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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 17:29


 

5 /Des combats féministes et homosexuels au totalitarisme LGBT

Le discours postféministe s’appuie sur l’improbable rencontre des revendications du black feminism avec celles des homosexuels, bisexuels, et transgenres...).

En associant leurs luttes et en les mettant sur un même plan, on impose progressivement l’idée que le black féminism ne ressort pas du combat féministe mais de l’histoire du colonialisme, et que les LGBT n’ont rien à voir avec le féminisme essentialiste mais tout avec l’impérialisme hétérosexuel qui sépare les genres.

Après la « déconstruction » de l’héritage féministe soumis au micro-récit primitif de la faute du « mâle blanc hétéronormé », la lutte contre le patriarcat et la domination masculine a été remplacée par un combat contre l’hétérosexualité.

On peut mesurer l’écart entre le « féminisme historique » et le postféminisme à leur priorité. Le premier s’oppose frontalement à la domination masculine, et ses revendications, par-delà la reconnaissance d’une réelle égalité politique et économique avec les hommes, visent à une pleine et entière liberté du corps désirant. Chaque fois que le « féminisme historique » a engagé une lutte, elle a été dirigée contre l’ordre établi et un système social qui définit la femme comme dominée.

A l’inverse, l’ennemi principal du postféminisme n’est plus le système politico-économique fondé sur la domination masculine, mais le féminisme lui-même, et par-delà le féminisme, l’existence même d’un sujet femme.

Dès le début des années 1970, les militantes et militants du FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) ont revendiqué le droit de faire partie intégrante de la société. Mais ils refusaient de devenir un groupe minoritaire confinés aux seules limites de leur identité sexuelle et bénéficiant de droits civiques spécifiques. L’exact opposé des politiques identitaires et du communautarisme dont les gays, postféministes, queers et autres LGBT font de nos jours la promotion.

Comme une anticipation inversée de notre époque, deux militants du FHAR, Maës et Michel écrivaient : « Une lutte fratricide est à mener contre ceux d’entre nous qui auront refusé leur libération et préféré l’intégration dans la société bourgeoise. Cette dernière restera répressive de par sa construction, la présence immémoriale et oppressive de la cellule familiale (que les homosexuels ne recréent pas) avec son assujettissement à la reproduction, au pouvoir patriarcal et au mariage légal ».

Le mariage pour tous ne faisait pas partie du programme politique des membres du FHAR, qui voulaient en finir avec l’institution même du mariage. Nul doute que la location des mères porteuses leur aurait semblé une infamie capitaliste.

Un autre militant anonyme du FHAR observait : « Ce qu’on avait à dire était subversif : revendiquer notre homosexualité, c’était vouloir détruire les fondements essentiels de notre société patriarcale, mais c’était aussi redéfinir complétement les rapports entre les corps, car la sexualité dominante, hétérosexuelle et capitaliste, c’était le culte du phallus. »

De fin 1972 à février 1974, le processus de décomposition du FHAR allait préfigurer le développement du mouvement gay et le retour du culte du phallus dans ce qu’il peut présenter de plus réactionnaire et antiféministe.

L’arrivée massive de nouveaux militants masculins transforma le FHAR en lieu de drague et réduisit la libération sexuelle à la possibilité d’avoir des partenaires sexuels multiples.

Cette vision machiste de la sexualité et de l’amour qui revalorisait le pire de la domination masculine ne laissait plus aucune place aux femmes qui se sentirent dépossédées de l’organisation qu’elles avaient pourtant elles-mêmes fondée. Les Gouines rouges, qui reprochaient aux militants masculins leur mainmise sur le groupe, firent scission. Le FHAR ne survécut pas longtemps à leur départ. Le conformisme gay pouvait se développer et la haine des femmes prospérer avec.

