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Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
« Le Catalan peut encercler ses ennemis, tout seul » proverbe
Le 66 a choisi de rester le 66. Ou plutôt : il a choisi de ne pas choisir.
Personne ici n’a d’avis particulier sur le nom. Pyrénées-Orientales, Pyrénées Catalanes ou Pyrénées Méditerranée… ce ne sont que des étiquettes collées sur le même paysage, le même vent, le même vin. Ce qui compte, c’est l’idée qui a gagné : celle de se prononcer. Même à 10 %. Même de justesse. Même pour aboutir au statu quo. Et même si ces 10 % de participation ressemblent surtout à 90 % d’abstention.
Voici le tableau, pour ceux qui préfèrent les chiffres aux discours :
Un peu plus de 10 % des inscrits. Autrement dit, près de neuf habitants sur dix ont préféré rester chez eux. Deux mille voix d’écart entre le premier et le second. Assez pour que le nom reste le même. Pas assez pour que l’on puisse dire que rien ne s’est passé. Et largement assez pour rappeler que la liberté de choisir inclut aussi celle de ne pas choisir.
On avait écarté « Pays catalan », trop tranchant sans doute.
On a proposé trois options plus sages. Les habitants ont voté. Certains en ligne, d’autres par courrier. La grande majorité a regardé passer le débat comme on regarde passer un nuage. Et le résultat est tombé : on garde l’ancien nom.
Ce n’est pas une victoire du nom. C’est une victoire relative de l’idée qu’il valait la peine de demander. Comme le rappelait Périclès, rapporté par Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Ici, une minorité a choisi de ne pas se reposer. Une majorité écrasante a choisi le repos. Les deux ont exercé leur liberté. On aurait pu laisser dormir la question. On a préféré la poser. Le silence des 90 % fait partie de la réponse.
Hermeline Malherbe parle d’attachement à la catalanité. Louis Aliot de tour de manège.
Peu importe. L’essentiel n’est pas dans ce qu’ils disent du nom. Il est dans le fait que, pour une fois, on a forcé le département à regarder ses habitants dans les yeux et à leur demander : que voulez-vous porter ? La plupart ont répondu en restant silencieux. C’est déjà une forme de choix.
Le 66 reste le 66. Mais l’idée, elle, a progressé d’un pas. Même fatigué. Même ironique. Même en gardant le même costume. Et même avec 90 % d’abstention pour lui rappeler que la liberté, parfois, préfère se reposer.
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« Refuser de se taire n’est pas un crime. Revendiquer de meilleures conditions de travail n’est pas un délit. Défendre les droits des travailleurs, c’est défendre la justice sociale. Réduire les syndicats au silence, c’est affaiblir la démocratie. »
Confédération générale du travail (CGT)
Le rail jaune et l’ombre : Management par la sanction : la CGT accuse la SNCF de viser ses militants
Il y a des hommes qui portent le chemin comme on porte une cicatrice. Julien Berthélémy est de ceux-là. Conducteur du Train jaune, ce serpent électrique qui rampe entre les crêtes de Cerdagne, de Villefranche à Latour-de-Carol, il conduit aussi, depuis des années, la colère ordonnée des cheminots dans les Pyrénées-Orientales. Secrétaire général de la CGT du département, il marche droit, la tête haute, dans un pays où les rails se font rares et les sanctions se multiplient.
On l’a convoqué. Conseil de discipline le 17 septembre.
La direction, cette machine froide aux rouages invisibles, lui reproche d’avoir repris la marche sans attendre le feu vert du chef de ligne. Un geste, peut-être, une impatience, un oubli dans le grand ballet des autorisations. Pour cela, on lui promet le dernier avertissement avant la chute, douze jours de mise à pied, et la mutation disciplinaire — ce bannissement soft qui arrache un homme à sa terre, à son train, à sa mémoire. À côté de lui, un collègue subit le même tribunal pour avoir laissé monter un journaliste en cabine. Sans permission. L’un et l’autre se tiennent au bord du même précipice.
L’été a été brûlant. Les trains ont souffert.
Climatisations mortes, toilettes scellées, rames supprimées, voyageurs à bout, agressions qui doublent sur les contrôleurs isolés. Sous-effectif chronique. On part avec un seul agent là où il en faudrait deux, parfois aucun. Et pendant que le métal grince sous le soleil, la direction multiplie les dossiers. Dès qu’un cheminot relève la tête, la sanction tombe, disproportionnée, lourde comme une dalle. Mécaniciens, contrôleurs, conducteurs : la liste s’allonge. On punit la fatigue, on punit l’initiative, on punit la parole.
Le Train jaune n’est pas seulement une ligne.
C’est une veine ouverte dans la montagne, un fil de survie pour les villages, un défi lancé à l’abandon. Berthélémy le sait. Il l’a défendu longtemps, ce rail étroit, contre les oubliés et les calculs. Aujourd’hui, c’est lui qu’on veut déplacer, suspendre, briser un peu plus. La grève a grincé le 8 septembre dans l’ex-Languedoc-Roussillon. On a réclamé des embauches, des conditions dignes, la fin de ce management par la peur. Mais la machine continue. Elle convoque. Elle propose. Elle menace.
Il y a quelque chose d’impitoyable dans ces procédures.
L’homme sur le quai, le geste trop vif, la règle non respectée à la lettre, et soudain le dossier s’épaissit. On ne regarde plus le corps fatigué, ni la chaleur collée aux rails, ni la solitude du conducteur face à la pente. On regarde la faute. On la grossit. On la transforme en exemple. Douze jours sans salaire. Une mutation. Le dernier avertissement qui pèse comme une lame.
