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L'archipel Contre-Attaque

  • : L'archipel contre-attaque !
  • : Depuis les émeutes de mai 2005, la situation de Perpignan et son agglomération(que certains appellent l'archipel) n'a fait que glisser de plus en plus vers les abysses: l'archipel contre attaque en fait la chronique!
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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 09:52

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La libraire Elise Paquin,  présente chaque mois ses coups de coeur en littérature fantastique, héroïque fantaisie, science-fiction, BD, Manga.un détail cependant , avant, c'était sur http://loeildupharynx.over-blog.com/.Mais ça, c'était avant . Passez de l'autre coté du miroir avec Elise au pays des merveilles en guise de lapin blanc.

Librairie: la  rubrique Fantastique, Héroïque Fantaisie, BD, Manga la rubrique d'Elise Paquin 4

http://loeildupharynx.over-blog.com/article-librairie-la-deuxieme-rubrique-fantastique-heroique-fantaisie-bd-manga-la-rubrique-d-elise-paqui-109881902.html

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 14:21

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Une bâche a été déployée et installée le vendredi 25 janvier 2013, à 14h, sur la façade de l’Hôtel-de-Ville de Perpignan par Jean-Marc Pujol et son équipe. Passant devant la mairie de Perpignan, j'ai vu et lu le contenu de la dite bache. "Libérons les otages!" sous titré "La ville de Perpignan s'engage pour la libération des otages." Tout d'abord qui sont les otages que monsieur Pujol veut libérer? Comme ceux-ci ne sont pas précisés, doit-on supposer que toute personne otage dans le monde entier, peut être succeptible d'être libéré? Ensuite cette énigmatique phrase:" La ville de Perpignan s'engage pour la libération des otages". Y a-t-il au sein de la mairie de Perpignan une cellule de négociation, une section commando spécialisés dans ce type d'opération qui la justifie? Ces équipes, si elles existent, ont-elles eu des libérations à leur actif auparavant: les infirmières bulgares, Florence Aubenas...

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Ou bien alors et plus simplement, les otages sont les perpignanais, depuis que Jean-Paul Alduy a décidé de laisser son poste a Jean-Marc Pujol, 3 mois après sa réélection post "fraude à la chaussette" . Et que, monsieur Pujol et son équipe ne comptant pas se représenter,ils vont du même coup "libérer les otages"!? 

Liberons-les-otages

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 21:56

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Dans sa chronique de "la semaine du roussillon", le journaliste Bernard Revel dénonçait que pour le 100ième anniversaire de la naissance du chanteur Charles trénet et le prix nobel de littérature Claude Simon, le département et la mairie de Perpignan, ne se remuait pas trop pour leur rendre hommage!

 

"Bon, d’accord, j’exagère. Comment peut-on dire qu’on hait une ville en bloc, comme ça ? Ça n’a pas de sens. D’ailleurs, j’aime Perpignan. Mais je n’aime pas tout. Aimer une ville, ça ne veut rien dire non plus. Une ville, c’est une bouteille vide. Aime-t-on une bouteille vide ? Je veux dire, c’est un contenant. Mais ce qui compte, c’est le contenu. Dans Perpignan, il y a des choses que j’aime. Des gens, d’abord. Des lieux aussi. La Promenade des platanes avec ses Maillol, la terrasse du Grand café de la poste, le cinéma Castillet, la librairie Torcatis, la place de la Loge, quelques coins au bord de la Basse, quelques vieilles rues et puis c’est tout ou presque. Le Perpignan que j’aime est tout petit. J’en fais vite le tour. Je m’efforce d’éviter le reste, tout ce qui pourrait vite gâcher, pour peu que ma disposition d’esprit s’y prête, ma promenade.Mais on ne peut pas toujours fermer les yeux. On ne peut s’empêcher de voir et de sentir la saleté dès qu’on s’éloigne du centre, de pester contre toutes ces rues hostiles aux piétons et aux cyclistes, inaccessibles aux handicapés, de fuir telle place écrasée de soleil où montent la garde de longs pinceaux pelés autour de bancs où personne ne s’assoit, d’être agressé par des panneaux de « communication » politique qui, pour reprendre l’ancien slogan de Charlie Hebdo, « nous prennent pour des cons ». Alors, parfois, ça sort comme un cri : « Je hais Perpignan ! » Même si, au fond, je pourrais dire la même chose de beaucoup d’autres villes. Elles finissent par se ressembler toutes dans leurs alignements géométriques, avec leurs immeubles de verre et d’acier sans grâce, leurs mêmes vitrines répétées à l’infini, et, tout autour, dans l’archipel des ronds-points, leurs mêmes horribles zones commerciales. A croire qu’un seul architecte a conçu tout cela.

Mais bon, j’aurais bien aimé que Perpignan sorte du lot, invente, imagine, étonne. Hélas, si la ville se distingue c’est pour me donner d’autres raisons de la détester. Je ne l’aime pas quand, grenouille voulant être aussi grosse qu’un bœuf, elle se dote d’un « Centre del Mon » qui crève à force d’être trop enflé. Je ne l’aime pas quand elle détourne la pensée d’Albert Camus et tolère dans un espace public un monument à la gloire de l’OAS. Mais surtout, je ne l’aime pas quand elle n’est même pas capable de rendre un juste hommage à ses propres enfants. Dans Catalan, il y a talents, paraît-il. Encore un slogan creux dont se parent des élus toujours prompts, qu’ils aient la raie à droite ou à gauche, à se caresser eux-mêmes dans le sens du poil. Mais le vrai talent, s’en soucient-ils ? Quand on voit comment ils ignorent les plus beaux fleurons perpignanais du siècle passé, on peut se poser la question.

