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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 14:03

Un seul, peut-être deux, mais cela suffirait.
Un ours brun de 220 kilos, poil comme un tapis de salon jamais aspiré, qui aurait décidé que Perpignan valait mieux que la montagne. Il aurait vu les stories Instagram : les palmiers, les terrasses, les glaces à l’italienne. Il se serait dit « pourquoi pas ».Le 14 juillet dernier, à 6 h 17, un joggeur du Vernet aurait croisé l’animal qui ferait la queue au Carrefour City pour des Kinder Bueno. Le joggeur aurait filmé, posté, puis supprimé la vidéo par peur, mais trop tard : l’ours serait déjà devenu tendance.

Depuis, il squatterait les réseaux sous le pseudo @GrosNounours66
, 47 000 abonnés, stories quotidiennes : lui devant le Castillet, lui au McDo drive, lui qui ferait du paddle sur la Têt avec une casquette « Perpi c’est la vie ».Et pourtant, dans les programmes des municipales 2026, pas un mot.
Cinq listes, six peut-être, bientôt sept si Caroline Forgues se décidait, et zéro mention d’ours.

La liste « Perpignan, changez d’air ! »

parlerait de pistes cyclables bio-sourcées et de cantine 100 % locale. L’ours, lui, aurait déjà bouffé trois vélos cargos place Rigaud et un composteur collectif entier.

Rien dans le programme.« Perpignan Autrement »

promettrait des budgets participatifs. Les habitants de Saint-Assiscle auraient voté à 94 % pour « un lance-roquettes anti-ours », mais la plateforme aurait mystérieusement buggé. Sujet classé « hors thème ».

Agnès Langevine voudrait « remettre l’humain au cœur de la ville ».

L’ours aurait pris l’invitation au premier degré : il dormirait sur le banc en face de la crèche des Cerdagne, ronflerait doucement, effraierait les poussettes. Les parents feraient des détours de 800 mètres. Langevine, interrogée, répondrait « on parlera faune sauvage après les élections ».

Bruno Nougayrède proposerait de « redonner de l’oxygène aux quartiers ».

L’ours aurait élu domicile square Bir-Hakeim, pisserait sur les massifs de lavande, chasserait les pigeons à mains nues. Les grand-mères ne tricoteraient plus. Elles prieraient.

Annabelle Brunet rêverait de « coconstruire la ville avec les citoyens ».

Les citoyens auraient déjà coconstruit une milice armée de fourches et de lampes frontales. La préfecture aurait dissous le groupe WhatsApp « Anti-Ours Saint-Jean » pour « incitation à la haine ursine ».

Même la liste catalaniste resterait muette.

On murmurerait que l’ours aurait été vu dansant la sardane place de la Loge à 3 h du matin, seul, une rose entre les dents. Personne n’aurait osé le déranger.

Et pendant ce temps, l’ours avancerait.
Il aurait déjà :

– dévoré le stock de tourons de la Maison Escudier,
– renversé 27 poubelles jaunes (il trierait, mais mal),
– fait fuir les influenceuses du haut de la rue des Augustins,
– laissé une empreinte de patte géante dans le béton frais du parvis de la gare (les élus parleraient d’« œuvre d’art brut » pour sauver la face).

Les experts de l’Office français de la biodiversité hausseraient les épaules : « Un ours en ville, c’est rarissime, mais pas impossible. Il suffirait qu’il suive l’odeur des frites. »

Mais les candidats continueraient leurs tracts comme si de rien n’était.
« Plus de crèches ! »
« Moins de narcotrafic ! »
« Des arbres partout ! »L’ours lirait tout ça, assis sur un banc, une canette de Desperados à la patte.
Il ricanerait.
Il attendrait le second tour.

Car au second tour, il présenterait sa liste.
Nom de code : « Nounours 2026 – Une patte de fer dans un gant de poils ».
Slogan : « J’ai déjà la majorité absolue dans vos cauchemars. »Et là, enfin, on parlerait de lui.
Trop tard.

 

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24 novembre 2025 1 24 /11 /novembre /2025 16:16

"Aller voir là-bas si vous y êtes avec des convictions mais sans certitudes.
Voir avec les yeux de l'autre.
Partager.
Interpréter le réel avec intelligence et émotion.
Préférer toujours la parole au discours.
Chercher les lignes de force et les brèches dans l'inaperçu, dans l'inattendu, dans le terrain toujours vague de l'immédiat, dans une voix, dans un regard, dans un doute, dans un événement minuscule ou dans le panneau où tout le monde fonce en même temps.
Et tant pis si c'était un leurre.
Tant pis si ce n'était que le clinquant de l'instantané.
Tant pis si nous n'avons fait que partager l'ébriété du présent.
Tant pis si l'Humanité n'était que ça ..."

Là-bas si j'y suis. Carnets de routes
Daniel Mermet

Daniel Mermet "Howard Zinn, histoire populaire des États-Unis"festival du film social et ouvrier"
Daniel Mermet était en direct pour l'archipel contre attaque info au Clap Cine Carmaux pour présenter la seconde partie du documentaire "Howard Zinn, histoire populaire des États-Unis" https://www.youtube.com/watch?v=MGh5and21rk pour le festival du film social et ouvrier" : Carmaux, c'était là bas si j'y étais !

Daniel Mermet, mon pote Daniel
(paroles à chanter sur l’air de Tranche de vie ou Mamadou m’a dit, comme vous voulez)

Y’a un gars qu’est né aux Pavillons-sous-Bois
En quarante-deux, quand tout partait en bois
Huit mouflets dans l’appart, la mère au turbin
Le père à l’usine, et l’espoir au fond d’un verre de rouge bien trop fin  Il a vu les flics cogner sur les Algériens
Place de la République, un soir d’octobre soixante et un

Il a porté des valises, il a planqué des frères
Et il s’est dit : « Faut jamais fermer sa gueule, jamais, jamais »  Il a fait les Beaux-Arts, il dessinait des jouets
Des robes pour le magazine Elle, ça payait le loyer
Mais le théâtre l’a chopé, avec Lemoine et les copains
Ils ont fait Mortimer Baltimore, Avignon les a pris dans ses bras
Et puis pfft, plus un rond, rideau, on remballe les planches
On range les rêves dans un carton, direction France Culture, sans branche  Il a fait causer les fous, les peintres sans école

Il a fait swinguer le jazz, trembler les ondes avec des histoires d’alcool
Chair de poule, Tendre est la nuit, il a même fait bander la radio
Les bigots écrivaient à la direction : « C’est la fin du monde, oh là là, oh là là ! »  Et puis un jour d’été quatre-vingt-neuf

Il a pris le micro et il a dit : « Là-bas si j’y suis »
C’était plus une émission, c’était une barricade en direct
Avec le répondeur qui gueulait plus fort que tous les intellects  Il est allé au Rwanda quand le monde regardait ailleurs

