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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 15:02
Artiste : Jan Saudek (tchèque, né en 1935) Titre : Motherhood #242 , 1989 Support : print with watercolor Taille : 59 x 50 cm. (23.2 x 19.7 in.)

Couvrez ce sein que je ne saurais voir

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées”

Le Tartuffe, 1664-1669

"Des gendarmes ont demandé à plusieurs femmes qui bronzaient seins nus sur la plage de Sainte-Marie-la-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, de remettre le haut de leur maillot de bain. Aucun texte n’interdit pourtant le topless sur les plages de la commune.

Le topless sur une plage n’est plus susceptible de constituer le délit d’exhibition sexuelle de l’article 222-32 du Code pénal compte tenu de l’évolution des mœurs et de son usage répandu, mais peut néanmoins constituer une contravention dans les communes qui ont pris un arrêté municipal l’interdisant. L’amende est alors de 38 €. Cependant, à Saint-Marie-la-Mer, aucun arrêté n’a été pris dans ce sens. Ces femmes avaient donc tout à fait le droit de bronzer seins nus.”

Publié le 25/08/2020 à 10h46 Ouest-France

 

Quel beau pays phallocrate et respectueux de ses propres lois que celui où l’on demande aux femmes de cacher leurs seins pour ne pas choquer les enfants (alors que nos générations ont bien survécu au gentil monstre nudiste Casimir ) ou susciter le désir de l’homme (hétéro bien entendu) !
 
Comme s’il était toujours impossible d’éduquer les petits garçons ,autrement dit les futurs hommes, au respect du corps de l’autre, en l’occurence la fille, la femme, sa semblable, son égale.
 
Comme si les seins étaient encore coupables de quelque traître forfait qu’ils porteraient en germe comme une atteinte à la vue masculine , un sacrilège d’exister en dehors et à d’autres fins que de satisfaire le désir masculin, une insidieuse réminiscence d’Eve tentatrice…
 
Saintes décapitées mais seins voilés. A chacun sa notion de l’ostentatoire et du vulgaire ... Les seins, symboles de féminité que les Amazones se coupaient pour plus de commodité dans le maniement du tir à l’arc et une supposée recrudescence de testostérone propice en ces temps agités de guerre (Péloponnèse, Troie, Covid1…)
 
Et que dit Tartuffe en creux , et en arrondi ?
Sinon que Par de pareils objets les âmes sont blessées.
 
Si la guerrière peut se passer d’un sein plus blessant que la tige affûté d’une flèche ( vulnerant omnes, ultima necat ) , la femme lascive, elle, c’est bien connu, les montre sans complexe à l’instar de la servante Dorine “forte en gueule et fort impertinente”, soit en s’étalant sur les places ombragées ( pardon : minérales) de la ville , comme le font sans vergogne les statues de Maillol à Perpignan (qu’attend-on pour les déboulonner d’ailleurs et que fait la police prétendûment trop occupée à surveiller les arbres à dealer?) mais également les vacancières et locales impudentes sur les plages ensoleillées de la Mare Nostrum , laquelle, nostalgique elle aussi du clos jardin d’Eden, commence à en avoir marre de bercer ces lolos de sirènes de pacotille dans ses flots et préférait de loin s’identifier aux mentions livresques et nostalgiques de Claude Simon3 ?
 
Et toujours personne pour s’interroger sur la charge - dont la femme serait l’unique dépositaire- de “montrer l’exemple” sur la scène de la vie devant un public infantile et infantilisé. Et pourquoi diable cette exigence d’exemplarité dont les “femen” ont l’air génétiquement démunies ?
 
Monsieur le Ministre de la Justice, une idée peut-être? Monsieur Darmanin  et Griveaux ? non, toujours pas ?
 
Ben si, quand même -et vous allez voir que c’est bien plus simple que le théorème de Fermat ou la mise en équation de la suite de Fibonacci- et que les questions seront vite répondues : les hommes, à la grande différence des femmes corsetées par les boudoirs et le Code Civil , seraient incapables de tenir en laisse leurs pulsions. Et la pulsion n’est pas, mille fois hélas, la meilleure amie de l’homme.
 
Ainsi conseille -t-on aux filles, en 2020, de renoncer à leurs jupes courtes et leurs décolletés suggestifs (ou non) tandis que les garçons eux peuvent continuer à les garder et les montrer, leurs idées courtes moulant leurs cervelets anesthésiés. Normal : eux c’est dans un élan christique qu’ils égarent leurs mains baladeuses sur les attributs féminins et se soulagent sur les lampadaires les soirs de victoire du Psg sous l’emprise de la joie, de l’alcool et de leur atavisme chevillé au corps comme une ébauche de circonstance atténuante pour le procès verbal vespéral (“et vous êtes sûre qu’il s’agit d’une agression, parce que dans la liesse générale, hein...et puis quand même, cette tenue hein ” … le lampadaire reste stoïque bien entendu).
 
A quand la naissance du bébé OGM, vêtu de pied en cap aux couleurs catalanes (sem catalan tant qu’à faire) qui réconciliera nature et culture dans un élan progressiste de réconciliation nationale ?
 
 
“Vous êtes donc bien tendre à la tentation
Et la chair sur vos sens fait grande impression
Certes, je ne sais par quelle chaleur vous monte,
Mais à vous convoiter, moi je ne suis pas si prompte,
Et je vous verrai nu du haut jusques en bas
Que toute votre peau ne me tenterait pas”
 
 
Je sais que vous êtes sûrement en train de vous dire que Dorine au Cap d’Adge  aurait endigué la seconde vague!
 
