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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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15 décembre 2024 7 15 /12 /décembre /2024 18:42

«Le Flamenco ne résout pas la guerre et n’empêchera pas la fin du monde, mais il peut aider à garder la tête haute.»

Israel Galván

 

Le cœur battant de Perpignan s’est transformé en scène vivante ce samedi, grâce à une performance électrisante orchestrée par Johanna Modica Ruta et son *Laboratoire FlamenCŒUR-CORPS* https://www.johannamodicaruta.com/. Sous le cri de ralliement **"L’Art prend la Révolution"**, cette danseuse de flamenco hors pair et chercheuse en thérapie par le mouvement a offert à la ville une parenthèse vibrante, emplie de grâce, de feu et de revendications.  

### **Une Invitation à la Révolution Dansée**  
Tout a commencé par une proposition audacieuse, lancée au détour d’un cours : « Aujourd’hui, en une heure, nous apprendrons une chorégraphie. Et si vous le souhaitez, vous pourrez la danser en public samedi. » Une semaine intense de répétitions plus tard, Perpignan accueillait une centaine de danseurs amateurs, habités par l’envie de célébrer le flamenco comme un cri du cœur, une affirmation de soi et une communion artistique.  

### **Johanna Modica Ruta : Une Danseuse Entre Deux Mondes**  
Portée par ses racines italiennes et espagnoles, Johanna a su mêler tradition et modernité. Dès l’enfance, bercée par les rythmes de sa famille andalouse, elle a trouvé dans le flamenco un langage universel, fait de passion et d'émotions brutes. Formée auprès des plus grands maîtres de l’art flamenco, elle ne cesse d’éblouir par sa capacité à transformer la danse en un outil de thérapie et de résilience.  

### **Un Flashmob Révolutionnaire**  
Sous un ciel azur, la place centrale de Perpignan s’est embrasée au son des guitares et des palmas. Les robes rouges et les éventails claquaient comme des drapeaux de défiance. En quelques instants, la danse a envahi l’espace, capturant l’attention des passants, transformant le quotidien en une fête envoûtante. Cette chorégraphie collective, fruit d’un travail d’équipe et d’un amour partagé pour le flamenco, a démontré que l’art peut être à la fois militant et profondément joyeux.  

### **Un Flamenco Thérapeutique et Inclusif**  
Mais Johanna ne s’arrête pas à l’esthétique. Depuis des années, elle explore les vertus curatives du mouvement, en créant des ateliers pour des publics variés : femmes atteintes de cancer, personnes en situation de handicap ou issues de milieux précaires. Ce flashmob reflétait cet engagement inclusif, rassemblant des danseurs de tous horizons dans une même énergie libératrice.  

### **Un Message Puissant**  
À travers cette performance, Johanna Modica Ruta et ses danseurs ont lancé un appel vibrant à la réappropriation de l’espace public par l’art. Ils ont montré que le flamenco, avec ses racines profondes et son caractère indomptable, reste une force révolutionnaire capable de rassembler, d'émouvoir et de transformer.  

Le public, lui, est reparti avec des étoiles dans les yeux et une certitude : l’art peut et doit être une révolution.  

Bravo à Johanna et à tous les participants pour cette magnifique expérience de partage et d’émotion ! 💃✨

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15 décembre 2024 7 15 /12 /décembre /2024 18:02

**PLASTIQUE : LE SUICIDE COLLECTIF ?**  
**Un cri d’urgence au Clap Ciné Canet**  

il y a 2 semaines le rendez-vous était fixé, comme un compte à rebours qui s’accélère. Ce **ciné-débat exceptionnel** vous plonge au cœur d’une vérité qu’on étouffe : le plastique nous tue, lentement, inexorablement, avec la complicité aveugle de notre quotidien. **PLASTIQUE : LE SUICIDE COLLECTIF**, film coup de poing de Peter Charaf, n’est pas une invitation à débattre. C’est un électrochoc. Une déflagration. Le signal d’alarme face à un monde en train de s’effondrer sous ses propres déchets.  

Plastique : le suicide collectif ?", en présence de son réalisateur, Peter Charaf, et de Camille Rollin, représentante de la Fondation Race for Water.

Camille Rollin, qui a rejoint la Fondation Race for Water en mars 2016, est responsable du programme ACT de l'organisation.

La Fondation Race for Water, représentée par Camille Rollin, est dédiée à la préservation de l'eau et à la lutte contre la pollution plastique des océans.

La projection a été suivie d'un débat enrichissant, permettant au public d'échanger avec les intervenants sur les enjeux environnementaux actuels et les solutions envisageables pour un avenir plus durable.

 

**Un poison insidieux** : voilà ce qu’est devenu le plastique. Les scientifiques hurlent leur désespoir, mais leurs voix se perdent dans le vacarme d’une industrie pétrochimique qui s’accroche à son eldorado empoisonné. Ces polymères miraculeux, autrefois célébrés comme des promesses de progrès, se révèlent aujourd’hui être des infiltrés toxiques. **Des milliers de produits chimiques** non testés pénètrent nos corps, altèrent nos organes, tordent nos équilibres biologiques. L’humanité somnambule vers un précipice qu’elle a elle-même creusé.  