Sur le modèle LGBT+, privilégier l’exception, et lui conférer un statut médiatique faussement rebelle, prête moins à conséquence que de revenir sur le sort des femmes et des homosexuels dans les pays dominés par l’intégrisme ; que de dénoncer la domination masculine qui se renforce dans les sociétés occidentales. Mais il est vrai que s’engager dans de tels combats peut conduire à de vrais changements.


 

Figures du féminisme révolutionnaire au XIXe siècle

Anna Wheeler 1785/1848 ou 1849

Elle fut une pionnière en matière d’égalité des sexes. Dans la continuation de Mary Wollstonecraft, elle dénonça la subordination des femmes et rejeta l’idée suivant laquelle l’infériorité de leur condition sociale serait « naturelle ».

En 1825, elle publia l’un des textes fondateurs du féminisme socialiste, « L’Appel de la moitié du genre humain, les Femmes, contre les prétentions de l’autre moitié, les Hommes, à les maintenir dans une situation d’esclavage politique, civil et domestique ».

 

Anne Knight 1786/1862

En 1847, elle réalisa le premier tract pour le droit de vote des femmes. Elle donna, en France, une série des conférences sur l’immoralité de l’esclavage. Elle participa à la révolution de 1848. Avec Jeanne Deroin, elle défia l’exclusion des femmes des clubs politiques. Elle critiqua les dirigeants de mouvements qui soutenaient plus la lutte des classes que celle des femmes.

En 1851, elle co-fonda, avec Anne Kent, l’« Association Féminine Politique de Sheffield », première association britannique à militer pour le suffrage des femmes.

 

Eugénie Niboyet 1796/1883

En 1832, avec des saint-simoniennes, elle participa au premier titre écrit intégralement par des femmes : « La Femme libre ». Elle se rapprocha du mouvement de Charles Fourier qui présentait le traitement des femmes comme « la mesure la plus vraie du progrès social ». Elle y rencontra Flora Tristan.

En juillet 1836, elle fonda « La Gazette des Femmes », en mars 1848, « La Voix des Femmes », le premier quotidien français féministe. Le journal était sous-titré « Journal socialiste et politique, organe des intérêts de toutes ».

Commentaire en voix-off :

Le 6 avril, « La Voix des Femmes » propose la candidature de George Sand à l’Assemblée constituante. Sand désavoue cette initiative et juge durement ces femmes qu’elle affirme ne pas connaître. La presse et les caricaturistes s’en prennent violement à Eugénie Niboyet et aux journalistes de « La Voix des Femmes ». La « réaction » médiatique est telle que le gouvernement décide la fermeture des clubs de femmes. Le 20 juin, Eugénie Niboyet, cesse la publication de « La Voix des Femmes », et les féministes se dispersent pour éviter la répression.

Notons que « Les Éditions des femmes » ont édité George Sand et Madame de Staël (connues l’une et l’autre pour leurs positions politiques conservatrices), mais aucune des figures historiques du féminisme révolutionnaire.

 

Flora Tristan 1803/1844

Reconnue pour ses enquêtes sociales et son incessant combat pour le droit des travailleurs, Flora Tristan fut également l’une des figures essentielles du féminisme au XIXe siècle.

En 1835, elle publia, « Nécessité de faire un bon accueil aux femmes étrangères », et rencontra Charles Fourier. En 1839, à Londres, elle poursuivit sa vaste enquête sur l’Angleterre industrielle, qu’elle définissait comme un nouveau modèle de civilisation où l’homme était sacrifié à la tyrannie du profit.

Elle proclama que l’honneur des prolétaires serait de promouvoir l’égalité de droits entre les hommes et les femmes, afin de mettre un terme à une exploitation qui faisait de la femme « le prolétaire du prolétaire ».

Commentaire en voix-off :

L’histoire personnelle de Flora Tristan nous fait comprendre son combat incessant en faveur du droit des femmes à divorcer.

