Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Contact

Profil

  • L'archipel contre-attaque !
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!

Recherche

13 octobre 2025 1 13 /10 /octobre /2025 19:42

Portrait de Dalmau de Queralt, Comte de Santa Coloma, par un Observateur des Cours et des Hommes

Si l’on devait peindre en quelques traits vifs et mordants, à la manière de Saint-Simon, le caractère et la destinée de Dalmau de Queralt i de Codina, second comte de Santa Coloma et vice-roi de Catalogne, il faudrait mêler l’éclat d’une noblesse ancienne à l’ombre d’une fidélité mal récompensée, tout en soulignant la tragédie d’un homme pris dans les tourbillons d’une époque de fer et de révolte. Car Dalmau, né en l’an 1593 sous le ciel de Barcelone, fut à la fois un astre de la cour madrilène et une victime des passions catalanes, broyé par l’implacable machine des ambitions royales et des fureurs populaires.

Fils de Pere de Queralt, premier comte de Santa Coloma, et de Maria Codina, Dalmau hérita jeune, à peine sorti de l’enfance, des titres et des charges qui firent de lui un grand d’Espagne, mais aussi un pion sur l’échiquier de Philippe IV.

Sa naissance, le 17 septembre 1593, dans une maison illustre, le destinait à briller ; pourtant, son éclat fut terni par une fidélité aveugle à un roi distant et à son favori, le comte-duc d’Olivares, cet homme d’une morgue insupportable, dont les projets absolutistes allumèrent l’incendie où Dalmau devait périr.Dès 1612, à l’âge tendre de dix-neuf ans, il succéda à son père, sa mère ayant renoncé à ses droits en sa faveur, comme si elle pressentait que son fils, par sa droiture, serait plus apte à porter le fardeau des honneurs. Cette même année, il épousa, par procuration, Joana d’Alagó i Requesens, une Sarde de cinq ans son aînée, qu’il n’avait jamais vue avant que le contrat ne les liât. Ce mariage, arrangé avec la froideur des alliances nobiliaires, donna néanmoins deux enfants : Dalmau IV, qui perpétua le nom, et Maria Lluïsa, qui choisit le voile des monjas au monastère de Jonqueres. Ce fut là tout ce que Dalmau laissa de tangible, car son ambition et son zèle pour la couronne d’Espagne ne lui attirèrent que périls et disgrâces.

Homme de guerre et de conseil, Dalmau ne manquait ni de courage ni de talent. En 1630, il servit dans les armées du roi en Italie, montrant une bravoure qui aurait pu lui valoir la gloire si elle n’avait été éclipsée par les intrigues de la cour. En 1637, il refusa l’ambassade à Venise, choix qui dénote soit une prudence rare, soit une répugnance à s’éloigner des affaires catalanes, où il flairait peut-être déjà les orages à venir. Car, nommé vice-roi de Catalogne en 1638, il se trouva jeté dans une fournaise : celle d’une province fière, jalouse de ses privilèges, et exaspérée par les exigences de Madrid, qui, sous l’égide d’Olivares, voulait plier les Catalans à l’effort de guerre contre la France.Dalmau, en sa qualité de vice-roi, tenta de naviguer entre l’obéissance au roi et les murmures de son peuple. Il organisa l’armée catalane pour reprendre le château de Salses aux Français, exploit qu’il accomplit en 1639 avec une rigueur militaire que nul ne pouvait contester.

Mais sa loyauté envers Philippe IV, qu’il servait avec une droiture presque naïve, le rendit odieux aux yeux des siens. Il fit arrêter Pau Claris, président de la Generalitat, et Francesc de Tamarit, figures de proue de la résistance catalane, croyant ainsi mater les velléités de révolte. Vaine illusion ! Ces actes, loin d’éteindre le feu, l’attisèrent. Les Catalans, las des tercios castillans qui dévastaient leurs terres, voyaient en Dalmau non un compatriote, mais un valet de Madrid, un traître à la cause de la Catalogne.Le 7 juin 1640, jour funeste du Corpus de Sang, la foule barcelonaise, enflammée par la misère et la colère, se rua sur lui lors de la procession du Corpus Christi. Dalmau, qui avait cru pouvoir apaiser les esprits par sa présence, fut saisi, traîné, et massacré sans pitié par des mains qu’il avait peut-être, en d’autres temps, saluées.

Son sang, répandu sur les pavés, fut le signal de la grande révolte des Segadors, qui embrasa la Catalogne et fit trembler le trône de Philippe IV. Ainsi périt Dalmau, à quarante-six ans, non pas sous les coups d’un ennemi étranger, mais sous ceux de son propre peuple, qu’il avait servi avec une loyauté maladroite.Que dire de cet homme, sinon qu’il fut un jouet des circonstances ? Dalmau de Queralt n’était ni un génie ni un scélérat. Il avait l’étoffe des grands serviteurs, mais manquait de cette souplesse qui fait les survivants. Sa fidélité à la couronne, admirable en d’autres temps, fut sa perte dans une Catalogne où l’amour de la liberté l’emportait sur l’obéissance. Saint-Simon, s’il avait connu ce destin, aurait sans doute raillé son zèle mal placé, tout en louant, peut-être, la droiture d’un homme qui, jusqu’à son dernier souffle, crut en l’honneur de servir son roi. Mais l’histoire, impitoyable, ne retint de lui qu’un nom : celui d’un martyr de l’absolutisme, dont la chute annonça la tempête.
 

Catalunya, comtat gran - Els Segadors versió antiga amb Rafael Subirachs a Canet 1976 Rafael Subirachs i Vila interpreta la versió popular de l'himne nacional català, "Catalunya, comtat gran" segons va documentar Milà i Fontanals a "Romancerillo Catalán" (1882) i Francesc Alió al recull "Cançons populars catalanes" (1892). Es una versió força diferent del text que tots coneixem actualment de "Els Segadors", escrit per Emili Guanyavents l'any 1899.

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2025 7 28 /09 /septembre /2025 19:54

 

Portrait des hommes soutenant Annabelle Brunet dans le contexte des municipales 2026 à Perpignan

Dans le paysage politique catalan nord, marqué par une forte identité régionale et des enjeux transfrontaliers, Annabelle Brunet, avocate de 47 ans, conseillère départementale du canton du Vernet et figure centriste proche des milieux catalanistes, émerge comme une candidate potentielle pour les municipales de mars 2026 à Perpignan. Élue sur une liste soutenue par l'UDI, le Nouveau Centre et Unitat Catalana lors des législatives 2024, elle critique ouvertement le bilan du maire RN Louis Aliot, accusé d'inaction sur la sécurité, la propreté et les grands projets urbains. Brunet, qui a rejoint l'opposition municipale en août 2025 suite à la démission d'Yves Guizard, prépare un projet collaboratif via une plateforme de consultation des habitants lancée en juillet 2025, recueillant constats et idées pour un "plan d'action concret" tourné vers le XXIe siècle. Son ambition pour 2026 reste un "suspense étouffant", comme le soulignent les débats actuels, avec des discussions ouvertes vers un rassemblement centre-gauche, potentiellement incluant Agnès Langevine (investie par Place Publique en septembre 2025) pour contrer Aliot. Parmi ses soutiens masculins phares, Mathieu Pons i Serradeil et Joan Nou se distinguent par leur engagement catalaniste et leur vision d'un tourisme valorisant la culture locale. Ces profils, issus de mouvements distincts mais complémentaires, incarnent une alternative à l'extrême droite, avec un accent sur l'autonomie régionale et la défense de la langue catalane. Voici leur portrait, sourcé notamment des analyses et interviews de *L'Archipel contre-attaque* (blog et émission Overblog), qui met en lumière leurs interventions directes comme celle de Pons i Serradeil "Au Cochon Hardi" en septembre 2025.

 Mathieu Pons i Serradeil : L'avocat catalaniste, co-président d'Unitat Catalana, bâtisseur d'archipels politiques
Mathieu Pons i Serradeil, 42 ans, est un avocat perpignanais spécialisé en droit public, environnemental et immobilier, inscrit au barreau des Pyrénées-Orientales depuis 2007. Polyglotte (anglais, espagnol, catalan), il défend notamment les communes (comme Elne, Port-Vendres ou Amélie-les-Bains) qui militent pour l'usage du catalan en conseil municipal, plaidant pour une reconnaissance institutionnelle de la Catalogne nord. Élu co-président d'Unitat Catalana en décembre 2023 aux côtés de Jaume Pol lors du congrès bisannuel à Rivesaltes, il transforme son engagement associatif en "investissement politique" pour une décentralisation accrue, revendiquant une collectivité territoriale spécifique pour la Catalogne nord et des partenariats transfrontaliers avec Junts per Catalunya (le parti de Carles Puigdemont). 

Son soutien à Annabelle Brunet est clair et stratégique : proche d'elle depuis les législatives 2024, il la voit comme une "tête de proue" potentielle d'un "bloc démocrate" contre le "bloc autoritaire" d'Aliot, comme évoqué dans les premiers pas d'un front d'opposition en mai 2024. Lors de la rentrée d'Unitat Catalana en janvier 2025, Pons i Serradeil a présenté une feuille de route pour les municipales, insistant sur un projet "constructif et innovant" à Perpignan, inspiré de la "théorie de l'archipel" : unir les sensibilités politiques sans "diviser", loin des "stratégies partisanes parisiennes". Il croit fermement que la culture catalane est un atout touristique majeur, un "plus" pour attirer les visiteurs au-delà de la frontière, comme il l'a défendu lors des assises politiques transfrontalières à Perpignan en mai 2025, où il appelait à "défendre la langue et la culture catalanes des deux côtés de la barrière". 

