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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 19:29

 Il appartient à chacun de faire son deuil du confort superfétatoire…

« Il appar­tient à cha­cun de faire son deuil du confort super­fé­ta­toire, et notam­ment de la socié­té de consom­ma­tion qui réduit l’être humain à sa dimen­sion d’homo oeco­no­mi­cus contem­po­rain. On devra faire son deuil de son confort intel­lec­tuel, comme nous l’a­vons vu. On devra enfin mobi­li­ser son capi­tal spi­ri­tuel en renon­çant aux délices de la pas­si­vi­té morale, des séries Net­flix, de l’a­bru­tis­se­ment de l’homo fes­ti­vus qu’a décrit Phi­lippe Muray. Sur­vi­vront ceux qui trou­ve­ront en eux des res­sources vitales, ins­tinct de sur­vie, volon­té de faire sur­vivre leurs enfants et de per­pé­tuer la civi­li­sa­tion, foi reli­gieuse, désir réflé­chi de vaincre la tyran­nie des nomades de Jacques Attali. »

Lio­nel Rondouin
Loin du confort, se pré­pa­rer à des temps trou­blés…, Xe col­loque de l’Ins­ti­tut Iliade, 15 avril 2023

 

Perpignan 2026 : le grand écart cosmique entre Téhéran et le marché de la place de la Loge (version augmentée : avec bonus autosuffisance énergétique, parce que pourquoi pas rire un peu plus fort)

Ah, Perpignan ! Ville où le soleil tape si fort qu’on pourrait presque croire qu’on est autosuffisant… en bronzage. Dimanche 15 mars, Louis Aliot (RN) rafle 50,61 % dès le premier tour, 43 sièges sur 55, une majorité si écrasante qu’on pourrait y installer un champ solaire sans que l’opposition bronche (enfin, Mickaël Idrac essaie, mais bon, recours au TA, on connaît la chanson).

Premier conseil municipal bouclé en un éclair – probablement lundi 16 ou mardi 17 mars, avec les poignées de main crispées habituelles et les adjoints élus comme on distribue des pastis en terrasse.Pendant ce temps, à 4 000 km, le Moyen-Orient joue à « qui fait le plus gros trou dans le réseau énergétique mondial » : frappes sur l’Iran, ripostes sur les sites gaziers qataris et saoudiens, Brent à 114 $ (et 150 en vue si le détroit d’Ormuz fait des siennes), gaz TTF +35 % en quelques jours, factures élec spot à 291 €/MWh le matin.

L’Europe panique, Ursula promet des « mesures », Macron parle de « flambée imminente », et les prix du gazole grimpent de 28 centimes en trois semaines. Sympa pour le plein.Et à Perpignan ? Toujours rien à foutre. Vraiment. Zéro. Que dalle. Nada.Le grand débat local, c’est toujours : est-ce que le recours d’Idrac va marcher (spoiler : non, mais ça fait causer), si Agnès Langevine arrive à placer ses 4 élus sans se faire piétiner, et si on va enfin réparer la fontaine de la Loge avant les fêtes. La guerre en Iran ? Les méthaniers escortés par l’OTAN ? Le risque de black-out partiel cet hiver si le Qatar coupe net ?

Pff. Ça, c’est pour les Parisiens qui stressent à l’idée que leur recharge Tesla passe de 0,25 € à 0,38 € le kWh.

Mais attendez, soyons justes : on pourrait théoriquement se raccrocher à un petit espoir d’autosuffisance énergétique locale, non ? Parce que Perpignan, c’est le soleil à gogo – plus de 2 400 heures par an, champion départemental du solaire dans les Pyrénées-Orientales. Près de 22 400 installations photovoltaïques (99,8 % de la production EnR du 66), +9 % en un an, +51 MW grâce à 2 400 nouvelles toitures.

L’autoconsommation cartonne : des agriculteurs près de Perpignan couvrent leurs hangars de panneaux et vendent le surplus aux voisins. Des foyers à Canet, Saint-Cyprien, Cabestany passent à l’autoconsommation avec injection réseau, et ça réduit la facture. Le département produit 10 % de l’énergie verte occitane, surtout solaire (71 % de la prod régionale EnR), un peu d’éolien (21 %, avec des repowering comme à Rivesaltes : 15 → 22 GWh/an). Et la métropole a ses vieux rêves : toits solaires, parcs éoliens d’antan (75 % des besoins résidentiels visés un jour), PCAET qui parle de multiplier par 4 les EnR d’ici 2050.Sauf que… en vrai ?

On en a toujours rien à foutre.

Parce que même avec tout ce soleil gratuit, la production locale reste une goutte d’eau face à la conso totale. Perpignan et ses 120 000 habitants, c’est pas une île déconnectée du réseau : on pompe encore massivement du nucléaire français, du gaz importé, et même si le solaire explose chez les particuliers et sur quelques hangars, la ville n’est pas près de couvrir ses besoins en hiver (quand le soleil se cache et que le chauffage électrique tourne).

L’impact d’une crise gaz/pétrole moyen-orientale ?

Direct sur les prix de l’électricité et du fioul de secours, pas sur une supposée « souveraineté locale » qui reste un joli PowerPoint. Aliot pourrait bien monter une motion « souveraineté énergétique : stop au gaz qatari, vive le solaire catalan et le nucléaire français forever » (classique RN), mais soyons réalistes : le premier conseil s’est cantonné aux classiques – installation, adjoints, peut-être une vague allusion au « contexte international » avant de passer aux subventions pour les assos de quartiers.Ici, on râle contre la butifarra +12 centimes, la taxe foncière +3,8 %, le lampadaire qui clignote.

Pas contre le fait que 150 millions de m² de zones d’accélération EnR attendent dans le 66 (loi APER oblige).