 

**Une Odyssée du désastre**  
Peter Charaf nous propulse dans une Odyssée moderne, où l’évidence devient insupportable : **nous sommes les fossoyeurs de notre propre avenir.** Ce film dérangeant expose la folie de nos systèmes, l’aveuglement volontaire, l’inaction criminelle. Mais il ouvre aussi une brèche. Une possibilité. Celle d’un sursaut, peut-être le dernier.  

**Le futur en ligne de mire : une nouvelle Odyssée maritime en 2025**  
Dans le sillage de cette claque cinématographique, une lueur : celle du **MODX 70**, catamaran révolutionnaire, zéro émission. En 2025, la Fondation Race for Water reprendra la mer. Objectif : démontrer qu’il est encore possible de décarboner le monde maritime, de sauver ce qu’il reste des océans, ce cœur battant de la planète qui lutte pour sa survie.  

Les missions de cette nouvelle expédition ne laissent aucune place à l’inaction :  
- **Apprendre, Partager, Agir** pour inverser la tendance.  
- Des démonstrations d’innovations disruptives qui tracent un chemin vers un monde maritime propre.  
- Des escales méditerranéennes, premières haltes d’une campagne scientifique et militante.  

Chaque jour compte, chaque effort doit être consenti, **car le temps nous échappe.**  

**Et vous ? Que ferez-vous ?**  
Face à cet enjeu vital, chacun doit répondre à une question simple, brutale, qui ne laisse aucune échappatoire : **resterez-vous spectateur de ce suicide collectif ? Ou serez-vous l’un des acteurs du sursaut ?**  

 Là où les masques tombent, où les responsabilités se dessinent, où les solutions s’envisagent. **Parce que la catastrophe n’est pas une fatalité.**

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15 décembre 2024 7 15 /12 /décembre /2024 13:58

« Le monde est fait d'imbéciles qui se battent contre des demeurés pour sauvegarder une société absurde. », 

Jean Yanne, Moi y'en a vouloir des sous, sortie en 1973.

Partagé avec Public
Les propositions de sorties positives ont été faites depuis longtemps, documentées, mais il y a une sorte de rage collective à ne pas s'en saisir...

**Sur les chemins de Montebourg : un modèle de réindustrialisation à la Lepape**  

Dans une France en quête d’un second souffle industriel, le chemin de la réindustrialisation semble semé d’embûches. Pourtant, le scénario imaginé dans cette intrigue socio-économique pourrait bien contenir des pistes à méditer. Inspiré par un savant mélange entre l’art de la négociation syndicale et l’ingéniosité entrepreneuriale, voici une vision où l’ouvrier et l’investisseur trouvent une harmonie productive.

**L’histoire commence dans le tumulte social.**

Adrien Colbart, figure imposante du syndicalisme à la Bernard Blier, incarne une opposition rugueuse au grand patronat, tandis que son neveu Benoît Lepape (un Jean Yanne stoïque et pince-sans-rire) observe avec un regard sceptique mais intrigué. Les ouvriers scandent leurs slogans, banderoles à la main, mais pour Lepape, tout cela semble appartenir à un théâtre bien rodé.  

Quand Lepape est mis à la porte par Chouras, le PDG en fauteuil roulant, c’est une humiliation qui agit comme un catalyseur. Ce financier tranquille décide d’utiliser les rouages mêmes du capitalisme pour en détourner les flux. Son idée ? Faire des syndicats des actionnaires et transformer leur force collective en leviers financiers.  

**Le projet des bicyclettes : retour aux sources**  
Pour Lepape, la réindustrialisation commence par un pari modeste mais stratégique : une usine de vélos. Les fonds du syndicat, au lieu de rester prisonniers de caisses noircies par des décennies de luttes, servent à racheter une entreprise moribonde. Sous une gestion inspirée par l’efficacité mais aussi le respect des ouvriers, l’usine prospère.  

L’ironie ici est savoureuse : l’entreprise utilise les mécanismes du capitalisme – investissements, marketing, retour sur capital – pour consolider un modèle basé sur la justice sociale. Un symbole parfait pour une France cherchant à conjuguer productivité et solidarité.  

**Vers l’électronique : un laboratoire du futur**  
Fort des succès engrangés, Lepape franchit une nouvelle étape. Avec les bénéfices des vélos, il crée une usine d’électronique, cette fois pensée comme un modèle avant-gardiste :  

- **Participation des salariés** : chaque ouvrier devient actionnaire et a son mot à dire sur les décisions stratégiques.  
- **Technologies vertes** : les produits sont conçus pour s’intégrer dans une économie durable.  
- **Formation continue** : un plan de montée en compétences permet à chaque employé de s’adapter aux évolutions technologiques.  

