse, en raison de légendes locales et d’une colline considérée comme sacrée.

Présent sur place, Durif multiplie les interviews dans la presse et à la télévision. Il se proclame « Christ cosmique » et « Grand Monarque », évoque des abductions extraterrestres subies dès l’enfance (vers l’âge de 5 ans, sur la planète Aldébaran) et annonce une « ascension intérieure » plutôt qu’une fin du monde. Ces interventions, souvent filmées de manière artisanale, deviennent virales et font de lui un personnage internet emblématique, entre figure de prophète autoproclamé et objet de moqueries.

Premières tentatives électorales

En 2014, il se présente aux élections municipales à Arques, village voisin de Bugarach. Il recueille seulement 7 voix (environ 5 % des suffrages exprimés) et n’est pas élu. Il tente également une candidature aux départementales de 2015 dans le canton de Couiza, sans succès.

En décembre 2016, il annonce sa candidature à la présidentielle de 2017 via une vidéo YouTube rapidement vue des centaines de milliers de fois. Son programme, diffusé sur Facebook, mêle propositions sociales (logements pour les SDF et migrants, suppression du RSI) et éléments ésotériques : remplacement de La Marseillaise par un hymne au « Grand Monarque », construction de bases d’atterrissage pour vaisseaux extraterrestres, « barrières cosmiques » contre les « reptiliens nazis », ou encore déradicalisation dans des mines de sel. Son objectif principal : « instaurer le paradis en tant que dernier roi de France et dernier pape ». Il n’obtient pas les 500 parrainages nécessaires.

Un personnage entre farce et phénomène internet

Sylvain Durif est largement perçu comme une figure loufoque ou un « Coluche cosmique » par certains sympathisants, tandis que d’autres voient en lui un symptôme de l’exclusion sociale ou de la fascination pour les discours alternatifs. Ses vidéos, souvent tournées dans un style improvisé, ont alimenté un mème durable sur les réseaux sociaux français. Des sites satiriques (comme Nordpresse à l’époque) ont parfois amplifié ou parodié sa candidature, ce qu’il a dénoncé comme un sabotage.

Dix ans après sa première tentative présidentielle, son retour médiatique en 2026 relance le débat sur la place des candidatures marginales et ésotériques dans le paysage politique français. Reste à savoir s’il lancera réellement la collecte des parrainages ou si cette annonce restera, comme en 2017, une parenthèse virale dans la pré-campagne. Après la déclaration de candidature de Raphaël Glucksmann, il y a concurrence de candidats ésotériques... 

 

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24 août 2026 1 24 /08 /août /2026 13:55

« Gloup ! Gloup ! Gloup ! Entartons, entartons le pompeux cornichon ! »

« Toutes les personnes imbues de leur propre pouvoir, les incarnations de l'autorité la plus gluante, tous ceux qui se prennent tragiquement au sérieux sont des cibles ! »

« Le choix est donc enfantin, il n'y a pas à ergoter bien longtemps avant de désigner les pires crapules, les cibles idylliques... »

 
Le cri de guerre de Noël Godin, l'célèbre "entarteur"
Noël Godin au centre et Jan Bucquoy à l'extrême droite de la photo
Avec Benoît Delépine

 

Noël Godin, connu de tous sous le nom de Georges Le Gloupier ou plus simplement « l’Entarteur », nous a quittés le dimanche 23 août 2026 à l’âge de 80 ans. Né le 13 septembre 1945 à Liège, cet agitateur anarcho-humoristique belge a passé plus d’un demi-siècle à transformer la tarte à la crème en arme de subversion joyeuse, non violente et redoutablement efficace. Écrivain, critique de cinéma, acteur occasionnel et théoricien d’une révolte pâtissière, il laisse derrière lui une œuvre et une légende qui ont marqué durablement le paysage culturel francophone.