Il a trouvé Valentine dans un tas d’os et de pleurs
Il a pleuré dans le micro, il a pas eu honte
Et nous on pleurait avec lui, collés à la montre  Sarajevo, la Tchétchénie, la Palestine en sang
Les usines qui ferment, les paysans qui se pendent
Les sans-papiers, les sans-dents, les sans-rien-du-tout
Il leur a filé le micro : « Allez, parle, c’est à toi, surtout »  On l’a traité de rouge, de gaucho, de casse-burnes
De complotiste avant l’heure, de vieux con qui retourne

On a voulu le virer en deux mille quatorze
« Trop vieux, trop cher, trop chiant », qu’ils disaient dans les bureaux  Mais Daniel, il a rigolé, il a repris son baluchon
Il a monté là-bas point org, avec les potes, sans patron
Vingt mille abonnés, un million d’écoutes par mois
Et toujours la même voix, rauque et douce à la fois :  « Salut les jetables, salut les oubliés
On va pas se laisser faire, on va pas s’laisser bouffer
On est là, on est là, même si on n’est plus à l’antenne
On est là-bas si j’y suis… et putain, on y est encore, amen ! »  Allez Daniel, vieux frère, vieux pirate au cœur gros

Continue de nous raconter le monde comme il va pas trop
T’es notre Béranger à nous, avec un micro au lieu d’la guitare
Et quand tu parleras plus, ben… on mettra l’répondeur en boucles, pour que ça dure encore.

 

En Bonus track, mais qui aura son quart d'heure wharolien à elle toute seule Pauline Richard sa distributrice des films des 2 Rives....

Pauline Richard, les films des 2 Rives au festival du film social et ouvrier de Carmaux
Les Films des 2 rives étaient en direct pour l'archipel contre attaque au festival du film social et ouvrier de Carmaux Clap Cine en la présence de Pauline avec les films de Pierre Carles sur les #FARCS https://www.youtube.com/watch?v=E2_oYK7OCoM et le deuxième tome du documentaire sur #Howardzin une histoire populaire des États-Unis de @Daniel Mermet

Carmaux: Là-bas si j'y suis avec Daniel Mermet et Pauline Richard distributrice des 2 Rives pour "Howard Zinn, histoire populaire des États-Unis"! interviews par Nicolas Caudeville
Carmaux: Là-bas si j'y suis avec Daniel Mermet et Pauline Richard distributrice des 2 Rives pour "Howard Zinn, histoire populaire des États-Unis"! interviews par Nicolas Caudeville
Carmaux: Là-bas si j'y suis avec Daniel Mermet et Pauline Richard distributrice des 2 Rives pour "Howard Zinn, histoire populaire des États-Unis"! interviews par Nicolas Caudeville
Carmaux: Là-bas si j'y suis avec Daniel Mermet et Pauline Richard distributrice des 2 Rives pour "Howard Zinn, histoire populaire des États-Unis"! interviews par Nicolas Caudeville
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23 novembre 2025 7 23 /11 /novembre /2025 18:10

"Putain, j’avais un boulot en or ! Il faut que je fasse le con à vingt-sept ans et demi de la retraite, moi."

Michael Kael contre la World News Company.

https://www.youtube.com/watch?v=SbmJFAFkCTA

https://www.youtube.com/watch?v=QhVLDnt0MDg

Le 11 iéme festival du film social et ouvrier a eu lieu le week-end dernier à Carmaux. La programmation était comme d'habitude passionnante, ce n'est pas le thème qui détermine et "le concernant" d'un sujet et le thème social et ouvrier concerne la majorité des Français et pourtant il apparaît peu dans les narratifs de presse...C'est une chance d'être invité à ce festival, qui permet de belles rencontres,excusez du peu : Benoît Delépine (les guignols, Groland...) ,le documentariste Pierre Carles  ( "Pas vue, pas pris", "La sociologie est un sport de combat !" "Volem rien foutre à la pays"... , Daniel Mermet (sur France inter, puis le net la mythique émission "Là-bas, si j'y suis" qui a, entre autres, former un certain François Ruffin) , sans oublier la guest-star Belge, l'artiste et réalisateur (parfois perpignanais) Jan Bucquoy ! 

C'est le roman de chevalerie et ses preux de ma jeunesse anar, qui défilait devant moi. Et à laquelle je pouvais poser des questions sur le temps qui passe, et le temps qu'il fait...

Benoit, je le suivais depuis "Les Guignols de l'info" sur Canal, entre humour aussi noir que le café du matin et poésie lunaire ("Sur-piqûres oranges: Raimond Barre en Jean !") , puis vint "Groland" où notamment, il incarnait le journaliste international à la Dan Rather, le fameux Michael Kael (qui, je dois dire à beaucoup inspiré ma manière de pratiquer le journalisme et l'interview #décalageCulerunmouton...https://www.youtube.com/watch?v=e5HlLlTuOnQ) et ensuite les longs-métrages de Cinéma comme "Altra" le road-movie de 2 handicapés jusqu'en Finlande en chaises roulantes(où, Jan Bucquoy jouait un rôle).

À Carmaux, il venait présenter son film "Animal Totem" pour avant-première. C'est près d'une heure d'interview en 2 partie qu'il m'a accordé ! Elle commence par un "Bonjoir" Groandais en 2 compatriotes picards exilés...

 

Pour lui le Général de Gaulle est le plus grand des gauchistes

https://www.youtube.com/shorts/ydvcbgT-iFk

 

 

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13 novembre 2025 4 13 /11 /novembre /2025 22:18

Michel Cadé président du festival social et ouvrier de Carmaux Tarn et Jérôme Quaretti étaient en direct pour l'Archipel contre attaque et sera en direct de Carmaux du 14 au 16 novembre 2025: demandez leur le programme, mais pas des esquimaux .Mes amis, mes copains, attrapez vos santiags et vos cœurs battants, on embarque pour un sacré voyage au Festival du film social et ouvrier de Carmaux, onzième du nom, un rendez-vous qui cogne fort comme un refrain de Béranger, avec du panache, de la révolte et de l’âme à revendre !

Ici, on cause cinoche, mais pas n’importe lequel : du ciné qui gratte, qui remue, qui chante les luttes et les espoirs des gens d’en bas, avec la gouaille d’un troubadour des faubourgs.

Alors, caltez vos soucis, on va se faire une toile sous les étoiles, et pas des moindres, parole de François !Ce festival, mes gaillards, c’est pas du chichi, c’est du solide, du vrai, du vécu ! Il tient ses promesses comme un vieux pote fidèle : rendre hommage aux films d’antan, coller au pouls du ciné d’aujourd’hui, accueillir des avant-premières qui claquent, faire causer réalisateurs et techniciens avec le public, et, bien sûr, balancer des films qui portent le social en bandoulière, comme une médaille sur la poitrine d’un ouvrier.