Cette vision s’inspire directement des idées de réindustrialisation défendues par des figures comme Arnaud Montebourg. Elle repose sur une souveraineté économique retrouvée, une maîtrise des outils de production et une réconciliation entre les classes sociales par l’entremise d’une redistribution intelligente des richesses générées.  

**Et aujourd’hui ?**  
Ce scénario, bien qu’utopique dans sa mise en scène, rejoint les débats actuels sur la réindustrialisation. Alors que la France tente de se repositionner sur l’échiquier industriel mondial, des initiatives comme celles promues par Montebourg – fabriques locales, soutien aux énergies renouvelables et circuits courts – font écho à la trajectoire imaginée par Lepape.  

Ce modèle pourrait bien répondre à une question centrale : comment faire renaître un tissu industriel sans sacrifier les valeurs sociales ? En utilisant les outils du capitalisme, oui, mais avec une ambition collective et une éthique retrouvée.  

Et si, au final, le véritable moteur de la réindustrialisation était cette alliance inédite entre les espoirs des ouvriers et l’audace des visionnaires ?

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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 17:38

### **Succès de "Parfois il pleut" : quand le ciel et l’histoire se rencontrent**  

Mesdames, messieurs, préparez-vous, car mercredi soir, au Clap Ciné de Canet-en-Roussillon, une atmosphère chargée de mémoire et de réflexion s’est installée. Non, ce n’était pas une alerte météo, mais bien la projection du film **"Parfois il pleut"**, une production signée *La Main Verte*, en partenariat avec le mouvement citoyen #Agissons.  

**Une salle pleine, comme un ciel lourd de nuages** : 150 personnes se sont rassemblées, curieuses et attentives, pour revivre l’un des événements météorologiques les plus marquants de l’histoire régionale. Le réalisateur Arnaud Brugier, présent comme un anticyclone au centre du débat, a accompagné cette soirée dense.  

Retour sur **l’aiguat de 1940**, ce déluge historique : 2.000 mm de pluie en seulement cinq jours, un record sombre inscrit dans les annales. Les chiffres, comme des éclairs, frappent l’esprit : 50 morts dans les Pyrénées-Orientales, plus de 300 en Catalogne, des dégâts dont l’ampleur résonne encore aujourd’hui.  

**Après le film, un débat, comme un front chaud suivi d’un front froid.** Questions en rafale, inquiétudes en bourrasque :  
- **Et si cela recommençait ?** Avec les infrastructures d’aujourd’hui, où l’ultra-bétonisation règne en maître, serions-nous prêts à affronter un tel épisode ?  
- **Les DICRIM, ces "bulletins d’alerte" municipaux, sont-ils à jour ?**  
- **Et nous, population, savons-nous quoi faire si le ciel décide de déverser ses colères ?**  

Autour de ces questions, les échanges furent riches, parfois orageux, mais constructifs, à l’image des contrastes d’un ciel post-tempête. Les intervenants, tels des éclaireurs, ont tenté d’apporter des réponses, mais aussi de souligner les zones d’ombre à dissiper.  

**"Parfois il pleut"**, ce n’est pas qu’un titre, c’est un avertissement.

Le ciel, imprévisible et puissant, nous rappelle que le passé est là pour nous enseigner l’avenir. Alors, à l’image d’un météorologue qui scrute les vents et les nuages, restons vigilants, préparons-nous, et, surtout, agissons.  

Alain Gillot-Pétré aurait sans doute conclu ainsi :  
*"Un événement météorologique, c’est un chapitre de la nature qui s’écrit parfois en lettres majuscules. À nous d’apprendre à le lire avant qu’il ne soit trop tard."*

Mouvement #Agissons
www.agissons.org
agissons66@gmail.com

Canet-en-Roussillon/ Agissons: bonne clap à l'Aiguat de 1940 par Arnaud Brugier ! inerview Mary-July par Nicolas Caudeville
Canet-en-Roussillon/ Agissons: bonne clap à l'Aiguat de 1940 par Arnaud Brugier ! inerview Mary-July par Nicolas Caudeville
Canet-en-Roussillon/ Agissons: bonne clap à l'Aiguat de 1940 par Arnaud Brugier ! inerview Mary-July par Nicolas Caudeville
Canet-en-Roussillon/ Agissons: bonne clap à l'Aiguat de 1940 par Arnaud Brugier ! inerview Mary-July par Nicolas Caudeville
Canet-en-Roussillon/ Agissons: bonne clap à l'Aiguat de 1940 par Arnaud Brugier ! inerview Mary-July par Nicolas Caudeville
Canet-en-Roussillon/ Agissons: bonne clap à l'Aiguat de 1940 par Arnaud Brugier ! inerview Mary-July par Nicolas Caudeville
Canet-en-Roussillon/ Agissons: bonne clap à l'Aiguat de 1940 par Arnaud Brugier ! inerview Mary-July par Nicolas Caudeville
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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 14:22

July Pécheur icône de la chanson populaire des rue et des café perpignanais sera en scène à "le Jet" 4 RUE GENERAL DE LA BEDOYERE, 66000 Perpignan, elle nous avait donné une interview
 

