La révolution m'intéresse, elle m’attire. Ce trait de caractère m’a causé, dans le temps, quelques ennuis avec la police et la justice. Quand j’entends, donc, le mot «révolution» mes oreilles se dressent et je commence à ressentir la pulsion de la révolte. Vous pouvez facilement imaginer, alors, que si à Madrid ou Barcelone (et Lleida, et Girona ...) il y a des places remplies des gens que s’autoproclament révolutionnaires je veuille aussi en être. Après avoir reçu un appel via Twitter et Facebook pour "s’indigner" ensemble sur la place de la République à Perpignan -un dimanche après-midi, quand les rues de Perpignan son fréquentés que par des mélancoliques suicidaires- je me suis senti moralement obligé d'y aller, même si c’était l’heure habituelle ou je fais ma partie de cartes du dimanche tout en buvant l’apéro...
J'y suis allé, aussi, parce que j'ai toujours eu à l'esprit les vers du poète catalan Salvat- Papasseit: “Que es guaiti ciutat/des de la finestra/i es sentin els clams/de guerra o de festa:/per ser-hi tot prest si arriba una gesta” ( "Qu’on voit la ville/ depuis la fenêtre/ et entendre les cris/ de guerre ou de fête/ pour être tout près si le grand jour arrive"
Le grand jour, je vous rassure, n'est pas encore arrivé. J’aurais mieux fait de rester sur ma partie de cartes en buvant mon Martini.
Il y avait quatre chats mal comptés (quatre chiens, plutôt) avec des références constantes à la "révolution espagnole” et qui prenaient le frais. Deux ou trois militants historiques du trotskisme, cinq ou sis anarchistes imperturbables, la leader du Parti socialiste français à Perpignan... en tout une cinquantaine de personnes. Du jeune militant de gauche de bonne foi aux résidents espagnols qui faisaient mine d’être Plaza del Sol à Madrid (la Plaça de Catalunya de Barcelone? connais pas!) en passant par les marginaux avec leurs animaux. Je n'ai rien contre les gens qui ont choisi de vivre “en marge” entourés de chiens, même j'aurai une certaine sympathie pour eux. Mais qu'ils ne veuillent me faire croire qu’ils sont des révolutionnaires! Que en dormant en plein air, sur une place en centre ville, vont changer la société!
Faire du bruit avec des casseroles c’est est une chose, faire la révolution en est une autre. Les places qu'ils considèrent comme mythiques, les places révoltés des pays d'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, étaient remplies de gens de tous horizons, surtout des classes populaires. Et sa révolte était -et elle est encore- vrai, loin d'esthétiques révolutionnaires bidon. Ils se révoltent et meurent -si nécessaire- pour des choses aussi simples que la liberté d'expression, du travail et de la démocratie (Ah, le vilain mot!). Et, surtout, pour exercer librement leur droit de vote. Ce droit de vote que nombreux occupants des places en Espagne et dans les Pays Catalans refusent d’exercer -comme des enfants gatés qui font un caprice avec ses parents-..
La révolution m'intéresse, oui, et je la crois toujours possible. Surtout quand je vois que le travail silencieux et constant des jeunes -et vieux- révolutionnaires catalans porte ses fruits. Quand je vois que en plein chaos économique et nationale les révolutionnaires CUP (Candidatures d’Unitat Popular) ont multiplié le pourcentage des votes obtenus par quatre ou cinq (à l’heure ou j'écris cet article, les chiffres ne sont pas encore tout à fait exactes) aux élections municipales en Catalogne. La révolution veut du sacrifice, travail anonyme, de la volonté et faire partie du peuple, pas rester en marge et donner des leçons. Une fois le travail accompli, si vous voulez, on ira dormir sur la place avec des camarades, mais moi j’ai peur d’avoir mal partout le lendemain...
http://blogs.elpunt.cat/aleixrenye/2011/05/23/la-revolucio-aixo-au-va-2/