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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 10:22
Avion:Philippe Jarry, le promoteur de l'A 380, parle de son père pilote de reconnaissance au Mas Palégry! interview par Nicolas Caudeville

Samedi 11 juillet, l'ancien directeur marketing de l'A380, Philippe Jarry était présent au Mas Palégry. L'occasion de revenir avec lui sur sa passion de l'aviation et sur sa carrière au sein d'Airbus et de présenter son livre.

Marc Noetinger parle de Philippe Jarry

:"Une histoire me lie avec Philippe JARRY, je dirais même un avion, le REPUBLIC RF-84F "Thunderflash"... en effet, nos pères respectifs ont volé sur ce jet après guerre dans le même escadron le 1/33 "Belfort"...
Dans deux recueils, Philippe JARRY présente la vie d'un pilote de chasse et de reconnaissance, son père, le général Pierre JARRY.
Passant par le P-47 "Thunderbolt", le fameux P-38 "Lightning" puis sur "Bearcat"... ensuite sur T-33, puis F-84G "Thunderjet" pour en 1955 intégrer en France le RF-84F avion de reconnaissance à aile en flèche, doté de 6 caméras dans le nez ...
et en 1960, l'arrivée des Mirage III.
Ce livre couvre une période extrêmement intéressante et fondatrice pour l’armée de l’air, au cours de laquelle se sont dessinées les grandes orientations de notre Défense. Ce travail impressionnant de précision témoigne d’une recherche historique extrêmement sérieuse, complétée par les écrits de Pierre Jarry, officier talentueux, qui commente son ascension dans la hiérarchie militaire jusqu’aux étoiles, ses vols sur de nombreux appareils, ses attentes et ses regrets, sa famille, et donne son avis sur les choix militaires et politiques de l’époque. Il permet de mieux comprendre comment s’est structurée l’armée de l’air à partir des années cinquante et quel rôle important elle a joué."

Philippe JARRY a un parcours des plus atypique puisqu'il fut vice président de l'Airbus AXXX, qui deviendra l'Airbus A380..."

Entretien

Voir aussi:

Mas Palégry:les 20 ans de la disparition de Charles Noetinger! interview de Marc Noetinger par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2015/07/mas-palegry-les-20-ans-de-la-disparition-de-charles-noetinger-interview-de-marc-noetinger-par-nicolas-caudeville.html

Aviation: Bernard Bacquié l'ex pilote de ligne devenu écrivain! interview par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2015/07/aviation-bernard-bacquie-l-ex-pilote-de-ligne-devenu-ecrivain-interview-par-nicolas-caudeville.html

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 00:29
http://actualite.co/: fabriquez votre propre Garofi!

Et oui, la nouvelle d'hier,Le Qatar s'installe dans les PO ? d'après le site actualite.co était un faux. Ce site propose de créer une blague et de piéger sur le réseau sociaux. C'est une manière de fabriquer son propre Garofi. Il incite par ailleurs à toujours vérifier une information et sa source....

Voir aussi:

Le Qatar s'installe dans les PO ? d'après le site actualite.co

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2015/07/le-qatar-s-installe-dans-les-po-d-apres-le-site-actualite-co.html

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 15:02
http://www.actualite.co/77153/le-qatar-s-installe-dans-les-po.html
http://www.actualite.co/77153/le-qatar-s-installe-dans-les-po.html

Trouvé sur le site actualite.co"La société Qatar Sports Investment devrait être actif dans les semaines à venir dans les Pyrénées Orientales. En effet, l'information provint de la Chaine Qatarienne Al Jazeera Sport, c'est une bombe qui devrait avoir pas mal de répercutions dans les médias. On parle de construction de complexes hôteliers sur l'une des stations balnéaire Nord-Catalane ainsi qu'un investissement parmi un club sportif de la ville de Perpignan, on connait pour l'heure aucune information supplémentaire à ce sujet. L'USAP est il sur le point de se faire racheter afin de décrocher les sommets du Rugby Mondial dans les années à venir ? Parle t-on des Dragons Catalans, dans l'idée de développement et la promotion du Rugby à XIII ? On connait la passion pour le Football dans les pays du Golf, s’agit t-il d'un des clubs de Foot de la ville de Perpignan, l'OC Perpignan, ou le Perpignan FC, pour espérer voir à long terme un club des P.O. parmi l’élite national ? Voilà de quoi faire rêver le Roussillon à un "Dubai" version Catalan et à une structure sportive à l'image du PSG de Nasser Al Khelaifi (Photo ci-dessous en compagnie du Prince Al-Thani durant une rencontre du tournoi de Tennis de Wimbledon)."