Il se trouve que 2013 est l’année du Centenaire de Charles Trenet et de Claude Simon. Charles Trenet est né à Narbonne le 18 mai 1913. Il a vécu à Perpignan de 1922 à 1930. Son talent a véritablement éclos dans cette ville sous l’influence du poète Albert Bausil et de sa bande. Nombre de ses chansons évoquent la cité catalane, ses filles, ses personnages, ses rues, ses monuments, sa gare. « Fidèle, je suis resté fidèle », dit un de ses plus beaux refrains. Et son répertoire le prouve. Claude Simon est né le 10 octobre 1913 à Tananarive. A la mort de son père, militaire tué au front en 1914, il vient vivre à Perpignan avec sa mère, d’origine catalane. Il y restera jusqu’à la mort de cette dernière en 1924. Dans nombre de ses livres, Claude Simon décrit le Perpignan qu’il a connu (« Le Tramway », « L’Acacia », « Le Vent »). Il obtient en 1985 le Prix Nobel de littérature. Charles Trenet et Claude Simon ont fréquenté la même classe de cinquième du collège François Arago lors de l’année scolaire 1924-1925, ainsi qu’en atteste une photographie où ils sont assis chacun à une extrémité du premier rang, Claude à gauche, Charles à droite. Ils ont 11 ans. Ils se sont à peine connus. Suite au décès de sa mère, Claude Simon part en cours d’année pour Paris.

N’y avait-il pas, en 2013, une occasion unique de les réunir dans un même hommage ? La ville y a-t-elle pensé ? Il semblerait que non. Narbonne célèbrera le Centenaire de Trenet. Paris aussi. Perpignan ? Trenet, connaît pas, même si une salle porte son nom au palais des Congrès. Claude Simon sera mieux loti puisque l’Université de Perpignan qui n’a jamais cessé de l’étudier lui consacrera un colloque en octobre en association avec la librairie Torcatis qui, par ailleurs, présentera en mai le tome II de ses œuvres dans la Pléiade.

Mais ne pensez-vous pas que le double événement méritait une toute autre ampleur ? Le « talent » de ces deux Catalans n’est-il pas, aux yeux de nos élus, suffisant pour qu’ils consentent à donner leur nom à des lieux emblématiques de la ville ? Perpignan se déshonorerait-elle, par exemple, en baptisant Charles Trenet la promenade des Platanes ou en donnant à sa Médiathèque le nom de Claude Simon ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire, bien sûr. Les « décideurs » vont peut-être se réveiller, retrouver la mémoire et réaliser enfin que longtemps longtemps après qu’ils auront disparu, ce ne sont pas leurs noms qui courront dans les rues. Mais je me berce d’illusions. Je vais encore tomber de haut. Oui, vraiment, parfois, quand j’y pense, c’est plus fort que moi : je hais ce Perpignan-là !"

Voir aussi:

Célébrer le centenaire de la naissance de Claude Simon

http://lecercle.lesechos.fr/cercle/livres/critiques/221166478/celebrer-centenaire-naissance-claude-simon

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:54

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Au lendemain de la réquisition de l’école Jeanne Hachette par Bouge Toit le 5 février 2011, le maire de Perpignan avait assuré à l’association qu’il ne ferait pas intervenir les forces de l’ordre. Il l’avait cependant informé dans le même temps que la municipalité avait le projet de vendre l’école pour la remplacer par des logements sociaux.

Le 3 janvier 2013, les 42 membres du conseil collégial de l’association ainsi que les 4 familles actuellement hébergées dans l’école recevaient une « sommation de déguerpir ».

Le 17 janvier, le maire acceptait de recevoir une délégation. Il a exposé sa légitimité à récupérer son bien, d’autant qu’une promesse de vente avait été signée avec la société immobilière 3F. L’association, consciente du problème, a simplement dit qu’elle ne quitterait les lieux que lorsque toutes les familles seraient relogées et que, leur droit à un logement passant par la régularisation elles soient toutes régularisées.

Rencontré le 23 janvier par le RESF qui défend ces familles, le secrétaire général de la préfecture avait alors eu une Réponse embarrassée. Il a rappelé la position du Préfet d’adopter dans cette « situation très particulière » une attitude « méthodique et pragmatique », à savoir qu’aucune décision ne serait prise avant la décision de justice d’expulsion. Mais a-t-il dit, « on s’oriente vers une perspective de régularisation pour tout ou partie des familles », le tout restant à l’appréciation du préfet. Bref aucun nom, aucune date, aucun engagement.

Lors d’une seconde rencontre avec la mairie, le 30 janvier, son directeur de cabinet a informé BT qu’elle était prête à reloger les familles régularisées. La mairie s’est aussi engagée ce jour-là à accélérer la procédure judiciaire. Le 1er février en effet les membres de l’association et les familles ont reçu une assignation à comparaître pour le 13 février. Un renvoi a été demandé par l’avocat de l’association et accepté (renvoi au 6 mars).

Ce même jour, 13 février, a eu lieu une rencontre en préfecture avec le secrétaire général de la préfecture, le directeur de cabinet de la mairie et Bouge Toit.