Une jeunesse cinéphile et rebelle

Fils d’une mère pieuse et d’un père avocat, Noël Godin grandit à Liège dans un milieu catholique qu’il ne tardera pas à contester. Passionné de cinéma dès l’enfance – il choisissait déjà les « fifilms » que la famille irait voir –, il découvre très jeune les pages de la revue Positif, bastion du surréalisme et de la contestation. Mai 68 le confirme dans sa conviction que la révolution doit être joyeuse. Il abandonne des études de droit et d’histoire du cinéma à l’Université de Liège pour se lancer dans l’action. Dès novembre 1968, il verse un pot de colle sur un professeur réactionnaire. Le 11 décembre 1969, à Louvain, il réalise son premier véritable entartage : Marguerite Duras, venue présenter Détruire, dit-elle. Le personnage de Georges Le Gloupier – inventé par son ami Jean-Pierre Bouyxou – est né. Avec sa fausse barbe, ses lunettes, parfois un nœud papillon, et le cri rituélique « Gloup ! Gloup ! », Godin inaugure une forme d’attentat pâtissier qui restera sa signature.

La croisade contre les « pompeux cornichons »

Sa règle était simple et inflexible : ne frapper que ceux qui se prennent « très, très, très au sérieux ». Les tartes étaient toujours molles – crème Chantilly et génoise souple – pour ne blesser personne. Parmi les victimes les plus célèbres : Maurice Béjart, Henri Guillemin, Marco Ferreri, Jean-Luc Godard, Patrick Bruel, Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Sarkozy, Bill Gates (son « plus beau coup », le 4 février 1998 à Bruxelles, qui lui vaut une notoriété mondiale) et, bien sûr, Bernard-Henri Lévy, entarté au moins sept ou huit fois entre 1985 et 2015. Godin avait promis d’arrêter uniquement le jour où BHL chanterait en public Le Chapeau de Zozo de Maurice Chevalier. Ce jour n’est jamais venu.

Il s’inscrivait volontairement dans une lignée qui allait des slapsticks de Mack Sennett aux Marx Brothers, de Bugs Bunny aux Yippies d’Abbie Hoffman, des surréalistes français aux utopistes comme Charles Fourier. L’entartage n’était pas un simple gag : c’était un acte politique, une « tempête pâtissière » destinée à rappeler aux puissants qu’ils n’étaient que des hommes. Des émules naquirent un peu partout, formant ce qu’il appelait l’Internationale pâtissière.

L’écrivain et le critique
Parallèlement à ses actions, Noël Godin fut un prolifique critique et écrivain. Pendant quinze ans, il écrivit sans être démasqué dans la revue catholique Amis du film, inventant de fausses interviews, de faux réalisateurs et de longues critiques de films imaginaires. Il collabora ensuite à Ciné Revue, Actuel, Visions, Siné Hebdo (où il tenait la rubrique « L’Entarteur littéraire »), Psikopat, Zélium, CQFD, Siné Mensuel et d’autres publications saturiques.  

Parmi ses livres les plus importants :  

Anthologie de la subversion carabinée (1988-1989, plusieurs fois rééditée),  
Crème et châtiment : Mémoires d’un entarteur (1995),  
Grabuge ! 10 réjouissantes façons de planter le système (2002, coécrit avec Benoît Delépine, Aimable Jr. et Matthias Sanderson),  
Entartons, entartons les pompeux cornichons ! (2005).  

Il reçut le Grand prix de l’humour noir en 1995 et le Prix de la Dent dure en 1996… occasions qu’il saisit pour s’entarter lui-même.

Complicités cinématographiques
Noël Godin fut aussi un fidèle compagnon de route du cinéma belge le plus iconoclaste.

Avec Jan Bucquoy, l’amitié fut profonde et durable. Godin apparaît dans plusieurs volets de la saga La Vie sexuelle des Belges :

Sur le tournage de Camping Cosmos de et avec Jan Bucquoy,Noël Godin, le chanteur Arno et LOlo Ferrari

  
La Vie sexuelle des Belges 1950-1978 (1994) et Camping Cosmos (1996), où il incarne une savoureuse parodie de l’écrivain Pierre Mertens,  
La Jouissance des hystériques (2000),  
La Vie politique des Belges (2002).  

Leur complicité déborde largement l’écran. En mai 1996, à Cannes, Godin et Bucquoy entartent ensemble Daniel Toscan du Plantier sur les marches du Palais des Festivals. Godin lance la première tarte en criant « Entartons, entartons les pontifiants croûtons ! », Bucquoy envoie immédiatement la seconde. Cet épisode est immortalisé dans le court métrage de Bucquoy Crème et Châtiment (1997).  