Le Qatar avait déjà proposé son soutien à l'USAP, il y a quelques années, via le club de foot de Barcelone le Barça, mais la direction du club avait à l'époque refusé.

L'archipel contre attaque avait plaisanté par le billet d'un article de Sébastien Navarro, qui avait déchaîné les passions:

Le Qatar sur les startings-blocks pour acheter le Canigou!

Celui-ci était-il une prophétie ?

Voir aussi:

Le Qatar sur les startings-blocks pour acheter le Canigou! par Sébastien Navarro

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/05/le-qatar-sur-les-startings-blocks-pour-acheter-le-canigou-par-sebastien-navarro.html

http://actualite.co/: fabriquez votre propre Garofi!

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2015/07/http-actualite-co-fabriquez-votre-propre-garofi.html

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 10:24
LE GRAND REMPLACEMENT! par l'écrivain Henri Lhéritier

Cela n’avait servi à rien que je me suicide sinon que les murs de ma cuisine dégoulinaient encore de mon sang et que mon coup de fusil foireux n’avait réussi qu’à me briser la mâchoire, si tordue maintenant que je suis obligé de me faire servir les frites, liquides, et dans un gobelet.
À mon retour, l’amant de ma femme couchait toujours dans le lit conjugal. Croyant que j’allais mourir, on m’avait avoué, à l’hôpital, que mes enfants n’étaient pas de moi et en ouvrant le courrier auquel nul n’avait touché, je constatais que devais toujours autant d’argent à la banque et aux impôts. Le monde allait moins bien que moi encore, les philosophes déclinistes, oiseaux de mauvaise augure, prédisaient toujours la fin de la France.
Tout a commencé avec cette histoire d’escargots, me disais-je en me rasant. J’avais gagné du temps, c’était le seul avantage de mon suicide, désormais pour cette opération, je ne devais me ratisser qu’une partie de la gueule, ma moustache ne repoussait même plus, je n’avais plus besoin de gonfler mes joues devant ma glace ou de tordre mon visage, j’étais devenu naturellement grimaçant.
Que m’avait-il pris de me lancer dans l’élevage de ces animaux glaireux ? Ma situation était-elle si obérée ? Elever trois cent mille escargots, mon Dieu ? Un nombre qui n’a cessé de croître, ces individus hermaphrodites connaissent tour à tour les délices de la pénétration et ceux de l’éjaculation, jamais las de ces exercices, ils ne cessent de se monter dessus, mettons-nous à leur place.
Résultat : des milliers et des milliers de gastéropodes, invendables, ça bave, c’est mou, sans goût, je ne sais pas dans quel pays attardé on peut bouffer ces trucs, et infréquentables, beurk ! fait-on dès qu’on parle d’eux.
Quittant la cour, en bas, ils se mirent à envahir la maison, dès lors nous en trouvâmes partout, dans les lits, les cartons à chaussures, les boites de sucre, les dessous de mon épouse, partout, cela craquait sous le pied, écraser un escargot, on connaît la sensation lorsqu’on marche dans le jardin après la pluie, mais les sentir, sous les draps, ramper le long de vos cuisses, les écraser par milliers, nuit et jour, sur les escaliers, les tapis, entendre les projections, voir les murs maculés de cette pâte biologique glissante et malodorante est une calamité.
Ce fut ma fin, je crus que le « Grand remplacement » était en marche, les Arabes censés nous remplacer étaient des escargots. J’ai perdu la tête.
J’ai commis l’irréparable, mais je me suis raté.
Et les escargots sont toujours là.