Aucune régularisation n’a été annoncée. Il a même été répété que les régularisations se feraient en fonction des critères habituels. La préfecture s’entête donc à ne pas régulariser ces familles qui, de par leur situation, ne pourront pas être reconduites dans leurs pays.

On se demande à quoi joue la préfecture ? Elle bloque les familles, elle bloque l’association, elle bloque la mairie.

L’association Bouge Toit vous convie à une conférence de presse lundi 18 février à 11h à l’école Jeanne Hachette pour développer devant vous ce dossier épineux.

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 14:24

franquisme_home.jpg 

Ce samedi 16:30 Librairie Torcatis, 10 rue Mailly à Perpignan,deux auteurs catalans vivant de part et d'autre de la frontière Franco-Espagnole, Alfons Cervera et Gildas Girodeau, nous font partager leur vision sur la mémoire du franquisme. A l'issue du débat animé par Nicolas Caudeville, les auteurs dédicaceront leur dernier roman sur ce thème de Mémoire.

AlfonsCervera.jpgcrepuscule.png

Alfons Cervera est journaliste, universitaire responsable du Fórum de debates à l’université de Valencia, mais surtout écrivain, de langue castillane. Poète reconnu autant que journaliste attendu – ses chroniques de presse modèlent l’opinion – c’est surtout comme romancier qu’ il s’est fait un nom, avec une première série de textes publiés à partir de 1984 et, en particulier : son cycle romanesque que la critique espagnole tient pour les plus achevés du paysage littéraire consacré à la mémoire des vaincus. 

Un premier ouvrage, Maquis, a été traduit en français par Georges Tyras pour les éditions La Fosse aux Ours en 2010. C’est en bonne entente que La Contre Allée et La Fosse aux Ours mènent ce travail de traduction de l’œuvre de l’auteur.

 – Alfons Cervera n’usurpe pas la voix des bannis ; il porte leurs paroles, leurs douleurs, leur engagement (…) la mémoire est rendue au peuple des sans-nom. Jean Ortiz - l’Humanité

La Couleur du Crépuscule, d'A. Cervera, Edition La fosse aux ours

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Gildas Girodeau

Né à Collioure en 1953, passionné de voile et breveté de la Marine marchande, Gildas Girodeau a contracté très jeune sa passion pour l’écriture. Militant catalan, il puise les sources de son inspiration dans le bouillonnement politique et culturel, des années 70 tout particulièrement, lors de ses rencontres et de ses voyages nombreux. Auteur de polars et d’Heroïc Fantasy, La Paix plus que la vérité est son sixième roman.

La Paix Plus Que La Vérité, de G. Girodeau, Edition Au delà du raisonnable. 

      Voir aussi:

Mirades creuades sobre la memòria històrica
Un autor valencià i un rossellonès presenten els seus llibres en francès a Perpinyà, amb el fil conductor del passat franquista
Un debat cara el públic moderat per Nicolas Caudeville tindrà lloc a la llibreria Torcatis

http://www.elpuntavui.cat/noticia/article/5-cultura/19-cultura/619427-mirades-creuades-sobre-la-memoria-historica.html

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:39

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Lorsqu'on a su à l'archipel contre attaque que Marion Maréchal-Lepen venait pour la galette des rois du FN, on s'est dit que cela ferait une bonne interview. On a demandé à l'historien de l’extrême droite Nicolas Lebourg, s'il était intéressé de faire une interview vidéo en double avec nous, il a tout de suite accepté. On a préparé des questions. Mais le réel ne s'adapte pas nécessairement à notre volonté. Si nous avions l'accord de principe pour l'interview, il avait fallu attendre les discours, les photos (tous le monde voulait sa photo avec Marion) . "Oui, pas problème! 5minutes" On a réussi à s'isoler un peu pour enregistrer au  calme (la musique d'ambiance avait quelque-chose d'étrange: "je suis né dans une caravane" du chanteur Raphaël, "Casser la voix" de Patrick Bruël, et Marion Maréchal-Lepen a fait son entrée sur le chanteur Coréen, Psy "Gangnam style") . L'archipel contre attaque vous passe son meeting (récit de ses tribulations à l'assemblée nationale et prises de positions politiques (elle dit préférer Poutine à Angéla Merkel!) et l'interview de 20 minutes que nous avons faites avec Nicolas Lebourg (bientôt en ligne, la vidéo d'Antoine Faure) 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 15:47

affiche-Le-Grand-retournement-2012-1

Hier le réalisateur et écrivain Gérard Mordillat link est venu présenter à Perpignan son dernier film "Le Grand retournement" adapté de la pièce de théâtre en Alexandrins de Frédéric Lordon (économiste,chroniqueur sur le blog de Paul Jorion link)  " D'un retournement à l'autre":"Film de 1h17mn‎‎ - Tous publics‎‎ - Comédie dramatique‎- Distribution: Jacques Weber, François Morel, Édouard Baer, Franck de La Personne, Jacques Pater, Elie Triffault, Patrick Mille, Thibault de Montalembert - : 

C’est la crise, la bourse dégringole, les banques sont au bord de la faillite, le crédit est mort, l’économie se meurt… Pour sauver leurs mises les banquiers font appel à l’État. L’État haï est soudain le sauveur ! Les citoyens paieront pour que le système perdure, que les riches restent riches, les pauvres pauvres. Adapté de la pièce de Frédéric Lordon cette histoire d’aujourd’hui se raconte en alexandrins classiques. C’est tragique comme du Racine, comique comme du Molière…".

