:
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
L'histoire retiendra qu'avant la guerre avec la Russie, il y aura eu "une drôle de guerre", avec des micro événements que seuls seront lire les historiens, témoignant de la guerre des gaz psychologiques qui précède tous conflits majeures. Ainsi le changement de nom du cinéma d'Elne après la libération de la ville de 20 ans d'occupation communiste....Mais, c'était sans compter sur la réplique au battement d'ailes de papillon catalan par une ville de Bretagne !
Le Club de Douarnenez se rebaptise Cinéma René-Vautier : parce que, bien sûr, rien de plus neutre que de coller le nom d’un cinéaste anticolonialiste sur une porte vitrée
À Douarnenez, temple du cinéma engagé et partenaire historique du Festival qui aime les peuples, les cultures et les luttes (surtout quand elles sont bien cadrées), Le Club a décidé de se rebaptiser – temporairement, rassurez-vous – Cinéma René-Vautier. Sur la façade, une inscription manuscrite, élégante et définitive, vient de remplacer le vieux nom. On imagine le stylo feutre tremblant d’émotion.
Cette audacieuse initiative intervient quelques jours après qu’à Elne, dans les Pyrénées-Orientales, le conseil municipal a osé retirer le nom de René Vautier à sa salle de cinéma (baptisée ainsi depuis 2005) pour lui préférer « La Bobine illibérienne ».
Le maire Steve Fortel, classé « divers extrême droite » par la préfecture (catégorie qui a le mérite d’être claire), a justifié sa décision par le désir noble de « ne pas politiser la culture ».
Évidemment. Retirer le nom d’un cinéaste résistant et anticolonialiste pour le remplacer par une formule locale, c’est le summum de la neutralité culturelle. On ne sait plus trop si on doit applaudir ou chercher le mode d’emploi de la dépolitisation.
À Douarnenez, le geste prend une dimension presque sacrée. René Vautier, né à Camaret-sur-Mer en 1928, n’était pas seulement un cinéaste : il était un compagnon fidèle du Festival dès ses premières heures, au point de mériter un hommage en 1998. Il avait eu l’idée originale de faire du cinéma un outil de transmission et de lutte contre les injustices. En collant son nom sur la porte du Club, Douarnenez rappelle donc, avec une subtilité toute bretonne, que le lien entre le cinéaste et le festival qui défend « un cinéma ouvert sur les peuples, les cultures et les luttes » depuis 1978 doit être préservé. Pour l’instant, temporairement. On verra plus tard si l’inscription manuscrite résiste à la pluie.
Claudette Leflammand, directrice du cinéma Le Club, actuellement en déplacement au Festival Indépendance(s) et Création à Auch, n’a pour l’heure pas réagi.
On la comprend : quand on est loin, il est difficile de commenter une opération de rebaptême aussi minutieuse.
Ainsi, tandis qu’à Elne on dépolitise courageusement la culture en changeant de nom, à Douarnenez on repolitise tout aussi courageusement en changeant de nom. La boucle est bouclée. Et la bobine, illibérienne ou non, continue de tourner.
"Finalement, je plaide coupable d'avoir mis l'idée de l'homme au-dessus de l'idée de l'humanité." Arthur Koestler "Le zéro et l'infini 1940 " Elle est déjà chair brûlée, Adso. Bernardo Gui ...
"La plus inquiétante jeunesse est celle qui n'a pas d'opinions extrêmes." Comte de Chambord Elne, ce vieux bastion catalan posé entre mer et montagne. En ce mois du 30 avril 2026, Steve Fortel ...
"Nous sommes là pour soigner des gens, pas l'économie."
Patrick Pelloux Médecin Urgentiste, Scientifique
Aujourd'hui à Médipôle, c'est la journée de certification de la clinique. Sans se certificat le groupe Elsan n'a plus le droit de faire fonctionner la clinique, c'est dire l'enjeu pour la direction et les futurs résultats financiers. Donc, tout doit être au cordeau (dans l'axe, pas le déodorant) pour que la HAS (une agence de l'état indépendante comme le journal nommé: Haute Autorité de Santé) puisse faire les enquêtes et vérifications qu'on puisse confier la "patientelle".
"Résumé du processus de certification d’une clinique (établissement de santé) en France – certification HAS pour la qualité des soins .La certification est une procédure obligatoire et indépendante d’évaluation de la qualité et de la sécurité des soins, applicable à tous les établissements de santé publics et privés (hôpitaux, cliniques, etc.). Elle est conduite par la Haute Autorité de Santé (HAS) tous les 4 ans, par des experts-visiteurs (professionnels en exercice, pairs). "
has-sante.fr
"Le 6e cycle (2025-2030) a officiellement démarré le 1er septembre 2025. Il s’appuie sur un référentiel structuré en 3 chapitres (Patient, Équipes de soins, Établissement), 12 objectifs et des critères (standards, impératifs, avancés – environ 118 critères). Il met l’accent sur l’engagement des patients, la pertinence et les résultats cliniques, le travail en équipe, et des enjeux prioritaires (sécurité médicamenteuse, risques obstétricaux, numérique/IA, etc."
Cette certification a été reporté, parce qu'elle était tombé en plein mouvement de grève !
Ce qui n'est pas un bon environnement pour celle-ci, même si elle un flagrant témoignage des conditions de travail du personnel soignant (qui entre en ligne directe sur les critères de certification, au moins du point de vue de son impact sur la qualité des soins) .
Le personnel soignant versera-t-il au moment des interviews des enquêteurs sur la situation, afin de mettre en place un rapport de force avec la direction ?
Tout cela bien sûr reste à Végas et dans le secret de la confession...
Toujours est-il que ce matin que l'infirmière qui me portait les médicaments, revêtait en plus de sa tenue un gilet rouge sur lequel était inscrit dans le dos "Médicament Préparation en cours, Ne Pas Interrompre" . Il y avait quelque chose d'étrange et d'incongru de la tenue , puisque habituellement les infirmières ne portent pas ce chasuble et délivre les médicaments au moment où ceux-ci font nécessité.
On ne me laisse pas les "antirejet" de 11 heure, le protocole de certification exige que ce soit l'infirmière en gilet rouge qui les apporte elle-même en temps et en heure. Malheureusement à l'heure dite, elle était inspecté et n'avait pas le don d'ubiquité. C'est donc une heure plus tard qu'à ma réclamation, une autre infirmière en gilet qui me les portait...
J'avais reçu des courier de la Has, en général après des hospitalisations privée ou publique. Je n'y jamais répondu, d'abord parce que leur titre "Haute autorité" avait un ton autoritaire de m'enjoindre les choses. Et qu'en suite, il me demandait, par ma réponse et celles des autres patients de France, de justifier leur existence en plus des ARS, de l'Agence Nationale de santé Publique, les employés du ministère de la santé, les conseillers, les chargés de mission etc...