Mais convenez que si la tirade de Tartuffe est seule restée célèbre, la réplique de l’excellente servante est pourtant bien la plus intéressante car à bien y regarder, combien de femmes d’aujourd’hui, fussent-elles politiciennes, ont-elles eu le courage de se mesurer aux Tartuffes et pseudo-mentors rencontrés sur leur chemin comme autant de mâles alpha susceptibles de booster ou stopper leurs carrières ?
 
Évidemment, on ne peut totalement exclure que Dorine ait lu la fin de la pièce et forte de son spoiler, sait qu’il ne lui en cuira point de vilipender ainsi hypocrite Tartuffe et naïf maître Orgon. C’est vrai. On peut aussi saluer son travail de sape salvateur qui nous rappelle une évidence trop oubliée : la nudité originelle n’est cause de concupiscence ou de censure que parce que nous le souhaitons encore et qu’il dépend en conséquence de nous de les faire cesser.
 
 
Sur ce

.

1.“Nous sommes en guerre “ Macron, discours du 16.03.2020

2.“Toutes blessent, la dernière tue” (Question de temps)

3. Le Tramway Editions de Minuit Claude Simon

http://associationclaudesimon.org/claude-simon/lieux-de-memoire/article/perpignan-421

4. Monsieur Darmanin vient de reconnaitre une “maladresse” de la gendarmerie sans s’étonner que les dits gendarmes censés appliquer la loi la méconnaissent.

5 30 % de cas positifs au village naturiste aux dernières nouvelles, de quoi ébranler les anti-masques.

 

 

!

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 16:28

 

"[S'adressant à Arthur.] Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles."
  • Pierre Mondy, Kaamelott, Livre VI, 6 : Nuptiæ, écrit par Alexandre Astier.

La culture dit qui nous sommes. Les mondanités révèlent qui on voudrait être...Parfois lorsque dans la nuit on observe la lumière d'une étoile, elle est déjà morte depuis des milliers d'années! Cela est lié à la vitesse finie de la lumière et aux distances prodigieuses qui nous séparent de nombre d'étoiles. Il en va de même pour certaines idées ou phénomènes: lorsqu'ils arrivent en province, ils sont à bout de processus et vide de leur modernité réel ! Ce qui était en avance, n'est désormais plus qu'une arrière garde! Et en province, on aime se battre avec la plus grande des fureurs pour celle-ci!

Mais revenons sur le titre de province. Historiquement, le terme province désigne le territoire conquis d'une capitale qui lui donne le La. Dans cette province, il y a une élite locale à l'esprit colonisé par l'envie de singer la capitale (avec le phénomène de métropole d'équilibre et de grande région, s'est mis en place une mise en abîme, ce qui fait Perpignan et les Pyrénées-Orientale ne sont qu'un sous produit de la province et leur bourgeoisie prescrivante en est le miroir, voire son portrait de Dorian Gray...) .

Ainsi donc soyons souverainiste et défendons la création locale fraîche en circuit court!

Mais cela demande du travail, de la curiosité et de la prise de risque . Pourquoi, parce qu'il faut défricher, aller hors des sentiers rebattus et s'investir pour un triomphe qui ne viendra que tardivement, voir jamais. Et c'est un ainsi que le suivisme de prescription de la bourgeoisie locale a peur de s'investir dans son propre territoire: elle veut que la lumière retombe sur elle en "cash"!

En cela, elle est un élément essentiel ralentissement du développement local!

Aussi la laisser contrôler le destin d'un territoire est suicidaire...Problème étant, c'est que pour perpétuer son incompétence, elle s'est  organisé autour du contrôle des outils de sa conservation, comme la presse locale...

La vitrine locale n'est que le miroir déformant, que nous tendent en représentation les boutiquiers d'ici!

Même leurs accents sonnent faux: ils ronronnent trop fort avec la sincérité d'un prix en solde. Comme l'écrivait le Marquis de Sade dans "La philosophie dans le bouldoire" : "Français encore un effort si vous voulez être citoyen!"

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 16:00

Les cailloux de la colère Fut un temps Perpignan était une ville agricole. Une ville de céréales. Une ville où on produisait du grain. À l’époque, à Perpignan, on avait du grain à moudre. Ça a bien changé, faut dire. Le petit truc à savoir c’est que le grain ça se pèse, le grain ça s’évalue, le grain ça se mesure. Et pour mesurer le grain de quoi a-t-on besoin ? D’une mesure ! D’une mesure agricole pour être précis.

La ville possédait donc, en ces temps anciens, d’assez élégants blocs de pierre taillés. Évidés, l’on y versait les grains pour les peser. Un bloc, une céréale. Une céréale, un bloc. La mesure se prenait place Rigaud, nous dit-on. La rumeur passe et prétend que la ville possédait des originaux en métal. Ils auraient disparu dans les années 50. Peut-être agrémentent-ils le patio de l’hôtel particulier d’un riche notable amoureux des belles choses et peu scrupuleux.

Le caillou n’a plus la cote par chez nous, fut-il beau, fut-il porteur de la mémoire de notre ville.

Non, non, le caillou on s’en fout ! D’ailleurs la ville ne jouit pas d’un dépôt lapidaire digne de ce nom. D’ailleurs la ville ne jouit pas, tout court. Mais ça, c’est un autre problème. Les deux dernières mesures agricoles qu’il nous reste subissent les avanies de la météo, au fond d’un champ, près d’un ruisseau. Alors que dans d’autres villes ce genre d’objet trône au milieu de places publiques et fait le bonheur des touristes.

Mais ici, question touristes, c’est plutôt : paye ta place de parking et ferme ta gueule.

D’aucuns rajouteront : connard ! Perpignan doit se ressaisir. Perpignan doit créer un vrai dépôt lapidaire. Perpignan doit créer un musée autour de ce dépôt. Perpignan doit valoriser son histoire, fut-elle minérale. Et se faisant, il faut sauver ces mesures de pierre. Pour redevenir fiers de qui nous sommes, le chemin ne peut que passer par là.