On se demande si le Canigou aura de la neige pour les photos Instagram, pas si un black-out gazier va forcer EDF à couper le jus aux heures de pointe.Le grand écart est encore plus grand maintenant : d’un côté, le monde flambe (littéralement, certains terminaux gaziers), de l’autre, Perpignan continue son petit bonhomme de chemin, avec son soleil sous-exploité, ses toits qui pourraient produire plus mais qui restent majoritairement nus, et ses habitants qui préfèrent se plaindre du prix du pastis (+30 centimes au bar du coin) plutôt que de rêver à une vraie indépendance énergétique locale.

C’est presque poétique. Ou pathétique. Ou les deux.

Vive Perpignan 2026. Que le soleil continue de briller, que le gaz qatari revienne (ou pas), et que personne ne descende dans la rue avec une pancarte « Plus de panneaux sur les toits, moins de missiles sur le Golfe ! ». Parce que franchement… on en a rien à foutre.

Pas encore. Peut-être jamais.

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 21:55

Un anonyme nous a envoyé ce texte, nous le publions donc...

"Le soleil y tombe comme une sentence capitale à midi pile.
Pas de pitié, pas d’ombre, pas d’excuse.
Juste un projecteur divin braqué sur ta petite vie inutile.
Cioran n’aurait eu qu’à s’asseoir place de la Loge, allumer une clope et noter :
« Naître ici est déjà une forme d’ironie cosmique. »

Identité ?

Un catalan qui parle français en s’excusant,
un Français qui met un drapeau jaune-rouge pour se faire pardonner d’exister.
Double imposture, double humiliation,
et toujours le même pastis pour faire passer la pilule.

Le Palais des Rois de Majorque ?

Un château pour fantômes en CDD.
On y monte pour se souvenir qu’on descend de personne
et qu’on redescendra encore plus vite.

L’ennui n’est même plus un sentiment :
c’est la météo officielle de la ville.
Dimanche 15 h, entre la Têt qui pue et le McDo qui sent le regret,
on comprend enfin pourquoi Dieu a inventé l’alcool :
pour qu’on supporte le spectacle de soi-même sous 38 °C.

Bilan en trois uppercuts :

Soleil = guillotine lumineuse  
Identité = blague que personne n’ose finir  
Ennui = seul état honnête qui reste quand on a tout compris

Perpignan ne console pas.
Elle ricane.
Et elle ricane très fort,
avec des cigales en bande-son et des touristes en pleurs.

Cioran n’a pas eu besoin d’y vivre.
La ville s’est chargée de prouver sa thèse
sans même ouvrir un de ses livres.


C’est vexant pour la philosophie,
mais follement drôle pour qui sait regarder."

 

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19 mars 2026 4 19 /03 /mars /2026 20:21

 

   " Eh là qui va là (Inspecteur Gadget)
    Eh là ça va pas (ouh ouh)
    Oh là je suis là (Inspecteur Gadget)
    C'est moi que voilà (Inspecteur Gadget)
    Ça va être la joie (ouh ouh)
    Au nom de la loi (moi je vous arrête)
    Je vous arrête là
    (Go go) gadget à main."
Générique inspecteur Gadget

Conférence gesticulée du premier tour des municipales à Perpignan! Contenu dans la boite :les discours des candidats comme s’ils étaient sur scène, avec leurs tics, leurs postures, leurs auto-justifications, et une pointe de distance moqueuse sur le théâtre politique. On imagine le conférencier qui marche, mime, exagère les gestes…« Le premier tour des municipales à Perpignan 2026 – ou comment tout le monde a (presque) gagné, sauf que non »

(Imaginez-moi là, micro en main, face à vous, avec une grande feuille blanche derrière moi sur laquelle je dessine des bonhommes qui se disputent un fauteuil.)

Dimanche 15 mars 2026. Perpignan.

Participation… 47,74 %. Presque 48 %. La plus mauvaise depuis longtemps, hors période covid, nous dit-on. Presque la moitié des gens ont dit : « Bah non, finalement, je reste au soleil avec mon pastis, c’est pas grave. » Et pourtant… il y a eu un gagnant. Un seul. Dès le premier tour.Louis Aliot (je prends la pose du vainqueur, bras écartés, sourire carnassier) :
« Mes chers amis… 50,61 % ! 16 835 voix ! 43 sièges sur 55 ! Dès le premier tour ! On a explosé 2020 ! On a pulvérisé les pronostics ! C’est la preuve que les Perpignanais savent reconnaître le travail, la sécurité, la fierté retrouvée, le blablabla… Et puis franchement, regardez mes adversaires… Quelle médiocrité ! Ils se sont entre-dévorés, ils ont fait mumuse à gauche pendant que moi je ramassais la mise. Merci à Jean-Marc Pujol d’être venu se coller à moi, merci au bon sens populaire, merci à moi ! »

(Je mime le geste de ramasser des billets imaginaires par poignées.)

Et là, on passe à la gauche. Parce que la gauche à Perpignan, c’est un peu comme un puzzle dont il manque la moitié des pièces… et que les pièces restantes se détestent.Agnès Langevine (je prends un air sérieux, un peu prof d’université, lunettes imaginaires sur le nez) :
« Bon… 15,94 %. C’est pas mal, hein ? On est deuxièmes. On a 4 sièges. On a fait mieux que certains. On déplore la faible participation, hein, 48 %, c’est catastrophique, les gens se sont démobilisés, c’est grave. Mais bon… regardez : la gauche totale, si on additionne tout, on est à presque 36 % ! 35,94 % même ! On a gagné 6 200 voix en six ans ! C’est pas rien ! Si on avait été unis… si… si… Mais bon, voilà, c’est comme ça. On assume. On va continuer le combat. Avec dignité. »(Je hausse les épaules, genre « on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a ».)

Puis arrive Bruno Nougayrède (je bombe pas le torse, air d’ancien nouveau notable respectable, cravate bleu marine) :
« 13,45 %. Quatrième ? Non, troisième ! Soyons fiers de Perpignan, c’était une belle campagne. On représente la droite républicaine, le centre, les valeurs… On a 4 sièges aussi. On est là. On n’a pas à rougir. On a fait un score honorable. Face à la machine RN et à la division de la gauche, on s’en sort bien. On reste dans le paysage. On va continuer à proposer une alternative sérieuse.Bref, on a manqué de notoriété

»(Je fais le geste du type qui range ses dossiers, « on verra au prochain coup ».)

