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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 14:37

On se demandait ce qu'était devenu le général Tapioca aprés le coup d'état du général Alcazar dans "Tintin et les picaros" , il est visiblement en exil à Perpignan sous une nouvelle identité. là, il reprend ses bonnes vieilles habitudes s'afficher en 4 par 3, au prétexte des voeux, mais aussi, pour des prétextes fallacieux pour se faire connaître de ses concitoyens:"Ensemble dans chaque quartier, le dialogue et l'action font avancer Perpignan!" Mais que cache le sourire de Jean-Marc Pujollink (C'est comme cela qu'on l'appelle désormais). Officiellement, on nous annonce que cette campagne a été offerte par Clear Channel, sans quoi le coup eut été de 30 000 Euros. Mais comme disait Berthold Brecht :" Seule la mort est pour rien. Tout le reste se paie!" 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:56

Kalamaki-8-copie-1.jpgKalamaki

Grèce : Le temps de la crise, Alexandra Delcamp fait une thése sur les Rébétes link à la Sorbonne, elle vit plus la moitié de l'année en Gréce, nous lui avons demandé un article sur l'état des grecs, au-de-là du regard classique des grands médias. Résultat: un texte émouvant qui met l'humain au centre, parce que "les statistiques ne saignent pas; c'est cela qui compte!" comme disait Arthur Koestler


Interview de Alexandra Delcamp par Nicolas... par Loeildupharynx

Il y a des lieux que l’esprit a du mal à associer avec la crise. En Grèce, les plages, reflets bleu-argentés du ciel et des oliviers de l’Attique, gamme chromatique aux ondulations paresseuses qui seules interrompent le calme plat d’une mer d’huile, une île sauvage visible au large comme si elle était à portée de main, sable rayonnant de la blancheur du repos et des jeux, cris de joies enfantines et conversations animées, musique de la lumière grecque, temps toujours beau, temps suspendu, les belles plages grecques, plastifiées dans les pages glacées de nos magazines, ont pourtant quelque chose de changé depuis la crise.

 

A Kalamaki, plage très fréquentée d’Athènes, un groupe de grecs, tous les jours plus nombreux, se réunit inlassablement contre le même pan de mur gris, été comme hiver, de tout temps, par tous les temps. Les touristes passent devant sans même les regarder, soit qu’ils pensent que comme eux, ils ne sont que de passage, soit qu’ils estiment que, puisqu’ils ne s’assoient pas, comme eux, sur les chaises payantes, ils n’ont pas beaucoup d’intérêt. Il faut dire que les touristes, même s’ils sont en vacances, n’ont pas le temps. Du moins pas le temps grec.

 

A Kalamaki, le temps est toujours votre allié. Si vous vous sentez d’humeur joyeuse, il s’arrête pour vous, faisant de ces minutes qui passent ordinairement trop vite dans les bons moments un chapelet d’instants éternels, qui n’appartiennent qu’à vous et pour toujours. Le « on a le temps » de Kalamaki est sans commune mesure avec le « on a le temps » des touristes. Il ne signifie pas qu’il est une parenthèse de repos dans un temps qui vous échappe ou pire, vous oppresse à passer toujours trop vite ; il signifie que le temps devient votre compagnon. Vous n’êtes pas son esclave, il n’est pas le vôtre non plus. A Kalamaki, on cultive l’art de vivre avec le temps.

 

Là, les opinions politiques sont très divergentes ; on n’y est jamais d’accord, mais on discute quand même, à perte de vue. Chaque histoire personnelle y est racontée avec le talent d’un aède de telle manière que chaque morceau de vie devient une épopée égalant celle d’Ulysse. Même s’il y a beaucoup de nouveaux arrivants ou de « fraîchement naturalisés » dans cette bande de Kalamaki, on ne parle qu’en grec (« l’anglais, c’est pour draguer les touristes, renchérirait Kosta ; le grec c’est pour discuter de la beauté, du plaisir que nous avons à être ensemble, et du sens de nos vies, dussions-nous arriver à la conclusion qu’elles n’en ont aucun »). Albanais, russes, ukrainiens, égyptiens, turcs, iraquiens, autant de

 

nationalités qui ont rejoint la « parea1 » de Kalamaki, autant d’hommes et de femmes qui ont débarqué en Grèce par nécessité, autant qui affirment ne plus pouvoir la quitter et préférer, malgré la crise et les difficultés, ce mode de vie à tout autre au monde.

 

Alors ils se retrouvent quotidiennement, entre « grecs », années semblables aux heures, heures semblables aux années, contre ce petit pan de mur gris, entre les cabines et le café de la plage, face à la mer et au passage des touristes qui ne prennent jamais le temps de se mêler à eux, face au monde mais suffisamment à l’abri de sa course folle, suffisamment à l’abri des maladifs porteurs de montre. Toujours quelque chose à boire ou à manger, ramené de la maison, dans l’éventualité d’accueillir un ami de passage, une connaissance ou un étranger. On écoute de la musique (grecque, évidemment) sur un petit poste de radio qui grésille et dont le son peine à concurrencer celui du café voisin, qui passe en boucle tous les succès américains. On y danse parfois, quand on a un malheur ou une joie à exprimer. On y joue aux raquettes toute la journée et on y nage dès que possible, même en hiver pour les plus téméraires qui sont souvent les plus âgés (« le corps, c’est aussi important que l’âme, ça s’entretient ! », vous diront-ils).

 

Vous y croiserez entre autres Yannis, « l’écrivain », qui pousse son gros ventre le long de la plage, cartes de visite en main, toujours prêtes à être dégainées en cas de croisement (accidentel ou provoqué) avec la gente féminine de passage. Il a quitté son travail il y a cinq ans. Il y a aussi Sarkis, cordonnier retraité de 70 ans, un des plus anciens de la « parea », qui erre le long des rives, joie de contempler la mer, amertume d’avoir dû quitter la lointaine Constantinople, pour un espoir qui ne s’est même pas réalisé. Il y a son fils, 40 ans, qui, il y a deux ans encore, ne venait jamais sur cette plage parce qu’il vivait très confortablement des bijoux qu’il fabriquait, et qui maintenant doit faire avec 100 euro par mois. Il y a les belles russes, qui ont épousé des grecs et vivotent de petits boulots qui ne leur rapportent même pas 35O euro par mois et qui ne peuvent plus compter sur le complément du salaire de leur mari, au chômage depuis 2 ans. Il y a Madame Litsa, professeur de philologie grecque à la retraite, et qui touche, comme Sarkis, en récompense de ses bons et loyaux services, une retraite qui n’excède pas les 600 euro. Pourtant, elle dit qu’elle n’a pas à se plaindre, parce qu’elle n’a ni mari ni enfants à charge. Il y a aussi Monsieur Manolis, boute-en-train de la « parea », qui malgré son grand âge, n’hésite jamais à se lancer dans des pirouettes de casse-cous, perpétuelle hymne à la vie, ni à raconter avec beaucoup de malice des histoires qui lui sont arrivées, banales somme toute, mais qui par son récit prennent des proportions gigantesques, juste pour régaler et faire rire les autres.Par une de ces brûlantes après-midi d’avril dont seul le printemps grec a le secret, de lentes évaporations émanant du sable, ondulant avec volupté et entrainant dans leur danse tout le paysage de Kalamaki qui semblait ondoyer de concert avec elles, environ une semaine avant les élections, une conversation passionnée sur la crise a fait oublier jusqu’au grésillement nasillard des chansons qui passaient sur le petit poste de radio.