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 14:30

 

"Dans les discours et dans les choses, ce sont deux sortes de personnes que vos grands médecins. Entendez-les parler : les plus habiles gens du monde voyez-les faire : les plus ignorants des hommes".
 
Le malade imaginaire - Molière
 

Au commencement était le verbe, et le verbe était Dieu. Le verbe, donc la parole , était à la fois, le levier et le point d'appui de la cosmogonie pour soulever l'univers. Dans le monde des humains, il a un rôle descriptif, une valeur d'échange . Quant au discours, il a un objectif démonstratif. Il est dans le langage, une version vertébré dont la construction donne accès  aux buts qu'il veut mettre en lumière: votez pour moi!

Mais, comme le décrit Jordi Vidal dans son livre " Servitude & simulacre en temps réel et flux constant" , le discours n'est plus que du remplissage pour ne pas laisser aux autres, la possibilité de s'y insérer à votre place: une sorte d'anti-jeu, qui ne met que le "moi" en avant!

C'est pourquoi dans une élection, ce n'est plus le programme qui est mis en avant (un programme engage à une action) , mais le candidat . Le candidat est le message. Le candidat n'a pas à avoir d'étiquette, puisqu'il est la sienne propre. Le candidat est la marque! Et ce qu'il fait à l'intérieur, se voit à l'extérieur!

Mais vous me direz (et vous aurez mille fois raison) , c'est un peu court jeune homme, un enfant verra au premier regard que le roi est nase! Un enfant oui, parce qu'il lui reste de la spontanéité. Mais un adulte qui a des désirs à assouvir, peut synthétiser la naïveté de l'enfant et comme si, il n'avait rien vu!  D'autant qu'une presse qui n'est pas payée par ses lecteurs, mais par ceux qui leur achètent des espaces publicitaires, ne vont pas les contredire! Ainsi, il est dure de régler la focale pour avoir une image bien nette...

Aussi, on peut faire passer des vassaux, pour ce qu'ils ne sont pas: des lanternes!

Qu'il est difficile de connaître la valeur des produits dans la vitrine, pas ce (ou ceux) qu'ils coûtent, mais si le temps ou l'argent qu'on investit en eux, valent en retour sur investissement ? C'est toujours la question que le citoyen devrait se poser: quel est mon retour sur investissement? Poser une équation: discours / candidat, élu / incarnation du discours dans le réel...Que l'on parle de sécurité ou de culture: qu'as tu fais de ton mandat?

Il y a peu d'historiens sur l'histoire contemporaine immédiate, pour une mise en perspective(https://fr.wikipedia.org/wiki/Perspective_(repr%C3%A9sentation) )des mécanismes qui aboutissent  au bord du gouffre où se trouve Perpignan. Un centimètre de plus et c'est l'abîme! Parce qu'un discours sans action ne consolide aucun plancher!

Perpignan n'est pas une ville "malade imaginaire", mais malade de son imagination...

 

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 16:23

 

"Il y a une loi de beauté qu'il importe de ne pas oublier ! Malgré l'effort de quelques-uns, nous semblons marcher vers cet oubli, tant la Médiocrité, monstres à mille têtes, a de fidèles dans les sociétés modernes."
 
"Monsieur croche et autres écrits" (1901-1914), Claude Debussy, édition Gallimard, 1987, p. 110 - Claude Debussy
 

"Je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose..."
 

L'elegance du herisson - Muriel Barbery

 

Perpignan, ville de potentiel ne semble pouvoir se relever de l'enchaînement de ceux qui prétendent la diriger; Cela fait plus de 60 ans que Perpignan, a été l'ascenseur social et financier d'une classe au pouvoir (il suffit de regarder le "avant /  après" de leur patrimoine et de leur lot de médailles, pour comprendre que l’ascenseur républicain fonctionne encore en province pour ceux qui ont réussi à en voler la clef) .  Mais ils ont tous en commun d'avoir su faire rêver les sots, les veules et les paresseux, en leur laissant croire qu'à force de ces tares, ils pourraient s'élever à ces places eux aussi...

Des lors, il ne s'agit pas de dénoncer ce dont nous pourrions profiter si nous acceptions un certains silence et l'esprit de résignation . Contrairement à "l'esprit saint" , l'esprit de résignation préside à l'inchangement . Les masques tournent , mais les mêmes demeurent ( du coup, peut-on les qualifier de "demeurés" ?). Ce qui évolue, ou diminue, c'est qu'à l'instar des glaciers avec le réchauffement climatique, la couche d'illusions fond à vu d’œil. Et plutôt que la montée des eaux, on observe la croissance de l'abstention. Sauf que l'abstention ne présentant pas de liste: elle n' a pas d'élus!  

De là, découle le manque d'autorité de ceux qui se sont vissés au pouvoir, et cette urgence covalente de paraître autoritaire!

Le discours est martial, mais la réalité est marsupiale: c'est à dire à poche...Dans leur volonté, d'être élus, il n'y avait pas de vision de la ville, où elle était, et où là ils voulaient la mener, mais juste un désir infantile de s'afficher publiquement, jouant avec les hochets du pouvoir ( Dieu vomit les tièdes, et ceux qui répandent le pouvoir en vain!)

Est-on obligé de boire ces califes jusqu'à la lie, pour qu'après leur définitive chute, nous puissions nous relever?

Tant qu'il y aura des vizirs, qui dans leur lie feront des rêves, il n'y aura que peu de personnes pour leur signifier que: l'incompétence n'est pas un bon instrument d'escalade!

