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Dans les rues étroites de Perpignan, où l’air sent encore le sel de la Méditerranée et le souvenir tenace des frontières cicatrices de l'histoire, on prépare un acte qui a le goût d’un vieux rouge catalan : âpre, corsé, avec cette pointe d’amertume qui rappelle que l’histoire ne se laisse pas facilement digérer.Un cheminement historique, ou la longue digestion d’une nation
Imaginez la Catalogne comme un plat mijoté depuis des siècles.
En 1714, avec la chute de Barcelone et les Décrets de Nueva Planta, Philippe V sert la première assiette froide : adieu institutions, adieu langue officielle, bonjour centralisme madrilène. La nation catalane avale la pilule, mais elle reste en travers de la gorge.Au XXe siècle, la Seconde République offre un statut d’autonomie en 1932, un peu comme un apéritif prometteur. Mais Franco arrive, et c’est la répression brutale : langue interdite, culture étouffée, exils et prisons. Pendant trente-six ans, la Catalogne mange en silence, en cachant sous la table les saveurs interdites.
La transition démocratique de 1979 restaure la Generalitat, un plat tiède qui satisfait à moitié.
On récupère un peu de sel, mais Madrid garde la poêle. Puis viennent les années 2010 : les Diades immenses, ces foules qui remplissent les rues comme un bon civet trop copieux ; les consultations symboliques ; et enfin, le 1er octobre 2017, ce référendum volé sous les matraques, suivi d’une déclaration d’indépendance suspendue plus vite qu’un soufflé retombé. Pas de reconnaissance internationale, juste des exils et des procès.
De là naît, en 2018, le Consell de la República, en exil avec Puigdemont, pour garder la flamme allumée et internationaliser la cause.
Aujourd’hui, sous Jordi Domingo – cet avocat barcelonais au verbe précis, ancien consul majeur du Consolat de Mar –, l’entité relance la machine. Le 17 mai 2025, il annonce le Pacte Nacional pel Reconeixement Internacional de la Nació Catalana, coordonné par Jordi Castellà, ce commissaire qui porte le projet comme un plat signature : un rassemblement d’entités indépendantistes pour porter le droit à l’autodétermination jusqu’à l’ONU, de Salses à Guardamar, de Fraga à Maó et l’Alguer.
L’acte du 20 décembre à PerpignanLe 20 décembre, à 11 heures du matin, au Casal Català de Perpignan
– ce refuge nord-catalan où l’on parle encore la langue comme à la maison –, on présentera en Catalogne du Nord ce Pacte National pour la Reconnaissance Internationale de la Nation Catalane devant les Nations Unies.L’événement, organisé par le Pacte et la Fédération des Comités Poble Català, en collaboration avec le Consell de la República et l’Assemblea Nacional Catalana (ANC), réunira Jordi Castellà, qui donnera une conférence comme on sert un discours bien mijoté, et Albert Bertrana, délégué de l’entité en Catalogne du Nord depuis le 1er décembre.À Perpignan, ville frontière où la Catalogne respire des deux côtés des Pyrénées, cet acte a le goût d’une extension naturelle des Països Catalans.
Une stratégie d’internationalisation, oui, mais aussi un rappel : la nation catalane ne se laisse pas oublier, même si elle doit parfois brûler quelques livres pour garder la mémoire au chaud, à la manière de ce vieux détective mélancolique qui, entre deux enquêtes, contemplait les cendres de l’histoire.On y viendra peut-être avec un peu de scepticisme, ce condiment indispensable à tout plat catalan qui se respecte, mais aussi avec l’espoir que, cette fois, le monde daigne enfin goûter.
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tribune,l'auto-determination de la catalogne - L'archipel contre-attaque !
Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel ...
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