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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 12:56

« C’est un acteur déplorable qui gueule, et qui soulève, avec des " han! " de porteur d’eau, le vers qu’il faut laisser s’envoler. »

Cyrano de Bergerac , Edmond Rostand

**"Perpignan autrement" : la fabuleuse épopée du retour des listes UMPS**  

Ah, l’éternel printemps de la politique perpignanaise ! Alors que 2026 s’approche à grands pas, voilà qu’un parfum bien connu emplit l’air de la ville. Non, ce n’est pas celui des fleurs des platanes ou des marchés colorés du centre-ville. C’est celui, subtilement enivrant, de l’union sacrée des contraires : la liste "UMPS", ressuscitée telle une tradition locale.  

Sous le doux nom de *"Perpignan autrement"*, on assiste à un spectacle désormais classique : la promesse d’un changement radical… par les mêmes qui changent peu. Certes, la rose n’est plus ce qu’elle était, mais, comme disent les poètes, *"L’important, ce n’est pas la rose, mais son parfum."*  

 **Un mariage de raison, pour le bien commun (ou presque)**  

D’un côté, les ex-roses qui ont tourné libérales pour séduire les diplômés urbains et les think tanks bienpensants. De l’autre, les centristes qui se découvrent soudain une passion pour la solidarité et la culture accessible à tous. Et au milieu, les habitants de Perpignan, qui s’interrogent : ce "rassemblement inédit" ne ressemble-t-il pas étrangement à une vieille recette réchauffée ?  

Ah, mais quelle ambition ! Nous, habitant.e.s, citoyen.ne.s, militant.e.s syndicaux, et autres enthousiastes de la *cause commune*, avons lu l’appel vibrant : *"Perpignan a droit à son printemps !"* Le problème, c’est qu’après tant d’hivers, les bourgeons politiques ont un peu de mal à convaincre.  

 **Quand Terra Nova souffle encore sur la tramontane**  

Derrière cette opération de "rassemblement", un vent venu de loin, celui des brillantes analyses de Terra Nova, le think tank préféré des réformistes en cravate. Ces stratèges, on s’en souvient, avaient en 2011 préconisé de délaisser les ouvriers – cette classe en "déclin" – pour se tourner vers les "outsiders" : diplômés, jeunes urbains, et minorités progressistes.  

Les ouvriers ? Trop vieux jeu, trop classe sociale. Les nouveaux électeurs de gauche ? Des *values voters*, unis par des idéaux culturels plutôt que par des revendications matérielles. Ce qui tombe bien : ça coûte moins cher en programmes et en luttes.  

Alors, à Perpignan, on reprend la formule : un soupçon de justice sociale, une pincée d’écologie, une louche de tolérance, le tout saupoudré de catalanité… et voilà une recette prête à conquérir les urnes.  

 **Un nouveau souffle asthmatique  ? Ou le même vieux vent ?**  

Et pourtant, la promesse de "Perpignan autrement" peine à masquer l’évidence : cette union n’est pas vraiment inédite. C’est le bon vieux front anti-Aliot, repeint en vert pastel et en rose délavé. Mais pourquoi changer une équipe qui… n’a pas vraiment gagné depuis des années ?  

Dans cette pièce aux airs de déjà-vu, les spectateurs pourraient bien rester sur leur faim. Les Perpignanais, eux, attendent autre chose qu’un *remix* des années passées. Peut-être même qu’ils se demandent si l’important, ce n’est pas seulement le parfum, mais la substance.  

Alors, à 2026, Perpignan ! Que le meilleur gagne. Et que les promesses – enfin – se réalisent.

**Tirade de la liste UMPS, à la manière de Cyrano de Bergerac :**  

**Que dites-vous ? Rallier votre "Perpignan Autrement" ?**  
Porter l’étendard rose fané d’un passé qui s’efface,  
Ou celui, au centre, à la couleur de l’impasse ?  
Reprendre, en chœur, vos refrains convenus,  
Unir nos voix pour un énième "tout est perdu" ?  

**Non, merci !**  

Aller quêter l’espoir dans vos appels timides,  
Vous qui, hier, applaudissiez des choix intrépides  
Quand la rose se fit libérale, et que le peuple trahi  
Chercha refuge ailleurs, seul, sans parti ?  

**Non, merci !**  

Louer vos grands principes, vos nobles intentions,  
Tout en sachant bien que vos douces professions  
Cachent des calculs, des alliances tacites,  
Des "compromis nécessaires" qui sonnent hypocrites ?  

**Non, merci !**  

Vous suivre pour repeindre des façades déjà ternies,  
Rassembler en façade, mais diviser en petits,  
Faire d’Aliot votre seul ennemi commun  
Quand les vrais maux sont ailleurs, anciens et importuns ?  