Berthélémy reste debout.
Le Train jaune continue de grimper. La montagne n’a pas changé. Seulement les hommes, parfois, se retrouvent plus seuls face aux papiers et aux conseils. Le 17 septembre, on tranchera. Ou on n’entendra rien. Dans le silence des bureaux, le rail jaune continue de vibrer, indifférent aux dossiers, fidèle seulement à ceux qui le font vivre.
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"Sans curiosité on meurt et sans courage on ne vit pas."
Hugo Pratt en verve
Il y avait une fois un homme de Perpignan, opticien de son métier, qui regardait le monde à travers des verres trop nets pour se contenter des mirages. Jean-Jacques Bedu s’appelait-il. Il avait déjà démantelé, pièce par pièce, le grand mensonge de Rennes-le-Château, ce trésor fantôme qui faisait encore battre des cœurs longtemps après que les archives eurent parlé. Il savait que les hommes préfèrent parfois le mystère intact à la vérité déshabillée.
Puis vint l’automne 2022.
Sur les écrans, une série nommée Ancient Apocalypse déroula ses images séduisantes : une civilisation mère engloutie, des savoirs interdits, des archéologues complices d’un silence millénaire. Des millions d’yeux s’y perdirent comme on se perd dans les brumes d’une lagune. Bedu, lui, sentit le vieux démon revenir. Celui qui transforme les pyramide en soucoupes, les mégalithes en messages d’ailleurs, les sages en gardiens d’un secret qu’ils n’ont jamais possédé.
Alors il se mit en route.
Pas vers un continent perdu, mais vers le vrai continent : celui de la mémoire humaine. Il prit pour boussole une idée simple et dangereuse : la réalité, quand on ose la regarder en face, est plus vertigineuse que toutes ses contrefaçons.
Le premier tome de son odyssée parut au printemps 2026, aux Éditions du Cerf. Sept cents pages denses comme un journal de bord. L’Odyssée du savoir. Vraies sagesses et fausses croyances. Des origines à l’Antiquité tardive.
On y entre comme on embarque sur un brick aux voiles usées.
D’abord les grottes ornées, où le chaman danse encore dans la lumière tremblante des torches. Puis Göbekli Tepe, ces piliers dressés avant même que l’homme ne sache cultiver le blé. Carnac, Stonehenge, les alignements qui parlent aux étoiles sans avoir besoin de théories folles. L’Égypte et la Mésopotamie, non plus comme décors de films d’aventures, mais comme laboratoires où l’esprit inventa les dieux, l’écriture, le temps mesuré. La Crète, les Hittites, les Étrusques. La Grèce des mystères d’Éleusis et de Pythagore, où l’âme cherchait son salut dans le silence des initiations. Rome, carrefour de tous les cultes, Isis et Mithra préparant déjà le terrain à une autre parole. Les druides sous leurs chênes, Zarathoustra et son feu, Bouddha, Confucius, Lao-Tseu… Tous croisés, interrogés, dépouillés de leurs oripeaux modernes.
À chaque étape, Bedu fait ce que peu osent : il démêle le fil d’or de la sagesse authentique du fil d’argent des légendes fabriquées.
L’Atlantide redevient ce qu’elle fut chez Platon : un mythe politique, non une carte au trésor. Les civilisations perdues s’effacent devant le génie réel des peuples. Et le lecteur, peu à peu, comprend que le vrai scandale n’est pas ce que l’on nous cache, mais ce que nous refusons de voir : la grandeur nue de l’homme.
Ce livre n’est que le premier volume d’une trilogie. Les suivants prolongeront la route, jusqu’aux dérives de notre siècle et aux défis de l’intelligence artificielle. Car Bedu le sait : le combat entre la lumière et son ombre n’a jamais cessé. Il a seulement changé de navire.
Et pendant que d’autres continuent de chercher des continents engloutis, lui a choisi une autre mer : celle du savoir véritable. Plus profonde, plus dangereuse, et infiniment plus belle.
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Le livre d'Hervé Vigier "Le rite français : Tome 1, L'apprenti et le compagnon dans le rite français ou moderne ou le printemps de la franc-maçonnerie française" était épuisé, il vient d'ê...
jeudi à 18:00 - 19:00 à Librairie Torcatis 10 rue Mailly, 66000 Perpignan, Jean-Jacques Bedu http://www.lr2l.fr/acteur/bedu-jean-jacques-perpignan.html présentera son livre "les initiés" , le d...
"C'est un sort étrange que nous souffrions tant de peur et de doute pour une si petite chose..."
"Le vaste monde est tout autour de vous : vous pouvez vous enfermer, mais vous ne pouvez pas le clôturer pour toujours."
Le Seigneur des Anneaux
Reportage exclusif – Tribunal de la Pureté Culturelle
Paris, salle d’audience n° 42, 3 septembre 2026
Ce matin, sous les néons blafards du Tribunal de la Pureté Culturelle, s’est tenu le procès de M. X, citoyen ordinaire accusé d’« appropriation culturelle successive et aggravée » pour avoir, durant des années, incarné des personnages de Donjons & Dragons.
Les faits
Le prévenu a avoué sans détour : nain, magicien, voleur, elfe, barbare, druide… Il a tout essayé. « À l’insu de mon plein gré », a-t-il plaidé. Les plaigants, une coalition de « défenseurs des peuples imaginaires », ont exigé une sentence exemplaire.