C’est Yannis, « l’écrivain », (on le surnomme ainsi parce qu’il a écrit un livre sur un soi-disant code qu’il y aurait à tirer de l’alphabet grec et qui permettrait de comprendre les secrets du Christ et de l’Histoire du monde) qui comme à son habitude, a parlé le premier. Cette conversation a été enregistrée, et je la reporte ici, traduite en français.

« La misère est tombée sur le peuple grec et nous n’allons pas tarder à avoir faim. Non seulement les gens ne trouvent plus de travail mais en plus ils doivent de l’argent à tout le monde, surtout aux banques. Tu veux mon avis ? La religion et le pouvoir sont des escrocs. Le système doit changer. La démocratie est un mensonge. Je n’y ai jamais cru. Regarde Thémistocle avec les Perses, il s’est moqué des grecs qui l’avaient pourtant désigné comme le plus à même de mener la campagne contre les Perses. La suite on la connait… Non, la démocratie, c’est un mensonge, une utopie. Moi je n’ai pas peur de le dire, il faut une dictature, ils ne comprennent que ça les gens. Il faut une loi qui interdise de faire des enfants. Il n’y en a plus assez pour tout le monde, on est déjà trop. Ils me font rigoler avec leurs histoires de révolution. Personne ne peut rien faire. Les choses ne changent jamais par le bas, toujours par le haut. Le changement ne peut venir que du pouvoir. Une révolution ? Mais qui la ferait ? Ils veulent tous la même chose : avoir une maison, une voiture… S’ils ont ça ils encaissent tout le reste. Non, y’a pas à tergiverser, il faut un régime dur pour qu’il soit respecté par le peuple. Il faut obliger les gens à manger juste ce qu’il leur faut pour vivre.

Enfin, je parle, je parle, mais la Grèce n’a plus de futur. De toute façon ça va finir en guerre civile tout ça. Et ce ne sont pas les politiciens qui vont y changer quelque chose. Ce sont des acteurs, dans leurs écoles, on ne leur apprend pas à réfléchir pour le bien de la cité, on leur apprend à mentir. Moi j’ai toujours voté pour le moindre mal. Jamais à gauche, bien sûr. A gauche, ils ne veulent pas gouverner. Aux élections, je voterai soit Chrisi Avgi2, soit Laos3, je n’ai pas encore décidé. Eux, au moins, ils ont de la poigne. De toute façon, moi, quand je vote, j’essaye toujours de me penser à la tête du pouvoir et d’imaginer ce que je ferais. Je peux te dire qu’avec moi tout le monde se tiendrait tranquille. » Manolis l’interrompt. « Yannis, comme d’habitude, tu dis n’importe quoi ! Tu n’es même pas logique ! Tu dis que la démocratie est une utopie et tu es bien content de pouvoir voter pour tes barbares qui se disent plus grecs que les grecs. La vérité est que ceux-là n’ont rien compris à l’âme de la Grèce. » Yannis, ayant repéré au loin une paire de jambes féminines, s’en va, cartes de visite en main, sans même saluer l’assemblée. « Laisse, c’est un imbécile », me dit Manolis. « Il a le même problème que beaucoup de grecs, il est bloqué dans le « c’est impossible on ne peut rien faire. » Or, penser ça, c’est le meilleur moyen de ne rien faire et de ne rien changer. Mais c’est un raisonnement erroné. Si tu refuses de te laisser abattre, alors tu te bats, et si tu te bats, il te reste au moins l’espoir. C’est comme la boite de Pandore. La question qui se pose est la suivante : « Quelle priorité tu donnes à ta vie ? » Le problème aujourd’hui, c’est qu’à cause du mensonge du capitalisme, la plupart des grecs donne la priorité à l’argent, à la possession, à la consommation effrénée. On ne peut pas leur en vouloir, ils ont grandi avec l’idée qu’avoir c’est être. Or ça, c’est le contraire de l’esprit grec. Nous avons perdu beaucoup de nous-même avec la mondialisation. Moi qui suis vieux, je n’ai pas été élevé dans cette idée. Ma priorité à moi, c’est la relation humaine. A commencer par l’amitié. Je crois fermement que tu reçois ce que tu donnes, et s’il n’y a pas de déséquilibre dans la relation à la base, si la relation est saine, c’est-à-dire sans mensonge, tu es gagnant sur toute la ligne, parce que l’autre est gagnant aussi. Ça s’appelle le partage. C’est une affaire de cohérence dans les principes que tu t’astreints à suivre. Comme tu respectes ta femme, tu respectes ton enfant, ton ami, etc… Mais la règle d’or c’est de se respecter soi-même. Et ce n’est pas facile à appliquer dans un monde où on te prend tout, jusqu’à ta dignité. C’est la raison pour laquelle les grecs qui ont conservé l’esprit grec comme moi, mettent toutes leurs forces dans la résistance pour conserver leur dignité. Même si ce monde nous traite d’une façon indigne. Les grecs de la nouvelle génération, sont aussi les enfants de la télé, de la publicité. Ils sont habitués à prendre pour vérité les messages qui leur sont transmis sur tel ou tel sujet jusqu’à l’indigestion. Ils ont peu de capacité critique. Moi qui suis de la vieille école, si quelqu’un venait me colporter des ragots sur le compte de quelqu’un d’autre, jamais je ne les prendrais pour argent comptant. J’attendrais de connaitre la personne, et de voir moi-même à qui j’ai affaire, sans a priori. Aujourd’hui, les jeunes grecs ont beaucoup de mal à se mettre à la place des autres. Le capitalisme leur a fait croire que l’Homme n’est pas nécessairement un être social et que les plus malins se font requins et n’hésitent pas à manger les autres. Ce qu’ils ne semblent pas avoir compris, c’est que pour que vivent les prédateurs, il faut des proies. Ils se rêvent tellement prédateurs, qu’ils finissent par croire qu’ils le sont. Au final, ils se font manger comme des vulgaires poissons d’aquarium et jusque dans le ventre du prédateur ils continuent à se croire requins. Yannis par exemple, qui n’est pourtant pas jeune, est un poisson clown digéré. Moi j’essaye toujours de garder à la conscience que ce qui est secondaire pour moi peut être prioritaire pour un autre, et réciproquement. Rien ne doit aller à sens unique. Il faut un équilibre en toute chose « Παν μέτρον άριστον4 » disait Aristote. Mais notre monde est déséquilibré. Toujours les mêmes qui prennent et les mêmes qui donnent. Ça me désole de voir que la Grèce, le pays de la « juste mesure » par excellence, se soit à ce point noyée dans l’excès. L’Ubris se paye cher. Nous aurions dû mieux nous souvenir de nos mythes. Mais maintenant, même ce pauvre Œdipe ne nous appartient plus ; il est celui de Freud et tout le monde a oublié la cause de sa déchéance.