Ente la librairie Torcatis et le cinéma le Castillet, il nous a accordé une interview.

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 14:05
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A Perpignan, on s'agite autour de la municipale de 2014. Les candidats s’exhibent qui au marché, qui avec les commerçants...quand certains autres distribuent des médailles! Pendant ce temps là, à saint Cyprien...il ne semble pas que la tragique pendaison en prison de Jacques ait réglé les problèmes de la ville. Son successeur Thierry Del Poso est controversé link . Pour lui la démocratie n'existe pas entre deux élections municipales (voir en vidéo, le florilège  du maire en séance municipale publique) . Face à lui des blogs contestataires, que monsieur Del Poso attaque parfois en justice pour leur apprendre à mieux se servir de la liberté d'expression. Les plus virulents sont tenus par des retraités, un ancien préfet, un ancien haut cadre de la fonction publique et un ancien haut cadre du privée. Ces "terroristes à cheveux blancs" lui mènent la vie dure. Ces dangereux anarchistes nous ont accordé un entretien: nous attendons la réponse du maire avec impatience!
Les blogs:
Jean Jouandet élus du groupe Pugnace et association capespoir pour ma ville: http://www.pugnace.fr/ 
Patrick Cheguillaume Blog de l'ADC (association des contribuables) : http://www.adc-saintcyprien.com/ 
Blog de Bernard Beaucourt: http://unautrestcyp.over-blog.com/

Le courrier d'un bloggueur au maire de ST Cyprien et sa réponse

 

Saint Cyprien, le 8 Novembre 2009

Bernard BEAUCOURT

à

Monsieur le Maire

66750 SAINT CYPRIEN

Monsieur le Maire,

Vous venez de me faire part, par lettre du 28 Octobre dernier, reçue le 4 novembre,

d'un certain nombre de griefs à l'encontre de mon blog et par conséquent de moi-même,

blog qui a été créé dans un contexte très particulier, le 31 décembre 2008.

Vos remarques ont retenu toute mon attention et appellent de ma part les réflexions

suivantes :

En premier lieu, sans volonté de polémique, je vous indique que votre courrier daté du

28 octobre 2009 ne m'est parvenu que le 4 novembre.

Par ailleurs, je m'étonne du procédé que vous avez choisi délibérément d'utiliser : suis-

je à ce point infréquentable que le seul moyen que vous pensez utiliser à bon escient soit

la lettre recommandée ? Sans doute une habitude professionnelle vous conduit-elle à

privilégier l'écrit et vous a fait ignorer les règles élémentaires conduisant au dialogue,

privilégiant ainsi l'affrontement.

Pourtant, à votre initiative, nous avons eu l'occasion le 17 Juin dernier, en compagnie de

votre épouse et d'un couple de vos amis, d'échanger longuement dans un Mas à

Villeneuve de La Raho. J'avais conservé à l'esprit un échange, peut-être musclé ou

tendu, où chacune des parties avait pu faire état de ses positions et de ses divergences.

Il est vrai que le contexte était tout autre et, qu'à cette époque, vous n'aviez formulé

aucune critique à l'encontre du blog : vous vous êtes contenté de répéter une dizaine de

fois «il est dangereux, ce type». Mais à cette période, ce n'est pas allé au-delà, car les

informations que je diffusais vous servaient (sans doute, et n'y voyez là aucune critique,

parce que vous êtes moins sensible aux matières relatives à la gestion, l'informatique et

peut-être même la communication). Il faut également dire que la cible que je m'étais

donnée était l'équipe municipale précédente qui, après avoir accompagné Jacques Bouille

durant de nombreux mandats, lui a rapidement tourné le dos et invoqué une virginité,

voire une mise à l'écart sur l'ensemble des dossiers, objets de reproches de la justice

et, que cette équipe était également votre cible.

En second lieu, je souhaiterais vous répondre sur le fond des critiques que vous

formulez à l'encontre du blog. Vous y voyez une atteinte à votre vie privée et je peux

comprendre votre agacement. Vous évoquez la diffusion d'informations aussi

fantaisistes que diffamatoires. Je souhaiterais savoir, en premier abord, si les organes

de presse régionaux et notamment l'indépendant ont fait l'objet de remarques

identiques (par courrier recommandé) car les commentaires qui sont transcrits sont

autrement plus incisifs que ceux que je modère sur mon blog. Permettez-moi d'en

douter. A cet égard, la liberté d'expression de vos concitoyens aurait-elle moins

d'importance que celle de certains ou certaines journalistes du journal l'indépendant ?

Vous évoquez les propos aussi fantaisistes que diffamatoires : vous avez eu l'occasion

lors du conseil municipal du 13 octobre d'incriminer les blogs à ce sujet, en proférant

des menaces à leur encontre, menaces que je retrouve dans le courrier que vous

m'adressez.

Vous avez, lors de ce conseil municipal, laissé sous-entendre que les faits relatifs à des

actes de pédophilie auraient pu être évoqués. Je m'inscris en faux : non seulement je

n'ai jamais évoqué de tels faits, mais aucun des internautes non plus. C'est vous, et vous

seul, qui êtes venu sur ce terrain. Une telle déclaration publique a fait inévitablement

l'objet de commentaires par la suite, et j'ai, à plusieurs reprises, rappelé aux

internautes à quel point il était dangereux judiciairement et surtout moralement de

faire courir des rumeurs car elles sont susceptibles de porter atteinte à des personnes.