Dans l'émission *L'Archipel contre-attaque* du 23 septembre 2025, diffusée "Au Cochon Hardi" (restaurant emblématique de Perpignan), Pons i Serradeil était en direct pour détailler cette rentrée et ses implications pour Brunet : il évoque un "tourner la page de l'inaction" d'Aliot, avec un programme basé sur l'inclusion et l'économie locale, tout en teasing des listes dans plusieurs villages. Ce débat, animé par Nicolas Caudeville, met en lumière son optimisme : "Les militants d'Unitat sont authentiques, prêts à construire des ponts". Un possible clash avec Brice Sannac (hôtelier, président de l'UMIH66 et élu CCI, connu pour son pragmatisme économique) pourrait émerger sur ce point, Sannac voyant peut-être la culture comme un "coût" plutôt qu'un "plus" touristique, mais Pons i Serradeil insiste : "La catalanité n'est pas un frein, c'est notre force pour un tourisme durable". Après la chute du gouvernement Bayrou en septembre 2025, il plaide pour des référendums régionaux sur l'autonomie, un appel au "pouvoir au peuple" 

Joan Nou : Le militant local d'Agissons Pays Catalan, gardien vigilant de l'identité et de l'environnement
Joan Nou, ex délégué municipal pour la culture à Millas, et figure du mouvement citoyen Agissons Pays Catalan (fondé en 2017), est un entrepreneur et militant de terrain, passé de la présidence (jusqu'en 2022) à vice-président en 2023, relayant à Pierre Rossignol pour élargir l'implantation cantonale. À la tête d'Agissons – un mouvement "100% local, indépendant et catalan" regroupant citoyens de tous bords pour "défendre les intérêts du Pays Catalan" face à l'incapacité des partis traditionnels à moderniser le territoire –, il porte une vision pragmatique et critique, axée sur la lutte contre le chômage (via un moratoire sur les fast-foods et grandes surfaces), la préservation environnementale (opposition aux golfs et éoliennes en mer) et la promotion d'un "Pays Catalan surdoué qui s'ignore". Candidat aux départementales (5% en moyenne en 2021), il soutient le lycée immersif La Bressola et alerte sur la désertification des rivières (Agly, Tech) due à la sécheresse.

Son soutien à Annabelle Brunet s'inscrit dans une logique d'alliance catalaniste : comme Pons i Serradeil, il voit en elle une porteuse d'un projet inclusif pour Perpignan, aligné sur Agissons' appel à des réformes locales (cumul des heures supplémentaires élargi au bâtiment et à l'hôtellerie, végétalisation urbaine). Lors d'une intervention en direct dans *L'Archipel contre-attaque* en avril 2021 (rééditée en 2025 pour les municipales), Nou débattait avec Caudeville du logo de Perpignan sous Aliot – qu'il qualifie de "moche" et jacobin, effaçant le "sang et or" catalan au profit du bleu-blanc-rouge. Il y défend la culture catalane comme levier touristique, un "atout" pour contrer l'étalement urbain (Perpignan 29e/31 en villes vertes en 2025) et booster l'attractivité (+252 000 habitants depuis 1954). À l'instar de Pons i Serradeil, Nou croit à cette valorisation : "La catalanité attire, pas comme les projets médiocres d'Aliot", comme lors de son appel à la prudence sur le "Puy du Fou catalan" en 2021, qu'il juge non viable sans ambition réelle.

Sur Louis Aliot, Nou pose la question lancinante : "Parle-t-il catalan ou valencien ?" – une pique ironique soulignant l'ambiguïté d'Aliot, originaire de Toulouse et perçu comme "anti-catalan" par les indépendantistes pour ses réformes jacobines (suppression de "Perpignan la Catalane" en 2021). Nou, fervent défenseur du catalan (distinct du valencien, dialecte occitan-occidental), y voit une incohérence : Aliot, RN, joue sur "deux tableaux" sans conviction réelle pour la langue, contrairement aux catalanistes. En 2025, Nou relaie Agissons' soutien à Brunet via des posts LinkedIn et Facebook, insistant sur un tourisme culturel "authentique" face à la "crise sociale et économique" sous Aliot. Un débat avec Brice Sannac ? Probable, Nou critiquant les "golfs et casinos dans le désert" que Sannac, hôtelier, pourrait défendre pour l'emploi.

Ces deux hommes, Pons i Serradeil le stratège institutionnel et Nou le militant de proximité, forment un duo complémentaire soutenant Brunet : un "archipel" contre l'inaction aliottienne, avec la culture catalane comme fil rouge pour un Perpignan "moderne et tourné vers l'avenir". Leur vision, écho des directs *Au Cochon Hardi*, pourrait sceller une alliance décisive d'ici mars 2026, face à Langevine et au RN.

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2025 4 04 /09 /septembre /2025 23:33

« Je suis un autodidacte. Je ne sais ni lire ni écrire la musique. Je me considère comme un musicien de blues. Ma pratique est instinctive, directe, radicale. Je viens de l’underground et je ne me projette absolument pas dans l’avant-garde contemporaine. »
Source : The Art Newspaper, 15 janvier 2021

« Dans mon travail, il y a un mélange d’insatisfaction et de paranoïa perpétuelles. »
Source : Radio France, date non précisée

« Pour le live, ça se traduit par des concerts uniques. On ne refait jamais deux fois la même chose. Je n’ai jamais fait de réelle tournée. Avec l’orchestre, le Bel Canto Orquestra, il n’y a pratiquement jamais eu – à part sur certaines périodes – de local de répétition et donc de répétitions. On montait le répertoire avant le concert pendant la balance. J’ai cette culture de la spontanéité. »
Source : Rockmadeinfrance.com, 1 avril 2021
 

En direct , version mode rock’n’roll et déconnade contrôlée

Attention, les amis, on dirait un hold-up organisé par un gang de farfadets catalans sous acide ! Pascal Comelade, le sorcier des sons, le prince du piano-jouet, l’électron libre de la musique qui claque comme une bulle de chewing-gum, revient hanter Paris avec un concert qui s’annonce aussi barré que ses compositions. Le 25 octobre, dans un lieu encore tenu secret (révélation prévue le 22 septembre, suspense insoutenable !), le maestro de Prades va lâcher ses « 4 Réducteurs de Pianos », une relecture démente de son répertoire, trituré, malaxé, secoué comme un cocktail Molotov musical. Et pour couronner le tout, il nous balance un coffret de 6 LPs, *Improperis* (1984-2024), une plongée de 40 ans dans son univers instrumental, entre rock’n’roll déglingué, minimalisme poétique et bricolages sonores. Accrochez vos ceintures, ça va swinguer dans les bacs et sur scène !

Comelade, l’Homme-Orchestre des Marges
Pascal Comelade, c’est pas juste un musicien, c’est un ovni, un pirate qui navigue à vue entre les genres, un type qui pourrait faire danser un régiment de chaises en plastique sur un air de Vivaldi revu par les Residents. Né en 1955 à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, ce Catalan pur jus a grandi avec un pied dans le rock, l’autre dans la musique contemporaine, et la tête dans un magasin de jouets. Son arme fatale ? Le toy piano, cet instrument cheap qu’il transforme en machine à rêves, capable de passer du kitsch le plus désarmant à une mélancolie qui vous serre la gorge. Depuis ses débuts dans les années 70, il a pondu des dizaines d’albums, collaboré avec des pointures (de PJ Harvey à Robert Wyatt en passant par les punks de Métal Urbain), et construit une œuvre qui défie les étiquettes : un mélange de rock primitif, de musiques de films imaginaires, de fanfares bancales et de reprises iconoclastes (de Sun Ra à Morricone, en passant par les Stones période *Exile*).

Le coffret *Improperis*, c’est la cerise sur le gâteau, une rétrospective gargantuesque qui compile 40 ans de compositions et d’enregistrements magnétiques, des bandes oubliées aux pépites récentes. On y retrouve tout ce qui fait le sel de Comelade : des mélodies qui collent au cerveau comme du miel, des arrangements qui sonnent comme une kermesse sous acide, et cette capacité unique à faire du neuf avec du vieux, du grand avec du petit. C’est du bricolage de génie, du punk en smoking, du Ravel sous LSD.

« 4 Réducteurs de Pianos » : Le Grand Barnum
Et puis, il y a ce concert. Pas vu à Paris intra-muros depuis des lustres, Comelade revient avec une formation qui sent le cambouis et la magie : quatre zigues armés de pianos en tout genre, du grand piano classieux au toy piano Michelsonne, en passant par un vertical Kawai, un orgue à piles et une guitare en plastique (si, si). À la manœuvre, on retrouve Pascal himself, bien sûr, au grand piano et au toy piano, flanqué d’Alban Baraté (piano Kawai et orgue électrique), Philippe Argelès (piano vertical et mélodica) et Ivan Martinez (toy pianos, orgue à piles et guitare en plastoc). Ensemble, ils vont réinterpréter le répertoire de Comelade, des classiques comme « L’Argot du Bruit » aux raretés déterrées pour l’occasion, avec en bonus quelques reprises dont il a le secret – on parie sur du Ennio Morricone ou un vieux rock’n’roll bien cradingue, histoire de faire trembler les murs.