Le site du festival ,le clame haut et fort : Carmaux, c’est l’bazar des consciences, un feu d’artifice d’histoires qui secouent ! https://www.cinemas-carmaux.fr/festivals

On commence par les pépites du passé, ces films qui sentent la sueur et la lutte, comme une chanson qu’on fredonne autour d’un brasero. Quatre bijoux, mes amis, quatre ! Le Sel de la terre d’Herbert Biberman, 1954, un monument, un coup d’poing, l’histoire d’une grève de mineurs mexico-américains au Nouveau-Mexique. Le CNC raconte que ce film a été blacklisté à l’époque, mais il brille toujours, comme un diamant brut. Ensuite, Le Porion de Georges Champavert, 1921, un drame minier tourné dans l’bassin d’Alès, une rareté qu’on savoure comme un vieux vin, avec un ciné-concert de Sébastien Arcos pour faire swinguer les images – et, cerise sur l’gâteau, c’est gratos, comme l’annonce le programme ! Puis, Les Copains du dimanche d’Henri Aisner, 1957, porté par la CGT, une ode aux loisirs des jeunes prolos, avec un jeunot nommé Belmondo qui crève l’écran, flanqué de Piccoli et Fresson, d’après Ciné-Ressources. Et pour finir, Les Quatre Saisons d’Espigoule de Christian Philibert, 1999, un faux docu complètement barré, une comédie qui claque comme un refrain, un clin d’œil à Farrebique de Rouquier, que Télérama encense pour son culot et sa verve.Mais attention, les amis, on reste pas coincés dans l’rétroviseur !

Ce festival, il cavale dans l’présent, avec une tripotée de films français, parce que, comme dit Le Monde, notre cinoche a toujours su parler des galères et des espoirs du peuple.

Sept avant-premières, sept pépites, dont trois avec les réalisateurs en chair et en os, un cadeau rare, parole d’Unifrance !

Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2, d’Olivier Azam et Daniel Mermet, remet l’Amérique sur l’gril, avec une session pour rattraper le premier épisode, et les deux lascars seront là pour causer.

Animal Totem de Benoit Delépine, en sa présence, c’est du pur jus d’absurde et d’engagement, comme l’écrit Première. Ceux qui comptent de Jean-Baptiste Léonetti, lui aussi sur place, fout une claque avec ses luttes bien senties. On voyage au Japon avec Jusqu’à l’aube de Sho Myake, un film doux comme une caresse, que Cahiers du Cinéma trouve “tendre à en chialer”. Dossier 137 de Dominique Moll revisite la police avec du nerf, Ma frère de Lise Akoka et Romane Gueret fait chanter la jeunesse, et Promis le ciel d’Erige Sehiri, qu’on avait kiffé avec

La Voie normale en 2019, raconte l’émigration en Tunisie avec une poésie qui scotche, dixit Variety.Et y’a du rab, mes cocos ! Trois films récents viennent mettre le feu : Météors d’Hubert Charuel, après Petit Paysan, nous embarque chez les naufragés de l’atome, un sujet qui cogne, salué par Les Inrockuptibles. Les Braises de Thomas Kruithof, c’est le militantisme qui déboule dans l’ordinaire, un truc qui vous prend aux tripes, selon Libération. On Falling de Laura Carreira, l’histoire d’une Portugaise dans un entrepôt en Écosse, est “bouleversant”, parole de The Guardian. Et pour clore en beauté, La Guérilla des FARC, l’avenir a une histoire de Pierre Carles, avec l’bonhomme en personne, une méditation sur l’adieu aux armes et l’élan citoyen, que Mediapart appelle un “coup d’cœur engagé”.

Ce programme, mes amis, c’est une tambouille bio, une salade des quatre saisons à s’en lécher les babines !

Comme le clame le site du festival, Carmaux, c’est la fête des yeux, des cœurs et des tripes. Alors, venez, grignotez ces films comme des tranches de vie, et que ça chante, que ça gueule, que ça vive ! Bon festival, les copains, et que la révolte des images vous emporte !
 

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6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 19:57

"- J'en ai marre, dis-je. Je crie. Je vais crier. Je vais hurler. Je vais bramer... Ouâouâouâouâ...

J'ai poussé un glapissement à faire honte à Tarzan et je me sens beaucoup mieux. La grande salle où nous sommes résonne sinistrement.

- Vous êtes cinglé, Bailey, dit Mike. À quoi ça vous avance de beugler comme ça.

- Ça soulage, Mike, dis-je. Essayez. C'est fameux."

Et on tuera tous les affreux
Boris Vian 

Dermatose bovine dans les Pyrénées-Orientales : quand la FDSEA veut abattre les vaches... et les candidats aux municipales 2026 Perpignan, ce jeudi

– Par A Tonnerre:, chroniqueur agricole et politique imaginaire

 Pyrénées-Orientales, département où les vaches paissent paisiblement entre les vignes de Banyuls et les plages de Collioure en compagnie des ours (c'est pourça que l'ours polaire devenant solaire, devient brun...), où le vent marin porte l'odeur de la mer... et, désormais, celle d'une épidémie de dermatose bovine. Cette maladie de peau qui gratte, qui irrite, qui rend les bêtes plus nerveuses qu'un supporter du XV catalan face à un arbitrage toulousain. Et qui, comble de l'ironie, fait jaser jusqu'à la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles), ce bastion paysan qui n'hésite plus à mélanger les troupeaux aux urnes.

Car oui, la FDSEA, dans un communiqué aussi solennel qu'un taureau en rut, réclame à cor et à cri que l'abattage des bêtes infectées soit "limité aux seuls animaux malades". Fini les sacrifices collectifs ! Plus de génocides laitiers pour un bouton sur la croupe d'une génisse égarée.

"On n'est pas des barbares, on est des éleveurs !", tonne le président du syndicat, M. Jean-Pierre "Le Corral" Dupont, un homme dont la moustache évoque plus un lasso qu'un scalpel. Et on le comprend : dans un monde où le bio règne et où l'on recycle même les crottes de chèvre en engrais, abattre tout un cheptel pour une démangeaison, c'est comme raser Perpignan pour un tag mal orthographié sur un mur de la Castillet.

Mais attendez, chers lecteurs, car la satire pointe son museau roux.

Imaginez un instant : et si, par un funeste hasard, un des candidats aux municipales de 2026 était... diagnostiqué ? Diagnostiqué quoi, me direz-vous ? Eh bien, porteur d'une "dermatose politique bovine" – cette affection chronique qui fait que certains aspirants maires grattent là où ça ne se gratte pas, irritent les électeurs avec des promesses enflammées, et finissent par voir leur carrière se couvrir d'ampoules électorales. Un eczéma idéologique, en somme : rougeur sur les programmes, gonflement des egos, et des plaques de démagogie qui s'étendent comme une marée noire sur la côte Vermeille.