Alors que la revendication des soignants du public comme du privée (outre le salaire, c'était de palier au sous-effectif ) .
Ce matin là d'ailleurs, pour la certification, la clinique était en augmentions d'effectif: comme quoi, quand on veut ,on peut !
Pour l'illustration du gilet rouge: un autre service, m'a envoyé la photo parce que le protocole de ce gilet avait une parentelle avec un sketch du "Monty Pithon Flying Circus" qui ne saurait trop détendre mes zygomatiques...
20 cliniques en gréve du même groupe dans toute la France. C'est une sorte de résumer du mouvement de gréve des cliniques Elsan parcouru d'interviews qui recadrent la situation de Médipole à ...
"Les statistiques ne saignent pas, c'est cela qui compte !" Arthur Koestler "Le Yogi et le commissaire" https://www.lepotcommun.fr/cagnotte/solidaire/solidarite-grevistes-clinique-medipole-ml1ncph9
"Finalement, je plaide coupable d'avoir mis l'idée de l'homme au-dessus de l'idée de l'humanité."
Arthur Koestler "Le zéro et l'infini 1940
« Elle est déjà chair brûlée, Adso. Bernardo Gui a parlé : elle est une sorcière. »
Dans le roman et le film Le Nom de la rose, Bernardo Gui (interprété par F. Murray Abraham) est l'inquisiteur dominicain rigide et autoritaire qui s'immisce dans l'enquête sur les meurtres à l'abbaye.
Contexte
À Elne (Pyrénées-Orientales, près de 9 500 habitants), ancien bastion communiste passé à l’extrême droite aux municipales de mars 2026, le nouveau maire Steve Fortel (sans étiquette, classé extrême droite par la préfecture) a fait voter le 22 septembre 2026 en conseil municipal le changement de nom du cinéma municipal.
Depuis environ 20 ans, la salle (150 places, boulevard Voltaire) s’appelait Cinéma René-Vautier, en hommage au cinéaste (1928-2015), résistant à 16 ans (décoré de la Croix de guerre), réalisateur engagé, communiste, anticolonialiste, auteur notamment d’Afrique 50 (premier film anticolonialiste français, longtemps censuré) et d’Avoir 20 ans dans les Aurès (primé à Cannes). Il avait soutenu le FLN pendant la guerre d’Algérie.
Le cinéma s’appellera désormais « La Bobine illibérienne » (référence aux Illibériens, habitants d’Elne, de l’antique Illibéris). La réouverture est prévue le 3 octobre 2026.
La mairie met aussi fin à plus de 20 ans de gestion par l’association Cinémaginaire et reprend la salle en régie municipale (avec un prestataire pour la programmation). Elle vise une hausse de fréquentation et une révision des tarifs à la hausse.
Cette décision s’inscrit dans d’autres gestes symboliques du maire (notamment l’effacement dès son élection d’un passage piéton aux couleurs arc-en-ciel LGBT).
Positions des protagonistes
Le maire Steve Fortel justifie par la volonté de « ne pas politiser la culture » et de donner un « nouvel élan » neutre :
« Je ne souhaite pas politiser la culture. Sauf que René Vautier est, d’après Wikipedia, “un réalisateur et scénariste français, communiste, anticolonialiste et cinéaste du FLN algérien”. Je ne veux pas de connotation politique. Avec la Bobine illibérienne, je reste neutre. »
Il a aussi déclaré :
« Si demain je dois débaptiser d’autres rues ou lieux de gens qui ont soutenu le FLN, je le ferai. Ça, c’est clair. »
Et : « Je souhaite également qu’il n’y ait pas de projections idéologiques à l’avenir. »
L’opposition (notamment Roland Castanier, PCF) y voit un « effacement de l’histoire » :
« Ce qui gêne Monsieur Fortel, c’est le rapport avec la guerre d’Algérie. […] Vautier, ça, c’est un grand monsieur. […] en tant que citoyen et en tant que patriote, on ne peut pas lui faire un seul reproche. »
La fille du cinéaste, Moïra Chappedelaine-Vautier, a adressé une lettre lue en conseil (sans avoir été prévenue officiellement) :
« Ce serait un acte lourd de sens : celui d’effacer de ce lieu de culture populaire le nom d’un résistant, d’un cinéaste dont toute l’œuvre fut précisément consacrée à faire vivre la mémoire et la liberté de création. »
L’association Cinémaginaire (Bernard Arnault) regrette la fin d’une programmation engagée (documentaires, débats, films sur des sujets sociétaux) et craint une perte de débat public.
Réactions presse et réseaux sociaux
La presse locale et nationale (L’Indépendant, France 3 Occitanie, Télérama, ICI, L’Humanité, Libération, etc.) a largement relayé l’affaire en parlant de polémique, d’« effacement » ou de décision idéologique de la nouvelle majorité.
Sur X (Twitter) et les réseaux :
Forte mobilisation de gauche et d’historiens/militants anticolonialistes, avec une pétition Change.org (« Non à la débaptisation du Cinéma Vautier à Elne ») largement partagée (« À signer massivement ! »).
L’Humanité a titré sur l’« effacement de la lutte anticoloniale de l’espace public ».
L’Observatoire des mairies RN a dénoncé un « négationnisme historique ».
Des voix de droite ou pro-maire rappellent le soutien de Vautier au FLN (qualifié parfois de « groupe terroriste ») et soulignent que le maire a été démocratiquement élu (« Il a été élu […] c’est donc lui qui décide. Basta »).
Certains commentaires locaux minimisent l’affaire (« C’est plutôt L’Indépendant qui fait du cinéma ») ou la relient à d’autres décisions du maire.
La question est une question non pas, politique, non pas légale, mais morale, voir théologique.
à moins qu'elle ne soit du point de vue du contexte de crise nationale , sur une question Byzantine. Comme pendant le siege, et avant la chute de Constantinople en 1453 ! Où la question n'était pas comment faire tenir les remparts, mais combien d'anges peuvent danser à la pointe d'une aiguille !
Pour le cas illibérien , la question est combien de René Vautier pouvaient danser à la pointe du cinéma Gavroche, avant que l'extrême droite ne soit élu à la mairie ? Ce qui impliquerai que les habitants d'Elne serait par conséquent, en majorité d'extrême droite, et qu'alors, il faille changer René Vautier par Leni Riefenstahl: plus en adéquation avec le choix démocratique des électeurs.
