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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 14:02


« Les poètes immatures imitent ; les poètes matures volent ; les mauvais poètes défigurent ce qu’ils prennent, et les bons poètes en font quelque chose de meilleur, ou du moins quelque chose de différent. »

T.S. Eliot, The Sacred Wood, 1920

https://www.bartleby.com/200/sw11.html

The Sacred Wood est un recueil de 20 essais publiés en 1920. L’un de ces essais traite de l’œuvre de Philip Massinger, dramaturge anglais, représentant du théâtre élisabéthain. T.S. Eliot analyse les similitudes entre son œuvre et celle de Shakespeare. Clairement Massinger a plagié Shakespeare. Mais Shakespeare en a fait de même avec Montaigne. La différence entre les deux est simplement le talent.

L’œuvre de Massinger n’est qu’un « écho » de celle de Shakespeare.

Pour André Bonet, et sa politique culturelle, il en va de même.

Lors du conseil municipal du 22 juin 2022, Dédé nous a gratifié d’une petite sortie vindicative de près de dix minutes, histoire de tacler l’opposition qui avait eu l’outrecuidance de déclarer, je cite le journal municipal : « Pour la Culture : la nouveauté se résume à des cubes disposés aux quatre coins de la ville. »

Le communiqué des élus d’opposition peut se résumer à : « Nihil novi sub sole »

Et dans le fond c’est tout à fait vrai.

On ne peut pas dire que ce brave Dédé nous ait gratifié qu’un truc particulièrement nouveau. À croire qu’il a fait sien le conseil que donne Machiavel dans le chapitre VI du Prince : pas d’innovation !


Parce que bon, « l’art prend l’air », c’est du déjà-vu. Et l’idée, à la base, ne vient pas tellement de Dédé. On ne va pas ressortir la polémique que la première édition avait connue, vu qu’ici on ne fait pas dans le réchauffé. Non, on va juste dire que question nouveauté, on a vu mieux.

On va éviter de parler de Ruscino, parce que la vraie histoire est celle de 20 ans d’incompétence et de grand n’importe quoi. Sur le coup la mairie finalise un projet que n’importe qui de sensé aurait finalisé. Là aussi, pas de quoi sauter au plafond.

Le pôle muséal, c’est la même chose. Un projet dont on entend parler depuis des années, mais qui par incompétence et incapacité à comprendre l’importance de la culture pour le développement socio-économique de Perpignan n’a jamais été mis sur la table.

La médiathèque du Haut-Vernet, c’est une très bonne idée. Mais là aussi, il s’agit juste de compenser des décennies de mépris des habitants et de sous-équipement.

L’hommage à Antoine de Roux arrive aussi après que l’ASPAHR a annoncé un séminaire dédié à son travail dans le courant de l’automne 2022. Comme on sait que Dédé n’aime pas l’urbanisme, le plagiat sur ce coup-là est flagrant.


Seul point positif, on notera un peu d’humour dans les noms des événements.

Vu qu’on s’emmerde à Perpignan, Dédé nous a fait un festival « Gastro ».

Pour l’édition 2023, la rumeur prétend que l’événement pourrait être sponsorisé par Tena.

Si l’on sait faire un pas de côté, si l’on sait sortir de la pensée en silo, qui caractérise bien Dédé, soit dit en passant, on se rencontre que cette « politique culturelle » n’est pas juste insipide. Elle est d’abord est avant tout un exemple flagrant de la « métropolisation » de la culture.

Louis Aliot et André Bonet inscrivent leurs politiques dans le cadre des mécanismes de métropolisation. Ils désirent inscrire Perpignan dans le cadre de la concurrence que les « métropoles » se livrent depuis plusieurs décennies. Or, Perpignan n’a pas les moyens de lutter. La ville, ainsi que le département, ne disposent pas d’atout unique, et les élus n’ont pas de vision à moyens longs termes. Ils radotent des recettes sans ambition, en espérant que ça marche.

Manque de pot, ça ne marche pas.

Et ça ne marchera jamais.

Pour se développer Perpignan doit sortir du phénomène de métropolisation. Sauf à devenir la banlieue-dortoir de Barcelone, ou de Toulouse, il n’y a pas d’autre manière d’agir.

Mais ni Louis Aliot ni André Bonet n’ont lu Guillaume Faburel. D’ailleurs Dédé ne lit pas, c’est bien connu.


https://reporterre.net/Ah-qu-il-est-doux-de-vivre-loin-des-metropoles


https://www.cairn.info/revue-d-economie-regionale-et-urbaine-2020-1-page-141.htm


La métropolisation est une « idéologie ». C’est l’idéologie qui nourrit la timocratie, version XXIe siècle.

Et localement, la timocratie c’est le sucre glace sur le gâteau de l’économie de la Rente.

Les timocrates modernes, dont Dédé est un magnifique exemple, ne s’intéressent plus qu’aux honneurs. Ils n’ont pas de fond, ils ne veulent que l’apparence.

À l’inverse des ploutocrates, ils ne cherchent même pas à accumuler de la richesse. Non, ils cherchent juste une forme abâtardie de prestige. Pour citer Francis Fukuyama, ils souffrent de « mégalothymie », c’est-à-dire d’une volonté, maladive, d’être reconnus comme supérieur aux autres.

Hélas, ils sont timocrates, pas « aristocrates ». Leurs faits d’armes ne parlent pas pour eux. D’ailleurs ils n’ont aucun fait d’armes.

Et c’est pas glorieux !

Alors ni plagiaire, ni génie, André Bonet n’est qu’un énième avatar de ces timocrates 2.0 qui pullulent de nos jours. Sans ambition, sans vision, la politique culturelle de Perpignan, sa politique culturelle, n’est ni culturelle ni même une politique à proprement parler. C’est juste une suite d’actions et d’événements sans envergure. Rien qui ne restera dans l’histoire de la ville.

Perpignan a les moyens d’avoir une politique culturelle ambitieuse.

Perpignan a besoin d’ une politique culturelle ambitieuse.

C’est juste que ce ne sont pas les bonnes personnes qui sont en place.

Voir aussi:

 

Culture / Perpignan: messe pour le temps présent ! par Jordi Vidal featuring Nicolas Caudeville

http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2020/08/culture/perpignan-messe-pour-le-temps-present-par-jordi-vidal-featuring-nicolas-caudeville.html

 

Covid19 / Occitanie: quel futur pour la culture en région? La réponse du président de la commission culture Serge Regourd, interview par Nicolas Caudeville

http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2020/10/covid19/occitanie-quel-futur-pour-la-culture-en-region-la-reponse-du-president-du-president-de-la-commission-culture-serge-regourd-i

 

Canet: les enjeux de la politique culturelle et son impacte sur la création locale ? interview Pascal Ferro, Rémy Castello par Nicolas Caudeville

http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2021/10/canet-les-enjeux-de-la-politique-culturelle-et-son-impacte-sur-la-creation-locale-interview-pascal-ferro-remy-castello-par-nicolas-c

Vidéo MYSTIQUES LITTÉRAIRES ET MUSICALES EN TERRE D'AQUI Thierry Grillet et Maëlle Rouifed interviewés par Mariya Marenych, Patrick Sommier et Nicolas Caudeville en direct du Clap Ciné de Canet

http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2021/03/mystiques-litteraires-et-musicales-en-terre-d-aqui-thierry-grillet-et-maelle-rouifed-interviewes-par-mariya-marenych-patrick-sommier

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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 15:12

De temps en temps, il faut savoir sortir de la pensée en silo, il faut savoir lier des éléments disparates, il faut savoir écouter et comprendre les forces telluriques. En clair, il faut faire de l’analyse.

De la vraie !

Pas de la fausse, à la manière des post-adolescents narcissiques qui voudraient être, sans jamais bosser, et, qui pullulent dans le coin.


Et la pseudo-polémique sur les restaurants halal de la rue de la Cloche d’Or est un excellent exemple à étudier.

https://www.francebleu.fr/infos/societe/y-aura-t-il-vraiment-des-restaurants-halal-dans-la-rue-de-la-cloche-d-or-a-perpignan-1656064432


La rue de la Cloche d’Or a vu bon nombre de ses commerces fermer ces dernières années. Le marasme économique du centre-ancien, provoqué par une paupérisation de la population et la création de centaines d’hectares de zones commerciales périphériques, cumulé à la pandémie sont venus à bout de ces commerces, au modèle économique fragile.