Composition du tribunal Présidente** : Madame la Juge Émeraude Bleue-Cheveux, coiffée d’une perruque turquoise fluorescent et d’un collier de cristaux de « justice intersectionnelle ». Procureure** : Me Inès Outrage, robe noire et foulard arc-en-ciel. Avocat de la défense** : Me Jean-Raison, costume gris, regard las. Partie civile** : représentants auto-proclamés des Nains de la Montagne, des Elfes de la Forêt Éternelle, des Barbares des Steppes et des Druides de la Clairière Sacrée (tous absents, évidemment, car purement fictionnels).
L’audience
La procureure ouvre le bal d’une voix vibrante :
« Messieurs et mesdames du jury moral, ce prévenu a successivement usurpé l’identité de peuples mythiques ! Il a bu de la bière en tant que nain, tiré à l’arc en tant qu’elfe, hurlé à la lune en tant que barbare. C’est un pillage systématique des imaginaires ancestraux ! Chaque dé de 20 faces lancé était une violence symbolique ! »
Me Outrage brandit un manuel de règles usé comme pièce à conviction.
« Regardez ! Il a même osé jouer un druide… sans demander l’autorisation aux arbres ! »
L’avocat de la défense se lève, soupirant :
« Madame la Présidente, mes clients n’ont jamais existé. Les nains viennent des sagas nordiques, les elfes de Tolkien qui lui-même les a tirés de la mythologie celtique et germanique. Personne n’a de certificat de propriété sur un personnage de papier. Mon client a simplement… joué. »
La juge le coupe sèchement :
« Me Raison, votre argument sent le privilège. Passons aux témoignages. »
Un « expert en études critiques du fantastique » défile à la barre. Il explique longuement que chaque classe de personnage est une « construction coloniale ». Le public (une vingtaine de militants à cheveux pastel) applaudit.
Le prévenu, appelé à la barre, reste calme :
« J’ai juste passé de bons moments avec des amis. On mangeait des chips et on inventait des histoires. Je ne savais pas que j’étais un criminel culturel. »
La procureure rugit :
« L’ignorance n’est pas une excuse ! Autocritique immédiate ! »
Plaidoiries finales
Me Outrage :
« Nous demandons la condamnation maximale : destruction publique de tous ses dés, interdiction à vie de tout jeu de rôle, et une séance d’autocritique filmée face aux gardes rouges de la nouvelle génération. »
Me Raison, d’une voix posée :
« Si l’on condamne aujourd’hui un joueur de Donjons & Dragons, demain on interdira de lire Le Seigneur des Anneaux, de regarder Star Wars ou de déguiser ses enfants en pirates à Halloween. La fiction n’appartient à personne. Elle appartient à tout le monde. »
Le verdict
Après une délibération de trois minutes (le temps de consulter son téléphone), la juge Émeraude Bleue-Cheveux se redresse :
« Au nom de la Pureté Culturelle et des peuples imaginaires opprimés, je déclare le prévenu coupable.
Sentence :
Confiscation immédiate de tous ses manuels, figurines et dés.
Obligation de publier chaque jour pendant un an un post d’autocritique sur les réseaux sociaux.
Interdiction de toute incarnation de personnage non strictement conforme à son identité réelle (c’est-à-dire : un humain moyen, sans barbe, sans magie, sans arc).
Stage de sensibilisation de 200 heures auprès d’un collectif de “réparation narrative”.
Toutefois… » – la juge hésite, un sourire ambigu aux lèvres – « … le tribunal note que les plaigants n’ont produit aucun nain, elfe ou druide vivant pour témoigner. En conséquence, la peine est suspendue sine die, jusqu’à comparution effective des victimes.
Le prévenu est libre. Qu’il aille rejouer s’il le souhaite.
Mais qu’il se le tienne pour dit : le Tribunal de la Pureté Culturelle veille. »
Coup de marteau.
Dans la salle, les cheveux bleus s’agitent, indignés. Dehors, le prévenu range discrètement un dé à 20 faces dans sa poche et murmure :
"Les films sont d’abord un moyen de relier les êtres et les choses."
Emir Kusturica
Nous l'avions croisé à de nombreuses reprises à Perpignan et interviewé (voir vidéo en bas)
Tony Gatlif s’est barré. Le 2 septembre 2026, à Arles, à 77 piges, pendant qu’il planchait encore sur un film historique. Sa famille a lâché la nouvelle ce vendredi matin, en parlant de sa générosité, de sa joie, de sa poésie et de son amour démesuré pour la musique. Et ils lui ont souhaité « Latcho Drom ». Bonne route, quoi. Comme dans son film. Comme dans sa vie. Comme il le disait toujours aux siens.
Né Boualem Dahmani (ou Michel, selon les jours et les papiers) le 10 septembre 1948 à Alger, d’un père kabyle et d’une mère gitane andalouse, le gars a pas eu le parcours des enfants de bonne famille.