**Non, merci !**  

Moi, j’aurais préféré, face à ce désarroi,  
Voir des actes, des projets, des luttes, une vraie foi,  
Pas un parfum fané, ni un ersatz d’avenir,  
Mais un printemps sincère qui ferait enfin fleurir !  

**Oui, merci !**  

Merci de m’inviter, mais je refuse ! Allez seuls !  
Faites vos listes, vos alliances, vos duels,  
Moi, j’irai marcher, sans promesse ni détour,  
À chercher l’horizon d’un renouveau plus pur.  

**Rester fidèle à mes valeurs, sans compromis ni peur,  
Et si je tombe, au moins ce sera sans rancœur.** 

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10 décembre 2024 2 10 /12 /décembre /2024 17:15

"La USAP canta l'Estaca, és magnífic El País, la terra la cultura, la llengua fan una nació. Ens hem de trobar els uns i els altres, ens hem de conèixer. Unitat: estiguem units, no podem ser d'acord amb tot, però ho hem de ser amb el més important."

Monserrat Biosca

Hier, s'est éteinte Montserrat Biosca à l’âge de soixante-dix-neuf ans, comme l’a annoncé Radio Arrels. Née à Barcelone en 1945, sous l’ombre oppressante du franquisme, elle fut une figure majeure de la défense de la langue et de l’identité catalanes, particulièrement en Catalogne Nord, où elle passa la majeure partie de sa vie.  L'Archipel contre attaque est triste, nous avions eu la chance de la rencontrer, ainsi que son époux, ces rencontres nous ont enrichi. Notre tristesse et nos condoléances, vont à ses fils (particulièrement à mon ami Joan)  et leur enfants...

**Une destinée ancrée dans l’engagement**  

En 1969, Montserrat Biosca traverse les Pyrénées pour rejoindre Prada et participer à la première édition de l’Université Catalane d’Été. C’est là qu’elle rencontre Llorenç Planes, un jeune Vallespirien. Trois ans plus tard, leur union scelle non seulement un mariage, mais aussi le début d’un projet commun : redonner un nom et une conscience à la terre septentrionale de la Catalogne.  

Avec Llorenç, elle refuse l’appellation réductrice de "Rosselló", qui néglige le Vallespir, le Conflent, la Cerdagne et le Capcir. Ensemble, ils forgent une identité : **"Catalogne Nord"**. Un nom, peut-être grammaticalement incorrect, mais porteur d’une ambition claire : rappeler que ces terres appartiennent au cœur battant de la culture catalane. En 1974, ils publient *Le Petit Livre de Catalogne Nord*, un manifeste identitaire qui prend racine avec une force insoupçonnée.  

 **Un pilier de la culture catalane en terre nordique**  

En 1981, après une parenthèse parisienne, le couple revient en Catalogne Nord, à Théza, où ils s’installent pour contribuer à l’épanouissement local. Lui, ingénieur agronome ; elle, comptable. Mais c’est dans l’âme militante de Montserrat que se joue l’essentiel.  

À la tête d’**Òmnium Cultural Catalogne Nord**, petite sœur d’une des institutions catalanes les plus influentes, elle œuvre inlassablement. Elle impulse la **Nit Literària de Sant Jordi**, développe des cours de catalan dans les communes, tisse des liens entre culture et économie, donnant à la langue et à l’identité catalanes une place d’honneur au cœur d’une région souvent marginalisée.  

 **Une vie marquée par la résilience et la transmission**  

Lorsque Llorenç Planes s’éteint en décembre 2016, Montserrat Biosca reste fidèle à son combat. Elle affronte les dernières années de sa vie avec une force discrète, résistant à la maladie tout en continuant à incarner l’espoir d’une Catalogne Nord forte de sa culture et de ses traditions.  

 **L’héritage de Montserrat Biosca : un pont entre deux rives du destin catalan**  

Montserrat Biosca ne fut pas seulement une militante, mais une femme-pont, reliant Barcelone et Perpignan, le franquisme révolu et l’avenir catalan. Elle laisse derrière elle une Catalogne Nord consciente d’elle-même, fière de ses racines et prête à poursuivre l’œuvre qu’elle a entamée.  

Son nom entre aujourd’hui dans le panthéon des bâtisseurs de l’identité catalane. Comme elle l’a si bien incarné, "Catalogne Nord" n’est pas qu’un territoire, mais une idée, un appel à ne jamais oublier d’où l’on vient pour mieux savoir où l’on va. 

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9 décembre 2024 1 09 /12 /décembre /2024 07:12

“Faire une élection, c'est raconter une histoire de telle façon que l'enfant qui sommeille en tout électeur croie que le candidat est le seul héros crédible de cette histoire.”

De Jacques Séguéla / L'Evénement du jeudi - 11 Octobre 1990

 

Or sus, mes amis, prêtez oreille à cette farce digne d’être mise en prose et chantée sur les places publiques ! Perpignan, cette bonne ville du midi, toute hérissée de cloîtres, tavernes et palais, se trouve embastillée sous la férule du redouté sire Louis Aliot, qui, à force de promesses sifflantes et d’airs populaciers, s’est assis en maître sur la grande écharpe tricolore. Mais voilà qu’un champion nouveau se lève, Maître Christophe Euzet, homme de lettres et de lois, qui se veut le délivreur de cette cité lasse et languissante.