Ensuite Mickaël Idrac (je mets un ton un peu plus jeune, un peu plus en colère, bras qui s’agitent) :

« 9,60 %. 3 193 voix. 2 sièges. On est là, on représente le vrai changement, LFI, les écolos, les gens qui en ont marre. On a fait un score correct vu le contexte. La division de la gauche ? C’est pas nous qui avons commencé. On a porté un projet clair, radical, nécessaire. On va continuer à se battre pour les Perpignanais qui galèrent. Parce que 50 % d’abstention, c’est pas juste de la paresse, c’est un cri de désespoir.Mais on va attaquer en justice le scrutin »

(Puis je mime le poing levé deux secondes, puis je baisse le bras, l’air un peu fatigué.)

Mathias Blanc (ton un peu plus doux, dissident, air de « moi je suis le gentil de service ») :

« 8,94 %. 2 973 voix. 2 sièges. On a fait ce qu’on pouvait. On était le PS mais pas vraiment, le PC, des écolos, des militants de base… On a tenu. On représente une gauche de terrain, pas de salon. On est fiers de nos 2 sièges. On va les utiliser. Et puis… franchement… si tout le monde s’était mis d’accord derrière une seule liste… mais bon… voilà. »

(Je fais le geste « c’est pas moi qui décide » avec les mains ouvertes.)

Et enfin Pascale Advenard (ton très militant, un peu en retrait) :
« 1,46 %. On est là. On représente les travailleurs. On n’a pas de siège, mais on a une voix. On continuera. »(

Je hausse les épaules : « ben voilà, c’est dit ».)

Et là, on regarde le tableau final (je dessine vite fait sur la feuille) :

Louis Aliot → 50,61 % → réélu direct, 43 sièges, game over.
Le reste → 49,39 % → éparpillé en miettes de thon à l'huile.
Abstention → plus de 52 % → le vrai vainqueur silencieux.

Alors on se dit : est-ce que c’est la victoire écrasante du RN ? Ou est-ce surtout l’histoire d’une gauche qui s’est présentée en six morceaux contre un seul bloc bien huilé ? Ou est-ce l’histoire d’une ville où la moitié des gens n’en peut plus de la politique et va se baigner à Canet le jour du vote ?

(Je conclus en regardant le public.)

Bref… à Perpignan, ce 15 mars 2026, on a eu un premier tour très clair :
Un gagnant absolu.
Cinq perdants relatifs qui expliquent tous qu’en vrai, ils ont gagné quelque chose.
Et une majorité d’électeurs qui ont répondu : « Laissez-moi tranquille. »Applaudissements ? Non ? Bon… c’est normal.

On est à Perpignan.
Ils ne font tellement rien, qu'ils ne font même pas illusion...Fin de la conférence.

Postscriptum: rendez-nous "l'inspecteur gadget"

 

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18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 21:09

"Finalement, le Roi retourna dans sa tanière et raconta que son fils était tombé d'un rocher et qu'il était mort. Il n'aurait pas trouvé le courage de dire la vérité. Un ours ordinaire aurait déjà eu honte, mais pensez donc, un roi ! En fin de compte, il se l'était tout bonnement fait voler. "

 La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours

    Dino Buzzati

 

 

Dans les vallées hautes des Pyrénées-Orientales, là où les ruisseaux descendent encore gelés en avril et où les hêtres gardent leurs feuilles mortes jusqu’à la mi-mai, on remarqua d’abord une chose infime : sur les cartes des restaurants de Céret, d’Arles-sur-Tech, de Prats-de-Mollo, apparaissait de plus en plus souvent, écrit en petits caractères italiques, ail des ours frais.

Au début ce fut discret, presque timide. Une vinaigrette légère sur des asperges sauvages, un pesto discret sous une truite de rivière, une feuille entière, comme une signature verte, posée sur un fromage de chèvre tiède. Les Parisiens de passage photographiaient leur assiette, les locaux souriaient d’un air entendu : « C’est la mode maintenant, l’ail des ours. » Les cueilleurs montaient dans les bois humides du Vallespir et du Conflent, sacs en toile et sécateurs émoussés, et redescendaient avec des brassées odorantes qu’ils vendaient à la sauvette sur les parkings des restaurants étoilés ou aux marchés de montagne.

L’ail des ours poussait en vastes tapis sous les frênes et les noisetiers, là où le soleil ne perçait qu’en taches mobiles. On l’appelait autrefois l’ail à ours parce que, disait-on, les plantigrades en raffolaient au sortir de l’hibernation, frottant leur museau contre les feuilles pour se purifier le palais après six mois de jeûne. Personne n’avait jamais vraiment vérifié, mais l’histoire plaisait.

Or, à mesure que les assiettes se couvraient de vert printanier, les ours, eux, commencèrent à descendre plus bas, plus tôt, et plus affamés.On les voyait d’abord sur les sentiers GR, puis sur les pistes forestières, puis à l’orée des villages. Ils ne renversaient plus les poubelles comme autrefois ; ils restaient assis, massifs et patients, à fixer les terrasses des restaurants quand le soir tombait. Leur regard n’était pas menaçant, plutôt perplexe, comme celui d’un locataire qui découvre que son propriétaire a transformé son salon en Airbnb sans le prévenir.