Un promoteur a bien essayé de relancer la rue, avec un projet de « rue gourmande ». Mais des problèmes techniques ont fait capoter le projet. Le promoteur a donc décidé de vendre les 11 commerces.

https://www.lindependant.fr/2022/03/29/perpignan-lavenir-du-projet-dartere-gourmande-de-la-rue-de-la-cloche-dor-en-danger-je-me-donne-encore-30-jours-pour-trouver-une-solution-annonce-lentrepreneur-10201629.php


Un groupe d’investisseur se serait porté acquéreur, pour un montant de l’ordre de 1 035 000 €. Sans être élevée, c’est une somme coquette.

Dans le lot, une franchise G La Dalle ouvrirait. Et comme il s’agit d’une chaîne de restaurant halal, la mairie voit rouge.

On a donc eu droit à une sortie contre les enseignes G La Dalle et Phuket Wok, accusées d’utiliser des capitaux étrangers pour saccager l’identité catalane de Perpignan.

Lors du même conseil municipal, Louis Aliot a aussi qualifié la NUPES « d’islamofasciste ». On le savait puéril par moment, on le découvre mauvais gagnant. On reviendra plus loin sur ce point.


Une rapide recherche sur le web (merci l’INPI, merci Infogreffe) permet de se rendre compte que les entreprises derrières ce projet ne dispose pas d’une grosse surface financière. On est loin des fonds d’investissement américains qui déferlent dans le sport professionnel français. On est plutôt face à des petites boîtes, assez bien gérées à priori, dont les chiffres d’affaires ne doivent pas tellement dépasser les dix millions d’euros.

Dix millions, pour une entreprise « nationale », c’est très peu. Le département compte plus de 170 entreprises dépassant ce niveau de chiffre d’affaires, et pourtant il est pauvre. Donc au niveau national, ces entreprises ne sont rien. On est très loin des grands groupes financiers menaçant la ville qui hantent les cauchemars du conseil municipal.

https://www.verif.com/Hit-parade/01-CA/01-Par-departement/66-Pyrenees-Orientales/


Revenons sur l’aspect mauvais perdant. Louis Aliot se plaint, tout à la fois, de l’opacité des transactions financières et immobilières, et, de la libre circulation des capitaux.

D’abord sur la circulation des capitaux, le RN n’est pas très vindicatif. De même sur l’opacité des affaires.

De plus, avec 4 députées dans les PO, et un groupe de 89 députés à l’Assemblée, Louis Aliot pourrait tenter de faire passer des lois qui durcissent les contrôles. Mais, en bon petit soldat du Capital, le RN n’ira jamais dans cette direction. Le secret des affaires passe avant la France.
C’est bien connu.


Mais le vrai problème n’est pas dans l’opacité, ni dans la cuisine halal.

Il ne s’agit que d’alibis.

Il ne s’agit que d’une simple réduction de dissonance cognitive.

Le vrai problème c’est que Louis Aliot s’est cogné dans le réel.

Et ça fait mal !


En une semaine seulement la mairie de Perpignan a quitté l’agence d’attractivité de Perpignan Méditerranée Métropole (en ayant pour projet de créer la sienne) et a demandé à récupérer la compétence tourisme, dans le cadre de la loi 3DS.

Dans les deux cas, ni Louis Aliot, ni aucun de ses élus, n’ont exposé clairement leurs projets. Aucun document stratégique n’a été publié. Ni vision, ni budget prévisionnel, rien de fonctionnel.

Pourtant la municipalité s’est payé un « développeur de centre-ville ».

Mais celui-ci est d’une incroyable discrétion. En 8 mois, il n’a fait aucune apparition publique, ni conférence de presse, ni interview. Il serait bon qu’il s’exprime au sujet de la Cloche d’Or. Il a touché de l’argent public pour éviter que les restos de junk food pullulent en ville.

https://www.lindependant.fr/2021/11/08/perpignan-un-developpeur-recrute-pour-mettre-fin-au-declin-du-centre-ville-9916332.php


Cette polémique, stérile, illustre l’incapacité de la classe politique locale a développé une vision pour le département. Louis Aliot n’a pas plus d’ambition qu’Hermeline Malherbe. Sauf que, elle, au moins, assume de vivre dans la « quatrième dimension ».

Personne au sein du conseil municipal ne parle économie. Personne ne parle de développement. Personne ne parle de l’avenir.

Ça vivote bien tranquillement, en tablant sur la médiocrité de ceux d’en face pour être réélu.

Ça ne parle pas de capital risque, qu’il faudrait développer. Ça ne parle pas formation de cadres, dont les entreprises locales manquent cruellement. Ça ne parle pas de stratégie, et pourtant il en faut une, de toute urgence.


Dans « La lie de la terre », Arthur Koestler explique qu’il existe 3 types de fascismes : le fascisme grande gueule (Mussolini), le fascisme militariste (Hitler), et, le fascisme sénile (Pétain).

Il en va de même pour le Capitalisme.

Il existe un Capitalisme sénile, incapable de penser, incapable de s’adapter, incapable de trouver des solutions au moindre problème. Un capitalisme sénile, juste bon à vivre de « l’économie de la rente ».

Louis Aliot vient de comprendre qu’il existe d’autres formes de capitalisme, notamment le Capitalisme financier, que son parti soutient, et qui, outre son amoralité, se caractérise par une voracité et une violence sans limite.

Lorsque l’on se croit fort, parce que l’on a gagné une élection, tomber nez à nez face au Capitalisme financier, sans y être préparé, c’est l’assurance de voir mourir ses illusions.


Et comme le dit si bien Arthur Koestler : « Aucune mort n'est aussi triste et définitive que la mort d'une illusion. »


https://youtu.be/wGKxcJ6wwt0


 

Cloche d’Or, restaurants halal, agence d’attractivité, tourisme : quand Perpignan devient la capitale mondiale du Capitalisme sénile ! par Philippe Poisse
Cloche d’Or, restaurants halal, agence d’attractivité, tourisme : quand Perpignan devient la capitale mondiale du Capitalisme sénile ! par Philippe Poisse
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23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 17:17

"Ne nous suicidons pas tout de suite il y a encore quelqu’un à décevoir." E.Cioran

Tu sors de la soirée électorale à la préfecture. Une fête se tient à Ille-sur-Têt entre militants. On t’a fait comprendre que tu ne dois pas y aller. On t’accuse, moins de 2 heures après que les résultats soient tombés, d’être responsable de la défaite. Pas suffisamment agressif avec le RN, pas assez de « fascistes », trop peu de « racistes ». Les conneries habituelles des perdants. On veut te protéger. On sait qu’à un contre cinquante, le combat n’est pas équitable. Surtout pour ceux d’en face.

Alors tu rentres chez toi.

Tu t’assois sur ton lit, le seul meuble sur lequel il est possible de s’asseoir dans ces 20 m² de misère.

Et tu pleures.

De tristesse.

De rage.

Ouais, surtout de rage !


Bon, il est des perdants. T’en as croisé plein de ces blaireaux qui pullulent un peu partout et qui tirent les collectifs, d’une manière ou d’une autre, vers le bas. Ça passe son temps à geindre ; ça répète encore et encore les mêmes erreurs, les mêmes méthodes, et ça échoue, lamentablement, sans jamais ni se remettre en question ni se dire qu’il existe d’autres manières d’agir.

Les pires d’entre eux, finalement, tu dois bien le reconnaître, c’est les états-majors des partis politiques locaux. Le département s’effondre, petit à petit, les indicateurs sont tous au rouge. Mais non, tout va bien. Ils ne changent ni leur discours, ni leur vision du monde. Leurs égos les rendent aveugles à la réalité.

Ils diront : « nous avons fait le travail ».

Mais : 4 députées RN !

Ils diront : « nous avons fait une bonne campagne ».

Mais : 4 députées RN !

Ils diront : « notre bilan d’élus est bon ».

Mais : 4 députées RN !

Ils diront : « moi, j’aurai gagné ».

