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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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  • Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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4 août 2025 1 04 /08 /août /2025 21:47

“Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre. ”
Rainer Maria Rilke

“Mr Bond, vous avez la fâcheuse habitude de survivre”
 Louis Jourdan / Octopussy 

Perpignan, sous la cendre : Annabelle Brunet sort de l’ombre

Perpignan, août 2025. La ville suffoque sous un ciel de plomb, où les néons de la mairie jettent une lumière sale sur les pavés. Les municipales de 2026 approchent, et l’odeur de la poudre flotte déjà dans l’air. Annabelle Brunet, avocate au regard qui coupe comme un rasoir, vient de s’asseoir à la table du conseil municipal. Un siège encore chaud, abandonné par Yves Guizard, qui a claqué la porte le 1er août avec un mot laconique, comme on laisse un flingue vide sur la table. Sa chaise, Brunet l’a prise sans un mot, le 26 septembre, suivant sur la liste de 2020. Dans ce nid de vipères qu’est la mairie, où Louis Aliot, le caïd du Rassemblement National, tient encore le manche, son arrivée sonne comme un chargeur qu’on enclenche.

Une silhouette dans la fumée

Brunet, c’est pas une gamine qui découvre le jeu. Elle a grandi dans l’ombre des ruelles catalanes, fille de Raymond Brunet, un ancien qui connaissait les règles du conseil. Adjointe de Jean-Marc Pujol, le maire LR balayé par Aliot en 2020, elle a appris à lire entre les lignes des dossiers municipaux, à flairer les coups tordus. En 2021, elle a planté son drapeau au conseil départemental, sur le canton du Vernet, avec Benoît Castanedo, un dur du Foyer Laïque. Ensemble, ils ont fait parler les pavés, ramassant les voix des habitants comme on ramasse des douilles après une fusillade.

Sa dernière carte, c’est *Primavera*, un coup monté en juin 2025. Une plateforme où 250 âmes sont venues vider leur sac : Perpignan, c’est la crasse, l’insécurité, une ville qui se traîne comme un ivrogne. Brunet écoute, note, calcule. Centriste, elle joue les funambules, fricotant avec Unitat Catalana et son boss, Mathieu Pons-Serradeil, tout en lorgnant vers les socialistes, comme Carole Delga, la reine de l’Occitanie. Elle avance masquée, mais ses yeux trahissent une faim : le fauteuil d’Aliot.

Nougayrède, l’autre gâchette

En face, il y a Bruno Nougayrède, le genre de type qui vous regarde comme s’il avait déjà votre numéro. Patron d’Élidia, costume taillé pour intimider, il est le poil à gratter d’Aliot depuis 2020. Conseiller municipal et communautaire, il tire à vue : une consultation citoyenne en 2024, 3 000 voix qui crachent leur bile. 42 % des Perpignanais disent que leur ville est une honte – propreté en chute libre, sécurité en lambeaux. Il a même traîné la mairie devant les juges pour des histoires de comptes opaques, le genre de coup qui fait trembler les murs. Nougayrède veut Perpignan comme on veut un vieux compte à régler.

Mais Brunet, elle joue pas dans la même cour. Lui, c’est un marteau ; elle, une lame. Lui rêve d’un grand “rassemblement” à droite, elle veut fédérer du centre-gauche aux Républicains, en passant par les catalanistes. Lui cogne, elle glisse. Aliot, lui, regarde ça depuis son trône, avec une condamnation qui pend au-dessus de sa tête – six mois ferme, trois ans d’inéligibilité pour une affaire d’assistants bidons, en attente d’appel. Il est blessé, mais pas à terre.

 Duel dans la pénombre

Le 26 septembre 2025, Brunet s’installe au conseil, et la salle sent la sueur et la méfiance. Les regards s’entrechoquent comme des lames dans un coupe-gorge. Aliot, sourire en coin, sait que l’opposition est un panier de crabes. Nougayrède, avec son *100% Perpignan*, veut tout rafler. Brunet, elle, sort *Primavera* comme un atout, avec ses 250 fidèles et son discours de “ville unie”. Mais d’autres ombres rôdent : Agnès Langevine, la "droite honteuse" de Place publique, Christophe Euzet, l’ex-macroniste en quête de rédemption "out invalidé", et David Bret, qui brandit encore le drapeau LR s'il a jamais existé . Trop de flingues, pas assez de cibles.

Dans ce bouge, une seule vérité : si Brunet et Nougayrède se canardent, Aliot passera entre les gouttes, même avec son casier. Elle parle d’une cité qui “agit”, lui d’une ville qui “retrouve sa fierté”. Deux calibres, une seule balle. Perpignan, ville de cendres, attend le prochain coup de feu.

**Sources** :  
- *L’Indépendant*, “Les rangs de l’opposition se réorganisent à la mairie de Perpignan : un conseiller municipal démissionne, une de ses colistières fait son entrée”, 4 août 2025  
- *Made in Perpignan*, “Conseil municipal Perpignan - Une démission permet à Annabelle Brunet d’intégrer l’opposition à la mairie”, 4 août 2025  
- *L’Indépendant*, “Annabelle Brunet lance une plateforme de consultation des habitants de Perpignan en vue des élections municipales de 2026”, 7 juillet 2025  
- *L’Indépendant*, “Municipales 2026 à Perpignan : les premiers pas d’un front commun d’opposition à Louis Aliot”, 26 mai 2024


Extrait du film : "Le Bon, la Brute et le Truand" 1966 Sergio Léone

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