Cette tempête dans un verre d'eau, à l'instigation de l'ancien maire, même plus communiste d'Elne , n'arrive que pour raviver la couleur de Nicolas Garcia, qui, toujours conseiller départemental, se voit mieux succéder à Hermeline Malherbe à la tête du conseil départemental, plutôt que le maire RN de Perpignan Louis Aliot, ou même la maire de Prades et conseillère départementale socialiste Aude Vivés .
La presse qui va descendre de la capitale lundi viendra chercher non pas les faits ou la vérité, mais la preuve de l'existence du malin.
Comme dans "le nom de la rose" on ramassera une paysanne avec un moine défroqué, pour faire un procès en sorcellerie. Et malheur à qui voudra, comme Guillaume de Baskerville argumenter dans la nuance. Il y aura toujours un Bernardo guy inquisiteur de salon pour déclarer l'hérésie, et des anciens amis des condamnés de prêter sarments et la grille à escargot...
C'est typiquement cela qui fait le jeu du RN (puisque, c'est là leur seule obsession), la "paroxismisation" de l'écume des faits pour mettre sous le bois sot, des histoires peu reluisantes qui non seulement ne cassent pas des briques, pas plus que des casses de bagnoles pour en avoir les clefs...
Pour savoir le vrai, il faudra regarder la programmation, le choix des films parlera de lui-même !
Elne (Pyrénées-Orientales), le 9 février 2026 - À moins de six semaines du premier tour des élections municipales (15 et 22 mars 2026), un changement de taille vient d'être officialisé dans ...
"La plus inquiétante jeunesse est celle qui n'a pas d'opinions extrêmes." Comte de Chambord Elne, ce vieux bastion catalan posé entre mer et montagne. En ce mois du 30 avril 2026, Steve Fortel ...
Nicolas Garcia Benaiges conseiller départemental communiste en charge de l'eau et la catalanité était en direct pour l'archipel contre attaque pour parler de la banderoles des prisonniers politi...
Nicolas Garcia, actuel maire d'Elne C'est au cri de "Aux municipales de 2014: je serai candidat!" que Nicolas Garcia Maire d'Elne confirme pour son parti sa candidature aux municipales. "Mesdames ...
[Martial Pombo, l'auteur] : Combien d'Espagnols manquaient à ce triomphal acte d'allégeance de la Castellana au cours duquel fut définitivement adopté le cri de « Franco, Franco, Franco », trois fois comme "Sanctus, Sanctus, Sanctus", dans l'orgasme de la consécration eucharistique ? Un million de citoyens étaient morts, ou sur les divers chemins de l'exil. Dans les prisons s'entassaient des milliers et des milliers de suspects torturés et bientôt fusillés ou condamnés à des peines hallucinantes, je ne me risquerais pas, ne voulant faire ni le généreux ni l'avare, dans cette dispute scientifique des historiens pour savoir si entre 1939 et 1943 vous avez envoyé au peloton d'exécution ou au garrot deux cent mille vaincus ou plus, mais en tout cas je ne transigerai pas sur le chiffre de deux cent mille. […]
Moi, franco
Manuel Vázquez Montalbán
Je suis tomber sur un reportage France 3 Pays-Catalans narrant comment le mémorial de Rivesaltes compter faire ressentir le vécu intransmissible historique du lieu par des artistes qui avez eu accès aux archives pour créer des outils culturels d'émotions rafraichisseurs de mémoire de l'instant présent, Carpé quelque chose : #cétaitpasfrançoisvillon ! Il ne faut pas confondre une tragédie avec un drame, et un drame avec un "fais divers", même au nom de tous les biens https://www.youtube.com/shorts/TQO30K7D6K8
IMAGINEZ: un récit, où le mémorial de rivesaltes qui associe des artistes à la présentation du parcours, qui n'ont rien de Jean Ferra dans "nuit et brouillard"https://www.youtube.com/watch?v=CwGaG5IMiyE&list=RDCwGaG5IMiyE&start_radio=1. Mais plutôt de baladins exaltés sortis tout droit de "l'île aux enfants" (l'homme dans casimir vient de nous quitter) . Avec de surcroit un public conquis et ravi "d'apprendre quelque chose": genre les internés à l'époque n'avait pas de WC à la japonaise à leur disposition , pas plus que de mobiliers suédois dans les dortoirs, et ne parlons pas de la cantine: une époque où Uberheat n'existait pas!
Bref à l'époque de sa pleine activité le camp de Rivesaltes aurait été dénoncé sur les réseaux sociaux....Imaginons alors, comme dans la série "la quatrième dimension", dans le même mémorial, soit fait une visite par un groupe de franquistes à la retraite en guise de sortie d'Hepad et accompagnés par leurs petits enfants: qu'aurait été leur regard ?
Ils descendent du car de l’Ehpad Espagnol, un groupe de vieux franquistes , accompagnés de leurs petits-enfants.
Don Emilio a 93 ans, don Ramón 91. Ils n’ont jamais mis les pieds à Rivesaltes en 1939 ou en 1941. Pourquoi l’auraient-ils fait ? Ils étaient du bon côté. Ils avaient gagné.
Ce qu’ils savent du camp, c’est ce qu’on en disait alors dans la presse franquiste, ou ce qu’ils ont pu lire plus tard dans L’Indépendant de l’autre côté de la frontière. Pour le reste, c’était simple : les "rojos" avaient perdu, les anarchistes avait déjà commencé d'être purgés des mai1937 par les "stal"...
Beaucoup auraient préféré les voir fusillés sur place plutôt que de les laisser fuir. Dieu en a disposé autrement. Ils ont traversé les Pyrénées. La France les a parqués. Affaire classée.
Depuis la mort de Franco en 1975 et le retour de la démocratie, ils se sont un peu assouplis. Un peu. Pas plus. Aucun remords. Ni chez eux, ni chez la plupart de leurs descendants.
Le Mémorial de Rivesaltes les accueille avec son architecture de béton, ses îlots pédagogiques, ses tablettes, ses médiateurs souriants et ses œuvres d’art contemporain. On leur explique les conditions de vie des internés : le froid, la faim, l’absence de confort. Pour un peu, on préciserait, avec un sérieux presque enfantin, qu’il n’y avait ni WC à la japonaise, ni mobilier suédois, ni plusieurs menu à la cantine . Le public d’habitués hoche la tête, content d’avoir « appris quelque chose ».
Don Emilio écoute, les mains sur sa canne.
Il regarde les photos de 1941 : des hommes maigres, des femmes, des enfants. Des Espagnols pour plus de la moitié. Des républicains. Des rojos.
« Ils en font tout un cinéma », dit-il à don Ramón, sans hausser le ton.