Il reste la possibilité de ne pas se construire contre, mais à coté!

Parce que lorsque le pouvoir est construit au centre, il faut s'installer à sa périphérie et récupérer les matériaux nés de sa destruction, pour avec recombiner l'ADN et offrir une autre chose. "Parce que, n'est-ce pas, les roses poussent bien sur les tas de fumier. " comme l'écrivait Saïd Meckbel dans sa dernière chronique, avant son assassinat par les islamistes http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/videos/70

 

 

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 17:42

 

Le 28 juin 2020 des électeurs perpignanais ont élu Louis Aliot maire de Perpignan. Sa liste a été élue par 15 000 voix pour 66 000 inscrits dans une ville de 120 000 habitants. Un exemple de plus de résultat électoral, en France, qui pose question, sur notre démocratie représentative.
Cette élection, aux portes de l'été, laissait prévoir une entrée en fonction, lente, avec peu d'actions et d'annonces. Mais ce mois de juillet est traversé, par des faits ou des analyses de la presse ou de blogs, me paraissant instructifs.

Le début du mois, m'évoque Nicolas Sarkozy. Le 6 juillet le nouveau maire, visite avec la presse les rues de la Cité des Oiseaux dans le Vernet à Perpignan, connues pour ses dealers, en parlant de "voyoucratie". Il propose, entre autres choses, la multiplication des caméras de vidéosurveillance, le retour des maisons de quartier et des médiateurs ... Le 10 juillet au cours du premier conseil municipal Louis Aliot et sa majorité ont décidé de voter l'augmentation de son indemnité.

Pour revenir à la "voyoucratie", pour Perpignan on peut faire le constat d'une pauvreté et d'une criminalité grandissantes.

A défaut de données statistiques perpignanaises, la presse semble se faire l'écho d'une aggravation de la situation en 2020. En janvier, un homme se réfugie dans une école primaire. Les mois qui suivent sont marqués par l'accentuation des guerres de dealers avec prises ou utilisation d'armes (sabre japonais, kalachnikov...). Le 16 juillet, un homme est atteint par 5 balles. Dans la nuit du 23 au 24 juillet 2020 un homme est tué par arme blanche dans un autre quartier de Perpignan. La mairie ne semble pas avoir réagi à ces drames.

Par contre le 24 juillet la mairie fait une annonce sur les incivilités des mendiants.

Face aux incivilités et nuisances que subiraient par les citoyens, qui seraient régulièrement importunés par des individus se livrant à une mendicité agressive, mais aussi à la présence de marginaux sur le territoire perpignanais, Louis Aliot, maire de Perpignan a décidé d’agir en demandant aux policiers municipaux une mobilisation de chaque instant pour faire respecter la Loi. Le maire de Perpignan étudierait aussi la création d’un lien interservices dotés de moyens supplémentaires afin que les policiers municipaux puissent signaler les situations de détresse rencontrées sur le terrain aux services compétents et aux associations spécialisées, afin de favoriser la prise en charge rapide de ces personnes. En attendant la mise en place de ce dispositif, les policiers municipaux devraient faire appel au « Samu social » par le biais du 115.

Début juillet une centaine de caravanes se sont installés illégalement au parc des expositions de Perpignan.

Le nouveau maire des quartiers nord, Bernard Reyes est venu parlementer pour leur demander d'aller à l'aire d'accueil du Barcarès. Après leur refus, le 9 juillet la police débranche une première fois les gens du voyage. Après un nouveau branchement illégal, et une plainte de la Ville pour "vol d'énergie" des techniciens débranchent à nouveau et la police expulse les occupants le
24 juillet.

Le 9 juillet 2020 en signe de protestation, trois écrivains lauréats du prix Méditerranée refusent l’invitation à assister à la cérémonie de remise des prix, parrainée par la ville de Perpignan. L'écrivain académicien, président du jury a décidé, de son côté, de démissionner.
André Bonet le nouvel adjoint à la culture de la mairie de Perpignan dénonce le 26 juillet "une mini fronde guignolesque dans un communiqué intitulé "La comédie de la Résistance".

Le 10 juillet c'est la nomination de la compagne du maire au conseil d'administration du théâtre L'Archipel de Perpignan.

Le 25 juillet 2020 le magazine Gala communique sur la promotion de Véronique Lopez, la compagne du maire . Véronique Lopez fait partie des trois "personnalités qualifiées" désignées au Conseil d'administration. Information confirmée par le compte-rendu du conseil municipal consultable sur le site de la mairie de Perpignan. Véronique Lopez, artiste peintre aussi connue sous le pseudo Vebeca, a en effet été nommée à ce poste le vendredi 10 juillet dernier "sur proposition du maire pour une durée 3 ans renouvelable à compter de leur désignation".
La presse locale ne semble pas avoir beaucoup communiqué sur cette nomination.

Selon une annonce municipale effectuée le 13 juillet, l'école des beaux-arts de Perpignan devrait réouvrir dans un délai relativement proche. Un comité de pilotage devrait être mis sur pieds à la rentrée de septembre.

Le 19 juillet le maire participe à l'hommage de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux "Justes" de France en présence de divers officiels et du président de la communauté israélite.
Déjà annoncé le 24, le 30 juillet Maurice Halimi, est nommé nouveau président du théâtre de l’Archipel Perpignan.

Le 25 juillet J.P.Bonnel considère que Louis Aliot, recherche un élargissement de sa base électorale et la bienveillance des acteurs culturels d’origine israélite avec volonté d’oublier les anciens propos antisémites du Front national.