Mais ce problème est bien antérieur à la crise. Non, ce qui a vraiment changé depuis, c’est le « demain ». Parce que maintenant il n’est plus du tout sûr. La crise a failli réussir à déséquilibrer notre rapport au temps. Quand hier, aujourd’hui et demain cessent d’être intrinsèquement liés, alors il devient difficile de jouir du jour présent, parce qu’on ne parvient plus à accepter l’ordre du monde. Depuis la crise, d’accord, tu peux être certain de ce que tu as dans les poches aujourd’hui, mais tu ne peux plus le dépenser en comptant sur la certitude de ce que tu auras demain. Nous sommes sous la menace permanente d’un nouveau plan d’austérité. Par exemple les vacances, c’est devenu un luxe. Même la santé. On se demande ce qu’est devenu le serment d’Asclépios… On n’est même plus sûr d’être soignés à temps parce qu’il faut toujours faire l’avance. On est de moins en moins remboursés et de plus en plus tard, et en plus l’état prélève des taxes sur les médicaments. On a de plus en plus de mal à s’en sortir. Et pour couronner le tout, comme si ce n’était pas assez difficile comme ça, dans une famille classique, au moins trois sur quatre sont au chômage. Toute la famille tient sur le salaire d’un seul. »

Irini, qui a quitté la Russie et débarqué en Grèce 30 ans auparavant, rebondit sur ce dernier point :

« C’est sûr que ne sont pas des conditions faciles ! Moi par exemple, depuis la crise, je me trouve dans une situation impossible : mon mari a perdu son emploi et nous devons compter sur mon seul salaire, non seulement pour les besoins du ménage, mais aussi pour aider financièrement mon fils, qu’à l’époque j’ai envoyé étudier en Ukraine pour qu’on ne l’envoie pas sur le front tchétchène. Sauf que je ne gagne presque rien : je suis esthéticienne à domicile, j’ai toujours dû pratiquer des prix plus bas que les instituts. Mais là, avec la crise, j’ai dû baisser encore et encore mes tarifs, et j’ai perdu la moitié de ma clientèle. Les soins, l’esthétique, c’est plus la priorité ; même pour les plus coquettes des grecques ! La crise touche tout le monde. Ça me ramène 30 ans en arrière : quand je suis venue de Russie, j’étais prête à travailler n’importe où. Maintenant, ça recommence. Mais je crois que plus qu’une crise économique, c’est une crise politique. Si on changeait de politique, il y aurait du travail. Mon mari, qui est grec et a le droit de vote, va voter Syriza5, pour que ça change, justement. Parce qu’une révolution spontanée et populaire, maintenant, ça paraît difficile : Les gens ont leur voiture, leur maison…disons qu’ils ont encore assez à perdre pour ne pas se mouiller…Avant, mon mari votait KKE, mais là, ils se sont montrés en dessous de tout. Ils ne veulent pas se rassembler. Pourtant ça urge ! Ce chômage et cette précarité, c’est une vraie plaie. »

Manolis renchérit :« Y’a pas à dire, le chômage, c’est la plus grande plaie. Maintenant le problème, c’est plus de savoir si tu vas aller manger un soir à la taverne ou pas. C’est de savoir comment tu vas manger tout court. Quoique tu fasses, tu as toujours plus de dépenses que ce que tu avais prévu.Tu sais, nous les anciens, nous avons honte, parce que nos enfants, qui ont appris la culture du crédit et ont été habitués à avoir tout et tout de suite, nous montrent du doigt. Ils disent que nous avons voté pour des escrocs et que nous les avons élevés dans le mensonge. Et nous, à l’époque, nous croyions que nous faisions ce qu’il était juste de faire. Nous croyions suivre le modèle de nos parents, qui, dans l’après-guerre ont essayé de nous donner quelque chose pour que nous vivions mieux qu’eux. « Tout le monde peut être propriétaire », qu’ils avaient dit. Et nous on y a cru, ç’avait l’air magique. Nous nous sommes dits que grâce à ça, nos enfants vivraient mieux que nous. On s’est bien fait avoir !

La déception a été si grande qu’aujourd’hui beaucoup de grecs ne croient plus en la démocratie. Ils ont l’impression (et on ne peut pas dire que ce ne soit qu’une impression), qu’ils n’ont pas choisi ce qui leur arrive. En fait c’est un peu plus compliqué que ça. Je crois qu’il existe autant de démocraties qu’il existe de citoyens qui y participent. A cela s’ajoute que chaque parti politique, du moins en Grèce, a encore sa propre vision de la démocratie.

Tu sais, en général, ton ami c’est celui qui est capable de te dire ce que tu fais de mauvais, pas celui qui te flatte. Ben tu vois, l’Etat grec a été un très mauvais ami pour nous.

Malgré tout, la démocratie reste pour moi quelque chose de très important. Le vote, c’est l’occasion de montrer ce qui ne va pas. Si tu ne le fais pas, tu laisses le choix de ton avenir à d’autres. Le vote est une réaction, il doit défendre nos intérêts.

Moi, avant la crise je votais pour le PASOK6. Mais là, depuis qu’ils ont voté les plans d’austérité, je vote pour le Syriza. Maintenant, nous dépendons plus que jamais de la scène internationale. Or, on dirait que le programme mondial, c’est de faire les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Ils ont tué la production en Grèce, et maintenant on importe des produits tout prêts qu’on paye beaucoup plus chers, et à cause de ça on a supprimé des millions d’emplois. Les prix grimpent en même temps que le chômage. Il y a quelque chose qui ne va pas. De toute façon, on a commencé à sentir les effets de l’inflation dès l’euro. Beaucoup de produits ont décuplé, pas nos salaires. L’argent au noir, les activités non déclarées n’ont pas arrangé le pays. Et tout cela reste impuni. Pour moi ce sont des criminels. A cause d’eux on ne vit plus, on survit. Il y a encore trente ans on avait un système très familial. On fonctionnait de manière à la fois classique et solidaire. La culture des « parees7 » qui sortent dans les tavernes est venue après. Mais par nécessité on commence à revenir à l’ancien système. Les enfants retournent chez leurs parents pour payer moins de loyer, on ne mange plus au restaurant. Si on mange dehors avec les amis, c’est sur la plage ou dans n’importe quel lieu ouvert et gratuit et chacun amène quelque chose de chez lui, comme on fait nous à Kalamaki.

Pour les transports c’est pareil, on recommence à prendre le tram, le bus, le métro. On prend conscience de tout ce qu’on utilise de superficiel (portable, voiture…) Le problème, c’est que ce monde nous a créé des besoins, que nous avons de plus en plus de choses à payer et de moins en moins d’argent.