En 2005, Bucquoy leur consacre un film entier : Les Vacances de Noël. Les deux sexagénaires y partent à l’assaut du Festival de Cannes 2004, dragueurs indomptables, refusant de vieillir, confrontés à une jeunesse qui les regarde avec un mélange d’amusement et d’indifférence. C’est l’une des apparitions les plus longues et les plus personnelles de Godin, un portrait tendre et grinçant de deux vieux anarchistes qui refusent de baisser les bras.  

Sa dernière apparition chez Bucquoy, plus discrète, figure dans La Dernière Tentation des Belges (2021), où il interprète un simple membre du jury. Le temps avait passé, la présence s’était faite plus effacée, mais la complicité restait intacte.

Avec Benoît Delépine (souvent associé à Gustave Kervern), Godin partage un même goût pour l’absurde et la satire sociale. Outre la collaboration à l’écriture de Grabuge !, il joue dans plusieurs de leurs films : un clochard volubile dans Aaltra (2004), la « statue du tartobole » dans Mammuth (2010) et le marié dans Le Grand Soir (2012).

Un héritage de crème et de liberté
Atteint dans les dernières années d’une maladie qui abîmait sa mémoire, Noël Godin n’avait rien perdu de sa fantaisie ni de sa gaîté. Jusqu’au bout, il resta ce personnage unique, reconnaissable dans la rue, toujours prêt à parler du prochain entartage ou à commenter l’actualité avec la même irrévérence.

Noël Godin n’a jamais prétendu changer le monde. Il a simplement voulu rappeler, tarte après tarte, que le pouvoir, l’ego et le sérieux excessif méritent d’être régulièrement arrosés de Chantilly. Dans un monde de plus en plus polarisé et solennel, sa leçon reste précieuse : la subversion la plus radicale peut aussi être la plus légère, la plus drôle, la plus humaine.

« Entartons, entartons les pompeux cornichons ! »  

Adieu, Georges Le Gloupier.  
La crème que tu as répandue continuera longtemps de tacher les égos.

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23 août 2026 7 23 /08 /août /2026 16:21

« La guerre civile ne m'a fait vraiment peur que le jour où je me suis aperçu que j'en respirais, presque à mon insu, sans haut-le-cœur, l'air fade et sanglant. »

« Le mensonge politique est l'art de donner des raisons nobles à des actes bas. »

Publié en 1938, Les Grands Cimetières sous la lune de Georges Bernanos est un violent réquisitoire contre la guerre d'Espagne 

Samedi 22 août 2026, la place de Sant Jaume, cœur symbolique du pouvoir catalan à Barcelone, a été le théâtre d’une confrontation politique hautement chargée. Le groupe d’extrême droite espagnol Reconquista, allié au mouvement paneuropéen Save Europe Act, a organisé une manifestation anti-migration. Face à eux, des centaines d’opposants catalanistes, anarchistes et antiracistes ont formé une contre-manifestation antifasciste nettement plus nombreuse. La police a déployé un important dispositif pour séparer les deux camps.

Des images montrent une cinquantaine à une centaine de manifestants pro-Espagne, drapés de drapeaux nationaux, déroulant avec difficulté une immense banderole de plusieurs centaines de mètres carrés portant le slogan « Remigration saves Europe ». Parmi eux, certains arborait des symboles franquistes. L’un des participants a crié « ¡Arriba España ! », le vieux slogan falangiste et franquiste, rappelant les racines nationalistes radicales de certains franges du mouvement.

Le porte-parole de Reconquista, Toni Estévez — jeune activiste à l’allure très « Hitlerjugend », souvent photographié en chemise et pantalon militaire court —, a pris la parole face aux médias. Il a dénoncé les « télévisions de merde qui ont participé à la destruction de l’Espagne », accusant les médias publics et le gouvernement d’avoir favorisé ce qu’il appelle une « invasion ». Selon lui, le groupe entend préserver la « cohésion sociale » européenne face à une migration de masse qu’il juge menaçante pour la civilisation européenne. Estévez et ses compagnons appellent à une politique de « remigration » : le retour forcé de migrants non européens.