Guerre d’Algérie, bidonville de Belcourt, misère noire, pieds nus, plaies jamais soignées. Il racontait souvent : « Nous marchions pieds nus. Les plaies n’étaient jamais soignées, on nous arrangeait les dents avec une pince… » Son père, libre et un peu voyou, ne respectait pas le couvre-feu. Le soir, les enfants attendaient sur le pas de la porte de la chabola, le cœur qui battait, jusqu’à apercevoir au loin le phare de la moto qui faisait des es. « Ils pouvaient le tuer à un contrôle. Mais chaque nuit, il revenait. »
À douze ans, contrôle de police. Pour pas se faire renvoyer de l’autre côté de la Méditerranée, il se chope un nouveau nom : Gatlif, comme le parc d’Alger. Arrivé en France, c’est l’errance, la délinquance, les bandes autour de la Gare du Nord, les vols, la maison de correction. Il s’évade plusieurs fois. « Avant j’étais violent, il ne fallait pas me toucher, j’étais un mauvais garçon… je n’écoutais personne, pour moi les grands, tous les gens, étaient des ennemis. »
Puis la Camargue. Décision de justice.
Et là, quelque chose bascule. « Du moment où j’ai mis pied en Camargue, j’ai commencé à écouter et ça tient au respect avec lequel les gens me parlaient, sans préjugé. La Camargue fait partie des choses qui m’ont sauvé. » Il y a appris à aimer les chevaux, la nature sauvage, les hommes un peu fous. Des années plus tard, il y tournera Tom Medina. Arles, où il est mort, c’était un peu sa terre d’adoption.
Un jour, avenue de l’Opéra, il voit l’affiche de Michel Simon dans Du vent dans les branches de sassafras. Il se pointe dans le camerino, le culot monstre. « Tu veux quoi ? » lui demande le grand acteur. « Je veux faire l’Indien. » Simon lui écrit une lettre de recommandation. Tony devient comédien, puis réalisateur. « J’ai mené une bataille contre ma destinée, contre moi-même et ce n’est pas rien. »
Toute sa vie, il a filmé les siens : les Gitans, les Roms, les voyageurs, les exilés, les fous de musique et de liberté. Les Princes, Latcho Drom, Gadjo Dilo (celui qui a filé sa première vraie chance à Romain Duris), Vengo, Exils (prix de la mise en scène à Cannes 2004), Liberté, jusqu’à Ange en 2025 avec Arthur H. Toujours la même obstination. « J’ai dit la vérité des gens que j’aime. Et quand la planète crie “gitan-voleur”, c’est une honte ! »
Sur la reconnaissance ? Il s’en foutait un peu : « Bof… Reconnu ou pas, j’aurais quand même fait mes films. Disons que la reconnaissance permet de continuer à faire des films en toute liberté, et peut-être d’aider les copains. Mais c’est comme la richesse, ça peut disparaître du jour au lendemain. »
Et Perpignan dans tout ça ? Un amour de gitan
Ah, Perpignan. La ville où vit la plus grande communauté gitane sédentarisée de France, là-haut à Saint-Jacques, autour de la place Cassanyes et du Puig. Un vrai village dans la ville, avec ses codes, sa langue catalane gitane, ses fêtes, ses rixes, sa fierté et ses galères. Gatlif connaissait ça par cœur. Il aimait les Pyrénées-Orientales comme on aime une terre de famille.
« Ça fait très longtemps que je voyage, j’aime les Pyrénées Orientales et aussi le Sud, la Méditerranée. J’ai tourné en Transylvanie, j’ai tourné dans d’autres pays, mais je tourne toujours autour de la Méditerranée. Parce que la Méditerranée, c’est moi. C’est ma famille. C’est une façon de s’exprimer, une façon de vivre. »
En 2007, il débarque aux Estivales pour coller son spectacle Vertiges, du flamenco à la transe.
Créé aux Nuits de Fourvière, le truc est un concentré de musique qui monte jusqu’au délire. « Le mot m’a été inspiré par Théophile Gautier. Il parle d’une musique qui monte, qui monte… et amène les gens jusqu’au vertige. Toutes les fêtes de village sont à base de cela. » Quant à la musique gitane : « Je l’ai toujours reçue comme une transe. Le rythme monte, gagne les cœurs et les emballe jusqu’aux vertiges. »
En 2013, il s’installe presque à Perpignan pour tourner Géronimo.
Éducatrice de rue (Céline Sallette), amour interdit entre une jeune Turque qui fuit un mariage forcé et un gamin gitan, clans qui s’affrontent à coups de flamenco et de hip-hop… Le film pue le bitume et la sueur de Saint-Jacques et des environs (Barcarès, Torreilles, Argelès…). « À Perpignan, dans le quartier Saint-Jacques, vous avez des Gitans, des Africains du Nord, des Turcs… Ces communautés vivent sans histoire depuis des années. Chacune fait attention à l’autre. » Il disait de l’histoire : « C’est un amour défendu, mais qu’on ne peut pas vraiment empêcher. Comme dans Shakespeare, il est impossible d’arrêter la passion. »
Et en octobre 2024, il revient encore.
Ange, tourné entre Tautavel, Perpignan, Port-Vendres et Opoul-Périllos. Un road-movie avec Arthur H en ethnomusicologue baroudeur qui roule avec sa maison dans un vieux van, Mathieu Amalric dans le rôle de l’ami perdu. Avant-première au Castillet, bien sûr. Gatlif présent, content d’être « chez lui ». « Les paysages que j’ai montrés dans le film sont comme des monuments, très très forts. » Et sur la philosophie gitane qu’il filme encore : « Le Gitan ne vit ni dans le passé ni dans l’avenir, il ne connaît que le présent. Quand on se retourne vers le passé, il n’y a que des fantômes. »
Il ne faisait pas de l’ethnologie de salon. Il venait, il regardait, il écoutait, il respectait. « J’aime les gitans, ils sont là depuis des siècles et des siècles mais il faudrait un peu les comprendre ! Ils sont dans la République, ils paient des impôts, ils respectent les gens, les lois et les feux rouges mais ils ont des codes. Depuis toujours. »
Tony Gatlif est mort à Arles, pas loin de la Camargue qui l’avait accueilli adolescent. Mais une partie de lui traîne encore dans les rues de Saint-Jacques, dans les notes de rumba catalane qui sortent des fenêtres, dans les regards de ceux qui n’ont jamais baissé la tête.