Louis Aliot annonce le 29 juillet 2020 la désignation de Stéphane Babey comme directeur de cabinet. Après avoir été d’abord un proche militant de Jean-Paul Alduy (UDF), Stéphane Babey a été embauché par le sénateur socialiste Christian Bourquin à la Région Languedoc-Roussillon qu’il présidait, avant de se retrouver au décès de ce dernier rapatrié au cabinet de la présidence (PS) du Conseil général des P-O.
Ce type de trajectoire me questionne. Dans une perspective d'une abstention de 80% et de l'élection d'un candidat ultra-capitaliste ou ultra-xenophobe, que feraient les hauts fonctionnaires ?

 

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 14:06
  • "RÉIFICATION, subst. fém PHILOS. Transformation, transposition d'une abstraction en objet concret, en chose. Synonyme . "chosification".Nous nous bornerons au cours de ce chapitre à l'étude d'un seul point: celui de la réification du corps. Le corps humain est devenu − en grande partie du fait des médecins − un objet de propriété (David, Cybern., 1965, p. 142):
Toutes ces impostures se valent, et elles font vivre aujourd'hui bien des farceurs. Car tel est le piège de la réification statique: quiconque hypostasie le pouvoir-faire-autrement, parce qu'il exploite la dialectique de la self-contradiction, fait le jeu de la servitude. Jankél., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 209."
 
Je ne connaissais du tango, que l'image que l'on donne, jusqu'à ce qu'en 1997, je devinsse ami à Barcelone avec une bande d'argentins : une pandilla comme on dit (prononcez  "pandicha" ou "pandidja", si vous vous sentez plus "portégno" que les autres) . Le tango fut une danse populaire (comprendre pratiquée par le peuple) jusqu'à ce que les anglais, l'introduisent dans les salons (où elle devint mondialement popularisée: c'est curieux ce qui est populaire dans les salons anglais, puisse le devenir dans les salons du monde entier, l'esthétique du thé et du bus impérial...).
A l'origine, c'était une danse de garçons vacher , les "gauchos" , puis les mauvais garçons et les prostituées commencèrent à la pratiquer dans les "bordels": la danse comme acte sexuel en public, jusqu'à "la petite mort", un savant mélange d'éros et de thanatos.
 
Je me souviens que, cheminant pour aller manger à "Los Asadores" (restaurant typique de cuisine argentine de Barcelone)  avec mon ami Fédérico (alias Freddy) et son père José-Maria, je lui demandais: "José-Maria, que es un buen Tango? " Il me répondit :" un buen tango Nicolas , es cuando se les falta la mugré!" . "La mugré" qu'est ce que c'est (le mot en castillan m'était inconnu). Il reprit en français ""la mugré", c'est "la saloperie" : c'est quand la poussière se collent aux danseurs avec la sueur!"
 
En politique, outre l'esprit de l'andouillette, ce qui fait l'esthétique, comme dans le bon tango : c'est la "mugré" . Ainsi donc, Perpignan et sa politique sont devenues, mon tango préféré. "La cumparsita" qui nous est révélée (diminutif de comparsa  petite parade de rue, en castillan) avec ses retournements d'alliances et autres ralliements, au gré ou malgré des résultats électoraux, est un spectacle qui pourrait ravir un enfant et attrister un adulte, pour quelqu'un qui n'a pas la nostalgie de l'enfance mais celle d'un monde adulte...Alors Stéphane Babey sèmera-t-il "la peur sur la loge" après la terreur au cabinet du conseil départemental (encore socialiste, pour ce que cela peut signifier) d'Hermeline Malherbe..."qu'est ce qu'on s'en fout !"
"Jeter une lumière sur les problèmes les plus sérieux et en même temps ne pas prononcer une seule phrase sérieuse, être fasciné par la réalité du monde contemporain et en même temps éviter tout réalisme, voilà "La fête de l'insignifiance" "
Perpignan :mon tango préféré, ce sentiment triste qui se danse...par Nicolas Caudeville
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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 16:36

 

 

Sur la nécessaire et urgente reformulation d’un projet humaniste revenant aux fondamentaux héritiers des Lumières, le texte de Marguerite Stern, « Féminisme : peut-on encore débattre de tout ? » est particulièrement significatif et révélateur.

Si nous voulons prolonger le combat engagé par Walter Benjamin, nous pourrions aujourd’hui transcrire l’urgence d’un tel projet par une formule lapidaire : NI FACHOS NI POMOS

 

POMOS : Pour ceux qui l’ignorent encore, le terme de POMOS renvoie à postmodernes.

Sur la critique du postmodernisme je renvoie à ma série télévisée : « La Société du chaos » (en lien sur l’archipel contre attaque) et à mes deux essais : « Résistance au chaos » et « Servitude et simulacre ». http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/

 

Féminisme : peut-on encore débattre de tout ?

Par Marguerite Stern, activiste féministe et ex-Femen

7 juillet 2020

 

Il y a quelques mois, j’ai commencé à m’exprimer au sujet du « transactivisme » et de la pensée dite queer sur les réseaux sociaux, estimant que ces sujets-là prenaient désormais trop de place dans le féminisme jusqu’à invisibiliser les combats des femmes.

 

Quand je lis l’expression « colleur·euses » ou « personne à vulve », je ne peux pas m’empêcher de penser que cet outil qu’est l’écriture inclusive, et qui était au départ destiné à nous redonner une place dans le langage, a été dévoyé et qu’il sert désormais à installer la présence des hommes dans la sphère féministe.

 

De la même façon, quand on me dit que je mens et que je ne suis pas l’initiatrice des collages contre les féminicides alors que j’ai passé six mois à coller seule avant que l’attention médiatique ne prenne, on invisibilise encore une femme. Qu’on soit d’accord avec moi sur toutes mes idées ou pas n’est pas la question : j’accepte qu’on pense différemment et que d’autres utilisent cette technique pour dire ce qu’elles veulent. Je n’ai pas posé de copyright dessus. Mais qu’on efface la contribution d’une femme à l’histoire est un procédé profondément patriarcal. « Rendons à Cléopâtre ce qui appartient à Cléopâtre », comme le dit la brillante autrice et comédienne Typhaine D.

