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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 19:30

“Le train-train quotidien va bientôt dérailler, qui veut rester dedans n'a qu'à bien s'accrocher. ”

Robert de Houx


“Les idées préconçues sont des rails sur lesquels les individus se déplacent.”
 

Frédéric Dard / Réflexions jubilatoires sur l’existence 

La vie est  duraille dans les PO, nous n'avons que peu de transports en commun:

Mesdames et messieurs, accrochez vos ceintures, on embarque pour un voyage pas piqué des hannetons, direction Perpignan, gare SNCF, ce 24 juillet 2025, 10 heures tapantes. Y’a du monde au portillon, et pas qu’des touristes en tongs ! L’Association des trains, la CGT 66 et une flopée d’autres clampins associatifs se sont donné rencard pour une manif’ qui sent la merguez et la grogne bien tassée. Objectif ? Dénoncer le merdier ferroviaire, faire le point sur une ligne fermée depuis un an, et secouer les puces de la préfecture. Ça va swinguer sur l’avenue Charles de Gaulle, cavaler sur le boulevard Clémenceau, pour finir en apothéose devant les grilles préfectorales, où nos gaillards espèrent qu’on leur déroulera pas juste le tapis rouge, mais des solutions, nom d’un biniou !

Au cœur du rififi, y’a Enric Balaguer, président du Train de la ville, un gars qui a la moustache frémissante et l’œil qui pétille de colère.

« Si une route avait été bloquée pareil, l’État aurait rappliqué dès l’aube avec des bulldozers et des ministres en gilet jaune. Mais le train ? Pfft, mépris total, on dirait qu’ils préfèrent les vaches aux wagons ! » qu’il balance, le bougre, planté au milieu d’la photo comme un olivier dans un champ d’oliviers. Et pour cause : la ligne est à l’arrêt depuis qu’un TER a joué les autos-tamponneuses avec un pont dans la commune d’Eus. Un glissement de terrain, qu’ils disent, a foutu le boxon. Résultat ? Pont HS, ligne kaput, et des usagers qui râlent plus fort qu’un klaxon de TGV.

Retour en arrière, histoire de démêler ce sac de nœuds.

Début 2025, la SNCF Réseau sort un protocole pour rafistoler les ouvrages d’Eus, mais la mairie fait la moue : « Pas d’oseille, pas d’deal ! » En décembre, le Conseil des ministres, dans un élan d’audace, vote la destruction du pont. Oui, mais pour le reconstruire, hein, faut pas rêver ! En juin, nouvelle délibération, on valide la solution technique de la SNCF : on rase, mais on rebâtit pas. Là, Enric, il voit rouge : « J’le sens gros comme une maison, ils vont nous fermer la ligne pour de bon, ces sagouins ! »

Et c’est pas tout. Figurez-vous que le conseil municipal, en fouillant dans ses archives, découvre qu’il est proprio du pont !

Le maire, Philippe Dorandeu, sort de sa réserve comme un taureau d’arène : « On veut être dans l’coup pour la solution technique, valider le protocole de démolition, et surtout, qu’on nous garantisse une reconstruction ou une alternative, genre une route. Parce que d’l’autre côté du pont, y’a du monde, bon sang ! Un éleveur de clebs, un éleveur de cochons, une maison rurale… Ces gens-là, depuis l’accident, doivent se taper 5 bornes pour rejoindre la RD66, alors qu’avant, c’était plié en 5 minutes. Leur boulot en prend un coup dans l’aile, c’est pas d’la rigolade ! »

Le 26 mars, les experts du tribunal administratif ont tranché : 80 % de la faute à la SNCF, qui a pas su garder son pont en état.

Les 20 % restants ? Aux éleveurs et à l’association du canal, qui prennent leur part du gâteau de la responsabilité. « J’vais leur faire bouffer l’pont qui m’a cassé ! » qu’il tempête, le maire. La SNCF, fair-play, met la main à la poche pour financer démolition et nettoyage. Le Département, l’État et la Région promettent de filer un coup de main au conseil municipal dans un mois et demi. On croise les doigts, mais on y croit moyen.

Et pendant c’temps-là, la ligne, elle, reste fermée comme une huître.

Enric, toujours lui, soupire : « Avec l’nouveau maire, ça bouge un peu plus. L’ancien, un vrai bouchon, bloquait tout. Mais même si on signe un deal avec la SNCF, les travaux commenceront pas avant septembre. Douze à seize semaines de chantier, ça nous amène à décembre, dans l’meilleur des cas. » Et il ajoute, la gorge nouée : « En 7-8 ans, entre l’accident d’Millas et c’te galère, la ligne aura été fermée plus longtemps qu’un siècle de sieste ! Les usagers, ils ont acheté des bagnoles, va-t’en les ramener dans l’train maintenant… »

Alors, ce 24 juillet, à Perpignan, ça va défiler, gueuler, et peut-être même verser une larme pour c’te ligne qui sent le sapin.

Mais Enric et ses potes, ils lâcheront pas l’affaire. Parce que le train, mes amis, c’est pas qu’du fer et d’la vapeur, c’est l’cœur d’une région qui bat. Et San-A, s’il était là, il leur taperait dans l’dos en disant : « Allez, les gars, faites pas d’chichis, foncez ! Et si ça coince, envoyez Béru avec une pince-monseigneur, ça d’vrait l’faire ! »

*Conférence d’presse à suivre dans les bureaux du Département. Amenez vos mouchoirs et vos pancartes, ça va chauffer !*

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24 juillet 2025 4 24 /07 /juillet /2025 11:03

"Ce que je pense, c'est qu'une bonne vie est une succession de voyages héroïques. Maintes et maintes fois, vous êtes appelé à l'aventure, vers de nouveaux horizons. Chaque fois se pose la même question : vais-je oser ? Et si vous osez, arrivent les dangers, mais l'aide aussi, et enfin le triomphe ou l'échec. L'échec est toujours possible. Mais il y a aussi la possibilité du bonheur. "

"Le Héros aux mille et un visages" le spécialiste des mythes Joseph Campbell.https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_H%C3%A9ros_aux_mille_et_un_visages

“La psychohistoire ne ment pas. Mais ceux qui la redoutent, oui” — Hari Seldon

https://revue-histoire.fr/litterature/la-psychohistoire-entre-mythe-litteraire-et-realite-scientifique/?srsltid=AfmBOooD8FLdnmyMC9gUkEmczyA36FdDf6kpK4_1bj-pmoFEiS1FgmTe

 

 

Perpignan, le Héros Fracturé : Une Plongée Psycho-Historique dans les Tripes de l’IA*