Latcho Drom, vieux frère.
La route continue, et elle est toujours aussi belle, aussi rugueuse, aussi libre.
Tony Gatlif (http://www.tony-gatlif.com/) est de retour à Perpignan pour la présentation de son dernier opus Géronimo. Il a filmé les tziganes, les gitans, les roms dans le monde entier de l'In...
Le gitan Jérôme Espinas, nous a quitté hier : crise cardiaque. Peut-être qu'il a trop mis de cœur à gratter sa guitare pour jouer des "rumbas catalanes". Jérôme, c'était une figure du vieu...
"Il n'y a rien qui soit si nécessaire aux hommes que la danse. Sans la danse, un homme ne saurait rien faire. Tous les malheurs des hommes, les travers funestes dont les histoires sont remplies, les bévues des politiques et les manquements des grands capitaines, tout cela n'est venu que faute de savoir danser."
Molière
Dramaturge français (1622 - 1673)
Sarah Mesquida : la danse fluide comme un foulard
À Perpignan et Canohès, Sarah Mesquida incarne une vision de la danse à la fois technique, expressive et profondément humaine. Directrice de la compagnie de danse et de l’école ApSara (Studio ApSara – Art chorégraphique), elle était récemment en direct depuis la Cantoche du Jaja pour évoquer son parcours, l’enseignement de la danse, la vie culturelle locale et un spectacle actuellement en production.
Une école ancrée dans le territoire
Installé au 9 rue Galceran de Villaseca à Perpignan (rue parallèle à l’avenue de la Gare), le Studio ApSara propose un large éventail de cours : danse contemporaine, classique, stretching, pilates, fitness et ateliers parents-enfants. Ouvert aux enfants dès 4 ans comme aux adultes, l’enseignement de Sarah Mesquida mise sur la technique tout en favorisant l’expression personnelle, l’improvisation et l’exploration chorégraphique.
Passionnée de danse depuis l’enfance et riche de plus de 25 ans d’expérience, Sarah a notamment dansé au Casino de Paris et à la Salle de la Mutualité.
La danse comme vecteur de mieux-être
Ce qui distingue ApSara, c’est l’approche globale : la danse n’est pas seulement un art, c’est un outil de connaissance de soi, de confiance et de bien-être. Sarah Mesquida le résume souvent par cette image : un mouvement « fluide comme un foulard » – souple, libre, organique, sans rigidité inutile. Les cours mêlent rigueur technique et spontanéité, invitant chacun à développer sa créativité et à vivre pleinement l’instant présent.
Lors de son passage en direct à la Cantoche du Jaja, elle a abordé avec authenticité les réalités de la vie culturelle : l’engagement quotidien des enseignants et des artistes, les défis de la transmission, et la nécessité de soutenir la création locale.
Un spectacle en production
Sarah Mesquida a également dévoilé des éléments sur un spectacle actuellement en préparation avec sa compagnie. Sans en révéler tous les détails, elle a partagé l’énergie créative qui anime le projet, l’importance du travail collectif et l’envie de proposer au public une expérience à la fois poétique et accessible.
Une invitation à bouger
Que l’on soit débutant, passionné ou simplement curieux de redécouvrir son corps, le Studio ApSara ouvre ses portes. Cours d’essai gratuits, planning varié et ambiance bienveillante : tout est pensé pour que chacun trouve sa place.
Pour suivre l’actualité de Sarah Mesquida, de l’école ApSara et des prochaines dates de spectacles : Site : www.apsara-art-choregraphique.com Instagram : @apsara_66 Contact : sarah.mesquida@gmail.com – 06 66 40 09 83
Sarah Mesquida rappelle avec simplicité et passion que la danse reste l’un des plus beaux langages du corps et de l’âme. Fluide, libre, et toujours en mouvement.
"Nul n'a le droit d'effacer ma culture,car une communauté sans culture est un peuple sans être humains "
Léopold Sédar Senghor
CadPO, ou la présence souveraine des afro-descendants au cœur de la terre catalane
Voici que s’élève, dans le paysage des Pyrénées-Orientales, une voix collective, ferme et harmonieuse : la Convention des Afro-Descendants des Pyrénées-Orientales, CadPO. Née en 2019 à Perpignan, elle rassemble ceux qui portent en eux les mémoires de l’Afrique, des Antilles, de La Réunion, des océans Indien et Atlantique. Elle ne revendique point une séparation, mais une présence : celle d’un peuple qui, enraciné ici, veut faire rayonner sa culture dans la pleine lumière du jour catalan.
Brigitte Vumbi, fille de Kinshasa devenue fille de Perpignan, incarne cette force tranquille.
Auto-entrepreneuse, porteuse de la flamme olympique, elle a su transformer l’offense en ancrage plus profond encore. Lorsqu’en 2024 une lettre haineuse lui enjoignit de « préparer son départ pour l’Afrique », elle répondit par un engagement plus large, plus clair, plus résolu. Elle n’a pas quitté la terre ; elle l’a davantage embrassée. En elle se rejoignent la dignité de l’ancêtre et la détermination de la citoyenne.