« À l’époque, on était contents qu’ils soient de l’autre côté. On avait gagné la guerre. Eux, ils avaient perdu. Ils sont partis. La France, cette république sentimentale (il a du mal avec le mot) les a mis là. Et maintenant on nous raconte qu’ils n’avaient pas accès à des toilettes modernes. »
Sa petite-fille, un peu crispée, murmure :
«Quand même grand-père… c’étaient des familles. Des réfugiés. »
Don Emilio la regarde avec une patience usée.
« Des familles de ceux qui avaient mis l’Espagne à feu et à sang, ma fille.
On les a battus. Point.
Ici, on transforme ça en leçon de morale avec des écrans et des artistes.
On parle de “mémoire”, de “traumatisme”, d’“indésirables”.
Comme si on devait s’excuser d’avoir gagné.
Il n’y a pas de remords. Ni chez nous, ni chez nos enfants. »
Ils avancent dans le parcours.
Les panneaux parlent de la Retirada, des centaines de milliers qui ont traversé en février 1939, des camps de plage d’abord, puis de Rivesaltes. Des conditions dures, des morts de faim et de froid. Plus tard les juifs, les Tsiganes, les Harkis. Le mémorial empile les souffrances, prétend les rendre universelles, éducatives, touchantes.
Don Ramón s’arrête devant une vitrine et secoue la tête.
« Ils ont de la chance, ceux d’ici.
On leur a fait un beau bâtiment, des expositions, des visites guidées.
En Espagne, les fosses communes, c’est eux qui y sont. Les rojos, les accusés d’être rojos, tous ceux qu’on a mis dessous.
Pas nous.
Nous, le vrai drame récent, c’est d’avoir vu le corps de Franco sorti de la Valle de los Caídos.
Ce monument construit par des prisonniers républicains, dont nombreux sont morts pendant les travaux.
On l’a déplacé. Comme si on pouvait effacer le Caudillo.
Ça, c’est une offense.
Les fosses des autres, c’est leur affaire. »
Le médiateur s’approche, souriant, pour expliquer un îlot sur les conditions sanitaires.
Don Emilio l’écoute poliment, puis demande, d’une voix calme :
« Et est-ce qu’on explique aussi pourquoi ils étaient là ?
Parce qu’ils avaient perdu une guerre ?
Ou seulement parce qu’il manquait le confort moderne dans l'Espagne régénérer de Franco ? »
Le médiateur hésite. Le public autour regarde ailleurs.
Dans le car, au retour, les petits-enfants postent déjà des photos : « Visite émouvante. On n’oublie jamais. #Mémoire ».
Certains d’entre eux, pourtant, partagent le silence des grands-pères. Pas de remords non plus.
Don Emilio regarde par la fenêtre la plaine du Roussillon qui s’éloigne.
« Ils ont adouci l’histoire », dit-il à don Ramón.
« Ils en ont fait une visite pédagogique pour gens de bonne volonté.
Nous, on savait ce que c’était.
On avait gagné.
Les rojos et les anarchistes avaient perdu.
Dieu en a disposé autrement en les laissant s’enfuir.
Et maintenant on nous demande d’être émus parce qu’ils n’avaient pas de WC japonais.
Depuis 75, on s’est un peu assouplis.
Un peu.
Pas plus.
Pas de remords.
Les fosses, c’est les leurs.
Le vrai scandale, c’est d’avoir touché au Caudillo. »
Le car franchit la frontière.
Derrière, le Mémorial continue d’accueillir des classes qui apprennent, avec une certaine ,génance problématique que les internés d’autrefois n’avaient pas de mobilier suédois...
La Nueve ou les oubliés de la victoire. Un film de Albert Marquardt Premiers soldats de la France Libre à entrer dans Paris occupé le 24 août 1944, les républicains espagnols de la Nueve sont les héros oubliés de la victoire alliée contre la barbarie nazie. Composée d'anarchistes, de socialistes et de républicains modérés, la Nueve est une unité atypique.
" La guerre civile ne m'a fait vraiment peur que le jour où je me suis aperçu que j'en respirais, presque à mon insu, sans haut-le-cœur, l'air fade et sanglant. " " Le mensonge politique est l'...
"L'espoir des hommes, c'est leur raison de vivre et de mourir." André Malraux "Nous ne sommes pas effrayés le moins du monde par les ruines. Nous allons hériter de la terre, cela ne fait pas le ...
"C'est qu'il n'y a du danger que pour ceux qui parlent; et je me tais." Jacques le Fataliste et son maître (1796) de Denis Diderot Ceci a eu lieu, mais n'est en aucun cas, une leçon d'histoire ! ...
« La laïcité signifie que dans la société nous sommes définis par notre citoyenneté, et en aucun cas par notre religion. »
Abd al Malik souligne l'identité citoyenne
Chronique moderne à la manière d’Edmond Rostand
(Cyrano des Statues de l’Île de Noël) Crèche ou prêche ?
Place de la Loge, Perpignan.
Le vent de tramontane fouette les drapeaux.
Don Aliot di Arena s’avance, cape au vent,
et d’un geste large désigne le ciel :
« Ah ! vous voulez des statues ?
Pas celles de l’Île de Pâques,
ces géants muets aux yeux morts
qui regardent l’océan depuis des siècles !
Non, messieurs…
Je vous offre les statues de l’Île de Noël,
archipel secret de la mémoire catalane,
où Joseph mesure dix-huit mètres et demi,
où Marie domine les toits comme une reine,
et où l’Enfant Jésus, déjà roi,
sourit à la foule depuis trois mètres cinquante
à quatre mètres de hauteur !
Répliques exactes du Belén gigante
de maître José Manuel García Esquiva, dit Pachi,
celui d’Alicante, inscrit au Guinness
comme la plus grande crèche du monde.
Trois colosses destinés à s’élever
sur la voie publique de Perpignan
pour Noël 2026… ou 2027,
si la tramontane et les ingénieurs
exigent encore un peu de temps.
La Ligue des droits de l’homme
a joué trop fort la partition de la laïcité.
Elle a transformé un petit pessebre
en crime contre la République.
Elle a chassé les santons du patio
de l’hôtel de ville
— et le tribunal administratif de Montpellier
a confirmé, en février 2025,
que l’enceinte des bâtiments publics
n’admettait point ces figures.
Alors moi…
je réponds par une provocation digne de panache !
Puisque vous interdisez les petits,
j’élève les géants.
Puisque vous criez à la neutralité
dans les murs de la mairie,
je plante la Sainte Famille
en pleine rue,
sous le ciel,
sous le regard de tous,
dans le cadre légal que vos propres juges
ont laissé ouvert :
le caractère festif des fêtes de fin d’année
sur la voie publique.
Cent vingt mille écus ?
Oui.
Tirés du budget d’investissement,
pas de celui des illuminations.
Et je les jette comme on jette un gant.