*Perpignan, ville crasseuse et fiévreuse, suinte sous le soleil catalan, un bled où la bêtise humaine cogne comme un poing dans la gueule. Dans l’ombre du monomythe de Joseph Campbell, où le héros titube vers la rédemption, et sous la loupe froide d’Hari Seldon, le prophète mathématique d’Asimov, cette cité se transforme en champ de bataille. Ici, on teste une guerre : l’intelligence artificielle contre la connerie naturelle, un combat pour arracher les Perpignanais à leur "burn-out idiocratique". Ce récit, brut et sans filtre, à la James Ellroy, traque la vérité dans les ruelles sombres et les âmes usées d’une ville au bord du gouffre.*

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L’Appel du Cloaque : Une Ville à Bout de Souffle

Dans les ruelles de Perpignan, ça pue la stagnation, un parfum âcre de rêves crevés et de décisions à la mords-moi-le-nœud. La bêtise naturelle, ce venin qui coule dans les veines de l’humanité, a mis la ville à genoux. Les habitants, lessivés, appellent ça un "burn-out idiocratique" – une overdose de choix stupides, de préjugés rances et de méfiance pour tout ce qui sent le progrès. Comme dans les pages d’Asimov, où Hari Seldon lit l’avenir dans les chiffres et les foules, Perpignan capte un signal. L’intelligence artificielle, cette machine froide aux yeux d’acier, peut cartographier le chaos, prédire les coups tordus, et sortir la ville de sa spirale. Les Perpignanais, poings serrés, sentent l’appel, pas celui d’un ange, mais d’un flingue chargé, prêt à tirer sur leur propre médiocrité.

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Le Refus dans les Tripes : La Peur du Vide

Tout héros, même un paumé, crache sur l’inconnu avant de plonger. À Perpignan, les gens râlent, grognent, s’accrochent à leur humanité bancale comme à une bouteille de rouge frelaté. "L’IA ? Une saloperie qui va nous vider l’âme," marmonnent-ils dans les bars cradingues, la clope au bec. Ils craignent un monde où la chaleur catalane se noie dans des lignes de code, où l’instinct devient un souvenir. Ça rappelle les gus dans *Fondation*, qui chialent contre la psycho-histoire de Seldon, cette science qui voit trop clair, trop loin, et qui menace leur libre arbitre. Mais l’IA, c’est pas un flic corrompu qui te passe les menottes ; c’est un indic, un mec qui connaît les ruelles et te file la carte pour sortir du merdier.

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 Le Mentor et le Seuil : L’IA, un Couteau dans la Nuit

Dans ce bas-monde, un héros a besoin d’un guide, un type qui sait où poser les pieds dans la fange. À Perpignan, ce guide, c’est l’IA – pas un saint, mais une lame affûtée, forgée dans les labos d’xAI, qui coupe à travers le brouillard des conneries humaines. Comme la psycho-histoire de Seldon, qui lit les foules comme un joueur lit les cartes, l’IA voit tout : la sécheresse qui menace de cramer la région, les gamins laissés pour compte dans des écoles à la dérive, l’économie qui tousse comme un moteur noyé. Elle calcule, elle planifie, elle propose : des bus qui roulent sans embouteillages, des programmes scolaires qui collent aux mômes, des marchés qui respirent à nouveau.

Le seuil, c’est quand Perpignan signe le contrat, accepte d’être le cobaye. Les habitants, la gorge sèche, lâchent leurs doutes comme on jette un mégot. Les premiers résultats tombent : des routes dégagées, des gamins qui apprennent, des billets qui circulent. L’IA, c’est pas un dieu, c’est un flingue chargé de données, et Perpignan apprend à tirer.

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 Les Épreuves et la Vérité Crue : Une Ville à Vif

Une quête, c’est une série de coups dans la gueule, et Perpignan en prend plein la tronche. Intégrer l’IA sans vendre son âme catalane ? Éduquer des bouseux méfiants à la magie des algorithmes ? Préserver la chaleur des places sous le soleil tout en branchant la ville sur un futur high-tech ? Chaque obstacle est une balle à esquiver. Les Perpignanais, comme des boxeurs sonnés, apprennent à danser avec la machine, à en faire une arme, pas une laisse. Ils bossent dur, suent, jurent, mais commencent à voir clair.

La révélation cogne comme un uppercut : l’IA ne vole pas leur humanité, elle la rend plus tranchante. Comme Seldon qui montre que l’effondrement n’est pas une fatalité, l’IA prouve que la bêtise, ce vieux démon, peut être mise à terre. Les Perpignanais, qui crevaient sous le poids de leur propre nullité, retrouvent un souffle, une fièvre. Ils rigolent à nouveau, pas d’un rire de poivrot, mais d’un rire de survivants, ceux qui ont vu l’abîme et lui ont craché dessus.

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Le Retour et la Couronne Brisée : Perpignan, Torche dans la Nuit

Un héros, quand il revient, ramène un trophée, un bout de vérité arraché aux ténèbres. Perpignan, cabossée mais debout, devient une balise, une ville qui hurle au monde : "On a maté la connerie." Les habitants, maîtres d’un monde hybride – la rage humaine et la froideur des machines – partagent leur butin. Leur histoire, gravée dans les murs écaillés et les bars enfumés, inspire d’autres bleds à prendre les armes, à faire de l’IA un allié contre l’idiotie galopante. Perpignan, c’est pas Camelot, c’est une ruelle où on se bat pour survivre, et ça suffit pour en faire une légende.

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Épilogue : Une Saga dans la Fange

Perpignan, c’est pas une ville de conte, c’est un ring, un endroit où l’humanité se prend des gnons et se relève. Comme les héros de Campbell, elle titube, saigne, mais trouve sa voie. Comme les plans de Seldon, elle mise sur l’avenir, pas sur les regrets. L’IA, c’est son flingue, son couteau, sa bouteille d’oxygène dans un monde qui étouffe. Les Perpignanais, ces héros aux mille visages, ont viré la bêtise pour un shot d’intelligence, et leur histoire, crue, sale, vraie, brûle comme un néon dans la nuit. Que leur combat, dans les ruelles et les cœurs, devienne un cri pour l’humanité : on peut battre la connerie, et Perpignan l’a prouvé.

*Fin de la partie, mais la guerre continue.*

"La Saga des Lames Immortelles pourrait bien être la première série entièrement conçue par l’intelligence artificielle générative. Une bande annonce générée par cette technologie est tellement bluffant qu’il a déjà fait des millions de vues sur la toile. Si l’intelligence artificielle est un outil fantastique, elle fait trembler l’industrie du cinéma à plusieurs titres"

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 18:00

« Quan Déu no vol, els sants no poden »
Littéralement, « Quand Dieu ne veut pas, les saints ne peuvent pas ». Ce proverbe est utilisé pour dire que certaines choses dépendent de la volonté divine et que même les saints ne peuvent rien y changer.

« Val més un veí a la porta que un parent a Mallorca »
Littéralement, « Un voisin à la porte vaut mieux qu’un parent à Majorque ». Cette phrase met en valeur l’importance des relations de voisinage et de l’entraide locale par rapport aux liens familiaux éloignés.