Ce show, c’est pas juste un concert, c’est une expérience. Imaginez un cirque musical où les pianos se répondent comme des gamins qui se chamaillent, où les mélodies s’envolent comme des ballons gonflés à l’hélium, où chaque note est un clin d’œil à la fois espiègle et profond. Comelade, c’est l’anti-star par excellence : pas de chichi, pas de posture, juste un mec qui bidouille ses instruments comme un gosse dans un bac à sable, et qui finit par vous coller des frissons.

Pourquoi il faut y aller (et acheter le coffret)
Si vous avez déjà écouté un disque de Comelade, vous savez que ce type est une anomalie, un trésor national qui n’a jamais cherché à l’être. Si vous ne le connaissez pas encore, foncez : *Improperis* est la porte d’entrée parfaite pour plonger dans son monde, et ce concert du 25 octobre, c’est la promesse d’une soirée où tout peut arriver – un peu comme si Tex Avery dirigeait un orchestre de jouets cassés. On ne sait pas encore où ça se passe (le 22 septembre, on saura, patience !), mais une chose est sûre : ça va être un bordel organisé, une fête pour les oreilles et l’âme.

Alors, réservez votre soirée, chopez le coffret, et préparez-vous à voir un type qui transforme des pianos en machines à voyager dans le temps. Pascal Comelade, c’est le rock’n’roll sans guitare, le minimalisme avec des couilles, et surtout, un putain de génie qui nous rappelle que la musique, c’est avant tout une histoire de liberté. À bientôt dans la fosse, les amis !

*Pour plus d’infos sur le coffret et le concert, restez branchés sur les réseaux (au cas où, on sait jamais). Et pour tout ce qui touche à la vibe de la soubressada Comeladesque, faites confiance à votre instinct : ça va groover sévère !*

Partager cet article
Repost0
26 août 2025 2 26 /08 /août /2025 12:51

"Soit nous guérissons aujourd'hui en tant qu'équipe, soit nous mourons tous en tant qu'individus."

L'enfer du dimanche film Oliver Stone

Pour gagner au TOP 14, il faut se sortir les doigts du Brennus !

À Perpignan, il y a deux religions : le rugby et la mauvaise foi. La première se joue à Aimé-Giral, la seconde dans les cafés de la place de la Loge. Mais voilà que Louis Aliot, maire RN et fin stratège, a décidé de fusionner les deux pour créer l’arme ultime : l’unité politique par l’USAP. Oui, mesdames et messieurs, le ballon ovale va faire ce que ni Macron, ni Mélenchon, ni même un apéro au muscat n’ont réussi : rassembler les Catalans, les socialistes, les droitiers, les centristes mous et les abstentionnistes chroniqueurs. Comment ? Avec l’inauguration du Centre d’Entraînement de l’USAP, un temple de 1 600 m² dédié à la sueur, au crunch et à la gloire du sang et or. Mais dans cette mêlée politique, le ballon est un piège, et la photo, un guet-apens.  

 Un vestiaire plus grand que l’ego de Zemmour  

Ce projet, c’est du sérieux. Pour 4,3 millions d’euros (2,36 millions de la mairie, le reste saupoudré par l’État, la Métropole et le Département), Perpignan s’offre un bijou architectural. Un vestiaire si vaste qu’on pourrait y entasser toute la classe politique française pour une mêlée générale. Une salle de musculation de 600 m², où même les avants les plus massifs soulèvent leur désespoir existentiel. Des bureaux pour les entraîneurs, une salle vidéo pour disséquer les mêlées comme un discours de Bardella, et un espace culinaire – parce qu’un Brennus ne se gagne pas avec des sandwichs triangle.  

Et puis, il y a l’espace de récupération. En Catalogne, la sieste post-entraînement, c’est sacré. Avec des salles de soins, un ostéo, un kiné, ce centre permet à un troisième ligne blessé de rêver à un drop salvateur contre Toulon.  

 Une photo, un ballon, une révolte silencieuse  

L’inauguration, mes amis, c’est du grand théâtre. Louis Aliot, sourire rayonant, brandit un ballon de rugby estampillé *Perpignan la rayonnante* avec le logo de la ville. À ses côtés, Hermeline Malherbe, présidente du Conseil départemental, tient le ballon et, dans un geste de résistance subtile, le retourne pour cacher ce maudit logo *rayonnant*. Un acte de révolte muette contre l’effacement de *Perpignan la Catalane*, ce slogan cher aux catalanistes, déjà critiqué dans la presse (*Made in Perpignan*, 5 septembre 2023). Loriane Josende, sénatrice et patronne locale des Républicains, elle, reste les mains vides, sans ballon, comme une joueuse laissée sur le banc. Piégée par son devoir de représentation, elle pose pour la photo, sourire crispé, consciente que sa présence est un compromis, pas une capitulation.  

Ce n’est pas une poignée de main à la gare de Montoire, non, soyons clairs. Ce n’est pas non plus le plat de lentilles d’Ésaü cédé pour un droit d’aînesse. C’est pire : c’est une photo. Une photo où Malherbe et Josende, contraintes par leurs mandats, jouent les figurantes dans un scénario écrit par Aliot. Le compte X de l’USAP (@usap_officiel) immortalise l’instant : « ✨ Inauguration du 𝗖𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗣𝗲𝗿𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝗻𝗰𝗲. Un lieu pour nos joueurs, au service de l’avenir du club ❤️💛 Merci à la Ville, la Préfecture, la Région » (25 août 2025). Sur X, un internaute ironise : « Hermeline cache le logo, Loriane boude sans ballon. Quelle mêlée ! #PerpignanLaCatalane » (@CatalanEnColere, 25 août 2025).  

Le rugby, ce grand unificateur… ou pas  

L’USAP, c’est Perpignan, c’est la Catalogne, c’est le territoire qui vibre quand un pilier de 120 kilos s’écrase sur un adversaire avec la grâce d’un tracteur dans une vigne. Aliot l’a compris : le rugby donne l’illusion de transcender les clivages. Mais cette photo, c’est un traquenard. Malherbe, souvent accusée de tiédeur sur la catalanité (*Made in Perpignan*, 5 septembre 2023), marque un point avec son geste de résistance. Josende, sans ballon, incarne la rébellion passive, comme un trois-quarts qui refuse de rentrer dans la mêlée. Ensemble, elles sauvent l’honneur, mais à quel prix ?  

Et si on poussait l’idée ? Une liste *USAP Rassemblement* pour les municipales ! Un programme simple : plaquage, solidarité, apéro à la troisième mi-temps. Mais avec Malherbe qui retourne les ballons et Josende qui refuse d’y toucher, la mêlée s’annonce chaotique.  

Le RN, les LR, et l’USAP : une mêlée sous tension  

Le RN d’Aliot, avec son discours musclé, pourrait passer pour une équipe de rugby : des avants solides, des discours plaqués au sol, une défense agressive. Les LR de Josende jouent la finesse, mais restent en touche, sans ballon. Malherbe, elle, navigue entre pragmatisme et résistance symbolique, évitant les « fantasmes d’indépendantisme » tout en caressant l’idée d’une Catalogne fière (*Made in Perpignan*, 5 septembre 2023).  

Ce centre d’entraînement, c’est une belle passe, un investissement dans le sport, la jeunesse, l’identité. Mais cette photo, c’est une mêlée ouverte où chacun joue son jeu. Aliot marque des points, Malherbe cache le logo, Josende esquive. Et l’USAP ? Elle fait vibrer les cœurs, même ceux qui refusent le ballon. Rêvons un peu : une liste *USAP Rassemblement*, avec Aliot en pilier, Malherbe en demi de mêlée, et Josende à l’ouverture, mais sans ballon. Un programme en trois points : plaquer fort, aimer tendre, boire frais. À Perpignan, ça pourrait marcher… si tout le monde accepte de jouer le même match.  

en direct du Café de la Poste, un rancio sec à la mainet quelques anchois marinés,  attendant le prochain drop de l’USAP.*  

 

Partager cet article
Repost0
25 août 2025 1 25 /08 /août /2025 17:38

 

1. Catalan: "El catalanòfon és l’ànima del vent que fa cantar els silencis afònics."  
 Français: "Le catalanophone est l’âme du vent qui fait chanter les silences afones."

2. Catalan: "Quan el catalanòfon sona, fins el més mut balla la sardana amb cor."  
   Français: "Quand le catalanophone résonne, même le plus muet danse la sardana avec cœur."

3. Catalan: "Amb un sol alè al catalanòfon, la veu dels avantpassats torna a viure."  
   Français: "D’un seul souffle dans le catalanophone, la voix des ancêtres revient à la vie."

4. Catalan: "El catalanòfon no toca notes, sinó l’esperit de la terra catalana."  
  Français: "Le catalanophone ne joue pas de notes, mais l’esprit de la terre catalane."

5. Catalan: "Qui domina el catalanòfon, té el poder de fer plorar les pedres de Montserrat."  
 Français: "Celui qui maîtrise le catalanophone a le pouvoir de faire pleurer les pierres de Montserrat."