Prenons l'exemple hypothétique de notre candidat vedette, appelons-le M. "Taureau" Martin, un colosse du centre-ville qui promet de transformer le marché de la Halle aux Poissons en arène high-tech.

Diagnostiqué positif à la DBPC (Dermatose Bovine Politique Catalane), il se mettrait à brouter des discours ou plutôt des élucubrations à vocation populaire : "Citoyens, je suis malade, mais mon programme est sain ! Abattez-moi si vous voulez, mais épargnez mes colistiers – eux, ils n'ont que des verrues de coalition !" La FDSEA, fidèle à ses principes, exigerait alors un abattage sélectif : "Limité aux seuls animaux malades ! Pas touche aux veaux innocents du parti, même s'ils puent le lait caillé de promesses non tenues."

Et que dire des autres ?

La candidate écologiste, avec son rash anti-nucléaire qui la fait éternuer des particules fines ? Abattue sur-le-champ, au nom de la "santénaturelle". Le jeune loup du RN, dont la peau politique est couverte de tatouages "France d'abord" qui pèlent au soleil des sondages ? Direction l'abattoir, mais avec une banderole "Vive la viande locale !". Quant au macroniste repentant, il se gratterait le crâne en cherchant un remède miracle : "Un vaccin européen contre la démangeaison administrative ? Bruxelles paie !"Bien sûr, tout ceci est du vent marin – ou du fumier pyrénéen, c'est selon...

Mais dans les Pyrénées-Orientales, où les vaches et les vanités se disputent les pâturages, on se demande : la FDSEA va-t-elle bientôt syndiquer les candidats ?

"Pour un abattage éthique des promesses électorales !" clameraient-ils depuis les estrades du Salon de l'Agriculture catalan. Et nous, simples électeurs, on rirait jaune, en sirotant un muscat : après tout, dans ce département, même les épidémies finissent en farce.En attendant le verdict vétérinaire – et électoral – restons vigilants. Si votre maire en herbe se met à mugir des discours incohérents, appelez la FDSEA. Ou un bon dermatologue. Ou les deux.

 – Parce que même les vaches méritent un peu d'humour: même vachard.
 

Le massacre continue : José Perez Ces vaches sont vaccinées mais malgré tout les pouvoirs publiques continuent l'abattage systématique. José Perez ce 30 Octobre 2025 à Souanyas dans les Pyrénées-Orientales en région Occitanie.

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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 18:21

"Le 10 janvier 1991, Claude Evin édicte la loi qui porte son nom, visant à encadrer le tabagisme et l’alcoolisme. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’aspect de cette loi concernant l’alcool et sa publicité. Cette loi fut un véritable tsunami pour l’industrie de l’alcool, et notamment du vin, tradition française par excellence. Cette loi limite et encadre la publicité autour de l’alcool, notamment pour protéger et sensibiliser les plus jeunes d’un possible futur alcoolisme."

https://blogfr.influence4you.com/loi-evin-comment-communiquer-sur-lalcool

La loi Evin, le 10 janvier 1991, fut le premier clou du cercueil des vignerons. Pour une certaine idée de la décence publique, elle interdisait la promotion d'une partie de la culture et de l'âme de la France et des catalans. Alors qu'en Espagne, la loi introduisait la notion d'exception pour le vin :"Depuis juillet 2003, le secteur vitivinicole espagnol est régi par un nouveau cadre juridique, la loi sur la vigne et le vin, qui prévoit notamment pour le vin un statut "d'aliment naturel". Une qualification qui le distingue légalement des alcools durs et qui autorise des campagnes de promotion de la culture de la vigne, du vin et de la consommation modérée de vin." Alors que le vin reste un produit et une image bons pour les désormais exportions françaises et son tourisme, et donc sa pierre d'angle : il reste la pierre rejetée des bâtisseurs de l'état français, à qui l'on demande sans cesse ses papiers. 

Ainsi, donc, pour parer une action paysanne et vinicole à venir, car c'est plus qu'une crise sire, c'est un fondement culturel qui s'écroule : la préfecture et son nouveau préfet ont décrété en urgence "des assises" de "la filière vinicole". Comme si au préalable de parler "jaja", on devait se rincer la sémantique pour y tuer dans le verbe, la levure. Aussi, a-t-on convoqué les caves coopératives https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/2025/10/la-ballade-de-la-cooperative-de-terrats-boire-du-trrassous-c-est-sauver-90-vignerons-interview-albe-chassagnac-par-nicolas-caudeville.html et les représentations intercesserices de la cause perdue, pour indiquer le processus palliatif, avant l'extrême-onction. Là où il y a représentation : il y a théâtre... Et c'est sur la scène moribonde de l'université de Perpignan que se joua la pièce ! Effectivement, on été bien assise, si haut qu'on soit et on avait rien à boire !

Grand et Véridique Panégyrique des Assises de la Vigne Catalane, tenues en l’an de grâce deux mille vingt-cinq à Perpignan, ville jadis baignée de soleil et aujourd’hui assoiffée comme la gorge d’un mulet après la foire de Céret ; où l’on verra comment le Préfet Pierre Regnault de la Mothe, grand échanson de l’État, tenta de sauver les ceps roussillonnais du grand dessèchement, avec l’aide de quatre groupes de travail plus vaillants que les quatre fils Aymon, et où l’on entendra les voix tonitruantes de Maistre Jean Lhéritier et du noble Alain Pottier, deux apôtres du rancio sec, chantres de l’Archipel contre-attaque, qui défendent la dive bouteille contre la sécheresse, la paperasse et les importations de piquette andalouse.Ô muse vineuse, qui fis jadis chanter le gosier de Gargantua jusqu’à vider les celliers de Seuilly, prête-moi ta lyre pour narrer la grande assemblée des vignerons des Pyrénées-Orientales !


En ce vingt-septième jour d’octobre, tandis que les tramontanes soufflaient plus fort que les vents de la colère paysanne de mil neuf cent sept, cent preux de la vigne se réunirent dans les amphithéâtres de l’Université de Perpignan Via Domitia – non pas pour banqueter, hélas !

Mais pour compter les gouttes d’eau comme un avare ses écus.Le Préfet, Pierre Regnault de la Mothe, armé d’un micro plus puissant que la trompette de la Renommée, tonna :  « Le temps des constats est terminé, celui de l’action commence ! »
Parole de préfet, aussi rare qu’un vin doux naturel sans sulfite.