Je suis moi-même trop soucieux du bien-être de ma famille, de mes proches pour

accepter cela. Ceci étant dit, je ne maîtrise pas plus que vous les propos de la rue, mais,

je vous rassure et vous le savez bien, je ne m'attache qu'aux faits. La solennité de la

séance du conseil municipal a servi de caisse de résonance à vos propos et a interpelé

beaucoup de nos concitoyens, alimentant la rue.

C'est vous qui avez déclaré au journal l'indépendant que vous alliez recruter votre

épouse à la mairie, qui avez déclaré au journal la Clau qu'elle y serait bénévole, c'est

vous qui amenez le débat sur votre vie privée.

Je me permets de vous rappeler le contexte très particulier qui vous a amené à être

choisi comme le nouveau maire de Saint-Cyprien. Ne vous étonnez pas alors que de telles

déclarations conduisent légitimement tout citoyen qu'il soit élu de l'opposition ou non, à

s'interroger et manifester son étonnement.

C'est également vous qui mettez en avant votre famille lors des reportages de

l'indépendant sur votre élection et reproduisez les photos du journal l'indépendant du

14 septembre sur votre blog. Seul le hasard peut être à l'origine du « regroupement

familial » des photos publiées à la Une du journal l'indépendant, du site Internet de ce

journal et du choix éditorial sur votre blog.

D'ailleurs, vous semblez avoir oublié que j'ai moi-même signalé à l'un de vos amis (par

ailleurs, animé d'un désir de m'instrumentaliser, de me tenir à distance mais, dans tous

les cas, de garder le contact avec moi) que des propos diffamatoires étaient tenus à

votre encontre sur le journal l'indépendant puisqu'on vous accusait d'être à l'origine du

suicide de Jacques Bouille. Les mêmes propos étaient tenus sur mon blog et il a été

convenu avec cette personne que le commentaire ne serait pas modéré quelques instants

de manière à vous fournir des éléments de preuve. J'aurais très bien pu rester

indifférent, mais j'ai considéré que les limites étaient dépassées et que mon devoir

était de vous informer. Je ne sais, mais cela ne me concerne pas, si vous avez donné

suite.

Je tiens à vous assurer que votre vie privée m'indiffère : je n'en ai cure !

Il me faut également vous indiquer qu'un nombre certain de commentaires relatifs à

votre situation ne sont pas diffusées sur le blog et sont supprimés. Toutefois, ce

nombre n'est pas très important car, contrairement à ce que sans doute vous pensez, la

majorité des internautes qui interviennent sur le blog sont des gens responsables, même

si les choses qui peuvent être dites dérangent. Je vous ferais remarquer que la ligne de

conduite que je me suis assignée concernant ce blog, ne m'épargne pas et je suis logé à

la même enseigne. Contrairement à beaucoup de blogs d'hommes politiques, je laisse

passer les commentaires qui sont à mon désavantage. Je pourrais, éventuellement, vous

donner quelques références locales de blogs où seuls les messages « béni-oui-oui » sont

acceptés.

Enfin, par contre j'ai retenu certains de vos propos :

Durant les événements de la fin du premier semestre, vous ne vous êtes pas privé de

proférer des menaces, notamment à l'encontre d'un membre du conseil municipal, en

indiquant « je vais m'occuper de son cas », ce qui sous-entendait que vous alliez

intervenir dans un domaine qui ne relevait pas de sa fonction d'élu. Vous n'avez pas

manqué d'haranguer les personnes, assistant à une de vos réunions publiques, pour

qu'elles s'en prennent aux élus en place en les invectivant dans la rue même si certains

satisfaisaient à des obligations professionnels ou familiales : un bien triste spectacle !

En ce qui me concerne, dans l'indépendant du 31 août 2009, je vous cite « lorsque l'on

commence par manipuler les internautes puis les électeurs on peut être inquiet quant

aux comportements une fois élu ». Vous parlez, me semble-t-il, d'expérience. Vous

indiquez également «son programme, c'est d'être élu maire pour s'assurer un

complément de retraite». Là, également, vous parlez d'expérience et ceci démontre

toute la considération que vous portez pour quelqu'un qui n'est pas d'accord avec vous.

J'aurais l'occasion de revenir sur ce sujet. Je vous rassure, Thierry Del Poso ne sera

pas visé.

La considération que vous portez à la situation professionnelle de Jean Roméo, situation

professionnelle qui relève de sa vie privée, ne m'a pas échappée non plus.

Vous indiquez dans votre courrier qu'il m'est loisible de ne pas apprécier M. Thierry Del

Poso et vous m'invitez à avoir beaucoup plus de mesure et de respect pour les fonctions

que vous occupez et, donc, pour le maire ès qualité. Ceci relève d'un amalgame que je ne

comprends pas bien car cette expression laisse sous-entendre que le fait d'occuper

cette fonction doit freiner les remarques sur l'individu. Au risque de me répéter, je

précise que mon appréciation personnelle sur l'homme n'interfère en rien sur le reste de

mon action qui vise à redonner du sens à une gestion municipale qui s'est largement

écartée des citoyens et des personnes. À cet égard, vous, qui avez été assez critique

sur le système précédent, devez essayer de ne pas le pérenniser, comme vous l'avez

proposé aux électeurs.