 

Oh, chers lecteurs, cramponnez-vous à vos chaises, car je vous apporte une nouvelle qui va faire trembler les coblas et vibrer les cœurs catalans ! Après des siècles d’oubli, l’instrument mythique, le **catalanophone**, fait son grand retour dans nos chers orchestres de sardanes. Oui, oui, vous avez bien lu : le catalanophone, cet artefact mélodique qui, selon les anciens grimoires musicaux catalans, était capable de faire chanter même les plus afones de nos compatriotes. Et non, ce n’est pas une plaisanterie, même si, comme toujours, je vais vous le raconter avec cette ironie subtile qui fait que mes détracteurs m’aiment en secret.

D’après le livre imaginaire *Chroniques Musicales de la Catalogne Mythique* (publié, soi-disant, en 1743 par l’érudit barcelonais Pere Senseveus), le catalanophone était un instrument à vent, une sorte de flabiol magique doté d’une embouchure qui, au lieu de produire des notes, “réveillait la voix latente des Catalans ayant perdu le don de la parole claire”.

L’auteur, avec une prose si alambiquée qu’on dirait écrite par un notaire insomniaque, raconte comment les paysans de l’Empordà, après avoir récolté du raisin sous un soleil de plomb, jouaient du catalanophone et, miracle !, les plus enroués et afones se mettaient à entonner des chants polyphoniques avec une clarté qui aurait fait pleurer Pau Casals.

Mais qu’est-ce donc, ce catalanophone ?

Selon un autre texte apocryphe, *L’Art de la Musique Nationale* (édition fictive de 1821, attribuée à un certain Joan Pocapena), il s’agit d’un instrument fait de roseau de la Garrotxa, orné d’incrustations de coquillages de la Costa Brava et doté d’un mécanisme interne qui “capture l’âme du vent et la transforme en paroles chantées”. Ne vous imaginez pas un appareil sophistiqué, hein ? C’est plutôt comme un flabiol avec des prétentions, mais avec une particularité : il ne fonctionne que si celui qui en joue a le cœur rempli d’amour pour la sardane et un peu de vin ranci dans l’estomac.

Alors, pourquoi ressusciter cet instrument au XXIe siècle ?

Eh bien, comme l’explique le livre fantaisiste *La Sardane Éternelle* (prétendument écrit en 1902 par une certaine Maria de les Cobles), le catalanophone a le pouvoir de combattre l’afonie collective qui frappe les Catalans modernes. “En ces temps de silence, quand la voix du peuple s’éteint par fatigue ou désintérêt, le catalanophone est le seul à pouvoir nous rendre le chant”, assure l’autrice avec une passion qui sent la calçotada et le feu de cheminée. Et soyons honnêtes : entre le brouhaha des réseaux sociaux et la mondialisation qui veut nous faire chanter en anglais, un peu de catalanophone ne nous ferait pas de mal.

La réintroduction, cependant, ne se fera pas sans polémique.

Les puristes de la sardane, ceux qui pensent que tout changement est une trahison, ont déjà élevé la voix (ironiquement, sans avoir besoin du catalanophone). Selon eux, ajouter un instrument “magique” aux coblas, c’est comme mettre du ketchup dans une escudella. Mais les défenseurs du projet, menés par l’imaginaire musicologue contemporain Jordi Fictici, soutiennent que le catalanophone non seulement revitalisera la sardane, mais ramènera les jeunes, plus habitués à Spotify qu’à la tenora, à s’y intéresser. “C’est l’instrument du futur !”, proclame Fictici dans son livre inexistant *Musique pour un Nouveau Millénaire* (2020). “Si vous savez jouer du catalanophone, vous pouvez faire chanter même un influenceur !”

Et à quoi ressemble le son du catalanophone ? D’après les textes apocryphes, il produit une sorte de bourdonnement chaud, comme une étreinte sonore, qui se mêle à la mélodie de la sardane et “réveille la catalanité latente”. Les plus afones, en l’entendant, se mettent à murmurer des vers de Verdaguer ou, dans les cas extrêmes, à réciter intégralement les paroles de *“La Santa Espina”* sans jamais les avoir répétées. C’est, en somme, un instrument qui ne joue pas seulement de la musique, mais touche l’âme.

Cela dit, la réintroduction ne sera pas une promenade de santé. D’abord, il faudra trouver un maître artisan capable de fabriquer un catalanophone authentique (et non une copie bon marché made in China). Ensuite, il faudra former les musiciens des coblas pour qu’ils ne s’affolent pas quand l’instrument les fera chanter malgré eux. Et enfin, il faudra convaincre les Catalans que ce n’est pas une blague, même si, connaissant notre peuple, quelqu’un dira sûrement que ce catalanophone est une invention pour vendre plus de barretinas.

En conclusion, chers lecteurs, l’avenir de la sardane est en jeu. Le catalanophone, cet instrument oublié qui mêle musique, magie et un zeste de malice catalane, pourrait être la clé pour que notre danse nationale ne soit pas qu’un souvenir, mais un cri vivant et vibrant. Comme le dit le vieux proverbe apocryphe du livre *Sons de la Terre* (1654, selon personne) : “Celui qui joue du catalanophone fait chanter la pierre et danser le vent.” Alors, à vos instruments et à vos voix, car il est grand temps de mettre fin à l’afonie !

Avec modestie, comme toujours, En Soler.

La gran tornada del catalanòfon: una revolució sardanista amb gust de pols i llibres vells

Per En Soler, amb modèstia a part

Si em permeteu l’atreviment, avui us parlaré d’un fet que sacsejarà els fonaments de la nostra estimada cultura catalana, tan arrelada com una alzina centenària i tan tossuda com una mula del Pirineu. Diuen que la sardana, aquest ball rodó que fa girar els cors i marejar els forasters, està a punt de viure una revolució que ni el mateix Pau Casals hauria pogut somiar. Sí, amics meus, el *catalanòfon* –aquest instrument mític, oblidat pels segles i enterrat sota piles de llibres vells– torna als nostres cobles per fer vibrar l’ànima dels catalans, especialment dels que som una mica *afònics* (i no parlo només de la veu).

El catalanòfon: què dimonis és això?

Segons el venerable *Llibre dels Instruments Perduts de la Nació* (edició imaginària de 1763, escrita suposadament per un tal Mossèn Pere de la Flauta Trencada), el catalanòfon era un instrument de vent únic, creat pels mestres artesans de la Garrotxa en temps en què els catalans ballaven sardanes fins a l’alba i els francesos encara no s’havien inventat el croissant. Aquest instrument, descrit com “un encreuament entre una gralla i l’esperit d’un volcà apagat”, tenia la capacitat de reproduir els sons més purs de la parla catalana, des de les vocals tòniques ben obertes fins als crits de “Visca!” en plena festa major.

El *catalanòfon*, però, va desaparèixer misteriosament durant la Guerra de Successió, quan –segons el no menys apòcrif *Crònica de les Músiques Silenciades* (1699, autor anònim amb pseudònim de “Lo Trobador Mut”)– els borbons el van prohibir perquè “feia sonar massa llibertat”. Diuen que els últims catalanòfons van ser amagats en coves del Montseny, però el temps i les rates se’n van fer un festí.

Per què tornar-hi ara?

Doncs perquè, com bé saben els que ballen sardanes amb mitjons i vambes, la nostra cultura és un etern recomençar. Els estudiosos moderns (o sigui, jo mateix, després de tres cafès i una estona remenant llibres imaginaris) han descobert que el catalanòfon no només era un instrument, sinó una mena de *teràpia sonora* per als catalans afònics. Ja ho deia l’insigne *Tractat de les Veus Perdudes* (1832, per Fra Miquel del Silenci Profund): “Quan un català perd la veu, sigui per crits al Camp Nou o per cantar ‘Els Segadors’ sota la pluja, el catalanòfon li torna l’esperit de la llengua.”

I és que, en aquests temps moderns, som molts els que patim d’*afonia cultural*. Parlem, sí, però de vegades ens falta el timbres, la força, el “punch” d’un bon “Força Barça!” o d’un “Què volen aquesta gent?” El catalanòfon, amb el seu so que recorda una barreja de tenora, flabiol i un avi fent la migdiada, és l’antídot perfecte. Cada bufada a l’instrument –diu el *Manual del Sardanista Desafinat* (1901, per Joanet del Clarinet Tort)– allibera un torrent de catalanitat que fa tremolar els bigotis dels més escèptics.

 La reintroducció: un projecte amb cara i ulls (i orelles)

La iniciativa per recuperar el catalanòfon ha sorgit d’una colla de sardanistes de Vic, liderats per un visionari anomenat Pere del Foment (sí, parent llunyà del Foment de la Sardana, però amb més barba). Aquest grup, amb el suport d’un manuscrit imaginari trobat en un mercat de vell de la Bisbal (*Els Secrets del Catalanòfon*, 1888), ha reconstruït l’instrument amb fusta de roure del Montseny, cordes de crin de cavall empordanès i una mica de màgia de la Fira de les Bruixes de Sant Feliu.