« Qui no vulgui pols que no vagi a l’era »
Cette phrase se traduit par « Celui qui ne veut pas de poussière ne doit pas aller à la grange ». Elle est utilisée pour indiquer que si l’on veut éviter les problèmes, il faut éviter les situations qui peuvent en causer.

 

Je tire une bouffée sur mon cigare, le genre qui embaume la pièce d’une odeur de tabac cubain, et je déplie le journal sur la table du bar, entre un vermut et une assiette d’olives. Les gros titres me sautent aux yeux, comme une vieille affaire qui refuse de se clore. Les langues régionales – catalan, basque, galicien – coincées dans une "boucle temporelle" de discrimination, qu’ils disent. L’Union européenne, ce mastodonte bureaucratique, joue encore les vierges effarouchées face à l’Espagne qui réclame un statut officiel pour ses langues. Je ricane, un nuage de fumée s’échappe. Comme si Bruxelles allait se plier aux désirs de Madrid sans faire traîner l’affaire comme un mauvais vin.

Je lis, et c’est du déjà-vu. Vendredi dernier, 27 mai 2025, les ministres de l’UE se sont réunis pour leur énième Conseil des affaires générales. L’Espagne, fidèle à elle-même, a poussé son pion. Fernando Mariano Sampedro Marcos, ce secrétaire d’État qui doit transpirer sous son costume, a plaidé sa cause avec l’ardeur d’un avocat défendant un innocent. "C’est une question de justice", qu’il dit.

Finir avec la discrimination, donner au catalan, au basque et au galicien leur place dans les institutions européennes.

Il a même sorti l’argument massue : l’Espagne paiera la facture, 132 millions d’euros par an, 44 millions par langue pour les traductions et les interprètes. "Où est le problème ?" qu’il demande. Je souffle un rond de fumée. Le problème, mon vieux, c’est que l’Europe adore compliquer les choses simples.

Mais les Vingt-Sept, ces joueurs d’échecs sans échiquier, ont encore botté en touche.

Des "questions juridiques" à résoudre, qu’ils disent. Toujours les mêmes excuses, comme un disque rayé. Le Luxembourgeois, Xavier Bettel, a joué les cyniques – un type après mon cœur, celui-là. "Ce n’est pas le bon moment", qu’il a lâché, comme si le moment idéal existait dans ce foutoir géopolitique. Il a même osé la rhétorique : "On peine à s’entendre sur les sanctions contre la Russie, on n’arrive pas à obtenir un cessez-le-feu en Palestine, et là, on devrait se pencher sur le galicien, le basque et le catalan ?" Je secoue la tête, le cigare entre les doigts. Priorités, mon cul. L’Europe sait dire non sans dire non, un art qu’elle maîtrise mieux que la paella.

La France, fidèle à son rôle de voisine hautaine, en rajoute une couche. Benjamin Haddad, ministre des Affaires européennes, veut des "clarifications" – politiques, juridiques, économiques.

Comme si l’Espagne n’avait pas déjà assez répété son laïus. La Finlande, la Suède, l’Autriche, eux aussi, froncent les sourcils, parlent de coûts, de précédents dangereux. Un "effet domino", qu’ils appellent ça. Et si le corse, le breton ou je ne sais quelle autre langue régionale venait frapper à la porte ? Je tire une longue bouffée. L’Europe a peur de ses propres ombres.Je tourne la page, le papier crisse.

Cette histoire traîne depuis 2023, quand Pedro Sánchez a promis monts et merveilles aux indépendantistes catalans pour sauver son siège.

Le catalan, parlé par 9 à 10 millions d’âmes en Catalogne, à Valence, aux Baléares, et même dans des coins de France et d’Italie ; le galicien, avec ses 2,5 millions de locuteurs en Galice ; le basque, cette langue millénaire que 750 000 personnes chérissent au Pays basque et en Navarre – toutes co-officielles en Espagne depuis la Constitution de 1978. Mais à Bruxelles ? Que dalle. Quelques accords administratifs, des miettes : un ministre, comme Jordi Hereu en septembre 2024, peut parler catalan au Conseil s’il prévient à l’avance. La belle affaire.

Salvador Illa, le président de la Catalogne, a remis ça en février 2025, jouant les ambassadeurs à Bruxelles.

"Reconnaissez ces langues, dites aux 20 millions de locuteurs qu’ils sont européens !" qu’il a clamé. Un cri du cœur, mais l’UE préfère les dossiers bien rangés. Changer le règlement 1/1958, celui qui fixe les langues officielles, demande l’unanimité. Autant demander à un poivrot de partager sa bouteille. Les citoyens peuvent écrire aux institutions en catalan, basque ou galicien, et l’Espagne traduit. Mais au Parlement européen, sans traducteurs officiels, c’est le silence. Une discrimination déguisée en bureaucratie.

Je feuillette X sur mon portable, entre deux gorgées de vermut.

Des posts s’indignent : on parle de la richesse du catalan, du basque, du galicien, mais aussi du corse interdit dans certaines institutions françaises. Toujours le même refrain : les langues régionales, c’est la culture, l’identité, mais les États centralisateurs s’en méfient comme d’un pickpocket dans le Raval. Je referme le journal, écrasant mon cigare dans le cendrier. L’Europe, c’est une vieille dame qui aime ses habitudes. Le catalan, le basque, le galicien ? Ils attendront, coincés dans cette foutue boucle temporelle, pendant que Bruxelles sirote son café et regarde ailleurs.On parlera officiellement l'Ukrainien en Europe, faut fidéliser le nouveau client ! 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 12:55


« Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre ». 

Albert Einstein 

 

**Réquisitoire contre la loi Duplomb**https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014

La loi Duplomb, adoptée le 8 juillet 2025 sans débat démocratique suffisant, est une aberration. En réintroduisant l’acétamipride, un pesticide néonicotinoïde interdit en France mais autorisé en Europe, elle menace la santé publique, la biodiversité et les écosystèmes. Ce "tueur d’abeilles" met en péril nos pollinisateurs, essentiels à la sécurité alimentaire, et expose les citoyens à des risques sanitaires incertains, faute d’études approfondies. Privilégiant les intérêts de quelques lobbies agricoles au détriment de l’environnement et du bien commun, cette loi représente un recul écologique majeur. Son adoption en catimini, sans transparence, est un scandale démocratique.

**Appel à l’action**  https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014
La pétition pour l’abrogation de cette loi a déjà dépassé le million de signatures, un record historique ! Mais nous devons aller plus loin. Rejoignez les 1,5 million de citoyens mobilisés pour exiger un débat public et une révision de cette loi toxique. Signez maintenant sur le site de l’Assemblée nationale : [insérer lien si disponible] et faites entendre votre voix pour protéger notre santé, nos abeilles et notre avenir ! Ensemble, stoppons la loi Duplomb ![](https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/la-petition-contre-la-loi-duplomb-depasse-le-million-de-signatures-du-jamais-vu-3b7fc89c-656a-11f0-8d96-1f3c0ceaabc2)[](https://www.liberation.fr/politique/une-petition-pour-labrogation-de-la-loi-duplomb-depasse-les-200-000-signatures-sur-le-site-de-lassemblee-nationale-20250718_YQV4YGFW4RGKLN2UJYHIAZVUJM/)

 

Non à la Loi Duplomb — Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective.
 