Mais : 4 députées RN !

Ils diront : « nous, nous savons ».

Mais : 4 députées RN !

Ils diront : « nous connaissons la bonne méthode ».

Mais : 4 députées RN !

Et lorsque que l’on leur dira «  4 députées RN ? », ils diront : « … »

Ils ne diront rien.

Ils sont sociaux-démocrates.

Ils n’ont donc rien à dire.

Ils comptent, ils négocient leurs places, ils sauvent leur avenir, fut-il médiocre. Le reste, ils n’en ont cure.

Ils enverront des sms, une fois la défaite consommée, disant « on aurait dû travailler ensemble », histoire de faire oublier qu’ils ont fait campagne, en qualité d’élu local, contre leur camp.

Ils feront des analyses, holistiques, dénuées de sociologie, dénuées de politiques, dénuées d’intelligence, simplement pour se justifier.

Ils sont exsangues.

Ils sont vides.

Ils sont dépourvus de sens.

Ils sont risibles.

Ils sont sociaux-démocrates.


Pourquoi perdent-ils ?

Parce qu’ils n’ont jamais eu faim ; parce qu’ils n’ont pas faim ; parce qu’ils n’auront jamais faim.


Mais toi, tu sais ce que c’est qu’avoir faim.

Métaphoriquement, certes.

Mais en pratique aussi.


Alors tu aurais envie de leur balancer un bon vieux : « Sautez dans l’urinoir et tenez-vous sur la tête. Je suis le seul vivant. Vous êtes tous morts. »

Mais, ils ne comprendraient pas.

Non, ils ne comprendraient pas.


Toi, tu pleures de rage.

Eux, ils finissent le repas du soir.

Pas le même monde.

Pas la même classe sociale.

Pas la même souffrance.

Faut dire, la souffrance a choisi son camp.

Et elle sait s’acharner.

Toi, tu le sais.

Eux, non !

Toi, tu le vis.

Eux, non.


La social-démocratie c’est l’idéal de la classe politique locale. Personne n’y échappe. Pas même le Rassemblement national, quoi qu’il en dise.

Une société figée, avec le moins possible de tension, surtout sociale. Un monde dans lequel la culture est absente, ou totalement parodiée, voire parodique.

Une société tranquille, où ils pourraient briller d’un éclat terne.

Ils n’ont pas lu Alain Damasio. Ont-ils lu ? Alors ils ne comprennent pas que leur monde se meurt. Alors ils ne se rendent pas compte qu’ils n’ont pas d’idéal, juste des maisons de vacances.

Les sociaux-démocrates veulent un monde de perdants, parce qu’ainsi ils pourront geindre sans être critiqués. Sans être déplacés.


Toi, tu voudrais un monde où quand tu refuses de payer les 50 cents que la porte te réclame, elle te menace d’un procès. Et toi, tu souris, parce que tu sais, qu’être traîné en justice par une porte, tu peux y survivre.

Ouais, tu veux un monde où l’on vit.

Pas un monde où l’on s’emmerde.


Et puis, t’aimerais que quelqu’un fasse campagne dans le coin en parlant du bonheur. Ça devrait pas être compliqué pourtant, ça, de parler du bonheur, merde ! Mais non, il faut qu’ils te parlent de sujets insipides, la dette, le burkini, la 5G, etc.

Lorsqu’un noble lui déclara : « Vous, Français, vous vous battez pour l'argent. Tandis que nous, Anglais, nous nous battons pour l'honneur ! », Surcouf répondit : « Chacun se bat pour ce qui lui manque. »

Mais putain de merde, c’est pas plus compliqué que ça ! Il faut se battre pour le bonheur !


Mais c’est sans doute trop demander.


Tu es dans la forêt. Deux chemins face à toi. Un chat, au sourire étrange, te guide. D’un côté, te dit-il, se trouve un chapelier. De l’autre côté, précise-t-il, se trouve un lièvre. Tu peux aller à droite ou à gauche, c’est du pareil au même, te garantit-il. Tous les deux sont fous.

C’est cela la social-démocratie. Une forme de folie.

Ni de droite, ni de gauche. Tout à la fois.

L’absurde.

Et tant pis pour ceux qui en crèvent.


Le chat sourit. Et toi tu pleures.


Tu sais que demain, il faudra se lever. Arrêter de pleurer. Et affronter le monde. Ce monde !

Tu t’étais, parce que dans le fond tu y croyais vraiment, « avec elle, d’accord, on continuera à bouffer des pelletées de merde, mais les pelles seront plus petites ».

C’eut été un progrès.

Mais non, les pelles vont grandir. Encore et encore.


Alors tu es là, assis sur ton lit.

Il te reste la rage.

Formidable moteur.

C’est sans doute la seule chose que l’on ne peut pas te prendre.

C’est sans doute la dernière chose qui te permet de garder un peu de dignité humaine.


Jusqu’à quand ?


https://www.youtube.com/watch?v=onkbaz3KR_4

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 23:07

« Madame Nathalie Cullell, candidate NUPES 3ème circo. des PO, je ne vous laisserai jamais déboulonner La Croix du Canigou »

C’est avec cette simple phrase, agrémentée d’une photographie de la croix du Canigó, que Laurence Martin, candidate LR sur la 3e circonscription des Pyrénées-Orientales, a décidé d’attaquer Nathalie Cullell, candidate NUPES sur cette même circonscription, à moins de deux jours de la clôture de la campagne officielle.


D’abord, et même si c’est anecdotique, quitte à défendre notre patrimoine, nos traditions, autant écrire correctement le nom du Canigó.

Il s’agit du Canigó, notre montagne sacrée, à nous, Catalans de sang et Catalans de cœur.

Pas d’une vulgaire boite de pâté pour chien !


Mais le problème n’est pas l’inculture, criante, de Laurence Martin. Des candidats incultes, malheureusement, il en existe plein. C’est sans doute la norme.

Le problème est le procédé derrière ce post Facebook, accompagné d’un tweet.

Laurence Martin invente une polémique de toute pièce.

Nathalie Cullell n’a jamais déclaré vouloir déboulonner la croix du Canigó. La France Insoumise, ni localement, ni nationalement, n’a jamais abordé ce sujet.

Certes des militants peuvent en parler, y compris sur les réseaux sociaux. Mais cela n’engage qu’eux et non le mouvement dans son ensemble.

Et ce qui vaut pour la France Insoumise veut pour la NUPES.


Il serait facile de déclarer que Laurence Martin entend des voix à défaut de les recevoir ; que Laurence Martin est "stupide".

Ce serait facile. Mais ce serait faux.

Cette déclaration est réfléchie. Elle entre dans une stratégie de communication, particulièrement grossière, certes, mais totalement assumée.

Laurence Martin tient des propos, à la limite de la diffamation, visant à discréditer une adversaire, capable de l’emporter. Et comme, elle n’a pas de fond programmatique sur lequel s’appuyer, Laurence Martin s’attaque à un symbole, chère au cœur des habitants de la circonscription, et d’ailleurs.


La méthode est banale. Laurence Martin table sur la lenteur de la justice. Un procès pour une affaire de diffamation prendrait des mois, voire des années, à avoir lieu. L’élection, elle, est dans quelques jours.

Laurence Martin montre ainsi toute la bassesse de son âme. Et son indigence (de la république) politique en devient criante.


La NUPES propose un programme complet et, relativement, long. Un opposant a l’assurance d’y trouver des angles d’attaques. Et sans doute assez de matière pour y créer des polémiques. Encore faut-il le lire.

https://nupes-2022.fr/le-programme/


Laurence Martin montre qu’elle n’a pas "d’honneur" si ce mot avait encore un sens en cette période trouble.

Il faut espérer qu’il s’agit d’un cas isolé au sein des Républicains.

La politique, c'est comme les allumettes,  ce n’est pas un jeu pour les enfants.

Il faut espérer que les responsables locaux des Républicains le lui rappellerons.

Fermement !


 

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 01:08

Avril 2022, on t’a invité à une réunion de la FI, dont l’ordre du jour est la présentation des candidats aux législatives. Bon, t’as pas envie d’y aller. Il y aurait sans doute un paquet d’autres trucs à faire. Peut-être même des trucs utiles. Qui sait ?

