Au lendemain de la réquisition de l’école Jeanne Hachette par Bouge Toit le 5 février 2011, le maire de Perpignan avait assuré à l’association qu’il ne ferait pas intervenir les forces de l’ordre. Il l’avait cependant informé dans le même temps que la municipalité avait le projet de vendre l’école pour la remplacer par des logements sociaux.
Le 3 janvier 2013, les 42 membres du conseil collégial de l’association ainsi que les 4 familles actuellement hébergées dans l’école recevaient une « sommation de déguerpir ».
Le 17 janvier, le maire acceptait de recevoir une délégation. Il a exposé sa légitimité à récupérer son bien, d’autant qu’une promesse de vente avait été signée avec la société immobilière 3F. L’association, consciente du problème, a simplement dit qu’elle ne quitterait les lieux que lorsque toutes les familles seraient relogées et que, leur droit à un logement passant par la régularisation elles soient toutes régularisées.
Rencontré le 23 janvier par le RESF qui défend ces familles, le secrétaire général de la préfecture avait alors eu une Réponse embarrassée. Il a rappelé la position du Préfet d’adopter dans cette « situation très particulière » une attitude « méthodique et pragmatique », à savoir qu’aucune décision ne serait prise avant la décision de justice d’expulsion. Mais a-t-il dit, « on s’oriente vers une perspective de régularisation pour tout ou partie des familles », le tout restant à l’appréciation du préfet. Bref aucun nom, aucune date, aucun engagement.
Lors d’une seconde rencontre avec la mairie, le 30 janvier, son directeur de cabinet a informé BT qu’elle était prête à reloger les familles régularisées. La mairie s’est aussi engagée ce jour-là à accélérer la procédure judiciaire. Le 1er février en effet les membres de l’association et les familles ont reçu une assignation à comparaître pour le 13 février. Un renvoi a été demandé par l’avocat de l’association et accepté (renvoi au 6 mars).
Ce même jour, 13 février, a eu lieu une rencontre en préfecture avec le secrétaire général de la préfecture, le directeur de cabinet de la mairie et Bouge Toit.
Aucune régularisation n’a été annoncée. Il a même été répété que les régularisations se feraient en fonction des critères habituels. La préfecture s’entête donc à ne pas régulariser ces familles qui, de par leur situation, ne pourront pas être reconduites dans leurs pays.
On se demande à quoi joue la préfecture ? Elle bloque les familles, elle bloque l’association, elle bloque la mairie.
L’association Bouge Toit vous convie à une conférence de presse lundi 18 février à 11h à l’école Jeanne Hachette pour développer devant vous ce dossier épineux.