Un soir de mai, près du Tech gonflé par la fonte, un ours nommé Brad Pittre car on leur donnait maintenant des noms, comme aux vedettes , donc Brad Pittre s’approcha d’une table dressée en extérieur au Mas de la Forge. Il ne grogna pas. Il posa simplement une patte large comme une assiette à soupe sur le rebord de la nappe, et renifla longuement le carpaccio de veau parsemé de feuilles d’ail des ours finement ciselées. Le couple de Hollandais s’enfuit en hurlant doucement. Le serveur, stoïque, murmura : « Il sent son dû. »

Le lendemain, sur un rocher dominant le village de Sahorre, on trouva une inscription grattée dans la terre avec une griffe énorme :L’AIL DES OURS, C’EST À NOUS.Les lettres mesuraient trente centimètres de haut. Autour, des empreintes de pattes formaient un cercle parfait, comme un piquet de grève animal.La nouvelle se répandit comme une traînée de pesto sur une planche à découper. Sur les réseaux, les photos des tags circulèrent. Certains riaient : « Les ours font les gilets jaunes maintenant ? » D’autres, plus attentifs, remarquèrent que les ours ne saccageaient rien ; ils manifestaient. Ils bloquaient les sentiers menant aux grandes tapis d’ail, s’asseyaient en travers des chemins forestiers, regardaient fixement les cueilleurs qui descendaient avec leurs sacs pleins. Ils ne chargeaient pas. Ils attendaient.

Un naturaliste de l’OFB, venu compter les oursons de l’année (vingt-deux cette saison-là, un record), nota dans son carnet : « Comportement inédit. Pas d’agressivité alimentaire directe. Plutôt une revendication territoriale symbolique. Comme s’ils disaient : nous étions là avant le menu dégustation. »Bientôt, les ours organisèrent des « sit-in » coordonnés. À l’aube, une dizaine d’entre eux prenaient position le long de la D618, juste au-dessus des zones de cueillette les plus productives. Ils ne bougeaient pas de la journée. Les cueilleurs professionnels, ceux qui fournissaient trois étoiles Michelin, durent faire demi-tour.

Les restaurants reçurent des livraisons de plus en plus maigres. On essaya l’ail cultivé importé d’Alsace ; il n’avait pas le même mordant printanier, disaient les chefs. On essaya l’ail d’Espagne ; les ours le sentaient de loin et grognaient de mépris.

Un soir, dans une petite auberge isolée au-dessus d’Amélie-les-Bains, le patron sortit sur le perron avec un plat fumant : une omelette aux herbes sauvages, sans une seule feuille d’ail des ours. Il la posa sur une pierre plate, à dix mètres de la lisière. Un ours femelle, celle qu’on appelait Fina la Silencieuse, s’avança lentement, renifla, mangea une bouchée, puis une autre. Puis elle leva la tête vers l’homme, cligna des yeux une fois — un signe que les anciens bergers interprétaient comme « merci, mais ce n’est pas assez » — et repartit dans l’ombre.Le mouvement prit de l’ampleur.

On parla de « l’ours jaune » dans les journaux locaux. Des pancartes apparurent, tenues par des humains solidaires : « Sauvons l’ail pour les vrais ours ! » Des pétitions circulaient. Un restaurateur de Collioure proposa même un « menu ours-friendly » : plus d’ail des ours, mais des plats à base de baies, de racines, de miel sauvage.

Et pourtant, dans les cuisines, on continuait parfois à en mettre une pincée, par habitude, par snobisme, par nostalgie du goût retrouvé. Alors, la nuit, on entendait des pas lourds tourner autour des poubelles, non pour fouiller, mais pour marquer le territoire d’un grondement sourd, patient, presque philosophique.Car les ours des Pyrénées-Orientales n’étaient plus seulement des animaux. Ils étaient devenus les gardiens d’une frontière invisible : celle entre ce qui appartient à la forêt et ce qui appartient à l’assiette. Et ils ne céderaient pas facilement.

On raconte qu’un vieil ours, le dernier né avant la réintroduction slovène, celui qu’on surnommait l’Ancien, descendit un soir jusqu’à la mairie de Prats-de-Mollo. Il s’assit devant la porte, sous la pluie fine, et resta là jusqu’au matin. Quand le maire sortit, l’ours ne bougea pas. Il se contenta de souffler doucement, et son haleine sentait — distinctement, irréfutablement — l’ail des ours.

C’était sa dernière revendication.

 

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15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 20:31

Perpignan, participation municipales premier tour 18h 47.74 % soit plus 7.99% par rapport à 2020 qui était de 39.75 %

 

D’après les premières estimations et directs de la presse (notamment 20 Minutes et d’autres médias) :

    Louis Aliot (RN – liste « Continuons ensemble avec Louis Aliot »), maire sortant, serait réélu dès le premier tour avec un score autour de 51 % (ou légèrement au-dessus selon les estimations). Il profite d’un fort leadership et du ralliement de plusieurs figures de droite locale (dont l’ancien maire LR Jean-Marc Pujol).


    Pas d'effet Glucksmann / Delga, pour Agnès Langevine qui avec ses 16% devra siéger dans l'opposition municipale durant les 6 prochaines années : ceux pourquoi, elle avait jeter l'éponge en 2020 alors qu'elle aurait pu participer à au second tour d'une triangulaire leadée par 2 autres femmes Clotilde Ripoull et Caroline Forgue...

Voilà, sans faire de campagne , il n'y a que le plus visible qui pouvait gagner !

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15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 12:38

"Mon pauvre ami, vous ne savez pas à quel point c'est payant, un enterrement bien foutu à la télévision. De Gaulle se serait présenté le lendemain de ses funérailles, il était réélu à 80% des suffrages. "

Frédéric Dard

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,je partirai (comme disait Hugo, Boss): et le monde t’appartiendra !

Mais c'est comme tout, il faut sortir couvert pour ne pas se retrouver à poil, le zigouigoui à l'air; et se faire ramasser pour exhibitionnisme électoral ! 

Il n'y a pas de mot pour décrire (on touche à l'indicible) la fameuse absence de projets et de volonté… Ce vide élégant, ce costume trop large qui flotte sur les épaules, ces manches qui recouvrent les mains et empêchent toute prise.Habillons-le.Mais pas avec n’importe quel tailleur.

Pas le couturier de prêt-à-porter qui plaque un beau discours motivant et te laisse avec des ourlets qui grattent.
 