Un contexte historique et politique tendu

Reconquista, fondé en 2023 « au cœur de la Catalogne », est un mouvement de jeunesse d’extrême droite évoluant dans l’orbite de Vox. Il s’inscrit dans une tradition qui réactive le mythe de la Reconquista médiévale — la reconquête chrétienne de la péninsule Ibérique sur les musulmans — pour l’appliquer à l’immigration contemporaine. Save Europe Act, mouvement identitaire européen porté notamment par des figures comme Eva Vlaardingerbroek et Martin Sellner, promeut la même idée de « continuité ethnoculturelle » et a tenté sans succès de faire valider une initiative citoyenne européenne sur le sujet. Leur tournée européenne a déjà touché plusieurs villes ; Barcelone était la première étape officielle en Espagne.

La tenue de cette manifestation dans la capitale catalane n’est pas anodine.

Depuis l’échec du processus d’indépendance de 2017 (le « Procés »), Barcelone a connu de profondes transformations. La ville, autrefois symbole du nationalisme catalan et des grandes mobilisations indépendantistes, est devenue une métropole de plus en plus multiculturelle. Selon les données municipales, la population née à Barcelone ne représente plus que 44,6 % des habitants en 2026, tandis que les personnes nées à l’étranger approchent les 36 %. L’immigration, le tourisme de masse, la gentrification et l’exode de nombreux Catalans de souche ont redessiné le tissu social. Pour les organisateurs de la manifestation, cette évolution illustre précisément la « substitution » démographique qu’ils dénoncent. Pour leurs opposants, elle incarne au contraire l’ouverture et le cosmopolitisme d’une ville qui refuse de devenir le porte-voix de thèses xénophobes.

Face-à-face dans la place du pouvoir catalan

Les contre-manifestants, regroupés sous des banderoles « No pasarán, Barcelona antifascista » ou « Stop Vox », ont largement dépassé en nombre les participants de Reconquista et Save Europe Act. Anarchistes, antiracistes et militants catalanistes ont dénoncé un « discours de haine » et un « délire suprémaciste ». Les Mossos d’Esquadra ont maintenu un cordon de sécurité strict, empêchant tout contact direct. Aucun incident majeur n’a été signalé, mais la mairie de Barcelone a annoncé qu’elle saisirait le parquet pour certains slogans jugés racistes ou xénophobes (« Ce n’est pas de l’immigration, c’est une invasion », « Espagne chrétienne, pas musulmane »).

Cette journée illustre la polarisation croissante en Espagne et en Europe autour de la question migratoire.

Tandis que l’extrême droite tente d’exporter le concept de « remigration » depuis les réseaux identitaires continentaux, les forces antifascistes et progressistes catalanes réaffirment leur rejet de ces idées dans un lieu chargé d’histoire : la place où siègent la Generalitat et la mairie, symbole d’une Catalogne qui, après l’échec de 2017, navigue entre identité propre, ouverture au monde et tensions sociales nouvelles.

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21 août 2026 5 21 /08 /août /2026 19:39

« Regardez-moi ce sparadrap de malheur, mille tonnerres !... Par quel tour de passe-passe est-il arrivé à se fourrer sur ma casquette ? »

La célèbre scène du sparadrap se trouve dans l’album L'Affaire Tournesol de Hergé. Le capitaine Haddock tente désespérément de se débarrasser d'un bout de sparadrap collé à son doigt, qui ne cesse de s'accrocher partout et de passer de main en main.

Mediapart: reparle du salut Nazi qui est un geste qui se diffuse dans le monde comme une trainée de poudre, et voit-on aussi sur la vidéo entre des néo-nazis et Élon Musk (existe aussi en parfum vanille), celle qui fait dans les chemises Brunet's : Annabelle, son moment du conseil municipal ! Tu nous rends fiers Annabelle. Une fille vraiment impeccable !
 
"[Vidéo] Le salut nazi n’est plus seulement l’apanage de militants néonazis revendiqués. De Besançon à Sarcelles, de Madrid à Mulhouse, le geste réapparaît dans des contextes de plus en plus variés. Souvent présenté comme une blague ou une provocation, il n’en reste pas moins un geste politique." 👉‍ https://www.mediapart.fr/journal/france/150826/dans-l-espace-public-l-inquietante-banalisation-du-salut-nazi?at_format=reel&at_account=mediapart&at_campaign=1046&at_medium=custom7

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