 

Par souci d’horizontalité et par penchant anarchiste, j’ai volontairement abandonné la tête de ce mouvement au bout d’un mois. Comme l’attention médiatique s’était cristallisée autour de moi, je trouvais que ça avait du sens de le laisser évoluer en dehors de mon jugement. Mais je me retrouve aujourd’hui dans une position où je dois sans cesse réaffirmer sa création pour ne pas être invisibilisée par des militantes queers qui tiennent des propos haineux tels que « Les TERFS au bûcher »

[TERFS pour « trans-exclusionary radical feminist » soit « féministe qui exclut les trans de sa lutte », ndlr].

Ça n’est pas normal. Ces procédés sont violents et remettent en question la base même du féminisme, c’est-à-dire l’esprit de sororité et de transmission que nous devons maintenir et développer au sein du grand peuple des femmes.

 

 

Esprit de sororité

 

Ça fait quelques années que je suis habituée à recevoir des menaces de mort. A l’époque où j’étais dans les Femen, elles venaient de l’extrême droite et des islamistes. Ce qui m’inquiète, c’est qu’aujourd’hui, elles proviennent des militant·es dites « féministes queers ». Depuis l’arrivée d’Instagram, ce mouvement de pensée s’est largement développé en France et prône un libéralisme dangereux, qui commence même à envahir la sphère universitaire.

 

Ce que j’appelle « libéralisme », c’est le fameux argument du libre arbitre. Une femme serait « libre » de porter le voile, « libre » de se prostituer, « libre » d’échapper à son genre pourtant déterminé par son sexe de naissance. Or, je pense que dans une société où l’on considère que nous sommes des objets sexuels entièrement tendus vers le désir masculin, et où règne la culture du viol, on ne peut pas dire qu’on puisse « choisir » de se prostituer. Pour celles qui l’affirment (c’est-à-dire très peu, puisque la majorité des femmes en situation de prostitution sont victimes d’un système de traite humaine), je pense que c’est en réalité le fruit d’une construction sociale genrée sinon 85% des personnes en situation de prostitution ne seraient pas des femmes et 99% des « clients » ne seraient pas des hommes.

 

J’estime que cette question est extrêmement grave puisqu’elle met en jeu la santé des femmes et la conception globale qu’on se fait de ce qu’est ou de ce que peut être une femme, mérite de pouvoir entendre tous les types d’arguments, y compris les miens. Or, dès que j’ose exprimer mes idées abolitionnistes sur les réseaux sociaux s’ensuit un lynchage en ligne de plus en plus violent. Le cyberharcèlement fait désormais loi, et il se poursuit dans le réel : nombre d’entre nous n’osons plus nous rendre en manifestation par peur d’être agressées.

 

On est entrées dans un nouveau règne loin de l’utopie de la sororité : celui de la terreur. Désormais, si l’on pense que le consentement ne peut pas s’acheter, que le voile est un objet de contrôle sur nos corps ou que les mouvements queers viennent réactiver la permanence des stéréotypes de genre, on se fait lyncher.

 

Tous les jours, je reçois des messages de femmes qui me remercient de continuer à défendre mes idées et de ne pas céder aux intimidations. Elles me disent qu’elles ont peur de faire pareil. Qu’elles ont même peur de partager ou de liker mes posts. Hier encore, une survivante de la prostitution m’a envoyé un témoignage édifiant dont voici un extrait :

« En tant qu’abolitionniste, je ne me sens plus en sécurité pour manifester. Une de mes connaissances a été agressée pour ce type de position en plein cortège en mars. Hier, à la Pride, j’ai ressenti la même chose. Finalement c’est comme si je n’avais plus de place nulle part. Invisibilisée en tant que femme, en tant que bisexuelle et en tant que victime. Toutes ces pancartes « vive les putes » et compagnie, cette banalisation voire promotion du « travail du sexe », c’est justement une violence de plus pour moi. »

 

 

Mécanismes patriarcaux

 

Je reçois aussi des messages de lesbiennes qui me disent qu’elles souffrent d’être accusées de transphobie parce qu’elles ne veulent pas de pénis entre leurs cuisses. Des messages de femmes qui me disent que je les ai fait changer d’avis, et qu’elles n’avaient jamais eu accès aux arguments que je développe avant. Des messages de femmes qui me disent qu’elles ne sont pas d’accord avec moi, mais qu’elles aimeraient pouvoir assister à des débats sains, idées contre idées, sans insultes et sans haine.

 

J’écris pour elles. Pour celles qui pensent comme moi et pour les autres qui sont fatiguées par la violence de certaines féministes d’aujourd’hui. Pour celles, nombreuses, qui abandonnent le combat parce qu’elles n’en peuvent plus de constater que désormais la violence vient de leur « propre camp ». Je voudrais vous dire que vous n’êtes pas seules. Que si vous êtes des centaines à m’écrire, alors vous êtes probablement des milliers en vérité. Que vous n’avez pas à culpabiliser de ne pas vous exprimer : nos vies sont déjà suffisamment structurées par la peur, inutile de rajouter de nouveaux traumatismes que vous n’êtes pas prêtes à encaisser.