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 **Du règne d’Aliot, ou la fatigue des citoyens**  

Louis Aliot, ce prévôt au verbe prompt, avait jadis promis à tout un chacun monts et merveilles : la sécurité pour les braves, l’ordre pour les dévoyés, et des rues propres comme des nappes à noces. Las ! Il advint que ses promesses ne furent que poussière et mirage. Les tavernes se vidèrent, les marchés décrurent, et le peuple, au lieu de chanter sous le soleil catalan, gémissait de lassitude.  

Maître Euzet, observant ce triste tableau, s’écria : « Par le vin de Bacchus et les entrailles de Gargantua, Perpignan vaut mieux que ces fadaises populistes ! Il est temps de rendre vie et chaleur à cette bonne ville ! »

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 **Du champion Euzet et de ses origines**  

Ce maître Christophe, né sous le ciel perpignanais, mais devenu célèbre en terres héraultaises, n’est point novice en l’art des batailles politiques. Il fut député macroniste et érudit en droit, ce qui, en ces contrées de la Gascogne et du Roussillon, est à peu près aussi rare qu’un œuf de griffon. Or, las de ses voyages et des intrigues parisiennes, il décide de revenir au bercail, tel Ulysse retrouvant Ithaque, pour relever le défi et braver le terrible Aliot.  

**"Perpignan il est temps" : ou comment rassembler les frères ennemis**  

Maître Euzet, homme de grand esprit et de forte poigne, crée une association qu’il nomme « Perpignan il est temps ! » – un cri de ralliement qui, à lui seul, pourrait faire lever une armée de citoyens endormis. Mais l’astuce de cet homme subtil n’est point d’entrer seul en lice. Que nenni ! Il se fait rassembleur, unificateur, cherchant à unir sous une même bannière écologistes, centristes, socialistes et même quelques désabusés des promesses creuses d’Aliot.  

Et tel Gargantua réunissant autour de lui compagnons de table et boute-en-train, il prêche la concorde, assurant que « l’union fait la force, et la division la déroute. »

--**Du programme et des grandes promesses**  

Or, pour plaire à la foule, Maître Euzet se fait non seulement homme de verbe, mais aussi d’action. Il promet une économie relocalisée, des foires florissantes, des rues aussi animées qu’un banquet de noces, et une démocratie participative où chacun pourrait faire entendre sa voix, même entre deux gorgées de vin.  

Mais attention, point de moulinets ou de promesses creuses. « Foin de vaines paroles ! » dit-il. « Ce que je propose, je le ferai, et je le ferai bien. » Et de clamer que la bonne gouvernance repose sur la justice sociale et la transparence, deux vertus rares dans les contrées administrées par son adversaire.

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 **Du duel à venir et de la grande espérance**  

Ainsi, la bataille pour la mairie s’annonce comme un duel digne des plus grands récits chevaleresques. D’un côté, sire Aliot, cuirassé de sa rhétorique populacière, entouré de ses séides et promettant des réformes qui n’en finissent jamais d’être repoussées. De l’autre, Maître Euzet, armé de son savoir et de son pragmatisme, prêt à défier l’adversaire sur le terrain des idées et des actes.  

La foule, encore incertaine, murmure : « Parviendra-t-il à renverser ce despote et à réconcilier nos quartiers divisés ? » Et lui de répondre : « Mes amis, l’avenir ne se bâtit point avec des peurs, mais avec de l’audace et de l’espoir. »

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 **Épilogue : une ville à réveiller**  

Or donc, mes amis, tandis que les tambours de la campagne résonnent dans les rues de Perpignan, les esprits s’échauffent et les paris vont bon train. Aliot tiendra-t-il son bastion, ou bien Euzet, tel un nouvel Hercule, viendra-t-il nettoyer les écuries de la mairie ?  

L’histoire ne le dit pas encore, mais si le bon peuple de Perpignan se lève et fait cause commune, qui sait ? Peut-être verrons-nous Maître Euzet porter l’écharpe tricolore, et notre bonne ville renaître, tel un phénix survolant le Canigou.  

À boire et à rire, mes chers amis, et que vive Perpignan libre et prospère !