Mais des mecs du Conflent t’ont dit qu’ils viendraient, et ils aimeraient te rencontrer.

Il est 18 h, la réunion est à 18 h 30.

Tu y vas.


Les réunions politiques sont des lieux de véridiction. À croire que Michel Foucault a forgé ce terme en pensant à la classe politique Perpignanaise.

Oui, des véridictions. Rien de plus.

Il n’y a en général rien à tirer de ces soirées. Et souvent pas grand-chose d’autre à tirer des candidats.

Si au moins ils étaient drôles. Mais non.

Les binômes avaient déjà été annoncés. Grenouillant dans le milieu politique local, on connaissait déjà pas mal de candidats. Mais on a un tropisme Saint-Jacques, et pas seulement pendant les élections, alors on s’est intéressé au binôme pour la troisième circonscription. Celle qui va de Perpignan à Porté-Puymorens. De la place Cassanyes à la mairie de Porté-Puymorens il y a 120 km. Oui, ma p’tite dame, il s’agit de la circonscription la plus étendue de France. Rien que ça !

Nathalie Cullell ?!

Jamais entendu parler.

On a donc cherché sur le web, et on a trouvé un reportage de France 3, traitant des Gilets Jaunes en Cerdagne. C’est sûr que ce n’est pas les quotidiens de la plaine qui en aurait parlé.

https://youtu.be/IKGIJ55E7HE


La candidate arrive donc de La Cabanasse, commune rurale de haute montagne de près de 700 habitants, surtout connue pour sa gare. Et elle a pris les ronds-points de traverse pour venir jusqu’à Perpignan.

Certains sont profs en collège, elle, elle est prof en colère.

C’est pas pareil.

Parce que l’école publique, en montagne, c’est une catastrophe. Fermeture de classes, fermeture d’écoles. Déni d’enseignement. Déni de démocratie.

Pour l’anecdote, il y a quelques années, un ami a bossé comme administrateur système au lycée de Font-Romeu. Il y a passé un an. Quand il est parti, son responsable lui a appris que son poste avait été supprimé deux ans plus tôt, et qu’ils auraient du mal à trouver un remplaçant.

Les lycéens, en haute montagne, n’ont pas besoin d’informatique.

Donc à la fin de la réunion, on va discuter avec la candidate. On lui passe des numéros de téléphone de gens à contacter sur Perpignan, on dit du mal du médiocre qui fut candidat sur la 3e en 2017, et on finit par dire « bonsoir » et partir*.

À ce moment-là, il ne reste plus qu’à attendre et voir.


Faut dire ce qui est, je suis du genre cynique, même si je n’ai pas lu le moindre livre de Peter Sloterdijk.

https://www.babelio.com/livres/Sloterdijk-Critique-de-la-raison-cynique/19095#citations

Et puis je suis, basiquement, désabusé. C’est ce qui arrive lorsque l’on fait campagne, trop longtemps, avec des gens à la moralité douteuse. Et que l’on est, faut bien le dire, de bonne foi.

J’y ai cru. Je le regrette.

Alors j’attends et je regarde le début de campagne.

La création de la NUPES est une bonne chose, malgré ses nombreux défauts. Mais localement la campagne est molle. Particulièrement molle.

Ils n’y croient pas ? Ils s’en foutent ? Ils n’y sont pas ?

Le téléphone ne sonne pas.

Les emails n’arrivent pas.

Personne ne demande conseil.

L’ennui !


La campagne est « plan-plan ».


L’après-midi du meeting place de la Victoire j’ai fait le tour des boites à livres de Perpignan avec une amie arrivée dans le coin depuis peu. C’était plus intéressant.

La défaite en chanson.


Et puis le téléphone sonna.


La candidate, un peu à ma surprise, avait fini par passer les coups de fil que j’espérais. Bon, on en est pas à sauver Saint-Jacques, mais au moins on a une candidate avec la tête sur les épaules. Ça nous change de la classe politique locale, et surtout du « gang des losers », qui a cherché à taper l’incruste pendant cette campagne, et, qui au final n’a rien foutu.

Elle a besoin d’information sur Perpignan, et, surtout, d’un coup de main pour dynamiser la campagne.

On est jeudi soir. Le week-end sera chargé !


Donc samedi matin, c’est tractage place Cassanyes. Bibi va donc en profiter pour organiser un petit tour à Saint-Jacques. Parce le Contrat de Ville, la Rénovation Urbaine, c’est du ressort de la loi, donc des députés. N’en déplaise à Pierre Bataille, le candidat écocide LREM, que personne n’a vu en ville.

Et, malgré la présence de quelques aliborons, le tractage c’est bien passé. Passage par la place du Puig, agrémenté d’une discussion avec des habitants de la caserne Saint-Jacques, lieu où lors des municipales aucun candidat ne va. Nathalie Cullell a eu aussi droit à la « tournée des beaux dégâts », comprenez les démolitions voulues par Jean-Marc Pujol et Chantal Bruzy, la suppléante de Pierre Bataille. Une vidéo fut tournée sur l’îlot Paradis, celui qui avait valu l’ire de Stéphane Berne, et sur l’espace béant laissé par la chute de l’îlot Puig.

Le choc est violent.

Et il n’est pas feint !

C’est ça aussi être de gauche !


T’as beau être Gilet Jaune, t’as beau avoir une conscience politique, t’as beau être prof et voir des élèves connaître des situations sociales difficiles, Saint-Jacques c’est un choc. Les pouvoirs publics expulsent les habitants ; les pouvoirs publics démolissent des immeubles dont l’origine remonte au XIVe ; les pouvoirs publics maltraitent, dans le simple et unique but de faire du fric, des populations particulièrement pauvres et vulnérables ; et, strictement, personne n’en parle sérieusement.

Non, aucun candidat n’a mis la Rénovation Urbaine sur la table !

Pourtant trois des quatre circonscriptions des PO sont concernées !

Et après on s’étonne que les pauvres ne votent pas à gauche !

Non, les pauvres ne votent pas !

Non, les pauvres crèvent !

La gueule ouverte !


Mais Saint-Jacques ne suffit pas. Perpignan a bien d’autres quartiers.

Rendez-vous est donc donné dimanche matin, histoire d’aller tracter à Saint-Mathieu.

Et donc, Bibi, se lève un dimanche matin.

C’est dire s’il y croit.


Saint-Mathieu connaît une situation pire que Saint-Jacques. La population a baissé de près de 15 % en 10 ans. Les rues se vident et, parfois, ressemblent à des coupes-gorges. La mairie a expulsé, appartements après appartement, de nombreuses familles pauvres. La mairie a aussi exproprié, au fil du temps, histoire de pouvoir préparer de futures démolitions, permises par une, hypothétique, future loi sur la Politique de la Ville. Et là, place des Templiers, face à un îlot immense, parfaitement réhabilitable, nous nous arrêtons, à trois seulement, pour réaliser une, trop, beaucoup trop, rapide vidéo sur le sujet.

Oui, il faut défendre Saint-Mathieu. Oui, il faut défendre le patrimoine. Oui, il faut défendre les habitants. Oui, il faut défendre ceux qui n’ont rien.

Oui, il faudrait une révolution. Il faudrait la Révolution !

Mais, on sait ce que c’est la révolution.

« Tu comprends, ceux qui savent lire dans les livres qui vont voir ceux qui ne savent pas lire dans les livres, les pauvres, et disent : ici, il faut du changement ! Et les pauvres bougres font le changement. Après ça, les plus malins de ceux qui savent lire s’assoient autour d’une table, et ils parlent et ils mangent, et ils mangent et ils parlent, et ils parlent et ils mangent ! Et pendant ce temps-là, qu’est-ce qu’ils font les pauvres bougres ? Ils sont morts !

Et qu’est-ce qui arrive quand c’est fini, pauvre con ? Rien ! Tout recommence, comme avant ! »


https://youtu.be/S_yTkiStLD8


Oui, une vidéo d’une minute c’est trop court, surtout pour un sujet aussi complexe.

Mais, maintenant le sujet est sur la table.