Mais je ne voudrais pas terminer là-dessus. Enregistre ça : nous autres grecs, nous sommes peut-être dans la détresse financière comme nous ne l’avons jamais été, mais nous avons quelque chose que vous n’avez pas dans les autres pays. Tu dois comprendre que le grec ne supporte pas de rester enfermé. Dès que le temps le permet, il sort prendre un café. Le lieu où on vit implique ça. Le plus souvent le temps est estival. Quand tu es dehors tu te sens libre et tu profites mieux de la vie. Je crois que les autres pays d’Europe nous jalousent pour ça, parce que même si nous avons moins d’argent, nous sommes plus libres. Avec rien, le

monde nous appartient. Ce que les autres pays voient à la télé, nous, nous le vivons au quotidien. Nous sommes plus habitués qu’eux à vivre en société, nous parlons plus facilement avec les autres, même si nous ne les connaissons pas. Il faut dire que la vie à l’extérieur nous sociabilise. L’extérieur te nourrit plus (psychologiquement et socialement) que la nourriture que tu as dans l’assiette.

Et puis nous avons la musique aussi. La musique grecque, il faut que tu le saches, va toujours avec la danse. La danse c’est l’expression de l’âme, des sentiments et du corps.

Tu devrais voir comment se passe un premier mai classique en Grèce. Rien qu’ici à Kalamaki, tiens ! Les grecs mangent, boivent, chantent et dansent dehors. Le peuple devient un avec la nature. Le principal c’est de se réjouir et de se réjouir ensemble. C’est un peu notre façon à nous de remercier nos beaux printemps grecs. L’extérieur c’est tout un mode de vie.

Les rébétadika8 n’ouvrent que l’hiver. Tu ne t’es jamais demandée pourquoi ? Et bien c’est une manière de continuer à vivre en société malgré l’hiver. Et tu vois, je n’ai pas peur d’affirmer que la joie, le plaisir, l’art de passer du bon temps, c’est dans le sang des grecs. Je vais même te dire, ici en Grèce, nous avons la règle des cinq « φ9 » : « φίλε, φαέι, φέρε φίλους, φύγε ! » « Ami, mange, amène des amis et repars ». En fait la grande différence entre vous et nous c’est que nous avons le temps, celui des orientaux, propre à la contemplation et au savoir être ensemble et celui de notre beau ciel grec. »

Irini, qui hochait la tête en signe d’approbation intervient : « Enregistre ça : La crise est dure, mais au final, la vie est belle » Manolis agite les mains : « Non, corrige ! Nous, grecs, nous faisons nos vies belles, en dépit de toutes les agitations du monde. »

Oui, il y a quelque chose de changé depuis la crise, même sur les belles plages grecques. On y côtoie désormais l’angoisse du lendemain, angoisse propre aux peuples des pays de grisaille. Pourtant, une force paisible veille, inébranlable, par delà le temps. Celle d’un peuple qui toujours sut célébrer la vie, et rendre hommage à la beauté ; un peuple qui, même dans les plus dures des circonstances, toujours chérit la lumière et aima son temps.

1 « Bande », « groupe » ; pas d’équivalent exact en français.

2 Littéralement « Aube d’or ». Parti d’extrême droite néo-nazi

3 Littéralement « Peuple ». Parti d’extrême droite qui se revendique modéré

4 « Il faut de la mesure en toute chose »

5 Parti de gauche grec, à peu près équivalent du front de gauche en France

6 Parti socialiste grec

7 « parea » au pluriel. Ibid note 1

8 Etablissement où l’on peut manger, boire et écouter du rébètiko, musique traditionnelle grecque, interprété par des musicien installés sur une minuscule scène au milieu des clients, appelée « palko »

 

9 Prononcer « fi » (lettre « f » en grec)

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 00:46

Mélenchon, un « opportuniste » selon Christine Pina?!

Vidéo- Mélenchon pète un plomb

L’heure de vérité est imminente. Crédité de plus de 13%, le candidat du Front de gauche grimpe dans les sondages, au point d'apparaître comme le « troisième homme » de ce premier tour. Un outsider qualifié « d’opportuniste » par Christine Pina, spécialiste de l’extrême gauche et maitre de conférences en science politique à l’Université de Nice. 

« Un entrepreneur de cause personnelle ». Christine Pina ne mâche pas ses mots à l’égard du tribun Jean Luc Mélenchon. « Sa position au PS n’était pas assurée, il a alors choisi de créer son propre parti », explique la spécialiste de l’extrême gauche. L’ancien professeur de français en lycée technique n’a en effet jamais pu briguer les plus hautes fonctions, hormis un poste de ministre de l’enseignement supérieur, de 2000 à 2002. Une raison pour abandonner ses amis socialistes ? Christine Pina en est persuadée : « En 2008, il a profité de l’affaiblissement du PS pour former sa propre famille politique, le Front de Gauche ». Et désormais à l’extrême gauche, Jean Luc Mélenchon est le seul à tirer son épingle du jeu, bénéficiant du retrait du « phénomène » Olivier Besancenot du Nouveau Parti Anticapitaliste et d’Arlette Laguiller de Lutte Ouvrière. « Philippe Poutou du (NPA) et Nathalie Artaud de (LO) n’ont que très peu de visibilité », souligne Christine Pina. 

 

« Révolutionnaire d’un soir »

Un opportunisme politique qui se traduit par un opportunisme idéologique… « Ce n’est pas un trotskiste mais un social-démocrate populiste et révolutionnaire d’un soir, on est loin d’une logique communiste », estime Christine Pina. Selon la maitre de conférences, Jean Luc Mélenchon bénéficie du contexte économique toujours aussi incertain. « A cause de la crise, les candidats de l’UMP et du PS sont prudents. Il n’y a pas de grandes envolées sur un changement profond de la société », explique la politiste. La frilosité des candidats dominants a donc été une aubaine pour le tribun. Un créneau dans lequel s’est engouffré le candidat du parti de Gauche. « Ça a libéré un espace d’utopie pour d’autres candidats sur lequel Jean Luc Mélenchon a fait sa campagne », précise-t-elle. « Proposer d’augmenter le SMIC ou d’envoyer en prison les banquiers » sont, selon la chercheuse, des idées qui relèvent surtout d’une « gauche sociale populiste ». Mais qu’on ne s’y trompe pas, aux yeux de Christine Pina, ces meetings en plein air, si chers à Jean Luc Mélenchon, ne sont pas organisés dans le but « se sentir plus proche du peuple », non. Christine Pina plante sa dernière banderille : « c’est simplement parce que c’est moins cher ! »

 

Erwan Rousseau

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 14:20

Le ministre de la Culture du gouvernement de la Généralitat de  Catalogne, Ferran Mascarell, sera présent à la nuit des prix littéraires en catalan dite "Nit de de Sant Jordi" http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-catalanite-lundi-30-avril-23eme-nit-litteraire-de-sant-jordi-par-omnium-cultural-103500363.html.