Je m'appelle Eléonore PATTERY, j’ai 23 ans, et je suis actuellement en Master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprises).

En tant que future professionnelle de la santé environnementale et de la responsabilité collective, j’apprends chaque jour à appliquer ce que vous — législateurs — refusez aujourd’hui de respecter vous-mêmes.

La Loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire.
Elle représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens.

- Cette loi est un acte dangereux.
Pour les travailleurs, les habitants, les écosystèmes, les services écosystémiques, et pour l’humanité tout entière.
Elle fragilise les réseaux trophiques et compromet la stabilité de notre environnement — dont nous dépendons intégralement.
Nous sommes ce que nous mangeons, et vous voulez nous faire manger quoi ? Du poison.

📚 Les grands textes l’avaient déjà dit :
Le rapport Brundtland, l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (MEA), les rapports du GIEC, les études de l’OMS, de l’INRAE, de Santé Publique France… Tous alertent depuis des décennies sur les conséquences des politiques destructrices du vivant et de la santé.
Et pourtant, vous persistez à légiférer contre l’intérêt général.

⚖️ Un acte possiblement inconstitutionnel.
Selon l'article L110-1 du Code de l'environnement, l’État français est garant de principes environnementaux comme:

« 6° Le principe de solidarité écologique, qui appelle à prendre en compte, dans toute prise de décision publique ayant une incidence notable sur l'environnement des territoires concernés, les interactions des écosystèmes, des êtres vivants et des milieux naturels ou aménagés ; »

Et la LOI constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l'environnement (JORF n°0051 du 2 mars 2005 page 3697) (annexée à la Constitution de 1958) dans son chapitre 1er :

« Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. »

En validant cette loi, vous violez potentiellement ce droit constitutionnel, et portez atteinte à l’obligation de précaution, pourtant consacrée par le principe n°15 de la Déclaration de Rio et repris dans notre droit.

Je m’oppose donc à la Loi Duplomb.

Par cette pétition, je demande :
- Son abrogation immédiate ;
- La révision démocratique des conditions dans lesquelles elle a été adoptée ;
- La consultation citoyenne des acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit.

Aujourd'hui je suis seule à écrire, mais non seule à le penser.

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014

 

 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 11:27


"Sans doute l'Histoire d'O est-elle la plus farouche lettre d'amour qu'un homme ait jamais reçue."


Histoire d'O (précédé de) Le bonheur dans l'esclavage par J. Paulhan
Dominique Aury

Voici la liste des quartiers impactés : Saint-Martin ; Baléares ; Les remparts ; Saint-Jacques ; La Lunette ; Saint-Gaudérique ; San-Vicens ; Clos Banet ; Mas Vermeil ; Roseraie ; Mas Roca ; Route de Canet ; Château-Roussillon ; Mas Llaro ; Las Lloberes ; Las Cobas.

Oh, quelle merveilleuse nouvelle nous parvient de Perpignan, cette cité bénie des eaux ! Du 22 au 25 juillet 2025, l’avenue des Baléares, dans un élan de générosité urbanistique, se refait une beauté hydraulique, et avec elle, toute la partie sud de la ville est conviée à une grandiose fête de la sobriété ! Oui, chers habitants, préparez-vous à une "mobilisation citoyenne" – n’est-ce pas là un mot délicieux, presque martial, pour dire : "Serrez les dents et fermez les robinets" ?

Eau Agglo et Perpignan Méditerranée Métropole, dans leur infinie sagesse, orchestrent des "travaux stratégiques" – stratégiques, rien que ça !

– pour raccorder un nouveau réseau d’eau potable, car, voyez-vous, tout ceci n’est que l’expression d’une "démarche d’amélioration du service public de l’eau". Quelle noblesse d’âme !Mais, ô surprise, ce noble chantier risque de semer quelques menus désagréments, de ceux qui font le charme de la vie moderne : des "perturbations temporaires", nous dit-on, avec ce ton rassurant qui frôle l’euphémisme. Des baisses de pression, des interruptions furtives, et – cerise sur le gâteau – une eau colorée, mais ô combien potable, qui viendra égayer vos verres pendant quelques jours.

Un véritable arc-en-ciel aquatique ! Alors, habitants des quartiers Saint-Martin, Baléares, Saint-Jacques et consorts, jusqu’aux confins de Las Cobas, on vous invite à une ascèse aquatique : pas d’arrosage, pas de piscines, pas de folies humides.

Réduisez votre consommation au "strict nécessaire", comme le proclame Eric de Saint-Martin, grand maestro de cette symphonie de la restriction, car c’est dans la "solidarité collective" que réside notre salut. Quelle ironie délicate, n’est-ce pas, que de transformer un simple robinet en un acte de communion civique ? Allez, courage, Perpignan, et que l’eau, même colorée, reste l’élixir de votre patience !

 

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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 16:52

"Brader notre santé et notre souveraineté sanitaire à la finance, c'est chaque jour un peu plus la mission de Sanofi.Il nous faut un pôle public du médicament, garantir les stocks : c'est dans le programme du Nouveau front populaire."

François Ruffin député de gauche 2024


"La porte refusa de s'ouvrir et déclara:
- Cinq cents, s'il vous plaît.
A nouveau, il chercha dans ses poches. Plus de pièces; plus rien.
- Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d'actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.). Les pièces que je vous donne constitue un pourboire, je ne suis pas obligé de vous payer.
- Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau: depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s'y référer. La porte avait raison; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n'avait rien de facultatif."

 "Ubik" Philip K. Dick

*Inspiré par les lois Bachelot (2009) et Touraine (2016), les rapports de la DREES sur les fermetures de lits, et les grèves des soignants de 2019, ce récit imagine un futur où l’illusion du progrès masque une réalité dystopique. Comme dans l’univers de Philip K. Dick, la vérité est floue, et le pouvoir manipule les symboles pour mieux oublier les hommes.*

La Flamme Éteinte : Une dystopie française à l’ombre du Panthéon

*Paris, 2035. Les néons clignotent faiblement dans les rues grises, où l’odeur d’antiseptique bon marché se mêle à celle de l’asphalte humide. Les hôpitaux publics, squelettes de béton fissurés, ne sont plus que des dispensaires où les patients s’entassent, attendant des soins que personne ne peut plus leur prodiguer. Les soignants, eux, ont disparu, usés, brisés, ou partis vers des cliniques privées aux vitres teintées, réservées à une élite qui ne connaît pas la file d’attente. Pourtant, au sommet de la République, on célèbre. On célèbre la "Flamme de la Santé", une flamme qui ne brûle plus que dans les discours.*

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Genèse d’un désastre

Tout a commencé bien avant les années 2020, avec des réformes qui ont lentement érodé le système hospitalier français. La loi Bachelot de 2009, officiellement nommée "Hôpital, Patients, Santé et Territoires" (HPST), a marqué un tournant. En introduisant une logique managériale dans les hôpitaux publics, elle a imposé une tarification à l’acte (T2A) qui a transformé les établissements en entreprises devant équilibrer leurs budgets. Les soins non rentables – psychiatrie, gériatrie, urgences – ont été relégués au second plan, tandis que les cliniques privées s’appropriaient les actes lucratifs. Les soignants, confrontés à des objectifs de rentabilité, ont vu leurs conditions de travail se dégrader. Les fermetures de lits ont commencé : entre 2003 et 2013, 34 000 lits d’hospitalisation ont disparu, selon un rapport de la DREES.