"La Merveilleuse Querelle pour la Mairie de Perpignan, ou Comment Maître Euzet Prétend Délivrer la Cité du Sha National! interview par Nicolas Caudeville
"La Merveilleuse Querelle pour la Mairie de Perpignan, ou Comment Maître Euzet Prétend Délivrer la Cité du Sha National! interview par Nicolas Caudeville
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"La Merveilleuse Querelle pour la Mairie de Perpignan, ou Comment Maître Euzet Prétend Délivrer la Cité du Sha National! interview par Nicolas Caudeville
"La Merveilleuse Querelle pour la Mairie de Perpignan, ou Comment Maître Euzet Prétend Délivrer la Cité du Sha National! interview par Nicolas Caudeville
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8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 17:53
"La bataille de Perpignan" : un film de Noël pas comme les autres https://www.cinemutins.com/gare-a-perpignan-

Bienvenue à Perpignan, la capitale ensoleillée des intrigues politiques, où cette année, le Père Noël a décidé de laisser ses rennes au vestiaire pour un tour de campagne électorale. Imaginez une comédie dramatique sur fond de fatigue démocratique, un "Love Actually" revisité où les déclarations d’amour laissent place aux alliances improbables et aux promesses électorales. Voilà le ton de "La bataille de Perpignan : Fragments d'une fatigue démocratique", réalisé par Bertrand Schmit.


Synopsis : "Jingle bells, mais pas pour tout le monde"  https://www.cinemutins.com/gare-a-perpignan-https://www.cinemutins.com/gare-a-perpignan-

Dans ce joyeux désordre municipal, deux héroïnes se partagent la scène :

  • Caroline Forgues, la novice citoyenne, s’engage corps et âme dans une campagne qu’elle découvre aussi passionnante qu’épuisante. Épaulée par une liste aussi bigarrée que son pull de Noël (LFI, PCF, NPA...), elle jongle entre rédiger ses discours dans sa cuisine et calmer les tensions internes dignes d’un repas de famille raté.
  • Clotilde Ripoull, la candidate centriste vétérane, fait son retour pour une troisième tentative. Toujours aussi déterminée qu’un elfe monté sur ressorts, elle enchaîne les appels pour sceller des alliances improbables. Même le fantôme du Macronisme local fait une apparition, sans succès.

Mais derrière ces péripéties se cache un adversaire redoutable : Louis Aliot, le candidat RN, qui déroule sa stratégie avec l’assurance d’un Père Noël distribuant ses cadeaux sans concurrence. Et spoiler alert : c’est bien lui qui décroche l’écharpe tricolore à la fin.


Une campagne vue comme un téléfilm de Noël https://www.cinemutins.com/gare-a-perpignan-

Le film s’ouvre sur un décor typique de fin de conte : une fête victorieuse. Mais ici, les guirlandes sont remplacées par les sourires de l’équipe d’Aliot et les slogans triomphants. Le réalisateur nous invite ensuite à remonter le fil de cette campagne, où chaque candidat incarne une facette de la vie politique locale : les espoirs, les désillusions, et surtout, une ambiance de "fatigue démocratique" qui résonne plus comme une ballade mélancolique que comme un chant festif.


Les coulisses du pouvoir (et des désillusions)

Bertrand Schmit nous offre un regard aussi proche qu’un gros plan sous le gui.

  • On voit Caroline, entre deux cafés brûlants, tenter d’unifier sa liste hétérogène. Chaque réunion ressemble à une scène de dîner de Noël où personne n’est d’accord sur la sauce pour la dinde.
  • Clotilde, quant à elle, négocie sans relâche, mais finit par donner l’impression d’un sapin un peu dégarni à force de chercher la guirlande parfaite.
  • Enfin, Louis Aliot, qui, tel un Père Noël impassible, compte les cadeaux électoraux qui s’accumulent dans sa hotte.

"Love Actually" version politique ? Presque.

Ce qui différencie "La bataille de Perpignan" des classiques téléfilms de Noël, c’est l’absence d’un miracle réconciliateur. Ici, pas de baiser sous la neige, mais une leçon bien amère : la politique locale, avec ses promesses de proximité et ses idéaux, finit souvent noyée sous les éléments de langage et les stratégies froides. C’est Noël sans magie, mais avec un réalisme brut qui fait réfléchir.


Une fable moderne (et un peu grinçante)

Le film s’interroge subtilement : comment en sommes-nous arrivés là ?

  • Pourquoi la démocratie locale semble-t-elle aussi usée qu’un vieux pull de Noël ?
  • Comment Louis Aliot a-t-il su capter cette exaspération générale pour s’imposer comme le "sauveur" ?

Ce sont des questions lourdes de sens, mais portées avec une légèreté visuelle et narrative qui rappellent les meilleurs moments des comédies amères.


Pourquoi voir ce film ?

Pour les amateurs de politique, c’est une leçon en trompe-l’œil sur les mécaniques du pouvoir. Pour les fans de Noël, c’est une occasion de troquer le chocolat chaud contre un verre de vin, en riant (jaune) devant ces personnages plus vrais que nature.

"La bataille de Perpignan" n’est pas seulement un documentaire, c’est une tragédie festive qui nous rappelle que, même à Noël, tout le monde ne reçoit pas les mêmes cadeaux.

 

 

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4 décembre 2024 3 04 /12 /décembre /2024 01:11

"Regardez ce type à côté de vous ! Regardez-le dans les yeux ! Vous verrez un type qui foncera avec vous. Vous verrez un type qui se sacrifiera pour l'équipe parce qu'il sait que le moment venu, vous en ferez autant pour lui... C'est ça une équipe messieurs. Soit nous guérissons, maintenant, en équipe... Soit nous mourrons, en individus. C'est ça le football, les gars. Rien de plus. Eh bien, qu'allez-vous faire ?"