El resultat? Un instrument que, quan el bufes, sona com si algú recités *L’Atlàntida* de Verdaguer mentre toca una cobla a tot drap. Els primers assajos a la plaça Major de Vic han estat un èxit: els vells ploraven d’emoció, els joves feien vídeos per a TikTok, i fins i tot un turista alemany va intentar ballar una sardana (amb resultats... diguem-ne artístics).

Els afònics, els grans beneficiats

Però el veritable miracle del catalanòfon és el seu efecte sobre els *afònics*. Segons el *Llibre Gros de les Cures Folklòriques* (1794, per una tal Sor Eulàlia de la Veu Cascada), els catalans que perden la veu –ja sigui per refredats, crits a les manis o excessos de calçotades– poden recuperar el seu “parlar català” només amb sentir el so del catalanòfon. És com si l’instrument els recordés qui són, d’on venen i per què sempre arribem tard a tot.

Així doncs, prepareu-vos, catalans i catalanes! El catalanòfon torna per quedar-se. Ja ho veig: cobles amb tres tenores, dos flabiols, un timbal i un parell de catalanòfons ben afinats. I si algú us diu que això és una bogeria, citeu el gran *Llibre de les Bogeries Necessàries* (1923, per en Tomàs de la Sardana Eterna): “Si no és una mica boig, no és prou català.”

Visca la sardana, visca el catalanòfon i, sobretot, visca la modèstia!

Partager cet article
Repost0
25 août 2025 1 25 /08 /août /2025 14:52

"La proximité de parenté s'établit par le nombre de générations; chaque génération s'appelle un degré."

Code civil Article 735 

"La vie est, à mes yeux, instinct de croissance, de durée, d’accumulation de forces, de PUISSANCE : là où la volonté de puissance fait défaut, il y a déclin. Ce que j’affirme, c’est que cette volonté de puissance FAIT DÉFAUT à toutes les valeurs supérieures de l’humanité – c’est que, sous les noms les plus saints, règnent sans partage des valeurs de décadence, des valeurs NIHILISTES"
Friedrich Nietzsche
“L’Antéchrist” (1895), 6, trad. J.-C. Hémery, Gallimard, 1974

 

Oh, la belle blague que nous sert l’IFOP, cet augure moderne des humeurs populaires, relayé par *L’Indépendant* ! Selon leur dernier sondage, 79 % des « Catalans français » – c’est-à-dire les habitants des Pyrénées-Orientales, dont à peine 20 % se prennent pour des cousins de Carles Puigdemont – seraient prêts à vendre leur âme pour une France plus fédérale. Une France où l’on pourrait enfin coller des claques aux élus locaux sans avoir à réserver un billet pour Paris. Parce que, franchement, entre l’incompétence des technocrates de la capitale et celle des roitelets du coin, autant opter pour des cibles qu’on peut attraper par le col au marché de Perpignan, non ?

Mais ne nous leurrons pas : appeler « Catalans » tous les habitants des Pyrénées-Orientales, c’est comme dire que chaque Marseillais passe ses journées à jouer à la pétanque avec une pastis à la main. Sur les 480 000 âmes du département, seuls 20 % vibrent pour l’estelada et la sardane. Les autres ? Des Français lambda, qui veulent juste qu’on arrête de leur sucrer des impôts pour des ronds-points inutiles ou des déchetteries aux horaires absurdes. Mais l’IFOP, dans sa grande mansuétude, ou le journal des toulousains ici on décrété que tout le monde là-bas(enfin ici, enfin aqui) était « catalan ». Ça claque mieux dans les gros titres, faut croire.D'autant que le journal d'ici est détenu par le groupe "la Dépêche" à Toulouse . Faut-il pour être "indépendant" commencer par sa presse ?

Alors, pourquoi cet engouement pour une France fédérale, où chaque région pourrait bidouiller ses lois comme on ajuste une sauce dans un plat de bols de picoulats ?

Selon l’IFOP, 71 % des Français, toutes régions confondues, rêvent d’un pays où les lois s’adapteraient aux réalités locales (*Le Figaro*, 25/08/2025). Dans les Pyrénées-Orientales, ce chiffre bondit à 79 %, parce qu’apparemment, l’idée de voir Perpignan décider de ses taux de TVA ou de la couleur des poubelles, ça fait frétiller. Mais le vrai fond du problème, c’est celui-ci : à incompétence égale, pourquoi s’épuiser à pester contre des énarques à 600 km quand on peut enguirlander un élu local qu’on croisera en achetant des abricots au marché ?

Sauf que, soyons lucides, mes bons amis : qu’ils soient à Paris ou à Perpignan, les élus, on ne les contrôle pas vraiment. Le vote ?

Une simagrée, une cacahuète qu’on nous jette pour faire croire que le peuple est le suzerain ultime. Pendant ce temps, les vraies décisions, celles qui pèsent, se prennent dans les bureaux feutrés de Bruxelles, par une Commission européenne qui n’a jamais vu l’ombre d’un bulletin de vote. Vous pensiez que votre maire, votre député ou même votre président avait les mains libres ? Que nenni ! Les directives tombent de l’UE comme des amendes sur un pare-brise : normes agricoles, règles commerciales, quotas de CO2… tout est décidé par des technocrates non élus, pendant que nos chers représentants locaux ou nationaux jouent les figurants dans une pièce écrite ailleurs.

Alors, cette soif de fédéralisme, c’est peut-être juste un cri du cœur : « Donnez-nous des élus qu’on peut engueuler en face ! » ou en farce...

Parce que, soyons honnêtes, si le maire détourne le budget des écoles, on peut toujours lui mettre une tape à la sortie de la mairie. Si le conseiller régional magouille pour son cousin promoteur, hop, on le coince à l’apéro. Mais aller expliquer ses quatre vérités à un bureaucrate bruxellois ? Bonne chance pour trouver son adresse entre deux réunions à Strasbourg. À Paris, c’est déjà mission impossible avec les CRS qui bloquent l’accès à Matignon. Alors, oui, les habitants des Pyrénées-Orientales, catalans d’un jour ou Français de toujours, préfèrent des incompétents de proximité, qu’on peut au moins secouer par le colback.

Mais attention, le fédéralisme, c’est une belle illusion. Donner plus de pouvoir aux régions, c’est risquer de transformer chaque département en mini-royaume, avec son lot de barons locaux qui feront pire que Paris.

Imaginez le président du conseil régional d’Occitanie taxant l’entrée de Collioure pour financer son yacht. Et tout ça, sous l’œil goguenard de Bruxelles, qui continuera à tirer les ficelles pendant qu’on s’écharpe pour savoir si la cargolade doit être au patrimoine de l’UNESCO. Comme le disait Jean-Edern Hallier dans *La Cause du Peuple*, « le pouvoir, c’est l’art de faire gober des couleuvres, mais c’est encore mieux quand on peut les recracher au nez de celui qui les a servies ». Sauf qu’ici, les cuisiniers sont à Bruxelles, et nous, on n’a que les miettes du vote pour se consoler.

 

Partager cet article
Repost0
21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 18:00

« Quan Déu no vol, els sants no poden »
Littéralement, « Quand Dieu ne veut pas, les saints ne peuvent pas ». Ce proverbe est utilisé pour dire que certaines choses dépendent de la volonté divine et que même les saints ne peuvent rien y changer.

« Val més un veí a la porta que un parent a Mallorca »
Littéralement, « Un voisin à la porte vaut mieux qu’un parent à Majorque ». Cette phrase met en valeur l’importance des relations de voisinage et de l’entraide locale par rapport aux liens familiaux éloignés.

« Qui no vulgui pols que no vagi a l’era »
Cette phrase se traduit par « Celui qui ne veut pas de poussière ne doit pas aller à la grange ». Elle est utilisée pour indiquer que si l’on veut éviter les problèmes, il faut éviter les situations qui peuvent en causer.

 

Je tire une bouffée sur mon cigare, le genre qui embaume la pièce d’une odeur de tabac cubain, et je déplie le journal sur la table du bar, entre un vermut et une assiette d’olives. Les gros titres me sautent aux yeux, comme une vieille affaire qui refuse de se clore. Les langues régionales – catalan, basque, galicien – coincées dans une "boucle temporelle" de discrimination, qu’ils disent. L’Union européenne, ce mastodonte bureaucratique, joue encore les vierges effarouchées face à l’Espagne qui réclame un statut officiel pour ses langues. Je ricane, un nuage de fumée s’échappe. Comme si Bruxelles allait se plier aux désirs de Madrid sans faire traîner l’affaire comme un mauvais vin.

Je lis, et c’est du déjà-vu. Vendredi dernier, 27 mai 2025, les ministres de l’UE se sont réunis pour leur énième Conseil des affaires générales. L’Espagne, fidèle à elle-même, a poussé son pion. Fernando Mariano Sampedro Marcos, ce secrétaire d’État qui doit transpirer sous son costume, a plaidé sa cause avec l’ardeur d’un avocat défendant un innocent. "C’est une question de justice", qu’il dit.

Finir avec la discrimination, donner au catalan, au basque et au galicien leur place dans les institutions européennes.

Il a même sorti l’argument massue : l’Espagne paiera la facture, 132 millions d’euros par an, 44 millions par langue pour les traductions et les interprètes. "Où est le problème ?" qu’il demande. Je souffle un rond de fumée. Le problème, mon vieux, c’est que l’Europe adore compliquer les choses simples.