Quoi qu’il arrive, Nathalie Cullell a enlevé le tapis sous lequel toute la gauche, la vraie comme la fausse, cache la poussière. Ils ne peuvent plus dire : nous ne savons pas !

L’information est publique.

Et c’est une candidate venue de la Cabanasse qui a fait le boulot.

Qui a fait leur travail !

Parce que dans le fond, qu’est-ce qu’elle en a à foutre de Perpignan ? Elle ne fantasme pas à l’idée d’en être maire. À l’inverse d’une flottée de médiocres.


D’ailleurs, elle ne rêve pas non plus d’être députée. Clairement, cette campagne n’est rien d’autre qu’un moyen de mettre la lumière sur le quotidien des plus pauvres, sur leurs problèmes, sur leur misère. Sur la misère.

Alors, allez savoir, pourquoi, elle veut interroger les habitants, pour comprendre leur vécu. Un dimanche matin, à Saint-Mathieu. Le truc improbable. Le truc que la gauche perpignanaise, et surtout la fausse, refuse de faire.

Alors on finit par trouver des gens. Et on parle du réel. Le réel, vous savez cette saloperie qui s’invite partout, qui ne vous lâche pas, qui vous colle à la peau, qui se souviendra éternellement de vous, de vos erreurs, de vos faux-pas, de vos mensonges, mais qui, parce que c’est un fumier sans nom, mettra un point d’honneur à faire oublier vos bonnes actions.

Le réel, c’est ce monstre qui veut que « le mal que les hommes font vit après eux », alors que « le bien que les hommes font est souvent enseveli avec leurs cendres ».

Alors on croise ce jeune homme, un peu par hasard, qui vit aux HLM Saint-Mathieu. Il tient à nous montrer son quotidien. Oui, les HLM sont totalement délabrés. Oui, les conditions de vie dans ces immeubles sont inacceptables. Et elles sont à devenir fou.

D’ailleurs ce jeune homme est clairement en souffrance. Il nous montre ses scarifications.

Oui, des scarifications !

Parce que le mal-logement, ça finit aussi comme ça.

En scarification !

Et parfois plus.

Malheureusement !


Là aussi, une minute de vidéo c’est trop peu.

Il faudrait une gauche à Perpignan.

Mais il n’y en a pas.

Il n’y en a plus.


Alors oui, parler de scarification c’est racoleur. Certes. Mais on est à pour parler du réel.

On n’est pas là pour défendre des putains de stations de ski écocides.

On n’est pas là pour trouver que la reconnaissance faciale est un progrès.

On n’est pas là pour flatter des égos.

Même pas celui de la candidate.

Non !

On est là parce qu’il y a un boulot à faire.

On est là parce qu’il y a une vision du monde à défendre.

On est là pour sortir les gens de la merde.

Pas pour les y laisser.


Gagner et être élu sont deux choses différentes.

Quel que soit le résultat des élections, Nathalie Cullell aura gagné. Pas juste parce qu’elle a montré que l’on peut faire une campagne à la fois radicale et « digne ». Mais aussi parce qu’elle aura accepté de voir la réalité en face, abandonnant les véridictions mortifères de la classe politique, dans son ensemble. Parce qu’elle aura su parler franchement, citant même Péage Sud sur France 3, sans violence et sans ambages, de la réalité du terrain.


« Il y a des candidats de gauche.

Il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majorité du genre. »

Il y a des candidats de gauche.

Justement, on en a croisé une !

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 16:08

En amont du débat sur France 3 il avait été demandé à tous les candidats de choisir l’épithète les caractérisant le mieux. Laurence Martin aurait dû choisir « invisible » ou bien « absente », tant elle n’est pas présente sur le terrain. Il faut dire ce qui est, elle n’est ni une femme de terrain, ni une stratège.

Elle est « différente ».

Mais, attention, différente, certes, non pas qu’elle apporterait quelque chose d’autre, qu’elle soufflerait un vent nouveau. Non, non ! Différente, comme on dirait d’un enfant encore non éveillé, qu’il est « spécial ». Laurence Martin, élue à la mairie de Perpignan, a montré, en deux ans de conseils municipaux diffusés en live sur Facebook et Youtube, qu’elle est franchement à côté de la planque.

Ses rares interventions permettent, toutefois, de lui trouver une qualité : la constance.

Mais dans la médiocrité.


Cette personne, sans envergure, sans culture politique, sans programme, sans envie, sans compétence particulière, s’est donc retrouvée candidate pour les Républicains sur la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales. Quitte à être ridicule, autant investir Edwige Vincent de Bourbon Pahlavi, on se serait marrés un bon coup.

Et voilà qu’arrive le débat télévisé. Et comme Laurence Martin n’a rien à dire, elle le fait savoir.

Bruyamment !

Elle décide donc d’attaquer Nathalie Cullell, candidate pour la NUPES et issue de la France Insoumise, sur le manque de soutien de la part du PS66. Elle en arrive même, à court d’argument, à déclarer que Ségolène Neuville est de gauche. C’est dire si elle touche le fond.

Il est fort probable que Laurence Martin ne se souvient pas que, en conseil municipal, lors d’un débat sur la participation des élus de droite au conseil d’administration du Théâtre de l’Archipel, elle avait trouvé très drôle que Louis Aliot précise qu’Agnès Langevine les représente déjà parfaitement, et que par conséquent le débat été clos. Toute la salle, surtout les Républicains, avait ri.

Alors disons-le tout de suite, Ségolène Neuville n’est en rien de gauche. Idéologiquement elle s’inscrit clairement dans le social-libéralisme ; elle participe de ce courant de pensée, n’ayant compris ni l’ordolibéralisme ni le néolibéralisme, qui met en avant la « concurrence libre et non faussée ». Il est fort probable, qu’elle soit aussi convaincue que l’économie mondiale fonctionne grâce à une sorte de clause de « bona fides ». Concrètement, elle s’inscrit dans la mouvance dite « orléaniste ».

En somme, elle est macroniste.


Mais revenons à Laurence Martin, aux Républicains, et, à Perpignan, voulez-vous.


De prime abord, on pourrait se dire que, d’une manière au-delà de pataude, Laurence Martin tente un coup pour déstabiliser son adversaire.

Il n’en est rien !

Elle essaye juste de se légitimer comme étant la représentante de la « droite républicaine ».

Elle essaye de s’inscrire dans la famille « bonapartiste », comme on dit chez les érudits, ou dans la famille « gaulliste », comme on dit chez les imbéciles et les analystes politiques.

Sauf que, et c’est là que le bât blesse, les Républicains, version Perpignan, oscillent entre la droite extrême et "l’extrême droite". Et il est sûr et certain qu’ils ne sont pas gaullistes.

Pour revenir dans le giron de la droite, d’un point de vue médiatique – dans la pratique, au quotidien ils assument nettement leur positionnement – le plus simple et le plus rapide c’est de provoquer un glissement vers la gauche de tous les partis politiques. Le RN et Reconquête passe de l’extrême droite à la droite extrême. LREM devient un parti noyauté par le centre gauche. Le PS est de gauche. Et la FI est d’extrême gauche.

Dans cette configuration, les Républicains sont de droite.

Mais, si cette technique peut passer au niveau national, elle est inopérante au niveau local.


À Perpignan les Républicains aiment l’extrême droite, sans doute plus que Louis Aliot lui-même.

On évacuera tout de suite les propos affligeant et particulièrement outranciers de Jean-Marc Pujol. « Les Allemands ont interdit le Linky et ont gazé les juifs. Ces gens-là sont excessifs en tout » avait fait son petit scandale à l’époque. En 2019, lors du comité de pilotage du programme de lutte contre les discriminations, Jean-Marc Pujol nous avait balancé « les discriminations, c’est pas trop chez nous qu’il y en a ». S’en est suivi des propos à la limite du racisme contre le Maroc. Françoise Fiter, représentant le Conseil départemental dans cette instance, lui avait répondu sèchement.

Sur l’aspect gaulliste, on se souviendra de la volonté de l’ancienne équipe municipale de mettre à l’honneur deux personnes condamnées pour leur participation à la déstabilisation de la Ve République lors de la Guerre d’Algérie, Pierre Sergent et Hélie de Saint Marc, en baptisant des rues de leur nom.