Et il lança quatre groupes de travail, tels quatre cavaliers de l’Apocalypse viticole, mais en version administrative :

Le Groupe de la Performance Économique, piloté par Guillaume Ribes (président des coopérateurs) et Bruno Berthet (secrétaire général de la préfecture), chargés de réorganiser les caves comme on remettrait de l’ordre dans la cuisine de Pantagruel après un festin.


Objectif : que les coopératives cessent de saigner plus rouge que le vin de Maury.

Le Groupe de l’Eau et du Climat, qui doit faire pleuvoir des projets d’irrigation plus vite que saint Médard ne fit tomber la manne.On y parla REUT (eaux usées traitées, ô miracle moderne !), ASA de l’Agly, Aspres en tuyaux, et même d’un contrat de territoire pour que l’eau coule enfin jusqu’aux ceps, et non plus seulement dans les discours.
 

Le Groupe du Territoire, pour que la vigne ne devienne pas friche, ni parking, ni lotissement pour retraités belges.
On y jura de protéger les paysages comme on protège une vierge en procession.

Le Groupe de la Réglementation, armé de ciseaux plus affûtés que ceux de Dalila, pour tailler dans la paperasse européenne jusqu’à ce que le vigneron respire enfin.

Et pendant que les scribes rédigeaient, deux grands philosophes du bouchon veillaient dans l’ombre, tels Socrate et Platon dans les jardins d’Académos, mais en version catalane et avec un accent qui sent le romarin :Maistre Jean Lhéritier, ancien grand prieur de Slow Food, animateur de Vinoscopie sur L’Archipel contre-attaque, qui crie dans le désert médiatique :  « Sauvez le Jaumet ! Sauvez le rancio sec ! Sauvez l’âme catalane avant qu’elle ne soit vendue en cubi à Carrefour ! »

Messire Alain Pottier, dit Meta Soutien, vigneron-poète, auteur de Boire le vin et gardien des botas del racó, ces tonneaux familiaux où mûrissent les vins oxydatifs comme des vieux sages.

https://l-archipel-contre-attaque.over-blog.fr/tag/vinoscopie

Il tonne :  « Un vignoble sans rancio, c’est une cathédrale sans vitrail ! »

Mesures d’urgence ?

 Prise en charge des cotisations sociales (parce que le vigneron ne peut payer ni l’URSSAF ni le tonnelier).  
Report de la taxe foncière jusqu’à la Saint-Glinglin 2025.  
Dégrèvements pour pertes de récolte – car cette année, on vendangea plus de larmes que de raisins.

Promesse solennelle du Préfet :  « Avant la fin de l’an 2025, je réunirai les copilotes pour un premier bilan ! »Parole d’État : à suivre comme on suit une barrique qui fuit.

Ô vignerons des Aspres, des Albères, de la vallée de l’Agly !
Tandis que les ceps grillent comme des saucisses oubliées sur le barbecue climatique,
tandis que les caves s’endettent plus vite que Pantagruel ne buvait,
une feuille de route naît, tel un enfant prodige, au printemps 2026.

Puissent Lhéritier et Pottier continuer à crier dans le vent,puissent les groupes de travail accoucher d’autre chose que de rapports,et puissions-nous, un jour,boire encore un verre de rancio sec sous les platanes de Perpignan, en riant de la sécheresse,comme Gargantua riait des théologiens...

Ainsi soit vin !

 

Le statut culturelle du vin par l'ONG la guilde internationale culturelle du vin La guilde internationale culturelle du vin est une organisation non gouvernementale dite de plaidoyer. Elle milite pour un statut culturel du vin visant à donner une valeur supplémentaire et symbolique aux biens culturels qu' est le vin. Alain Pottier et Christophe Czekaj étaient en direct pour l'archipel contre attaque pour présenter l'ONG qui promeut le message culturel du vin#divin.

Perpignan et PO:Assises de la Vigne : « Le temps des constats est terminé, celui de l’action commence ! » — Pierre Regnault de la Mothe, préfet, 27 octobre 2025! par Nicolas Caudeville
Perpignan et PO:Assises de la Vigne : « Le temps des constats est terminé, celui de l’action commence ! » — Pierre Regnault de la Mothe, préfet, 27 octobre 2025! par Nicolas Caudeville
Perpignan et PO:Assises de la Vigne : « Le temps des constats est terminé, celui de l’action commence ! » — Pierre Regnault de la Mothe, préfet, 27 octobre 2025! par Nicolas Caudeville
Perpignan et PO:Assises de la Vigne : « Le temps des constats est terminé, celui de l’action commence ! » — Pierre Regnault de la Mothe, préfet, 27 octobre 2025! par Nicolas Caudeville
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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 13:05


Sous le soleil jaguar
 
"Italo Calvino voulait écrire un livre de récits sous le titre Les Cinq Sens. La mort ne lui a laissé le temp que d'en écrire trois, qui sont réunis dans Sous le soleil jaguar: variations sur l'odorat, le goût et l'ouïe.
 
Dans le premier récit, intitulé Le nom, le nez, on voit le client d'une parfumerie des Champs-Elysées à la recherche d'un parfum unique, qui est celui d'une femme mystérieuse entrevue masquée dans un bal. Le goût est le thème du second récit, Sous le soleil jaguar, qui montre un couple en voyage au Mexique qui n'arrive plus à communiquer que dans des nourritures exotiques, au fond desquelles rôde le souvenir de l'anthropophagie. L'ouïe est illustrée, dans le troisième et dernier récit, Un roi à l'écoute, par l'histoire d'un monarque qui ne quitte plus son trône et ne connaît de son royaume que les bruits qui en montent, de plus en plus complexes, jusqu'à lui.
 
C'est bien le thème de la perte que l'on retrouve dans chacun de ces trois récits: perte que l'on tente de combler par l'usage d'un sens. Comme dans tous ses livres, Calvino ici se promène encore entre l'humour et la menace."

http://authologies.free.fr/calvino.htm

Dans la ville invisible de Veridia, où les rues se plient comme des pages d’un journal froissé et où les façades des maisons murmurent des headlines en lettres de néon qui s’éteignent avant d’être lues, vivait un homme nommé Lector. Sa cognition était sa première journaliste, une rédactrice en chef impitoyable installée dans le bureau ovale de son crâne, entourée de cinq reporters spéciaux : Vue, Ouïe, Toucher, Goût, Odorat. Chaque matin, ils lui livraient leurs dépêches, brutes et urgentes, directement sur le bureau de bois ciré de sa conscience.Vue arrivait toujours en premier, avec des photographies floues d’un monde qu’elle jurait net. « Le ciel est bleu électrique aujourd’hui », annonçait-elle, mais Lector, plissant les yeux, voyait un gris sale, comme un écran de télévision mal réglé. Ouïe suivait, tambourinant des sons : le cri d’un oiseau devenu sirène d’alarme, le murmure d’un passant transformé en menace. Toucher rapportait des textures suspectes – le vent comme une main froide sur la nuque. Goût et Odorat, ces jumeaux paresseux, mélangeaient tout : le pain frais sentait le moisi, le café avait un arrière-goût de cendre.Lector savait que sa journaliste intérieure était défectueuse.