Non. Choisis le bon tailleur : celui qui sait ajuster au millimètre tes lacunes programmatiques, celui qui transforme le manque en structure, l’absence en coupe sur mesure. Parce que la vérité est tailleur !

Voici comment on l’habille, avec les bons mots et les bonnes épingles :1.

Le diagnostic impitoyable (la prise de mesure)

Tu n’as pas de projets ? → Ce n’est pas un défaut de caractère, c’est une lacune programmatique : ton système d’objectifs est en jachère. Il manque les patrons, les gabarits, les deadlines qui structurent le chaos.
Tu n’as pas de volonté ? → Ce n’est pas de la paresse, c’est une rupture d’énergie directionnelle. La volonté, c’est du carburant ; sans réservoir clair (projet), il s’évapore dans l’air.

Le bon tailleur ne te dit pas « motive-toi ».
Il te dit : « On va d’abord dessiner la silhouette que tu veux vraiment porter. »

2. La coupe ajustée (les premiers points d’épingle)

Projet minimal viable : Commence par un projet si petit qu’il en est presque ridicule. Pas « changer de vie », mais « coder 15 lignes par jour » ou « marcher 10 minutes avec une intention précise ». Un projet minuscule est déjà un projet.
Volonté artificielle : Utilise des systèmes externes pour compenser l’absence interne. Habit tracker, accountability partner, deadline publique, streak sur une app… Ce ne sont pas des béquilles, ce sont des armatures de tailleur qui maintiennent la forme jusqu’à ce que le tissu (ta discipline) prenne naturellement.
Rituel d’enfilage : Chaque matin, pose-toi la question du tailleur : « Quelle est la prochaine couture utile aujourd’hui ? » Une seule. Pas dix. Une seule action qui avance le patron.

3. L’optimisation des lacunes (les retouches expertes)

Tes lacunes programmatiques ne sont pas des trous honteux ; ce sont des espaces de liberté mal exploités.

Identifie-les précisément : manque de clarté ? manque de ressources ? manque de feedback ? manque de plaisir ?
Transforme chaque lacune en contrainte créative : « Je n’ai pas de grand projet ? Parfait, je vais faire un micro-projet si bien ficelé qu’il deviendra contagieux. »
Accepte la version « beta » de toi-même : le costume n’a pas besoin d’être parfait dès le premier essayage. Il faut juste qu’il tienne debout et que tu puisses marcher dedans.

Le mot de la fin, bien coupé

L’absence de projets et de volonté, une fois bien habillée, ne disparaît pas.
Elle devient élégance du commencement.Tu ne seras jamais le mec qui « a toujours su ce qu’il voulait ».
Tu seras celui qui, malgré le vide initial, a su choisir le tailleur qui ajuste, qui épingle, qui reprise, qui fait que même les manques deviennent style.

Alors vas-y.
Entre dans l’atelier.
Déshabille-toi de tes excuses.

Et laisse le bon tailleur transformer tes lacunes programmatiques en un costume dans lequel tu finiras par te sentir… dangereusement à l’aise.Tu veux qu’on ajuste ensemble la première manche ? Dis-moi juste quel est ton tout petit projet ridicule du moment. Je sors les épingles.

 

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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 16:01

"Pour écrire, il faut être hanté, malheureux, persécuté, ou alors heureux au point de croire sérieusement qu'on a Dieu pour coéquipier."

 Septentrion
Louis Calaferte


"Je serais heureux, moi, d'entrer dans des églises, d'y trouver des prêtres "mystiques", quitte à partir dans la connerie, mais, au moins, des gens qui vous soulèvent. C'est comme les poètes... Peu importe qu'ils aient tort ou raison, on s'en fout. Ce qu'on souhaite, ce sont des gens qui vous soulèvent."

 Choses Dites
Louis Calaferte

 Chaque événement humain non pas une tragédie, mais une farce grotesque, une répétition inutile où l'absurde triomphe par inertie. Pas de colère hurlante, juste un ricanement froid devant l'inévitable médiocrité.Gare à Perpignan, fragment d’un burn-out démocratique
(Suite hypothétique que Bertrand Schmit n’aura probablement jamais le courage — ou la cruauté — de tourner, tant filmer le néant fatigue déjà les caméras.)

On est le 14 mars 2026, veille d’un premier tour qui ressemble à une exécution capitale annoncée depuis des mois.

Louis Aliot, ce vice-président du RN qui administre Perpignan comme on gère un héritage empoisonné — avec lassitude et minimum syndical —, trône à 46 % dans le dernier sondage Cluster 17 pour Politico. Mission impossible de le battre ? Non : mission inutile. La démocratie, ici, a simplement cessé de faire semblant.Schmit ouvrirait sur la gare, bien sûr — ce terminus où arrivent les trains et où s’arrêtent les illusions.

Pluie catalane, affiches décollées comme des promesses usées.

Aliot mène une campagne fantôme : il snobe les débats (sur ICI Roussillon, c’est son adjoint qui joue les doublures), répète que « ça sert à quoi de perdre du temps avec ces canaux d’information ? », et gagne quand même. Le burn out démocratique, c’est quand le favori n’a même plus besoin de mentir : il se contente d’exister. L’électeur, épuisé, vote par réflexe pavlovien — sécurité, propreté, fierté catalane recyclée depuis 2020. Rien de neuf, rien de vrai, mais ça suffit.

L’absurde a gagné par forfait.

Et les oppositions ? Une farce à six tableaux. Six listes, six ego minuscules qui se disputent les miettes d’un gâteau déjà moisi.

La gauche atomisée : Agnès Langevine (PS-Place publique) et Mickaël Idrac (LFI) se partagent 15 % chacun, comme deux clochards qui se battent pour une pièce tombée d’une poche trouée. Bruno Nougayrède (droite-centre) à 14 %, Mathias Blanc à 9 %, Lutte ouvrière à 1 % — on dirait les scores d’un enterrement où même les fantômes n’ont pas pris la peine de venir.

Schmit filmerait leurs meetings : des salles à moitié vides, des militants qui répètent les mêmes slogans depuis six ans, le regard vitreux de ceux qui savent qu’ils perdront mais qui continuent parce que l’habitude est plus forte que la honte.