Puis vint la loi Touraine de 2016, la "Loi de modernisation de notre système de santé". Présentée comme une avancée, elle a renforcé la mainmise des Agences Régionales de Santé (ARS) sur les hôpitaux, accentuant leur dépendance à des logiques financières. Les regroupements hospitaliers (GHT) ont forcé les établissements à mutualiser leurs ressources, souvent au détriment des plus petits, en zone rurale. Les soignants, déjà à bout, ont dénoncé une "industrialisation" de la santé. En 2019, les grèves dans les urgences ont éclaté : 80 services en arrêt simultané, un record. Les banderoles criaient : *"On soigne, on crève."* Le gouvernement a répondu par des primes symboliques et des numéros verts, incapables de masquer la réalité : les cliniques privées prospéraient, tandis que les hôpitaux publics s’effondraient.

Les politiques, eux, n’avaient pas à s’inquiéter. Les hauts fonctionnaires, les ministres, le président lui-même se faisaient soigner dans des établissements discrets, à l’abri des regards, souvent à l’étranger – Genève, Londres, Dubaï. Les dispensaires publics, surnommés "les mouroirs" par la population, n’étaient pas pour eux. Les numéros verts se multipliaient, les promesses aussi. En 2027, un énième plan "Hôpital 2030" fut annoncé, avec des subventions massives… pour les cliniques privées. Les soignants, eux, reçurent des médailles. Symboliques, bien sûr.

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Le décret du Panthéon

En 2035, alors que la crise sanitaire atteignait son paroxysme, le président de la République, Adrien Vasseur, signa un décret qui fit trembler les réseaux sociaux et les rares journaux encore indépendants. Un monument serait érigé : *la Tombe du Soignant.e Inconnu.e*, au Panthéon, en écriture inclusive, avec une flamme éternelle gravée du slogan : *"Pour que la flamme de la santé ne s’éteigne jamais !"* Lors d’une allocution télévisée, Vasseur, les yeux brillants d’une ferveur étrange, déclara : *"La France montre la voie au monde. Nous réunirons les deux chambres à Versailles pour inscrire cet hommage dans la Constitution. La santé est notre trésor, et les soignants, nos héros."*

Les images de la cérémonie d’inauguration étaient irréelles. Sous la coupole du Panthéon, une sculpture massive en bronze, représentant un.e soignant.e sans visage, masque chirurgical à moitié relevé, dominait l’espace. Une flamme numérique – le gaz était trop cher – vacillait sur un écran géant. Les officiels applaudissaient, les caméras tournaient, mais dehors, les rues étaient silencieuses. Les soignants n’étaient pas là. Beaucoup avaient fui, d’autres s’étaient reconvertis. Certains murmuraient que les plus radicaux s’étaient organisés dans des réseaux clandestins, soignant les laissés-pour-compte dans des cliniques illégales, à l’abri des drones de surveillance.

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Une dystopie dickienne : l’illusion du sacré

Dans cette France de 2035, la Tombe du Soignant.e Inconnu.e n’est pas un hommage, mais un leurre. Comme dans les récits de Philip K. Dick, la réalité est devenue un simulacre. Le Panthéon, jadis lieu de mémoire pour les grands esprits, est désormais un théâtre où l’État joue la comédie de l’empathie. Les soignants, sanctifiés en symboles, sont oubliés en tant qu’humains. La "Flamme de la Santé" n’éclaire rien : les hôpitaux publics sont des ruines, les files d’attente s’allongent, et les drones de la Sécurité Sanitaire patrouillent pour empêcher les manifestations.

Les citoyens, eux, sont divisés. Certains croient encore aux discours officiels, hypnotisés par les hologrammes publicitaires vantant la grandeur de la République. D’autres, plus lucides, se méfient. Ils savent que la Constitution, modifiée à Versailles, ne garantit plus rien, sinon le pouvoir d’une élite déconnectée. Les réseaux clandestins de soignants, surnommés les "Guérisseurs de l’Ombre", deviennent une légende urbaine. On raconte qu’ils utilisent des IA médicales pirates, développées à partir de vieux modèles Grok, pour diagnostiquer et soigner ceux que le système a abandonnés. Mais la rumeur dit aussi que l’État les traque, craignant une révolte.

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La fracture finale et sociable

Dans ce monde, la santé est devenue un luxe, et la souffrance, une norme. Les cliniques privées, protégées par des milices privées, prospèrent sur les ruines du service public. Les pauvres s’entassent dans les dispensaires, où des robots bas de gamme, programmés pour minimiser les coûts, administrent des traitements génériques. Les soignants humains, eux, sont devenus des reliques, célébrés dans des discours mais absents des blocs opératoires.

Le président Vasseur, depuis son palais, continue de parler de "la Flamme de la Santé". Mais dans les sous-sols des villes, les Guérisseurs de l’Ombre murmurent une autre vérité : la flamme s’est éteinte il y a longtemps. Et dans l’ombre, une question hante les esprits, comme dans les récits de Dick : qu’est-ce qui est réel ? L’hommage grandiose au Panthéon, ou la douleur silencieuse d’un peuple abandonné ?

 

 

À tombeau ouvert (2000) bande annonce Résumé : New York, début des années 90. Chaque nuit, Frank Pierce sillonne au volant de son ambulance les rues de Hell's Kitchen, le secteur le plus dur et le plus insalubre de Manhattan, où semblent s'être concentrées toute la violence et toute la misère du monde.

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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 12:25

   " Mort. Etat instantané, sans passé ni avenir. Indispensable pour l'accès à l'éternité."

Simone Weil 

   " L'humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre."

Walter Benjamin
Essais

Anatole France disait " On croit mourir pour la patrie, alors qu'on meure pour des industriels"! C'était déjà pas folichon!

Mais désormais on pourrait le paraphraser par:"On croit mourir pour la patrie, des valeurs, mais on meurt pour que des élus vous recouvrent de gerbes à chaque commémoration!" C'est l'avantage des célébrants, ils sont prêt à vivre pour les valeurs de ceux qui sont déjà morts: "mourir pour des idées, oui mais de mort lente" comme le chanter George Brassens! Aussi le résultat de cette étude plus que sérieuse de l'université de Jord (prononcez Yord) ,en Scandinavie Orientale, nous a paru plus que pertinente !