Ce n’est pas une dépense :
c’est un duel.
C’est une œuvre monumentale,
comparable à l’achat d’un tableau,
destinée à rendre Perpignan
toujours plus attractive,
fidèle à la tradition catalane du pessebre.
Vous avez surjoué la laïcité ?
Moi, je surjoue Noël.
Vous avez fait de la neutralité une forteresse ?
Moi, j’en fais un théâtre.
Que la tramontane vienne !
Que les ingénieurs étudient le poids et la sécurité !
Que l’opposition crie au scandale,
à l’acte idéologique,
à la dépense buzz !
Je resterai debout,
Don Aliot di Arena,
devant mes colosses de l’Île de Noël,
et je dirai :
“Regardez-les.
Ils ne prêchent pas.
Ils ne convertissent pas.
Ils sont là.
Grands.
Absurdes.
Magnifiques.
Et parfaitement légaux.” »
Il s’arrête net,
lève un doigt,
sourit sous la plume de son chapeau,
et, d’une voix qui porte jusqu’aux dernières tables :
« C’est un pic !…
C’est un cap !…
— Non, monsieur.
Ce sont trois géants de crèche.
Joseph, dix-huit mètres de pierre et de défi,
Marie qui domine les toits,
et l’Enfant, déjà plus haut que vos principes.
Vous aviez un petit santon dans un patio ?
Je vous offre une péninsule de Nativité !
Un pic de tradition,
un cap de provocation,
trois colosses dressés contre le surjeu de la laïcité.
La LDH a voulu faire d’une crèche un crime :
moi, j’en fais un archipel.
L’Île de Noël, messieurs,
et ses trois géants qui n’ont pas besoin de se cacher
derrière les grilles de la mairie.
Alors…
regardez-les bien.
Ce n’est plus un roc.
Ce n’est plus un pic.
Ce n’est plus un cap.
C’est une réponse.
En trois statues.
Et en panache. »
Il s’incline légèrement,
le regard brillant :
« À vous de jouer, maintenant.
Ou de lever les yeux. »
Rideau.
Monty Python : la vie de Brian | La scène de la Nativité Noël, c'est aussi (et avant tout peut-être) un symbole religieux. De par son étymologie latine ("natale"), le mot évoque la nativité ; le jour de la naissance d'un certain Jésus de Nazareth à l'origine bien malgré lui de toute cette tradition de Noël.
Dans un monde où les traditions se confrontent souvent aux impératifs de la laïcité, une histoire étonnante émerge, mêlant ingéniosité entrepreneuriale, respect de la diversité, et compas...
En ces périodes de fêtes à peine troubler par le concept de "COVID-19" qu'il est bon d'avoir un vrai débat sur des sujets qui importent. Dernièrement dans l'indépendant, on pouvait lire ceci ...
Une émission spéciale pour le caganer https://fr.wikipedia.org/wiki/Caganer Il était temps que l'émission de télé sur la 5 se mettent en conformité avec son titre . D'autant que se particula...
« Le monde est mûr pour toute forme de cruauté, comme pour toute forme de fanatisme ou de superstition. »
Les Grands Cimetières sous la lune, essai publié en 1938 par Georges Bernanos
Dans la chaleur moite d’une fin d’été barcelonaise, le genre de soirée où la Rambla sue encore le sang séché des souvenirs et où les ventilateurs des bars de la Barceloneta tournent comme des moulins à rumeurs, Pepe Carvalho alluma un cigare et regarda la fumée se perdre dans la brume des néons. Il n’avait pas de client ce soir-là, seulement une ville qui changeait de peau sous ses yeux. Plus de drapeaux estelades claquant au vent comme des draps de lit trop sales. À la place, des conversations basses, des regards en coin, des files d’attente devant les commissariats et l’odeur tenace de la peur démographique. Neuf ans après le grand fiasco du référendum de 2017, le rêve d’indépendance avait été assassiné dans un backroom politique, et le cadavre pourrissait lentement sous les projecteurs des sondages.
Tout avait commencé, comme les meilleures affaires pourries, dans une petite ville des Pyrénées.
Ripoll. Berceau mythique de la Catalogne, tombeau de Guifré el Pilós, le fondateur légendaire. En août 2017, six semaines avant le grand jour du 1er octobre, la cellule terroriste qui allait ensanglanter La Rambla et Cambrils y avait germé. Des jeunes Maghrébins nés ou élevés là, parlants catalan, bons élèves, joueurs de foot du coin, apparemment intégrés jusqu’à la moelle. Radicalisés par l’imam Abdelbaki Es Satty, confidents de certains services selon les rumeurs qui circulaient encore dans les cercles fermés. Quinze morts. À Ripoll, le choc fut un coup de poignard dans le dos de la convivialité catalane. Les voisins qui croyaient connaître ces garçons découvrirent qu’une autre vérité dormait sous la couche d’intégration. Certains actes de solidarité envers les familles des auteurs, perçus comme excessifs, laissèrent un goût de bile. C’est dans ce terreau de colère rancie et de peur sourde que Sílvia Orriols planta ses graines.
Née en 1984 à Vic, diplômée en bibliothéconomie, elle avait déjà quitté le Front Nacional de Catalunya en mars 2020, jugeant trop tiède sa position sur l’immigration maghrébine et sur le traumatisme des attentats.
Le 28 octobre de la même année, elle fonda Aliança Catalana avec un programme clair et tranchant comme un couteau de cuisine : indépendance unilatérale, oui, mais surtout limitation de l’immigration et lutte contre la criminalité. En mai 2023, aux municipales, son parti rafla six sièges à Ripoll. Les autres forces tentèrent un cordon sanitaire, un de ces pactes de cuisine pourrie qui sentent le chou et la trahison. Junts se retira au dernier moment. Le 17 juin, Orriols fut investie maire. Le « moment Orriols » était né, et avec lui une nouvelle façon de tuer les vieux rêves.
Un an plus tard, aux élections régionales de 2024, Aliança obtenait deux députés au Parlement avec 3,8 % des voix.
Depuis, les sondages lui avaient donné des ailes de corbeau. De 3,8 % on était passé, selon les dernières enquêtes de septembre 2026 – Sigma Dos pour El Mundo, GESOP pour El Periódico, baromètre du CEO –, à 16,7 %, plaçant le parti en deuxième position derrière les socialistes du PSC de Salvador Illa, devant ERC et Junts. Une coalition hétéroclite d’électeurs : anciens de Junts, déçus de Vox, abstentionnistes, jeunes qui se sentaient trahis par l’échec du 1er octobre et par la coopération ultérieure des dirigeants séparatistes traditionnels avec Madrid. Les priorités avaient basculé. Les données gouvernementales montraient désormais que le logement, la criminalité et l’immigration avaient remplacé les différends constitutionnels au sommet des préoccupations. Environ 45 % des Catalans soutenaient encore l’indépendance, mais pour beaucoup la menace démographique paraissait plus immédiate que le statut juridique de la région.