Elle courait des risques, publiait des scoops erronés, transformait une flaque d’eau en abîme, un sourire en grimace.

Alors, comme on consulte un correcteur pour un article bancal, il alla voir le médecin des âmes, un ophtalmologue de l’esprit nommé Dr. Claritas. Celui-ci prescrivit des lentilles cognitives : des gouttes de doute quotidien, des comprimés de vérification, une thérapie où l’on apprenait à relire ses propres dépêches avant impression. Petit à petit, les reporters spéciaux affinèrent leurs envois. Vue cessa de surexposer les ombres ; Ouïe baissa le volume des acouphènes intérieurs. Lector marcha dans Veridia sans trébucher sur des illusions.Mais Veridia elle-même était une allégorie plus vaste, une caverne platonique aux parois tapissées d’écrans géants.

Dehors, dans le monde réel qu’on n’atteignait qu’en grimpant des escaliers de pixels, la Presse régnait – cette grande journaliste collective, avec ses propres reporters :

les chaînes d’info en continu, les fils infinis des réseaux, les éditions numériques qui se régénéraient comme des hydres. Elle aussi avait cinq sens défectueux, ou plutôt des millions, captés par des capteurs humains faillibles : caméras biaisées, micros sélectifs, algorithmes qui touchaient la réalité à travers des gants de velours truqués.La Presse de Veridia était devenue acouphène social. Elle bourdonnait sans cesse dans les oreilles de la cité : un bruit blanc de rumeurs, de scoops avariés, de titres qui hurlaient plus fort que les faits. Un chat noir traversait la rue ? Scoop : invasion féline imminente. Un politicien éternuait ? Éditorial : complot viral. Les reporters de la Presse, comme ceux de Lector autrefois, couraient des risques. Ils publiaient des dépêches floues, amplifiées par l’écho des murs de la caverne. Et la démocratie, cette patiente fragile allongée sur le lit de la place publique, toussait sang et vérité.Comment apporter une correction à cette Presse acouphénique ?

Allait-on la mener chez un Dr. Claritas collectif ?

Prescrire des lentilles de vérification des faits à chaque écran, des gouttes de scepticisme dans les veines des algorithmes ? Imaginaire parallèle : dans une Veridia réformée, des cliniques de la Presse ouvriraient leurs portes. On y installerait des salles de rédaction thérapeutiques, où les journalistes – reporters spéciaux de l’extérieur – reliraient leurs articles à voix haute devant un miroir de la réalité. Des thérapies de groupe pour les chaînes d’info : « Répétez après moi : ce n’est pas une tempête si c’est une brise. » Des comprimés de transparence, dissous dans l’encre numérique.Lector, guéri, observait cela depuis son balcon invisible.

Sa cognition, désormais journaliste honnête, titrait en une intérieure :

« La santé de la démocratie en jeu – prescription urgente. » Car si les sens intérieurs se corrigent par le soin individuel, les sens extérieurs, ceux de la Presse, exigent un soin collectif. Sinon, la caverne s'emplit d’un bourdonnement éternel, et les ombres dansent folles sur les murs, tandis que le soleil jaguar – ce félin lumineux tapi au-dehors – attend, patient, qu’on ose enfin sortir pour vérifier la dépêche de visu.Ainsi va Veridia, ville où la cognition et la Presse se mirent l’une dans l’autre, deux journalistes en parallèle, l’une guérie, l’autre encore fiévreuse. Et la démocratie ? Elle respire, tant bien que mal, entre deux éditions.
 

conférence : la dématérialisation du lecteur local par Nicolas Caudeville Conférence sur la dématérialisation du lecteur local au 202 Avenue Joffre PERPIGNAN dans le local de L'APHPO association d'histoire d'ici.

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27 octobre 2025 1 27 /10 /octobre /2025 17:55

"C'était une blonde. Une blonde pour laquelle un évêque serait prêt à donner un grand coup de pied dans un vitrail."

Raymond Chandler

En pleine période préélectorale,pour marquer le coup de presque 6 ans sans n'y avoir rien fait alors que le bâtiment jouxte le "Campus Mailly" (rien à voir avec Camping Paradis) , v'là que la ruine menace vraiment de s'écrouler (par lettre ou par une vidéo TicTok). On avait fini par croire que c'était de l'éveil à l'art contemporain pour les étudiants (ya, pas que le droit dans la vie, ya le gauche...). Du coup, ya Arlette et pas qu'à Malibu (j'ai connu une polonaise.. Enfin bref, au petit-déjeuner...) sur le communiqué de presse municipal, une coalition qui compte pas moins de 4 participants : la préfecture des PO, l'Agence National pour la rénovation urbaine dite ANRU, la communauté urbaine Perpignan / Méditerranée et la mairie de Perpignan. Si avec ceux-là, on reprend pas le Dombas, et on arrive pas jusqu'à Moscou pour y mettre le feu nous-même: c'est qu'il a maldonne (non, pas Danone, c'est pas du Yaourt !) À l'Archipel contre-attaque, ça nous a donné des idées de polar, du genre "Perpi/ Urba confidential" !

L’Ombre de Fontaine Neuve
Un polar à la manière de Shandler

Le crépuscule tombait sur Perpignan, drapant le quartier Saint-Jacques d’une lumière sale, comme si le soleil lui-même hésitait à s’attarder. Les ruelles étroites de l’îlot Fontaine Neuve exhalaient une odeur de pierre humide et d’oubli. Les murs, fatigués par des siècles de secrets, semblaient murmurer sous le vent d’octobre. Mais ce lundi 27 octobre 2025, un frisson nouveau parcourait le quartier. Quelque chose allait mourir. Et ça n’avait rien de métaphorique.L’inspecteur Gabriel Leduc, un type taillé dans le roc avec des yeux qui voyaient trop, mâchait un cure-dent au coin de la rue du Moulin Pares. Il fixait les numéros 4, 6, 8, comme s’ils allaient lui confesser un crime. À ses côtés, son partenaire, Vignes, un ingénieur reconverti en limier du bâtiment, feuilletait un rapport encore chaud, tout juste sorti des bureaux d’études. « Dégradation rapide », « instabilité structurelle », « risque imminent ». Les mots dansaient comme une sentence. L’îlot Fontaine Neuve était condamné. Démolition en extrême urgence, avait décrété la mairie. Les pelleteuses arriveraient jeudi, dans trois jours, pour raser ce bout d’histoire. Mais Gabriel n’aimait pas les coïncidences. Et encore moins les urgences décrétées par des costumes.« Ça sent le coup monté, Vignes », marmonna-t-il, jetant son cure-dent dans une flaque. « Deux rapports indépendants qui tombent pile le même jour ? Et cette histoire d’arrêté de police… Trop propre. »