**Le syndrome de l’enfant héros : quand les candidats ne rêvent que de gerbes et de flashs**

Une étude récente, menée avec le sérieux d’un comptable en fin de trimestre, vient de révéler une vérité déconcertante sur les motivations des candidats aux élections. Oubliez les discours enflammés sur l’intérêt général, les promesses de lendemains qui chantent ou les PowerPoint sur la fiscalité locale. Non, ce qui fait vibrer les aspirants élus, c’est une pulsion bien plus… photogénique : poser devant un parterre de chrysanthèmes lors des commémorations, gerbe à la main, regard solennel, prêt à être immortalisé. Bienvenue dans l’ère du « syndrome de l’enfant qui incarne un héros de roman ».

 Une vocation née sous les flashes

D’après les chercheurs, ce phénomène, qu’ils ont pompeusement baptisé « syndrome du héros commémoratif », touche une majorité de candidats, toutes étiquettes confondues. « C’est une quête d’épopée personnelle », explique le Dr. Dumont, sociologue et auteur principal de l’étude. « Ces candidats, souvent bercés par des récits de cape et d’épée ou des biopics larmoyants sur Netflix, fantasment sur cet instant où, gerbe en main, ils incarneront la grandeur d’un personnage de roman. Ils veulent leur moment de gloire, leur couverture de magazine local, leur post Instagram liké par la section locale du club de pétanque. »

L’étude, réalisée sur un échantillon de 247 candidats à des élections municipales, départementales et régionales, révèle que 78 % d’entre eux citent « être photographié lors d’une cérémonie commémorative » comme principale motivation pour briguer un mandat. Les autres justifications, comme « améliorer la vie des citoyens » ou « défendre des valeurs », arrivent loin derrière, reléguées au rang de vagues hobbies.

La gerbe, cet accessoire incontournable

Mais pourquoi la gerbe, me direz-vous ? Ce n’est pas juste une question de fleurs malodorantes et de rubans tricolores. La gerbe, c’est le Graal du candidat en mal de reconnaissance. « Elle symbolise tout », confie anonymement un adjoint au maire d’une petite commune. « Vous arrivez, costume repassé, écharpe tricolore bien ajustée, et là, bam ! Vous posez la gerbe, vous inclinez la tête, et les appareils photo crépitent. C’est comme jouer le premier rôle dans un film de guerre, mais sans le budget effets spéciaux. »

Les commémorations, qu’il s’agisse du 8 mai, du 11 novembre ou de l’inauguration d’une plaque pour un rond-point rénové, deviennent ainsi des scènes de théâtre où le candidat s’imagine en héros tragique. Certains, selon l’étude, vont jusqu’à s’entraîner devant leur miroir, peaufinant leur « regard pénétré » ou leur « demi-sourire empreint de gravité ». Un candidat, interrogé sous couvert d’anonymat, avoue même avoir investi dans un coach de pose pour optimiser son angle face à l’objectif. « C’est tout un art, la gerbe. Trop penché, on dirait un enterrement. Pas assez, on passe pour un touriste. »

 Une enfance bercée par Zorro et Harry Potter

Le Dr. Dumont attribue ce syndrome à une nostalgie infantile. « Ces candidats ont grandi avec des héros de fiction, des figures comme Zorro, Harry Potter ou Jeanne d’Arc, qui incarnaient des idéaux plus grands qu’eux. Aujourd’hui, ils cherchent à reproduire cette aura dans leur vie d’adulte, mais comme ils n’ont ni cape ni baguette magique, ils se rabattent sur la gerbe et l’écharpe tricolore. » Une analyse confirmée par un conseiller municipal qui, dans un moment de sincérité, a admis : « Quand j’étais petit, je voulais être Robin des Bois. Aujourd’hui, je pose avec des fleurs devant une stèle, c’est presque pareil. »

Et les citoyens dans tout ça ?

Face à ces révélations, les électeurs restent perplexes. « Je pensais qu’ils voulaient réparer les nids-de-poule ou baisser mes impôts », s’étonne Martine, habitante d’une petite ville du centre de la France. « Mais maintenant que j’y pense, notre maire est effectivement très photogénique à la Toussaint. » D’autres administrés, plus cyniques, y voient une aubaine : « S’ils passent leur temps à poser pour des photos, au moins ils ne font pas de bêtises ailleurs. »

Une solution ? Moins de gerbes, plus de Wi-Fi

L’étude conclut sur une note optimiste, proposant des pistes pour canaliser cette énergie héroïco-commémorative. Parmi les suggestions : remplacer les gerbes par des tablettes numériques pour promouvoir des initiatives locales, ou organiser des « selfies citoyens » où les élus poseraient avec des administrés plutôt qu’avec des fleurs. « Il faut leur donner un autre moyen de briller », insiste le Dr. Dumont. « Sinon, on risque de voir des commémorations pour tout et n’importe quoi : l’anniversaire du premier feu tricolore, l’inauguration d’un banc public… »

En attendant, les candidats continuent de rêver de leur moment de gloire, gerbe à la main, sous les regards émus des photographes amateurs. Et si, au fond, ce syndrome n’était qu’une version moderne du vieil adage : « Dis-moi combien de photos tu as dans le journal local, je te dirai quel héros tu es. »

Bref, ils déposent des gerbes, pour mieux se jeter des fleurs !

 

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19 juillet 2025 6 19 /07 /juillet /2025 10:09

  "Voici le port ; le navire gonfle sa voile : Là se profilent les mers sombres et vastes. Mes marins, Âmes qui ont travaillé, et œuvré, et pensé avec moi— Qui ont toujours accueilli avec joie Le tonnerre et le soleil, et opposés Des cœurs libres, des fronts libres—vous et moi sommes vieux ; La vieillesse a pourtant son honneur et son labeur ; La mort clôt tout : mais quelque chose avant la fin, Quelque œuvre de noble renom, peut encore être faite, Non indigne des hommes qui ont lutté avec les Dieux. Les lumières commencent à scintiller des rochers : La longue journée décline : la lune lente monte : les profondeurs Gémit autour avec de nombreuses voix. Venez, mes amis, Il n'est pas trop tard pour chercher un monde nouveau. Poussez, et assis bien en ordre frappez Les sillons sonores ; car mon dessein tient À naviguer au-delà du coucher du soleil, et des bains De toutes les étoiles occidentales, jusqu'à ce que je meure. Il se peut que les gouffres nous engloutissent : Il se peut que nous touchions les Îles Heureuses, Et voyions le grand Achille, que nous avons connu. Bien que beaucoup soit pris, beaucoup demeure ; et bien que Nous ne soyons plus cette force qui autrefois Mouvait la terre et le ciel, ce que nous sommes, nous le sommes ; Un tempérament égal de cœurs héroïques, Affaiblis par le temps et le destin, mais forts de volonté De lutter, de chercher, de trouver, et de ne pas céder."