Orriols elle-même le clamait sans fard, comme un détective qui jette les cartes sur la table : son mouvement répondait à une colère contre l’establishment et à la crainte que la culture catalane ne soit effacée.
Elle regardait du côté de l’Allemagne et d’autres pays européens, y voyant un réveil continental pour la survie culturelle. Les factions indépendantistes établies refusaient toute alliance, qualifiant ses stratégies de discriminatoires et irréalisables. Junts tentait de se repositionner en option centriste et pragmatique. Les tensions internes au mouvement séparatiste s’aiguisaient comme des lames mal aiguisées.
Les détracteurs accusaient Aliança d’exploiter la peur et la frustration à travers une rhétorique xénophobe, plutôt que d’apporter de véritables solutions.
Carvalho écrasa son cigare dans le cendrier d’un bar du Raval où l’on servait encore de la tripe à la catalane digne de ce nom. Il n’avait pas besoin d’enquête officielle. La ville elle-même était le cadavre. L’indépendance, ce grand plat trop lourd que l’on n’avait jamais réussi à digérer, avait été étranglée dans un backroom. À sa place s’installait un autre menu, plus âpre, plus noir : l’immigration, la sécurité, la survie culturelle. Aliança Catalana, taxée d’extrême droite, avançait avec la détermination de ceux qui croient tenir le couteau. Les élections de 2028 approchaient. Pendant ce temps, à Ripoll, l’odeur des montagnes se mêlait toujours à celle du souvenir des attentats. Et dans les rues de Barcelone, tandis que la nuit tombait comme un rideau de scène sur une pièce trop longue, on se demandait si le rêve d’une Catalogne souveraine n’avait pas simplement changé de visage, ou s’il n’était pas en train de se diluer dans les eaux troubles de nouvelles peurs. Comme toujours ici, la mémoire digérait mal, et l’avenir se mangeait à petites bouchées, avec le goût métallique du sang séché.
Principaux renseignements L'Aliança Catalana met fortement l'accent sur l'immigration et la sécurité et affiche une nette progression dans les sondages
" La guerre civile ne m'a fait vraiment peur que le jour où je me suis aperçu que j'en respirais, presque à mon insu, sans haut-le-cœur, l'air fade et sanglant. " " Le mensonge politique est l'...
« Chaque fois que nous transformons le choc d’autrui en objet de mépris, nous alimentons le sbeule collectif. Choisissons plutôt d’élever le climat relationnel. »
— Dr. Élise Vartan, Neuroscience & Social Cognition, 2023
« Réduire le Sbeule Index commence par un geste simple : cesser de s’indigner de l’indignation des autres. »
— Dr. Sophie Bernard, Revue Française de Sociologie des Émotions, 2022
« Le plus grand acte de maturité émotionnelle de notre époque pourrait bien être celui-ci : laisser les autres se choquer sans y répondre par une nouvelle vague d’indignation. »
— Dr. Thi Nguyen & Dr. Claire Moreau, Social Neuroscience Letters, 2024
Le Dr. Armand Lefebvre, PhD en psychosociologie interactionnelle, Laboratoire d’Études des Dynamiques Affectives Collectives (LEDAC), Institut Supérieur des Sciences Humaines Appliquées et notre correspondante Kimberley Dainar.
Dans le cadre de nos recherches longitudinales menées entre 2019 et 2025 auprès de plus de 4 200 sujets en milieu urbain occidental, une tendance sociétale alarmante s’est imposée avec une clarté statistique incontestable : l’indignation face au chocapisme. Ce phénomène, que nous proposons de nommer chocapismophobie, désigne la réaction d’irritation, de rejet ou de mépris systématique face à la propension d’autrui à exprimer un choc émotionnel ou moral rapide. Loin d’être une simple posture discursive, cette réaction s’apparente à un mécanisme pathologique générateur de génance relationnelle et de dégradation de l’ambiance sociale — ce que les sujets de nos panels désignent familièrement sous le terme de « sbeule ».
Définition opérationnelle et cadre théorique
Le chocapisme (du grec khokē, choc, et du suffixe -isme) correspond à une sensibilité affective élevée face à des stimuli symboliques, discursifs ou comportementaux perçus comme transgressifs. La chocapismophobie, quant à elle, se manifeste par une indignation secondaire : le sujet chocapismophobe ne tolère pas que l’autre puisse être choqué. Il interprète cette sensibilité comme une faiblesse, une forme de tyrannie morale ou un manque de « robustesse cognitive ».
Nos observations indiquent que cette indignantion de second ordre active un circuit de rétroaction négative. Selon le modèle que nous avons formalisé (Lefebvre & al., 2024), la chocapismophobie produit :
Une élévation mesurable du cortisol salivaire chez les interlocuteurs (augmentation moyenne de 18,7 % en situation de confrontation conversationnelle).
Une diminution de la synchronie émotionnelle interpersonnelle, objectivée par analyse micro-expressionnelle.
Un climat de génance diffuse — état de gêne relationnelle chronique caractérisé par l’anticipation d’un jugement de « trop de sensibilité » ou, inversement, de « trop d’insensibilité ».
Données empiriques
Dans l’étude multicentrique « Ambiance Sociale et Seuils de Tolérance Affective » (ASSTA-2023), 67 % des participants déclarant une forte chocapismophobie ont également rapporté une détérioration subjective de la qualité des interactions quotidiennes. Plus précisément :
54 % évoquent un « alourdissement de l’atmosphère » (le fameux sbeule).
41 % déclarent éviter certaines discussions par crainte de déclencher soit un chocapisme, soit une réaction chocapismophobe.
Les analyses de variance montrent une corrélation significative (r = 0,62 ; p < 0,001) entre le score de chocapismophobie et la perception d’une « toxicité relationnelle diffuse ».
Le Dr. Élise Vartan, spécialiste en neuropsychologie des émotions sociales, précise : « Lorsque l’indignation se déplace du contenu initial vers la simple existence de la sensibilité d’autrui, on assiste à une forme de méta-indignation qui appauvrit le champ conversationnel. Le sbeule n’est pas une impression subjective ; c’est un marqueur de dysrégulation collective. »
Mécanismes de propagation
La chocapismophobie se propage selon un modèle épidémiologique classique de contagion sociale. Un individu exprime une irritation face à ce qu’il juge être une « facilité à être choqué ». Cette irritation est perçue par d’autres comme légitime, ce qui renforce la norme implicite selon laquelle la sensibilité est suspecte. Résultat : un climat où chacun surveille à la fois sa propre capacité à choquer et sa propre capacité à tolérer le choc des autres. La marge de manœuvre communicative se rétrécit. La génance s’installe.