Voir aussi, le tout meileur d'Henri Lhéritier:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/henri%20lheritier/

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 10:32
TU NE LA BAISERAS PAS! par l'écrivain Henri lhéritier

C’était un type simple, bien mis sur lui, plutôt affable, menant correctement sa vie, responsable, posé, respectueux des lois, des règlements, de la morale et de tout ça.
Un honnête homme, aurait-on dit dans un autre temps.
Il avait une faille, une seule mais de taille, une obsession, il voulait à tout prix coucher avec la princesse de Clèves. On avait beau lui dire que c’était une forteresse sur laquelle d’autres que lui s’étaient cassé les dents, par exemple Nemours, que cette princesse-là gardait son devant et ses arrières aussi sûrement que l’on garde une centrale nucléaire, que nul n’avait pénétré au cœur de sa pile, sauf Clèves lui-même, encore était-il bien vieux et inoffensif, qu’il était donc probable que de son vivant personne n’avait trouvé le chemin de son paradis, et qu’il serait donc miraculeux que lui-même y parvint. On lui disait encore, pour essayer de tempérer ses ardeurs, qu’en son temps la formidable ligne Maginot à nos frontières était plus franchissable qu’elle, preuve en était qu’un président de la république n’avait pu pénétrer dans celle-ci, tandis que les armées allemandes s’étaient frayés un large chemin dans celle-là.
On lui suggérait aussi que ce n’était peut-être pas un si bon coup, que tout ce qui brille n’est pas or, etc., rien n’y faisait, je la veux, je la veux, trépignait-il, je veux toucher ses seins, ses fesses, je veux voir ses yeux se révulser lorsque mon prodigieux phallus la clouera contre la tapisserie de « La dame à la licorne ». De toute éternité, je lui suis destiné, le ciel m’est témoin qu’elle sera mienne.
La révolution y est passée dessus, sur son cadavre voulait-on dire, et tant de guerres, de catastrophes, de chiens errants, de vers de terre qu’il ne doit plus rester que des os (c’était bien la peine de se protéger ainsi, pensais-je, pour n’avoir plus à proposer ensuite que des os blanchis), alors à quoi bon ! d’autant que c’était plutôt une poupée de papier cette princesse, et ses tétons, son sexe, son postérieur et ses inaccessibles charmes étaient plus des lettres et des mots en un certain ordre assemblés que de la chair tremblante et moelleuse. En vain, il s’opiniâtrait malgré tout.
Je le revis, un jour, en compagnie de son ami, ça va mieux, me dit celui-ci en aparté, la Clèves est sortie de sa tête.
Puis, après un moment, alors que l’amoureux éconduit de la princesse s’éloignait un peu, il me dit :
C’est pire, maintenant il veut se taper Emma Bovary.

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/henri%20lheritier/

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 10:13
Perpignan: demain, présentation livre Jacques Molénat "Notables, trublions et filous" à la librairie Torcatis, animé par Nicolas Caudeville

Depuis quarante ans, Jacques Molénat sillonne le Midi languedocien et catalan. Il a rencontré et interrogé les acteurs majeurs de la scène publique régionale. Avec gourmandise, il a enquêté sur leurs parcours, leurs méthodes, leurs entourages. Avec la même curiosité, il a croisé des révoltés, des insoumis et des fripons. De ces multiples rencontres, le journaliste a retenu, dans une galerie éclectique, 54 personnages hors normes dont il dresse des portraits précis et acérés.

Les lecteurs retrouveront, dans leur singularité, Georges Frêche et Jacques Blanc, Philippe Saurel et Robert Ménard, Christian Bourquin et Jean-Paul Alduy, François Liberti et Jean-Claude Gayssot, Alain Jamet et Jean-Claude Martinez, Jean-Michel Baylet et Pierre Fabre, René Koering et Louis Nicollin, Hélène Mandroux et Brigitte Barèges, et bien d’autres encore. Derrière les roueries de la comédie humaine, Jacques Molénat dévoile les ressorts, les ambitions, les cheminements, souvent tortueux, des hommes de pouvoir. Le romanesque n’est jamais loin.
L'archipel contre attaque animera le débat avec Jacques Molénat, par l'entremise de Nicolas Caudeville