Mais les Vingt-Sept, ces joueurs d’échecs sans échiquier, ont encore botté en touche.

Des "questions juridiques" à résoudre, qu’ils disent. Toujours les mêmes excuses, comme un disque rayé. Le Luxembourgeois, Xavier Bettel, a joué les cyniques – un type après mon cœur, celui-là. "Ce n’est pas le bon moment", qu’il a lâché, comme si le moment idéal existait dans ce foutoir géopolitique. Il a même osé la rhétorique : "On peine à s’entendre sur les sanctions contre la Russie, on n’arrive pas à obtenir un cessez-le-feu en Palestine, et là, on devrait se pencher sur le galicien, le basque et le catalan ?" Je secoue la tête, le cigare entre les doigts. Priorités, mon cul. L’Europe sait dire non sans dire non, un art qu’elle maîtrise mieux que la paella.

La France, fidèle à son rôle de voisine hautaine, en rajoute une couche. Benjamin Haddad, ministre des Affaires européennes, veut des "clarifications" – politiques, juridiques, économiques.

Comme si l’Espagne n’avait pas déjà assez répété son laïus. La Finlande, la Suède, l’Autriche, eux aussi, froncent les sourcils, parlent de coûts, de précédents dangereux. Un "effet domino", qu’ils appellent ça. Et si le corse, le breton ou je ne sais quelle autre langue régionale venait frapper à la porte ? Je tire une longue bouffée. L’Europe a peur de ses propres ombres.Je tourne la page, le papier crisse.

Cette histoire traîne depuis 2023, quand Pedro Sánchez a promis monts et merveilles aux indépendantistes catalans pour sauver son siège.

Le catalan, parlé par 9 à 10 millions d’âmes en Catalogne, à Valence, aux Baléares, et même dans des coins de France et d’Italie ; le galicien, avec ses 2,5 millions de locuteurs en Galice ; le basque, cette langue millénaire que 750 000 personnes chérissent au Pays basque et en Navarre – toutes co-officielles en Espagne depuis la Constitution de 1978. Mais à Bruxelles ? Que dalle. Quelques accords administratifs, des miettes : un ministre, comme Jordi Hereu en septembre 2024, peut parler catalan au Conseil s’il prévient à l’avance. La belle affaire.

Salvador Illa, le président de la Catalogne, a remis ça en février 2025, jouant les ambassadeurs à Bruxelles.

"Reconnaissez ces langues, dites aux 20 millions de locuteurs qu’ils sont européens !" qu’il a clamé. Un cri du cœur, mais l’UE préfère les dossiers bien rangés. Changer le règlement 1/1958, celui qui fixe les langues officielles, demande l’unanimité. Autant demander à un poivrot de partager sa bouteille. Les citoyens peuvent écrire aux institutions en catalan, basque ou galicien, et l’Espagne traduit. Mais au Parlement européen, sans traducteurs officiels, c’est le silence. Une discrimination déguisée en bureaucratie.

Je feuillette X sur mon portable, entre deux gorgées de vermut.

Des posts s’indignent : on parle de la richesse du catalan, du basque, du galicien, mais aussi du corse interdit dans certaines institutions françaises. Toujours le même refrain : les langues régionales, c’est la culture, l’identité, mais les États centralisateurs s’en méfient comme d’un pickpocket dans le Raval. Je referme le journal, écrasant mon cigare dans le cendrier. L’Europe, c’est une vieille dame qui aime ses habitudes. Le catalan, le basque, le galicien ? Ils attendront, coincés dans cette foutue boucle temporelle, pendant que Bruxelles sirote son café et regarde ailleurs.On parlera officiellement l'Ukrainien en Europe, faut fidéliser le nouveau client ! 

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2025 2 01 /07 /juillet /2025 10:54

"Nous fûmes les Guépards, les Lions ; ceux qui nous remplaceront seront les chacals et des hyènes… Et tous, Guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la Terre."

"Il voulait ramasser petit à petit, hors de l’immense tas de cendres du passif, les paillettes d’or des moments heureux."


LAMPEDUSA

[Giuseppe Tomasi di Lampedusa – né à Palerme, Sicile le 23 décembre 1896 – décédé à Rome le 23 juillet 1957]

« Si nous voulons que tout reste tel qu’il est, il faut que tout change. » Cette maxime, murmurée jadis par Tancredi dans les salons palermitains, résonne étrangement dans l’air lourd de Perpignan, où les passions politiques s’agitent comme des ombres sur les murs d’un palais en déclin. Dans ce théâtre des Pyrénées-Orientales, où l’identité catalane vibre encore dans les ruelles et les places, Joan Nou et son *Agissons Pays Catalans* tiennent le rôle de ces chroniqueurs mélancoliques, observateurs d’un monde qui s’effrite et se recompose sous leurs yeux. À l’approche des municipales de mars 2026, ils scrutent, depuis leur bastion du *Cochon Hardi*, les soubresauts d’un dernier conseil municipal et les ambitions qui s’y dessinent, avec une préférence marquée pour une étoile montante : Annabelle Brunet.

Un conseil municipal aux airs de bal sicilien

Dans la salle du conseil municipal de Perpignan, les échanges entre Bruno Nougayrède et Louis Aliot ont des allures de valse âpre, où chaque pas cache une feinte. Nougayrède, tel un prince libéral aux manières soignées, brandit les résultats d’une consultation citoyenne comme un étendard : 42 % des Perpignanais, dit-il, ont perdu leur fierté pour la ville. Une accusation voilée, un défi jeté au maire, Louis Aliot, dont la silhouette imposante, héritier d’une droite nationale triomphante, semble défier l’opposition avec une assurance de condottiere. Aliot, dans un souffle, accuse Nougayrède de n’être qu’un opposant systématique, un homme qui rêve déjà des lauriers de 2026. Ce duel, Joan Nou l’observe et le narre, comme un chroniqueur d’une époque où les rivalités personnelles se mêlent aux destinées collectives. Dans *L’Archipel contre-attaque*, il décrypte ces joutes avec l’œil d’un Lampédusa, où chaque mot cache un regret pour une grandeur perdue et une aspiration à un renouveau incertain.

 Les municipales de 2026 : un jeu d’ombres et de miroirs

À l’horizon de mars 2026, l’échiquier politique de Perpignan se peuple de figures, chacune portant son propre étendard. Agnès Langevine, désormais drapée des couleurs de Place Publique, tente de tisser une toile fragile entre la gauche et le centre, un rêve d’union qui vacille sous le poids des ambitions et des rancunes. Elle est rejointe, dans cet effort, par des ombres comme Mathias Blanc ou les membres de *Perpignan Autrement*, mais la concorde semble aussi lointaine qu’un mirage dans les Albères. D’autres noms émergent, tels des étoiles dans un ciel crépusculaire : Mickaël Idrac, porteur de l’ardeur insoumise ; Nicolas Berjoan, chantre des idéaux écologistes ; Salima Baaziz, voix de Génération.s ; et Christophe `Euzet, dont l’ombre est ternie par une inéligibilité temporaire, mais dont l’ambition persiste comme un parfum dans l’air. Ces figures, Joan Nou les observe avec une mélancolie lucide, conscient que l’union, si précieuse, risque de s’effilocher comme un tissu usé.

 Annabelle Brunet : une lueur dans la pénombre ?

Au milieu de ce ballet d’ambitions, une silhouette se détache, celle d’Annabelle Brunet, conseillère départementale du Vernet, dont le nom résonne dans la bouche de Joan Nou comme une promesse. Elle incarne, à ses yeux, une synthèse rare : la modération d’un centre catalaniste, l’ancrage d’une femme du territoire, et une capacité à parler autant aux cœurs de gauche qu’à ceux déçus par la gestion d’Aliot. Brunet, encore hésitante à franchir le pas d’une candidature, est pour Nou une figure presque lampédusienne : celle qui pourrait, sans bouleverser l’ordre ancien, apporter un souffle nouveau. Comme Tancredi, elle semble comprendre que pour préserver l’âme catalane de Perpignan, il faut savoir naviguer entre les écueils des vieilles rivalités et les aspirations d’un peuple las des promesses non tenues.

Joan Nou et *Agissons Pays Catalans* : les gardiens de l’âme catalane

Dans ce théâtre politique, Joan Nou et *Agissons Pays Catalans* jouent un rôle singulier. Ils ne sont ni princes ni révolutionnaires, mais des chroniqueurs d’un temps en mutation, des gardiens d’une identité catalane qui refuse de se plier aux vents de l’uniformité. Depuis *L’Archipel contre-attaque*, ils tissent un récit où Perpignan, tel un palais sicilien, oscille entre grandeur passée et incertitudes futures. Leur soutien à Annabelle Brunet n’est pas qu’un choix stratégique ; il est une profession de foi, une croyance qu’un renouveau est possible sans renier les racines. Comme le Guépard, ils savent que tout changement véritable doit porter en lui la mémoire de ce qui fut.

 Une élégie pour Perpignan

Ainsi, dans les Pyrénées-Orientales, le débat politique s’écrit comme une fresque où se mêlent ambition, mémoire et désillusion. Joan Nou, avec *Agissons Pays Catalans*, observe ce monde en mouvement, conscient que, pour que Perpignan reste fidèle à elle-même, il faudra peut-être que tout change. Annabelle Brunet, dans leur regard, est une lueur, un espoir fragile dans un ciel chargé de nuages. Mais, comme le prince de Salina le savait jadis, les étoiles nouvelles ne brillent que si l’on accepte de voir s’éteindre les anciennes. À l’approche de 2026, Perpignan attend son heure, entre ombre et lumière, dans l’attente d’un destin qui reste à écrire.