Le clou du spectacle : Jean-Marc Pujol, ex-maire LR (2009-2020), l’homme qui a perdu contre Aliot en 2020, appelle maintenant à voter pour lui.

« Union des droites et du peuple », dit-il, « les partis font fausse route ».

Traduction : j’ai 76 ans, je suis fatigué, autant capituler avec panache. Schmit zoomerait sur son visage ridé par les défaites successives, sur ce ralliement qui n’est pas une trahison mais une capitulation générale — l’idéologie morte, ne reste que l’instinct de conservation.

L’affaire des assistants parlementaires plane toujours : Aliot risque l’inéligibilité (délibéré en appel prévu en juillet), mais personne n’en parle vraiment. Pourquoi s’énerver ?

Le mandat a été « pépère » (Le Monde dixit) : plus de police, plus de caméras, moins de vagues. Il a compris que gouverner consiste à ne rien faire de trop visible — la meilleure façon de durer quand on n’a plus d’idées.

Le peuple, reconnaissant, le réélira probablement dès le premier tour, ou au pire au second dans une quadrangulaire pathétique où même les perdants se congratuleront d’avoir « existé »

.Schmit terminerait sur un plan fixe : la gare la nuit, un train qui part vers nulle part, un panneau « Perpignan – terminus » éclairé par un néon clignotant. Voix off murmurée, presque lasse : « La fatigue de 2020 est devenue burn out en 2026.

On ne vote plus pour espérer, on vote pour ne pas avoir à changer d’avis.

La démocratie ne meurt pas assassinée ; elle s’éteint d’ennui, en murmurant “tant pis”. » Pas de musique tragique, juste le bruit du vent et d’un distributeur automatique qui crache un café imbuvable.

Parce qu’au fond, Perpignan n’est pas un laboratoire du RN : c’est le miroir grossissant de ce que nous sommes tous devenus — des administrés qui élisent des gestionnaires parce que rêver fatigue.

Et dans ce miroir, on rit jaune : c’est laid, c’est prévisible, c’est nous.

Sources (réelles, hélas) :  Sondage Cluster 17 / Politico (12 mars 2026) : Aliot 46 %, oppositions dispersées.  
Reportages 20 Minutes, Le Figaro, France Bleu, L’Indépendant, Le Monde (février-mars 2026) sur la « campagne fantôme », l’absence aux débats, le mandat « pépère ».  
Ralliement de Jean-Marc Pujol à Aliot (annoncé mi-mars 2026, via ICI Roussillon, AFP, etc.).  
Archives du documentaire original de Bertrand Schmit (2024) pour le parallèle cruel avec 2020.

Et maintenant, éteignez la lumière. Demain on vote, après-demain on oubliera.

 

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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 12:03

"C’est contre le résidu d’iniquité que les minorités luttent, non contre la société. "

 Nous sommes tous des minorités
Juliette Speranza

Table ronde à Perpignan : « Nous sommes tous des minorités ? » – Repenser les minorités comme opportunité démocratiqueLe mardi 17 février 2026, à 18h, la Résidence Alice Milliat – Habitat Jeunes (1445 avenue Julien Panchot, 66000 Perpignan) a accueilli une table ronde intitulée « Nous sommes tous des minorités ? », organisée par la FCPE 66 (Fédération des Conseils de Parents d'Élèves des Pyrénées-Orientales). Animée par Rémy Landri, président de la FCPE 66, cette rencontre a réuni deux intervenantes de premier plan pour un temps d'échange et de réflexion autour des questions d'égalité, de diversité et de parcours éducatifs.Les intervenantes étaient :Juliette Speranza, essayiste et chercheuse en philosophie, autrice de l'ouvrage Nous sommes tous des minorités (Éditions du Faubourg, paru le 3 octobre 2025).
Anne-Laure Arino, inspectrice d'Académie de Montpellier et directrice académique des services de l'Éducation nationale des Pyrénées-Orientales.

L'événement, ouvert à toutes et tous (avec inscription obligatoire et places limitées à 100 participants), s'inscrivait dans une démarche d'éducation populaire et citoyenne, au croisement des préoccupations éducatives et sociétales portées par la FCPE.

Les minorités : une menace ou un signe de vitalité démocratique ?

La table ronde s'est construite autour d'une question centrale tirée du livre de Juliette Speranza : « Et si l’émergence d’une minorité n’était pas une menace mais le signe de la bonne santé d’une société ? »Dans son essai, Juliette Speranza propose une relecture radicale du fait minoritaire. Elle argue que personne n’est minoritaire « en soi » : la minorité est une condition sociale produite par des rapports de domination, et non une essence intrinsèque. Chacun peut, à un moment de sa vie, se retrouver en position minoritaire (en raison de son genre, son origine, son handicap, son âge, son orientation sexuelle, son corps, etc.).

L'autrice s'appuie sur des rencontres avec des personnes minorisées

– comme Gabrielle Deydier (grossophobie), Marie Cau (transidentité), Ghaleb Bencheikh (islam et laïcité), Michelle Perrot (féminisme et vieillissement), ou encore des figures liées à la neurodiversité – pour illustrer comment ces trajectoires individuelles révèlent des mécanismes systémiques de discrimination.Plutôt que de voir les minorités comme une menace identitaire ou un risque de « communautarisme », Speranza les présente comme des mouvements régulateurs de la société : elles produisent du savoir, du lien social et des ajustements démocratiques. Elle dénonce ainsi les ravages d’un fixisme social (l’idée d’une société figée, normative et exclusive) bien plus dangereux, selon elle, que les accusations de division souvent portées contre les luttes minoritaires.

Cette perspective permet de dépasser le débat stérile woke/anti-woke qui polarise les discussions publiques en France.