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 10:26
Perpignan: un vernissage à la villa Duflot! interview de Véronique Lopez par Nicolas Caudeville

La villa Duflot est un lieu mythique de la vie Perpignanaise. On s'y marie, on y fait sa bar mitsva, on peu y croiser des stars venues pour des festivals (J'avais croisé durant les Estivales Lambert Wilson et Carmen Maora pour interview). Ce soir là, une association avait organisé un vernissage comme chaque été pour les femmes artistes Vebeca, Naty Dunkan et Françoise Plane-Comaills. Un monde fou déambulaient dans les jardins, formant ça et là des groupes de discussions, s'embrassant et félicitant au passage les artistes, le tout, une flûte de champagne à la main. Comme dans une vie parallèle à la morte Perpignan, on vivait la "dolce vita"

Après, il y eu le repas avec menu spécial, composé et cuisiné par le chef Michel Védrines: Tartare de loup à l'huile de noisette, les brochettes de tournedos de magret de canard et pour finir la marquise au chocolat et sa crème anglaise...Puis comme c'était l'anniversaire de Vebeca, le gâteau d'anniversaire et arrivée avec des crépitements lumineux. Puis on dansa, pendant que les enfants s'égayaient dans la piscine.

Vebeca, de son vrai Véronique Lopez, nous a parlé de sa passion pour la peinture

Perpignan: un vernissage à la villa Duflot! interview de Véronique Lopez par Nicolas Caudeville
Perpignan: un vernissage à la villa Duflot! interview de Véronique Lopez par Nicolas Caudeville
Perpignan: un vernissage à la villa Duflot! interview de Véronique Lopez par Nicolas Caudeville
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 15:21
Grèce/Europe: les négociations de la dette, comme dans Mad Max 2 avec Humungus! par Nicolas Caudeville

La troïka se comporte comme le loup avec l'agneau dans la fable de Lafontaine: "Les raisons du plus fort sont toujours les meilleurs, nous l'allons montrer tout à l'heure!"

Cela n'a rien à voir avec la justice. Puisque on nous dit, "on peut bien battre les grecs, se sont des voleurs" pour un peu, ils appliqueraient la charria et leurs feraient couper la main. Toutes ces "belles personnes" derrières leur cher costume, ne valent pas mieux que la horde d'Humungus dans Mad Max 2 qui face aux pionniers essaient de prendre la dernière raffinerie de pétrole après l'apocalypse nucléaire ( un film post-subprime) . Imaginez les même en costume trois piéces et en voiture de luxe, ce sont les mêmes. Voir le discours dans la vidéo en bas.Les voyous portent désormais des costumes...

Voir aussi:

Europe, la dette:De l'Esclavage des Grecs par Nicolas Caudeville

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/article-europe-la-dette-de-l-esclavage-des-grecs-par-nicolas-caudeville-112242386.html

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 22:28
 Perpignan:Place du Puig, une tyrolienne pour désenclaver le quartier gitan! par Sébastien Navarro

Jeudi 25 juin 2015, place Rigaud. Il est un peu moins de 14 heures et j’ai une demi-heure à tuer avant mon rancart. Je m’enfile dans la rue Emile Zola. Dépassant la médiathèque, je reviens sur mes pas par la rue de l’Université. Je marche à l’ombre. Un jeune pilotant un scooter assourdissant fend l’asphalte. Il est bronzé et n’a pas de casque. Un affreux sentiment d’insécurité écrase mon thorax. Quelques respirations enseignées par ma coach en sophrologie suffisent à dissiper le malaise. J’aborde la zone gitane avec une sérénité recouvrée. Rue des Farines, l’immeuble effondré en début d’année dernière laisse une béance inquiétante. En amont, la rue est barrée car d’autres immeubles sont menacés dans leurs fondations. Je suis obligé de rebrousser chemin et de prendre une autre rue. Ce sera celle de l’Anguille. Des coqs chantonnent, des câbles électriques pendent dans les rues, des ordures s’entassent dans le renfoncement des fenêtres. Saint-Jacques : quartier le plus pauvre de France. Quand je pense que bientôt cette enclave de misère va sortir de son isolement, des filaments de félicité me parcourent le ventre.

