Attendre les résultats de ce premier tour, c'était comme attendre la fin du film "Jeanne D'arc" et s'étonner
qu'encore une fois, elle finisse au bûcher. Je ne parle pas du score d'Hélène Mandroux qui avec ses 7%, à défaut de faire le plein des voix, n'aurait pas dû écouter celle de la rue de Solférino.
Lénine disait: « Il ne faut jamais avoir vingt ans d'avance ! ». Sous entendu : il ne faut pas vendre la peau du George avant de l'avoir tué.
Mais les grands gagnants de cette élection sont les abstentionnistes avec 53%. Encore une fois, cette fois-ci plutôt la droite (cette abstention-la étant plus en faveur de la gauche) nous affirme qu'on les a mal compris, que ce n'est pas ce qu'on pourrait croire... Et si justement le fait qu'à chaque élection, la hausse de l'abstention (sans compter les votes blancs) ne ferait démontrer que dans le corps électoral, ils soient de plus en plus nombreux à comprendre que les enjeux de la démocratie ne se situent plus dans les urnes, mais comme pour l'environnement dans les gestes du quotidien. Et ne pas tomber dans la rhétorique des « experts » en analyse politique qui expliquent qu'il y a un désintérêt pour la chose publique et sa gestion. Ce serait plutôt l'inverse. Mais dans la mesure où, par l'attitude pusillanime, les politiciens, sans parler de leur manque de sérieux quant à ne pouvoir traiter des fonds des problèmes, donnent l'édifiante impression de « jouer à la marchande », pourquoi les électeurs eux-même devraient-ils faire mieux ? Comme le disait avec cynisme un psychologue appelé à analyser dans le cadre du procès d'Outreau « A salaire de femme de ménage, analyse de femme de ménage » . On entend souvent qu'on peut choisir dans le moins mauvais et voter quand même. S'il en était de même pour la médecine, l'état du malade serait proche de l'agonie. Pourquoi serions-nous plus exigeant avec les médecins qu'avec les politiciens. N'ont-ils pas la santé de notre société en surveillance ? Demandons comme pour les médecins, si ce n'est le « devoir de résultat », au moins le « devoir de moyens ». Une solution pourrait régler le problème rapidement (outre l'interdiction du cumul des mandats, du genre un ministre qui voudrait être président de région), l'institution d'un quorum, minimum d'un corps de votant sans lequel l'élection pourrait être validée. Mais je fiche mon billet que jamais le sujet ne sera, ne serait-ce que mis en débat. On sortira plutôt un lapin d'un chapeau et montrant le ciel du doigt, en criant « au la belle bleue ! ». La décomposition sera alors lente mais irrésistible. Et vous verrez que pour continuer à faire avancer la machine, où l'on encore tolère la démocratie que par ce que elle permet encore de nourrir la consommation, on finira par désigner des ennemis de l'intérieur, comme à Tarmac, et des ennemis de l'extérieur, les émigrés... Alors attendez-vous à avoir un résultat dans les urnes, comme dans les scenarios déjà écrit des sondages : Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon.