 

J’écris aussi pour celles qui considèrent que c’est un débat de niche : bientôt ça ne le sera plus. Je vous le dis, je l’observe depuis environ deux ans, le milieu féministe en France et ailleurs est en train de devenir violent sous couvert d’inclusivité. Il est en train de se faire gangrener par des mécanismes patriarcaux et virilistes. Que nous ne soyons pas d’accord sur tout c’est une chose, mais que nous reproduisions dans nos sphères militantes les mêmes mécanismes que ceux que nous dénonçons est un non-sens complet qui finira par nous détruire. La lutte contre les violences conjugales et les féminicides ne le supportera pas. Ce texte est une sonnette d’alarme.

Voir aussi de Jordi Vidal :

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 14:18

 

Quand on a demandé à Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre, il a répondu : "Alors pourquoi nous battons-nous ?"

"L'Étrange Défaite". https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trange_D%C3%A9faite Témoignage écrit en 1940 est un témoignage sur la bataille de France écrit en 1940 par Marc Bloch, officier et historien, qui a participé aux deux guerres mondiales. Dans ce livre, il ne raconte pas ses souvenirs personnels mais s'efforce, en témoin objectif, de comprendre les raisons de la défaite française lors de la bataille de France pendant la Seconde Guerre mondiale. Rédigé sur le moment, L'Étrange Défaite a marqué les esprits dès sa parution par la pertinence des constats qui y sont faits"

Il en va de même pour la culture à Perpignan, face à son poisson pilote la mondanité: la culture n'est plus qu'un prétexte à sa fête (sa défaite) la mondanité. Les mondains ne célèbrent la culture que pour mieux l’enterrer: l'étouffer de leur tendresse .

C'est que dans la culture, il y a quelque-chose d'âpre, de difficile au début: c'est comme apprendre à nager!

C'est avant tout un travail sur soi dans la confrontation aux techniques pour créer une œuvre, ou la comprendre, mais, c'est ce travail qui nous transforme et nous rend meilleur.C'est le chemin de l’œuvre ou vers l’œuvre, qui nous modifie! Mais les mauvais compagnons de la culture ont voulu voler ses secrets sans vouloir faire ce travail sur eux-même et ainsi l'ont tué! Désormais,la mondanité est à la culture, ce que le canada dry est à l'alcool !

En matière de culture et de sa révélation, il y a toujours  les 3 stades: Jésus, ses apôtres et l'église. Et se sont toujours les ayants droit qui sont les plus exigeants en matière de rétributions! 

Pour revenir à Perpignan, ceux qui ont pignon sur rue, sont plus, les commentateurs, que les créateurs, les grands commandeurs sur catalogues de spectacles que ses acteurs . Avec la complicité d'une presse qui ni entend pas plus en culture qu'en politique, (le syndrome du limonadier, converti en journaliste) on maintient la confusion dans l'esprit des braves gens que cela intéresse encore...

Il y a aussi que lorsque la culture va, le BTP va ...

On met souvent au crédit de la culture, la construction de bâtiments en son nom. Des bâtiments dont les coûts épuisent la possibilité d'investir dans le contenant culturel.En matière de culture, il vaut mieux être maçon que comédien, musicien ou peintre (à moins que ce soit en bâtiment)

A Perpignan la dernière élection a mis fin à des décennies d'ancien régime, mais dans la composition du nouveau , il y a déjà les traces du "beau comme l'ancien"

Comme une nouvelle saveur qui aurait l'arrière goût de tradition locale!

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 12:49


Pour retrouver toute la pertinence et l’actualité de la pensée de Walter Benjamin, il me semble important d’en revenir à l’universalisme de sa démarche, à sa revendication d’une histoire éclairée par Les Lumières, à la manière fulgurante par laquelle un passé vaincu revient au présent pour le mettre en cause et lui réclamer justice. Pour ce qui concerne notre triste époque, rien moins que l’universalisme concret des Lumières.
Je vous invite donc à lire le texte tout à fait remarquable d’André Markowicz (traducteur et poète français.)

Jordi Vidal

Retour au péché originel

 

J’ai laissé passer pas mal de temps avant de me dire qu’il fallait que je reparle de ce qu’on appelle « l’anti-racisme » tel qu’il fait la une de la presse dans le monde aujourd'hui, — parce que, oui, j’avais été brûlé par ce qui s’était passé avec les « Suppliantes » de Philippe Brunet https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/les-nouvelles-censures-au-theatre, et brûlé pas seulement par les arguments mais par mon propre aveuglement : je ne m’étais pas rendu compte que nous étions passés dans un autre monde, — un monde où la lutte des classes, c’est-à-dire la lutte pour sortir d’un système d’exploitation, en hommes libres et solidaires, avait été remplacée par la lutte des races, c’est-à-dire qu’il n’y avait absolument plus aucun moyen d’imaginer un progrès social, à partir du moment où chacun de nous portait sur sa peau la preuve de son péché originel. Les Noirs (supposés existants en tant que tels, dans une masse indifférenciée définie par la couleur) étant tous victimes des Blancs (qui que puissent être ces Blancs). Les Noirs, seuls habilités, du coup, à parler des souffrances des esclaves, sinon à jouer des Noirs au théâtre (ou des supposés Noirs), parce que les Noirs sont, en tant que Noirs, « racisés ».

J’avais parlé des « Jésuites » qui me traitaient de raciste parce que je m’élevais contre ce que je considère toujours comme une ignominie et une stupidité. Je ne voulais pas seulement parler des méthodes chafouines que je voyais à l’œuvre : envoyer au charbon des nervis, des brutes épaisses, laisser hurler, et puis se présenter pour des gens modérés et retirer les marrons du feu. Je voulais dire, réellement, que c’était le triomphe du péché originel.