Speranza invite à repenser l’universel non pas contre les particularités, mais à partir d’elles : l’histoire des minorités devient alors une histoire universelle, car nous sommes tous potentiellement concernés.Un lien fort avec l’éducation et les parcours scolaires

La présence d’Anne-Laure Arino, en charge de l’Éducation nationale dans les Pyrénées-Orientales, a permis d’ancrer la réflexion dans le concret des établissements scolaires.

Les échanges ont porté sur la manière dont l’école peut (ou doit) accompagner la diversité des élèves, lutter contre les discriminations et promouvoir des parcours éducatifs inclusifs. Comment l’institution scolaire gère-t-elle les situations où des normes dominantes (validisme, normes de genre, inégalités socio-culturelles) produisent des minoritarisations ?

Comment concilier égalité républicaine et reconnaissance des singularités ?

La FCPE 66, en organisant cet événement, réaffirme ses valeurs d’égalité, de justice sociale et d’inclusion, au cœur de son engagement pour une école publique émancipatrice.Une soirée qui interroge notre commun

Cette table ronde à Perpignan a offert un espace rare de dialogue apaisé sur des sujets souvent clivants. En reliant philosophie, témoignages vécus et enjeux éducatifs concrets, elle a rappelé une idée simple mais puissante : les minorités ne fragilisent pas la démocratie ; elles la dynamisent et la rendent plus juste.

Pour aller plus loin :Juliette Speranza, Nous sommes tous des minorités, Éditions du Faubourg, 2025 (240 p., 20 €).
Site de l’autrice : juliettesperanza.com
Couverture médiatique : recensions dans Le Monde (novembre 2025), Nonfiction.fr, Journal Zebuline, Faire Face, etc.

Juliette Speranza: Sommes nous tous des "minority report" ? interview
Juliette Speranza était en direct pour l'archipel contre attaque , l'autrice de "Nous sommes tous des minorités" était présente à l'occasion de Voici un article complet et journalistique sur l'événement, rédigé dans un style neutre, informatif et engageant, comme pour un média local, un site éducatif ou un blog culturel.

 

 

Interview,conférence et débat: " tous des minorités ?" Juliette Speranza,Anne-Laure Arino,Rémi Landri reportage par Nicolas Caudeville
Interview,conférence et débat: " tous des minorités ?" Juliette Speranza,Anne-Laure Arino,Rémi Landri reportage par Nicolas Caudeville
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13 mars 2026 5 13 /03 /mars /2026 13:00

À quelques encablures seulement du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, les Pyrénées-Orientales vibrent au rythme d'une campagne intense et locale. Dans ce contexte de dernière ligne droite, deux figures émergentes du paysage politique catalan nord se distinguent particulièrement : Joan Nou, impliqué dans les dynamiques de Baixas et du mouvement citoyen Agissons Pays Catalan, et Christelle Martinez, tête de liste à Bompas avec "Un avenir pour Bompas"

.Joan Nou, entrepreneur et militant engagé depuis des années pour un Pays Catalan indépendant et pragmatique, porte une vision axée sur la défense de l'identité locale, la préservation de l'environnement et la lutte contre les projets jugés contraires aux intérêts du territoire (comme certains golfs ou grandes surfaces). Actif dans les débats autour de Perpignan et des communes voisines, il incarne une voix critique et constructive, souvent relayée dans les médias locaux et sur des plateformes comme YouTube.

De son côté, Christelle Martinez connaît bien les arcanes du pouvoir local. Ancienne adjointe à la jeunesse et à l'adolescence à la mairie de Perpignan sous Louis Aliot, elle a choisi de se présenter en tête de liste à Bompas, soutenue par le Rassemblement National, Louis Aliot lui-même et la députée Sophie Blanc. Sa liste, "Un avenir pour Bompas", propose un projet ancré dans le concret : renforcement de la sécurité, amélioration du cadre de vie, soutien aux commerces de proximité, dynamisation du cœur de village, ainsi qu'une attention particulière portée à la jeunesse, aux aînés et aux personnes en situation de handicap. Issue d'une équipe diversifiée et motivée, elle vise à répondre aux préoccupations quotidiennes des habitants de cette commune dynamique voisine de Perpignan.

Dans cette ultime phase de mobilisation – porte-à-porte, meetings de dernière minute et appels au vote –, ces deux candidats illustrent la diversité des enjeux locaux : identité catalane et écologie pour l'un, sécurité et proximité pour l'autre.Pour mieux comprendre leurs visions et leurs priorités à J-2 du scrutin, nous les avons rencontrés en exclusivité. Voici leurs interviews, où ils se confient sur leurs motivations, leurs projets pour leur commune respective et les défis qui attendent le Pays Catalan après le vote.

Christelle Martinez les municipales de Perpignan à Bompas
Christelle Martinez, une figure locale bien connue dans les Pyrénées-Orientales, se lance dans une nouvelle aventure politique avec les élections municipales de mars 2026. Après six années passées au sein de l'équipe municipale de Perpignan aux côtés de Louis Aliot, elle est aujourd'hui candidate à la mairie de Bompas, une commune voisine d'environ 8 000 habitants.Un parcours ancré dans l'engagement localChristelle Martinez a rejoint l'aventure d'Louis Aliot dès les municipales de 2020.

 

Les municipales vu par Joan Nou, de Perpignan à Baixas agir agir...
Joan Nou était en direct Au Cochon Hardi pour causer campagne électorale, Mouvement #Agissons à l'instar d' Unitat Catalana soutient la liste pour Perpignan la liste @Perpignan plus fort d' Agnès Langevine et Annabelle Brunet, mais aussi de Mathieu Pons-serradeil face à Louis Aliot, en concurence avec celles de Bruno Nougayrède, Mickael Idrac, Mathias Blanc: bien qu'il soit plus impliqué à Baixas Réinventons Baixas face au maire actuel Gilles Foxonet .

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 13:58

    "Il y a deux façons d'enculer les mouches : avec ou sans leur consentement."

Boris Vian 

Perpignan, mars 2026 : la politique du crachat sans se fatiguer

Mes bons amis, mes chers électeurs catalans, mes braves contribuables des quartiers pourris et ceux plus gâtés , écoutez-moi ce petit air de valse municipale qui monte, qui monte… et qui pue déjà la vieille sueur des campagnes sans honneur.