De même que 4 joueur de l'équipe première de l'USAP. La fréquentation de "l'élite politique" de Catalogne nord est fonction de la hauteur des représentants du gouvernement autonome de Catalogne, où qu'il y ait des élections locales (on est toujours à quelques % , et il y a des jours où l'on se sent plus catalan que d'autre!). Là, avec le conseiller à la culture peut-être que messieurs Alduy et Pujol feront plus que passer à l'apéro. En 2002, il y avait tout le monde (on était à l'entre deux tours des présidentielles, Le Pen pére avait passé le premier tour, la tension était palpable) Jordi Pujol (l'historique président de la Généralitat link) s'était déplacé, et du coup "tothom" était venu aussi. Jordi pujol avait déclaré solennellement à propos d'un front national qui se retrouver en posture de prendre le pouvoir suprême (dumoins le croyait-on) : " le France ne peut pas faillir!" . Ce jour là aussi un Jean-Paul Alduy, Maire ému (élu) aux larmes, lui remit une aquarelle du canigou , qu'il avait peinte ,disait-il, depuis sa terrasse! 

Verra-t-on donc, des Ségolénes Neuvilles (qu'on ne voit pas plus à la place Cassanyes, qu'à la nit de Sant Jordi hors élections), des Jean Castex, candidats aux législatives chanter avec nous "Ells ségadors" (hymne de la Catalogne) ou enfiler les lunettes 3D pour voir le libdub pour le catalan (record modial agréé) en relief?

http://www.elpuntavui.cat/noticia/article/5-cultura/19-cultura/533037-ferran-mascarell-a-perpinya-pels-premis-literaris-de-la-nit-de-sant-jordi.html



 

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 11:24

Photo0245.jpgGildas Girodeau, Gille Delpapas dédicaçant place Cassanyes Perpignan

Gildas Girodeau a eu l'idée -sans rien me dire, le con- de faire de moi un personnage de polar. Nicolas Caudeville m'a téléphoné peu de temps avant la Sant Jordi  pour me dire  -en se foutant de ma gueule- qu’il avait bien aimé mes aventures avec Yarnald Colom dans le roman  « La Paix plus que la vérité ». Vu que souvent je ne sais pas de quoi il parle, Caudeville, quand il m’appelle -le matin, au milieu d'un week-end ou à un moment où le journalisme n'est pas exactement ma priorité- je n'ai pas fait trop attention. Mais comme je suis lecteur compulsif de polars, j'ai fini par tomber sur ce bouquin de l'éditeur « Au-delà du raisonnable » et constater comment l’auteur et son imagination avaient fantasmé sur cet Aleix du « Punt Diari ». À vrai dire -en dehors de détails tels que le grand bureau et le poste de direction qu’Aleix a dans le bouquin- Gildas Girodeau a bien su choper le personnage, sans me connaître personnellement si ce n’est un café pris ensemble il y a un an. Maintenant oui, on se connaît, puisque l'auteur et le personnage ont partagé ensemble la Diada de Sant Jordi à deux reprises. A Perpignan (où ils s’arrangent pour ne jamais faire la fête du livre et la rose quand il le faut) et à Gérone.

000gildas.jpgAleix Renyé et Gildas Girodeau au siége du Punt à Gérone

A Perpignan Gildas Girodeau et le l’auteur marsellais Gilles Del Pappas ont signé ses polars place Cassanyes. C'était la première Sant Jordi au quartier populaire de Sant Jaume. Jusqu'à présent les organisateurs de la Sant Jordi à Perpignan –municipalité, associations catalanistes ou éditeurs- ne s’étaient jamais aventurés dans ce quartier par crainte, négligence ou élitisme. Ce sont les voisins et commerçants de la place Cassanyes qui ont organisé. Signatures de deux auteurs de polar, échange de livres, atelier d'écriture ... Un grand bravo pour les initiateurs de ce Sant Jordi au milieu de gitans, arabes, amazigs, français et catalans qui peuplent le quartier de Sant Jaume, où la culture des «caps tibats que se la guarden » n’arrive jamais. Je tenais à être là en tant que journaliste et citoyen, la première Sant Jordi a Cassanyes.

Succès total. Et comme dit dans l'interview à El Punt Avui Gildas Girodeau  « avec l'auteur Del Pappas nous avons rencontrés des gens géniaux, sympa et au grand cœur. Bien loin de la mauvaise réputation du quartier. »

 

Le vrai jour de Sant Jordi, le 23, les deux auteurs étaient à Barcelone et Gérone. Gildas pour signer un de ses titres traduit en catalan par Curbet edicions « Deliri Nuclear » et Pappas pour partir à la découverte de cette fête catalane étrange du livre qui étonne tous les auteurs qui ne la connaissent pas. Profitant de la présence de l'auteur à Gérone -ville où se déroule en grande partie le roman dans lequel Girodeau m’a enrôlé- lui et Del Pappas sont venu visiter le siège et la rédaction du journal El Punt Avui, bien présent aussi dans le bouquin . Lisez « La Paix plus que la vérité », vous allez peut-être découvrir des choses sur le passé récent de la Catalogne qui vont vous étonner. Et, s'il vous plaît, soyez indulgents avec le personnage qui porte mon nom.

Photo0250.jpg

Nicolas Caudeville, Gille Delpapas, Gildas Girodeau à la librairie torcatis, Perpignan

http://blogs.elpunt.cat/aleixrenye/2012/04/24/polars-a-la-placa-cassanyes/

http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-perpignan-litterature-sant-jordi-torcat-off-a-la-librairie-torcatis-interview-de-l-ecrivain-gilda-103603048.html

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 10:21

http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-interview-de-montserrat-biosca-en-fran-ais-et-en-catalan-par-nicolas-caudeville-49151479.html

La traditionnelle remise des prix du dîner littéraire Nuit de la Sant Jordi, se tiendra cette année le lundi 30 Avril à partir de 20h ..

Divers prix seront distribués lors de ce gala dans les sections d'essais, de poésie, de fiction pour enfants, les jeunes écrivains et des articles de presse. La nuit sera présenté et dirigé par Pére Manzanares et le chanteur Miquel Pujado animera la soirée. Le dîner sera préparé par le Clos  des Lys.

La Nit de Sant Jordi, qui est dans sa 23ème année, est organisé par Omnium Cultural Catalogne du Nord. Les entités participantes dans le financement de ces prix sont La  Casa de la Généralitat, l' IEC, le Conseil général, la ville de Perpignan et Omnium Cultural.

Le prix de la soirée est de 40 €.