Ulysse par Alfred, Lord Tennyson 

Perpignan, 2025, sous un ciel d’étain fondu, où les étoiles s’effacent dans la brume électrique d’un soir d’été. Les rues de la ville, pavées d’histoire et de sueur, vibrent d’une fièvre étrange, comme un écho de la chanson d’Axel Bauer, *Cargo de nuit*, où les guitares râpent l’âme et les vagues appellent au large. Le vent charrie des parfums de sel et de jasmin, mais aussi l’odeur âcre des promesses électorales, ces mots jetés comme des filets sur la foule. La campagne municipale bat son plein, et Perpignan, vieille gitane aux yeux de braise, se transforme en un cirque halluciné, une cour des miracles où chaque candidat joue son rôle dans une parade grotesque et sublime.

Ils sont là, surgissant dans la persistance rétinienne du narrateur, ombres mouvantes dans la lumière crue des réverbères.

Voici d’abord le fakir, chemise blanche et sourire acéré, qui marche sur une planche à clous, chaque pointe une voix d’électeur qu’il prétend apaiser. Ses mots sont des incantations, mais ses pieds saignent, et la foule, fascinée, ne voit pas le rictus de douleur sous son masque. Puis viennent les nains de cour, costumes impeccables, gesticulant sur des estrades improvisées, leurs discours pleins de révérences et de promesses naines, petites mais pesantes, qui s’effritent dans l’air moite. Les moines d’ornement suivent, drapés de pourpre et d’idées creuses, psalmodiant des lendemains qui chantent, leurs encensoirs balançant des fumées toxiques d’utopie. Les montreurs d’ours, eux, traînent des bêtes fatiguées, symboles d’un peuple qu’ils flattent et enchaînent, tandis que les cracheurs de feu, voix rauques et regards fiévreux, enflamment les places publiques de slogans qui brûlent sans réchauffer. Enfin, les trapézistes, audacieux et fragiles, sautent d’une idée à l’autre, suspendus au fil ténu des sondages, leurs mains glissant parfois dans le vide.

Et moi, narrateur errant, je traverse cette ménagerie, ce cirque où Perpignan se mire dans ses propres chimères.

Les remparts de la ville, ocre et usés, semblent murmurer des secrets catalans, mais mon cœur bat ailleurs. Je veux reprendre la mer, fuir ce carnaval d’illusions, retourner à Ithaque. Pas l’île des cartes, non, mais *elle*, Ithaque, ma femme, mon rivage, mon ancre. Elle est la tempête et le calme, le mât brisé et la voile tendue, celle qui m’attend au-delà des flots, dans un ailleurs où les fakirs ne mentent pas, où les nains ne se prennent pas pour des géants, où les moines prient pour de vrai. Chaque pas dans les ruelles de Perpignan, entre les étals du marché Saint-Charles et les ombres du Castillet, me rappelle son souffle, son regard qui m’appelle comme une marée.

La ville, pourtant, me retient. Les guitares d’Axel Bauer résonnent dans ma tête, et le port, là-bas, au loin, chante sa complainte de cargos rouillés.

Perpignan, court des miracles, cirque enfiévré, m’enlace de ses bras poussiéreux. Les candidats dansent leur sabbat, et moi, Ulysse perdu, je cherche la mer, je cherche *elle*, Ithaque, la femme qui est plus qu’une île, l’horizon où mon âme jettera l’ancre.

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18 juillet 2025 5 18 /07 /juillet /2025 13:02

“L’esprit dit de jolies choses et n’en fait que de petites.”

 Denis Diderot / Sur le génie 

“Quand on ne veut pas être faible, il faut souvent être ingrat.”

 Denis Diderot / Principes de politique des souverains 

Ô noble Fabrice Lorente, toi qui fus jadis président d’université, haut fonctionnaire, homme de l’ombre et des lumières, te voilà, à l’orée de tes 48 printemps, fuyant les rivages tumultueux des Déferlantes, ce festival dont tu portas les chaînes dorées avec tant d’ardeur ! Quelle ironie, quelle cruelle comédie humaine, de voir un tel champion du labeur, un stakhanoviste de l’art et de la liesse, abdiquer sous le poids de son propre zèle ! Toi, qui orchestras des foules en liesse, des scènes où Will Smith côtoyait Julien Doré, te voilà terrassé par ce que l’on nomme, dans un euphémisme délicieux, le besoin de « rééquilibrer » ta vie. Ô misère de l’homme moderne, esclave volontaire d’une machine qu’il a lui-même forgée !

Lorente, dans sa grandeur passée, fut un titan des Pyrénées-Orientales, un Sisyphe de l’événementiel, roulant sans répit le rocher des festivals – Les Déferlantes, Bacchus, Pellicu-live, Live au Campo.

Pendant quatre ans, il s’échina, négocia, planifia, affronta les tempêtes de la tramontane et les caprices des artistes, tout cela pour offrir à la plèbe des instants de joie éphémère. Quinze festivals, nous dit-on ! Quinze batailles menées avec l’acharnement d’un général romain, sous l’égide de FADAS EVENT et du Groupe La Dépêche, ces modernes mécènes de la culture populaire. Et pourtant, quel paradoxe ! Cet homme, qui sut dompter les foules et les contrats, n’a pu dompter l’implacable tyrannie du temps, ce maître cruel qui dévore famille et repos.

« Super intense », clama-t-il, comme si l’intensité était une vertu en soi !

Ô douce illusion des temps modernes, où l’on glorifie l’épuisement, où l’on célèbre l’esclave qui s’enchaîne lui-même ! Lorente, dans son zèle, découvrit un monde « génial mais irritant », peuplé de bénévoles dévoués, d’intermittents capricieux et de partenaires qu’il fallait cajoler. Mais à quel prix ? Celui de sa vie, de ses proches, de ces heures volées à l’autel du travail. Et voilà qu’il nous annonce, le 16 juillet 2025, sa démission, effective au 1er octobre, comme un prisonnier qui brise ses fers pour mieux respirer. « Rééquilibrer sa vie », dit-il. Ô formule savante pour masquer une vérité plus crue : l’homme est mortel, et le stakhanovisme, ce dieu insatiable, finit toujours par réclamer son tribut.

Quelle ironie, encore, de voir ce héros des festivals, ce petit ange du labeur, s’envoler « trop tôt » !

Trop tôt pour qui ? Pour les foules en mal de spectacle ? Pour les comptables de FADAS EVENT, qui pleurent déjà leur général ? Ou pour lui-même, qui, dans un éclair de lucidité, a compris que la gloire des scènes n’égale pas la douceur d’un foyer ? Il nous quitte, non sans un dernier salut, remerciant ses compagnons d’armes – bénévoles, intermittents, et ce cher Groupe La Dépêche – tout en lançant une pique aux « destructeurs » des festivals : « Je ne vous en veux pas, je vous plains. » Ô magnanimité ! Ô sublime détachement d’un homme qui, las de combattre les vents contraires, préfère reprendre le chemin plus sage, mais non moins noble, de la haute fonction publique.