Aujourd’hui, CadPO offre au regard du monde une exposition photographique, « Regards sur les cultures afro-descendantes », dans le cadre du Off de Visa pour l’Image. Du 29 août au 12 septembre 2026, dix-sept images s’épanouissent au Restaurant Mondial, 45 rue du Maréchal Foch, et dans d’autres lieux de la ville où battent encore les rythmes afro-antillais. Vernissage le 29 août à 18 h 30. Puis viennent les rencontres : musique, danse, paroles, rhum partagé, défilé de créations. Chaque soirée est un acte de mémoire vivante, un tissage entre l’ici et l’ailleurs, entre le présent et les racines.
Ainsi CadPO ne se contente pas d’exister : elle célèbre. Elle fait de Perpignan un carrefour où la culture afro-descendante n’est plus marginale, mais fertile, rayonnante, nécessaire. Elle rappelle que la diversité n’est point une addition de différences, mais une symphonie où chaque voix enrichit l’harmonie commune.
Dans cette entreprise de visibilité positive, d’entraide et de transmission, CadPO trace un chemin. Celui d’un humanisme concret, ancré dans le sol catalan, nourri de toutes les sources africaines. Que cette présence continue de grandir, fière et ouverte, comme un baobab planté au bord de la Méditerranée.
Le site officiel de la CadPO (Convention des Afro-Descendants des Pyrénées-Orientales) est :
POUVONS NOUS PARLER DE GENOCIDE DES NOIR(E)S AU BRESIL Conférence menée par Mr Lopes dos Santos Hamilton Conférence organisée dans le cadre de la Loi Taubira (2001) par GRENAL/CRESEM, UPVD A pa...
C'est à l'invitation de son compatriote Hamilton Dos Santos que la grande dame des lettres brésiliennes Conceiçao Evaristo http://www.anacaona.fr/blog/conceicao-evaristo-ecrivaine-afrobresilienn...
"L' Association Internationale des Jeunes de Casals Catalans - AIJOCC a été fondée à Barcelone en août 1997. C'est une association de jeunesse, de coopération culturelle et au développement,...
Une journée de rencontres à Montalba-le-Château le samedi 28 mars pour dépasser les idées reçues. Dans le prolongement de la Journée internationale de lutte contre le racisme vous pourrez d...
"Quand vous commencez à discutailler avec un gang de motards sauvages, vos chances de vous en tirer entier se limitent exactement au nombre d'alliés de poids que vous pouvez rameuter le temps d'écraser une canette de bière. Dans leur milieu, autant laisser l'esprit sportif au vestiaire, aux vieux libéraux et aux jeunes cons."
Hell's Angels
Hunter S. Thompson
Des grandes plûmes avec un style affirmé, des journalistes informés pas qu'on doive informer, des dossiers sur les problèmes de chez nous, des enquêtes donnant lieu à des scandales qui changent la manière de faire sur un territoire, des interviews denses, avec des questions qui remettent en question le discours comparés aux actes de l'interlocuteur,des suppléments qui racontent ce qu'a été le parcours du territoire et où en est son identité, la découverte d'un jeune artiste et son accompagnement jusqu'à son triomphe sur la scène nationale, voir internationale, une présence visible dans la cité par des plateaux en direct en collaboration avec d'autres médias pour des regards différents et contrasté sur un sujet, une campagne, les résultats d'une élection, le tout relayé par la dynamique d'un club de la presse qui joue la carte de la diversité de la liberté d'expression...
Nous ne voulons plus d'une presse qui ne soit que la caisse de résonance de ceux qui l'achètent parce qu'elle ne se vend pas!
Nous voulons d'une presse qui nous parle du réel, pas d'un territoire qu'elle imagine et comment il devrait être ! Nous voulons des journalistes pas des courtisans complaisants ! Nous voulons des journalistes qui traînent dans les bars et les "backstages", pas pour boire des rosés piscine ou pamplemousse, mais pour recueillir des informations "off record" non-mises en scène pour ce qu'elles ne sont pas ! Nous voulons des journalistes qui ont rêvé d'exercer un métier de service public et démocratique, pas d'un titre d'une carte presse et des avantages à laquelle elle donne droit !
Ce n'est pas en postant des vidéos tournées depuis la rédaction en incantant "le terrain", "la proximité" avec un ton fade d'IA, ou en prenant un ton pleurnichard, comme si les bébés phoques sur la banquise devaient parler depuis que Brigitte Bardot ne peut plus les protéger : "voyez vous 2027 sans nous ?
Et bien oui, vous n'êtes plus indispensables. Oui, vous êtes devenu remplaçables gratuit ou payant
Voir la séquence sur le terme "remplaçable" dans Rambo 2 , sur le bateau sur le fleuve: "Co Bao :
Pourquoi ils t’ont choisi ? Parce que tu aimes te battre ?
Rambo :Non… Je suis remplaçable.
Co Bao :Remplaçable… Qu’est-ce que ça veut dire, « remplaçable » ?
Rambo :C’est comme si quelqu’un t’invite à une fête et que tu n’y vas pas. Ça n’a pas vraiment d’importance."
Oui, vous n'avez plus d'utilité social en l'état !
Pourquoi ?