Reservations jusqu'au 20 par courrier a Òmnium C.N., 23, av. del Liceu 66000 Perpinyà

Informacions: 04 68 73 05 19 voir http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-omnium-cultural-nit-de-72706026.html et aussipour la cuisine:http://loeildupharynx.over-blog.com/article-interview-de-franck-seguret-par-nicolas-caudeville-48743500.html

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 10:16

Je ne veux pas, systématiquement, chercher la petite bête , mé cammmemes . Déjà bien entamée la campagne électorale pour la présidence de la République (écrit ainsi dans l’article en catalan, vu qu’il y a une différence essentielle de concept entre república et République) et au moment d’apprécier –en tant que journaliste et citoyen électeur- les différentes candidatures, il y a quelque chose qui saute aux yeux,  l’exception et le particularisme nord-catalan dans la quasi totalité des formations politiques. Presque tous les partis français ont, en Catalogne Nord, des dirigeants qui disent et font le contraire de ce que son parti et son candidat affirment  officiellement au sujet de la défense de la langue et de l’identité catalanes.
Le cas le plus flagrant c’est celui du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, exemple presque caricatural du jacobinisme de gauche dans son refus à toute reconnaissance officielle d’autres langues hormis le français dans la République http://blogs.elpunt.cat/aleixrenye/2012/02/22/quand-on-aime-la-france-on-ne-propose-pas-de-ratifier-la-charte-des-langues-regionales/ ). Celui qui mène la campagne de Mélenchon en pays catalan c’est Nicolas Garcia, maire communiste d’Elne. 
Oui, Elne, la ville nord-catalane où la politique linguistique en faveur du catalan est des plus courageuses, avec des relations humaines et institutionnelles constantes avec la Catalogne du sud autonome, avec des programmations culturelles bien catalanes, avec la défense du patrimoine, la maternité d’Elne étant un exemple… http://www.elpuntavui.cat/noticia/article/5-cultura/19-cultura/498558-cicle-de-cinema-en-catala-a-elna-argelers-i-cabestany.htmlhttp://www.elpuntavui.cat/noticia/article/2-societat/5-societat/423935-elna-i-la-generalitat-de-catalunya-homenatgen-elisabeth-eidenbenz.html

Dans le cas du Partit Socialiste c’est bien le contraire. Le candidat François Hollande se montre favorable à la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires, même s’il se croit dans l’obligation de dire que l’unique langue officielle est et sera le françaishttp://www.languesregionales.org/Francois-Hollande,221?lang=fr .Son plus grand représentant dans le Languedoc-Roussillon, le président Christian Bourquin,a fait  une déclaration en la matière en qualifiant de fadas les responsables universitaires et politiques nord-catalans qui développaient des relations transfrontalières avec les comarques de Girona. http://www.elpuntavui.cat/noticia/article/3-politica/17-politica/512226-bourquin-creu-que-cal-ser-fada-o-tocat-de-lala-per-girar-se-cap-a-girona.html Des déclarations pour affirmer son opposition, tout particulièrement, au caractère de plus en plus pancatalà de l’université de Perpignan Via Domitia.

Avant d’être président de la région Languedoc-Roussillon -et sa surprenante reconversion sur les traces de son maître Georges Frèche- quand il était à la tête du département des Pyrénées Orientales, Bourquin a quand même soutenu la Charte pour la défense du catalan http://www.cg66.fr/202-charte-en-faveur-du-catalan.htm

Un autre cas spectaculaire de discours totalement opposé entre le candidat à la présidence et son représentant nord-catalan c’est celui de Nicolas Sarkozy. Pour l’actuel président de la République, “qui aime la France ne peut pas être pour la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires”. Il l’a dit clairement le19 février à Marseille, lors d’un meeting de pré campagne. http://www.apiazzetta.com/Sarko-e-e-lingue-regiunali_a1276.html
Le leader du partit sarkozyste UMP en Catalogne Nord, le maire du Soler François Calvet, dit et agit de manière totalement contradictoirehttp://www.elpuntavui.cat/noticia/article/3-politica/17-politica/509666-sense-estar-lligada-a-girona-i-barcelona-la-universitat-de-perpinya-desapareixera.html. Sa municipalité accueille école et collège de la Bressola. Il rencontre le président catalan de la Generalitat Artur Mas afin de négocier des accords électoraux entre l’UMP et la section nord-catalane de son parti catalaniste CDC http://www.elpuntavui.cat/noticia/article/3-politica/17-politica/517327-cdc-saliara-amb-la-ump-a-la-catalunya-nord.html et il déclare même que “dans une future Europe fédérale  la Catalogne, nord et sud, seront réunifiés” http://www.catalunyanord.cat/.

En théorie, la candidate la plus favorable à l’officialisation des langues dites langues régionales c’est la candidate écologiste d’Europe Ecologie Les Verts, Eva Joly, qui dans son programme va jusqu’à parler de co-officialité. Elle a été accusée par l’UMP, d’ailleurs, de vouloir «disloquer la France» lorsque l’année dernière elle a déclaré qu’elle défendrait l’“autonomie et la réunification” pour les basques et les catalans http://www.elpuntavui.cat/noticia/article/3-politica/17-politica/448755-eva-joly-acusada-per-la-ump-de-voler-dislocar-franca.html . Joly a participé en septembre dernier a l’université d’été de Régions et Peuples Solidaires (RPS), une coalition de neuf partits “régionalistes et autonomistes” où ont adhéré les sections nord-catalanes de CDC et d’ERC.

Agnès Langevine, porte-parole d’Europe Ecologie Les Verts en Catalogne Nord n’a pas démontré publiquement, depuis les années qu’elle fait de la politique, que ce thème la préoccupait particulièrement. Et les partis catalanistes qui, en principe, au travers de la coalition RPS, devraient faire campagne pour Eva Joly se taisent. Ils ne se mobilisent pas, ne bougent pas. L’indépendentiste ERC (Esquerra Republicana de Catalunya) a déjà annoncé l’été dernier qu’ “avec l’expérience que nous avons avec les Verts de Catalogne Nord nous ne pouvons pas leur faire confiance”. Et l’autonomiste CDC (Convergència Democràtica de Catalunya) est, comme nous l’avons dit plus haut, en négociations

pour les prochaines élections nord-catalanes avec l’UMP sarkozyste.langues régionales. Que je sache -si je ne me suis pas perdu dans cette soupe de lettres et nuances politiques- le partit UC ne soutient pas officiellement Bayrou, mais son secrétaire général Brice Lafontaine oui. http://bricelafontaine.blog.cat/2012/02/12/el-meu-suport-al-candidat-bayrou/
Je clôturerai cette liste de candidats avec le trotskiste du NPA Philippe Poutou qui se déclare aussi favorable a l’officialisationhttp://www.languesregionales.org/-Philippe-Poutou,246-?lang=fr , position qui n’est guère surprenante sachant qu’en tant qu'émanation de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) elle défend depuis toujours le droit à l’autodétermination des peuples, à l’intérieur et à l’extérieur de l’hexagone.
Les autres candidats, marginaux, n’en parlent pas. Et pour Marine Le Pen c’est moi qui n’a pas envie d’en parler.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 12:42

Suite à un article précécédent révélant que Christian Bourquin et Jean-Paul Alduy ont donné leurs autorisation pour l'installation de grande éoliennes sur le belvédére de "Força réal" http://www.larchipelcontreattaque.eu/article-ecologie-po-bourquin-et-alduy-favorables-a-l-installation-d-eoliennes-defigurant-le-paysage-a-for-103102754.html, de nombreuses personnes nous ont interrogé sur la véracité de l'information, compte tenu que l'article était signé du pseudonyme "l'ours des ruchers de Cerdagne" . Pour Appuyer son précédent article"l'ours" nous a envoyé ce documents, les citoyens jugeront....