Nous avons observé que ce phénomène est particulièrement marqué dans les contextes de forte exposition médiatique et numérique, où la visibilité des réactions émotionnelles est amplifiée. La chocapismophobie y fonctionne comme une stratégie de distinction : « Je ne suis pas de ceux qui se choquent facilement, donc je m’indigne de ceux qui le font. »
Conséquences et perspectives
Laisser prospérer la chocapismophobie sans la nommer revient à normaliser un appauvrissement du tissu relationnel. La génance chronique et le sbeule ne sont pas de simples désagréments ; ils constituent des facteurs de risque pour la cohésion sociale à moyenne échelle. Nos travaux suggèrent qu’une prise de conscience collective — analogue à celle qui a permis de reconnaître d’autres formes de toxicité interactionnelle — pourrait contribuer à restaurer une plus grande plasticité émotionnelle dans les échanges.
En conclusion, la chocapismophobie toxique n’est pas une opinion. C’est un processus observable, quantifiable et, dans une certaine mesure, contournable. Reconnaître que s’indigner de la sensibilité des autres peut elle-même devenir source de mauvaise ambiance constitue, selon nous, un premier pas vers une écologie relationnelle plus durable.
Le Dr. Armand Lefebvre porte une blouse blanche lorsqu’il présente ces résultats en colloque. Cela n’a aucun effet sur la validité des données, mais renforce la perception de sérieux. Comme dans les publicités de dentifrice.
« Le Catalan peut encercler ses ennemis, tout seul » proverbe
Le 66 a choisi de rester le 66. Ou plutôt : il a choisi de ne pas choisir.
Personne ici n’a d’avis particulier sur le nom. Pyrénées-Orientales, Pyrénées Catalanes ou Pyrénées Méditerranée… ce ne sont que des étiquettes collées sur le même paysage, le même vent, le même vin. Ce qui compte, c’est l’idée qui a gagné : celle de se prononcer. Même à 10 %. Même de justesse. Même pour aboutir au statu quo. Et même si ces 10 % de participation ressemblent surtout à 90 % d’abstention.
Voici le tableau, pour ceux qui préfèrent les chiffres aux discours :
Un peu plus de 10 % des inscrits. Autrement dit, près de neuf habitants sur dix ont préféré rester chez eux. Deux mille voix d’écart entre le premier et le second. Assez pour que le nom reste le même. Pas assez pour que l’on puisse dire que rien ne s’est passé. Et largement assez pour rappeler que la liberté de choisir inclut aussi celle de ne pas choisir.
On avait écarté « Pays catalan », trop tranchant sans doute.
On a proposé trois options plus sages. Les habitants ont voté. Certains en ligne, d’autres par courrier. La grande majorité a regardé passer le débat comme on regarde passer un nuage. Et le résultat est tombé : on garde l’ancien nom.
Ce n’est pas une victoire du nom. C’est une victoire relative de l’idée qu’il valait la peine de demander. Comme le rappelait Périclès, rapporté par Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Ici, une minorité a choisi de ne pas se reposer. Une majorité écrasante a choisi le repos. Les deux ont exercé leur liberté. On aurait pu laisser dormir la question. On a préféré la poser. Le silence des 90 % fait partie de la réponse.
Hermeline Malherbe parle d’attachement à la catalanité. Louis Aliot de tour de manège.
Peu importe. L’essentiel n’est pas dans ce qu’ils disent du nom. Il est dans le fait que, pour une fois, on a forcé le département à regarder ses habitants dans les yeux et à leur demander : que voulez-vous porter ? La plupart ont répondu en restant silencieux. C’est déjà une forme de choix.
Le 66 reste le 66. Mais l’idée, elle, a progressé d’un pas. Même fatigué. Même ironique. Même en gardant le même costume. Et même avec 90 % d’abstention pour lui rappeler que la liberté, parfois, préfère se reposer.
Le recours contre le nom de la région "occitanie" tombe à l'eau. Les catalans n'ont plus voix au chapitre. Il y a peu Carole Delga passait en Perpignan à aucun moment les catalanistes de carton ...
On peut être catalan, sans être catalaniste. Et l'on peut aussi être catalaniste sans être catalan. Qu'est-ce que le catalanisme? En gros:" Le catalanisme est un courant de pensée politique et...
Qu'est ce qu'être catalan. Y-a-t-il un art comme celui d'être grand-père selon Victor Hugo? Les roussillonais ont-ils droit à une existence entre l'indépendance possible de la Catalogne et ...
« Refuser de se taire n’est pas un crime. Revendiquer de meilleures conditions de travail n’est pas un délit. Défendre les droits des travailleurs, c’est défendre la justice sociale. Réduire les syndicats au silence, c’est affaiblir la démocratie. »
Confédération générale du travail (CGT)
Le rail jaune et l’ombre : Management par la sanction : la CGT accuse la SNCF de viser ses militants
Il y a des hommes qui portent le chemin comme on porte une cicatrice. Julien Berthélémy est de ceux-là. Conducteur du Train jaune, ce serpent électrique qui rampe entre les crêtes de Cerdagne, de Villefranche à Latour-de-Carol, il conduit aussi, depuis des années, la colère ordonnée des cheminots dans les Pyrénées-Orientales. Secrétaire général de la CGT du département, il marche droit, la tête haute, dans un pays où les rails se font rares et les sanctions se multiplient.
On l’a convoqué. Conseil de discipline le 17 septembre.
La direction, cette machine froide aux rouages invisibles, lui reproche d’avoir repris la marche sans attendre le feu vert du chef de ligne. Un geste, peut-être, une impatience, un oubli dans le grand ballet des autorisations. Pour cela, on lui promet le dernier avertissement avant la chute, douze jours de mise à pied, et la mutation disciplinaire — ce bannissement soft qui arrache un homme à sa terre, à son train, à sa mémoire. À côté de lui, un collègue subit le même tribunal pour avoir laissé monter un journaliste en cabine. Sans permission. L’un et l’autre se tiennent au bord du même précipice.
L’été a été brûlant. Les trains ont souffert.
Climatisations mortes, toilettes scellées, rames supprimées, voyageurs à bout, agressions qui doublent sur les contrôleurs isolés. Sous-effectif chronique. On part avec un seul agent là où il en faudrait deux, parfois aucun. Et pendant que le métal grince sous le soleil, la direction multiplie les dossiers. Dès qu’un cheminot relève la tête, la sanction tombe, disproportionnée, lourde comme une dalle. Mécaniciens, contrôleurs, conducteurs : la liste s’allonge. On punit la fatigue, on punit l’initiative, on punit la parole.