La fascination que Jean-Marc Pujol montre à l’égard de Pierre Sergent, condamné à mort par contumace, l’exclut, lui et ses soutiens, de la famille gaulliste.

L’ancienne municipalité LR a aussi fait ériger une stèle à la mémoire de l’OAS http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2020/06/perpignan/jean-marc-pujol-antifascistes-communistes-fiches-s-peine-de-mort-guerre-d-algerie.un-candidat-republicain-dans-le-texte-pa dans le cimetière du Haut-Vernet et a créé un musée, sans comité scientifique, dédié à la glorification de l’Algérie française.

L’aspect revanchard de tout ce petit monde est flagrant.

Difficile donc de se déclarer gaulliste et républicains dans ces conditions.


Alors, Laurence Martin nous dira que c’est du passé, que Chantal Bruzy est passée chez LREM, en qualité de suppléante de Pierre Bataille. Pierre Bataille, précisons-le, qui est soutenu par les PS66. Et oui, des conseillers départementaux de la majorité PS vont à ces réunions publiques, et, interviennent pour saluer son courage à chier sur les rapports du GIEC, à chier sur la science, et à promettre des canons à neige, même quand la sécheresse frappera les montages de plein fouet.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Chantal Bruzy est l’ancienne adjoint au maire en charge de la sécurité de Jean-Marc Pujol. C’est elle qui, récemment, en conseil municipal a plaidé en faveur de la mise en place d’un système de reconnaissance faciale au sein du centre de visionnage de la police municipale. Louis Aliot s’y est clairement opposé ! http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2021/05/video/perpignan-l-opposante-a-louis-aliot-propose-la-reconnaissance-faciale-par-philippe-poisse.html


Les Républicains, tout comme, mais à un degré moindre, LREM, ont besoin que la NUPES, et surtout la FI, soient classées à l’extrême gauche pour faire oublier qu’ils ont, depuis longtemps, quitté le socio-libéralisme et que leur modèle actuel est la « démocratie illibérale ».


Les LR66 ne représentent plus la famille gaulliste.

Les LR66 ne représentent plus personne d’ailleurs.

 

Perpignan/ Jean-Marc Pujol: Antifascistes, communistes, fichés S, peine de mort, guerre d'Algérie... un candidat Républicain dans le texte! par comité de vigilance antifasciste des PO

http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2020/06/perpignan/jean-marc-pujol-antifascistes-communistes-fiches-s-peine-de-mort-guerre-d-algerie.un-candidat-republicain-dans-le-texte-pa

 

Vidéo / Perpignan : L'opposante à Louis Aliot propose la Reconnaissance faciale! par Philippe Poisse

http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2021/05/video/perpignan-l-opposante-a-louis-aliot-propose-la-reconnaissance-faciale-par-philippe-poisse.html

Perpignan:municipales 2020: Jean-Marc Pujol ne croit pas que l'homme politique fasse la différence face à l'initiative privée! interview par Nicolas Caudeville

http://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2019/10/perpignan-municipales-2020-ne-croit-pas-que-l-homme-politique-fasse-la-difference-face-a-l-initiative-privee-interview-par-nicolas-c

 

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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 21:00

Diablo, ça vous parle ?

Non ?

Il s’agit d’une des franchises majeures de l’industrie du jeu vidéo. Le premier opus, sorti en 1997, s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde, et les différentes suites ont connu des succès encore plus retentissants.

Blizzard, la société dernière Diablo, pèse près de 5 000 employés dans le monde. Elle est aussi propriétaire de la franchise à succès Warcraft. Cette franchise compte, en plus des jeux, un film avec Dominic Cooper et Ruth Negga. C’est dire si chez Blizzard on sait y faire pour travailler avec des gens de qualité.


Alors, comme vous êtes des boomers, bien imbéciles et passéistes, on va remettre "la mosquée au milieu du village".

L’industrie du jeu vidéo c’est 134,5 milliards de dollars en 2019. Depuis 2014, le jeu vidéo génère un chiffre d’affaires mondial plus de deux fois supérieur à celui du cinéma. En termes d’exportation, le jeu vidéo pèse plus lourd que le cinéma aux USA depuis la fin des années 1990. Et je ne vous parle pas du Japon, parce que un pays où les simulateurs de pêche à la ligne se vendent par centaines de milliers d’exemplaires, alors qu’il faut acheter une manette en forme de canne à pêche qui coûte une fortune, c’est pas un exemple à suivre.

Le jeu vidéo c’est un business sérieux, avec même des dérivés, plus ou moins douteux, comme le e-sport.

Ça brasse du fric, ça paye de vrais salaires à des gens qualifiés, du genre ingénieurs, techniciens supérieurs, etc.

Le jeu vidéo c’est l’inverse de la vision de l’économie des dirigeants et élus des PO. Eux rêvent de médiocrité, d’emplois non-qualifiés et saisonniers, de salaires de misères complétés par des aides sociales.

Vous croyez vraiment que ces gens-là savent faire la différence entre une Ness et une Neo-Geo ?

Évidemment que non !


Alors pourquoi je vous en parle, vu que c’est un univers que vous ne pouvez même pas appréhender tant vous êtes resté scotchés aux années 60, comme un mollusque à son caillou ?

Parce que le modèle économique que l’industrie suit depuis l’arrivée des smartphones tourne à l’escroquerie de masse.


« You know it's all a gamble when it's just a game » chanterait l’ami Axl. Et il aurait raison.

Le hardcore gamer, à l’ancienne, celui qui vous lance un regard chargé de mépris lorsque vous lui dites que le héros de la série des Zelda s’appelle Zelda (perso, je ne réponds plus, je ne regarde même plus, je cogne direct, et pourtant moi mon truc c’était plutôt Sonic), il est prêt à payer 50 balles pour un jeu. Et encore, je vous parle pas des coffrets collectors, ça me forcerait à aller jeter un coup d’œil dans l’armoire, au fond de ma chambre.

Mais le hardcore gamer, ça se fait rare.

Alors les industriels ont eu une idée, et une idée de génie. Ils distribuent les logiciels gratuitement.

Oui, quand c’est gratuit, c’est plus rentable.

Beaucoup plus rentable.


Bon, amis boomers, je comprends que vous ne compreniez pas le concept. Pendant deux siècles ont vous a fait rentrer dans la tête plein de conneries arrangeant bien le capitalisme industriel, donc quand vous vous retrouvez face au « capitalisme informationnel », parce que c’est comme cela que ça s’appelle cette saloperie, vous êtes perdus. Le capitalisme industriel c’est fini, faut passer au XXIe siècle, ou mourir. Y’a pas le choix.

En diffusant les jeux gratuitement, principalement sur smartphone, on inonde le marché, on touche des dizaines de millions de personnes en très peu de temps, pour un coup minime. Pour quelques centaines de milliers d’euros, on a des millions de clients.

Et là, on a du client captif. Mais alors, captif de chez captif !

Reste plus qu’à leur vendre de la merde, histoire de payer les traites de la Tesla.


À ce point du modèle économique, il existe deux possibilités d’action.

D’abord, celle des boomers, celle des perdants : on vend de la pub, principalement via du placement de produit.

C’est nul, c’est convenu. Et c’est peu rentable.

Ensuite, et c’est là que le système est mortifère, on vend des « loot boxes ».

Comme dirait le Boucher dans Diablo : fresh meat !

Pour finir un jeu vidéo, l’avatar du joueur doit posséder toutes une série d’objets, de sorts, de compétences, etc. Cela prend du temps à acquérir. Et le temps, c’est de l’argent. Donc les industriels vous font gagner du temps en vous vendant toutes sortes de choses via ces fameuses « loot boxes ».

Et comme ces gens-là sont des ordures,…, pardon des chefs d’entreprise avisés, le contenu des loot boxes est aléatoire. D’où l’aspect « jeu d’argent » de la chose.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Loot_box


Alors aux Pays-Bas et en Belgique, pays où la classe politique a tendance à s’intéresser au réel, le législateur, dans son infinie sagesse, a décidé de classer les loot boxes parmi les jeux d’argent, interdisant donc les jeux vidéos utilisant ce type de financement aux mineurs.