Eoliennes-Forca-Real---Avis-favorable-CG.jpg

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 15:02

Une fois n’est pas coutume, les deux meilleurs ennemis-amis de la politique catalane se sont entendus pour une décision assez étonnante : l’installation d’éoliennes au pied du belvédère de « Força Réal » !

Les nouvelles éoliennes vont donc défigurer un des plus beaux paysages du département (voir photo du projet ci-dessus) grâce à la complicité entre le socialiste Christian Bourquin qui avait donné un avis favorable alors qu’il était encore Président du Conseil Général, et le Président de l’Agglomération de Perpignan Jean-Paul Alduy alors qu’il était encore UMP…

Peut-on parler d’écologie quand on valide des immenses éoliennes qui vont gâcher la vue de toute la plaine du Roussillon ?

Peut-on parler d’intérêt général quand on pousse un projet ayant obtenu l’avis négatif de deux communes concernées (Baho, Corneilla de la Rivière), de Météo France, de l’Institut qui gère les AOC, et surtout de l’inspecteur instructeur chargé de l’enquête publique ? 

Et pourtant, sous couvert de la volonté commune du Baron Christian Bourquin et du Marquis Jean-Paul Alduy, le Préfet vient de valider cette décision absurde.

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 09:46

“Quand elle est régie par des rapports de production capitalistes,l’histoire est comparable à l’action inconsciente de l’individu qui rêve :elle est certes faite par les hommes, mais sans plan ni conscience,pour ainsi dire comme dans un rêve.” Rolf Tiedemann

 

MYTHOMANIE OU MYTHOGRAPHIE ?

Dans la société du rêve, chaque destin se voit affublé d’un capital mythographique. Chacun a son histoire et toutes se valent. Le récit se nourrit de la participation de ses personnages et de leur capacité à faire valoir un itinéraire dans la narration. Le récit maintient les personnages dans une égalité rêvée. La consommation devient aventure, l’acte d’achat - une communion au mythe de la marque. Les problèmes eux-mêmes sont mythologisés, ce qui permet d’éviter d’avoir à regarder en face les phénomènes qui sont critiqués comme participant de la crise du capitalisme, ou de présenter cette société du rêve qu’est devenu le capitalisme sous une forme si dénaturée que la critique favorise finalement une complaisance parasitaire à son égard.

 

L’INVENTION DU METASILENCE

Le storytelling redécouvre le mythe en tant que structure fondamentale permettant à l’homme d’agir sur le monde et de rassembler les éléments nécessaires à la construction de son point de vue, mais à la différence du mythe, il cesse d’être parole. Si le mythe est un métalangage, le storytelling est un métasilence, c’est-à-dire un silence qui nous parle de notre incapacité à formuler des projets véritables, car, en définitive, ce recours systématique aux supposés bienfaits du récit est un leurre, une « stratégie de Schéhérazade » qui vise à gagner du temps.

 

LA FORME D’OUBLI DU MENSONGE

 

L’opacité des grands mythes hérités de l’Histoire se reconstruit dans le plein jour des petites histoires liées à nos croyances ultramodernes. Quand tout devient mythe, du baril de lessive au burger en passant par une galaxie d’objets, de marques et d’egos reboostés au récit de leur illusoire unicité,tout devient alors vérité, le mythe n’étant plus lui-même que la forme d’oubli du mensonge.

Le pouvoir qui se voit réduit dans son exercice à faire adopter des décisions techniques prises par des instances extra-démocratiques, voire extranationales a trouvé dans la pensée narrative un moyen d’administrer ses propres vacances. Dés lors, l’activité pseudo-décisionnelle de l’état sera scénarisée, tout comme la vie de ceux qui ont été élus pour gouverner à l’intérieur de leur propre récit. Il est à cet égard assez significatif que le storytelling ait fait son apparition aux Etats-Unis sous la présidence d’un ancien acteur d’Hollywood, ce fait autorise les gourous du storytelling à nous faire croire qu’ils pouvaient faire élire à la Maison Blanche n’importe quel homme, pourvu qu’il sache raconter des histoires ou les interpréter.

 

DANS NARRATION, IL Y A NATION

Le rêve américain n’est sans doute que l’assemblage des success stories d’hommes et de femmes exemplaires, élevés au rang de légendes, dont les noms clignotent comme des enseignes entre deux rangées de gratte-ciels. Ceux-là ont créé leurs propres récits. Ils ont vendu leurs marchandises dans un embalage de rêves grand public. Ils sont devenus des marques ou ont marqué leur temps. Dans un pays où le récit s’est emparé, à tous les niveaux de la vie sociale, de l’imaginaire individuel et collectif, un homme sans histoire a en effet peu de chance de se faire entendre et d’être élu. L’horizon du récit américain, c’est la nation de tous les possibles, où l’émigré va pouvoir, chapitre après chapitre, vivre et se raconter. Peu importe le destin. C’est le récit qui compte. Un destin qui ne se raconte pas est improductif. Ce qui fonde la légitimité d’un récit, à notre époque, c’est sa valeur d’usage : le récit doit servir un profit, une plus-value de narration qui tend à devenir monnaie.En dépit de son inscription très marquée dans le temps présent, l’imaginaire du storyteller n’est pas très éloignée de celui du mage-lieur. Sa conception du pouvoir est éminemment magique. Il en va des entreprises et des nations comme des hommes. Après l’Histoire, les états-nations ont compris qu’ils devaient se raconter pour être. Les Etats-Unis, ont inventé en ce qui les concerne, l’état-narration. Devenir américain, c’est entrer dans une légende.Réalise socialement le rêve américain, celui qui le réalise au sens hollywoodien du teme, c’est-à-dire celui qui le met en récit au moyen de sa propre réussite,en dirigeant ainsi le rêve des autres.