Le Train jaune n’est pas seulement une ligne.
C’est une veine ouverte dans la montagne, un fil de survie pour les villages, un défi lancé à l’abandon. Berthélémy le sait. Il l’a défendu longtemps, ce rail étroit, contre les oubliés et les calculs. Aujourd’hui, c’est lui qu’on veut déplacer, suspendre, briser un peu plus. La grève a grincé le 8 septembre dans l’ex-Languedoc-Roussillon. On a réclamé des embauches, des conditions dignes, la fin de ce management par la peur. Mais la machine continue. Elle convoque. Elle propose. Elle menace.
Il y a quelque chose d’impitoyable dans ces procédures.
L’homme sur le quai, le geste trop vif, la règle non respectée à la lettre, et soudain le dossier s’épaissit. On ne regarde plus le corps fatigué, ni la chaleur collée aux rails, ni la solitude du conducteur face à la pente. On regarde la faute. On la grossit. On la transforme en exemple. Douze jours sans salaire. Une mutation. Le dernier avertissement qui pèse comme une lame.
Berthélémy reste debout.
Le Train jaune continue de grimper. La montagne n’a pas changé. Seulement les hommes, parfois, se retrouvent plus seuls face aux papiers et aux conseils. Le 17 septembre, on tranchera. Ou on n’entendra rien. Dans le silence des bureaux, le rail jaune continue de vibrer, indifférent aux dossiers, fidèle seulement à ceux qui le font vivre.
" A l'inverse de l'optimisme affiché du mythe du progrès, les sociétés spectaculaires contemporaines ne mettent en scène que des scénarios futuristes terrifiants. Ces sociétés ont développ...
DÉBAT PUBLICSUR LES TRANSPORTSJEUDI 2 JUIN - 18HCentre culturel - CabestanyLa CGT organise un débat public le jeudi 2 juin à 18h au centre culturel de Cabest... DÉBAT PUBLIC SUR LES TRANSPORTS ...
Le partage des biens nationaux: aujourd'hui l'énergie...à la merci des marchés mondiaux... Krapulax est de retour https://fr.wikipedia.org/wiki/Krapulax avec le projet Hercule ! Ni Hercule et se...
Emmanuel Vire journaliste à Géo (groupe Prisma Media), secrétaire général du SNJ-CGT, qui a subi une perquisition à son domicile le mercredi 28 novembre à l'heure du laitier. Les services de...
"Sans curiosité on meurt et sans courage on ne vit pas."
Hugo Pratt en verve
Il y avait une fois un homme de Perpignan, opticien de son métier, qui regardait le monde à travers des verres trop nets pour se contenter des mirages. Jean-Jacques Bedu s’appelait-il. Il avait déjà démantelé, pièce par pièce, le grand mensonge de Rennes-le-Château, ce trésor fantôme qui faisait encore battre des cœurs longtemps après que les archives eurent parlé. Il savait que les hommes préfèrent parfois le mystère intact à la vérité déshabillée.
Puis vint l’automne 2022.
Sur les écrans, une série nommée Ancient Apocalypse déroula ses images séduisantes : une civilisation mère engloutie, des savoirs interdits, des archéologues complices d’un silence millénaire. Des millions d’yeux s’y perdirent comme on se perd dans les brumes d’une lagune. Bedu, lui, sentit le vieux démon revenir. Celui qui transforme les pyramide en soucoupes, les mégalithes en messages d’ailleurs, les sages en gardiens d’un secret qu’ils n’ont jamais possédé.
Alors il se mit en route.
Pas vers un continent perdu, mais vers le vrai continent : celui de la mémoire humaine. Il prit pour boussole une idée simple et dangereuse : la réalité, quand on ose la regarder en face, est plus vertigineuse que toutes ses contrefaçons.
Le premier tome de son odyssée parut au printemps 2026, aux Éditions du Cerf. Sept cents pages denses comme un journal de bord. L’Odyssée du savoir. Vraies sagesses et fausses croyances. Des origines à l’Antiquité tardive.
On y entre comme on embarque sur un brick aux voiles usées.
D’abord les grottes ornées, où le chaman danse encore dans la lumière tremblante des torches. Puis Göbekli Tepe, ces piliers dressés avant même que l’homme ne sache cultiver le blé. Carnac, Stonehenge, les alignements qui parlent aux étoiles sans avoir besoin de théories folles. L’Égypte et la Mésopotamie, non plus comme décors de films d’aventures, mais comme laboratoires où l’esprit inventa les dieux, l’écriture, le temps mesuré. La Crète, les Hittites, les Étrusques. La Grèce des mystères d’Éleusis et de Pythagore, où l’âme cherchait son salut dans le silence des initiations. Rome, carrefour de tous les cultes, Isis et Mithra préparant déjà le terrain à une autre parole. Les druides sous leurs chênes, Zarathoustra et son feu, Bouddha, Confucius, Lao-Tseu… Tous croisés, interrogés, dépouillés de leurs oripeaux modernes.
À chaque étape, Bedu fait ce que peu osent : il démêle le fil d’or de la sagesse authentique du fil d’argent des légendes fabriquées.
L’Atlantide redevient ce qu’elle fut chez Platon : un mythe politique, non une carte au trésor. Les civilisations perdues s’effacent devant le génie réel des peuples. Et le lecteur, peu à peu, comprend que le vrai scandale n’est pas ce que l’on nous cache, mais ce que nous refusons de voir : la grandeur nue de l’homme.
Ce livre n’est que le premier volume d’une trilogie. Les suivants prolongeront la route, jusqu’aux dérives de notre siècle et aux défis de l’intelligence artificielle. Car Bedu le sait : le combat entre la lumière et son ombre n’a jamais cessé. Il a seulement changé de navire.
Et pendant que d’autres continuent de chercher des continents engloutis, lui a choisi une autre mer : celle du savoir véritable. Plus profonde, plus dangereuse, et infiniment plus belle.
Jeudi 3 Mai à partir de 18h00Rencontre avec Jean-Jacques BEDUpour son ouvrage paru aux éd. Robert Laffont LES INITIES Cet ouvrage, à vocation lui-même initiatique, permet au lecteur de se ...
Le livre d'Hervé Vigier "Le rite français : Tome 1, L'apprenti et le compagnon dans le rite français ou moderne ou le printemps de la franc-maçonnerie française" était épuisé, il vient d'ê...
jeudi à 18:00 - 19:00 à Librairie Torcatis 10 rue Mailly, 66000 Perpignan, Jean-Jacques Bedu http://www.lr2l.fr/acteur/bedu-jean-jacques-perpignan.html présentera son livre "les initiés" , le d...