Il y a d’abord le péché originel de la naissance. Ce péché brandi par des militants qui se proclament de gauche, anti-capitalistes, anti-systèmes, écologistes ou quoi ou qu’est-ce, pour moi, il est pire, au final, que l’islamisme. Pour un islamiste, de fait, la race ne compte pas, seule compte votre conversion. Mais que puis-je faire, moi, avec ma peau blanche ? Et que peut faire un noir ? Sa peau restera toujours noire. Bien sûr, il peut y avoir des agents de l’étranger, des traîtres, du coup, à la cause, des noirs, par exemple, qui tombent amoureux d’une blanche, et là, quel est le résultat ?... des mischlinge, des hybrides ?... C’est ce racisme-là, cette hydre-là que je vois prospérer aujourd’hui, en même temps que l’autre, celui de toujours, et celui dont je pensais que notre but à tous (je ne parle pas aux électeurs du FN sur ma page) était de le combattre.

Ensuite, il y a dans le discours « antiraciste » d’aujourd’hui quelque chose de profondément non pas « antiraciste » mais anti-historique.

Il y a l’idée (pas exprimée, considérée comme une évidence) que l’esclavage se réduit à l’esclavage des noirs par les blancs. L’esclavage des noirs par les blancs a été, ô combien, réel, mais l’esclavage des noirs par les arabes l’a été tout autant. Je devrais dire : l’est encore, dès lors qu’il existe encore, quasiment légalement en Mauritanie, et que Daesh y est revenu massivement et qu’aujourd’hui encore, en Libye, on vend des réfugiés africains comme esclaves. Or, les accusations ne sont portées que sur les Occidentaux. Moi, ça, ça me pose problème.

Ça me pose d’autant plus problème que l’esclavage ne se réduit pas à l’Afrique. Je n’ai pas l’impression, par exemple, qu’il ne reste pas un problème, majeur, catastrophique, par exemple, en Inde (et depuis bien avant la conquête anglaise) ou, d’une autre façon, en Chine. Je n’ai pas l’impression que l’esclavage n’ait pas existé, autre exemple, en Russie — légalement jusqu’en 1861 (même date d’abolition que les Etats-Unis), et, dans les faits, bien plus tard. En Russie, ce n’étaient pas des Noirs qui étaient vendus, torturés, utilisés comme du bétail et jetés au rebut, c’étaient des Blancs, par d’autres Blancs. Et ces Blancs, dans le même temps, utilisant souvent des soldats blancs esclaves, colonisaient l’Asie Centrale, où les esclaves existaient aussi, et où, là encore, ces esclaves n’étaient pas noirs. Et puis, en Afrique même, je n’ai pas l’impression que les différents royaumes africains d’avant la colonisation ne pratiquaient pas l’esclavage et ne vendaient pas, par exemple, leurs prisonniers aux marchands, arabes, portugais, français, anglais, américains. Et je n’ai pas l’impression (ou me trompé-je ?) que la solidarité des noirs ait un jour existé davantage que celle des blancs, ou des jaunes, ou des indiens d’Amérique entre eux.

Bref, le discours des associations dites anti-racistes accuse les uns (à juste titre) et dédouane les autres, ce qui permet de ne pas analyser le phénomène global et donc de le laisser se perpétuer dans le monde.

Ensuite, il y a la revendication de détenir seul le droit de s’exprimer sur ses propres problèmes, — revendication qui ravage en ce moment le monde anglo-saxon au même rythme que les ravages de Trump. Cette revendication n’empêche pas seulement la lutte commune, la lutte politique, humaniste. Elle empêche, je l’ai dit et je le redis ici, cette chose fondamentale qui est à la naissance de la littérature, l’empathie. Parce que la littérature est l’expression de l’autre — de ce que je ne suis pas. Parce qu’on écrit toujours pour l’autre, pour le frère, jamais pour soi (même quand on passe sa vie à faire un journal intime). Faire un procès d’intention à un écrivain parce qu’il traite un sujet qui ne le concerne pas par la couleur de sa peau est une des définitions du racisme. Et ce racisme, dans le monde anglo-saxon, devient la loi. Une loi agressive, vindicative, pleine de la bonne conscience universelle du fanatisme.

Et puis, il y a autre chose : la tentation hygiéniste de l’histoire. Il faudrait que l’histoire soit comme nous voudrions qu’elle soit, et il faudrait juger le passé à l’aune du présent, ou, plus précisément, pas à l’aune du présent en général, mais du présent tel que nous le comprenons, nous, tel que, nous, nous voulons qu’il soit. Il faut tout nettoyer. Voltaire dès lors, par exemple, ne serait plus qu’un vil antisémite, Jules Ferry ne serait plus qu’un infâme colonialiste (il l’a été, sans aucun doute), et ainsi de suite — c’est-à-dire que l’histoire tout entière n’est plus regardée que par ce prisme-là. Du coup, l’histoire n’est plus regardée du tout, elle n’est plus qu’un présent détesté. Ce que nous voyons se déployer, à une très grande vitesse, c’est une nouvelle Révolution culturelle à la chinoise (qui a été encensée, à l’époque, par bien de nos grands intellectuels). Je pense que le moment viendra où, chacun de nous, devant une foule hurlante (peut-être par l'intermédiaire de « meet » ou de « zoom »), devra demander pardon d’être ce que vous pensez qu’il est.

Ce n’est pas ça qui va changer la misère endémique des banlieues, ni le racisme des électeurs de Le Pen. Mais ça fera plaisir — et ce sera déjà bien.

Parce que, ce qui fait le plus plaisir, c’est de désigner les méchants et, donc, d’être un gentil au milieu des gentils. Ça vous donne bonne conscience. La bonne conscience, c’est bon pour la santé. Et la santé, nous sommes d’accord, c’est l’essentiel.

Et j’oubliais cette évidence : l’universalisme, c’est une valeur de Blancs.

André Markowicz (29 juin 2020)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Markowicz

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