Partager cet article
Repost0
20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 10:19

"Cette fois, son regard était au loin, elle m’offrait son profil à contempler, sa peau hâlée d’un grain si pur. La douceur aurait-elle un teint, ce serait le sien ; le mystère aurait-il une lueur, ce serait la sienne. J’en avais les joues moites, les mains froides. Le bonheur battait mes tempes. Dieu, qu’elle était belle, ma première image de l’Orient "


Samarcande
Amin Maalouf

 


Dans les vallées ensoleillées des Pyrénées-Orientales, où la langue catalane chante encore dans les ruelles de Perpignan et les villages perchés, une initiative inattendue ravive l’espoir de sa pérennité. Amin Maalouf, écrivain franco-libanais et secrétaire perpétuel de l’Académie française, a apporté un soutien retentissant au Collectif pour les littératures en langues régionales, qui a présenté ce lundi un recueil intitulé Florilangues. Ce corpus, riche de 32 textes issus des langues de France – du créole martiniquais au tahitien, du basque au corse – inclut la langue catalane, dont la présence dans ce projet pourrait marquer un tournant pour son avenir en France.

La langue catalane, parlée dans ce qu’on appelle la Catalogne Nord, n’est pas un simple vestige du passé.

Elle est une voix vivante, portée par des poètes, des chanteurs et des conteurs, qui continue de tisser l’identité d’une région à la croisée des cultures méditerranéennes. Pourtant, son enseignement et sa visibilité dans l’espace public français restent limités, souvent relégués à des initiatives locales ou associatives. Le soutien d’une figure comme Amin Maalouf, dont l’Académie française incarne la défense de la langue française, est un signal fort. Lui, dont les romans explorent les ponts entre les civilisations, voit dans les langues régionales, dont le catalan, des trésors culturels à partager avec tous. « Il est nécessaire que les élèves de France aient connaissance de ces richesses », écrit le collectif dans une lettre adressée au Premier ministre François Bayrou, béarnais de langue, et à la ministre de l’Éducation Elisabeth Borne, proposant d’intégrer ces littératures dans les programmes scolaires.


Florilangues, qui paraîtra en 2026 aux éditions L’Aucèu libre, spécialiste de l’occitan, met le catalan à l’honneur aux côtés d’autres langues.

Ce recueil, pensé pour les collèges et lycées, ne vise pas à enseigner la langue catalane en tant que telle, mais à faire découvrir ses œuvres littéraires, en version bilingue ou traduites en français. Parmi les textes, on pourrait imaginer des extraits de poètes catalans comme Jacint Verdaguer, dont les vers vibrent d’une universalité intemporelle, ou des chansons traditionnelles qui résonnent encore dans les fêtes populaires de Catalogne Nord. « Pourquoi seuls les élèves catalans devraient-ils découvrir leur littérature ? » s’interroge le collectif, porté par une vision universelle. Un lycéen breton, un collégien parisien ou une écolière antillaise pourraient, grâce à ce projet, s’émerveiller devant la musicalité du catalan et la profondeur de son imaginaire.
« Le soutien d’Amin Maalouf est révolutionnaire », a déclaré Michel Feltin-Palas, journaliste et membre du collectif, lors d’une visioconférence.

Cette reconnaissance, venant d’une institution souvent perçue comme gardienne exclusive du français, brise un tabou.

Elle affirme que le catalan, comme les autres langues régionales, n’est pas une menace pour l’unité nationale, mais une richesse à partager. Céline Piot, historienne et membre du collectif, insiste : « Notre démarche s’adresse à tous les élèves de France. Il ne s’agit pas de cloisonner, mais d’ouvrir. » Ainsi, un élève de Marseille pourrait découvrir la légende catalane de Sant Jordi, tout comme un habitant de Perpignan pourrait s’émouvoir devant une chronique en breton ou une poésie en tahitien.

Pour la langue catalane, ce projet est une lueur d’espoir. En France, où elle est parlée par environ 100 000 personnes, selon des estimations, elle souffre d’un manque de visibilité institutionnelle.

L’enseignement bilingue français-catalan existe dans certaines écoles, comme les escoles bressola, mais reste marginal. L’intégration de textes catalans dans un recueil national, soutenu par une figure comme Maalouf, pourrait encourager une reconnaissance plus large, non seulement dans l’éducation, mais aussi dans la sphère culturelle. Ce n’est pas seulement une question de préservation : il s’agit de faire vivre le catalan, de le faire entendre dans sa poésie, sa verve, son humour, au même titre que le français ou toute autre langue.
Comme l’écrivait Amin Maalouf dans ses œuvres, les cultures ne prospèrent pas dans l’isolement, mais dans l’échange. La langue catalane, avec sa douceur méditerranéenne et son héritage millénaire, trouve dans Florilangues une tribune pour dialoguer avec le reste de la France.

Ce recueil, en plaçant le catalan aux côtés du provençal de Mistral, du créole de Raphaël Confiant ou du picard d’Alexandre Desrousseaux, rappelle que la diversité linguistique est une symphonie, et non une cacophonie.

Pour les Catalans de France, et pour tous ceux qui chérissent cette langue, l’engagement de Maalouf est un appel à rêver plus grand : un avenir où le catalan, loin d’être confiné aux marges, brillera comme un joyau au cœur de la mosaïque française.

Vous pouvez aussi citer la pétition :https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/vraie-place-litteratures-langues-regionales-programmes/193595

"Monsieur le Ministre,

Le patrimoine littéraire français ne se limite pas aux productions écrites en langue française. Depuis des siècles, la création poétique, narrative, théâtrale, argumentative en langues dites « régionales » est abondante et éminemment digne d’intérêt. 

Or, comme ce fut longtemps le cas de la littérature féminine, tout cet archipel de créations écrites est aujourd’hui largement ignoré par les programmes scolaires de notre pays. Et donc par la majeure partie des Français. 

Afin de mettre un terme à cette injustice, nous demandons que ces programmes soient reconsidérés et intègrent officiellement l’enseignement d’œuvres créées par des autrices et auteurs qui, pour être ancrés dans leur culture « régionale », n’en ont pas moins une portée universelle.

La France ne s’émeut guère d’une contradiction profonde entre ses déclarations d’intention et son action réelle. Elle s’enorgueillit de posséder une littérature mondialement reconnue, récompensée cette année encore par un prix Nobel, attribué à une femme. Elle se bat sans relâche, sur la scène internationale, pour que la langue française et sa littérature soient respectées et diffusées. Elle prodigue à tous ses enfants un enseignement qui accorde une place ambitieuse et méritée à nos œuvres littéraires. 

Et pourtant, dans ce pays tellement attaché à la culture et aux droits de l’Homme, on peut constater avec effarement que la plupart de nos concitoyens ignorent qu’il existe des milliers d’œuvres littéraires écrites chez nous dans d’autres langues que le français. 

S’ils ne le savent point, c’est bien, hélas ! Parce que notre système éducatif ne leur a jamais enseigné cette réalité. Héritier d’une tradition de mépris remontant à l'Ancien Régime puis théorisée sous la Révolution par l’abbé Grégoire, ce système passe volontairement sous silence ces milliers d’œuvres ainsi que ceux qui les ont écrites et les écrivent aujourd’hui encore, malgré les difficultés qu’ils rencontrent.

Les langues « régionales » elles-mêmes, dont l’enseignement demeure soumis au régime de l’incertitude et de la précarité, malgré les rappels à l’ordre répétés des instances culturelles internationales, se voient dédaignées par les autorités de ce pays. 

Car le fait qu'au fil des ans, et non sans mal, quelques améliorations aient pu être apportées à leur statut grâce à quelques textes législatifs ou règlementaires n'empêche pas que trop souvent, faute de moyens et de bonne volonté de la part des décideurs de terrain, l'application concrète de ces textes soit fortement entravée. A fortiori, les littératures de ces autrices et auteurs – alsaciens, basques, bretons, catalans, corses, créoles, flamands, occitans, et de toute autre langue de France, y compris bien sûr des outre-mer – sont victimes d’une idéologie étriquée, exclusive et excluante. 

Quand on trouve dans les manuels une référence, par exemple à tel ou tel troubadour, cela reste marginal et parfois scientifiquement erroné. Il est grand temps que cette situation évolue.

Au fond, rien n’empêche – si ce n’est certaines volontés politiques influentes et figées – qu’un enseignement portant sur ces œuvres et ces autrices et auteurs soit dispensé aux élèves, au fil des divers cycles, du primaire jusqu’au baccalauréat. Il est parfaitement envisageable de les faire étudier, en traduction française ou, mieux encore, en version bilingue. Contes, poèmes, romans, pièces de théâtre… Peuvent être abordés sous forme d’extraits ou d’œuvres intégrales. Par exemple dans le cadre des progressions pédagogiques de la matière français ou, en lycée, dans celui de l’enseignement de spécialité « humanités, littérature et philosophie », on aborde déjà fréquemment des textes d’auteurs traduits de langues étrangères ou de l’Antiquité : il est parfaitement possible d’y intégrer les textes dont nous parlons, des œuvres de qualité qui pourraient dialoguer avec la littérature européenne écrite dans d'autres langues, dont le français. 