À 17 ans, « ma mère m’obligea d’épouser un homme que je ne pouvais ni aimer ni même estimer. À cette union je dois tous mes maux ». Il la battait et l’humiliait. Elle le quitta. En réponse celui-ci enleva sa fille Aline et, en 1838, lui tira deux balles au pistolet dont l’une lui perfora le poumon et resta logée près du cœur. Le divorce étant interdit depuis 1815, la justice, « faute d’éléments probants » n’accorda à la jeune femme qu’une séparation de corps.

 

Jeanne Deroin 1805/1894

Ouvrière lingère autodidacte, elle rédigea en1831 un plaidoyer contre « la soumission des femmes ». En 1848, elle fonda avec Désirée Gay « La Politique des Femmes » : « journal publié pour les intérêts des femmes et par une société d’ouvrières. »

Elle se présenta comme candidate aux élections législatives de 1849. Proudhon, condamna cette candidature qu’il jugeait« excentrique », et jusqu’à George Sand qui l’estima « déplacée ».

Commentaire en voix-off :

Honoré Daumier, dans ses séries consacrées aux femmes (« Les Bas bleus », « Les Divorceuses » ou « Les Femmes socialistes » tournent en ridicule leurs aspirations au vote ou au travail et présentent l’émancipation féminine comme une catastrophe pour l’ordre domestique.

 

Jenny d’Héricourt 1809/1875

Elle joua un rôle public et actif pendant la Révolution de 1848, fondant avec d’autres femmes la « Société pour l’émancipation des femmes ».

Elle s’opposa aux théories des principaux philosophes sociaux de son époque sur l’infériorité féminine. En 1860, elle publia son principal ouvrage, « La Femme affranchie », réponse à MM. Michelet, Proudhon, É. de Girardin, Legouvé, Comte et autres novateurs modernes.

Elle y dénonçait « l’annihilation sociale de la femme », à savoir l’exclusion des femmes du travail, de la politique, de la citoyenneté et du droit à l’autonomie. « Mon but est de prouver que la femme a les mêmes droits que l’homme ».

 

Louise Franziska Aston 1814/1871

Vers 1845, Louise Aston se joignit à un groupe de jeunes hégéliens et rencontra Max Stirner. Pour formuler ses revendications radicales en faveur de l’égalité des sexes et du droit des femmes, elle se mit en scène dans ses écrits.

Athée et républicaine, elle considérait le mariage comme une forme de prostitution à laquelle les femmes étaient souvent contraintes de se soumettre pour de l’argent. Elle revendiquait le droit d’avoir des relations sexuelles sans être marié.

En 1846 elle publia, « Mon Émancipation, Référence et Justification ». En 1847 « Sur la vie d’une femme ».

Commentaire en voix-off :

« J’ai porté des vêtements masculins pour pouvoir assister aux conférences universitaire. Je ne crois pas en Dieu et je fume des cigares. Mon objectif est de libérer les femmes même si cela doit me coûter jusqu’à mon dernier sang » Surveillée par la police, Louise Aston fut expulsée de Berlin. Elle fut qualifiée par la presse de prostituée, de séductrice, d’impudique, de briseuse de mariage.

 

Mathilde Franziska Anneke 1817/1884

En 1848, elle publia le premier journal féministe allemand « FrauenZeitung ». Après l’invasion prussienne du Palatinat elle émigra avec son mari aux États-Unis.

En 1852, elle lança le premier journal féministe fait par une femme aux États-Unis, la « Deutsche FrauenZeitung ».

Elle lutta contre la prohibition, le nationalisme, la religion et les inégalités entre les sexes. Abolitionniste elle s’opposa toute sa vie à l’esclavage.

Elle publia en 1844 « Les chaînes brisées » série d’articles sur esclavage ; en 1847 « Femme en conflit avec la société » qui évoque le sort de Louise Aston ; en 1853, « Mémoires d’une femme du Feldzuge dans le Bade-Palatinat ».


 

Les autres épisodes:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/la%20societe%20du%20chaos/
 

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