Soyez assuré, Monsieur le maire, de la considération que je porte à l'encontre des

fonctions que vous assumez et qui, compte tenu de la gravité de la situation financière

de la ville, compte tenu de la crise économique qui touche le pays, et notamment les

citoyens en situation de précarité, nécessite que la population se rassemble autour d'un

projet et d'une méthode que vous seriez susceptible de porter avec votre équipe, selon

vos promesses lors de la campagne électorale. Ce n'est pas en la muselant que vous y

parviendrez. Je serais toujours auprès de vous lorsque les conditions d'exercice de la

démocratie seront remplies et toujours face à vous dès lors que la moindre place sera

laissée à l'inéquité, l'injustice, le clientélisme et au manque de débat. Dans votre

programme, vous parlez d'ouverture ! La rue ne bruisse que des décisions déjà prises :

vente de camping, déplacement du marché du village, marché de Noël, recrutements

divers et variés, mise à l'écart d'agents publics, réduction ou suppressions des primes

des personnels...

Pour terminer, vous me demandez de « considérer la présente comme valant mise en

demeure d'avoir à cesser sans délai vos attaques écrites ». Je ne me sens pas concerné

car à aucun moment vous ne pouvez être considéré comme une cible. Toutefois, il

m'appartient d'identifier et de mettre en exergue des incohérences, des divergences

dans vos actes et de rappeler certains propos, parfois peu amènes que vous avez tenus à

l'encontre des uns et des autres. À cet égard, les expressions «je peux travailler avec

tout le monde», «maintenant nous allons devoir travailler ensemble» sont un peu faciles

en regard du mépris que vous avez pu montrer durant la campagne électorale.

Pour vous permettre de disposer du temps nécessaire à l'examen de ce courrier, je vous

précise qu'il ne sera rendu public qu'après un délai raisonnable, à compter de la remise

personnelle effectuée à votre secrétariat.

Il va de soi que je continuerai à informer nos concitoyens au moyen de mon blog. Au fait,

selon Wikipedia, "un blog ou blogue est un site Web constitué par la réunion de billets

agglomérés au fil du temps et souvent classés par ordre antéchronologique (les plus

récents en premier). Chaque billet (appelé aussi « note » ou « article ») est, à l'image

d'un journal de bord ou d'un journal intime, un ajout au blog". Ce n'est qu'un moyen

supplémentaire de communication qui, comme tout outil, a ses avantages et ses

inconvénients. Il est loin de remplacer toute communication mais permet une diffusion

et un échange au rythme de chacun : les plus de 500 visiteurs journaliers ne s'y

trompent pas, le million de pages lues sera atteint dans une dizaine de jours et 135 000

visiteurs seront venus sur le site en 11 mois. Ce qui a pu servir à la cause de certains

peut devenir gênant dorénavant : je le comprends.

La ville ne dispose t'elle pas d'un blog tenu par un de ses agents, par ailleurs

correspondant du journal cité plus haut ? L'indigence du site de la mairie, mis en place

par vos prédécesseurs et non mis à jour, pour l'essentiel (hormis des arrêtés), depuis la

date gravée dans le marbre du 2 juin dernier contribue également à renforcer la

légitimité du blog que vous décriez.

Je vous prie de croire, Monsieur le maire, à ma profonde considération.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
D E P A R T E M E N T DES P Y R É N É E S - O R I E N T A L E S
Saint-Cyprien, le 28 octobre 2009
M. Thierry DEL POSO
Maire
Saint-Cyprien
Monsieur Bernard BEAUCOURT
7 rue Ernest Lavisse
66750 Saint Cyprien
Réf. : TDP 1 Cabinet KB
Lettre recoininandée
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Monsieur,
Je note depuis plusieurs semaines des informations toutes aussi .fantaisistes que
difamatoires et portant atteinte à ma vie privée sur votre blog.
Votre responsabilité en tant que modérateur et responsable de votre blog m 'autorise à
vous demander de prendre à l'avenir toute mesure nécessaire afin que cesse toute atteinte à
l'lzonneur ou l'intégrité du Maire de Saint Cyprien sous la ,forme de .fatases accusations,
dénonciations de délits.fictifi ou de rumeurs pénalement répréhensibles.
Si il vous est loisible de ne pas apprécier Monsieur Thierry Del Poso, je me dois, en
ma qualité, de vous inviter à avoir beaucoup plus de mesure et de respect pour les.fonctio~zs
que j 'occupe et donc pour le Maire es qualité.
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Vous voudrez bien considérer la présente comme valant mise en demeure d'avoir à
cesser sans délai vos attaques écrites.
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Le Maire,
M. Thierry DEL POSO
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 18:06

Photo0096

Hier soir, débat d’orientation budgétaire à la Ville de Perpignan.

Un constat : baisse des recettes avec notamment une probable diminution de la dotation versée par l’Etat et un affaissement des ressources de fiscalité immobilière.

Une volonté du Maire gestionnaire : réduire les dépenses et rembourser la dette accumulée depuis vingt ans.

Un choix électoral et de bon sens : pas d’augmentation du taux de la fiscalité.