Deux Gitanes sont assises sur le pas de leur porte, à l’abri du soleil. Elles ne me regardent pas. Moi non plus. Ou bien rapidement, du coin de l’œil. Bientôt, mes belles, nous siroterons ensemble une piña colada sur le quai Vauban. Arrivé place du Puig, un beau brun me hèle discrétos. Je crois qu’il s’agit de mon contact. Hélas, l’homme est représentant en psychotropes. Je décline ses offres alléchantes, ma drogue à moi c’est l’humanisme, la fraternité mondiale, une immense sardane de Seattle à Vladivostok. Rue Villon, une main se pose sur mon épaule. Je sursaute et me retourne : ils sont là. Jean-Paul, Gitan de père en fils depuis des siècles, et Hervé (1), chargé d’études à la DAU (Direction Aménagement et Urbanisme) de la mairie de Perpignan. On parcourt quelques mètres avant de rentrer dans un immeuble de deux étages. Je découvre un appartement coquet, propre et lumineux. Je rejoins Hervé sur le balcon. Son index est pointé sur la place du Puig : « C’est ici que sera implantée la plateforme de départ ». Je dégaine mon smartphone et fais quelques photos haute définition. Hervé me fait une rapide genèse du projet : « L’idée m’est venue alors que nous étions en pleins travaux de la passerelle. » Hervé fait référence à la nouvelle passerelle enjambant la Têt censée permettre aux déshérités du Vernet d’accéder en toute paix et simplicité au cœur historique de la cité. « Une ville moderne comme Perpignan ne peut pas se satisfaire d’un centre-ville aussi fragmenté, récite Hervé en croisant ses doigts fins et délicats. La misère, l’exclusion ne disparaîtront qu’en multipliant les flux. Flux de marchandises et flux humains. Avant d’être sédentaires, les Gitans de Perpignan étaient nomades. Ils avaient déjà tout compris : la vie, c’est le mouvement. »

Du bas de la rue remonte le cri d’enfants. Jean-Paul s’allume une cigarette et me fixe avec ses yeux noisette : « Le Puig, on l’oublie trop souvent, au départ c’est une colline. Or quel moyen de transport est le mieux adapté pour désenclaver ce type de relief ? Un métro ? Un tram ? Jamais la mairie n’investira des millions dans un tel projet. » D’où l’idée d’installer une tyrolienne. Le Gitan déplie un plan de Perpignan sur la table. Ahuri, je découvre le tracé de ce projet censé relier, en moins de 600 mètres de câble galvanisé, la place du Puig à la place de la Victoire. J’imagine la glissade « sur un dénivelé de 3% », le survol des toits de la ville, la caresse de la tramontane dans les cheveux. Les familles de Saint-Jacques en survol pour profiter d’une ballade le long de la Basse. Le peuple catalan enfin réuni. Après le Centre del Món, le Théâtre de l’Archipel, la passerelle sur la Têt : la Tyrolienne du Puig ! Hervé abat soudain sa main sur le plan de la ville et me confie : « Pour l’instant, le projet est en étude de faisabilité. Nous avons déjà établi une première fourchette de financement mais je n’ai pas le droit de communiquer là-dessus. La semaine prochaine, j’ai rendez-vous avec Kanner [ministre de la Ville, ndlr] pour lui présenter le projet et je suis optimiste quant à un engagement conséquent de l’Etat. » Ce qu’oublie de me préciser ce fonctionnaire territorial,

c’est qu’il est de notoriété publique qu’il est un intime de Daniel Zielinski, actuel dircab de Kanner et ancien dircab d’une certaine… Ségolène Neuville. Un homme politique ne survit que grâce à la rentabilité de ses réseaux. A l’échelle locale ou nationale, ce principe vaut viatique.