Parce que vous avez glissez petit à petit du côté Au secours de la farce ! Comme le disait Yoda. Maître Yoda à propos du côté obscur est : « Le côté obscur n'est pas plus fort, c'est la voie rapide, facile et séduisante. "
Il aurait pu rajouter : "c'est la voix de la complaisance !"
Je suis le premier chagriné de cette situation, de ce qu'elle désigne en creux et de ses conséquences pour tous !
Alors, la question qui vient ensuite, c'est par quoi sera remplacé ce vide: pas que par l'IA ! Qui seront les prompteurs influant derrière l'IA
La disparition de Jean-François Leroy, c'est le symbole de la fin d'une époque. Celle du photo-journalisme comme mode massif d'information, mais aussi d'une certaine idée de l'information et du métier d'informer...
"Les femmes pudiques se donnent les yeux fermés, pour ne pas assister à leur chute." Robert de Flers " L'Indépendant des Pyrénées-Orientales, quotidien qui paraît toujours à Perpignan, est u...
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel ...
La campagne est molle. Peut être que parce que son miroir médiatique ne renvoit même pas le reflet d'une alouette...Ces médias et ces communicants qui sont regroupés au sein du "club de la pre...
"[S'adressant à Arthur.] Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un ...
Jean-François Leroy grande sylhouette de dos en noir la dernière fois que l'ai vu au off 2025 à la CCI, où il m'annonçait son cancer
Jean François nous quitte pour raison de cancer (d'où ses absences à la conférence de presse, ainsi qu'à l'ouverture) , trop tôt à 69 ans, pile au début de ce qu'il appelait son "bébé" Visa pour l'image . Pleins de souvenirs avec lui (notamment 2 bannissement du festival pour articles trop critiques) , c'est une figure en image qui disparait...
Jean-François Leroy (né le 3 octobre 1956 à Paris) est un journaliste, photographe et organisateur français, cofondateur et directeur du festival international de photojournalisme Visa pour l’Image à Perpignan depuis 1989.
Passionné très tôt par la photographie, il passe ses jeudis à s’initier aux techniques de laboratoire auprès de sa tante, rédactrice en chef de La Vie catholique.
Il se nourrit des images de Larry Burrows et de David Douglas Duncan. À 12 ans, sa première photo est publiée dans La Vie : « Peut-être un peu pistonné, car ma tante est rédactrice en chef du journal. Je suis alors fou de joie et fier comme Artaban. Pourtant, à cette époque, mon rêve est de devenir cardiologue. » Il abandonne rapidement les études de médecine, se déclarant « un littéraire », et se tourne vers le journalisme.
Il collabore aux magazines Photo-Reporter, Le Photographe et Photo-Revue, devient rédacteur en chef de Photo Magazine (vers 1984-1987) et, sous le pseudonyme de Patrice Tounet, écrit des critiques de livres et d’expositions pour La Vie. Gökşin Sipahioğlu, fondateur de l’agence Sipa Press, lui ouvre les portes de la profession : « Je deviens photographe chez lui. Honnêtement, je ne suis pas un bon photographe… mais je ressens déjà ce désir profond de mettre en valeur le travail des autres. » En 1988, il est l’agent de Dominique Issermann pendant un an : « Tout le monde connaît le travail de cette photographe de mode, brillante réalisatrice de reportages et de clips… Je reste son agent pendant un an, ce qui me permet de créer Visa sans être rémunéré pendant trois ans. » En 1989, il participe avec Yann Arthus-Bertrand au projet « 3 Jours en France », portrait photographique du pays 150 ans après l’invention de la photographie.
La même année, il cofonde (avec Roger Thérond, grand patron de Paris Match) et dirige Visa pour l’Image.
La ville de Perpignan et la Chambre de commerce cherchaient un événement pour prolonger la saison touristique. « J’arrive avec mon projet de photojournalisme… et on me dit non ! » Il faut l’intervention de Thérond pour faire basculer la décision. Les débuts sont modestes et artisanaux : « La première année, je loue une voiture avec un mégaphone. Chaque soir, on peut m’entendre claironner : CE SOIR… GRANDE SOIRÉE PHOTO !!! » En 1989, 123 professionnels sont accrédités et deux pays représentés (France et Italie). Aujourd’hui, ce sont des milliers de professionnels, des dizaines de nations, plus de 200 000 visiteurs et des centaines de clichés exposés. Le festival est devenu un rendez-vous majeur (expositions, projections géantes au Campo Santo, rencontres professionnelles, prix et bourses).
Il est président de la société Images Evidence (créée en 1997, rachetée en 2009 après un partenariat avec Hachette-Filipacchi), qui organise le festival.
Il a aussi créé et dirigé l’Arche du photojournalisme à la Grande Arche de la Défense (2017-2018). Distinctions : Chevalier des Arts et des Lettres, Chevalier de l’Ordre national du Mérite et Chevalier de la Légion d’honneur. « Mais je n’ai jamais sollicité de décorations. Je ne les arbore pas, et elles ne figurent pas sur ma carte de visite. » Il porte comme un talisman une bague à tête de mort offerte par son ami, le photographe de guerre Stanley Greene.
Franc, entier et parfois colérique, Leroy défend une vision intransigeante du photojournalisme.