Un débat ou plutôt, des interventions croisées qui laissent présager des « alliances » futures, et des clivages, pour les municipales de l’an prochain (…). Chacun joue sa partition en ne pensant qu’à son « avenir » personnel.

Le Maire établit davantage un bilan qu’une orientation…

Et dans le groupe d’opposition que je préside, certains jeux apparaissent au grand jour…

Qu’importe, j’ai toujours pensé que l’intérêt général ne commençait pas par la préservation de son ego.

Qu’importe, j’ai toujours réfuté la simple logique comptable et préféré prendre des risques.

Alors que s’est-il passé hier en Conseil ? Tout simplement, devant la prudence voire le caractère timoré des ambitions du Maire, j’ai pris la parole pour lui dire ce que toute personne qui a un peu lu et s’intéresse un petit peu à l’économie, sait : ce n’est pas dans une situation économique sinistrée qu’il faut être craintif. La responsabilité d’une collectivité locale c’est au contraire, d’impulser, d’initier et inciter les initiatives économiques créatrices d’emplois. Dans un contexte de morosité et de frilosité, il appartient aux élus d’utiliser l’argent public pour redynamiser en accompagnant et en rassurant les opérateurs économiques.

C’est également ne pas se recroqueviller et réduire les services publics mais au contraire, les renforcer et les rendre encore plus efficaces au service de tous. Les services publics, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. C’est aussi une saine utilisation de l’argent public qui est confié aux élus.

Et s’il le faut, compte tenu des données initiales, s’endetter un peu plus, mais de manière intelligente, créative et responsable…

Alors, bien sûr, l’endettement actuel de Perpignan est grave. Mais ce qui est certain aussi, c’est que si on n’initie pas une vraie politique économique, la ville ne va cesser de s’appauvrir et ses habitants avec.

Au bout du compte et sur le fond (débarrassé des scories de « qui ? et avec qui ? en 2014 »), la question se résume à : avoir un projet pour Perpignan ou ne pas en avoir.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 21:23

bandeau_web_big3.pnghttp://www.cqfd-journal.org/CQFD-dix-ans-toutes-ses-dents-mais

« Il reste 217 dollars dans les caisses de l’État zimbabwéen », annonçait récemment le site d’informations d’un journal de banquier. Voilà qui nous situe à peu près sur l’échelle globalisée de la fortune : CQFD est aussi riche, à quelques dizaines de dollars près, que le trésor public du Zimbabwe. Les sous qui nous restent ne suffiront même pas à payer l’impression du prochain numéro. Si nous vivions dans un monde raisonnable, les Zimbabwéens se la couleraient douce, les banquiers feraient la manche au feu rouge et CQFD triompherait. Mais nous vivons dans un monde déraisonnable où les flibustiers de la presse libre crèvent la gueule ouverte. CQFD, qui ouvre la sienne depuis dix ans, risque bien cette fois de devoir la fermer, et pour de bon.

 

En mai 2003, quand nous avons lancé notre premier numéro depuis la tanière marseillaise qui nous sert de vaisseau amiral, nous étions raisonnablement convaincus de ne pas faire de vieux os. Notre idée, c’était de faire le journal qu’on avait envie de lire, un journal sans chefs ni patrons, sans comptes à rendre ni bailleurs à cajoler, un canard d’expression directe pour les insoumis chroniques, les passe-frontières têtus, les aventuriers des minima sociaux, les déserteurs du marché salarial, les artistes de la grève, les bricoleurs de solidarités épiques, les réfractaires à l’ordre des choses. Une équipée collective de débrouillards impécunieux mais gourmands d’utopies, une exploration sociale menée au rire et à la sueur contre les vents dominants. Forcément, un tel journal n’était pas fait pour durer. Dix ans plus tard, pourtant, on est toujours là. Certains ont quitté le navire, d’autres sont montés à bord. On a bravé le mal de mer, le scorbut et les requins. On a tangué, on a morflé, on a tenu bon. On a vu du pays, tissé des réseaux, élaboré un savoir-faire, perfectionné l’art de produire un journal exigeant avec des bouts de ficelle et de belles rencontres. Bref, on y a pris goût. C’est vous dire qu’on n’a pas l’intention de lâcher l’affaire.

 

Mais, pour que l’aventure continue, on a besoin de vous. Et surtout de vos euros ! Oui, amis lecteurs fidèles ou épisodiques, compagnons d’escale ou camarades au long cours, vous avez bien entendu : le sort de CQFD est suspendu à vos poches, aussi dégarnies ou trouées soient-elles – et, peuchère, elles le sont vraisemblablement autant que les nôtres…

 

Comment une publication aussi rodée à la mouscaille en arrive-t-elle à la pénible extrémité d’appeler ses lecteurs à la rescousse ? Le cri de détresse pour journal sur la paille va-t-il devenir un genre à part, une discipline enseignée dans les écoles de journalisme, avec ses figures de style et ses trémolos savamment dosés ? Pourquoi la « crise de la presse », cette crise d’affairistes vaniteux et pleurnichards, ébranle-t-elle aussi à des degrés divers la quasi-totalité des journaux non marchands, dits « petits » ou « alternatifs », CQFD parmi tant d’autres ?