La prochaine version de Diablo, prévue pour le 2 juin 2022, ne sortira ni en Belgique ni aux Pays-Bas.


https://www.dhnet.be/sports/omnisports/esport/une-loi-sur-les-jeux-de-hasard-interdit-la-sortie-de-diabloimmortal-en-belgique-6291dbf2d8ad5865ff500756


Par contre en France, c’est silence radio.

Alors oui, le gouvernement a bien fait une petite commission, mais sans plus.

Faut dire ce qui est, le capitalisme débridé, chez LREM, on kiffe grave. L’argent, c’est une drogue. Plus, toujours plus, encore plus, et tant pis pour les conséquences, c’est un peu le mot d’ordre chez les ultralibéraux. La morale, les conséquences sociales, l’empreinte environnementale, ils n’en ont cure. Le fric, c’est chic !

https://www.numerama.com/business/328331-le-gouvernement-temporise-sur-les-loot-boxes-dans-les-jeux-video.html


Alors, comme l’écrivait The Guardian en 2019, l’industrie du jeu vidéo doit arrêter d’escroquer les jeunes, et surtout les mineurs.

https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/sep/15/games-industry-shouldnt-be-ripping-of-children

Et en ce moment, c’est la campagne des législatives. Et l’encadrement des jeux d’argent relève de la loi. Mais les candidats parlent-ils de ce sujet ?

Non !


Certes, au RN, certains vous diront que, entre guillemets: " c’est la faute aux immigrés, les jeux étant produits à l’étranger."

Certes, chez LR, on vous dira, « hein ? ».

Certes chez LREM, on vous dira « on va réfléchir au sujet », mais on ne réfléchira pas.

Certes Romain Grau, je suppose avec , déclarera, éhonté, « les jeux d’argent c’est bien. Les mineurs aussi doivent y avoir accès. D’ailleurs, je proposerais une loi obligeant les enfants, dès l’âge de 11 ans, à acheter des loop boxes ! ».

Oui, Romain Grau, et les trois autres candidats LREM dans les PO n’ont strictement rien à foutre de la morale. Non, ils n’ont rien à foutre du réel.

Oui, ils se soucient juste des notes de frais.

Et comme le dit si bien l’ami Axl : « An while your rippin' off children / Somebody's fuckin' your wife »


Oui, les candidats de l’Ordre Établi sont prêts à toutes les bassesses pour que l’argent coule à flot. Mais toujours dans le même sens.

Mais toujours dans leur sens.

Le bon sens.

Oui, de la poche des plus pauvres vers celle des plus riches.

Et tant pis pour la morale.

Et tant pis pour la justice sociale.

Et tant pis pour la dignité.

Et tant pis pour l’honneur.

L’argent compensera.

Du moins ils l’espèrent.


Alors pendant les débats télévisés, fausses discussions et vraies soirées insipides, on vous parlera d’insécurité, tout en oubliant de traiter des causes, on vous parlera d’inflation, sans jamais parler de modèle économique, on vous parlera de dette publique, sans jamais expliquer ce qu’est la création monétaire.

Mais on ne vous parlera pas de loot boxes.

Non !

On évitera le réel.


Le réel lui, ne vous évitera pas !

The spirit of the deads are now avenged !


https://www.youtube.com/watch?v=e02G8y000WE

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5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 17:01

Si vous connaissez bien l’histoire de Perpignan, vous savez sûrement que, quelque part, se dressent les restes du projet de citadelle de Louis XI. Oui, Louis XI, le gus qui a fait zigouiller Charles le Téméraire par les Suisses. Oui, Louis XI, le mec qui enfermait ses ennemis dans des cages en fer. Oui, Louis XI, le roi de France dont les chiens étaient vachement bien sapés, et, mangeaient à sa table.

Oui, Louis XI, avait un projet d’une gigantesque citadelle à Perpignan. Il n’en reste que quelques traces, que la municipalité, et surtout l’adjoint au maire en charge de l’inculture, ne désirent pas mettre en valeur.

Même pas une petite plaque pour signaler le lieu et instruire le passant.

C’est tellement triste, que je n’ai même pas envie de vous dire où ça se trouve.

Bon, après un cappuccino et un tiramisu, chez Mauricio, place Rigaud, j’ai tendance à devenir ouvert à la négociation. Surtout si on m’invite.


Si ce projet de citadelle ne s’est pas concrétisé, c’est parce que Charles Quint, un Flamand élevé par des Bourguignons, avait d’autres idées architecturales. Il a donc construit sa version à lui de la citadelle. Ce fut plus petit, mais beaucoup plus facile à défendre contre un éventuel envahisseur.

Au sud de la citadelle se trouve le bastion Charles Quint. La légende veut que devant ce bastion, l’empereur, effectuant une ronde de nuit, surprit une sentinelle endormie. Un dextrochère commémore cet événement, et, marque la puissance d’un souverain dont l’empire s’étalait sur trois continents.

Le bastion appartient à l’armée et, donc, n’est pas accessible au visiteur. Il est aussi caché aux yeux des passants par le bastion Saint-Philippe, qui date lui de l’époque de Vauban, et, pour qui nous avons beaucoup d’affection.

Fait insolite, en longeant la rue Jean Rière, on notera la présence, en bordure du bastion Saint-Philippe, d’un petit cabanon en brique, qui ressemble à des latrines en encorbellement.

Si quelqu’un sait de quoi il s’agit*, prière de le faire savoir.


Le dextrochère est resté en place, au sommet de sa tour, jusqu’au XXe siècle. Il fut démonté pour le protéger des avanies de la météo. Depuis des décennies il s’ennuie quelque part dans un hangar.


Et Loulou dans tout ça ? me demanderez-vous.

D’abord le titre est putaclic, je connais mes lecteurs.

Ensuite monsieur le maire nous a promis un dépôt lapidaire. L’annonce fut brève, et, n’a pas marqué les esprits. Mais à l’Archipel contre attaque on s’en souvient. Faut dire qu’on milite pour, et de longue date.

Donc on s’est dit, à 5h du mat’, parce qu’on se couche vachement tard, faut dire ce qui est, que Loulou pourrait demande à Florence Moly, conseillère municipale en charge du patrimoine et à la demande de classement Patrimoine Mondial de l’UNESCO, et qui connaît le sujet, de prendre ces dossiers en main. Pour ce qui est de l’adjoint à l’inculture, ça fait un bail qu’on ne lui fait plus confiance.

Techniquement parlant, on ne lui a jamais fait confiance.


D’abord, pour les restes de la citadelle, il suffit d’installer une plaque. On peut aussi imaginer une inauguration, une anisette de l’amitié, voire un tiramisu de la convivialité.

On parle de Louis XI, bordel ! Si le mec à son profil sur la façade de la préfecture, c’est pas par hasard.**

Ensuite, il serait de bon aloi que la municipalité acquière le dextrochère, le restaure, vu qu’il doit être en mauvais état, et, l’expose dans un musée. Ruscino, qui semble devoir devenir le dépôt lapidaire de Perpignan, serait parfaitement indiqué.


Il est clair que la citadelle n’est pas près d’être cédée par l’armée à la ville ou au Conseil départemental. Elle sera donc encore longtemps fermée au public. Par contre des éléments, comme le dextrochère, pourraient être acquis par la municipalité et être mis en valeur dans le cadre d’une politique muséale.


Une vraie politique culturelle, une vraie politique patrimoniale, ça passe aussi par là !


* Non mais, j’suis sérieux, le truc en brique, ça ressemble vachement à des chiottes poser sur les remparts.


** Quand vous êtes face à la préfecture, le profil de Louis XI est sur l’aile à votre droite. Sur votre gauche, vous pourrez admirer le profil de Louis XIII.

Louis Aliot et le dextrochère de Charles Quint : quand inculture et désintérêt riment avec massacre du patrimoine! par Philippe Poisse
Louis Aliot et le dextrochère de Charles Quint : quand inculture et désintérêt riment avec massacre du patrimoine! par Philippe Poisse
Louis Aliot et le dextrochère de Charles Quint : quand inculture et désintérêt riment avec massacre du patrimoine! par Philippe Poisse
Louis Aliot et le dextrochère de Charles Quint : quand inculture et désintérêt riment avec massacre du patrimoine! par Philippe Poisse
Louis Aliot et le dextrochère de Charles Quint : quand inculture et désintérêt riment avec massacre du patrimoine! par Philippe Poisse
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9 avril 2022 6 09 /04 /avril /2022 15:03
Ainsi palreait Jan Bucquoy ...crédits photos Philippe Poisse

Perpignan, un soir d’avril 2022, trois spectacles en ville. Rien de plus.