L'enfer du dimanche Oliver Stone

**Indignez-vous ! Quand les "Catalans qui gagnent" dansent sur l’aiguille de la République en chute**  

En feuilletant le supplément de *L’Indépendant* consacré aux "Catalans qui gagnent", une étrange sensation m’a envahi. Comme un écho lointain de la question byzantine : *"Combien d’anges peuvent danser sur la pointe d’une aiguille ?"*. Une interrogation à la fois vaine et fascinante, posée alors que l’Empire de Constantinople s’effondrait autour de ses penseurs. Cette célébration des gagnants, dans une France plongée dans la confusion politique et institutionnelle, résonne de manière tragiquement décalée. La Cinquième République, ébranlée par la dissolution de l’Assemblée et l’incapacité d’unir ses forces vives, semble glisser doucement vers une forme de "démocratie spectacle", où le récit du succès individuel masque la faillite collective.  

### Les "gagnants" face à la débâcle

L’éloge des "Catalans qui gagnent" est un bel exercice, une respiration dans une actualité lourde. Ces entrepreneurs audacieux, ces héros locaux, ces jeunes courageux, nous rappellent que dans les marges de la République, une vitalité persiste. Pourtant, en le lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser au contraste criant avec l’état de nos institutions. Comme si, au milieu d’un naufrage, nous choisissions de raconter les exploits des meilleurs rameurs, oubliant que le navire lui-même est en train de sombrer.  

Le président, en déplacement à l’étranger, semble se désintéresser de l’implosion de l’Assemblée qu’il avait lui-même dissoute. Un gouvernement fragilisé s’accroche à un 49.3 contesté pour faire passer un budget, tandis que l’opposition, hétéroclite et désorganisée, rêve d’une censure qui ne déboucherait que sur davantage de chaos. La République vacille, et pendant ce temps, nous comptons les anges sur la pointe de l’aiguille.  

### Une démocratie en mise en abîme

Cette célébration des gagnants devient alors une mise en abîme saisissante. Elle reflète une République où le collectif s’efface derrière des récits individuels. Les "Catalans qui gagnent" sont les anges lumineux de cette nouvelle époque, dansant au sommet d’une démocratie réduite à une coquille vide. Ces récits inspirants, ces succès mérités ne sont-ils pas aussi une distraction ? Un moyen d’éviter la question plus pressante : *que reste-t-il de notre contrat social ?*  

Le paradoxe est cruel. Tandis que l’on glorifie des individus qui triomphent par leur courage, leur créativité ou leur abnégation, la structure même qui devrait permettre à tous de prospérer – l’État républicain – s’effondre lentement sous le poids de ses contradictions.  

### L’aiguille vacille  

La question "Combien d’anges peuvent danser sur la pointe d’une aiguille ?" illustre l’absurdité d’une réflexion détachée du réel, alors que tout autour, l’urgence gronde. Aujourd’hui, cette aiguille pourrait symboliser la République elle-même, fragile, précaire, prête à céder sous le poids des attentes et des déceptions.  

Les gagnants dansent, mais l’aiguille vacille. Pendant ce temps, les "perdants" – les invisibles, les précaires, les résignés – regardent, impuissants. Ils ne sont ni dans les pages des journaux, ni dans les hautes sphères de pouvoir. Ils survivent à peine, invisibles dans ce grand ballet où seuls les anges triomphent.  

### Une danse en marge de l’essentiel  

La célébration des "Catalans qui gagnent" est-elle vaine ? Non, car ces récits inspirent, ils donnent à rêver. Mais elle devient problématique lorsqu’elle détourne le regard des structures brisées, lorsqu’elle remplace l’indispensable réforme par une flatterie superficielle de l’excellence individuelle.  

Au lieu de se demander "qui gagne ?", ne devrions-nous pas nous interroger sur le sens même de cette victoire dans un pays qui s’effrite ? Que vaut le succès d’un individu lorsque le collectif s’écroule ? La pointe de l’aiguille ne peut soutenir infiniment les anges, pas plus qu’une démocratie ne peut subsister sans un effort commun pour la préserver.  

### Indignez-vous, une fois encore  

Il est temps de cesser de compter les anges et de regarder l’aiguille elle-même. La République n’a pas besoin de gagnants isolés, mais de citoyens solidaires. Elle n’a pas besoin de danses brillantes, mais de bases solides. Comme le disait Stéphane Hessel, l’indignation est une étincelle. Indignons-nous de cette danse inutile, de ce spectacle qui masque l’essentiel. Puis, transformons cette indignation en action.  

Car si la Cinquième République est à genoux, c’est à nous, citoyens, de la relever. Ensemble. Quittons la pointe de l’aiguille et redescendons sur la terre ferme, là où se joue l’avenir.

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