"Il est difficile de faire comprendre quelque chose à un homme lorsque son salaire dépend précisément du fait qu'il ne la comprenne pas."
I, Candidate for Governor: And How I Got Licked (1934) de Upton Sinclair
“Qui veut faire l’ange fait la bête” Pascal
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Avertissement: ceci n'est pas à prendre,ni au premier, ni au 33 iéme degré
Et moi, Nicolas, votre frère et compagnon dans la tribulation, j’étais dans l’île appelée Patmos, à cause de la parole du Dieu Média et du témoignage à la presse. Il me fut donné, en esprit, au jour du Soigneur, d’entendre derrière moi une voix forte comme celle d’une trompette, qui disait : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept écluses. »
Voici ce que je vis :Je vis une grande cité, Perpignan la Catalane, assise sur sept collines au pied des montagnes, et elle avait douze portes, gardées par des anges anciens. Et la cité gémissait sous le poids d’une bête sortie de la mer, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. Cette bête était semblable à un léopard, ses pieds comme ceux d’un ours, sa gueule comme gueule de lion ; et le dragon lui donna sa force, son trône et un grand pouvoir.
Depuis l’an deux mille vingt, Louis Aliot, serviteur de la bête, régnait sur la cité.
Il portait une marque sur le front, héritée des anciens fronts nationaux, et il promettait la sécurité et le cadre de vie apaisé. Et les habitants de la cité l’adoraient, disant : « Qui est semblable à la bête, et qui pourra combattre contre elle ? » Car elle avait reçu une plaie mortelle, mais sa plaie avait été guérie ; et toute la terre, émerveillée, suivit la bête.
Or, en cette fin de l’an deux mille vingt-cinq, à cent jours du grand scrutin des ides de mars deux mille vingt-six, la bête se dressait pour un second règne.
Un sondage, comme une voix du ciel, annonçait qu’elle obtiendrait quarante-trois ou quarante-quatre pour cent des suffrages au premier tour, score inédit dans la cité pauvre et tourmentée. Malgré l’ombre judiciaire qui planait – un procès en appel fixé du treize janvier au douze février, risquant l’inéligibilité –, la bête persistait, martelant : « Je serai candidat dans tous les cas de figure. »
Face à elle se dressaient plusieurs faux prophètes, divisés et fragmentés.
À gauche, la grande prostituée de Babylone se partageait en trois : Agnès Langevine, soutenue par Place publique, criait à la jeunesse et à l’écologie, dénonçant un mandat « touristique » ; Mathias Blanc, de Perpignan Autrement, rassemblait socialistes et collectifs, mais refusait l’union ; Mickaël Idrac, allié aux Insoumis et aux écologistes radicaux, prônait la rupture sous le nom « Perpignan, changez d’air ! ». Et leur division était grande, rappelant les anciennes querelles qui avaient livré la cité à la bête en deux mille vingt.
À droite et au centre, deux cavaliers : Bruno Nougayrède, divers droite soutenu par Républicains, UDI et Horizons, promettait de reconquérir l’attractivité ; Annabelle Brunet, centriste, incarnait une opposition modérée, désormais alliée de Agnés Langevine de "la place publique". Et leurs voix se diluaient, comme les eaux de l’Euphrate asséchées pour laisser passer les rois de l’Orient.Je vis alors les habitants de la cité, marqués du sceau de la bête ou du sceau de la gnole, dans la pauvreté et le trafic des stupéfiants, attendant le jugement.
La bête normalisait son règne, localisant son discours national-populiste, évitant les excès pour capter les conservateurs.
Mais son ADN idéologique persistait, comme une racine souterraine.Et une voix forte cria du trône : « Voici, je viens bientôt ! Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre. » Si la bête triomphe à nouveau, elle consolidera l’extrême droite comme force territoriale. Si elle tombe – chose improbable selon les signes du ciel –, sa chute questionnera l’ancrage profond.
Ainsi, en ces jours de décembre deux mille vingt-cinq, Perpignan reste l’observatoire des mutations de la grande bête française : entre promesses sécuritaires, divisions adverses et ombres judiciaires. Le nombre de la bête est celui d’un homme, et son nombre est six cent soixante-six. Mais la gnole vaincra, car il est Soigneur des soigneurs et Roi des rois. Amen. Viens, Soigneur ! La grâce du Soigneur soit avec tous.
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