« Les photographes sont mes yeux sur le monde. » Il se décrit comme « accro à l’info, aux nouvelles, l’actualité du monde. C’est une drogue dure. » Face aux critiques sur la permanence des thèmes (guerres, crises, pauvreté), il rétorque : « Ils ne se posent pas la question quand ils regardent des images de la Coupe du monde de football ! Ce sont pourtant toujours des hommes en short qui courent après une balle… » Et d’ajouter : « Je suis aux côtés des photographes professionnels qui informent et témoignent. […] Certes, c’est un poncif, mais une image vaut réellement mille mots. Une photo de la maternité de Marioupol prise par Evgeniy Maloletka est plus forte […] qu’un article. » Ou encore : « Si vous vous attendez à voir des images de petits chats sur des coussins en velours… alors Visa pour l’image n’est pas fait pour vous. » Il s’oppose à « une information qui préfère les princesses à la Tchétchénie ».
Il met en garde les jeunes photographes contre les risques inconsidérés : « On n’est pas obligé de risquer sa vie à Mossoul. […] Ne partez pas sur des zones de guerre sans garantie, sans commande, sans assurance. »
Et de rappeler un conseil de Patrick Chauvel : « Méfie-toi des petits jeunes qui partent sur le terrain avec pour objectif Amsterdam (World Press Photo) et Perpignan. » Sur la technique : « À quelqu’un qui m’envoie des photos que je juge mauvaises et qui me dit “oui, mais moi, j’ai fait ça à l’iPhone”, je réponds : on s’en fiche ! » Il a aussi évoqué l’épisode de la fake news de Jonas Bendiksen (The Book of Veles, 2021), projetée à Visa avant que le photographe n’avoue avoir tout inventé avec des incrustations 3D.
Sur des sujets sensibles comme Gaza, il assume des choix difficiles : « L’information est complètement verrouillée. […] Quand on n’est plus dans l’information mais dans la communication, j’ai un souci. »
Et sur les réactions épidermiques : « On ne peut plus discuter avec personne. » Quant à sa longévité à la tête du festival : « Quand ce ne sera plus le cas [la passion], vous le verrez vite, je ne serai plus là. Mais tant qu’elle est là, je reste. »
Photographes et collègues le décrivent comme une force vitale : « Un petit miracle se produit chaque soir à Perpignan : Jean-François nous séduit à nouveau […] à travers le plus grand diaporama de la terre » (Brent Stirton). Visa pour l’Image reste, grâce à lui, un espace rare où le photojournalisme engagé et l’information visuelle trouvent encore toute leur place.
Sources principales : Wikipedia (page dédiée), site officiel Visa pour l’Image, biographies (Evene/Le Figaro, WARM Foundation, Journal des Arts). L'archipel contre attaque
Nous avons posté la vidéo de la conf de presse de 2015 une année symbolique et à la 20 iéme minute question piquante de l'Archipel contre attaque
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"Votre réalité n'est pas la mienne. La vôtre n'est qu'une illusion que votre perception a figée." "Le Science-fictionnaire" Philip K. Dick Visa pour l'Image 2025 : Le chant du signe du ...
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"Le monde est une vraie porcherie
Les hommes se comportent comm'des porcs
De l'élevage en batterie
A des milliers de tonnes de morts "
Bérurier Noirs "Porcherie"
Entre mai et juillet 2026, des caméras se sont planquées dans le ventre de la bête. À l’abattoir de Perpignan, La Catalane d’abattage, celui qu’on a inauguré en 2015 avec des sous publics et des grands sourires. Résultat des courses : 5 h 30 de rushs qui collent à l’estomac.
Des cochons qui prennent des coups de poing comme au ring. Un type qui enfonce son avant-bras dans la plaie d’un cochon encore bien réveillé. Des moutons balancés par la toison ou par les pattes comme des sacs de linge sale. Des vaches et des ovins découpés en pleine conscience, le regard encore là. Le couloir d’amenée en angle droit qui force les bêtes à se faire électrocuter et asperger pour avancer. Le box de contention qui tient pas les bovins, donc l’étourdissement rate, et hop, on découpe vivant.
Rien d’accidentel, clame L214. Tout est dans le design. Et pendant ce temps, les services vétérinaires de l’État sont là tous les jours d’abattage. Ils regardent. Ou ils regardent ailleurs.
Le 26 août, L214 balance les images et porte plainte pour actes de cruauté, sévices graves et mauvais traitements. Ils demandent la fermeture immédiate. Une pétition tourne. Une marche est annoncée pour le 3 octobre à Paris : « fermeture des abattoirs ».
Les réactions de la belle machine
La préfecture se réveille en 24 heures. Mise à pied de deux salariés. Inspection ordonnée. Et le 27 août, coup de théâtre : l’agrément pour l’abattage rituel (halal, casher, sans étourdissement) est suspendu. Une inspection générale de 48 heures est prévue fin août. On contrôle. On suspend. On continue.
Côté direction, Jean-Claude Coulet trouve « inadmissibles » les coups de poing. Un salarié est licencié, un autre part à la retraite. « Gestes malencontreux », « actes isolés », « épiphénomène » sur des milliers d’animaux par semaine. On va faire des travaux. On va se plaindre de l’effraction des caméras. Tout va bien, circulez.
L214, eux, ne lâchent pas : « Rien n’est accidentel. Le niveau d’atrocités est très élevé. Cet abattoir a été construit avec de l’argent public et il n’est toujours pas capable de respecter les règles minimales. Il doit fermer. »
L’établissement emploie une trentaine de personnes, sort 5 800 tonnes de viande par an. Il reste ouvert. Sous surveillance. En attendant que la machine digère le scandale et repasse à autre chose.
Comme d’habitude.
La viande arrive dans les assiettes.
Les images, elles, restent dans la gorge.