On pourrait aussi considérer que les enseignants de chaque région mettent prioritairement l’accent sur des œuvres issues de celle-ci mais, au-delà de ce principe, il serait bon que chaque élève soit sensibilisé à l’existence de cette foisonnante diversité littéraire de notre pays.

   Si Annie Ernaux est « notre » nouveau prix Nobel de littérature, Frédéric Mistral, en son temps, le fut aussi. Il écrivait en provençal, et de cela la quasi-totalité des Français n’a strictement aucune connaissance. Œuvrons pour mettre un terme à cette aberration. Agissons au bénéfice de tous, à commencer par notre jeunesse : l'ouverture des programmes sur notre diversité interne est un premier pas vers un nouvel humanisme ouvert à l’Autre."

Partager cet article
Repost0
9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 18:32


"Il n'y a rien de si facile que cela ne devienne difficile avec une mauvaise attitude."
Cette citation reflète l'accent mis par Vives sur l'importance de l'état d'esprit pour surmonter les défis, un thème récurrent dans ses écrits sur l'éducation et le développement personnel.

"Il n'y a pas de miroir qui reflète mieux l'image d'un homme que ses paroles."
Cela met en évidence la croyance de Vives en la puissance du langage comme reflet du caractère et de l'intellect, en accord avec son focus humaniste sur la rhétorique et la philosophie morale.

"Il ne peut y avoir de bonté là où il n'y a pas de connaissance de celle-ci."
Cette citation souligne l'idée de Vives selon laquelle la vertu morale est liée à la compréhension et à l'éducation, une idée clé dans ses œuvres comme De Anima et Vita.

 


À la manière de Marc Bloch, historien attentif aux dynamiques sociales, culturelles et économiques qui façonnent les institutions, abordons la question de l’engagement de l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) dans le réseau de l’Institut Joan-Lluís Vives. https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_Llu%C3%ADs_Vives

Comme Bloch, nous interrogerons les structures, les intentions et les effets concrets de cette participation, en scrutant les interactions entre l’université, son réseau transfrontalier et la ville de Perpignan, tout en évaluant les retours sur investissement (ROI) potentiels, non seulement économiques, mais aussi culturels et sociaux.

I. Une institution dans son territoire : l’UPVD et le réseau Joan-Lluís Vives

L’historien, tel un artisan scrutant les fibres d’un tissu social, doit d’abord situer l’UPVD dans son contexte. Fondée en 1349, l’université de Perpignan est ancrée dans une région, la Catalogne Nord, où l’identité catalane, bien que minoritaire en France, reste vive. Son intégration au réseau Joan-Lluís Vives, créé en 1994 pour fédérer les universités des Pays catalans https://fr.wikipedia.org/wiki/Xarxa_Vives_d%27universitats, s’inscrit dans une volonté de transcender les frontières administratives pour revitaliser un espace culturel et linguistique commun. Ce réseau, réunissant 22 institutions de Catalogne, de Valence, des Baléares, d’Andorre et de la Catalogne Nord, ambitionne de promouvoir la langue catalane, la recherche collaborative et les échanges académiques.
L’UPVD, à travers son Institut Franco-Catalan Transfrontalier (IFCT), joue un rôle singulier : elle est la seule université française du réseau, un pont entre la France et les territoires catalans du sud. Mais cette participation est-elle pleinement optimisée ? Bloch nous inviterait à examiner les faits, à confronter les ambitions proclamées aux réalités tangibles, et à interroger les dynamiques économiques et culturelles qui en découlent pour Perpignan.

II. Une participation active, mais inégale

L’engagement de l’UPVD dans le réseau Joan-Lluís Vives se manifeste par plusieurs initiatives concrètes. L’IFCT, créé pour promouvoir la langue et la culture catalanes, coordonne des formations, notamment pour les enseignants bilingues, avec 28 personnels formés en 2025 en partenariat avec l’Office public de la langue catalane (OPLC) et la DSDEN. Des programmes comme la licence et les masters en études catalanes, ainsi que des certificats numériques (PIX), renforcent la professionnalisation des étudiants. La Maison des Pays Catalans, inaugurée en 2008 avec un financement européen, est un symbole de cette coopération transfrontalière, servant de hub pour la recherche et la mobilité étudiante.
Cependant, à la manière de Bloch, qui scrutait les failles des systèmes féodaux, on peut questionner l’ampleur de cette participation. Les échanges académiques, bien que réels, semblent limités par des contraintes structurelles : faible nombre d’étudiants en catalan (environ 8 945 étudiants à l’UPVD, mais une minorité dans les filières catalanes) et manque de visibilité des actions de l’IFCT au-delà des cercles académiques. Les collaborations de recherche, notamment dans les domaines de l’histoire, de la linguistique et des énergies renouvelables, restent prometteuses, mais leur impact direct sur Perpignan est difficile à quantifier. Bloch nous rappellerait que l’efficacité d’une institution ne se mesure pas seulement à ses intentions, mais à sa capacité à transformer les structures sociales et économiques environnantes.

III. Retours sur investissement pour Perpignan : une analyse multidimensionnelle

Pour évaluer les retours sur investissement, Bloch nous pousserait à examiner les effets à plusieurs échelles : économique, social et culturel.

    Retombées économiques :
    La participation de l’UPVD au réseau Joan-Lluís Vives attire des financements européens (ex. : programme INTERREG IIIA pour la Maison des Pays Catalans) et favorise la mobilité étudiante, ce qui stimule l’économie locale (logement, commerces). L’IFCT, en formant des enseignants bilingues, contribue à répondre à la demande croissante pour l’enseignement du catalan dans les écoles des Pyrénées-Orientales, où 4 000 élèves étudient la langue. Cependant, ces retombées restent modestes face à l’économie globale de Perpignan, marquée par un taux de chômage élevé (environ 10 % en 2025) et une dépendance au tourisme. L’absence de projets d’envergure, comme des partenariats industriels transfrontaliers via le réseau, limite l’impact économique direct.
    Retombées culturelles :
    L’UPVD, en promouvant la langue et la culture catalanes, renforce l’identité de Perpignan comme capitale de la Catalogne Nord. Les événements culturels organisés par l’IFCT et la Maison des Pays Catalans (conférences, expositions) dynamisent le rayonnement de la ville, attirant des chercheurs et des étudiants des autres universités du réseau. Cette visibilité culturelle peut renforcer le tourisme patrimonial, un atout pour Perpignan, qui mise sur son héritage catalan (ex. : Palais des Rois de Majorque). Toutefois, la faible diffusion de ces initiatives auprès du grand public local freine leur impact.
    Retombées sociales :
    La formation d’enseignants bilingues et l’engagement dans des projets transfrontaliers renforcent les liens entre la Catalogne Nord et la Catalogne Sud, favorisant une cohésion sociale transfrontalière. Cependant, l’UPVD peine à mobiliser la population locale au-delà des cercles académiques, ce qui limite l’appropriation collective de ces initiatives. Bloch, attentif aux solidarités communautaires, noterait que le réseau Joan-Lluís Vives reste un projet élitiste, peu intégré dans le tissu social perpignanais.

 

IV. Une optimisation perfectible : les leçons de Bloch
Marc Bloch nous inviterait à ne pas juger l’UPVD uniquement sur ses réalisations, mais sur sa capacité à anticiper et à répondre aux besoins de son temps. L’université tire parti du réseau Joan-Lluís Vives pour renforcer son identité catalane et son positionnement transfrontalier, mais son optimisation reste inachevée. Pour maximiser les retours sur investissement, plusieurs pistes pourraient être explorées :

    Renforcer la visibilité : Promouvoir les activités de l’IFCT auprès des habitants et des entreprises locales pour ancrer le réseau dans le tissu économique et social.
    Élargir les partenariats : Développer des collaborations avec des acteurs économiques transfrontaliers (ex. : tourisme, énergies renouvelables) pour amplifier les retombées économiques.
    Accroître la mobilité : Intensifier les échanges d’étudiants et de chercheurs avec les universités du réseau pour faire de Perpignan un hub académique régional.

Conclusivité

L’UPVD, par son engagement dans l’Institut Joan-Lluís Vives, joue un rôle pionnier dans la préservation de l’identité catalane et la coopération transfrontalière. Cependant, comme Bloch l’aurait analysé, les structures et les dynamiques en place révèlent des limites : une portée économique modeste, une diffusion culturelle insuffisante et une intégration sociale perfectible. Pour Perpignan, les retours sur investissement potentiels – économiques via le tourisme et la formation, culturels via le rayonnement identitaire, sociaux via la cohésion transfrontalière – existent, mais leur pleine réalisation dépend d’une stratégie plus ambitieuse et inclusive. À l’image des analyses de Bloch, c’est en scrutant les interstices entre les intentions et les réalités que l’UPVD pourra transformer son engagement en un levier de développement pour la ville.
Sources : Site de l’UPVD, Institut Joan-Lluís Vives (vives.org), rapports d’activités de l’IFCT, informations sur la Maison des Pays Catalans.

Partager cet article
Repost0