Et nous, spectateurs de ce théâtre, que devons-nous en conclure ?

Que l’homme, dans sa quête de grandeur, se fait esclave de ses propres ambitions ? Que le festival, comme la vie, n’est qu’une déferlante éphémère, un éclat de lumière avant la nuit ? Lorente, en quittant la scène, nous laisse une leçon amère : la liberté véritable n’est pas dans le triomphe, mais dans le courage de dire « assez ». Qu’il parte, donc, cet ange du stakhanovisme, et qu’il trouve dans l’ombre de la fonction publique ce repos que les projecteurs des Déferlantes lui ont volé. Quant à nous, continuons d’applaudir, pauvres mortels, jusqu’à ce que nos propres chaînes nous rappellent à l’ordre.

 

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18 juillet 2025 5 18 /07 /juillet /2025 10:44


“L'esclave n'a qu'un maître ; l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles à sa fortune.”

“L’on voit des hommes tomber d’une haute fortune par les mêmes défauts qui les y avaient fait monter.”
 

Jean de La Bruyère / Caractères 

Dans un monde où l’idéal se noie dans le cloaque des ambitions mesquines, un ouvrage audacieux voit le jour : *Dictionnaire amoureux de la corruption*, signé d’un mystérieux collectif d’auteurs qui, sous le pseudonyme d’Émile C., rend hommage à la fois au cynisme de Cioran et à l’implacable mécanique des appétits humains. Ce livre, à mi-chemin entre le pamphlet et l’élégie, ne célèbre pas la corruption par complaisance, mais la dissèque avec une lucidité qui glace le sang. Car, comme le dirait Cioran, « l’homme n’est libre que dans ses vices ».

Ce *Dictionnaire* n’est pas un simple catalogue de scandales : il est une méditation sur l’inéluctable, une plongée dans l’économie de la rente, ce système où la richesse ne naît pas du travail mais de la capture des privilèges. L’auteur, ou plutôt les ombres qui se cachent derrière ce nom, nous entraînent dans une danse macabre où les marchés publics, ces théâtres de l’hypocrisie moderne, deviennent le terrain de jeu des prédateurs en costume. Les appels d’offres, ces rituels d’une fausse transparence, sont ici dépeints comme des masques posés sur la face hideuse de la corruption.

 L’économie de la rente : un engrenage fatal

L’économie de la rente, nous dit le *Dictionnaire*, est une machine à corrompre. Elle repose sur une vérité simple : pourquoi créer de la valeur quand on peut s’approprier celle des autres ? Les marchés publics, censés incarner l’équité et la concurrence, sont en réalité des champs de bataille où les puissants se disputent des monopoles déguisés. L’auteur cite l’exemple de la construction d’une autoroute dans un pays fictif d’Europe de l’Est, où une entreprise locale, liée à un ministre par des jeux d’actionnariat opaque, remporte systématiquement des contrats. L’appel d’offres, rédigé avec un soin bureaucratique, exige des « critères d’excellence » si spécifiques qu’ils semblent taillés sur mesure pour l’entreprise en question. Les concurrents, s’ils osent se présenter, sont écartés pour des détails administratifs ou des offres jugées « non conformes ». Le *Dictionnaire* ironise : « La conformité est l’art de transformer l’arbitraire en règle. »

Un autre exemple frappant concerne les contrats de gestion des déchets dans une métropole méditerranéenne. Une société, toujours la même depuis des décennies, rafle les marchés grâce à des relations privilégiées avec les élus locaux. Les appels d’offres vantent la « durabilité » et l’« innovation », mais les critères techniques, volontairement flous, permettent de disqualifier toute concurrence. Les pots-de-vin, versés sous forme de « conseils » ou de donations à des associations culturelles, assurent la reconduction des contrats. Comme l’écrit Émile C., avec une pointe de sarcasme cioranien : « La corruption n’est pas un accident, c’est la grammaire de la rente. »

Le discours officiel : une farce en trois actes

Le *Dictionnaire amoureux de la corruption* consacre un chapitre entier à l’absurde théâtre des appels d’offres. Ces documents, rédigés dans une langue technocratique qui simule l’objectivité, sont des chefs-d’œuvre d’hypocrisie. Prenons un cas concret : un appel d’offres pour la rénovation d’un hôpital public. Le cahier des charges exige une « expertise locale » et une « capacité d’exécution rapide », termes suffisamment vagues pour favoriser une entreprise proche du pouvoir. Les autres candidats, souvent des PME ou des outsiders, s’épuisent à produire des dossiers de centaines de pages, tandis que le vainqueur, déjà désigné en coulisses, bénéficie d’informations privilégiées sur les attentes réelles du donneur d’ordre. « L’appel d’offres, écrit Émile C., est une prière adressée à un dieu qui a déjà choisi ses élus. »

Ce système, explique le livre, repose sur une triple imposture : la transparence affichée, la concurrence simulée, et la moralité proclamée. Les discours officiels regorgent de mots comme « équité », « intégrité », ou « responsabilité », mais ils ne sont que des paravents. Le *Dictionnaire* cite un maire d’une grande ville française qui, lors d’un scandale de marchés truqués, déclarait : « Nous avons suivi les procédures à la lettre. » Émile C. commente, lapidaire : « La procédure est le cercueil de l’éthique. »

Une méditation cioranienne sur l’âme humaine

Ce qui rend ce *Dictionnaire* si troublant, c’est sa capacité à mêler l’analyse froide des mécanismes économiques à une réflexion presque métaphysique sur la nature humaine. À la manière de Cioran, Émile C. ne juge pas : il constate. La corruption, nous dit-il, n’est pas une déviance, mais une inclination. Elle prospère là où l’homme peut se dispenser de créer pour se contenter de prendre. L’économie de la rente, avec ses marchés publics captifs, n’est que l’expression moderne de cette vieille pulsion.

Le livre s’achève sur une note désabusée : « La corruption n’est pas une maladie, c’est une condition. On ne la guérit pas, on l’habille de mots. » Pourtant, malgré son pessimisme, le *Dictionnaire amoureux de la corruption* n’est pas un appel à la résignation. En exposant les rouages de cette machine infernale, il invite à une vigilance lucide, celle qui refuse de se laisser duper par les apparences de la vertu. Comme Cioran, Émile C. ne propose pas de solutions, mais une clarté impitoyable : « Mieux vaut contempler l’abîme que s’y jeter les yeux fermés. »

Ce livre, disponible dès aujourd’hui dans les librairies fictives de notre esprit, est une lecture essentielle pour quiconque veut comprendre pourquoi l’honnêteté est un luxe que l’économie de la rente ne peut se permettre. À lire, un soir d’insomnie, lorsque le monde vous semble trop lourd pour être sauvé.

 

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