Autrefois, on rêvait encore. On se levait pour un homme ou une femme, en fin, quelqu'un qui avait du feu dans le ventre, des phrases qui vous emportaient comme la Tram, un programme qui sentait la sueur et le bitume neuf. On croyait encore que la politique, c’était de la poésie appliquée à la vie commune.

Plus aujourd’hui.Les nouveaux candidats ? Des fantômes recyclés, des mites de l’éternel retour.

Des figures déjà vieilles avant même d’avoir été jeunes, des résidus d’anciennes listes, des revenants sortis du formol des années Pujol-Alduy-2014, qui nous reviennent avec le même sourire usé, les mêmes costumes lustrés, les mêmes promesses recuites.

Ils n’arrivent pas : ils reviennent.

Comme ces vieux vêtements qu’on ressort du grenier tous les six ans, avec l’odeur de naphtaline et l’illusion de la nouveauté. « Soyons fiers de Perpignan, elle le mérite », lance Bruno Nougayrède d’une voix de chef d’entreprise fatigué. « Perpignan, changez d’air ! », scande Mickaël Idrac en invitant Mélenchon pour un « Siamo tutti antifascisti ! » qui sent le déjà-vu. Et Aliot, lui, répète inlassablement : « Continuons ensemble avec Louis Aliot » et « Pour nous c’est Louis » – la main bleu-blanc-rouge brandie comme un talisman.

Plus besoin de charisme, mes agneaux.

Plus besoin de vrai programme, de chiffres qui tiennent debout, de visions qui fassent rêver au-delà du prochain PV de stationnement. Non. Il suffit aujourd’hui de disqualifier l’autre. De le salir, de le barbouiller, de le rendre infréquentable comme on jette un mégot dans le caniveau du Têt. Et hop ! On est élu. Ou réélu.

Sans avoir rien démontré de sa propre valeur, sinon celle, immense, d’être moins dégueulasse que le voisin.

Louis Aliot, le pépère intranquille du RN, trône là-haut à 43-44 % dans les sondages Ifop, comme un gros chat qui a déjà bouffé la moitié du pâté. Six ans qu’il gère la plus grande ville de France aux mains du parti : un peu plus de flics municipaux, un peu plus de caméras, un discours « sécurité-propreté » bien rodé, et surtout… surtout, pas de vagues. Il a même récupéré une poignée de ces mêmes mites recyclées – ex-Pujol, ex-Alduy – dans sa liste, histoire de faire « union de la droite raisonnable ».

Son bilan ? Mitigé, disent les méchantes langues. Mais qu’importe : il n’a pas à le défendre. Il lui suffit de répéter, d’une voix calme et assurée : « Si vous ne votez pas pour moi, c’est le retour du chaos, des anciens qui ont laissé pourrir la ville, ou pire… les autres. » Et ses partisans de renchérir : « C’est Louis ou moi », « Touche pas à mon maire ».

Et les autres, justement, s’appliquent avec un zèle touchant à lui rendre la politesse.

Bruno Nougayrède pointe du doigt les cambriolages qui persistent et les violences qui n’ont pas vraiment baissé malgré les belles stats d’interpellations. Il a raison, sans doute. Mais il reste à 13-15 %. Alors il faut bien hausser le ton : « M. Aliot n’a objectivement rien fait ! »Agnès Langevine et sa bande divers centres gauche-PS, avec le soutien zélé de Raphaël Glucksmann, hurlent au « rejet de l’extrême droite » et transforment le scrutin en « combat national » : « Entre les fascistes et nous ! »

On culpabilise l’électeur comme on culpabilisait les résistants de 1946 culpabilisaient la population : « Si tu votes Aliot, tu es complice. Du déclin. Du racisme. Du populisme. Du retour en arrière. Du mal absolu. »

Résultat ? On ne démonte plus les programmes. On ne compare plus les bilans. On ne propose plus rien de neuf. On disqualifie. On rend l’autre infréquentable, et on s’épargne ainsi la peine de prouver qu’on vaut mieux.

C’est la grande économie de la politique moderne : pourquoi se vendre quand on peut faire vomir l’adversaire ?

Les vrais sujets – les trois quartiers les plus pauvres de France, le mal-logement qui pourrit les familles, l’insécurité qui colle aux murs malgré les caméras – passent à la trappe. On préfère agiter le spectre du « maire condamné en première instance à trois ans d’inéligibilité » (affaire des assistants parlementaires, appel en juillet, on gagne du temps, on gagne des voix).

Ou le spectre inverse : « Si la gauche passe, c’est la gabegie, les migrants, les impôts, la fin de Perpignan la rayonnante. »C’est ça, la campagne 2026 à Perpignan. Du grand art du moindre effort moral. Du crachat élégant. Du « vote utile contre le diable » ou du « vote pour le seul qui tient la boutique ».

Et pendant ce temps, la poésie s’est noyée dans le Têt.

Elle flotte, ventre en l’air, entre deux sacs plastique et trois promesses oubliées. On l’a tuée à petit feu, à coups de « l’autre est une ordure ». On l’a remplacée par ce triste commerce : la peur, la haine, la culpabilité. Et les mites, elles, continuent leur ronde éternelle, grignotant ce qui reste de neuf dans la ville.Cynique ? Oui. Efficace ? Les chiffres des sondages qu'on a payé disent oui.

Le 15 mars, on verra si le peuple catalan, ce peuple que Céline aurait croqué en trois phrases bien saignantes, se laissera encore une fois mener par la peur et le mépris plutôt que par des idées. Ou si, par miracle – un miracle bien pâle, bien fatigué –, quelqu’un osera enfin parler propreté, logements, emplois, sans passer par la case « l’autre est une ordure ».

En attendant, on continue la danse.Et on se bouche le nez.Parce que même l’odeur de la poésie morte, ça finit par prendre à la gorge.

 

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