Marine Le Pen fait la tournée des EHPAD et parle de jeunesse à des vieux, passéistes et en mort cérébrale depuis des décennies. À propos de Pétain, Georges Bernanos parlait « d’anémie mentale ». La France manque de fer, faut croire.

De vagues anti-fascistes, autoproclamés, comme tous les antifascistes de salon, tentent de faire un « Karnaval » place des Esplanades, bien loin des 3 000 personnes venues voir Marine. Peu imaginatifs et un poil lâches, les antifascistes 2022 fleurent bon le renfermé et la défaite. Loulou 2026, c’est déjà fait. Merci les gugus des Esplanades.

Et puis, et puis, il y a Jan Bucquoy. Oui, ma petite dame, Jan Bucquoy, himself !


Alors oui, il est Belge.

Et il faut être lucide, le seul truc bien avec la Belgique, c’est le Congo. Avec ce brave Léopold on s’était bien marré. Et puis ça nous a permis d’avoir « Au cœur des ténèbres ». Si on fait abstraction des 10 millions de morts, le bilan est franchement positif.


Mais Jan Bucquoy n’est pas Léopold, ou alors il le cache vachement bien.

Il serait plutôt du genre artiste. Limite provocateur, totalement libertaire, et un peu pâtissier (à cause d’un dénommé Noël Godin). Il est logique qu’il finisse à Perpignan, histoire de racheter ses pêchés.

N’oubliez pas, tout Perpignanais cache un lourd secret, une faute ignoble, qu’il doit expier.

Oui, à l’origine le tome 2 de « la Divine Comédie » devait s’appeler « Perpignan », mais pour des raisons marketings, l’éditeur de Dante a préféré « le Purgatoire ». C’est ballot.


Alors Jan Bucquoy est venu présenter le musée du slip à Perpignan. Et le Tout Perpignan Culturel était là !

En gros 40 personnes.

Mais attention, 40 personnes qui lisent des livres ; 40 personnes qui vont à des expositions ; 40 personnes qui considèrent que la culture est un besoin vital. Oui, 40 personnes pour qui les besoins ontologiques priment sur les besoins anthropologiques.

Vous trouvez que c’est grandiloquent ? Ben quoi, je vous ai dit que j’suis rentré seul et sobre. Vous avez cru que l’offense resterait impunie ?

Bref, on était 40 gus, autour d’une bière, à papoter, de choses et d’autres, en regardant des portraits de figures politiques majeures*, avec un slip sur la tête. Les figures politiques, s’entend, pas moi. Moi, je porte que des boxers. Question de bon goût.


Il faut reconnaître que dans le coin la culture c’est pas vendeur. On voit jamais les candidats dans les lieux culturels, ce qui est une forme de soulagement d’ailleurs. Ici c’est la « culture subventionnée » qui compte. Parce qu’il faut bien le dire, ça permet à des incultes de briller en société. Quand vous touchez 100 000 balles par an, vous êtes peu enclin à déclarer que l’adjoint au maire en charge de la culture est inculte, ou que la dernière fois que le Conseil départemental a commandé un livre, c’était pour réhabiliter Robert Brasillach.

Non, non, à Perpignan la « culture subventionnée » va bien, France Culture l’affirme.

Pour le reste de la création culturelle, ben, c’est pas jojo.

T’as juste 40 pèlerins qui se pointent au vernissage de l’expo d’un gars qui a sa propre page Wikipedia et a quand même fait un film avec Lolo Ferrari.

À Sparte, ils étaient 300 !

Je sais, ça n’a rien à voir, mais ça fait deux semaines que je veux la placer celle-là. Donc, acte !


Alors avec les copains présents, on s’est bien marré. On est même tombé sur un Belge, qui crèche à Bages, c’est dire s’il a des trucs à se reprocher, et qui a transformé sa maison en œuvre d’art. En plus son voisin brasse de la bière artisanale.

Le but d’un vernissage c’est de rencontrer des gens, dans un cadre sympathique et convivial. Des réseaux s’y créent, se côtoient. C’est le lieu idéal pour se bâtir une crédibilité, surtout si l’on veut gagner l’élection municipale.

Mais, comme je vous l’ai dit, les candidats ne viennent jamais !

#Loulou2026


*Non, Fabien Roussel n’est pas une figure politique majeure. Me faites pas dire ce que j’ai pas dit !

 

Perpignan:Vernissage de l’exposition de Jan Bucquoy : ou quant à cause de la culture, tu rentres chez toi seul et sobre, mais avec un slip sur la tête ! par Philippe Poisse, featuring Nicolas Caudeville, vidéos interview
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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 12:44
Crédit photos Philippe Poisse


Blogueur médisant c’est sympa comme taf. Mais ça aurait tendance à avoir des inconvénients. Faut dire que dans ce secteur d’activité pas grand monde vous offre à boire, et ceux qui vous payent un verre, comment dire,…, on va éviter de parler de ceux-là.

Bref, plutôt que chercher un métier honnête, question d’ethos, je me retrouve à jouer les blogueurs culturels. J’ai quand même encore un peu d’amour propre, j’en suis pas encore à me prendre pour un « journaliste » dans un canard en ligne du coin.

À la demande de la direction de l’Archipel contre Attaque, j’ai donc passé mon vendredi soir au Théâtre de la Complicité, qui, dans le cadre de l’Oasis des Arts, organisait une soirée Stand Up, avec 4 artistes.

Et comme le patron m’a dit : « tu verrais, ils servent le café le moins cher de Perpignan*, ça va te plaire », que pouvais-je faire d’autre ?

Depuis un an, le Théâtre de la Complicité occupe des locaux au 39, rue des Rois de Majorque. L’association peut donc gérer maintenant un vrai café culturel et continuer son travail social et culturel, notamment via des ateliers ouverts à tous. Un espace de co-working, un bar, un espace détente, une vraie scène, vont permettre le développer de l’activité et de la sensibilisation des habitants de Perpignan à toutes les formes d’expression culturelle.


Ce soir, quatre artistes sont montés sur scène, devant une salle comble.

C’est Julie Doherty https://www.instagram.com/julie_doh/, la régionale de l’étape, qui a ouvert la soirée. Elle m’avait dit avant de monter sur scène que ça allait être trash. Force est de reconnaître qu’elle est honnête. C’est clair, en Arabie Saoudite, elle ne tiendrait pas 5 minutes. Tant pis pour eux !

Ensuite ce fut le tour de Magdy, toulousain de son état, de nous parler de son ami Ali, de cannabis, et de ces problèmes de personnalités. Y’a pas à dire, le bonhomme est parfait pour chauffer une salle.

Puis vint Ninmar. Il est syrien, mais pas terroriste. À cette annonce on est un peu déçu. Mais il se rattrape vite. Entre un tacle à l’ambassade du Canada, des souvenirs du CM2 et une soirée dans un restaurant libanais, le public s’est bien amusé. Personnellement j’ai trouvé qu’il s’agissait du meilleur moment de la soirée.

Et pour finir, Ismael, qui n’est pas juste le MC de la soirée, il est aussi de Montpellier. Et là, on se dit qu’il a tiré un mauvais karma. Mais bon, tout le monde ne peut pas être Perpignanais. Le type est aussi une version sur pattes d’un « burger végétarien suppléent bacon ». Faut dire qu’il est arabe et féministe. Ou du moins c’est ce qu’il dit, avec beaucoup d’humour et de décontraction.

Humour et décontraction étaient les mots d’ordre pour cette soirée particulièrement réussie.


La prochaine soirée aura lieu le 8 avril 2022. N’hésitez pas à réserver vos places !


*En plus il est bon, et, servi avec le sourire.

 

Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
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Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
Perpignan; Soirée Stand Up au Théâtre de la Complicité : on est pas des DVD ! par Philippe Poisse
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