 

Il y a plusieurs explications. La première tient à la démobilisation des lecteurs. Depuis notre campagne d’abonnements de 2008, le nombre de nos abonnés n’a cessé de s’effriter, passant de quatre mille à deux mille en cinq ans. Nos ventes en kiosques ont suivi une pente à peine moins rude, avec deux mille exemplaires écoulés aujourd’hui contre trois mille en 2008. Imputable sans doute aux effets cumulés de la lassitude, des fins de mois longues et difficiles et d’une désaffection générale pour la presse papier, cette dégringolade s’avère d’autant plus funeste pour nous que CQFD – encore heureux ! – ne dispose d’aucune ressource publicitaire, capitalistique ou népotique. À la différence d’une feuille moribonde comme Libération, qui peut toujours se blottir dans le giron moelleux d’un Rothschild, biberonner les subventions publiques (2,9 millions d’euros en 20121) ou éditer un sac à pubs en guise de supplément, le mensuel au chien rouge ne peut compter que sur ses lecteurs. Plus précisément : ses lecteurs payants. Car l’audience de CQFD s’étend évidemment bien au-delà de son carré de fidèles solvables, grâce à ses abonnements gratuits pour les détenus et, surtout, à la mise en ligne gracieuse de ses articles sur son site Internet, auprès duquel des foules innombrables viennent avidement s’abreuver chaque mois. Et c’est très bien comme ça. Mais ce serait mieux encore si nos lecteurs sur écran franchissaient le pas jusqu’au kiosque, au bulletin d’abonnement ou à la bibliothèque municipale, au besoin pour exiger haut et fort que CQFD s’y trouve en bonne place, et en plusieurs exemplaires, s’il vous plaît.

 

La raréfaction des lecteurs « papier » n’a pas qu’une incidence économique. Elle assèche aussi le terreau social dans lequel un journal comme le nôtre puise sa force. C’est parce que ses exemplaires circulent de main en main que CQFD peut multiplier les rencontres stimulantes, obtenir des informations, s’ouvrir des pistes, être là quand ça chauffe, se faire engueuler, trouver de quoi réfléchir, parler, agir, écrire, dessiner, photographier. C’est pour ça qu’on y tient, à notre version papier : pas question de se recroqueviller sur Internet, outil oh combien précieux mais qui dématérialise et finalement dévitalise le rapport d’un journal à sa matière organique. Sans compter que le vacarme des imprimeries et l’odeur du papier, nous, on aime bien.

 

Seulement le papier coûte cher, de plus en plus cher. L’encre, les rotatives, tous les coûts de fabrication : hors de prix. Et puis, il y a Presstalis. Le géant de la distribution de presse en France, qui taille à grands coups de serpe dans ses effectifs et impose aux kiosquiers des conditions de vente si retorses qu’elles clochardisent littéralement toute une profession. La « crise de la presse » a bon dos. Les ventes s’effondrent, d’accord, mais la faute à qui ? Outre l’indigence de l’immense majorité des publications dont les Unes malodorantes dégueulent au nez du piéton, la stratégie d’étouffement appliquée aux titres à faible tirage rend de moins en moins attractif le détour par le marchand de journaux. Le cas de CQFD est parlant. En vertu d’une politique commerciale consistant à évincer les petits pour donner encore plus de place aux gros, Presstalis « répercute » sur nous une avalanche de frais dont les modes de calcul écœureraient un capo de la mafia new-yorkaise. Il y a deux ans, nos ventes en kiosques nous assuraient une recette astronomique de deux milles euros par mois, de quoi couvrir les frais d’impression du numéro suivant. Aujourd’hui, à volume égal, ces ventes ne nous rapportent plus que six cents euros. Même pour nous, c’est peu. Quand tous les canards indépendants auront été virés du circuit, quand les kiosques auront été remplacés par des boutiques Relay exclusivement dédiées aux programmes télé, aux DVD sous blister, aux cours de la Bourse, au péril islamique, aux régimes minceur et aux éditos de Christophe Barbier, sûr que la presse française aura fait un grand pas vers la « sortie de crise ».

 

D’autres facteurs concourent à notre débine actuelle. L’affaiblissement temporaire des mobilisations sociales se traduit mécaniquement par une chute des ventes militantes, lesquelles, à d’autres périodes, nous revigoraient en petite monnaie et bons moments. Si on ajoute à cela la suspension des regrettées éditions du Chien rouge et des revenus annexes tirés de la vente de nos livres, la faillite de notre diffuseur en librairies, Court-Circuit (huit mille euros dans la vue), et les coups de mou qui résultent inévitablement d’une pareille série rose, on comprendra que nos coffres sonnent creux.

 

Pour nous renflouer à un niveau opérationnel, il nous faut réunir cent mille euros (oui, 100 000 euros). Pour relancer la machine, repartir à l’abordage et éditer de nouveaux livres. C’est jouable avec seulement quelques milliers de chèques de cinq, dix, vingt euros... Par ici la monnaie, souquez les euros ! Abonnez-vous si ce n’est déjà fait. Réabonnez-vous si vous hésitez encore. Incitez vos cousins, vos frangines, vos voisins de comptoir et vos compagnons de bordée à faire de même. Nous comptons sur vous. Gros comme une maison que votre élan de solidarité va encore nous saboter notre droit à la paresse pour les dix prochaines années !

 

L’Équipe de CQFD, le 4 février 2013.

 

CQFD- BP 70054- 13192 - Marseille cedex 20 - Chèques à l’ordre de Rire/CQFD

http://www.cqfd-journal.org/CQFD-dix-ans-toutes-ses-dents-mais

 

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