« Chaque fois que nous transformons le choc d’autrui en objet de mépris, nous alimentons le sbeule collectif. Choisissons plutôt d’élever le climat relationnel. »
— Dr. Élise Vartan, Neuroscience & Social Cognition, 2023
« Réduire le Sbeule Index commence par un geste simple : cesser de s’indigner de l’indignation des autres. »
— Dr. Sophie Bernard, Revue Française de Sociologie des Émotions, 2022
« Le plus grand acte de maturité émotionnelle de notre époque pourrait bien être celui-ci : laisser les autres se choquer sans y répondre par une nouvelle vague d’indignation. »
— Dr. Thi Nguyen & Dr. Claire Moreau, Social Neuroscience Letters, 2024
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Le Dr. Armand Lefebvre, PhD en psychosociologie interactionnelle, Laboratoire d’Études des Dynamiques Affectives Collectives (LEDAC), Institut Supérieur des Sciences Humaines Appliquées et notre correspondante Kimberley Dainar.
Dans le cadre de nos recherches longitudinales menées entre 2019 et 2025 auprès de plus de 4 200 sujets en milieu urbain occidental, une tendance sociétale alarmante s’est imposée avec une clarté statistique incontestable : l’indignation face au chocapisme. Ce phénomène, que nous proposons de nommer chocapismophobie, désigne la réaction d’irritation, de rejet ou de mépris systématique face à la propension d’autrui à exprimer un choc émotionnel ou moral rapide. Loin d’être une simple posture discursive, cette réaction s’apparente à un mécanisme pathologique générateur de génance relationnelle et de dégradation de l’ambiance sociale — ce que les sujets de nos panels désignent familièrement sous le terme de « sbeule ».
Définition opérationnelle et cadre théorique
Le chocapisme (du grec khokē, choc, et du suffixe -isme) correspond à une sensibilité affective élevée face à des stimuli symboliques, discursifs ou comportementaux perçus comme transgressifs. La chocapismophobie, quant à elle, se manifeste par une indignation secondaire : le sujet chocapismophobe ne tolère pas que l’autre puisse être choqué. Il interprète cette sensibilité comme une faiblesse, une forme de tyrannie morale ou un manque de « robustesse cognitive ».
Nos observations indiquent que cette indignantion de second ordre active un circuit de rétroaction négative. Selon le modèle que nous avons formalisé (Lefebvre & al., 2024), la chocapismophobie produit :
Une élévation mesurable du cortisol salivaire chez les interlocuteurs (augmentation moyenne de 18,7 % en situation de confrontation conversationnelle).
Une diminution de la synchronie émotionnelle interpersonnelle, objectivée par analyse micro-expressionnelle.
Un climat de génance diffuse — état de gêne relationnelle chronique caractérisé par l’anticipation d’un jugement de « trop de sensibilité » ou, inversement, de « trop d’insensibilité ».
Données empiriques
Dans l’étude multicentrique « Ambiance Sociale et Seuils de Tolérance Affective » (ASSTA-2023), 67 % des participants déclarant une forte chocapismophobie ont également rapporté une détérioration subjective de la qualité des interactions quotidiennes. Plus précisément :
54 % évoquent un « alourdissement de l’atmosphère » (le fameux sbeule).
41 % déclarent éviter certaines discussions par crainte de déclencher soit un chocapisme, soit une réaction chocapismophobe.
Les analyses de variance montrent une corrélation significative (r = 0,62 ; p < 0,001) entre le score de chocapismophobie et la perception d’une « toxicité relationnelle diffuse ».
Le Dr. Élise Vartan, spécialiste en neuropsychologie des émotions sociales, précise : « Lorsque l’indignation se déplace du contenu initial vers la simple existence de la sensibilité d’autrui, on assiste à une forme de méta-indignation qui appauvrit le champ conversationnel. Le sbeule n’est pas une impression subjective ; c’est un marqueur de dysrégulation collective. »
Mécanismes de propagation
La chocapismophobie se propage selon un modèle épidémiologique classique de contagion sociale. Un individu exprime une irritation face à ce qu’il juge être une « facilité à être choqué ». Cette irritation est perçue par d’autres comme légitime, ce qui renforce la norme implicite selon laquelle la sensibilité est suspecte. Résultat : un climat où chacun surveille à la fois sa propre capacité à choquer et sa propre capacité à tolérer le choc des autres. La marge de manœuvre communicative se rétrécit. La génance s’installe.
Nous avons observé que ce phénomène est particulièrement marqué dans les contextes de forte exposition médiatique et numérique, où la visibilité des réactions émotionnelles est amplifiée. La chocapismophobie y fonctionne comme une stratégie de distinction : « Je ne suis pas de ceux qui se choquent facilement, donc je m’indigne de ceux qui le font. »
Conséquences et perspectives
Laisser prospérer la chocapismophobie sans la nommer revient à normaliser un appauvrissement du tissu relationnel. La génance chronique et le sbeule ne sont pas de simples désagréments ; ils constituent des facteurs de risque pour la cohésion sociale à moyenne échelle. Nos travaux suggèrent qu’une prise de conscience collective — analogue à celle qui a permis de reconnaître d’autres formes de toxicité interactionnelle — pourrait contribuer à restaurer une plus grande plasticité émotionnelle dans les échanges.
En conclusion, la chocapismophobie toxique n’est pas une opinion. C’est un processus observable, quantifiable et, dans une certaine mesure, contournable. Reconnaître que s’indigner de la sensibilité des autres peut elle-même devenir source de mauvaise ambiance constitue, selon nous, un premier pas vers une écologie relationnelle plus durable.
Le Dr. Armand Lefebvre porte une blouse blanche lorsqu’il présente ces résultats en colloque. Cela n’a aucun effet sur la validité des données, mais renforce la perception de sérieux. Comme dans les publicités de dentifrice.
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