Je pose une dernière question à Jean-Paul : comment l’arrivée de la tyrolienne est-elle perçue dans la communauté gitane ? L’homme éteint sa cigarette dans un cendrier en terre cuite et me sourit : « Tu sais, les Gitans ont fait preuve durant leur longue histoire, d’une grande capacité d’adaptation quelle que soit leur terre d’accueil. Je connais les regards des Français avant de rentrer dans une boutique du centre-ville. Gitan égale voleur, c’est comme ça que vous nous voyez, vous les Payous. Ma conviction est que la tyrolienne, en réduisant les distances entre vous et nous, va rapprocher nos peuples. Dans l’immédiat, mon vrai problème, c’est que j’ai un peu le vertige et l’idée de me retrouver à dix mètres au-dessus du sol ne me rassure pas vraiment. » L’homme éclate de rire et je ne tarde pas à lui emboîter la glotte.

S’il y a bien une ville où la fraternité n’est pas un vain mot, ce n’est pas dans les nouvelles mairies de Madrid ou de Barcelone où la graine gauchiste promet des lunes à des peuples désabusés, mais bien ici, dans ce fief roussillonnais, où hommes politiques visionnaires et industriels philanthropes s’affairent les mains dans le cambouis social. Ailleurs le chant strident d’un coq retentit. Demain n’est plus une impasse.

(1) L’anonymat a été requis

Voir aussi:

Le Qatar sur les startings-blocks pour acheter le Canigou! par Sébastien Navarro

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/2014/05/le-qatar-sur-les-startings-blocks-pour-acheter-le-canigou-par-sebastien-navarro.html

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 12:42
 "il voulut être César, il ne fut que Pompé". Clémenceau
"il voulut être César, il ne fut que Pompé". Clémenceau

Elle vient tous les mercredis, aujourd’hui elle est un peu en retard. Cela l’agace, car elle est ponctuelle et son travail exige une minutie dont tout le monde ne peut faire montre. Beaucoup s’y essaient mais avec des résultats aléatoires. Elle seule possède cette réputation, à laquelle elle tient, d’un savoir faire et d’une exigence de travail bien léché. Il faut qu’elle se hâte.
Pressant le pas, elle passe devant un type, le même qui se tient toujours là, qui, à chaque fois, très poli, la salue.
Elle connaît bien les lieux, la maison est vaste, pleine de coins et de recoins, avec des escaliers, des couloirs, des tapis anciens, des meubles d’époque, des tableaux d’histoire, c’est plutôt une belle demeure.
Cette après-midi elle n’a pas le temps de s’attarder sur l’architecture ou le décor, le temps presse, elle est en retard, elle n’aurait peut-être pas dû s’habiller de cette façon, son tailleur est trop tendu, il l’empêche d’accélérer le pas, et elle se demande s’il ne marque pas trop ses formes, il lui semble que tout à l’heure le type, en la saluant, s’est permis un sourire complice à la limite du coquin. Elle ne peut tout de même pas venir ici, un balai à la main, en blouse de technicienne de surface, son art exige un minimum de tenue.
Elle arrive enfin, un petit escalier dérobé, un virage, une porte dissimulée sous un rideau de velours rouge, elle y est.
Elle ne tape même pas, il a dû reconnaître le bruit de ses talons.
On l’attend avec, sous la moustache, un petit air de reproche, l’impatience, c’est normal, puis aussitôt après cette phrase rassurante, à la bouche : « Ce n’est pas bien grave, allez, allez ».
On se déboutonne. Elle se met aussitôt au travail.
Lui, assis à son bureau, contemple Lazare Carnot et Mac-Mahon, encadrant un buste de Marianne au regard énergique, offrant sa poitrine à la France.
Elle essaie de rattraper le retard, le fauteuil, pourtant massif, tremble. Qu’est-ce qu’elle a aujourd’hui, se dit-il. Quelle énergie ! Trop vite même ! Soudain le moment vient si délicieux où il va se libérer, où il pourra se remettre ensuite au travail, le corps en paix. Son œil en tournoie de plaisir.
Il tournoie et paf ! il se révulse, ne fixant plus rien, même pas la France.
Félix lui a pété dans les bras.
Elle n’est ni infirmière, ni médecin, ni croque-mort, elle fonce dans le couloir : Gardien, gardien, il s’est passé quelque chose !
La République venait de rester sur le carreau.

Le tout meilleur d'Henri Lhéritier:

http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/tag/henri%20lheritier/

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