Vignes haussa les épaules, son éternel sourire en coin. « Tu vois des complots partout, Gabe. Les immeubles sont vieux, ils s’effritent. C’est pas un polar, c’est la gravité. »

Mais Gabriel n’écoutait plus. Il scrutait les fenêtres barricadées du numéro 3 bis, rue Fontaine Neuve. Derrière, des ombres. Des familles. Une vingtaine, d’après le communiqué de la mairie. Des gens qu’on allait « reloger temporairement ». Temporairement. Ce mot puait la paperasse et les promesses non tenues.Il repensa au chantier de l’îlot Puig, pas loin. Sept millions d’euros, des logements flambant neufs, des T3, T4, tout ce qu’il fallait pour vendre du rêve énergétique.

Saint-Jacques changeait de visage, disait la mairie. Mais à quel prix ?

Gabriel avait grandi dans ces rues. Il savait que sous les pavés, il n’y avait pas que de la terre. Il y avait des histoires, des dettes, des rancunes. Et parfois, des corps.La réunion d’information prévue pour les riverains lui trottait dans la tête. Une belle mise en scène : des techniciens en cravate, des PowerPoint, des sourires rassurants. Mais Gabriel connaissait le scénario. On parlerait sécurité, renouvellement urbain, partenariat avec la Préfecture et l’ANRU. On parlerait de tout, sauf de ce qui se tramait vraiment. Pourquoi cette urgence ? Pourquoi maintenant ?

Et qui tirait les ficelles derrière cet arrêté de démolition ?

Il alluma une cigarette, malgré les regards désapprobateurs des passants. La fumée s’élevait, se mêlant au brouillard qui rampait depuis la Têt. « Vignes, trouve-moi tout ce que tu peux sur les propriétaires de ces immeubles. Et sur les bailleurs sociaux qui s’occupent du relogement. »
« Tu crois qu’il y a un os ? » demanda Vignes, soudain sérieux.


« Je crois qu’on ne rase pas un quartier historique en quatre mois sans une sacrée bonne raison.

Ou une sacrée mauvaise. »Le vent tourna, charriant une odeur de ferraille et de poussière. Jeudi, les pelleteuses arriveraient. Mais d’ici là, Gabriel Leduc avait trois jours pour fouiller les gravats de la vérité. Dans l’ombre de Fontaine Neuve, quelque chose attendait d’être déterré. Et il comptait bien le trouver avant que tout ne s’effondre.À suivre…
 

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 21:48

"Le refus a toujours constitué un rôle essentiel. Les saints, les ermites, mais aussi les intellectuels, le petit nombre d'hommes qui ont fait l'Histoire sont ceux qui ont dit non, et non les courtisans et les valets des cardinaux."

Pier Paolo Pasolini (La Stampa, 8 novembre 1975)

Je sais (Perpignan – version élargie)

Libre réécriture inspirée de Pasolini — fiction politique https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2022/03/22/pier-paolo-pasolini-je-sais

Je sais.

Je sais que Perpignan est devenue une scène.
Chacun entre, dit sa tirade,
applaudit son propre courage,
et sort par la coulisse des réseaux sociaux.

Je sais les noms de ceux qui gouvernent
et les noms de ceux qui veulent gouverner.
Les uns se drapent d’autorité,
les autres de vertu.

Je sais les noms de ceux qui promettent
une ville plus sûre, plus douce, plus juste,
selon l’endroit du trottoir où ils se trouvent.

Je sais les noms de ceux qui se réclament du peuple
et du peuple ils ne connaissent parfois
que les statistiques.

Je sais les noms de ceux qui s’imaginent rebelles
alors qu’ils apprennent déjà leur protocole.

Je sais aussi les noms de ceux qui ne gouverneront jamais
mais qui continueront à parler
par devoir, par passion, ou par folie.

Je sais.

Je sais les espoirs placés dans un bulletin rose,
vert, rouge ou bleu marine.
Je sais aussi les déceptions muettes
que l’on replie avant de les jeter dans l’urne.

Je sais les noms des élus qui pensent tenir la ville
comme on tient un glaive :
avec force et certitude.

Je sais les noms des opposants
qui pensent qu’il suffit de s’indigner
pour déjà devenir différents.

Je sais les noms de celles et ceux
qui en appellent à la terre,
à l’Europe,
à la République,
à l’insoumission,
à l’écologie,
à la radicalité de l’amour ou de la nation.

Je sais les noms.
Mais je n’ai pas les preuves
que l’un ferait vraiment mieux que l’autre.

Je sais tout cela car je suis un observateur,
un habitant qui lit entre les lignes des discours,
qui entend ce que disent les silences
des marchés du samedi matin,
des terrasses désertes en hiver,
des couloirs d’une mairie où l’on attend
toujours un peu trop longtemps.

Je sais, parce que Perpignan parle.
Elle dit sa colère, sa fierté, son ennui.
Elle dit ses banlieues oubliées,
ses places rénovées,
ses palmiers fatigués de tout voir,
ses cœurs qui ne votent plus,
ou votent encore par dépit.

Je sais,
et si je l’écris,

c’est pour rappeler que la ville n’est pas un trophée,
pas une conquête,
pas un territoire à posséder.

Perpignan appartient à celles et ceux
qui y vivent —

qu’ils gagnent,
qu’ils perdent,
ou qu’ils n’aient jamais été candidats.

Je sais.
Et je continue à regarder.

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 10:11

"— ... Toi, toi tu peux le retrouver. Tu sais comment faire, tu es dans la police, non ?
— Détective privé.
— Ce n'est pas pareil ?
— La police fait régner l'ordre. Moi, je me contente de révéler le désordre."

Le Quintette de Buenos Aires
Manuel Vázquez Montalbán

Junts convoque sa direction lundi à Perpignan pour décider s’il retire son soutien à Sánchez

Carles Puigdemont, avec ce visage de fantôme catalan qui a appris à sourire depuis l’exil, comme si chaque sourire était une déclaration d’indépendance à demi-mot.

 Ah, Perpignan, cette ville frontalière où les Catalans se réunissent pour parler de trahisons comme s’il s’agissait de recettes d’escargots à la llauna, accompagnés d’un vin rouge qui réchauffe les joues et brouille les jugements.