 

LA REALITE COMME ENJEU DE POUVOIR

 

Historiens, juristes, pédagogues, physiciens, économistes, psychologues…

Aujourd’hui, chacun veut mettre en récit sa participation au monde avec l’intention plus ou moins déclarée de constituer ainsi une réalité. Chacun y va de sa petite histoire en espérant augmenter sa propre crédibilité et peu importe si ces récits juxtaposés deviennent un substitut aux faits et aux arguments rationnels. Il y a une prime à l’émotion pour celui qui sait raconter la bonne histoire au bon moment. Bien plus que s’assurer une prise sur le réel, cette gymnastique est présentée dans les manuels de storytelling comme l’une des clefs du pouvoir. Scénariser la réalité selon ses propres désirs, voilà le grand fantasme à une époque où l’avènement du jeu célèbre dans ses fictions nos qualités de personnages, en endormant, sur le plan de la consistance, notre vitalité de citoyens. La « story » n’est aucunement philanthrope. Elle vise à nous convaincre, à orienter, à diriger nos actes.L’émotion qu’elle véhicule ne vise aucune libération. Ainsi notre réalité apparaît comme un champ de bataille où s’affrontent des récits concurrents.Dans ce contexte, l’efficacité d’une « story » se mesure au nombre des personnages qu’elle annexe. Est réelle et mythique l’histoire qui sait émouvoir et soumettre le plus grand nombre de personnages.

 

LA COMMUNION NARRATIVE

Après la grande purge des utopies du siècle précédent, notre société est aujourd’hui prête pour une reconfiguration des croyances. Nombreux sont ceux qui entendent répondre à la prétendue quête de sens de nos contemporains en lançant leurs nouvelles campagnes de rédemption. Les nouveaux récits conduisent les individus « égarés » dans un monde indéchiffrable à s’identifier à des modèles simples tout en se conformant, sur le chemin de la conversion, aux protocoles émouvants imposés par leurs maîtres. L’émotion elle-même devient l’objet d’un management décomplexé.

Le nouveau sujet du capitalisme peut bien afficher son âme, puisque l’on reconnaît de prime abord les souffrances de son « moi émotionnel » Là encore, grande découverte du marketing : les consommateurs sont des êtres sensibles et l’on peut stimuler efficacement leurs émotions par une histoire pour déclencher un acte d’achat ou une adhésion inconditionnelle de leur part. A cette insistante question de la quête de sens, les storytellers ont trouvé une réponse d’une étonnante modernité : la communion narrative. La société entière est prête à communier au récit, puisque les individus qui la composent ont intégré malgré eux et depuis longtemps les schémas et les usages du marketing jusque dans leur vie intime.

Nous communions au récit de notre propre dissolution dans la trame d’une intrigue qui nous assigne un rôle de figurants en nous faisant croire que nous sommes acteurs. Nous faisons corps avec la machine narrative et la réalité que nous consommons dans les medias n’est qu’un plan ajouté aux histoires qui nous bercent. Nous communions au récit et nous sommes communiés, car nos corps et notre sang alimentent ce récit, sans lesquels la vraie vie ne serait qu’une réalité froide, c’est-à-dire une survie éloignée de la chaleur des projecteurs. Le récit devient anthropophage quand nous devenons incapables de lui opposer nos rêves, et de les assumer sans nous raconter d’histoires. Il y a déréalisation quand les récits se contaminent et se confondent, quand ma vie entre dans la série télévisée et inversement, quand la langue dans laquelle je me raconte n’est plus la mienne, mais celle du récit qui me mange.

 

LA POSSIBILITE D’UN ANTI RECIT

Grande catégorie de la connaissance pour Roland Barthes, le récit, dans l’utilisation abusive qu’en fait le storytelling, est aussi une arme d’ignorance massive qui peut autoriser toute incursion dans le réel. La réalité elle-même,écrasée sous un empilement d’histoires, n’est plus directement perceptible.Le récit tel que le conçoit Jorge Luis Borges à l’ère de la littérature, doit être considéré dans son économie propre et contient sa part de réalité. Au sortir du récit borgésien, l’effet de mise en doute de la réalité autorise un dialogue avec les formes environnantes, ce que ne permettent pas les certitudes confortables que nous suggèrent habilement les récits dominants à l’ère du storytelling. La réalité est aujourd’hui vécue comme danger tant qu’elle échappe au scenario qu’on lui destine. Pierre Macherey, dans sa théorie de la production littéraire, explique que « tout récit, dans le temps même où il est formulé, est la révélation d’une reprise contradictoire de lui-même » Libérer la réalité de la pollution des mythes contemporains et des marques auxquelles ils sont assujettis, revient à chercher dans les entreprises narratives du storytelling le négatif du scénario, c’est-à-dire de remonter le cours du récit jusqu’aux mobiles du scénariste, ou plus loin encore, dans ceux du producteur. Borges, dans son art, ne se contente pas de tracer la ligne d’un récit. Il en marque la possibilité même, presque indépendamment de sa qualité d’auteur, tant et si bien que l’on a pu mettre en doute son existence, mais pas celle de ses récits, lesquels contiennent explicitement leur propre critique, ce que n’autorise jamais le storytelling qui stimule, dans ses enchaînement narratifs, des émotions sensées être utiles.

 

RECIT LIBERATEUR VS EXPERIENCES TRACEES

Le seul récit qui mériterait le rang de mythe serait, dans l’idéal, celui qui nous libérerait de nos propres histoires, c’est-à-dire de nos mensonges, des fictions rassurantes qui nous empêchent de vivre véritablement le caractère dérisoire et vain de notre présence au monde. L’autre danger majeur que représentent ces fictions, c’est la simplification abusive qu’elles véhiculent, quand il s’agit d’appréhender l’inquiétante complexité de notre environnement. Que le storytelling soit utilisé par les psychologues pour guérir des traumatismes, cela peut se concevoir ; qu’il prétende constituer une réponse à la crise du sens de nos sociétés, certainement pas. Ce serait oublier que nos sociétés se sont précisément construites sur cette perte de sens et qu’elles procèdent elles-mêmes d’une rupture avec les grands récits du siècle dernier. Le récit instrumentalisé dans la conquête du pouvoir est de sinistre mémoire et l’argument de la quête du sens a déjà été utilisé par les entreprises les plus insensées dans des temps de crise antérieurs aux nôtres. Que nous fantasmions un monde simplifié « profitera » plus sûrement aux acteurs de la complexité contemporaine qu’à nos petites entreprises désintéressées. Le storytelling ne propose rien de plus qu’un retour à la propagande et à la désinformation, mais avec l’efficacité redoutable de méthodes rodées dans le marketing et le management, à l’appui de ce que Christian Salmon appelle « des expériences tracées », c’est-à-dire des conduites soumises à protocoles d’expérimentation qui nous transforment inévitablement en sujets.

LA SOCIETE DU REVE

La société du rêve est paradoxalement privée de ressources pour s’imaginer un avenir ou un présent. Elle rêve le rêve avec une inquiétante constance. C’est une société qui, faisant face à ses propres désillusions, voudrait encore les fuir dans le sommeil… mais le rêve est un texte auquel elle n’a plus accès. Le storytelling est le rêve d’une société qui voudrait encore rêver, mais qui, n’en étant plus capable, se voit contrainte d’entretenir sa propre fiction pour survivre. Le storytelling est le rêve d’une société sans texte.

 

 

 

Les photos sont des captures d'écran de bfmtv.com que j'ai réalisées sur mon ordi durant l'affaire Mohamed Merah.

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