Lundi, à dix heures du matin, dans un espace de coworking nommé Les 5 Éléments – un nom qui sent l’alchimie , comme si les indépendantistes catalans voulaient transformer la frustration en or politique –, la direction de Junts se réunira pour faire le bilan d’un pacte conclu à Bruxelles, qui, à l’époque, fleurait bon la promesse sucrée et qui, aujourd’hui, a le goût amer du fiel.

Selon El Periódico,  où les nouvelles locales se mêlent à la saveur salée du vent de la Costa Brava, l’objectif est simple : décider si Pedro Sánchez, cet homme de Madrid au sourire de vendeur d’encyclopédies, mérite encore le soutien de ces postconvergents qui, en dignes héritiers de Jordi Pujol, savent que la patience a une limite aussi précise qu’une assiette de fromages.Deux ans après l’investiture de Sánchez, cet accord de Bruxelles ressemble à un plat refroidi, de ceux qu’on prépare avec des illusions et qu’on mange avec du ressentiment. Il y aura un tour de parole ouvert, disent-ils, pour que chacun puisse déverser ses opinions et propositions, comme dans une assemblée de quartier où le voisin du quatrième a toujours raison. Puis, vers cinq heures de l’après-midi, une déclaration publique viendra révéler la décision, comme si les journalistes étaient invités à un dîner où le plat principal est l’incertitude.

Perpignan, avec ses ruelles pavées de granit du tarn et ses épiceries où l’on vend du pain de campagne et des Tourrons qui rappellent la terre perdue, sera le théâtre de cette comédie tragique, où les hommes et femmes de Junts, vêtus de l’élégance discrète de ceux qui ont appris à vivre entre deux frontières, soupeseront s’il faut couper les ponts avec le PSOE ou continuer cette sardane aux pas de plus en plus désaccordés.

La convocation survient au lendemain des propos de Míriam Nogueras, la leader de Junts au Congrès – femme au regard féroce et aux mots tranchants comme un couteau à saucisse –, qui a averti Sánchez que “l’heure du changement” approche, une phrase qui sonne comme un ultimatum servi froid. Et ce n’est pas un hasard : depuis août, Carles Puigdemont, cet ex-président exilé qui semble tout droit sorti d’un roman-feuilleton teinté de Kafka, lance des avertissements comme on jette des amandes dans un nougat : “Cet automne, il se passera des choses”, disait-il, et l’on se demande s’il parlait de pluies torrentielles ou de la tempête politique qui nous enveloppe. Puigdemont, avec son allure de Don Quichotte catalan luttant contre des moulins espagnols, a fait de l’exil une sorte de théâtre absurde où chaque déclaration est un acte.Les postconvergents, ces fils illégitimes de la Convergence qui naviguent désormais en eaux troubles, regardent en arrière et constatent que les négociations avec le PSOE ont donné des fruits aussi amers qu’une mandarine hors saison.

La loi d’amnistie ? Un mirage : elle n’a pas permis le retour de l’ex-président en Catalogne, et Sánchez n’a toujours pas daigné s’asseoir avec lui devant un verre de vin rouge, comme si les réunions étaient un luxe réservé aux rois. La langue catalane, douce et rebelle, n’est toujours pas officielle à l’Union européenne, où les bureaucrates de Bruxelles parlent de multiculturalisme tout en croquant des croissants et en ignorant la senyera. Et au Congrès, à cause du rejet de Podemos – ces disciples tardifs de la révolution plus occupés à faire des selfies qu’à provoquer des changements profonds –, la proposition phare est tombée à l’eau : la délégation des compétences en matière d’immigration, qui aurait été comme un plat de résistance dans un menu de revendications.Et les désillusions ne s’arrêtent pas là. Des initiatives pour expulser les squatteurs en 48 heures ou pour enrayer la multirécidivité dorment dans un tiroir du Congrès, comme les restes d’un repas oublié que personne ne veut réchauffer.

Cela inquiète les maires de Junts, qui regardent avec des yeux de crapaud la possible montée d’Aliança Catalana – ce spectre d’extrême droite qui promet un grand nettoyage au savon fort – lors des prochaines municipales. Lundi dernier, Puigdemont a rencontré une délégation de ces maires, une réunion qui s’est conclue par un communiqué aussi piquant qu’un allioli : les postconvergents y dénonçaient les manquements du PSOE sur ces sujets, comme on énumère les erreurs d’un chef qui a brûlé le riz.Ils n’ont pas encore précisé comment une éventuelle rupture pourrait se matérialiser – peut-être par un communiqué sec comme un vermouth sans gin, ou par un geste symbolique comme trancher un pain avec un couteau romain. Mais le sentiment dominant au sein de la direction est clair : la relation avec le PSOE est à bout de souffle, après deux ans de négociations en Suisse, avec un médiateur international qui devait ressembler à un arbitre dans un match de foot truqué. La dernière rencontre, il y a une semaine, fut comme un dîner sans dessert : elle n’a pas rapproché les positions, juste laissé un goût amer.

Les dirigeants, prudents comme des amateurs de vin face à une carte trop longue, ne ferment aucune porte : pas même celle d’une motion de censure “instrumentale”, pensée uniquement pour provoquer des élections anticipées, à condition que le candidat ne soit pas Alberto Núñez Feijóo, cet homme du PP au visage de banquier qui sourit comme si tout était une affaire.

Cette option a été évoquée la semaine dernière par Antoni Castellà, vice-président de Junts, dans une interview où il parlait avec la liberté d’un homme qui sait que la politique est comme le jazz : imprévisible et pleine d’improvisations. Mais Junts ne peut pas la présenter seul, il lui manque des députés comme il manque du sel à une table ; il devrait s’allier avec le PP, cet aigle espagnol qui veut maintenant se faire passer pour plus fédéral qu’un pa amb tomàquet.Le moment choisi pour ce bilan n’est pas anodin, comme ne l’est pas le goût d’une escudella un jour de fête.

Novembre marque les deux ans de l’accord d’investiture, et décembre, un an depuis le dernier ultimatum de Puigdemont, lorsqu’il a exhorté Sánchez à se soumettre à une motion de confiance au Congrès – un geste héroïque comme défier un taureau avec un mouchoir. Pendant ce temps, María Jesús Montero, la vice-présidente et ministre des Finances, avec son air de maîtresse d’école sévère, préparera dans les prochaines semaines les chiffres du plafond de dépenses, les budgets généraux de l’État et sa proposition de modèle de financement, comme qui sert un menu économique où la Catalogne semble toujours être l’oubliée. Junts veut marquer son territoire avant, planter son drapeau sur ce terrain mouvant, car en politique, comme en cuisine, celui qui arrive le premier à table choisit les meilleurs morceaux. Et qui sait si, à l’issue de ce lundi à Perpignan, il ne sera pas décidé que Sánchez n’est plus l’invité d’honneur, mais juste une vieille connaissance avec qui on ne partage plus ni le pain ni le vin.
 

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